28 février 2008
ELLE - Ma déclaration
Mais que ce passe-t-il ce soir ?Quelles sont donc ces revendications si puissantes que ma bouche les articule alors que ma pudeur voudrait les taire ? Quel est donc ce charme qui me dompte au point de me faire dire, de me faire crier, de me faire écrire les mots que la morale et la bienséance, ensemble associées dans leur indignation, réprouvent ? Ce soir j'ai envie d'hurler sur les toits comme une chatte en chaleur, le cul assis sur le zinc brûlant, ce qu'à l'avenir je veux avoir tous les soirs. Dire ce qui vibre en moi comme la corde de la harpe que Gibran a si bien décrite. Que mon corps enfin exulte à la mesure des envies qu'il héberge.
Ce soir je déclare, mieux que les droits de l'Homme, les envies de Gicerilla qui, à partir de demain, deviendront lois. Je veux un homme aimant qui aime la femme dans tous les sens, de tous ses sens. Je veux un amant amoureux, un amant inventif, un amoureux tendre et dure, guimauve à ses heures mais pas dénué de caractère. Qu'il ne soit pas un bégueule qui chipote dans son assiette, mais un bon vivant qui prend la cuisse du poulet (en l'occurrence de la poulette) avec gourmandise entre ses doigts et ses dents et qu'il en suce la chair et tous ses sucs à s'en lécher les doigts. Qu'il veuille tout goûter, tout sentir sans s'effaroucher comme celui qui ne connaît que les saveurs aseptisées, pasteurisées (désolée Monsieur Pasteur, mais dans les choses de l'amour vos procédés conservateurs n'ont pas leur place !). Ronsard par le verbe et rabelaisien dans ses goûts, je le veux curieux de tout et surtout de moi dans toute ma géographie. Qu'il veuille en pèlerin, équipé d'un solide bâton, arpenter mes collines et mes vallons. Allez à la conquête de mes territoires inconnus, des grottes et des cavernes qu'ils hébergent, et qu'il ne s'effraie pas des zones d'ombre qui recèlent pourtant des plaisirs insoupçonnés.
Je veux d'une bouche affamée, des lèvres goulues, d'une langue curieuse qui iront à la rencontre de mes sensations sans chichi, à la hussarde mais avec délicatesse et savoir faire. Une bouche patiente et gourmet capable de déguster pendant des heures tous les miels et toutes les liqueurs que mon corps reconnaissant produira à sa sollicitation. Je réclame à cris et à corps surtout, une langue douce et savante, assoiffée, qui lapera à la source le nectar voluptueux qui jaillira à chaque caresse appliquée. Je veux que l'on me mange, que l'on me dévore avec, dans les yeux, la gloutonnerie de celui qui sait le met exquis qu'il est en train de savourer.
Foin de pincettes ! Foin de visites syndicales déjà terminées à peine entamées. Foin des timides et des dégoûtés qui, sans enthousiasme, suivent le cahier des charges sans y goûter. Je veux des mains puissantes qui me saisissent, qui me palpent tel le boulanger, la pâte. Qu'il malaxe ma chair à la faire gonfler de plaisir. Qu'il me pétrisse, qu'il me caresse, qu'il veuille me modeler conforme à son désir. Qu'il me manipule sans ménagement mais avec empressement et douceur. Qu'il découvre lentement ce que j'ignore. Qu'il cartographie mes zones érogènes de sa peau, de sa bouche, de ses mains. Que cette découverte n'ait pas de fin. Qu'il me veuille toute, de haut en bas, devant, derrière. Qu'il honore et le revers et l'avers de mon corps sans cesse, sans se lasser, et qu'il me saoûle enfin au point d'hurler mon plaisir comme jamais je ne l'ai fait.
Qu'il devienne mon Pygmalion. Qu'il gomme de ses mains audacieuses toute trace de timidité qui trainerait sur ma peau et qu'il fasse de moi son émule. Celle qui voudra de toute son âme et de toutes ses cellules l'amener là ou il m'emmène. Que dans un ballet savamment orchestré par notre curiosité réciproque, nos bouches et nos langues, nos bras et nos jambes se mêlent comme les fils de la chaîne et de la trame, tissant de nos envies la plus fine des soies. Et nous y plongerons le nez, comme l'enfant dans son doudou, pour retrouver les fragrances de l'autre quand l'autre sera absent, mais alors plus tout à fait...
