27 août 2007

ELLE - Ce qui aurait pu arriver N°2 - Le parc

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Il m'avait donné rendez vous sur les bords de la Saône.

Il savait son temps compté. Marié avec des enfants, il n'était pas très libre de ses mouvements. Et bien que ça avait été lui qui avait décidé de me rencontrer, il feignait de croire qu’il avait accédé à une demande de moi, pressante, comme ci cela soulageait sa conscience, le dédouanait de passer à l'acte. ''Ce n'est pas moi qui veut la rencontrer, c'est elle. Elle insiste. Je veux bien condescendre à la voir, une fois, une fois unique et après ce sera la fin. Mais c'est elle qui devra venir à moi...''

J'imagine l'empoignade dans son for intérieur entre son petit ange blanc et de son petit démon rouge et je souris. Comment concilier dans un seul homme, sans devenir cinglé, des désirs charnels si prégnants et une résolution inflexible de chasteté ?  Nos échanges email des dernières semaines avaient été sans équivoque. L'idée qu'il avait construite de moi le faisait fantasmer et j'avais été l'eau tumultueuse du torrent qui faisait tourner depuis quelques temps à une vitesse folle la roue à aube de son imagination. De son cœur ? Non, je ne crois pas, mais de ses sens en éveil et jamais contentés, sûrement. Sa femme ne l'aimait plus. Enfin, c'est ce qu'il me disait et chaque mot de son désir inassouvi écrit par ses mains fébriles sur la bakélite tatouait sur ma peau à l'encre incandescente des envies qui me consumaient. Je n'en pouvais plus de penser à lui, de rêver de lui, de donner à mon corps des caresses que lui me dispensait dans la pénombre de ma chambre, les yeux fermés. Jamais aucun homme n'avait aiguisé à ce point ma sensualité, et qui plus est à distance. Jamais aucun homme ne m'avait fait jouir par la force de son clavier lorsqu'un soir de décembre tous ses mots subversifs s'étaient déversés dans ma chambre, avaient matérialisé et ses mains  et sa bouche et son sexe...  Et j'avais joui ! Oui, joui pour la première fois de ma vie sans que l'homme ne soit près de moi. Joui par la simple puissance de ses mots sur l'écran et la force du désir de lui qui m'animait.

Alors, quand il m'eut dis ''rendez-vous à Albigny sur Saône, au restaurant Les Planches'' j'avais cru défaillir tant mon attente avait été longue, torride, désespérée. Je me tapais toute la route, soit, mais j'allais le voir. J'étais prête à tout. A nager sous la glace sans radar, à avaler du cristal pilé, à traverser à cloche-pied un tapis de braises rougeoyantes. Tout ! Alors, qu'étaient-ce cent trente kilomètres à parcourir au regard du fait que j'allais enfin rencontrer l'objet de tous mes fantasmes, l'objet des toutes mes passions, l'objet de toutes mes pensées.

Depuis six mois je n'étais plus moi-même. Une autre moi s'était révélée à le fréquenter par toile interposée. Et puis sa voix m'avait surprise quelques fois, tard dans la nuit, et je m'étais endormie enveloppée par elle comme bercée par ses bras. J'avais conscience que mon imaginaire l'avait certainement enjolivé, que des rêves qui n'appartenaient qu’à moi s'étaient superposés sur son image réelle, mais peu importait, rêve ou réalité, ce que je savais de lui me plaisait. Alors son email m'invitant à le retrouver ce samedi matin m'avait coupé les jambes, figé le cœur qui flageolait au creux de ma poitrine comme du Jell'o et fait divaguer toute la semaine. 

''Que vais-je porter, jupe ou pantalon ? Jupe c'est mieux, cela glisse le long des cuisses ! Oui, mais il va me voir venir ! Non, mieux vaut un pantalon, mais un joli, un bien coupé, un qui mettra et mes jambes et mes fesses en valeur ! Oui mais non ! Je veux s'il le veut qu'il me vole des caresses, que ses mains sans obstacles puissent s'immiscer au plus près de ma peau. Oui, c'est cela. Aucune barrière ne doit contraindre le plus petit désir qui en lui pourrait naitre. Qu'il n'ait pas le temps de se reprendre si son démon lui susurre les caresses que je rêve d'entendre crisser sur mes bas !  Qu'à son cerveau défendant ses mains puissent grimper de mes genoux à mes hanches sans me déshabiller !''

