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jeudi, 27 décembre 2007

ELLE - L'escarpin fuchsia - la fin

9be103bc8083b139a5afcf8c4ade953b.jpgIl y a quelque mois j'avais relaté le premier volume d'une histoire "l'Escarpin Fuchsia". Comme promis, voici la fin.


 "Pourtant, entre la première de propreté et la semelle un interstice a été créé et je vois, glissé entre les deux, ce qui semble être un morceau de papier plié..."

Je déplie le papier les mains tremblantes. Je considère la feuille dépliée pour noter que l'écriture est souple mais nerveuse, la pointe du stylo bille a entamé le papier d'un trait volontaire, le fait d'une main ferme j'imagine. Je lis les mots élégamment couchés et je dois immédiatement m'asseoir. Les jambes me font défaut car ce que je lis est inconcevable.

"Vous ne me connaissez pas. Je ne vous connais pas non plus. Par un jeu de circonstances que seule la vie peut nous réserver, j'ai aperçu vos jambes, vos chevilles et vos pieds cambrés chaussés de ces escarpins condamnables. Je rangeai alors mes affaires dans mon sac de sport lorsque par l'interstice infime qui sépare les casiers j'ai vu vos pieds habillés par ce cuir aussi tentant que le cœur d'un arum carmin et se profiler au-dessus vos belles jambes. Vous avouerai-je que sous l'emprise d'un élan irraisonné, j'ai attendu que vous soyez dans la douche pour vous voler la chaussure droite comme un trophée. Je voulais vous posséder, quelle illusion ! Depuis je ne sais comment faire pour vous aborder. En effet, je ne connais de vous que vos jambes dorées et vos escarpins fuchsia. Pour vous voir, il faudra bien que de nouveau vous les portiez. Alors c'est à regret que je vous le retourne. Promettez-moi de les porter bientôt qu'enfin entière je vous voie. C"

Je suis incrédule. Tout cela sent son canular. Une femme m'aurait volé une chaussure telle un fétichiste de base ? Et pourtant comme une intuition fulgurante au creux de mes tripes me fait croire que cela est vrai. Je suis saisie d'une envie démente d'en savoir plus et dès lors décide de porter plus souvent qu'à l'accoutumé ces chaussures de tentation.

Je retournai régulièrement à mon cours de fitness, guettant littéralement à chaque pas en entrant dans le vestiaire un regard ambigu qui trahirait la voleuse qui hantait mes pensées. Pourtant aucune piste ne m'était révélée et j'abandonnai l'idée de jamais savoir le fin mot de l'histoire.

Et ne voilà pas qu'en ce lundi de septembre j'ouvre mon casier et je vois tomber un deuxième papier, soigneusement plié comme le premier. Mon cœur fait un bond à me couper le souffle. De l'ouate liquide envahit mon cerveau et les femmes babillantes qui m'entourent semblent devenues muettes. Je ne les entends plus et nue, sans aucune conscience du froid qui fait dresser mes seins, je lis le billet, envahie par une vague brûlante.

"J'ai voulu vous voir en entier et j'ai guetté chaque jour votre retour espérant que rapidement mon regard croiserait encore vos pas. Mes yeux se sont faits humbles depuis et enfin je vous ai vue. Ce que j'avais anticipé m'a été confirmé. Vous me plaisez. Vous êtes entrée dans le vestiaire comme une tornade souriante, vous avez dit bonjour à la cantonade et c'est à ce moment que j'ai tourné la tête. Vous souriiez de ce sourire que depuis je ne peux oublier. J'étais dans un coin, à moitié cachée par la porte du casier et je vous ai observée à la dérobée. Et chaque vêtement de vous qui tombait me faisait regretter d'avoir un jour décidé que le genre masculin n'était pas mon destin. Plus je vous regardais, plus des élans violents venaient réveiller au creux de mon ventre des envies disparues avec lui. Etre devenu ce que je croyais être pour découvrir que celui que j'étais aurait aimé vous rencontrer... Je nourris malgré tout le désir fou de vous plaire, car je ne saurai vivre sans espoir. Je vous en prie, ne vous effrayez pas de ma confession et sachez que votre choix sera le mien. Je vous laisse libre de venir à moi ou pas. Je vous donne un indice qui vous permettra sans équivoque de m'identifier et vous saurez alors si vous voulez connaitre de moi plus que ces mots sur ce papier. Cherchez un piercing au diamant étincelant telle Vénus pour vous orienter. La lettre C qui l'orne vous guidera.Ne dites pas non. Réfléchissez, ne me condamnez pas. C"


Je me suis assise. Le froid pince mes chairs qui se réveillent pour me dire "vêts-toi". Je suis grelottante et pourtant bouillonnante. Je regarde de toutes parts mais le vestiaire s'est vidé. Je suis hagarde, égarée. Que faire ? Comme une automate, je couvre mon corps glacé, les sens bouleversés par cette révélation étonnante.

