07 janvier 2008
ELLE - De la pitié ou du mépris
Je suis assise à sa droite. Il conduit tranquillement dans le matin glacé. La lumière rasante du soleil oriental éclaire à peine la nature gelée. Les brins d'herbe comme des sculptures de cristal, les arbres de sucre glace saupoudrés. Il fait beau. Le ciel est quasi transparent mais ne révèle rien de ce qu'il cache. J'ai mis mes lunettes noires pour occulter mes yeux. Ne rien trahir des pensées qui tournoient dans mon cerveau comme une spirale infernale. On dit que les yeux sont les fenêtres de l'âme et je me méfie de la sagesse populaire ce matin. S'il voyait mes pensées passer en rafales, il y verrait le corps torturé d'hommes enchaînés dans la douleur. Il y verrait des préjugés qui s'affrontent tels des guerriers d'apocalypse, des murailles d'à priori idiots bâtis de briques de qu'en-dira-t-on. Il verrait comment la rationnelle et l'émotionnelle en moi comme deux Walkyries sont en train de se détruire à coups d'accusations acerbes et tranchantes. Je regarde bien droit devant moi, surtout qu'il ne croise pas mon regard brouillé.
Et alors que je lutte contre moi-même, les notes insidieuses de la contre-basse de Ferrucio Spineti s'immiscent dans mes veines. Plus létales que des bulles d'oxygène dans mon sang, elles remontent à mon coeur par mes artère dilatées par l'émotion et explosent dans mon coeur qui se contracte sans plus pouvoir se dilater. Mes pensées walkyries sont instantanéments figées dans leurs mouvements, pétrifiées dans leur élan destructeur. Plus rien ne compte que ces notes qui m'empoisonnent le cerveau et des larmes désespérées, inattendues, surgissent en geyser incontrôlable de mes yeux.
La voix de Petra Magoni rejoint harmonieusement les notes graves de l'instrument et aggrave mon état. En un italien vibrant, à capela, elle égrène religieusement tels les grains d'un chapelet les paroles de Brel "Non andare via" et comme un langue familière les mots dessinent sans traduction le désespoir de cet homme qui aime une femme à la supplier. Et la bataille en moi s'est calmée. Mes pensées vaincues par les émotions de cet homme accablé sont écroulées sur le sol, pantins sans vie ni raison, rendues vaines par une peine plus puissante que le doute qui en moi, quelques minutes avant, déclenchait cette lutte de titans.
Et me voilà regardant le pare-brise fixement, les larmes glissant sous mes lunettes et sinuant silencieusement sur mes joues. Et sa peine est ma peine. Et je me demande brusquement jusqu'où l'amour reste encore de l'amour et quand celui-ci bascule dans l'apitoiement, l'humiliation, l'annihilation de l'amour-propre et de l'estime de soi. Car la frontière est subtile et le seuil est vite franchi lorsque celui qui aime, aime tant, qu'il s'oublie dans l'autre au point de perdre ses repères, ses valeurs, sa dignité.
Comment aimer en partageant assez sans fusionner complètement ? Comment aimer pour, avec l'autre, faire une émulsion fine et stable défiant les lois de la physique ? Garder toujours son individualité tout en partageant des zones de territoire où, avec l'autre, on se fond pour une heure, une journée, un moment puis se dissocier à nouveau et revenir au stade de l'émulsion où les particularités sont conservées comme les bulles en suspensions mais se côtoient en harmonie sans se blesser, sans se phagocyter ?
Qu'est-ce que l'amour finalement ? Le regard posé sur un être qui vous apparaît subitement comme essentiel et sans qui, dès lors, la vie ne pourra plus avoir le même goût, plus le même sens ? Est-ce l'intuition ineffable que l'autre est la pièce imperceptible qui vous manquait pour vous compléter ou au contraire est-ce la pièce rapportée superflue mais indispensable pour faire de soi un être plus que complet, un être parachevé ?
Quand faut-il accepter la sentence de l'autre qui dit ne plus aimer ? Quand au contraire faut-il continuer à lutter ? Si l'amour un jour a existé saura-t-il perdurer grâce aux efforts de l'autre, si l'un n'en veut plus ? L'autre aura-t-il les moyens de le rattraper ? Les plus beaux mots du monde sauront-ils rescaper un amour qui sombre ?