Après bien des tergiversations, j'avais arrêté la tenue idéale et j'espérais que je serai assez appétissante pour le faire succomber. Samedi matin arrive. Je n'ai pas dormi de la nuit. J'ai des cernes violacés qui décorent mes yeux sombres. Cela donne de la profondeur à mon regard de houri. Je me maquille à peine et cache au creux ma nuque, juste à la base des cheveux, et au creux de mes coudes quelques gouttes de Cuir Beluga. Je sais que c'est un olfactif et ce parfum sur ma peau va le faire chavirer. Pourtant je veux aussi qu'il respire ma peau au naturel, qu'il sente Gicerilla. Alors je passe sur tout mon corps comme un voile, une huile hydratante neutre qui l'adoucit sans le déguiser. Je veux qu'aucune de mes fragrances n'échappe à son nez de parfumeur. Mon corps est paré comme celui de la jeune mariée qu'on porte devant l'autel. Dentelles discrètes, bas noirs à la jarretière tentante qui libère juste ce qu'il faut d'épiderme satiné. Mes yeux très noirs sont encore obscurcis par la fatigue et le rimmel dense. La ligne des sourcils dessinée au cordeau charbonneux comme les orientales. Je reste naturelle et c'est tremblante que je fonce à mon rendez-vous.

Le trajet est interminable et mon ventre se vrille de désirs de plus en plus intenses au fur et à mesure  que la distance fond. Je vais arriver liquéfiée. Ne pas perdre ma contenance. Je suis sûre de moi. Je suis belle, intelligente, il ne m'impressionne pas et si je ne lui plais pas, peu importe, il ne me mérite pas ! Comme un mantra je répète toutes ces idées là, sensées me rassurer. En vrai, au fond de moi, dans le tréfonds de ma chair, j'ai peur, je le veux tellement !
J'arrive sur la petite route qui longe le fleuve. Je guette au ralenti la moindre enseigne. Toujours pas de restaurant. Je roule au pas, je mets les warnings pour l'idiot qui colle mon pare-choc et dont l'impatience me stresse. En face je vois arriver une BMW sombre. Au même moment je dépasse le restaurant qui à l'air fermé. Le gros 4x4 qui me suit est impatient, mes warnings l'agacent et il déboite pour me doubler, risquant d'emboutir la BMW.... manquerait plus que je crée un accident !

Je fais le tour du rond-point suivant et rebrousse chemin pour aller me garer sur le parking. Subitement, mon souffle s'éteint, je suis en apnée, la BMW est là... Serait-ce lui, déjà ? Serait-ce celui qui a failli finir en compression de César ! J'ai les jambes qui flageolent et je viens me garer à un mètre de sa voiture. Pour un peu je ne peux pas sortir.  Il ouvre sa portière, et je le scrute au travers de la vitre de la mienne.

C'est lui, aucun doute, et il n'est même pas laid. Comme j'aurais voulu qu'il le soit, du genre gros, gras, mal sapé, pas soigné. Je lui aurais adressé mon plus beau sourire en lui disant quelque chose comme ''désolée, je me suis trompée !'' et je serai repartie en trombe. Mais là, plus de force dans les mollets. Actionner la marche arrière et les pédales, même pas la peine d'y penser. Je reste échouée là tentant de respirer à nouveau. Je me glisse dehors et m'approche de lui. En fait, nos voitures sont si proches que je suis déjà presque dans ses bras. S'il lisait mes pensées, il les ouvrirait là, tout grand et je me précipiterais contre son torse chaud. Mais non, il est distant, très distant. Me trouve-t-il vilaine ? Il semblerait... Ah le danger du virtuel. Je le trouve beau, il me trouve laide. Il n'est pas aussi grand que je le croyais, mais j'ai des escarpins escarpés. Peut-être un mètre quatre-vingt, le visage légèrement hâlé, les yeux noisette-verts-gris, ça existe cette couleur ? Son regard est aigu comme celui d'un rapace des hautes montagnes mais son nez n'en a pas la ligne. Il est long pourtant, c'est bien un olfactif. Les joues à peine ombrées par une barbe de trois jours bien entretenue. Il se rase le crâne comme celui qui affirme sa calvitie et cela lui sied. Ses lèvres sont minces mais suffisamment ourlées pour pouvoir embraser. Pas une bouche de radin en lame de rasoir qui vous cogne au moindre baiser, mais pas voluptueuse non plus, dommage ! Sa silhouette est plutôt mince mais une grosse parka en cuir noir cache sa carrure. Son jeans en toile d'un rouge sang séché et sa chemise Chevignon détonnent avec la berline de bon cadre arrivé. Il me plait, mais suis-je bien objective ? Si ce n'était pas lui, l'aurais-je seulement remarqué à la caisse d'un supermarché ?

