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mercredi, 14 mai 2008

ELLE - Envie de chambre obscure

383317144.jpgElle attendait ce moment là depuis des mois.

Il avait tout prévu. Il s'était révélé incroyablement organisé. Il avait pensé à tout mais avec légèreté pour ne pas rendre la préparation de leur rencontre sordide. Il n'avait rien oublié pour que la rencontre soit un écrin de plaisir. Et elle, elle frémissait se préparant à la rencontre. Dans sa chambre, la voilà qui se plante nue devant le miroir. Ses yeux sont aussi indulgents que ceux de la surveillante chef du pensionnat. Elle a chassé chaque duvet et fait en sorte que son corps soit aussi doux que la joue d'un nouveau né. Poncée, gommé, épilée huilée, prête à s'immoler aux feux de son désir. Elle ne le connaissait pas, seulement quelques clichés lui avaient donné une idée de ses traits mais ce qui avait scellé leur destin c'était ses mots, ses envies qu'il avait si savamment traduites en billets, en messages. Et puis sa voix. Evidemment, sa voix...

La mise en scène avait surgit aux cours de leurs échanges épistolaires. Il devait arriver à l'hôtel en premier. Il lui enverrait un SMS un fois installé. Il l'attendrait dans le noir complet. Il ne la verrait pas. Elle ne le verrait pas. Elle marche dans la ville dont le gris l'a absorbée dès sa sortie du train. Mais son âme est au rose. Ah, le rose. Rose comme les dentelles qui décorent plus qu'elles ne cachent son corps. Rose comme ses lèvres qui viendront bientôt goûter sa peau dans tous ses recoins.

Elle sent un sourire excité flirter avec ses lèvres. Ses entrailles pourtant tricotent et font des noeuds. Chaque pas la rapproche de lui. Chaque pas la rapproche de l'amant. Il lui a fallu longtemps, il lui en a fallu des mots et des hésitations avant de se décider. Céder. Mais que la reddition la rend frémissante. Elle arpente les rues de son pas militant. Ses yeux se perdent sur les plaques portant le nom des rues. Il semblerait qu'elles lui délivrent un message. Elle croise l'impasse de la Vierge. Elle dépasse le passage de l'Union. Comme cela est plaisant. S'égrènent comme un rébus les noms qui la mènent à son doux supplice. Elle sait qu'il l'attend. Elle l'a tant attendu aussi.

Elle est en avance. Elle choisit un café non loin de l'hôtel. Elle fait semblant de lire mais son cerveau passe et repasse les mots. Ils ne veulent rien dire. Elle est inondée par ses mots à lui. Tout ce qu'il a promis de lui faire découvrir. Tout ce qu'elle n'a jamais fait. La peur qui lui étreint les tripes est si puissante qu'elle craint de se trouver mal. Subitement, la sonnerie bien connue résonne dans son sac à main. Deux mots "Chambre 27". Elle croit qu'elle a les mains qui tremblent. Elle part précipitamment comme si sa vie en dépendait. Elle est fébrile. Une fièvre rien de thérapeutique lui rougit les joues. Son cœur joue des percutions dans sa poitrine.
Elle ne marche pas vers l'hôtel. Elle se précipite. 

Arrivée à l'hôtel. L'ambiguïté de la situation. "Chambre 27 s'il vous plaît" Sourire en coin du gars de la réception "je vous accompagne ?" "Non, non, je vais trouver..." Devant la porte. La main qui n'hésite pas. Deux coups sur la porte. Elle s'ouvre. Pas un mot. Elle se cogne, rit jaune. Elle a la trouille mais elle fait semblant de rien. "Vous êtes là ?" "Oui, faites attention la chambre est minuscule..." Ah, sa voix ! Sa voix qui l'enrobe comme de la crème chaude. Ils ont parlé. Ils ont rompu le voeux. Volonté inconsciente de dédramatiser, de faire en sorte qu'on ne sombre pas tout à fait. Il est devant elle. Le noir empêche la distinction des silhouettes. Il tend les bras. Il la touche. Elle défaille. Son désir est là, puissant. Il la prend dans ses bras. Il est épais comme un ours. Il est chaud. Il est fort mais délicat. Il cherche sa bouche. Elle la lui offre. Le contact tant attendu. Un baiser fougueux. Pas le temps de faire des circonvolutions. Se manger, se dévorer. Mais non. Il prend son temps. Ils s'embrassent longuement et leurs langues échangent en de langoureux entrelacs leurs idiomes. Ils restent plantés là, des minutes entières, juste scellés dans leur étreinte.