Et j'écoute ces mots d'une beauté à mon avis jamais égalée. Ces mots imaginés par un homme amoureux prêt à tout pour garder l'objet de son amour. Perplexe, je me demande l'effet que me ferait des mots pareils déclamés par un homme que j'aurais aimé mais que je n'aimerais plus ou avec qui je ne voudrais plus rester. Auraient-ils le pouvoir d'infléchir ma décision ou au contraire seraient-ils comme un répulsif plus puissant que le désamour ?
A-t-on jamais entendu pareille déclaration depuis la nuit des temps "On a vu souvent, Rejaillir le feu, d'un ancien volcan, Qu'on croyait trop vieux, Il est paraît-il, Des terres brûlées, Donnant plus de blé, Qu'un meilleur avril, Et quand vient le soir, Pour qu'un ciel flamboie, Le rouge et le noir, Ne s'épousent-ils pas... " Les mots de l'un sauraient-ils faire résonner comme la peau d'un tambour les sentiments moribonds de l'autre pour mieux les raviver ?
J'aimerais croire que la puissance de l'amour, quand il est mû par des sentiments légitimes, est plus forte que tout et peut ressusciter l'amour en fuite, lorsque la fuite est une parade à son propre affrontement. Car n'est-il pas des fois où l'on croit ne plus aimer simplement parce que l'on préfère ne pas se questionner soi-même, sur sa propre évolution, sur ses propres motivations et blâmer l'autre de n'être plus le même, de ne plus nous donner ce que nous attendons ? N'est-ce pas tellement plus facile, rapide et confortable que de se remettre en question ?
Quoiqu'il en soit, je suis là, les yeux rivés sur l'horizon et les mots poignants de Brel me torturent à petit feu et je m'ébahis de la beauté des mots, de la clarté des idées émouvantes. Et je me dis que cet homme qui crie son amour, qui supplie, n'aime peut-être pas comme il le faudrait car aucun être humain ne devrait, même par amour soi-disant, s'abaisser ainsi "laisse moi devenir l'ombre de ton ombre, l'ombre de ta main, l'ombre de ton chien..." S'agit-il d'amour alors ou de dépendance ? Se positionner en esclave n'induit-il pas inévitablement l'adoption par l'autre du rôle de tortionnaire et plus tu me veux plus je te repousse car plus tu deviens repoussant de servilité ! Comment conserver sa dignité et plaider la cause de son amour en perdition sans se perdre soi-même ?
Il conduit toujours et je sens de temps en temps son regard se poser furtivement sur mon profil. Je me tiens hiératique pour ne pas hoqueter car les mots me secouent plus que de raison et je ne sais si je pleure sur tous mes amours passés, sur mes amours à venir ou si simplement, par empathie avec cet homme souffrant, je pleure sa douleur.
La route est libre, le monde semble encore dormir et je suis par mes larmes apaisée. Je ne sais ce que je vais dire à cet homme à ma gauche qui attend ma sentence mais je sais qu'au nom de l'amour nous ne devrions pas faire n'importe quoi, ni même nous donner par compassion ou pour d'autres mauvaises raisons !
"Je ferai un domaine, Où l'amour sera roi, Où l'amour sera loi, Où tu seras reine..."
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Commentaires
L'équilibre...
Ecrit par : Pierre-Jean | 07 janvier 2008
Je ne sais ce qu'il en est pour l'autre.
Par définition nous sommes chacun, chacune, un et unique. Nous ne partageons que des gènes et une culture, et ce qui se passe au fond de nos cortex ne nous concerne que nous seul.
Pour moi, l'amour est ou n'est pas. S'il n'est pas, il ne sera jamais. S'il est, il sera éternel. Il peut être plusieurs. C'est là, une sorte d'alchimie émotionnelle neurobiologique. Il peut être réciproque. Mais il peut aussi ne pas l'être.
Après, il y a ce que l'on en fait, le vivre, ou ne pas le vivre. On entre là dans les domaines psychologiques, culturels, circonstanciels ...
Avoir aimer et ne plus aimer est une chose pour moi inconcevable. Simplement, pour des tas de raison, on peut choisir de ne plus vivre un amour.
