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vendredi, 21 décembre 2007

ELLE - La solitude

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Il est allongé sur un lit de gazon épais comme un tapis d'orient qu'il ne tond plus depuis longtemps.


L'herbe vert intense de ce milieu d'été est infestée de pissenlits et de trèfles trilobés. Un œil averti aurait beau chercher, aucun trèfle chanceux ne hante plus cette pelouse là. Ses yeux sont embués de larmes sèches qui ne veulent plus couler. Ses pupilles ont essuyé tant de marées d'équinoxe que leur bleu intense s'est corrodé et la cornée s'est asséchée comme le désert d'Uyuni. Plus aucune émotion ne pourra jamais fleurir dans ces yeux assassinés.

Il scrute le ciel et la lune resplendissante renvoie une lumière irréelle qui le projette dans des songes éveillés. La Solitude, sur la pointe des pieds, se fait ce soir plus présente et il sent sa chaleur là, à son côté. Il sait qu'elle scrute avec lui dans la même direction, un seul regard conjugué, les astres qui brillent et qui clignotent au rythme du sang qui bat dans ses veines. Osmose avec l'univers tellement plein, tellement vide. "Que fais-je encore ici ?" lui demande-t-elle. Sa gorge se serre. Il n'ose tourner la tête. Il a peur de rencontrer son regard interrogateur de femme lassée de répéter les mêmes questions. Il sait qu'il y a longtemps qu'elle aurait dû le quitter mais il ne sait s'y résoudre. Elle lui est si familière et avec elle, pas besoin de mots, elle sait.

"Madame, vous le savez. Je ne sais plus aimer depuis qu'elle est partie !" Ou plutôt on la lui a volée. Elle ne voulait pas s'en aller, le quitter. Elle l'aimait trop. Il l'aimait trop et pourtant elle n'est plus dans sa vie. "Alors, Madame je vous en prie tenez-moi encore compagnie..." Son cœur bat plus fort et les étoiles semblent le suivre dans cette danse effrénée des souvenirs qui le griffent comme les ronces de son jardin. Il ferme les yeux maintenant. Il doit la revoir et pour la énième fois il l'invoque. Il l'appelle "viens, frôle-moi, je t'en prie, rejoins-moi, reviens !..." Mais rien n'y fait, l'écran reste noir et ses yeux le piquent comme les dards d'un oursin enfoncés dans sa chair.

Subitement un coup au cœur, un poing dans le plexus, le souffle qui s'enfuit. Il suffoque. Les images palpitent et les flammes dévorent sa rétine. La voiture est là, sous ses yeux, compression flamboyante. Le bruit des sirènes qui scient ses tempes, des moteurs de pompiers qui ronronnent comme des chats malfaisants. Il est planté à dix mètres, les bras ballants le long du corps, le corps qui s'effrite, des larmes brûlantes lacèrent ses joues et il ne sait plus si ce sont elles, corrosives, qui grillent son être et son cerveau anéanti, ou ce sont les flammes de l'enfer qui dévorent la voiture où elle est assise, prisonnière d'une sangle qui n'a pas voulu céder. Il pleure de rage, il ne peut la sauver et un bruit ahurissant venant de ses entrailles couvre de ses sons lancinants le vacarme de l'accident...

Il n'a plus de mémoire. Comment a-t-il quitté la scène ? Et la cérémonie ? Les pompiers l'ont emmené, guidé par leurs mains rassurantes, lui l'halluciné, lui le sidéré. Et puis la vie a tenté de reprendre son cours. Des jours sans soleil, des nuits sans sommeil, Des réveils en sursaut, des dégoûts de la vie âcres comme la bile qui en ce moment reflue vers sa gorge. Des mois d'absence, présent mais détaché. Incapable d'envisager la vie sans elle. Et ce soir il la voudrait tant, là, dans ses bras !

Il se prend à prier et en écho à ses côtés la Dame avec lui prie. Leurs mots s'élèvent au-dessus des nuées. Il serre ses mains en deux poings impuissants et ses ongles rongent sa chair. Il écrase ses paupières sur ses pupilles stériles et fronce en une grimace de gargouille ses sourcils noirs pour mieux l'invoquer. De prières ses mots deviennent hurlements inhumains et dans l'air transparent de cette nuit d'été ils explosent en éclats qui scarifient la nuit et la fait saigner. Subitement, ses vêtements, sa peau le brûlent. Une chaleur intense envahit ses pieds. Remonte en déferlantes dans ses jambes, inonde son ventre, submerge son sexe qui se dresse à lui faire mal. La vague étouffe son cœur qui ne bat plus et ses poumons se tétanisent.

