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jeudi, 07 juin 2007
ELLE - Rêve de l'Inconnu... l'écho de la Belle

Elle est allongée sur la couverture à carreaux sous l'ombrage favorable d'un grand chêne. Le soleil resplendit et blanchit la campagne environnante. Elle fronce les sourcils, vaine protection, et sent le sommeil qui s'empare de ses paupières et les rend si lourdes qu'elles s'abaissent irrésistiblement sur ses pupilles aveuglées. Elle se sent couler doucement, glisser, devenir immatérielle. Elle s'endort alors qu'une brise légère vient frôler ses cheveux et rafraîchir sa nuque moite. L'Inconnu l'a quittée il y a quelque temps déjà et elle l'a rapidement perdu de vue. Son sommeil est serein. Elle rêve rapidement ...
« ses yeux repèrent dans le lointain, sur un petit monticule en face d’elle, l’Inconnu qui ramasse semble-t-il des fleurs. N’est-ce pas attendrissant cette grande silhouette pliée en deux sous une chaleur pesante qui cueille avec soin des fleurs multicolores, si fragiles et déjà fatiguées par les rayons du soleil les dardant depuis le matin ? Elle ne ferme pas complètement les yeux, mais elle ne veut pas que l’Inconnu, à son retour, pense avoir été observé par elle depuis le début de sa quête fleurie.
Il revient, lentemente. Il a chaud. Au travers de l’interstice infime de ses cils non joints, elle voit perler sur son grand front barré de rides des petites gouttes de sueur trahissant l’effort que lui a coûté le petit bouquet qu’il tient à la main. Il est à deux pas. Elle le voit qui la contemple.
Allongée sur le côté droit, le bras droit replié sous sa tête en guise de coussin, la main gauche trainant négligemment sur son ventre. Ses deux jambes hâlées dépassent de la jupe de fine contonnade blanche qui vient lécher le haut de ses genoux. Elle a les pieds nus. De petites taches corail ornent ses orteils qui semblent se terminer par des bonbons succulents.
Il admire l’abandon de la sieste dans laquelle il croit qu’elle a sombré. Sans bruit, il s’agenouille sur le plaid anglais et dépose son modeste tribu devant sa main gauche, proche à toucher son ventre qui se soulève paisiblement au rythme de sa respiration silencieuse. Il scrute chaque détail de son visage. C’est trop risqué, il pourrait remarquer qu’elle ne dort pas alors elle a précipitemment fermé les yeux.
Il se penche vers sa nuque et vient humer la chair moite où se sont collées de minuscules bouclettes brunes. Ne l’appelle-t-il pas Brun d’or ? Il ferme les yeux lui aussi pour s’imprégner de son odeur. Légère odeur sucrée que la sueur naissante n’a pas encore altérée. Il la hume fortement et elle sent son souffle frôler son oreille au risque que les frissons qu’il déclenche au passage ne viennent trahir son éveil. Elle est troublée par son haleine brûlante sur son cou, par son odeur à lui qu’elle perçoit malgré elle. Il se redresse, elle le devine scrutant son buste, ses fesses, ses jambes, ses pieds. Les regards qu’il lui jette sont comme des caresses tant il la scanne avec intensité. Elle le sent glisser son regard vers ses jambes. Le voilà à ses pieds.
Il ne peut s’empêcher de se pencher à nouveau pour renifler la peau que le soleil a joliment doré. Elle perçoit de nouveau son souffle incandescent sur ses mollets, au creux de ses genoux où il s’attarde un peu. Cela provoque des frissons qui remontent le long de la cuisse et viennent mourir au mitan de son sexe. Elle réprime un soupir profond qui, malgré elle, envahit son ventre et voudrait s’échapper de son corps affolé. Il continue de la humer avec passion, avec ferveur mais la cotonnade de la jupe vient arrêter sa progression. Elle sait qu’il est dépité. Elle voudrait qu’il continue sa reconnaissance olfactive. Alors, exhalant enfin le soupir qui l’étouffe elle bascule légèrement sur la gauche et ce mouvement opportun si minime lui permet de faire se relever l’étoffe qui occultait ses cuisses.
