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dimanche, 30 décembre 2007
ELLE - L'ornithologie revisitée
Samedi j'ai vécu une expérience inoubliable !
L'humilation portée au sublime, celle qui fait lever les yeux au ciel devant tant de perfection et de destruction contenues.
Mais pour la raconter, refaisons la génèse.
Bien que Darwin ait clamé que l'homme descend du singe, j'ai souvent pensé que la femme descendait plutôt de l'archéoptérix, vous savez, l'ancêtre éloigné de l'oiseau et dans le règne animal rien n'est plus proche de la femme que nos amis ailés. En tout cas, j'ai dû l'admettre depuis peu en ce qui me concerne et sans en revendiquer la moindre fierté, je ne peux que constater que cela est vrai. La lucidité est certainement ma plus grande vertu et en son nom je me dois de reconnaître une liaison directe avec les anatidés, les passereaux et autres gallinacés.
Évidemment, le lien entre eux est moi est ténu et il s'agit ici de m'expliquer.
Oie blanche je peux être à mes heures. Crédule comme une enfant, jolie niaise qui, le bec enfariné, gobe tout ce qu'on lui raconte comme si des vérités bibliques lui étaient révélées et qui se retrouve bien souvent l'objet du sourire de ses contemporains, amusés par tant de naïveté. Je revendique cette qualité qui parait à certains comme un défaut incurable et pourtant. Sans un brin de naïveté n'a-t-on pas vite fait de tomber dans le scepticisme, voire le cynisme improductif ? Oie blanche je veux être tant que l'on ne manifeste à mon égard aucun mépris, car sinon d'oie blanche je peux devenir aigle au bec acéré pour mieux lacérer de mes propos tranchants ceux qui ont cru un seul instant de moi pouvoir se moquer.
Il m'arrive aussi d'être plus bête qu'une poule, même s'il est prouvé que la poule est loin d'être bête. Pourtant lorsqu'en informatique il s'agit de trouver la solution d'un problème, je suis comme une poule, de race tout de même, qui a trouvé un couteau et alors il me suffit de remuer du croupion joliment pour solliciter des mâles environnant l'aide nécessaire à la solution du problème. Et de bête poule je deviens fin stratège et fais tomber dans le panneau le premier informaticien venu si prévisible dans ses réactions qu'un sourire de cocotte le fait s'activer sans répit et gratuitement encore !
Pie je suis aussi, allez je l'avoue. Je peux jacasser des heures de tout et de n'importe quoi, aidée que je suis par la faconde que les fées m'ont donnée à ma naissance. Je jase avec art, je jase avec légèreté, je jase comme une fille de bonne famille ou comme une serveuse de bar. La gouaille d'Arletty ou l'élégance du verbe de Molière me servent à débiter des fadaises ou bien des vérités. Car jamais je ne fais l'autruche et j'affronte volontiers celui avec qui je suis en conflit, le débat ne me fait pas peur et les joutes orales sont mon plus grand bonheur.
J'aime tout ce qui brille, particulièrement le diamant, mais je manque parfois de discernement et telle l'alouette je peux prendre parfois un vulgaire morceau de verre poli pour une gemme incomparable. Il m'est arrivé d'être tête de linotte ou bécasse mais jamais, au grand jamais, dindon.
Et samedi, pour la première fois de ma vie, j'ai été l'héroine d'une amère comédie. J'ai été l'objet involontaire d'une farce savamment orchestrée et dindon je me suis transformée à ma grande vergogne. Je ressens toujours sur ma joue le feu de l'humiliation que j'ai ressentie lorsque j'ai réalisé le piège dans lequel j'étais tombée. Des larmes acides dévorent encore mes yeux asséchés par la colère.
Et je m'en veux d'avoir été abusée par un prédateur de si peu d'envergure. Le rendez-vous que j'avais accepté avec ce beau renard aux mots suaves, au pelage rouge flamboyant de celui qui a de la race, à la queue en panache digne des plus beaux contes s'est révélé être une rencontre manquée avec une hyène pouilleuse, au pelage gris jaunâtre rongé par la gale, à l'échine courbée du lâche qui plie l'échine sous la force de l'adversaire plutôt que de lutter pour conserver son honneur. Impuissant de surcroît, je le soupçonne, et ce sera là sa seule circonstance atténuante car sinon comment expliquer que l'on me sollicite, que l'on veuille tout de moi pour ensuite mieux me bafouer ?