Mourir enfin, les mains soudées, dans une jouissance à faire pâlir Aphrodite, Zeus et Priape réunis !
Voilà ce que ce soir je veux.
Et à l'instar de celui de Dieu, je prie que mon verbe soit créateur !
08:00 Ecrit par Gicerilla dans Eros | Lien permanent | Commentaires (30) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

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Commentaires
Aphrodite, Zeus et Priape réunis ...
Sacré menu pour une soirée. Cela sent le vertige, la pente abrupte du lâcher prise absolu. L'univers sans cul ni tête, un délicieux chaos.
On aurait le sang en ébullition pour moins que ça. J'imagine les affolements généreux, les gestes tendres et rudes, les caresses de mains expertes, les marécages aux eaux savoureuses.
Il est un berger escaladeur de croupes verticales, qui aimerait partir à la découverte des moindres recoins et des plus petites sources de cette Aphrodite ... à moins qu'Astrée ne fut, elle aussi une bergère que les hauteurs n'effraient point, armée de son seul désir face aux loups à l'affut.
Des images affluent. Je sais ton verbe créateur. La puissance des mots. La nécessité de l'imaginaire pour construire le réel, le virtuel tendu comme un fil rouge. Et là, juste sur ce fil, au précipice des sens, il est un berger qui pose son regard, ses mains, ses lèvres et son ardeur sur des pentes dunaires, aussi douces, aussi lisses, aussi chaudes que les dunes de sable où l'on cueille des fleurs.
Ecrit par : celadon | 28 février 2008
Je veux le même ... et comme j'aurais aimé le dire aussi bien, aussi haut, aussi fort que vous Gi. Vouloir est peut être déjà le début du pouvoir. Je vous embrasse et vous l'espère à la hauteur de l'émotion provoquée par cette lecture.
Ecrit par : Bougrenette | 28 février 2008
et bien ... quel menu pantagruelique et raffiné,
cette lecture donne des envies ... d'exploration.
luz
Ecrit par : luz | 28 février 2008
Je me demande bien ce qui a pu déclencher en vous une telle envie !
Mais je vous le souhaite ou les souhaite, pourquoi pas, comme vous l'avez déclaré ! :))
Bises enthousiastes,
Philo.
Ecrit par : Philo | 28 février 2008
Vous aimez la levrette ?
Un hotel design vous stimule ?
Vous êtes blonde ?
Si la réponse est trois fois oui cliquez sur le lien et le miracle s'opèrera.
Si c'est non, ne le faites surtout pas vous serez frustrée.
Ecrit par : Je suis peut être celui là | 28 février 2008
Difficile de ne pas prendre tes désirs pour mes envies ? Ou l'inverse ? Je trouve que l'équilibre verbale est une de tes plus belles qualité. @ +++
Ecrit par : Pierre-Jean | 28 février 2008
L'attente est vaine... Allez... Mais allez donc, et d'un seul élan.
Quoi ? Un murmure suffit à ouvrir les peaux ? Allez va, soyez la pêche de vos désirs et que vos flammes illuminent vos douceurs souhaitées. Jouissez fort et sans haleter.
Ecrit par : B | 28 février 2008
Sans ménagement, mais avec douceur ... une bouche affamée, mais délicate ... ouh la, toi, ce n'est pas un homme que tu veux, ce soir, c'est bel et bien un Dieu.
Ecrit par : Bo | 28 février 2008
@ Celadon : joliment écrit. Et dites-moi un peu, ou rencontre-t-on ce berger risque tout ?
@ Bougrenette : Y parait que Ste Rita est douée pour cela. Je vais de ce pas m'agenouiller devant elle pour nous deux. Jamais trop de voix pour intercéder. Bises ma B.
@ Luz : si des envies d'explorateur vous prennent, Luz, mettez y au moins autant d'enthousiasme que moi j'y ai mis d'envies...
@ Philo : le propre des envies, Philo, c'est de surgir d'on ne sait où et de se rendre, là, maintenant, inoubliables. Les miennes ont surgis à l'occasion d'une longue nuit peuplées de songes et depuis je ne peux les oublier...
@ Je suis peut-être celui là : j'ai répondu chez vous, hypothétique amant, et vous savez le résultat ! :-)
@ Pierre-Jean : merci pour le compliment et je vous en prie, prenez mes désirs pour vos envies, ils n'ont pas de genre, ils sont universels !
