02 mars 2008
ELLE - Déconnade présidentielle
Dialogue dans l'alcôve.
- Hé, elle dort la Belle ?
- Non, chut, elle dort...
- Mais que me dites-vous là ? Il faut savoir, dort-elle ou bien ne dort elle pas ? Y-a-t-il un risque pour moi, ou puis-je m'aventurer ? Vous me dites tout et son contraire, et je meurs de devoir me taire !
- Chut, vous dis-je ! Oui, elle dort la Belle, mais je ne veux pas que vous vous approchiez de nous.
- Ah tiens donc, pourquoi ? Elle semble pourtant lascive à souhait, la chemise sur le ventre relevée et les draps qui tombent sur le parquet. Ne vous vois-je pas là, fort librement exposé, accessible il me semble à tous mes élans ?
- Que nenni mon Cher, je boude figurez-vous ?
- Vous boudez, mais quelle sera la raison de cette bouderie fort mal venue ? Car voyez-vous mon adoré, ce n'est pas tout les soirs que le champ est ainsi libre d'accès et que la voie qui mène à vous, toute tracée. Allons, mon cher, mon convoité, que se passe-t-il, vous aurais-je offensé ?
- Mais non idiot, il s'agit bien de vous ! Savez-vous la dernière ?
- Ma foi non, dites-moi tout, je brûle de savoir la cause de vos ennuis.
- Figurez-vous beau Vit, que le Président s'est de nouveau égaré et que dans ces propos il a médit. Médit sur ma personne qui plus est ! Cette fois-ci ne m'a-t-il pas invoqué comme la pire des insultes ? La phrase a été dite sans nulle ambigüité et en première ligne il m'a mis comme un vulgaire fantassin. Moi le suave, moi le doux, moi qui n'apporte que réconfort et volupté, me voilà sur la place publique conspué. Voilà que maintenant de bouche en bouche passe mon nom souillé et qu'à la postérité mes trois lettres rimeront avec imbécile, idiot, voire ignare ou pire encore s'il se peut. Allez savoir ce qui restera de cet égarement du Président. Au lieu de savourer les douces lettres qui me composent comme une mise en bouche de plaisir anticipé, le C le O et le N associés seront redoutés comme le pire des outrages à la face jetée. Non vraiment, mon Vit, ce soir je n'ai pas l'âme au batifolage. La Belle dort sans soucis, elle m'offre à votre vue, palpitant, frémissant je l'avoue, car je ne sais résister à vos attraits lorsque je vous vois ainsi tendu vers moi, la peau brillante et satinée comme la soie, accompagné de vos fidèles alliées qui se serrent près de vous, pleine de réjouissances et qui ne demandent qu'à me les offrir. Mais vraiment, devenir une injure me coupe toute envie de vous sentir là, en mon sein, agitant votre désir brûlant en un doux va et vient.
- Mon bon, détendez vous, laissez moi approcher et je trouverai bien le moyen de vous persuader. Rien ne sert de ruminer seul dans votre coin les justes griefs que vous avez contre un Président qui, décidément, manque sûrement de retenue au poste qu'il occupe. Mais votre bouderie me prive de vous sentir tout contre moi serré et par cette décision bien trop cruelle, vous me punissez moi et non pas lui. Peut-être pourriez-vous le châtier autrement. Faites donc une pétition auprès de vos confrères ! Et si cette pétition se faisait habilement connaitre de celui qui se niche aux creux des jolies cuisses de la première Dame et qu'à son tour offenser il se refuse à lui ? Imaginez un peu cette jubilation. Il vous a maltraité, mais la pareille en pire vous lui rendez. Privé du plaisir de le fréquenter à son gré comme moi je m'enorgueillis de le faire avec vous, mon tendre, mon désiré, il révisera bien tôt sa position. Il risque même de publiquement faire amende honorable et vous réhabiliter à la face du monde comme le nom le plus enviable...
- Ah, mon Vit comme vous me parlez. Je ne sais résister aux sages réflexions que vous m'exposer. Il est vrai que vous brillez par votre intelligence et que vous maniez fort bien le verbe. Que votre verve est légendaire et que sa force de persuasion n'est plus à démontrer. Allez, je veux bien ce soir encore accepter vos hommages. Approchez, elle dort ferme, son souffle est lourd et de vous voir aussi bien disposé à mon égard me fait mouiller juste ce qu'il faut pour assurer sans encombre votre passage. Venez mon tout beau, investissez la place. Ne vous gênez pas, je vous en prie, et à mi-voix confessez tout les délicieux supplices auxquels sans plus tarder vous allez me soumettre. Par de vifs assauts, faites-moi perdre la mémoire que j'oublie pour de bon ce qu'il a dit du Con.