Elle le fait asseoir sur le lit. Il se laisse faire. Elle le chevauche et lui baise les lèvres à pleine bouche. Elle veut les frissons qu'il lui a promis. Elle veut rougir sous ses injonctions. Elle sait ce qu'il veut qu'elle fasse pour lui. Il sait ce qu'elle veut qu'il fasse pour elle. Trop d'envies jamais vécues ont surgi entre eux. Elle lui caresse les joues. Passe ses mains sur son visage, sur son crâne rasé de prêt. Elle veut du sexe et de la tendresse. De la fougue et de la douceur. Elle veut ses ordres. Elle sent son désir l'inonder comme la mousson. Elle est heureuse de se sentir prête à l'accueillir. Elle rêve déjà de sa langue, de sa queue qui bientôt torturont en mille délices son calice. Il la serre fort contre son torse de débardeur. Il est puissant. Elle sait déjà que son poids pendant l'amour lui sera comme un joug doux qui la plaquera sur le matelas, assujettie à ses volontés.

Ils ne se parlent plus. Leurs mouvements viennent naturellement. Elle aime son haleine, son odeur. Pas de parfum avait été le mot d'ordre. Il avait respecté la règle mais elle avait triché. Elle voulait l'envoûter de son parfum au cas ou ses maigres appâts n'y suffiraient pas. Il lui ôte prestement ses vêtements. Elle se sent frêle aux prises avec ses mains fortes. Il l'allonge avec mille précautions. Il l'embrasse toujours et elle sent des rivières de désir la noyer. Elle prie tout bas "caresse-moi" mais il a déjà glissé sa main. Ses caresses sont savantes. Elle devient indécente. Elle s'ouvre pour lui, pour lui prouver qu'elle le veut vraiment. Et elle le veut vraiment. Il la fouille avec entêtement et elle sent des remous le long de son ventre qui présagent déjà l'arrivée du plaisir. Non, pas maintenant ! Elle le bouscule et le déshabille. Il l'aide. Il est pataud comme un gros ours. Leur peau se touchent enfin. C'est comme une fusion des corps. Elle veut le subjuguer. Elle le caresse et lentement sa bouche quitte ses lèvres pour descendre sur son torse palpitant. Elle mordille ses tétons. Elle suce sa peau. Elle le hume, s'emplit de lui et sent toujours plus fort son coeur battre entre ses cuisses. Elle se force à la lenteur mais voudrait déjà sentir la douceur de son sexe dans sa bouche. Il est là, bandé comme un mât. Il bande dure comme fer. Elle le gobe sans ménagement. Elle applique toutes les caresses qu'elle invente pour lui. Elle sent durcir sous sa langue ce magnifique vit. Il ne gémit pas mais une main vient se perdre dans les boucles de ses cheveux qui lui dit gentiment "continue ma Belle, c'est si bon. Mange-moi la Belle." Elle descend vers ses bourses si lisses. Sa langue est curieuse et développe des caresses en volute. Et tour à tour, elle les avale et les suce en douceur. Inventer l'impossible pour le faire se pâmer. Lui offrir une jouissance pour qu'il ne l'oublie jamais.