Il est tétanisé, il croit l’avoir réveillée. Mais non , elle dort, le visage tourné vers le ciel décoré par le feuillage vert foncé du chêne protecteur. Il convoite ses cuisses si sculptées, si bronzées. Il replonge vers elles, incapable de résister à l’appel de sa chair. Du genoux lentemente, il parcourt de son nez la surface satinée et légèrement moite de ses cuisses serrées. Audacieusement, il soulève d’un geste aérien la jupe qui le gêne dans son ascension. Enfin, il voit perché à la naissance de ses jambes un petit triangle de coton blanc orné d’un noeux minuscule. L’effet est saisissant, le blanc virginal tranchant intensément avec sa peau diablement caramélisée.
N’y tenant plus, il s’approche alors de son sexe caché et inspire profondément au risque de réveiller la Belle qui sommeille. A lui sont subitement révélés ses parfums les plus intimes : musc ou noix de muscade, iode et embruns, vanille sucrée, cannelle peut-être ? Ces parfums le happent violemment et il sent son sexe brusquement se dresser, pulsion irrésistible de la prendre, de la pénétrer, de la faire jouir autant qu’il voudrait à la seconde même jouir d’elle.
Mais il se contient et humant à nouveau, il essaye tremblant de dégager le sexe qu’il voudrait adorer tel un dieu païen. Elle l’a compris. Le désir qu’il a déclenché en elle est tel qu’elle ne veut plus qu’une chose : qu’il aille au delà de la raison, qu’il aille au delà de la peur de son refus et lui dispense les caresses qu’il meurt de lui donner.
Alors, une fois encore, avec finesse, elle fait mine de rêver et bascule complètement sur le dos, laissant dans la foulée, ses cuisses se dissocier à peine. Est-il dupe ? Peu importe. Elle feint admirablement une femme endormie.
Après quelques minutes d’observation qui paraissent à Brun d’or une éternité, il s’incline encore une fois et d’un doigt délicat il décale le string et libère à ses yeux avides l’entrée du paradis à peine voilée de brun. Petit buisson remarquablement taillé parant comme un blason le trésor convoité. Il la respire encore, intensément. Son odeur unique, humidité boisée, épicée agace ses narines, le fait saliver. Il veut goûter de toutes ses papilles ce fruit si faiblement gardé. De sa langue il vient d’abord effleurer la peau si fine qui, telle une rigole, longe le sexe et le haut de la cuisse. Puis en légers va-et-vient il déguste chaque millimètre de la chair si tendre à cet endroit et ces mouvements savants irradient le ventre de la Belle. Elle n’arrive plus à contenir son souffle qui s’emballe au rythme du sang qui se précipite dans ses veines, son ventre, son sexe. Enivré par cette découverte, l’Inconnu continue son investigation et n’en pouvant plus, tant pis si elle se réveille, il écarte de sa langue les lèvres protégeant son sexe inondé. Le plaisir est fulgurant, elle se cabre malgré elle sous l’effet de cette caresse licencieuse.
Il la goûte toute, il fouille, il creuse, il lèche sans ménagement pris d’une frénésie gourmande. Son vit lui fait si mal tant il est bandé par un désir ardent. Pourtant il l’ignore et veut se concentrer sur la dégustation du trésor de Brun d’or maintaint offert sans pudeur. Il glisse sa langue dans chaque repli de sa chair rose ourlée d’incarnat. Chaque caresse semble faire naître de son ventre, telle une fleur exotique, des milliers de senteurs et saveurs ineffables. Chaque mouvement, chaque glissement de sa langue se prolonge en vagues déferlantes, plaisir bouleversant. Sa vulve en coeur battant transformée, renvoie vers ses neurones déboussolés des myriades d’ondes de plaisir à la faire exploser.