Que les mal embouchés révisent leur position, car être Con n'est pas si con !
* * *
Librement inspiré par "Le dialogue du Con et du Vit" de Félix Nogaret dans l'Arétin françois.
Merci Monsieur le Président ...
07:09 Ecrit par Gicerilla dans Billet d'humour | Lien permanent | Commentaires (27) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, plaisir, con


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Commentaires
Le président a apporté un démentis à ses propos, il a dit hors camera vous êtes con comme une bitte.
Ecrit par : bruno | 02 mars 2008
Etre con n'est pas si con ... Bonne nouvelle. Il se trouve que ça m'arrange. La journée commence bien. Merci ...
Ecrit par : Bo | 02 mars 2008
Gicerilla
Votre talent mériterait une double page dans un grand quotidien ou un hebdo...
En colère, vous devez être très belle, aussi belle que vos mots !
B
Ecrit par : petite fr@ncaise | 02 mars 2008
Lorsque la connerie devient une ivresse... il vaut mieux mobiliser son intelligence sur des conneries que de mobiliser sa connerie sur des choses intelligentes.
Ecrit par : B | 02 mars 2008
Salvateur billet que le vôtre qui rehausse l(e d)ébat...
Vous êtes inspirée par Félix Nogaret, belle référence, il en existe une autre en la matière (pour les vieux c... comme moi) : Le blason, de Georges Brassens. Finement analysé là : http://www.analysebrassens.com/?page=texte&id=119&%23
Merci encore, et je souhaite qu'on vous y reprenne...
Ecrit par : Jimi | 02 mars 2008
Coïncidence entendu ce matin "dans le poste" cette citation que j'ai notée pour ne pas l'oublier : " Un con, c'est un imbécile qui n'a de cet organe, ni la profondeur, ni la saveur..."
Je voudrais aussi m'associer aux éloges sur votre talment.
Ecrit par : imago | 02 mars 2008
trop de félicitations tuent le compliment , je serai silencieux mais admiratif
Ecrit par : waid | 03 mars 2008
Après "Ma déclaration", vous enfoncez admirablement le clou.
Ecrit par : Slevtar | 03 mars 2008
@ Bruno : on sent bien là le marin en vous, à constamment vouloir doubler le T...
@ Bo : vous en doutiez ? Pourtant tant de fois et si bien vous le célébrez...
@ Petite franç@ise : merci, merci. Mais vous savez plutôt que colère j'étais moqueuse et joueuse ! Cela dit, vous m'avez donné une chic idée...
@ B. : j'aime ces formules lapidaires qui en disent long. Cela dit, euh... Moi je me classerais plutôt dans la première catégorie :-)
@ Jimi : ah, Jimi ! Faudra-t-il qu'il gaffe encore pour me trouver inspirée ? Car un cadeau comme cela n'arrive pas à chaque fois. Et merci pour le lien, j'ai savouré tout ce qui y était dit.
@ Imago : Cette formule est bien torchée et elle me ramène au lien que Jimi a gentiment inséré en commentaire qui vaut vraiment qu'on s'y attarde. Brassens savait parler et du Con mieux que moi !
@ Waid : vous, rester coi ? Alors ça c'est un compliment :-)
@ Slevtar : Sans lien de cause à effet pourtant. Le clou dites-vous ? Ah, bon, je ne connaissais pas cette acception là..
Ecrit par : Gicerilla | 03 mars 2008
Nul doute, ce n'était qu'une formule bien générale.
Ecrit par : B | 03 mars 2008
Compliments pour cet Odacieux anachronisme, insulte de notre temps joliment détournée ou ramenée à son origine.
Nul doute ce Président mérite d'être puni à viT par tous les Cons ainsi offensés !!