Elle est là, contre lui étendue de tout son long sur lui. Cela fait des mois qu'il n'a pas senti son poids sur son torse. "Embrasse-moi" susurre-t-elle à son oreille et au bord de la raison il sent pourtant une douce chaleur sur ses lèvres et le frôlement imperceptible de ses lèvres à elle. "Ne fais pas le timide, mets tes mains sur mes reins... si longtemps que j'attendais cela !" Incrédule, il lève lentement ses bras en arc de cercle croyant les poser sur son ventre et pourtant non, ses mains ne le touchent pas. Elle est bien là, palpable, avec sa cambrure ineffable et ses fesses rondes et charnues. Ses mains agitées de tremblements passent et repassent sur ces reliefs et son cœur repart de plus belle, et ses poumons enflent d'émotion. C'est bien elle. Il la caresse et la sent doucement basculer son bassin sur son sexe dressé. Ses hanches comme les bras aimants de la nourrice bercent doucement son sexe qui n'a plus jamais bandé de désir pour une autre. "Je suis avec toi une dernière fois, mais je vais repartir et pour de bon. Et la Dame qui t'accompagne devra elle aussi quitter les lieux. Il n'y a plus de place pour nous deux. Ecoute-moi bel ange, ton corps est chaud. Il est fait pour vivre et vibrer. Je veux que ton cœur, ton âme, ton sexe réapprennent à aimer. Rien de sert de s'accrocher au passé. Je te fais l'amour pour la dernière fois..."

Il suffoque en la plaquant contre lui comme un damné sur la porte de l'enfer. Il veut la faire rentrer dans sa chair pour ne plus jamais la laisser partir. Elle ondule lentement et il sent son corps comme le bronze de la porte qui s'échauffe, rougeoie, se liquéfie. Il la caresse éperdument et elle lui dit "ôte ta chemise, je veux sentir ta peau sur ma peau". Il n'ose pas la lâcher. Il arrache comme il peut le coton tentant de ne pas la laisser filer et un choc électrique fait exploser ses cellules. Sa peau si chaude sur sa peau à lui. "C'est impossible, je deviens fou... " Et pourtant. Ses seins fermes et ronds s'écrasent sur son torse comme avant et la douceur de satin qui glisse sur lui. Elle l'embrasse à pleine bouche, hors d'haleine. Il entend à nouveau ses gémissements. De petites plaintes d'amour qui augmentent au rythme de son ventre qui s'anime. Ils ne sont plus qu'ondulations et son cœur lui dit "aime-la" et son cerveau lui dit "tu délires" mais la passion est plus forte. Elle continue sa danse en transe contre son sexe qui enfle et bande tout son amour. Elle lui caresse le visage, baise son cou et ses lèvres mordillent sa chair tendre alors qu'il caresse ses fesses et s'accroche à ses hanches, planche de salut du naufragé qui se sent sombrer dans le délire du désespoir. "Laisse-toi aller mon amour, laisse monter en toi la sève de la vie, je t'en supplie arrose mon ventre comme une semence de vie nouvelle. Oh, mon amour, je t'en supplie... revis !" Et dans un ultime mouvement de ses hanches elle déclenche la tourmente qui le cloue de plaisir et fait jaillir vers les cieux une rivière nacrée qui l'inonde.

Et alors que son sexe pleure la vie dont à nouveau il jouit, il sent, désespéré, le poids sur lui s'alléger, devenir aérien, disparaitre. Il palpe désespérément l'air, presse son ventre de ses deux mains tremblantes mais il la sent devenir éthérée. Il sait qu'elle part à jamais et pourtant un sourire nait sur ses lèvres et ses yeux, enfin, débordent de larmes reconnaissantes...

 

 * * * * * *

 

Librement inspiré par Placebo, Sleeping with Ghost http://fr.youtube.com/watch?v=hDtV0sBLG8M&feature=rel...

 

Trackbacks

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Commentaires

Magnifique ... je ne sais pas quoi dire d'autre, c'est très beau à la fois triste et plein d'espoirs. La solitude est souvent peuplée de fantômes, pas aussi beau que le votre, c'est dommage.

Ecrit par : Bougrenette | vendredi, 21 décembre 2007

superbe , vos mots sont superbes je ne peux rien dire d'autre je suis trop admiratif.

Ecrit par : waid | vendredi, 21 décembre 2007

"...et ses yeux, enfin, débordent de larmes reconnaissantes..."