Alors "s'accrocher" ? Oui, peut être, ou peut-être pas.
S'il n'est pas réciproque, ma réponse est non.
S'il est réciproque, cela dépend des circonstances.
J'ai bien aimé ce texte, qui n'est pas sans échos ...
Ecrit par : Quidam LAMBDA | 07 janvier 2008
Etre ou ne pas être ... amoureux, pourquoi, comment, combien de temps, avec qui etc...?
Et si l'amour n'existait pas ? S'il faisait peur ?
S'il était merveilleux et nous faisait voir la "vie en rose" ?
Ne pas aimer ! Par peur de souffrir ou de moins s'auto-aimer ? Ou comme le chantait D. Balavoine aimer est plus fort que d'être aimé !!!
Pour finir sur un avis perso "moins il y a de questions mieux c 'est ". Beau texte en tout cas chère G.
Ecrit par : losslaid | 07 janvier 2008
Alors, tu vois Poulette, nous dans la Mafia on ne se complique pas la vie ; on a une petite phrase magique : « Si tu me quittes, je te tue ! »
Et les couples, chez nous, ils durent vraiment plus longtemps.
Ciao, Bella
Ecrit par : Don C. | 07 janvier 2008
@ Gicerilla : Ah !!! Tes mots !! J’en suis raide dingue.
Enfant, je n’avais pas bien compris les paroles, et je pensais qu’il s’agissait d’un cri de désespoir d’un homme dont l’amante était en train de mourir. « Ne me quitte pas » me retournait le cœur.
Puis j’ai compris les paroles et malgré mon attrait pour la musique, j’ai détesté cette chanson. Je continue à ne pas l'aimer.Je change de fréquence quand elle passe à la radio. L’image d’un amant suppliant l’autre de l’aimer toujours m’est insupportable. Je peste quand son refrain si connu tourne dans ma tête comme en ce moment.
@ losslaid : d’accord avec toi. Moins il y a de question, mieux c’est.
@ Quidam LAMBDA : Je pense tout le contraire de toi. Les plus belles amours ne sont pas forcément celles qui durent le plus. L’amour éternel est une farce.
Par contre, à l’instant T, l’amour est où n’est pas. Et s’il n’est plus, il faut partir. Surtout ne jamais devenir l’ombre de l’ombre de l’autre.
@ Gicerilla : Merci pour tes textes. Merci pour la tribune ainsi ouverte
Ecrit par : ZORG | 07 janvier 2008
Il pleure dans mon coeur comme il pleut sur la ville.
Je suis pas MDR, je pleure, ridicule n'est-ce pas...
Parce que c'était toi,
Quelque chose d'indéfinissable entre nous,
d'improbable et pourtant ...
Pourquoi faut-il que je sois si entière, que je retourne le couteau dans la plaie, jusqu'à ce que tout soit mis à nu...
De peur d''être prise dans la spirale des sentiments
quels qu'ils soient : amitié, tendresse, amour
qu'ils ne soient qu'un mirage,
Vouloir rester lucide, fièrement.
S'ils étaient comme vous G, se refusant aux faux semblants, aux à peu près et ne cédant pas aux sentiments de complaisance, je ne serais pas là, à me demander, si cette fois, je n'ai pas tranché trop vite dans le vif, si mon scepticisme n'a pas fait 2 victimes, lui et moi.
Et cette question, à quoi bon tant de précautions, puisque de toute façon cela fait mal ?
Ecrit par : MarieM | 07 janvier 2008
Et voilà, G. Votre plus beau texte.. Que voulez-vous que je vous dise, puisque là, vraiment, vous avez résumé en quelques phrases tout ce qui ne faisait que transparaître ailleurs. Vous avez lâché les chiens. Brisé la glace qui emprisonnait vos émotions comme un gangue de boue étreint un objet devenu invisible. Vous remuez tout le monde, là.
A part çà, l'amour pour moi existe une fois que je ressens le fond de mes tripes vibrer, et mon esprit devenir schizophrène." prendre l' Amour à pleins bras, et vivre le moment présent, tous les jours " ? ou "Courage, fuyons" de peur de me faire du mal...