Ecrit par : ennocelleb | 03 mars 2008
Chère G,
c'était je crois Pompidou, vrai libertin, qui disait "je crains qu'il n'y ait en France plus de cons que de femmes"... autres temps autres moeurs
Ecrit par : belami | 03 mars 2008
A notre président carlament aveuglé
par un con brunesque
A toi Gi, dont le verbe a
le relief de fresques
Un extrait de ce texte d'Aragon si justement nommé "Le con d'Irène"
http://www.overdream.com/html/condirene.htm
Ecrit par : celadon | 03 mars 2008
Pour poursuivre sur la réflexion de Belami qui citait Pompidou "je crains qu'il n'y ait en France plus de cons que de femmes"...
car il est bien "con-nu" qu'un con averti en vaut deux.
Ecrit par : Arthémisia | 04 mars 2008
Et con ne l'y reprenne plus... Quoique ;-)
Ecrit par : Faits Divers | 04 mars 2008
@ B. : ouf !
@ Ennocelleb : avec un pseudo pareil, je ne doute pas que la note vous ait divertie ! Et tant mieux...
@ Belami : moi j'aime bien quand tout le monde y va de sa citation toujours si à propos ! Il semblerait que ce petit mot de trois lettres ait inspiré bien des réflexions...
@ Celadon : merci au nom de tous pour votre apport cul-turel ! Ok pardonnez-moi, elle était facile...
@ Arthémisia : aïe Arthi, à ce compte là nous allons bientôt être submergés :-)
@ Faits divers : Evidemment, comment résister à faire un tel calembour en passant ? Je suis peut-être la seule, mais à vos jeux de mots, je souris...
Ecrit par : Gicerilla | 04 mars 2008
J'apprécie beaucoup aussi cette phrase citée par Belami faisant suite à votre beau dialogue!
Ecrit par : fbd | 04 mars 2008
être con
n'est pas si con
m'enfin vous divaguez
je reviens d'essonnes
pas de neuilly
mais bien de personnes
point de sarkozy
bougrenette j'ai vu
comment être déçu
sincère elle fut
ému je fini par être eu
votre texte est divin
c fou a dire c'est comme le bon vin
je vous embrasse
comment faire pire
je vous aime
comme faire mieux..
Ecrit par : francouas | 04 mars 2008
Eu l'impression de lire du Sade! Peut-être l'illustration y est-elle aussi pour beaucoup!
Merci de ta visite et sache que tu es la bienvenue dans mon cyberoyaume! ;-)
Ecrit par : Rouge | 05 mars 2008
très bonne mise en ambiance, surtout à une période où l'esprit de cours revient en force au "Chateau". On s'y croirait à ceci près que not' bon roi excelle aussi dans le rôle de bouffon.
Ecrit par : choule[bnkr] | 29 septembre 2008
très coquin !!!!!!!!!!
Ecrit par : dan | 30 septembre 2008
@ choule[bnkr] : contente que vous soyez passé par là autant de temps après. J'avoue parfois je me dis qu'une muse m'inspire ... du coup je l'ai relue sans modestie encore une fois :-)
@ Dan : tiens vous suivez les traces de choule[bnkr] ! Et vous avez raison. J'adore que des curieux fassent revivre de vieilles notes. Continuez, faites du prosélytisme avec mes notes anciennes comme la dernière religion à la mode :-)
Ecrit par : Gicerilla | 30 septembre 2008
Sourires...
Ecrit par : le Pierrot | 22 novembre 2008
En vérité je vous le dis, Gigi, prenez mon bâton de berger entre vos délicates mains de fée du logis présidentiel (mon mardi) et laissez-vous berner par les chants du possible. Ceci-dit, votre conte est bon. ;)
Ecrit par : Justin Bridoux | 03 août 2009
Qui pourrait prétendre n'avoir jamais endossé le costume si extravagant de con, de bon-con, de gros con, de p'tit con...? Nous rêvons tous finalement d'un dîner de cons...sans être Leblanc, c'est juste ?
Très belle interprétation
Ecrit par : Flo | 15 septembre 2009
@ Justin Bridoux : oups, je ne vous avais pas vu passer par là. Remarquez, pour débuter ici, vous n'avez pas pris le chemin le plus rebutant :-)
@ Flo : Merci d'être passée aussi par là, je relis mon texte et je me poile toute seule. Parfois je me crois inspirée comme d'autres sont atteints de glossolalie. Je ne suis pas humble sur ce coup là, mais je me poile... Bienvenue chez moi !
Ecrit par : Gicerilla | 17 septembre 2009
Vous ai-je déjà parlé de mon oncle Stan ? Un pro de la spéléo...
Ecrit par : STV. | 20 octobre 2009
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