Nous nous disons bonjour, un petit bonjour bien urbain comme avec mon voisin, mais mon voisin je ne veux pas le violer ! Il me fait la bise, et le contact léger de ses lèvres sur mes joues me galvanise. Il m'a à peine effleurée et mon corps, dément de faim, se met à fondre. Mon petit pull blanc au décolleté en V assez profond laisse voir l'émoi de ma poitrine. Comme les soubrettes à la Poquelin, mes petits seins au balcon d'un corset imaginaire sont agités de soubresauts qui trahissent ma passion. Mais lui ne voit rien, ou pire, il feint ! J'attaque désinvolte ''Le restaurant à l'air fermé'' je suis diserte. Et lui d'enchainer ''oui, en effet''. Si cela n'est pas tragi-comique, je n'y connais rien. Face à face, deux êtres qui se sont désirés par le biais d'un écran, deux êtres à la sensualité exacerbée, et c'est tout ce dont ils sont capables une fois en présence. Je mets mon manque de sens de la répartie sur le compte de la rivière qui sourd entre mes jambes. Je sens un cœur battre au creux de mes cuisses et, comme celui d'un homme, mon cerveau n'est plus irrigué et l'oxygène lui manque. Mes instincts primitifs sont saisis d'émoi et je ne vois plus en lui que l'homme de la Guerre du Feu et en peaux de bête avec lui je me vois. J'ai des envies sauvages là, sur le parking, qu'il m'arrache mes vêtements et fasse surgir sous ses yeux ébahis la beauté d'une hanche, la courbe d'un sein. Que bête à son tour il devienne et que sans circonvolution il me prenne sur le gravillon, sur la banquette arrière, dans l'herbe flétrie qui borde le fleuve, sur la terrasse nue du restaurant fermé. Et tant pis pour les échardes dans ma chair, les cailloux qui me blessent et les orties qui me brûlent. Je ne sentirai rien d'autre que son poids sur moi, ses mains sur moi, sa bouche, ses lèvres, sa langue... je délire !

Je me reprends instantanément. Cela ne m'a pris qu'une nano seconde mais le scénario est passé sur mes pupilles et j'imagine qu'il l'a vu. Je prie qu'il l'ait vu. ''Que faisons-nous alors ?'' proposé-je sans entrain. La seule réponse possible à cette question serait l'action ! ''Cherchons un autre restaurant !'' ''Oh non je viens de faire tellement de route, l'idée de reprendre la voiture ne m'enchante pas. Si nous marchions ?'' Il accepte, sceptique. Il fait beau mais frais. Nous laissons les voitures verrouillées sur le parking et sans y réfléchir nous prenons le petit chemin qui borde la Saône. Une sorte de chemin de halage que les joggeurs fréquentent apparemment. Mes tripes font du tricot, ma bouche est sèche et je descendrai bien cul sec un shot de vodka pour retrouver ma faconde habituelle. C'est un signe cela, lorsque je perds ma voix. Mes synapses ne connectent plus, je suis stupide à souhait.

Il commence une conversation légère sur les déboires des restaurants qui ferment l'hiver. Je réponds comme je peux mais les pensées qui m'assaillent se moquent bien de la restauration, de la trêve des confiseurs, de l'économie française qui fout le camp, normal avec les 35 heures et la TVA à 19 %... Il est cadre, il encadre. Il a l'habitude de faire l'intelligent. Moi pas ! Là je n'ai pas envie de le trouver brillant. Juste chaud et puissant, c'est tout ce que je veux. Et je voudrais qu'il me dise les mots que j'ai envie d'entendre même s'ils sont faux du genre, "je vous veux, vous éclipsez toutes les autres, je vous attendais, je vais m'occuper de votre cas, je vais vous faire l'amour comme un fou ..." vous voyez, le genre de paroles que les hommes ont peur de prononcer même s'ils ne les pensent pas, le genre de paroles que les femmes adorent entendre, même si elles ne les croient pas ! 