Dans la pratique, m'assurer que chacun fait 50% du chemin. Que je ne déverse pas plus de la moitié de mon énergie amoureuse, au risque de me vider de celle-ci qui aussi m' est vitale. Pourtant, se laisser aller à fond dans une relation amoureuse, c'est grisant. Encore faut-il qu'il y ait relation, autrement dit, que l'autre soit là aussi, à mes côtés, pas face à moi.
Ecrit par : Gilgamesh | 08 janvier 2008
Tu as le droit de penser le contraire de moi, Zorg, mais cette phrase affirmative, "L’amour éternel est une farce.", est prétentieuse et stupide. Elle nie ce que peuvent ressentir d'autres personnes, ce dont nul n'a le droit (dans un monde civilisé) ... :-)
Ecrit par : Quidam LAMBDA | 08 janvier 2008
@Gicerilla
Oups , ça décoiffe, n'est-il pas ?
C le feuilleton de 2008 ?
Je sens que je vais kiffer les années bisextiles, moi !
Tant que l'on reste entre gens tolérants et courtois, cela ne peut qu'être très intéressant, une partie de dames virtuelles (sourire).
Ecrit par : MarieM | 08 janvier 2008
Quidam.. ooh.... je ne vois pas en quoi, vraiment, écrire que l'amour éternel est une farce, traîne de pareils adjectifs... Prétentieuse ? stupide ? C'est une question de points de vue, et il me semble là que vous soyez dans le jugement de valeur... ;)
Connaissez -vous un amour éternel ? Moi pas, sauf dans certains textes religieux. Ou sur les tombes, " je te voue un amour éternel."
Mais aussi, ce serait bien d'y croire. S'il existait , son environnement serait bien différent de ce qu'il nous est donné de vivre .
Tout autant que "la relation amoureuse doit être chef d'oeuvre, sinon rien.." C'est ce que je désire ardemment. Mais petit comme je suis, d'ici bas, j'en mesure la terrible difficulté, la somme d'embûches, les pièges à déjouer.
Et si simplement, l'amour était simple ? ;)
Ecrit par : Gilgamesh | 08 janvier 2008
@ Pierre-Jean : dommage, trop lapidaire pour que je comprenne l'essence de votre pensée.
@ Quidam : Je m'incline épatée. Ce que vous vivez jamais, je crois, je ne le connaitrai car comme Gilgamesh je ne connais pas d'amour qui dure. Ou peut-être seulement l'amour idéalisé qui se n'est jamais concrétisé et qui traine en moi comme une douleur lancinante jamais apaisée.
Ne croyez pas que si Zorg ne croit pas en l'amour éternel et qu'il y voit là une "farce" c'est à dire un conte pour rêveur il vous attaque. Il exprime un point de vue sans jugement j'en suis sûre. Je suis comme lui et crois en des amours qui durent un temps puis qui meurent parce que c'est dans l'ordre de la nature de naitre et de mourir en un cycle éternel. Je ne sais de quel bois vous êtes fait cher Quidam mais je n'en connais pas l'essence ! J'espère simplement qu'aimer à vie, même une personne qui ne vous aime plus, ne vous blesse pas ad vitam aeternam comme les tortures du purgatoire qui ne doivent jamais finir ! Ce serait par trop dommage et, sans sarcasme, je vous plaindrais car quelle douleur alors... Merci d'avoir partagé votre point de vue.
@ Losslaid : oui, ne pas questionner tout le temps mais juste essayer de vivre- Un début de solution ?! Je ne sais pas...
@ Don C : tiens je vous croyais des ascendances russes ! Siciliennes aussi ? Wouah quel cocktail redoutable.
@ Zorg : je suis contente si mon blog et mes textes sont l'occasion pour certains de partager des idées, des réflexions. Sans vous tous, cela n'existerait pas, alors merci à vous tous de rendre ce rêve là :
http://gicerilla.hautetfort.com/archive/2007/10/06/elle-7-mois.html
un début de réalité !
@ MarieM : j'aime vos mots qui me touchent comme quelque chose de violent déjà goûté. J'aime lorsque vous exprimez ici des choses aussi personnelles, à peine cachées, qui vous dévoilent un peu à nos yeux émus par tant de simplicité.