Elle lèche chaque goutte des prémices de jouissance qui sourd de son gland tendu. Et d'un seul coup, elle se lance. Le surprendre, le prendre à son propre jeu. Réaliser pour lui un fantasme interdit. Elle le tourne sur le ventre et le chevauche, les cuisses écartelées sur ses fesses qu'elle mouille. Elle le masse lentement. Des épaules, elle descend le long de son dos musclé. Elle frotte son sexe sur ses fesses et provoque des décharges de plaisir qu'elle doit réfréner au risque de s'oublier. Elle  continue à descendre inexorablement vers ses fesses. Elle suce ses fossettes et, priant qu'il ne la rejette pas, sa langue glisse lentement le long du sillon qui divise sa chair en deux hémisphères bombés. Des parfums musqués d'animal sauvage inondent ses narines qui s'enivrent au passage. Il ne dit rien. Bien au contraire, il semble se cambrer. Alors l'audace la prend. Elle écarte doucement les deux globes ronds et durs et immisce sa langue dans la fissure trouvant enfin l'entrée de son antre. Elle le titille et le suce comme un bonbon, le déguste et pudiquement le pénètre en légers va et vient. Il ne faut pas l'effaroucher. Il faut juste l'apprivoiser. Il gémit et se cambre toujours plus. Il aime. Elle est rayonnante. Elle ne veut plus être que l'objet de son plaisir. Elle part à la découverte de sa peau et flatte chaque recoin de ce pays inconnu. Elle l'entend souffler, et plus il halète, plus elle le baise. Homme elle voudrait être pour l'envahir pour de bon et mettre son plaisir en esclavage. Elle ne se reconnaît plus. Le clouer de plaisir, lui arracher des sensations honteuses qui le feront frémir. Mais subitement, il se redresse. Il est brusque et fébrile. Il la met sur le dos. Elle a compris. Il l'enjambe et lui présente son sexe brandi, prêt à exploser. Elle attrape ses couilles et les caresse avec ferveur pendant que sa langue et ses lèvres, avec précision, lui arrachent des soupirs et des trémulations. Il est au paroxysme. Alors d'une main ferme elle se saisit de sa hampe qu'elle branle et fait jaillir sur son visage, en mille traits lactés, la jouissance qu'un jour il lui a demandée.

Et elle sait que maintenant, oui très bientôt, ce sera son tour....

 

Trackbacks

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Commentaires

Mmmmm ... C'est magnifique !
J'attends avec impatience, son tour ...
Bises Gi.

Ecrit par : Philo | mercredi, 14 mai 2008

une partie de ca va ca vient qui reste un best seller !
et quelle conclusion
pas besoin d'epiloguer
une réussite !
bravo
encore

Ecrit par : francouas | mercredi, 14 mai 2008

Toujours sur la corde raide... que j'aimerais trouver une maîtresse a(i)mante aussi passionnée et créative. C'était mon petit frisson de midi. @ +++

Ecrit par : Pierre-Jean | mercredi, 14 mai 2008

gloooopss! j'en suis encore rouge et honteux de plaisirs pris! Quel homme! se laisser sodomythiquement apprivoiser de la sorte, jolie force de caractère mais.... je suppose qu'il n'avait pas le choix, non?Et elle, quelle amante...
Des mots ciblés qui cognent en dessous de la ceinture: j'en redemande encore....(hmmm, doux jesus,l'explosion se rapproche!)
bien à vous
baisers
dom

Ecrit par : dom | mercredi, 14 mai 2008

De l'audace, enocre de l'audace, toujours de l'audace...cette prise de possession est dant...esque !
Bravo!
Amicalement
Arthi

Ecrit par : Arthémisia | mercredi, 14 mai 2008

J'en raffole, des envies, d'Elle, de ce désir poussé au vice, de ses délices en caprices, et les envies en supplices. J'aime quand cela arrive comme un plaisir sur l'inattendu, je vous vois sourire en imaginant vos lecteurs , j'aime cette idée et je vous embrasse.

Ecrit par : Bougrenette | mercredi, 14 mai 2008

Heureusement qu'ils ont réparé la clim' de mon appart ce matin!

Ecrit par : Un mot passant | mercredi, 14 mai 2008

Superbe !!!

Ecrit par : ZORG | mercredi, 14 mai 2008

Heu, bon, alors, je voudrais, si vous le voulez bien, chère Gi, et même si non : son nom, son adresse, son téléphone, et la clé n° 27. Merci d'avance. C'est vrai, quoi, y'en a marre, toujours tout pour les mêmes ... Belle envolée de la Belle, qui l'a pas volée.

Ecrit par : Boris | jeudi, 15 mai 2008

quel recit et quelle amante ...

comme à chaque fois .

biz
luz

Ecrit par : luz | jeudi, 15 mai 2008

@ Philo : ah, mais la suite, sa suite à elle reste à écrire. Quelle sera-t-elle ?

@ Francouas : j'aime votre enthousiasme Francouas et me réjouis de vous avoir réjouis en espérant même dans le secret de mon âme que le "ré" est de trop !

