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vendredi, 11 avril 2008
ELLE - Nudité volante

Il y a le confort de ses sièges de première déjà narré. Il y a ses passagers si pittoresques à observer, source constante d'étonnement et d'enseignement pour qui veut voir. Il y a le wagon-buvette où je déguste un Lavazza pas trop mauvais en laissant trainer mes oreilles d'anthropologue qui feint d'écrire dans son carnet à spirales mais ne perd rien des conversations des autres, si fascinantes par leur humanité. Et puis il y a TGV magasine. Le N° 102 de mars me livre (tiens, un livre livre mais un magasine ne magasine pas, vous y comprenez quelque chose vous ?) encore une fois le sujet d'une réflexion intense comme vous allez le voir. Ce numéro là, par le biais d'un encart rouge vermillon me livre mon prochain défi. Inespéré.
Chaque moi, selon la recette généreusement partagé par un ami il y a un an, je mets un peu de fantaisie dans ma vie en préparant un événement inédit à vivre dans un quotidien somme toute banal. Alors dès que j'ai lu ce message quasi divin, car il faut bien une intervention du ciel pour offrir ainsi de le traverser un instant, frôlant au passage le paradis c'est certain, j'ai su que je devais le faire.
"499 €uros le prix d'un billet d'avion entre Erfurt, capitale de la Thuringe (Allemagne) et l'ile d'Usedom, en mer Baltique. Un billet pour le premier vol nudiste, affrété par le voyagiste Ossiurlaub, qui aura lieu le 5 juillet. Tous les passagers voyageront nus, mais le pilote et les hôtesses garderont leurs uniformes."
On arrive habillés à l'aéroport puis, rendus à bord, on se dépouille de tout ce qui couvre les corps et les empêche de respirer. Une fois nus, les poumons se dilatent, on respire plus à l'aise. Plus aucun carcan qui vient brider ce pauvre ventre autrement maltraité par une vilaine ceinture. Les boyaux se détendent et expriment toute leur personnalité. Adieu ces chaussettes dont l'élastique cisaille les mollets, fatal pour les artères. Que du confort, enfin de la liberté !
J'imagine déjà, les neurones excités, m'asseoir en tenue d'Eve à côté d'un beau gars, bâti comme Beckham avec qui je pourrai discuter à loisir, sans le quitter des yeux, l'avantage que l'on a de voyager ainsi, libre de toutes entraves ! Ou bien encore, coudoyant un papi fripé comme un sharpei mais doux comme un agneau trop heureux qu'il serait de lorgner à sa droite des chairs bien tendues sous une peau brillante. Et puis quel bonheur de fraterniser sans qu'aucun regard critique ne vienne chatouiller les seins de celle-ci ou les fesses de celle-là pourtant tous dévoilés à la convoitise qui, bizarrement, sans vêtements, se volatilise. Se retrouver ensemble dans une ambiance festive, parce que quand même on vit un moment historique, le cul posé sur des sièges de toile rugueuse où seront déposés sans distinction et de sexe et de classe, les miasmes des uns, les mycoses des autres et quelques acariens ou hôtes indésirables que l'on gratte illico sans pourtant récolter le gros lot au passage.Je ne résiste pas à l'idée de déambuler dans l'allée centrale en tortillant mes fesses, et l'air de rien de ramasser mon mouchoir opportunément tombé aux pieds de cet homme là, celui dont les beaux yeux n'ont pas cessé depuis le début de me reluquer. Quelle meilleure occasion de se laisser charmer par un individu qui si bonnement me donne à voir ses appâts ou ceux qu'il n'a pas. Ici, pas de tricherie sur la marchandise. Au feu les balconnets rembourrés, Mesdames, les artifices vestimentaires. Au placard, Messieurs, les costards bien coupés qui mettent en valeur les biens gaulés et les bancals.
La marchandise est à l'étal telle qu'elle est. On choisit comme on veut. Et si l'on s'y prend bien, on peut sûrement tâter la
marchandise comme au supermarché, le camembert. Il faut bien sûr, pour cela, beaucoup de tact et de savoir faire. Mais pour peu que l'on soit avec les mains volubiles, rien n'empêche, l'air de ne pas y toucher, de palper justement. Et puis quelle chance de pouvoir discuter avec tous, sans que notre mise ou le sigle de notre vêtement permette à quiconque de mettre une étiquette sur qui nous sommes. Éradiquer les à priori sociaux, tous égaux ! Quelle que soit la couleur du pubis, nous sommes tous frères et sœurs et notre nudité nous fédère. Shampooineuse ou PDG, plombier ou secrétaire, peu importe, on est tous identiques seulement distingués par notre sexe.Vraiment, plus je raisonne et plus je suis emballée ou devrais-je dire bientôt déballée ?
