07 août 2007
LUI - Le camionneur au lilas (4)
La vraie fin devait arriver plus tard. Ce que je venais de vivre ne l'était pas. Je ne l'ai su qu'après que la foule se fût dissipée, se fût repue de chaleur, d'odeurs immondes et d'images morbides. Et voilà la fin de cet épisode narré par le Camionneur des lilas en personne :
REBONDISSEMENT
"Je regarde le camion brûler avec délectation. J’imagine avec un certain plaisir le corps encore gras de ce camionneur transpirant se consumant comme une bougie. Le craquement de sa nuque entre mes doigts résonne encore en moi comme le bruit d’une vieille chaise en osier. Avait-il besoin de mettre sa sale main sur mon genou ? Avais-je demandé autre chose que d’atteindre la première station service ?
Et là je contemple au milieu des badauds la touche finale de ma folle semaine. La vie de camionneur est plus tourmentée que je ne pouvais l’imaginer. J’ai découvert que conduire un monstre d’acier pouvait apporter, disons, quelques menus agréments…
La foule malgré l’horreur de la situation semble fascinée par le brasier. Après tout ce n’est qu’un cadavre déjà rassis qui brûle !
Subitement je l’aperçois, Elle, en boule sur le talus, la tête entre ses mains. J’ai encore sur mes lèvres le goût de son plaisir inachevé. Je passe ma langue encore une fois pour goûter ce délice légèrement salé.
« Vous pleurez ? »
Elle se redresse brutalement et me dévisage avec stupeur : « Serge ! »
En fait je ne me suis jamais appelé Serge. Serge c’était le camionneur râblé et bedonnant qui était en train de réchauffer l’atmosphère. D’ailleurs je n’aurais jamais supporté m’appeler Serge.
« Je ne suis pas Serge…appelez moi…LUI »
Ses grands yeux noirs semblent encore plus immenses. « Ce n’est pas possible, vous n’êtes pas LUI ! »
Ses lèvres fines esquissent un sourire, un sourire qui donne envie, un sourire qui invite.
« Je suis LUI, relevez-vous et emmenez-moi avec vous, je vous conterai mon histoire »
Je la regarde conduire, sans un mot. « Alors vous me la racontez votre histoire ? » Je n’ai pas envie en fait de parler. Je regarde ses jambes fines et légèrement bronzées. Je relève sa robe pour entrevoir la dentelle de son string. Puis d’un doigt agile j’écarte doucement l’étoffe pour faire apparaître une douceur rose, fleur du plaisir, corolle odorante dont les replis d’un rouge dégradé recèlent le fruit de la passion. Ses jambes frémissent.
« Ne bougez pas, conduisez… Restez ainsi, je veux voir votre miel couler le long de vos jambes… »
Je déboutonne le haut de sa robe, juste pour apercevoir ses seins menus mais tendus comme une arbalète.
« Je vous regarde, je vous caresse de mes yeux, de votre front jusqu’à vos pieds… Je longe votre corps ainsi, m’arrêtant sur chaque relief, auscultant chacun de vos creux et comme pour reprendre des forces je me noie dans vos entrailles offertes… »
Elle écarte alors lentement les jambes comme pour me montrer le chemin de l’offrande. Je ne bouge pas. Je la regarde ainsi, chaque partie de son corps semble frémir, se crisper, se tendre puis se relâcher. Puis petit à petit je vois suinter le long de ces cuisses ouvertes un filet d’une tendre liqueur. Elle se mord les lèvres.
« Je ne sais pas si vous êtes LUI mais que diable prenez-moi, goûtez-moi, léchez-moi, je n’en peux plus ! »
Son humidité devient rivière.
« Arrêtez-vous là, sur ce chemin »
Le crissement des pneus couvre le son de ma voix. Tout juste arrêté elle déchire le haut de sa robe et me tend ses deux seins. « Suce-moi, je suis folle »
Je la couche délicatement sur la banquette arrière, en finissant d’enlever le tissu en lambeau. Au-dessus d’elle, je la contemple mais ne la touche pas. Je la frôle, de ma langue, de mes doigts, de mon souffle, de mes yeux. Elle met ses mains sur son sexe pour se caresser, comme pour interrompre le supplice divin. Je parcours son corps à quelques millimètres. Je sens sa chaleur, je respire son parfum et son odeur, je sens l’électricité de son désir, je vois son miel couler, couler, couler…
Elle essaie de saisir mon sexe qui ne pouvant plus rester impassible, participe aussi à cette exploration minutieuse.
« Non, ne me touchez pas…ou je vous tue… »
Cette menace soudaine ne semble pas l’étonner.
« Mais alors qui que tu sois, prends moi, fais exploser ton désir en moi… Je crève de toi en moi… »
Elle a mis ses mains de chaque côté de son sexe pour l’ouvrir béant. Ses jambes n’en peuvent plus de s’ouvrir, d’indiquer le chemin de la félicité.
J’approche mon sexe à quelques centimètres de cette douceur offerte. Je regarde son visage déformée par l’envie, ses seins délicats dressés vers moi, ce ventre qui s’agite… Une envie du fond de moi me transperce… Jamais un désir n’aura été aussi intense. Un trait immaculé jaillit de mes entrailles et s’engouffre en elle. Ce fil si fin nous relie enfin. Toute mon énergie passe à travers cette connexion d’amour, en quelques secondes. Je la vois se tordre de plaisir, en émettant de petits gémissements. Je tends mes bras pour résister. Je ne veux pas la toucher, seul ce fil blanc nous relie, jamais une telle sensation n’aura traversé mon corps et mon âme. J’entends à peine, dans une ultime convulsion, ce qu’elle veut me dire.
« Je sais maintenant…je sais…tu es bien…bien…tu es bien…LUI.. » "
Le Camionneur des lilas
Pour ceux qui auraient manqué les 3 premiers épisodes :
Chapitre (2)
Chapitre (3)
07:05 Ecrit par Gicerilla dans Eros | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

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Commentaires
ZORG est très étonné qu’un texte de cette qualité n’ait pas suscité plus de commentaire. Bravo pour tout : l’idée, le style, les mots et … l’allusion à GIBRAN.
Je le citerai :
« …Parle nous du Plaisir.
…Le plaisir est chant de liberté mais n’est pas la liberté.
… Et j’aimerais vous entendre le chanter avec la plénitude du cœur ; je ne voudrais pourtant pas que vous perdiez vos cœurs dans ce chant.
…Votre corps est une harpe pour votre âme. A vous d’en tirer une douce musique ou des sons confus …»
Ça le fait, hein ?
Encore bravo pour le blog
Et roulez jeunesse !!!
Ecrit par : ZORG | 25 août 2007
Bienvenu Zorg ! Gibran que vous citez me fait penser au Cantique des Cantique. Comment ne pas vibrer à cette poésie là. Pour ma part elle me laisse exangue, anéantie par sa beauté !
Venez autant qu'il vous plaira, car des citations comme celle-là révèle une sensibilité qui n'est pas de bois !
Ecrit par : Gicerilla | 25 août 2007
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