Ecrit par : Gicerilla | 08 janvier 2008
@ Gilgamesh : mon plus beau texte ? :-)
Je souris d'aise mais je crois que vous l'avez déjà dit dans le passé. Serait-ce qu'à vos yeux je m'améliore ou, plus certainement, que ce sujet vous touche plus que les précédents ? J'adhère à votre quête même si, plus le temps passe et plus je crois qu'elle est vaine et comme le Graal, jamais je ne la satisferai ! Pourtant je continue à rêver, mais avec lucidité maintenant (la maturité a du bon!), à l'Amour, le chef-d'oeuvre, celui qui me permettra de donner une justification à ma vie, qui à ce jour me parait bien creuse, je l'avoue !
Ecrit par : Gicerilla | 08 janvier 2008
G.
Celui-ci surpasse les autres.
Savez-vous que vous avez une lectrice assidue qui vous adore, mais en silence ? Sahory... ;)
Retenez ce joli surnom ! Elle pourrait bien être sur la trace de ce chef d'oeuvre... une petite Sherlock Holmes... ;)
Ecrit par : Gilgamesh | 08 janvier 2008
Ma qualification de la phrase de Zorg a peut-être été excessive, il n'en reste pas moins qu'il l'a tenue en réponse directe à mon propre propos, et que je l'estime, la phrase, non le propos, irrespectueuse de l'opinion que j'ai exprimé, opinion que j'ai pris soin de qualifier comme une perception personnelle, et non comme une vérité universelle, comme le fait à contrario Zorg avec sa phrase.
Mon opinion, qui ne repose que sur ma perception, est que ce que les uns et les autres décrivent comme un cycle, n'est pas de l'amour. C'est de la passion, du désir, etc. Mais comme, je l'ai dit, j'imagine que c'est là une alchimie propre à chacun, et que chacun, avons notre propre définition de ce que l'on considère comme de l'amour.
Ecrit par : Quidam LAMBDA | 08 janvier 2008
Pas de soumission chez le grand Jacques mais certainement une place privilégiée de la femme dans son escarcelle...
Ton texte et sa musique vont très bien ensemble...
je m'incline !
Ecrit par : francouas | 08 janvier 2008
@ Quidam lambda : tu as raison dans le fond, même si dans la forme, il me semble que tu fais dans ta réponse ("cette phrase affirmative … est prétentieuse et stupide") la même erreur que moi !!! Mais arrêtons là les escarmouches.
Comme MarieM, je tranche souvent dans le vif et de manière excessive. Et pourtant je me suis amélioré (autre effet positif du temps qui passe et qui nous fait mûrir - manière pudique de dire vieillir quand on ne se sent plus invulnérable aux attaques du temps – pour moi ça a commencé au passage de la quarantaine).
Tu as donc raison de rappeler cette règle du débat d’idées : ne jamais poser son idée comme absolue et supérieure à l’idée de l’autre à priori.
Bref, tu as raison d’autant plus que mes mots ont, dans leur excès, déformé ma pensée. Ce n’est pas l’amour éternel qui me semble une farce et au contraire j’admire ceux qui, comme mes grands- parents, ont su vivre un grand amour jusqu’à la fin et malgré les épreuves et les infidélités. Non, disais-je donc, ce n’est pas l’amour éternel, ni sa recherche qui me semble une farce mais son érection (sans mauvais jeu de mot) en modèle. Les plus belles amours ne sont pas forcément faites pour durer. Voyez le film « Casablanca » par exemple.
Encore merci Quidam, de m’avoir rappelé les règles de base du débat d’idée et de m’avoir donné l’occasion de voir plus clair dans ma pensée et de la préciser ici.
Ecrit par : ZORG | 08 janvier 2008
Merci Zorg, et autant pour moi.
Et pour conclure mon point de vue, je ne fais pour ma part un modèle de rien, juste des constatations sur mon humble personne ... :-)
Ecrit par : Quidam LAMBDA | 08 janvier 2008
que d'amour, que d'amour...:)
Ecrit par : Gilgamesh | 09 janvier 2008
@Gicerilla
Je les kiffe trop, kan y sont com ça, pas toi ?