Comme une réminiscence.

Superbe.

La vie devant soi.

Ecrit par : Ex-mot | samedi, 22 décembre 2007

Gicerilla, encore un de vos textes où tout se mêle. On a parfois l'impression d'entrer dans vos rêves éthérés.
On est entre instant flou ou flottant et clair imminence.
Très beau une fois encore Miss!

Ecrit par : X-Addict | samedi, 22 décembre 2007

J'avais lu "un sourire niais sur ses lèvres..."...bon OK je reprends à zéro...

Ecrit par : passeakevin | samedi, 22 décembre 2007

La solitude ... joli thème, pas toujours facile à aborder.

Ecrit par : Passager du vent | dimanche, 23 décembre 2007

Je l’ai souvent rêvée, la grande disparue de ma vie. A m’en réveiller en sueur ou en larmes selon le moment.

Imaginer la rêver ainsi avec cet ultime message fabuleux : « Je t’en supplie revis », (même si c’est de l’inceste) me fait du bien.

Ecrit par : ZORG | mardi, 25 décembre 2007

@ Bougrenette : oui, la solitude comme la palette de l'artiste peut être colorée vivement, grise ou noire. La mienne ce soir est noire comme l'abysse !

@ Waid : Merci ! Vous émouvoir, toujours...

@ Ex-Mot : "...comme une reminiscence..." pour vous ? Oui, Ex, la vie devant soi, mais n'est-ce pas dur parfois ?

@ Passager du vent : votre pseudo à lui seul est un poème, merci d'être passé.

@ Zorg : sans rien savoir de tout cela, je ne peux m'empêcher de penser "mais bien sûr, sur ses lèvres, cette injonction pour vous !"

Ecrit par : Gicerilla | mardi, 25 décembre 2007

Comme une osmose unique, à jamais hors du temps
Comme un gouffre en soi, intime et essentiel
Comme un infini qui brule en incandescence

Merci pour ces mots sublimes, qui ont ranimés en moi des braises que je croyais avoir soigneusement enfouies.

Ecrit par : MarieM | mardi, 25 décembre 2007

G.

C 'est beau, et cruel à la fois. Je ne sais pas ce qui vous a inspiré cela, car il est absolument vraisemblable. C'est du...

Vécu.

Ecrit par : Gilgamesh | mercredi, 26 décembre 2007

@ X-Addict : que mes mots puissent toujours vous prendre par la main et vous immerger dans mes rêves pour, avec moi, en partager les émotions...

@ MarieM : chère M. il semble que beaucoup de fantômes hantent nos vies apparemment bien polies, et bizarrement ils ne procurent pas toujours, pas seulement de la douleur ou de la tristesse...

@ Gilgamesh : j'ai envie de vous dire simplement ce que je dis à MarieM. J'espère que vos fantômes à vous ne sont pas différents !

Ecrit par : Gicerilla | mercredi, 26 décembre 2007

Chère G.

Mon fantôme à moi m'a apporté quand même plus de hantise que de réconfort. Mais malgré tout, aussi un certain espoir quant à l'existence d' un au delà fait de paix et de sérénité.

J' en profite pour faire un commentaire, pas directement lié à ce texte, quoique: Il y a fantôme et fantôme. Voire fantôme et fantasme. Je me pose une question sur la perception qu' éventuellement les personnes qui lisent vos billets pourraient avoir de Gicerilla. Vous savez ô combien, même si vous, G, ne partagez pas mon point de vue, je fais la différence entre vous et elle. Vous est vraie, tangible, avec tout le cortège d'émotions qui entoure un être humain. Gicerilla est une projection de G, quelle qu'en soit la direction et l'intensité. Gicerilla est donc, pour moi, un être non tangible, une héroïne, qui devrait susciter certaines émotions particulières au travers de ses aventures. Erotiques en particulier. Personnellement, j'ai rêvé, et à répétition, de scènes torrides avec Olivia Hussey qui jouait Juliette, dans Roméo et Juliette, de Zeffirelli ( 1968).Mais elle n'avait pas d'email, et moi non plus ! Et je ne suis pas sûr non plus qu'elle aurait concrétisé mes fantasmes. Fantasmes, fantômes... même combat. La question est adressée à vous, lecteurs, lectrices: qui, combien d' entre vous, se sentirait éventuellement attiré, attirée, par l'érotisme " chaleureux" de Gicerilla, au point d'en faire son petit fantasme fantôme particulier ? Au point, par exemple, de confondre G et sa création ? il me semble que l' une et l'autre sont dignes d'être sujettes du désir, mais que le projet désiré ne peut être le même pour chacune d'entre elles. Gicerilla vit expérience après expérience, rarement avec le même homme. Peut on être persuadé, sinon dans le fantasme le plus banal, que G vit et souhaite vivre de la même manière ? et avec vous ? ;)

En bref: qui pourrait désirer G, et vouloir vivre avec elle un instant éphémère, sous la projection éthérée du personnage de Gicerilla sur son auteur. ( " Arroseuse arrosée ?")