''N'avez-vous pas faim ?'' finit-il par lâcher. ''Non, enfin si, ça dépend...'' Je rougis de mes gros sabots qui sonnent à cent mètres sur le pavé. Il sourit, il est indulgent. Oui, je sais ce n'est pas ma saillie la plus magistrale... 

Nous approchons d'un petit parc avec parcours de santé. Il y a quelques personnes égarées qui se dépensent pour mieux aller manger. Nous rentrons dans cette espèce de square à l'anglaise avec tout plein de bosquets. Les arbres sont à feuillages persistants et offrent des touffes encore vertes bien agréables à regarder alors qu'alentour tout est caduc et sec. Nous déambulons jusqu'au moment où nous trouvons sous les ramures d'un chêne un petit banc comme ceux que l'on voit de temps en temps dans les jardins parisiens. Il parait vermoulu mais il n'en est rien. ''Voulez-vous vous asseoir un instant, car marcher sur les gravillons avec ces escarpins ce n'est pas commode ?''. Il s'arrête devant le banc et plante ses yeux dans mes mains ''Mais je croyais que vous aviez faim !'' Je l'ignore et m'assois et je sens sous mes cuisses le bois gelé. Il s'assoit à son tour à ma gauche.

Je me tourne vers lui et lui dis ''Ne tergiversons pas, nous n'en sommes plus là. Si je vous fais une déclaration en règle, vous allez me répondre comme auparavant que je ne sais pas ce qu'est l'amour. Si je vous dis que j'ai envie que vous me fassiez l'amour, vous allez me répondre comme auparavant que seule la chasteté vous va maintenant ! Alors pourquoi m'avoir fait venir de si loin ?'' Il me regarde incrédule. Quoi j'ai l'audace de le provoquer, de l'amener sur un terrain qu'il n'attendait pas et comme la glaise au bord du fleuve, ça glisse, ça dérape, il n'aime pas ça. Il n'est plus dans son camp, je l'accule dans le mien. Celui du vrai, des sentiments, de la mise à nue parce que les faux semblants c'est bien vain. ''Vous avez insisté pour me rencontrer. Vous savez pertinemment que je ne le voulais pas. J'ai cédé pour vous. C'est tout !'' Le ton est arrogant, il monte sur ses grands chevaux ! Mon Dieu, mais qu'il est con... Pardonnez-moi mais vraiment a-t-il perdu pour toujours son humanité, le lien avec ses désirs les plus profonds. Il reste dans le superficiel, surtout ne pas aborder des rivages où le sable est si épais et si fin que ses jambes ne pourraient se camper. Je fais front ''Vous mentez, je vous plais. Vous êtes un hypocrite, un dégonflé. Mais vivez, bon sang  Dans un moment je serai repartie pour toujours !'' Il est pétrifié. L'arrogance a glissé de ses traits à mes pieds. Il est nu, comme un enfant. Lui, le décideur, lui si fort dans sa partie, il est comme un gamin pris en étau par des sentiments contradictoires qui l'effraient. ''Non, vous vous trompez, vous croyez vous si irrésistible ? Pour tout vous dire, je suis déçu, vous ne m'attirez absolument pas. Ok vous êtes bien comme sur vos photos mais je n'ai pas d'élan vers vous. Ma curiosité, et oui j'étais curieux, est satisfaite. Nous en resterons là !''

Ma tête ne tourne pas et pourtant l'effet sur ma joue gauche de ce camouflet est plus puissant que sa main. ''Vous êtes un crétin, vous n'avez rien compris à la vie. Vous êtes imbu de vous-même. Quelle médiocrité dans vos desseins. Je vous laisse à vos fantasmes, vos rancœurs, vos frustrations et vos mensonges. Vous vous mentez à vous même et pour faire passez la pilule, car elle ne passe pas n'est-ce pas, vous-même n'y croyez pas, vous me blessez. Et bien oui, soit, je vous rêvais, je vous voulais. Je me suis trompée !...'' Sans m'en rendre compte j'ai hurlé et une femme dans le lointain nous regarde. Je saisis mon sac à main à la hâte et je m'en vais. Les larmes noient mes yeux ou serait-ce mes yeux qui se noient en moi. Mon cœur est vrillé par une vis sans fin mais je suis déterminée. Je pars.

