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lundi, 04 juin 2007

LUI - Pourquoi cela n'arriverait pas ? - Rêve d'un Inconnu

13ae2c7d3dbd2e28106027d13c3b1338.jpgTiens, un Inconnu qui rêve de moi ! Voilà qui est enchanteur. Non ce n'est pas Cher Homme, lui, il s'est tu depuis longtemps. C'est véritablement un inconnu.  J'ai aimé la fiction de cet homme qui, depuis lors, trotte dans ma tête de femme imaginative. Alors je le consigne sur mon Blog, car il m'a fait rêver ...

L‘éveil des sens

Après une matinée de travail plutôt intense je vais déjeuner afin de retrouver un peu d’énergie et surtout me détendre. Le soleil est face à moi, je lui souris, je souffle !

« Que prendrez-vous Monsieur Karl ? » C’est ainsi que l’on me nomme dans ce village de Megève. « Quelque chose de léger, un melon glacé, un loup grillé et des fraises natures …et une eau minérale s’il vous plaît ! »

« Avec plaisir » me répond le jeune serveur affable.

Je n’ai pas très faim, mon estomac est déjà rempli par les pensées d’une femme qui me perturbe agréablement et qui, sans le savoir, m’a fait une intervention chirurgicale consistant à rétrécir l’estomac.

L’opération est plus que réussie … Depuis trois jours je n’ai aucune nouvelle de sa part, de mon coté, je résiste à ne pas être trop «collant». Mais là, c’est trop. Je prends mon portable que je fixais des yeux sur la nappe blanche et je le serre très fort dans ma main gauche. Je décide de lui téléphoner ! Et puis non, je retarde mon appel. Je repense à notre dernière conversation, brève mais intense où j’eus le sentiment de l’agresser. Après le melon, je craque. Avec attention et un peu de stress je compose son numéro.

Elle répond et accepte mon invitation en me précisant qu’elle souhaite être cool et qu‘elle a besoin d’air. Nous sommes le jeudi 7 mai. Demain matin je vais la voir. Rendez-vous à Genève vers 9h ! « Garçon, s’il vous plait, si c’est possible avant les fraises je croquerais bien une pièce de bœuf de Bavière et après vous me rajouterez un fondant au chocolat.» Comme j’ai faim, là, d‘un coup !

Je profite de mon après-midi de libre pour me «bichonner» comme j’aime à le faire et à lui inventer une journée.

Vendredi matin 9h15, je la retrouve au parking du Mont Blanc près du lac Léman comme prévu.

Je suis comme les bulles d’une coupe de champagne. Elle, elle est plus froide, plus distante malgré son sourire toujours aussi enivrant. Ma joie est aussi intense que contenue. Être avec elle, quel Bonheur ! Je chavire. Le bleu de mes veines vire au rouge sang et au rose tendre, mon cœur palpite, par miracle toutes mes émotions restent en mon intérieur.

Nous prenons l’autoroute en direction du sud. Nous échangeons quelques banalités, puis la musique prend le relais. Verdi, et Buddha Bar nous accompagnent. Le temps passe vite. Le dialogue s’invite naturellement, la musique baisse de trois tons.

Nous arrivons à Vinzieux, un petit coin des premiers coteaux ardéchois. D’ici la vue sur la vallée du Rhône et sur les Alpes est à l’infini de nos facultés visuelles. Tout près d’une maison de pierres usées par les vents, un tapis de fétuques douces est notre cocon. L’encas est partagé avec des rires que soulignent des soupirs d’apaisement réciproques. Il fait beau. Nos regards se croisent de plus en plus profondément, parfois se figent en s’envoyant des signaux pas encore tout à fait décodables. Elle décide de s'allonger, les yeux rivés au ciel. Elle semble partir dans son monde à elle. Je la bois du regard ! Tout ce qui nous entoure est un bel écrin mais le bijou est là, si près de moi ! Je suis heureux et je profite de chaque seconde. Mais elle ? En quelques instants, elle s’endort … Elle s’étire… Et moi, tel un serviteur, je la contemple comme une déesse.

Son ventre se dénude un peu, je pose dessus le sweat-shirt qui couvrait mes épaules. Délicatement j’effleure sa paume avec mes doigts. L’envie de lui donner un baiser léger me fait me pencher au dessus de son visage. A quelques centimètres, j’embrasse violemment son souffle et respire ses fragrances. Ses lèvres ne doivent pas être réveillées par mon seul désir. Non, non et non, je m’y refuse ! Et puis quelle souffrance magique et sublime cet instant vertigineux.

J ‘aime ses pieds. C’est vrai qu’ils sont mignons, sa jupe de coton blanc léger m’offre le quart de ses mollets et l’intégralité de ses chevilles. Tel un papillon mon index les courtise. Elle bouge. Je stoppe mon envol manuel. Mon esprit est alors attiré par des errements. Je me lève en catimini et alentour je cueille quelques fleurs que le printemps veut bien offrir : pâquerettes, pervenches, bouton d’or et violettes. Avec de fins et délicats brins d’herbe, je confectionne un bouquet.

Revenant près d’elle je pose ce mélange fleuris près de son ventre, pose ma main dans la sienne puis à mon tour je pars dans le royaume des songes… Je me réveille en sursaut, elle est partie !

Un visionnage à 360 degrés et je la vois assise sur un vieux mur de pierres sèches. « Merci pour les fleurs c’est gentil.» Elle me parle comme jamais elle ne l’avait fait. Je l’écoute.

Sous des apparences d’aluminium brossé, elle n’en a pas moins au fond d‘elle des cordes sensibles et une folle mais légitime envie de vivre en détails les subtilités de l’existence et ce dans ses moindres recoins.

Elle me fait fondre. Je succombe à son raffinement, son coté précieuse. Ses vibrations, son magnétisme exercent sur moi un pouvoir tétanisant mais si fort. Et là, je me dis « aimer qu’elle banalité !» En revanche, vivre cela avec elle, c’est du feu sur le feu ! Je dois me calmer ? Oui, ok je me tempère…

Ses yeux chatoyants ne sont pourtant pas un appel à l’apaisement. La journée s’étire et il faut rentrer. Sur le chemin du retour nous traversons les vignes et les vergers comme autant d’appel à des lendemains enchanteurs. Calés chacun sur nos sièges, nos regards béats guident nos mains à se rapprocher. J’aime ces instants de lévitation où la récolte du miel des plaisirs n’est point affaire de rapidité mais de complicité, et prêter l’oreille à l’autre avec patience et artistiquement car Ovide l’a bien défini, aimer est un art, non un besoin.

Aux fils des kilomètres ce premier rendez-vous s’achève. Non sans une harmonie de plus en plus précieuse entre elle et moi. Une pléiades d’euphories font que…

Mais que se passe-t-il ? Je suis où là ? Bon sang, je suis en train de me réveiller. Tout cela n’était qu’un rêve ? Mes mains serrent ma tête, ELLE, elle existe mais cette rencontre n’était qu’un songe, oh mon Dieu ! Je vais lui téléphoner après une douche glacée …

Et ce qui devait arriver, arriva : un écho à ce rêve est rapidement né dans mon cerveau prompt au fantasme,  et je ne serais pas celle que je suis si cet écho n'était pas en petit conte prochainement transformé !

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