@ B. : j'aime la poésie de vos mots et je les prononcerais bien comme une prière, en plus des miens. Ajouteront-ils de la force à mes voeux ?
@ Bo : ah, non, Bo, que me dites-vous là ? Voulez-vous donc casser mes rêves ? Un dieu, non, juste un homme amoureux et gourmand...
Ecrit par : Gicerilla | 28 février 2008
Ouf, j'ai eu peur. Pour lui, pas pour vous ...
Ecrit par : Bo | 29 février 2008
vous aimez la levrette
un hotel de classe vous stimule
vous etes brune
Si la réponse est trois fois oui cliquez sur le lien et le miracle s'opèrera.
Si c'est non, ne le faites surtout pas vous serez frustrée
Ecrit par : bruno | 29 février 2008
Mais qu'ont-ils tous avec la levrette ? Quoi ? serait-ce là le maître étalon de la galipette ? La figure imposée de l'art copulatoire ? Désarmant. La dame a dit : "inventif". Ça laisse une marge à l'improvisation inspirée et jouissive non ? Et tous de se précipiter vers l'énorme bouquin insortable en situation réelle, sauf en configuration "jeux érotiques" : Kamasutra, ou l'art de la déclinaison ... Moi je m'inspirerais volontiers des méthodes tantriques du karmamudra ou des fresques des temples de la région de Khajuraho au coeur de l'Inde.
Car enfin, le sexe sans l'esprit ni engagement autre que physique ne ressemble qu'à un coït sans la saveur épicée de l'être, dans sa complétude. Le geste est important. Ce qui le transporte plus encore. Cette communion que tu appelles Gi, ce nirvana, est inatteignable dans la seule recherche de la performance. On n'échappe pas aux rites ambiants. Les pauvres. Non mais ... levrette ... pffffff .... Oh les mecs, si on essayait d'enchanter un peu ce monde ? De lui redonner un peu de couleur, un peu de relief, en puisant notre inspiration dans les paysages offerts de nos belles compagnes ?
Le berger est un marcheur Gi ... il chemine et va où son coeur, où ses sens, où son imaginaire, lui dit d'aller. Il a décidé de suivre une étoile qu'il aimerait approcher au plus près. Prendre sa chevelure, saisir l'éclat de son coeur comme une pierre précieuse, la chevaucher avec douceur, avec ardeur ... ensemencer en elle tout l'univers des fées.
Ecrit par : celadon | 29 février 2008
Je suis un peu embêté car je crains que votre déclaration ne fasse l’effet contraire à ce qu’elle entend induire.
« Revendication », « je veux », « envies », sont là des mots qui ne convoquent pas deux êtres mais ramènent à un seul. Mais où était le Je doit advenir le Nous.
J’ai pourtant déjà deviné votre sensibilité ; elle se cache, timide.
Elle seule, qu’il convient de laisser glisser vers la libération, par un faux-pas salutaire soudain saisie et alors exalté, maniée, travaillée, sublimée ; elle seule peut susciter le plus merveilleux des désirs.
Ecrit par : Alex | 29 février 2008
J'aime votre impudeur et votre gourmandise.
B
Ecrit par : belami | 29 février 2008
ok ..prise au mot
chère Gi
j'ai fait une note en vous imaginant vous, et votre envie.
biz
luz
Ecrit par : luz | 29 février 2008
Pour te répondre : La force et la puissance des voeux tiennent souvent à la détermination que l'on en a.
Bien à toi.
Ecrit par : B | 29 février 2008
Moi, je vous le dis, s'il vous lit, il va prendre peur, s'il se penche sur le cahier des charges, il va choper le vertige ...
Ecrit par : Bo | 29 février 2008
@ Bruno : hum, taquin et plagiat ! Tiens, vous saviez que je suis brune ?
@ Celadon : ah, quelqu'un qui m'aura comprise ?
@ Alex : je comprends ce que vous voulez dire Alex, mais comment voulez-vous que je parle à la troisième personne du pluriel puisque pour l'instant seule je suis à avoir ces désirs là. Pour conjuguer en "nous", il faut être deux, ce qui n'est toujours pas mon cas... Que faire ?
@ Belami : mais moi aussi ! :-)
Le problème est que je ne peux les pas partager pour le moment. Pourquoi c'est toujours si compliqué ? :-)
@ B. : La détermination qu'on y met ? Et bien je le suis sacrément ! Alors mes voeux seront tous puissants, vous croyez ?