Je sens une main m'attraper le poignet ''Restez !'' Je me retourne le visage défait, je sens le rimmel me griller les yeux. Sa main est forte, agrippe mon bras et m'attire à lui. Je ne sais résister. Il m'assoit sur ses genoux. La chaleur de ses cuisses monte au travers de la toile de jeans et transperce ma jupe. Mes fesses sont gelées et cette chaleur subite me fait battre le ventre. Il s'empare de mon visage des deux mains et me regarde dans les yeux. Je veux les détourner car je sais que je suis un masque de commedia dell arte. Délicatement, il passe ses doigts sur les rivières de larmes qu'il assèche. Puis il tend ses lèvres vers les miennes et les pose lentement. Mon cœur fait un bon, un volcan est en marche qui inonde mes veines de lave incandescente et mon sexe immédiatement se mouille de rosée. Il glisse doucement sa langue entre mes lèvres qui cèdent sans bataille et ma langue affolée rencontre la sienne frénétiquement et je goûte enfin son baiser. Mes mains sont fébriles et cherchent les siennes désespérément.

Je me blottis dans ses bras comme une petite fille sur les genoux de papa. Mais l'inceste s'arrête là car il s'agit bien d'un homme qui me tient dans ses bras. Je sens contre mes fesses son sexe se dresser malgré l'épaisseur de la toile et comme répondant à une stimulation silencieuse mon sexe lui fait écho et déborde de miel. Il a glissé ses mains sous mon pull et flirte avec ma peau. Je suis frigorifiée, je suis bouillante. La chair de poule assaille mon épiderme alors que le feu embrase mon sexe. Nous nous embrassons comme des adolescents qui n'osent pas se tripoter. Pourtant mon corps crie ''touche moi, glisse tes mains partout, viole-moi, force-moi, fais moi jouir'' Il jette de temps en temps des regards inquiets aux alentours et je n'ai qu'une peur c'est qu'il cesse. A mon tour je passe mes mains sous sa parka, déchire presque sa chemise et palpe sa peau étonnamment douce et chaude. Il frissonne. Est-ce le froid de mes mains ? ''Non, c'est toi !'' Cela m'excite au plus au point, il se rend. La citadelle abdique. Je prends sa main gauche et la guide vers mon décolleté. Mes petits seins pointent sous la dentelle, de désir et de froid ‘‘Pince-les ...'' Et le voilà de saisir de ses doigts délicats mon téton et de le pincer, de le faire rouler savamment au point que des éclairs de plaisir irradient et mon ventre et mes cuisses. J'halète ''Encore, plus fort...'' Il quitte ma bouche pour happer mon sein entre ses lèvres et sa langue de sucer, de lécher, ses dents de mordiller et mon sexe de mouiller et de mouiller encore. 

Je me décale et veux palper son sexe mais il me le refuse et continue de me déguster en faisant glisser une de ses mains sous ma jupe. J'écarte les cuisses, impudique, il vient me caresser. Sa main découvre l'étendue de mon envie comme le marin découvre que la mer où il navigue n'a pas de fin. Il me fixe  maintenant et alors que sa main s'affaire avec doigté il me regarde m'égarer. Je gémis et tente de garder les yeux ouverts. ''S'il te plait laisse moi te caresser, laisser moi enfin toucher ton sexe...'' Je sens bien qu'il en a envie mais il résiste. Je supplie '' laisse toi faire !'' Il soupire ''... mais je ne bougerai pas !'' Subitement un bruit dans les feuillages nous gèle sur place. Il a le regard de l'aigle à 180 degré. La perspective d'un visiteur me tétanise et m'excite. Tant pis si l'on nous voit. Je veux son sexe dressé comme un tisonnier pour attiser mes braises. Je veux le faire jouir à son corps défendant.