Ses mots savamment tournés m'ont aveuglée et j'ai accepté de rencontrer un pleutre au lieu du renard éblouissant de la fable. Je n'ai pas vu qu'entrait dans la basse-cour un charognard couard et non pas un prédateur fort et courageux. Caché derrière ses mots trompeurs, il a obtenu de moi ce qu'il ne méritait pas, un rendez-vous qui en lapin humiliant s'est transformé.
Et après avoir été avec lui tour à tour oie blanche, poule et alouette me voilà devenue dindon pour une farce salée dans laquelle j'ai joué, grandiose, le premier rôle ! Bel accomplissement, vraiment...
Et je vous le dis haut et fort, comme le corbeau en son temps, on ne m'y reprendra pas. On apprend toujours à ses dépens n'est-ce pas !
Alors, Mesdames, croyez-moi sur parole, si un beau parleur vient vous susurrer des mots envoûtants, ne l'écoutez que d'une oreille distraite jusqu'à ce qu'il ait fait ses preuves et démontré qu'il est bien ce qu'il prétend être.
A bon entendeur...
06:55 Publié dans Billet d'humour | Lien permanent | Commentaires (19) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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Commentaires
Excellent ! enfin un texte qui a du chien !
Ecrit par : passeakevin | dimanche, 30 décembre 2007
Mais, G, prenez celà du bon côté ! C'est en réalité une histoire drôle et très libératrice :) (oups, je viens de faire une faute de frappe et d'écrire libéractrice).
Regardez ô combien cette personne (je ne peux pas parler d'homme ici) est nulle, insignifiante, certainement très complexée. Ce n'est pas votre histoire que vous nous révélez ici, mais vous levez un voile très significatif sur la sienne.
Il doit être malheureux, ne pas pouvoir ressentir en lui sa capacité à séduire ( rien ne prouve que vous soyez la seule sujette de ses non -actes ) et encore moins à convaincre. Nous pouvons imaginer sans difficulté la ou les tares qui sont siennes. Physique, sexuelle, psychologique ( une maman castratrice etc ?) Une série d'échecs amoureux qui ont ruiné sa vie affective ?
Soyons bons. En fait, finalement, nous pourrions avoir pitié de lui. Et espérer, tant pour lui que pour son entourage, s'il en a encore un, qu'il trouve suffisamment de clairvoyance, de dignité et de courage que pour remédier à son comportement actuel. Peut -être alors deviendra t'il un vrai Homme à vos yeux ? mais dans le fond, je n'y crois guère.C'est trop tard, il est pourri.
Ecrit par : GILGAMESH | dimanche, 30 décembre 2007
Ne prenez-vous pas là, quelque chose qui peut-être ne vous appartient pas.
Il est tant de destinées dans une vie, parfois cocasses, parfois funestes, qui peuvent détourner un homme, temporairement, ou définitivement, de l'un des chemins qu'il envisageait ...
Ce n'est assurément pas de lui dont vous nous parlez, contrairement à l'affirmation de l'antique héros, mais bien de ce que vous craignez être, ce qui ne dit en rien que vous le soyez ... :-)
Mais ne croyons nous pas, tous, voir en nous-même quelque Gollum fort déplaisant, et par là, ne renvoyons-nous pas tous cette image, entraperçue, sur celui ou celle dont on imagine qu'il ou elle nous a manqué ...
Ecrit par : Quidam LAMBDA | dimanche, 30 décembre 2007
2008 te tiendra toutes ses promesses, j'en suis sûr.
Tu le mérites.
Tes mots ne m'ont pas fait que du mal, et ta "jalousie" m'a mis le vague à l'âme.