Un bien bel échange, en "live" et avec fairplay, merci Z et Q, comme un air frais et ensoleillé qui passe ;-)
Ecrit par : MarieM | 09 janvier 2008
Coup de coeur pour ce que j'ai pu écouter, la contre-basse de Ferrucio Spineti, magique cet instrument.
Un écho aussi, systématiquement à "ne me quitte pas" c'est cette autre superbe chanson de Brel "la chanson des vieux amants". Il y a tellement de définition à l'amour, tellement de façon de le vivre qu'on pourrait écrire une véritable encyclopédie en plusieurs volumes, c'est pas plus mal au fond, si nous pensions tous à l'identique cela serait bien triste.
Ecrit par : Bougrenette | 09 janvier 2008
@Bougrenette
Dites-le avec des fleurs...:) des orchidées de préférence svp !
Ecrit par : gilgamesh | 09 janvier 2008
Venant du plat pays, je suis par la force des choses inspiré par toutes ces pensées que vous avez initiées.
Parlons d’amour, qu’il soit éternel ou passager.
Parler d’amour, c’est déjà aimer.
L’amour éternel de la naissance à la mort,
Il existe dans ses propres limites, c’est son sort,
Que les amants baliseront tout au long
Tant que leur souffle inspire la passion.
Et quand je cesse d’en parler
Et que je regarde le vécu,
Des amours, oui, il y en a eu.
Quant à demain, j’aime m’imaginer
Qu’elle est là, attendant à son tour
L’idée nous consolant
A la différence des chiens
Qu’arrivera l’instant
Même si nous ne sommes rien
Où nous ferons l’amour.
Ex-mot
(Traduit de ‘Before we leave’, Ex-word, 2008)
Ecrit par : Ex-mot | 09 janvier 2008
Un duel a l'ancienne avec témoins et fleurets mouchetés dans l'élégance et le raffinement, quand même ça a de la gueule !!!
Ecrit par : macaron | 09 janvier 2008
@ Quidam et Zorg : il est vrai qu'un esprit chagrin pourrait voir dans votre échange un excès de complaisance voire d'obséquiosité et pourtant je sens là, vraiment, deux hommes qui ont fait un bout de chemin, face à face pourtant, comme opposés, et qui se rejoignent à chaque pas un peu plus en constatant que finalement leurs points de vue ne sont peut-être pas si éloignés...
@ Gilgamesh : vous raillez ? oh, non vous n'êtes pas un persifleur, vous vous étonnez n'est-ce pas de ce rapprochement de deux hommes différents mais capables de comprendre les idées de l'autre ?
@ Ex-mot : comme j'aime vos mots qu'ils soient dans la langue d'Erasme ou celle de Shakespeare. Moi aussi je veux imaginer qu'il est là, attendant son tour...
@ Bougrenette : il fallait écouter le morceau dans le contexte, dans l'espace étroit de l'habitacle pour être alors saisi de frissons insupportables à vous arracher la peau... Je suis heureuse qu'il vous ait plu !
@ MarieM : bien sûr et sans moquerie que je les aime comme cela, les hommes qui s'ouvrent, qui élargissent leur esprit pour se mettre à la portée de l'autre et ne restent pas coincés dans un mode de réflexion étroit et stérile !
Ecrit par : Gicerilla | 09 janvier 2008
@ Francouas : non certainement pas chez JB mais chez l'homme qui larmoie, oui, sans doute ! Mais qui dans sa vie ne s'est pas trouvé à supplier à genoux ou dans le secret de son coeur celle ou celui qu'il aime et qui pourtant s'en va ? Vous inclinez, oh non, je vous en prie. Appréciez seulement et c'est déjà beaucoup...
Ecrit par : Gicerilla | 09 janvier 2008
Bien sûr sur que j'apprécie, G. Pourquoi en serait il autrement ?
Ecrit par : Gilgamesh | 10 janvier 2008
@Gi, en lisant la première partie de votre note, qui pour moi est la plus forte, frissons il y a, écouter cette musique me semblait indispensable. Oui j'ai aimé et je vous en remercie.
@Gilgamesh, des orchidées ?
Ecrit par : Bougrenette | 10 janvier 2008
Je parlais du duel entre Zorg et Quidam Lambda !
Ecrit par : macaron | 10 janvier 2008
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