Je ne sais pas pour vous, mais moi le 5 juillet, je sais ce que je fais !
Quelques adresses pour les intéressées :
Nakedair
Clubnaturiste
06:31 Publié dans Billet d'humour | Lien permanent | Commentaires (18) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nu, avion, naturisme
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Commentaires
Je meurs de rire... ^_^
Ecrit par : Mamancelib | vendredi, 11 avril 2008
Gi, laissez moi vous accompagner, regard lubrique compris.C'est le même prix, non? De plus, les îles allemandes tahiti teuton aux tétons sans lettons sur tous les tons (ça l'fait, non?)paradis à la chaleur -humaine -reconnue, fournissent les protège-pluie. J'imagine la torride sensualité d'un corps collé à la suave matière plastique de cette protection labellisée, lissant ces peaux qu'un esprit libertaire a voulu remettre en contact direct avec une nature pas encore totalement ogémisée.Mais je m'égare là...Heureusement que vous, Gi, êtes bien naturelle...
Ecrit par : dom | vendredi, 11 avril 2008
Je n'en demande pas autant, mais le projet blacktie peut rentrer dans la catégorie des idées à réaliser.
Personnellement, je ne sais pas si je me sentirais à l'aise (j'adore prendre l'avion) et je ne sais pas si j'arriverais à garder le flegme du capitaine de bord qui doit contrôler son manche pour nous amener à bon (aéro)port. @ +++
Ecrit par : Pierre-Jean | vendredi, 11 avril 2008
Rien qu'en voyant la photo, ça calme déjà !
Ambiance chambre froide digne des halles de Rungis sans compter que le pilote a intérêt à remonter un peu la clim, sinon c'est la goutte au nez assurée à la fin du voyage ...
Pour le dizième du prix, je préfèrerais louer en groupe, un jacuzzi bien chaud !
Vous nous raconterez j'espère ...
Bises Gi.
Ecrit par : Philo | vendredi, 11 avril 2008
"un livre livre mais un magasine ne magasine pas"
Vous avez raison, quand le livre nous livre, et parfois nous délivre, le magazine cherche le plus souvent à nous faire magasiner (comme disent nos cousins) ce qui est une bien piètre ambition...
Comment ça je commente un poil à côté du sujet ?
Ecrit par : Jimi | vendredi, 11 avril 2008
Hola... belle plume que la vôtre. Si si.
Je m'inscris également. Mais ne peut-on pas organiser la même chose dans une rame de RER ? Nous n'aurions pas à attendre le 5 juillet.
Je rêve d'une telle fantaisie collective. Moins pour l'érotisme que pour la cocasserie.
Dommage que le pilote garde ses effets... cela nous aurait donné l'occasion de retrouver notre humour de collégien avec quelques blagues très sophistiquées sur le "manche".
Ecrit par : 502 | vendredi, 11 avril 2008
euh là moi je sors mon joker! on a le droit?!
Ecrit par : Rouge | vendredi, 11 avril 2008
C'est ce qui s'appelle prendre l'avion dans le plus simple appareil.
Ecrit par : Vagant | vendredi, 11 avril 2008
Nus mais pas en apesanteur !
En tant que naturiste de conviction je ne puis que me réjouir - juste une façon de parler - de cette expérience même si je m'interroge sur son bilan CO2.
Je découvre aussi avec intérêt qu'en Teutonie "naturisme" ("Culture du corps libre") se sigle "FKK" Un peu malencontreux tout de même.
J'apprends enfin qu'en mars 2007 vous eûtes des velléités de poser nue. Y eut-il passage à l'acte ?
Ecrit par : imago | samedi, 12 avril 2008
Je ne crois pas avoir les moyens et l'envie de faire un tel voyage mais cette lecture, le rire au bord des yeux, est un délice. l'idée d'"Éradiquer les à priori sociaux, tous égaux ! " c'est beau, grand, brillant, mais même pas sur que la nudité puisse aider à aller dans ce sens.
Ecrit par : Bougrenette | samedi, 12 avril 2008
Je connais des moyens plus économiques et plus fréquents de s'envoyer en l'air à poil...