Je n'ai fait que me tromper, dans ce monde décidément trop petit. Et tant qu'à déconner, j'y vais plein tube. Con et triste.
Mais je repasserai te lire.
Bonne route.
Ecrit par : Boris | dimanche, 30 décembre 2007
Telle que je pressens G ou Gicerilla (bonjour G...h lol)
"Le rendez-vous ...avec ce beau renard...de celui qui a de la race,...panache digne des plus beaux contes s'est révélé être une rencontre manquée avec une hyène pouilleuse, au pelage gris jaunâtre rongé par la gale, à l'échine courbée du lâche qui plie l'échine sous la force de l'adversaire plutôt que de lutter pour conserver son honneur."
Cette description, je pense s'applique:
Non à quelqu'un que l'on pourrait plaindre,
(elle l'aurait fait, je la crois compatissante, si c'était le cas) mais à quelqu'un qu'il vaut mieux dénoncer, pour qu'il ne puisse plus nuire.
Aussi non, j'aime aussi ce qui brille, mais pas forcément les diamants.
J'ai une collection de petites roches (dont je ne connais même pas le nom) ou de coquillages ou de morceaux de verres ou de bois
(que j'ai glané au gré de mes rencontres humaines ou des découvertes de lieux pendant mes errances) que je n'échangerais contre aucune pierre précieuse.
Ecrit par : MarieM | dimanche, 30 décembre 2007
Arggg voila qui est intolérable. Qu'on le châtie, qu'on le pende, qu'on le châtre. Voila un galant qui n'a de mérite que d'être vendue à l'étale des bouchers.
Chère Gi, Jamais nous ne vous aurions faite dinde, mais plutot belle de soir.
Argg quel vilain que celui-ci :)
PS j ai bien ri ;)
Ecrit par : X-Addict | dimanche, 30 décembre 2007
Certainement une "expérience inoubliable" pour l'un et l'autre, visiblement.
Ecrit par : Bougrenette | dimanche, 30 décembre 2007
Beaucoup de bestioles dans cette histoire !
N'oubliez pas que lorsque l'homme exprime sa belle animalité, il n'y va pas que de la gueule, il accourt, il se montre, et n’a surtout besoin d’aucun intermédiaire.
Ecrit par : Alex | dimanche, 30 décembre 2007
Je vous proposerai bien un sort pour transformer le beau parleur en crapaud !
Plus vigilante peut-être, mais j'ai aussi envie de vous dire que cette mauvaise expérience ne doit pas vous empêcher d'en tenter d'autres... Ne vous privez pas !
Ecrit par : Fée d'Hiver | dimanche, 30 décembre 2007
désolé pour toi
tu es tombé sur une espèce hélas pas en voie de disparition à savoir
le beau parleur séducteur branleur lapinou !
:-(
Ecrit par : francouas | lundi, 31 décembre 2007
j'en profite pour vous souhaiter à toutes et tous une excellente année 2008. Ce blog m'a permis de "rencontrer" des personnes agréables, dotées d'un esprit critique, constructif, et ce fut aussi pour moi l'opportunité de passer quelques heures de distraction bienvenues.
Merci bien sûr à notre hôte, G. la Reine du beluga...
M.
Ecrit par : Gilgamesh | lundi, 31 décembre 2007
@ Passeakevin : "un texte qui a du chien" ? Vous plairait-il parce que je m'y raille moi-même et que, pour une fois, vous n'avez pas à le faire ?
@ Gilgamesh : Oui, j'adhère à votre analyse et malgré ma bienveillance légendaire, j'ai du mal aujourd'hui à accepter qu'on me maltraite gratuitement comme il l'a fait... Ce n'est même pas l'orgueil qui est blessé, c'est la femme.
@ Quidam : vous savez, je crois, combien j'apprécie (sincèrement) vos interventions souvent fines et pertinentes mais ici je ne suis pas d'accord. Je pratique l'auto-dérision parce que la meilleure défense, c'est l'attaque et j'ai aussi la lucidité de voir en face mes travers avec humour et indulgence. Je les dénonce ici par jeu et aussi pour signaler au monde que souvent les êtres malintentionnés sont hélàs très doués et que même des femmes intelligentes (moi :-)) peuvent tomber dans leur panneau... Mais je deviens chaque fois plus "éveillée" mais pour autant pas désabusée :-)
@ Boris : je sais Bo, nos quêtes divergent et dix... ça fait beaucoup ! Je vous verrai passer toujours avec plaisir, vous le savez.