Il n'a pas cessé ses caresses et plus cela va plus, je hoquète. Fébrile je défais les boutons et son vit bandé tel un ressort jaillit de sa cachette. Il est si  beau, si lisse. Son gland brille magnifiquement d'envie comme une cerise que j'ai une envie folle de le prendre dans ma bouche mais... cela serait trop évident. Alors l'air de rien, je soulève ma jupe jusqu'à mes reins et me tourne dos à lui ''Oh ton cul'' est tout ce qu'il peut articuler. Je me redresse un peu et viens glisser son sexe le long de mon sillon si lisse et lubrifiée. Je joue avec et il prend la place de sa main. Je me balance d'avant en arrière en des rythmes souterrains que je ne connaissais pas. Il gémit à son tour, sa verge magnifique se durcit. Et plus je le masse de ma fente gorgée de liqueur, plus il grandit et plus mon miel coule. Il a saisi mes deux seins et les caresse avec véhémence. Je vais jouir je le sens si je ne cesse maintenant. Un court instant j'arrête mais de contempler son sexe entre mes cuisses me rend cinglée. Je me soulève à nouveau et viens m'empaler sur lui. Il soupire, il gémit. ''Non tu ne bougeras pas, c'est promis'' et j'entame la danse de l'amour qui mène au paradis. Mes reins sont d'une souplesse de liane et je l'ensorcèle de mes mouvements aériens. Ses mains s'agacent sur mes seins et involontairement elles m'insufflent le rythme. Je suis leur cadence et retiens à mon tour des cris de petits chiens. Je ravale mon plaisir et plus il monte plus je le retiens. ''Mais tu vas me faire jouir'' dit-il dans un souffle rauque. Je suis au bord du gouffre et subitement il m'attire de toutes ses forces contre son torse enfonçant jusqu'à la garde son sexe en moi. Le plaisir est violent, subit, foudroyant. De ses entrailles en moi jaillit un trait immaculé qui me submerge et déclenche ma jouissance. Toute son énergie semble passer à travers cette connexion d’amour, en quelques secondes. Je me tords de plaisir, en émettant de petits gémissements. Un râle étouffé de mâle blessé s'échappe de sa gorge et nous jouissons à l'unisson.

J'ai les joues noyées de larmes. Tout cela, je viens de le rêver ! Bien sûr qu'il ne m'a pas retenue et alors que je retourne à la voiture à marche forcée, je pleure sur le désir stérile qui m'assiège et sur ma stupidité. Je ne sais pas où je me dirige, je suis éperdue et perdue. Pourtant nous avions tourné là, au grand chêne. Mon rimmel me brûle les yeux de nouveau. Je me tords les pieds sur le gravillon. Vite repartir, fuir cette humiliation. Quel crétin vraiment. Je commence à m'inquiéter car j'ai perdu tout repère et semble être entrée dans une véritable forêt. Le sentier s'atténue, il ne devient que trace. Zut ! repartir en arrière c'est la seule solution. Je me retourne et pousse un cri d'effroi ! Là, devant moi, lui qui me rattrapait. ''Mais que faites-vous là, que me voulez-vous à la fin ? Laissez moi bon Dieu !'' Je ne parle pas je glapis. Il ne dit rien. Il m'attrape les poignets et me traine vers le grand chêne. Je me débats mais il est plus fort que moi, et pour dire la vérité, je suis partagée entre l'envie de le rouer de coups et l'envie qu'il aille jusqu'au bout. Il me colle brusquement contre le tronc et sa violence subitement me fait peur, si jamais... Mes bras sont plaqués sur le tronc de chaque côté de mes hanches et il se presse contre moi. Il est autoritaire. Il m'embrasse à pleine bouche, force mes lèvres, ses dents me heurtent et il fouille ma bouche à la rencontre de ma langue. Il la trouve, et comme envoûtée, elle l'embrasse sans que je puisse rien n'y dire. Mon coeur bat des rythmes de samba, mes jambes se ramollissent à mesure que son baiser m'embrase. Je suis molle, il a lâché mes mains qui restent ballantes. Avec une délicatesse inattendue, il remonte lentement ma jupe et glisse en simultané ses deux mains le long de mes cuisses et fait chanter enfin mes bas comme j'en avais rêvé. Mon sexe, profond comme un calice, déborde de liqueur que je voudrais qu'il boive. Ses mains cherchent ma peau tendre et la trouve. Ses doigts de dentellier viennent jouer dans ma fente et recueillent au passage toute la sève de mon envie folle de lui. Son baiser m'étouffe mais il ne le termine pas et c'est bouche à bouche qu'il me pénètre, là, debout contre l'écorce rugueuse, avec une lenteur excessive, ses deux mains agrippées à mes fesses. Son gland joue à la porte comme un enfant taquin qui sonne mais à qui on n'ouvre pas. Puis sûrement il plonge dans mon intimité. Je crie presque tant il me force et pourtant c'est de plaisir que je crierais, mais je me retiens. Ne pas lui montrer qu'il m'a domptée et qu'il peut faire de moi ce qu'il veut. Alors comme par vengeance il ressort mais ne revient pas. Je suis pantelante, mon ventre grouille de mon envie de lui dans moi. Je projette mon sexe, quémandant. Il ne m'embrasse plus mais me regarde, froid.  Alors je ferme les yeux priant pour qu'il m'achève. Je sens sa verge comme une épée me pourfendre,  fourrager dans mon sexe sans ménagement et ses coups répétés me font mal au dos, me mettent au supplice de la volupté qu'il me donne. Mes mains à leur tour agrippent ses fesses fermes qui s'affairent. Je gémis, je supplie. Mon plaisir monte en mille contractions et son sexe et mon sexe se répondent. Il a plongé sa tête dans mon coup, et gémit à son tour. La jouissance nous prend dans un ultime assaut qui me cloue au grand chêne. Et nous jouissons à l'unisson.