@ Pierre-Jean : mais elle existe, c'est sûr Mr White, car l'inspiration et l'envie viennent à ceux qui désirent et qui aiment... Pas besoin de diplômes ou de brevets, PJ, juste l'envie. Regardez bien, je suis sûre qu'elle n'est pas loin !

@ Dom : ts, ts Dom, ne vous laissez pas trop aller. A-t-il eu besoin de force de caractère ? Oui, sûrement car il s'agissait de totalement s'abandonner...

@ Bougrenette : ah, ma mie, ma fidèle, vous avez tout dit, j'écris plus pour vous que pour moi-même, tentant toujours de susciter quelques émois ! Merci

@ Mot passant : par mes mots vous donner chaud à votre tour, vous dont les mots m'ont réchauffée si souvent ! Quel plaisir.

@ Le Magnifique (il se reconnaîtra !) : contente que tu passes et que tu te régales...

@ Bo : ça peut se négocier, Bo, mais off-line :-)

@ Luz : merci pour vos compliments, ils m'encouragent à rester sur la voie de la perversion :-))

Ecrit par : Gicerilla | jeudi, 15 mai 2008

Pourtant je mène l'enquête...

Ecrit par : Pierre-Jean | jeudi, 15 mai 2008

@ Arthi : oui il en faut de l'audace pour se dépasser soi-même et oser ! Danton n'aurait pas renier votre injonction :-)

@ Pierre-Jean : mais est-ce bien une enquête qu'il faut mener Mr White ? Car à force de regarder les choses à loupe, le nez collé au détail, vous loupez (hi, hi) peut-être le principal !

Ecrit par : Gicerilla | jeudi, 15 mai 2008

Ça nous change des curés pédaleurs et des sœurs en danseuse !...

Ecrit par : imago | jeudi, 15 mai 2008

un récit délicieux délicieusement raconté... cela met en appétit pour la suite ... ;-)

Ecrit par : Vallis | vendredi, 16 mai 2008

C'est bien exposé, mais ça me dégoûte. La rencontre obscure, les poils rasés, la préméditation, le plaisir ... trop fort pour moi :)

Ecrit par : ppm00 | vendredi, 16 mai 2008

Envie de chambre obscure...
est-ce bien de chambre obscure ?

Ecrit par : B | samedi, 17 mai 2008

Mmmm ... la sensualité d'un crâne rasé lisse comme une peau de fesse ... oups, je m'égare !
J'aime bien vos rendez-vous clandestins, Mlle Gi ... ;)
(même si sur ce billet, je regrette un peu le côté "il faut que je l'épate")

Ecrit par : Fiso | dimanche, 18 mai 2008

@ Imago : mais c'est bien cela que j'aime. Passer du coq à l'âne. De l'âme au sexe... Tout cela ne fait qu'un finalement !

@ Vallis : ne soyez pas trop affamée car la suite n'est pas encore écrite ! :-)

@ ppm00 : dégoûté ? Désolée, me voilà dépitée ! Surtout, cher ppm00, évitez la rubrique Eros car vous risquez de vous écoeurez définitivement et ça, je ne le veux pas !

@ B : la face cachée. Envie de se qui se cache en nous et qui parfois même ne veut jamais sortir de l'ombre et pourtant. Tant de plaisir à se laisser aller...

@ Fiso : n'avez-vous jamais été mue par un désir de faire plaisir tel, par une envie de donner du plaisir telle, que vous vouliez pour lui devenir unique ?

Ecrit par : Gicerilla | lundi, 19 mai 2008

Et bien non... je n'ai jamais souhaité "devenir" unique puisque je le suis déjà ! Nous le sommes tous :)
(Dieu merci), j'ai déjà été mue, transportée même, par une frénésie insatiable de donner encore plus, toujours plus.
Dans ces moments là, je ne réfléchis plus, j'y vais à l'instinct, je communie ;)
Est-ce que la seule chose qui nous rende inoubliable à la mémoire d'un homme est de lui offrir une jouissance ?
(j'aime la pertinence de vos questions et ces dialogues improvisés)

Ecrit par : Fiso | mardi, 20 mai 2008

Magnifique texte qui fait renaître de délicieux souvenirs...
Ainsi donc, de cette charmante situation vous tirez tout le suc pour partager avec nous...

Merci encore une fois pour ce texte !
B

Ecrit par : petite fr@ncaise | jeudi, 22 mai 2008

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