A vous, à l'examen de votre conscience, à vos claviers...:)

Gilgamesh

hum: je donne l'exemple: non perso, je n'ai jamais projeté l'érotisme de Gicerilla sur son auteur.

Ecrit par : Gilgamesh | mercredi, 26 décembre 2007

Elle est terrible cette question ... sans aller jusqu'à vouloir vivre de l'éphémère, je dois moi, reconnaitre que je projette sans réelle distinction.

Ecrit par : Bougrenette | jeudi, 27 décembre 2007

Elle est peut être terrible, Bougrenette, mais les réponses en réalité n'engagent que leurs auteurs, et la petite visite de leur conscience qu'ils auront nécessairement faite pour arriver à leur conclusion..:) Et un instant de vérité, est quoiqu'on en pense, toujours bon à vivre.. Directement, ou à retardement...:) Donc les réponses devraient me semble t - il, n'être que claires, bien exprimées, honnêtes, importantes pour G, et libératoires, peut -être. je reprend pour la nième fois la chanson de Zazie: " mets toi tout nu , si tu es un homme, histoire de voir où nous en sommes..."

Et j'ajoute aussi, pour être clair, qu'évidemment je connais G.

Ecrit par : Gilgamesh | jeudi, 27 décembre 2007

Il vous semble, evidemment, et connaître Gi fait toute la différence, reconnaissez le.

Mais effectivement, les réponses n'engagent que les auteurs, la difficulté vient surement du fait que la question implique Gicerilla et l'Auteur, la reflexion elle implique qu'on fasse une distinction qui n'est peut être pas si évidente que ça pour quelqu'un qui ne connait que le coté virtuel.

D'autre part, (reflexion gratuite de ma part) Le virtuel n'est pas connu pour sa sincérité et son honnêté, malheureusement.

Avoir les réponses claires et bien exprimées c'est encore un autre débat, chacun fait selon ses moyens, ses envies et à sa façon.

Amicalement.

Ecrit par : Bougrenette | jeudi, 27 décembre 2007

@ Gilgamesh : n'estce pas là un faux débat ? Je suis Elle et moi. Les contours dessinés sur deux calques donneraient exactement la même silhouette. Vous seul pensez que je suis deux, mais une je suis dans sa multiplicité ! Ne vous en faites pas pour moi Gilgamesh. Ceux qui sur moi se tromperont, se tromperont. Et ceux qui auront du discernement, sauront. Merci, mais ne vous inquiétez pas ! :-)

Ecrit par : Gicerilla | jeudi, 27 décembre 2007

Vous savez ö combien, je suis têtu, obtu etc. Donc , je ne changerai pas de point de vue, pas par principe, mais parce que j'y crois. Et bien sûr, respecte le vôtre... :)
Mais est-ce la le vrai débat, justement ? Est-ce que cela empêche qu'éventuellement l'Une, ou l'Un, parmi nous projette son fantasme sur vous, que vous soyez Une ou Multiple ? C'est là, le pouvoir des mots, ou des images au cinéma.

deux pour le prix d'une.. Va savoir, certain ( e) s n'ont peut -être pas attendu les soldes ? ;)

Ecrit par : GILGAMESH | jeudi, 27 décembre 2007

Je ne la connais pas mais je dirais : Qu'importe si l'on projette ou non, du moment que l'on respecte et admire les facettes de G et de Gicerilla.

Et en toute sincérité, c'est mon cas, avec même une grande jalousie pour la virtuosité de l’écrivain, de l'exhibitionniste, de la provocatrice et de l'artiste.

J'ajouterais même de la reconnaissance pour le vent de liberté qu'elle fait souffler dans notre érotisme, notre sensibilité et jusque dans nos cœurs, parfois.

Cela vous agrée-t-il comme point de vue sir G ; je dis ça, mais en toute honnêteté, c'est son sentiment à elle qui m'importe.