Les jours suivants je n'ai eu de cesse d'observer discrètement toutes les femmes qui se douchaient en cherchant désespérément celle qu'un diamant trahirait jusqu'à récemment....


* * *

Bien souvent la réalité dépasse la fiction. A vous d'y croire ou pas.

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Commentaires

où sont les hommes ? si ces jambes sont vôtres, je suis scandalisé qu'aucun de mes frères de genre n'ai proposé de vous ôter vos escarpins !

Ecrit par : waid | vendredi, 28 décembre 2007

Qui aurait pu imaginer une telle fin, un développement à ce point irréel, la surprise est totale, pour moi qui attendait cette note avec impatience ;-) j'ignore encore si j'y crois ou pas, je me suis simplement laissé porter par l'histoire troublante, je reste encore sur ce "récemment" et ma faim ;-) . Et j'aime bien la réalité de la tornade souriante qu'on ne peut oublier.

Ecrit par : bougrenette | vendredi, 28 décembre 2007

Une question , avant d'être jeté en pâture de la censure...vos textes sont ils des fantasmes ? avez vous envie de les vivre ? Etes vous capable de les vivre ? ou tout cela n'est que littérature ? N'êtes vous qu'une dégonflée...?

Ecrit par : passeakevin | vendredi, 28 décembre 2007

Franchement Passeakevin, vous devez avoir un sacré problème.

Votre violence, votre frustration, gardez - les pour vous. Et si vous avez quelque chose de personnel à régler avec elle, faites - le en post privé. Ce blog est ouvert aux débats, pour le plaisir, et dans le respect. Là, ce n'est pas le cas, une fois de plus. Vos remarques insidieuses, et autre commentaires désagréables ne me feront pas fuir d'ici. Je doute aussi qu' ils fassent fuir d'autres personnes. Et si encore cela ne vous va pas, je suis à votre disposition pour vous expliquer ce qu' il y a lieu de faire entre quatre yeux ! A moins que vous n'en ayez qu'un. tellmemore@wanadoo.fr

Ecrit par : Gilgamesh | vendredi, 28 décembre 2007

@Gilgamesh
Je peux me tromper mais...
il semblerait que ce soit une ....blogueuse un peu crispée ;-)

Ecrit par : MarieM | vendredi, 28 décembre 2007

moi j'y crois et je veux vite la suite!!
bises
tania

Ecrit par : tania | vendredi, 28 décembre 2007

Un petit bijou que cette aventure ! Je vous imagine vous, dans ce vestiaire decouvrant une nouvelle bafouille de cette personne !!!! J'aime. Il y aura suite j'ose l'esperer ...
Vrai ou pas quelle importance ? pour moi aucune même si je prefere y croire.

Ecrit par : X-Addict | samedi, 29 décembre 2007

Petit bijou, oui, et vraiment, G, continuez ! Tout s'affine : le style, les scenari, l'ambiance. Nous ne sommes pas loin du raffinement des contes des 1000 et 1 nuits ! ;)

A quand un roman ? Et pas limité au seul domaine de l'érotisme. Vraiment... continuez.

Ecrit par : Gilgamesh | samedi, 29 décembre 2007

les commentaires, les critiques, c'est ici, mais pas d'agression gratuite derrière un écran, même si ces agressions sont le fruit d'une frustration personnelle ok ? merci monsieur passeakevin !

Ecrit par : losslaid | samedi, 29 décembre 2007

J'ai beaucoup aimé cette histoire et je reviendrai en vous souhaitant de découvrir la suite de (votre) cette histoire, est elle vraie ou faut-il ne pas casser la magie du mystère ?
En spécialiste de mode, je trouve ces escarpins et les jambes de leur propriètaire superbes. @ +++

Ecrit par : Pierre-Jean | dimanche, 30 décembre 2007

@ Waid : oui et re-oui, je ne peux qu'agréer votre indignation !

@ Bougrenette : ... la fin ne sera connue que de moi, mais ici ne vous ai-je pas révélé le plus incroyable ? Et pourtant ...

@ Gilgamesh & MarieM & Losslaid : laissez passer, c'est une valse :-)

@ Tania : oui, évidemment, c'est tentant mais je ne la livrerai pas et laisse à votre imagination sûrement très riche le soin d'imaginer ce qui finalement arriva! Merci d'être passée.

@ X-Addict : il est vrai que je commençais à y prendre goût mais rien ne saurait durer indéfiniment sans lasser... sauf peut-être l'amour ?

@ Pierre-Jean : non, ne pas briser la magie du mystère, absolument. Merci pour le reste, je rougis un peu !
Au plaisir de vous divertir encore.

Ecrit par : Gicerilla | dimanche, 30 décembre 2007

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