@ MarieM : oui, je dénonce, et passionnée comme un Zola j'aurais été tentée de dire "j'accuse !"
Bienvenue au club des Alouettes :-)
@ X-Addict : j'adooooore... vous en boucher, lui en bifteck, mais j'aime bien aussi tous les autres sévices et à vrai dire je ne sais lequel me plait le mieux !
@ Bougrenette : je vais vite l'oublier, le goût est trop désagréable !
@ Alex : il semblerait donc, si je suis vos indices, qu'il ne s'agissait pas d'un homme !! M'aurait-il là dessus aussi trompée ?
@ Fée : oh oui oh oui (je bats des mains) un sort, un sort... mais un bon, un vrai hein !!
@ Francouas : humm je crains que cela ne soit le contraire, plutôt en voie de prolifération ! Les hommes, les vrais, les tatoués, y'en reste encore vous croyez ? :-)
Ecrit par : Gicerilla | lundi, 31 décembre 2007
Je sais trop l'ambigüité qu'il y a entre ce que l'on sait être, ce que l'on croit être, et sur le doute d'être, pour vous croire tout à fait dans votre réponse ...
Mais là je parle de moi, et j'ignore tout du réel, de votre réel, support de votre billet.
Bonne transition d'années ...
Ecrit par : Quidam LAMBDA | lundi, 31 décembre 2007
Quidam..
Bonne Année...
Le réel. Ne sommes nous tous le réel de quelqu'un(s) et l'irréel d'autres ?
Nous sommes tous humains. Avec tout ce que cela comporte...
l'humain décidemment, reste pour longtemps "un Etre en devenir".
Ecrit par : Gilgamesh | mardi, 01 janvier 2008
Pourquoi un lapin humiliant, s'il n'est pas venu malgré le talent de ses mots c'est qu'il n'avait pas le plumage de son ramage, alors s'il était venu vous auriez été humilié de le voir et malheureuse de ce sentiment si naturel mais éloigné de vos idéaux.
Ecrit par : waid | mercredi, 02 janvier 2008
@Gilgamesh : Belle et heureuse année à toi aussi.
Ecrit par : Bougrenette | jeudi, 03 janvier 2008
C'est votre modestie sans doute, car ce ne peut-être votre manque d'imagination, qui vous interdit de vous comparer au phénix.
À votre ramage, on ne pouvait pourtant plus douter que vous fussiez celui des hôtes de ces bois. Et si vos lecteurs attentifs, notant que d'un échec cuisant vous vous relevez encore plus belle, ont le compliment plus discret que moi, c'est pour ne pas ressembler au renard.
J'en prends le risque, alors que je ne suis pas un flatteur non plus, pour humblement rendre hommage aux qualités de votre blog... sans attendre aucun autre fromage que vos écrits.
Merci.
Ecrit par : Jimi | vendredi, 04 janvier 2008
@ Jimi : je ne sais que dire ! Confirmer serait un manque flagrant d'humilité, et refuser le compliment serait le comble de la fausse modestie. Alors tout simplement, merci. Je prends votre compliment au premier degré sans y voire aucune flagornerie et me réjouis vraiment de croire que passer par chez moi de temps en temps vous divertit. A vous revoir bientôt ... Gicerilla
Ecrit par : Gicerilla | dimanche, 06 janvier 2008
Voilà pourquoi je ne veux pas rencontrer toutes ces femmes qui sont folles de mon corps ! :))
Le bellâtre pouilleux est toujours vivant où est-il en train de sécher, pendu, dans un quelconque grenier ?...
Je sais que vous êtes capable de tout !
Joli abécédaire animalier.
Bisous Gi.
Ecrit par : Philo | mercredi, 27 février 2008
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