Et quand bien même, y aurait-il des centaines d'imbéciles qui s'autoriseraient à juger G sur ces écrits ; passer pour un idiot aux yeux d'un imbécile est une volupté de fin gourmet ;-) (Coward Noël)

Ecrit par : MarieM | jeudi, 27 décembre 2007

Ah, dame MarieM.

je vous suis sur tous les points, et ne m'appelez pas Sir..


j' imagine sans peine le réconfort que vous apportez à notre amie...'

Ecrit par : Gilgamesh | jeudi, 27 décembre 2007

@Gilgamesh
Je suis sensible à vos 3 points :

Pour le 1er, j'apprécie que vous ayez écrit "suivre" (plutôt que approuver ou précéder), terme que n'utilise que rarement les hommes (non, je ne suis pas féministe, seulement "égaliste" lol)

Pour le dernier, j'en serais heureuse mais je ne suis pas sure qu'elle ai, sur cet aspect particulier de ses déambulations, besoin de mon réconfort, j'imagine qu'elle sait jusqu'où elle s'est aventurée, et dans quelles intentions.

Pour le 2éme, je veux bien, mais alors peut être pourriez vous expliquer le pourquoi, comment, où ? de votre pseudo (si notre hôte le permet ?)

Bises Marie

Ecrit par : MarieM | jeudi, 27 décembre 2007

Ma foi, point de fantasme ici pour moi. Plutôt la curiosité d'entrevoir celle qui se voile de mots et use d'érotisme comme d'une écharpe de brumes ...

Plus que le jeu des mots du corps, c'est le jeu des mots de l'esprit qu'il masque qui m'interpelle ...

Ecrit par : Quidam LAMBDA | jeudi, 27 décembre 2007

@Gilgamesh

j'ai lu Gicerilla et j'ai adoré, j'ai eu la chance de converser avec G et je n'ai pas été déçu bien au contraire. Gicerilla et G ne font qu'une, tout simplement l'une est l'expression artistique de l'autre, alors on peut toujours fantasmer sur une belle toile mais il vaut mieux être amoureux du peintre, pragmatique non ?

Ecrit par : waid | vendredi, 28 décembre 2007

@Waid: Votre pragmatisme est quasi indestructible... :) Mais notez que certains fantasment sur des artistes et vont même jusqu'à les assassiner, par jalousie ou par dépit. Et que d'autres tombent amoureux des belles toiles... :)

@MarieM. concernant ce pseudo, je l'ai adopté il y a pas mal d'annés après avoir participé à deux ateliers conférence donnés par Jacqueline Kelen, magnifique écrivain et spécialiste entre autres de la mythologie occidentale. Un de ses ateliers était consacré à l'épopée de Gilgamesh, son périple, sa rencontre avec Enkidu, et Ishtar. Après la mort d' Enkidu, d'abord ennemi puis ami très proche, il couru après la plante de vie éternelle. Il la trouve, la perd, et fini par accepter sa condition humaine. Quant à la rencontre avec Ishtar, déesse mère dont il refuse les avances, celle-ci m'a permis de me pencher un peu sur la relation entre les hommes et les femmes déesses mère...
Pourquoi l'avoir adopté ? Parce que ramené à ma petite histoire, ayant été éduqué vers un seul objectif, être le meilleur en tout, j'ai fini par réfuter ce devoir d'excellence, en essayant d'être plus condescendant vis à vis de mes " défauts et manques".

Ecrit par : Gilgamesh | vendredi, 28 décembre 2007

@ MarieM : votre message du 27 me touche, évidemment. Savoir qu'il y a des lecteurs qui aiment ce que je fais, humblement, et qui le disent aussi joliment, quelle plus belle récompense pour moi ?

@ Quidam : J'ai affaire ici à fine mouche et évidemment j'en roucoule ! Mon dieu, mon loup et ma cape de velours sombre seront-ils assez épais pour me cacher de vous ? Ce que vous dites est beau. J'espère vous rendre toujours aussi curieux :-)

Ecrit par : Gicerilla | vendredi, 28 décembre 2007

@Gilgamesh
Je comprends, un peu...
J'avais aussi un devoir d'excellence à remplir.
Je l'avais transformé en devoir de poésie buissonière, de fantaisie soigneusement cultivée en broussailles , de retranchement...
Maintenant j'essaie d'approcher l'esprit d'excellence, tel un artisan patient et humble devant ses limites.
Mais, comme j'ai longtemps été indulgente envers moi même, la mission est quasi impossible -;))

Ecrit par : MarieM | dimanche, 30 décembre 2007

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