Il cesse un instant, la regarde et elle ne peut qu’entreouvrir les yeux pour lui dire combien son ouvrage lui plait. Il sourit à peine et devant les yeux éperdus qui le regardent, il replonge terminer l’oeuvre dévastative qu’il a commencée. De nouveau sa langue est sur son sexe, dans son sexe et agace son clitoris énervé. Il suce doucement ce petit bouton rose nacré car il sait qu’alors la Belle ne pourra résister. Sa langue, tour à tour, caresse, titille, exaspère la petite chose de désir engorgé. Elle ressent mille lames de plaisirs envahir son ventre. Elle dit « non », elle dit « oui », « non, arrête », « continue ». Elle est perdue et il est fou du plaisir qu’il lui donne. Il continue des minutes éternelles sa danse fiévreuse et sa langue, et ses lèvres et sa bouche tout entiere semblent la dévorer de morsures voluptueuses. Il ne cessera que lorsque les soupirs de la Belle en plainte mélodieuse se transformeront. Elle dit « oui ». Il cesse. Elle dit « je t’en prie ». Alors il insinue violemment sa langue dardée comme une lance aux creux de son sexe exacerbé et la pénètre goulûment, déclenchant le chant céleste tant attendu. La Belle hulule littéralement. Son bassin s’est projeté vers sa bouche vorace en un arc incroyable. Il a glissé ses mains sous ses fesses pour la soutenir et la bois. Alors son plaisir en mille contractions s’exprime et chaque irradiation du plaisir reçu est une note chantée, mélodie inédite offerte aux Dieux.
Poupée sans vie elle est devenue. Avec regret il décolle sa bouche de ce dessert exquis et contemple avec satisfaction son coquillage devenu carmin foncé, les jambes écartées, impudiques, le ventre palpitant et surtout le visage aux traits détendus de la Belle qui le regarde aussi, une moue sensuelle soulignant les lignes harmonieuses de sa bouche entrouverte… »
Elle se réveille soudain. Elle a le front baigné de sueur. Elle se tourne vers la gauche et voit l’Inconnu allongé à ses côtés. Il a l’air intrigué. Il l’interroge « Allez vous bien ? Vous dormiez quand je suis revenu mais votre sieste était agitée. Vous gémissiez. »
Elle le dévisage, surprise. Ainsi donc, elle rêvait !
**http://gicerilla.hautetfort.com/archive/2007/06/05/lui-pourquoi-cela-n-arriverait-pas.html
08:15 Publié dans Ce qui n'arrivera pas | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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Commentaires
Ce soir je me suis attardée sur ce rêve, pour mon plus grand bonheur, vous rêvez d'une merveilleuse manière, surement votre coeur ...
Ecrit par : Bougrenette | mercredi, 29 août 2007
mais comment avoir envie de rêver d'être butinée en plein automne précoce...il n'y a plus de saison...
Ecrit par : passeakevin | mercredi, 29 août 2007
Il n'y a pas de saison pour rêver, encore moins pour être butinée.
Ecrit par : Bougrenette | mercredi, 29 août 2007
J'aime bien quand vous vous attardez, Bougrenette. Ce faisant, vous dénichez des textes que j'ai eu plaisir à écrire mais qui sont restés silencieux...
Seules les rêveuses, peut-être, savent se laisser aller à apprécier ? Rêvez, Bougrenette, rêvons !
Ecrit par : Gicerilla | jeudi, 30 août 2007
Pour être un bon butineur, il faut butiner en toutes saisons, vous avez raison ;-) ...
Les images produites par vos mots sont d'un réalisme saisissant, pour rester correct !
Encore une bonne pioche aujourd'hui :-)
Bises Gi.
Ecrit par : Philo | lundi, 07 avril 2008
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