Une seule fois par an c'est peu quand même...et puis je n'arrive plus à remettre la main sur ma méthode assimil .C'est toi qui l'a Wolfang?
Bises
Arti
Ecrit par : Arthémisia | samedi, 12 avril 2008
@ Mamancelib : tant mieux ! Commencer son vendredi, veille de week-end, en souriant quel meilleur augure pour la suite !
@ Dom : quelle finesse dans l'allitération. Décidément vous ne cessez de m'étonner. M'accompagner ? Moui, ça se discute.
@ Pierre-Jean : oui oui, figurez-vous que votre projet entre parfaitement dans "la recette" et j'ai déjà l'idée. Ma seule crainte, ne pas être digne de participer. En ce qui concerne le vol, pourquoi croyez-vous justement que le commandant reste habillé, hum...
@ Philo : oh, oui, oh, oui un jacuzzi bien chaud ! Dites, vous ne voulez pas développer un projet. Avec ce printemps glacial, je suis certaine que d'autres que moi adhéreraient !
@ Jimi : vous, hors sujet, jamais !
@ 502 : effectivement, voilà un projet qui me ravit à l'avance :-) Imaginez enfin tous ces durs à cuire du 93 avec le Calvin Klein qui dépasse de la ceinture de leur survêtement ringard, nus comme des vers ! Je pense que cela rétablirait un certain équilibre sous-terrain !
@ Rouge : dommage !
@ Vagant : observation fort à propos mais bien sage de votre part :-) Agréable de vous revoir !
@ Imago : Oups, zut, c'est vrai ! J'espère que rien dans mon billet ne vous aura froissé. Cela dit, auriez-vous joué au naturiste-spéléologue pour avoir retrouvé trace de ces vélléités ? Si nous parlons bien de la même chose, alors vous saurez que, oui, j'ai osé. Le site du photographe en bas de ladite note vous révélera comment dans les bras d'une blonde, premièrement, je m'abandonnai et puis, mise en confiance, dans ceux d'un fauteuil rouge à quatre reprises je continuai...
@ Bougrenette : au contraire Grenouillette, je crois bien que la nudité nivelle, et ce, à tous les niveaux. Et celui qui ne l'a pas apprivoisée comme quelque chose de naturel, quelque chose que l'on peut sans crainte afficher sans pour autant en être diminué, doit certainement se sentir emprunté, démuni, paumé et sans repaires...
@ Arthi : alors comme ça, il ne s'agirait que de s'envoyer en l'air ! Personnellement je ne l'ai jamais fait. Il va falloir que je comble rapidement cette lacune !
Ecrit par : Gicerilla | dimanche, 13 avril 2008
Est-ce que l'Orient Express propose également ce genre de réunions pittoresques ?
Ecrit par : Alex | dimanche, 13 avril 2008
Non rien ne m'a choqué ; bien au contraire.
Naturiste spéléologue brrrr... pourquoi pas ? avec un pull, un pantalon et un K-WAY ! Rien d'étonnant à ce qu'un dessinateur de modèles-vivant soit intéressé par la résolution "poser nue". Les photos sont très belles. Heurterai-je votre modestie en ajoutant, "de même que les modèles". Il faudra bien que j'en sorte un dessin.
Ecrit par : imago | lundi, 14 avril 2008
Pour quelle raison ne seriez vous pas digne de participer ? Je ne fais aucune discrimination, alors j'attends de voir bientôt votre autoportrait blacktie chère Gicerilla. @ +++
Ecrit par : Pierre-Jean | lundi, 14 avril 2008
@ Alex : humm, je crains que ce ne soit pas trop le style du wagon ! Dites Alex c'est rédhibitoire, pas de remake de Poirot ?
@ Imago : je rougis ... Merci. Dites, si jamais vous sévissiez, vous m'en parlerez n'est-ce pas ? :-)
@ Pierre-Jean : vendu ! Mais je ne garantis pas le délai. Y'a une date butoir pour la remise ? Vous pourriez peut-être m'envoyer sur mon email le règlement ?
Ecrit par : Gicerilla | lundi, 14 avril 2008
Je crois que tu connais déjà le règlement, pas de date butoir non plus, donc quand tu veux (avant 6 mois, ce serait bien). @ +++
Ecrit par : Pierre-Jean | lundi, 14 avril 2008
mais non, mais non...si j'ai tout bien compris il s'agit aussi de réviser son allemand!
Ecrit par : Arthémisia | mercredi, 16 avril 2008
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