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Commentaires

Ce matin, en me levant, j'ai vu la brume et je me suis dit "il va faire chaud aujourd'hui".
Mais à ce point je ne pensais pas !!!
Mon pantalon a beau être large, je ne vais pas pouvoir quitter le bureau avant un moment.
Quoique ... si j'essayais pour voir...(clin d'oeil)

Ecrit par : ZORG | 27 août 2007

Allez prendre l'air Zorg, il est frais et j'ai remarqué que les robes au vent sont légères ! :-)

Ecrit par : Gicerilla | 27 août 2007

Je ne sais ce que j'ai préféré, ce qu'elle a rêvé ou ce qui s'est passé.

Ecrit par : Bougrenette | 27 août 2007

Si seulement vous avez été émue, un peu, alors peu importe la préférence. Toucher, faire vibrer d'une façon ou d'une autre est tout ce qui compte ! Alors, comme la feuille fragile au vent, j'espère que vous avez palpité !

Ecrit par : Gicerilla | 27 août 2007

Votre récit comporte des inexactitudes qui altèrent son intérêt: LUI ne portait ni parka de cuir noir, ni pantalon rouge sang séché (quelle faute de goût !), ni chemise chevignon, et encore moins ne conduisait une BMW sombre...

Ecrit par : LUI | 28 août 2007

Censure, censure quand tu nous tient ! Je hais l'arbitraire d'un jugement, je ne vais donc pas pratiquer votre style. Et qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse.... désolée qu'elle ne vous ait pas saisi, moi, elle m'a fait tourner la tête !

Ecrit par : Gicerilla | 28 août 2007

Ce qui me gêne malgré tout c'est qu'une femme raffinée comme vous puisse confondre une piètre BMW avec une noble SAAB...

Ecrit par : LUI | 28 août 2007

Et bien moi, ce texte m'a donné des frissons et me donne envie de me promener aux bois ! En kilt ou en pantalon, franchement, peu importe. Seul l'homme compte et celui-là ne m'as pas laissée de bois...
A Albigny ? J'y vais de ce pas, des fois que....

Ecrit par : puce | 28 août 2007

Cet homme c'est LUI, donc MOI, et je vous garantis que je laisse de bois, que dis-je de marbre, la moindre donzelle.

Ecrit par : LUI | 28 août 2007

Le verbe condescendre me fait toujours bizarre, on a l’impression qu’on parle d’éliminer un abruti.
Bon, comme c’était en décembre, ça permet à pas mal d’entre nous de savoir qu’ils ne sont pas concernés.
Le mot concerné me fait toujours bizarre, on a l’impression qu’on est entouré d’abrutis.
Mieux, tous ceux qui ne connaissent pas le restaurant Les Planches à Albigny sur Saône peuvent aller se faire dorer la pilule.
Albigny-sur-Saône est située à 20 km au Nord de Lyon, dans le Val de Saône, sur la rive droite de la rivière qui détermine sa bordure Est. De l'autre côté de la Saône les communes de Neuville et de Fleurieu-sur-Saône lui font face. Le village est partiellement bâti sur les contreforts et le versant Est des Monts d'Or.
Faut vraiment avoir rendez-vous ...

Ecrit par : Boris | 28 août 2007

Il manque l’essentiel, la douceur d’un regard corrosif qui dans votre bouche ferait s’émanciper une phrase impromptue mais ferme : “je lis dans tes yeux que tu m’aimes”.

Ecrit par : Alex | 28 août 2007

Oui, ce regard a manqué Alex, et la phrase ne sera jamais émancipée !

Ecrit par : Gicerilla | 28 août 2007

Si, ailleurs, une autre fois.

Ecrit par : Alex | 28 août 2007

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