@ Luz : je cours chez vous !
@ Bo : oh, Bo, ne faites pas votre rabat-joie ! J'ai besoin d'espoir, moi ! Et puis, franchement, ce que je demande n'est-ce pas ce à quoi tous aspirent ?
Ecrit par : Gicerilla | 29 février 2008
OK, j'arrive !
;-)
Ecrit par : Alex | 29 février 2008
Moi aussi j'en veux un !!! Il y a une liste, on peut s'inscrire ?
Plutôt que de faire de timides prières, tu as raison de revendiquer haut et fort tes désirs... une ode sybarite :)
Ecrit par : Cara Mia | 01 mars 2008
La puissance de l'acte appartient à ceux dont le geste est sûr et les voeux le témoignage de l'intention.
Ecrit par : B | 01 mars 2008
Alors que ces voeux soient exaucés! en fait c'est simple, c'est juste un véritable amant! ;-))
Ecrit par : fbd | 01 mars 2008
@ Alex : même pas chiche :-)
@ Cara mia : vous me donnez une idée, là. Il y a une niche. et puis Bougrenette est déjà inscrite ! 3 c'est un bon chiffre pour démarrer. Quoi ? Chais à encore. A creuser...
@ fbd : voilà simplement résumé le fond de l'affaire ! Décidément, il n'y avait qu'une femme pour le faire.
Ecrit par : Gicerilla | 02 mars 2008
G., je ne sais pas. Une drôle d' affaire. Je ressens votre texte, ma foi bien joli, comme si vous vous agitiez derrière une vitre épaisse me privant
du son de votre voix. Et pourtant, je connais votre désir, votre coeur. J'attends plus: l'ultime commentaire : "je l'ai rencontré, nous nous sommes
consommés, nous sous sommes consumés. Il est toujours là, mon Ami, mon Amant, mon Amour."
Vivement que le son avant le texte m'annonce votre triple A."
Ecrit par : Gilgamesh | 03 mars 2008
Encore, autre chose ma mie G. Ne sous-estimez pas le pouvoir de vos mots. Des hommes peuvent ressentir aussi ce même manque, et plus encore, celui d'une personne bien précise. Et là, cela devient terrible... Aimer sans être aimer en retour est d'une cruauté que l'on s'inflige. Peut on " dés-aimer" sur un claquement de doigts ? là ou d'autre comme vous, voudraient " aimer" sur le même claquement ? Que vous dit la Vie ? devrait - elle se résumer à un interrupteur ? switch on, switch off ? ou au contraire vous susurre t'elle qu' Amour et Patience oeuvrent parfois, même en silence, et main dans la main pour faire de vous, ou de moi la femme ou l'homme que l'Autre mérite.. Je crois que souvent, si une petite voix dans vos tripes vous clame" crois-y contre vents et marées, tant que tu ressens cela comme vrai, aies confiance" il est bien de choisir en toute conscience de l'écouter. Ce qui doit être sera.
Ecrit par : Gilgamesh | 03 mars 2008
Heureux l'amant qui à hauteur de votre verbe saura vous conjuguer à tous les temps.
Car nul doute qu'à si belle plume, l'oiseau rare devra se montrer fort en t'aime.
Ecrit par : Slevtar | 03 mars 2008
Ce à quoi tous aspirent ... peut-être. Alors aspirez, aspirez, n'empêche, certains pourraient douter d'eux-mêmes.
Ecrit par : Victor Vilain | 03 mars 2008
Souflez, Inspirez; souflez, inspirez....
Gicerilla, du Soufle et de l'Inspiration...
Aspirez, oui, mais ne vous étouffez pas.
Ecrit par : Gilgamesh | 04 mars 2008
Une gifle ici doublée d'un uppercut là .... Un manuel sans souffle, assommé par une fulgurance d'impressions contraires au soleil levant.
Vertige des maux: votre tarzan a du boulot, Gi-jane!
Mais il fait si noir... Frottons l'allumette, voulez-vous?
Ecrit par : dom | 07 avril 2008
Hum belle déclaration, beau cahier des charges... Mais personne n'a osé vous dire la vérité me semble-t-il. On ne trouve que ce qu'on désire sans le chercher. Votre quête me semble trop évidente, laissez faire le hasard. Il vous amènera sans doute celui que vous désirez et vous n'aurez pas perdu de temps à le chercher.
Ecrit par : Nico - Credo | 18 août 2008
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