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mardi, 29 avril 2008

ELLE - Façon Bridget

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Aujourd'hui je me sens très Bridget.


A première vue, on pourrait penser qu'un monde nous sépare. Elle est blonde, je suis brune. Elle est ronde, je suis mince. Elle se gave de douceur, je me gave de macadam. A chacune sa méthode. Elle se remplit pour combler ses manques. Je cours pour laisser derrière moi ce que je n'ai pas. Mais au final, la quête est la même. Elle attend, enfouie sous des pilous informes, l'amour qui ne vient pas et moi je cours au devant de celui-ci en une course effrénée qui elle seule sait faire battre mon cœur. Oui, elle et moi, même combat.

Mais elle, elle a pour elle l'humour anglais qui sait rendre risible le pire de ses drames et lorsqu'elle se mouche dans des tonnes de kleenex, elle devient presque jolie avec son nez rouge et morveux. Et moi, j'ai contre moi l'impétuosité méditerranéenne qui transforme tout en mélodrame et qui rend mes larmes risibles comme celles des pleureuses égyptiennes qui se lacéraient le visage. Elle pleure gaiement. Je pleure tragiquement. Ni Corneille ni Racine réunis ne sauraient retranscrire dans leur langue rimée les émois de mon âme et Bérénice et Andromaque sont de bien piètres tragédiennes au regard de mes drames. Et aujourd'hui encore, reine de la crise paroxysmique, me voilà à tomber sous le charme délétère des paroles de Brel.

Et pour que le compte y soit, je me passe en boucle ses chansons les plus poignantes, celles qui me laissent décomposée et haletante. Je ne crois pas avoir connu jamais homme capable de dire avec des mots, des mots simples, des mots taraudant comme une vrille qui doucement  perce le cœur, les regrets de l'amour, les élans de l'amour, les souffrances de l'amour, les beautés de l'amour...

Et me voilà buvant, tel un Socrate auto-sacrifié, toutes ces paroles qui me dépeignent à l'envi ce que je n'ai. Et comme toujours, je me noie dans mes propres larmes et je m'y complais. Complaisance avérée avec son propre malheur. Celui que l'on construit parce que tellement plus facile à bâtir que son bonheur. Complaisance insupportable mais pourtant indulgence nécessaire avec soi-même pour ne pas couler totalement. Je ne sais pas d'où me vient cette nature toute en extrêmes. Association maléfique de planètes à la naissance ? Sensibilité démesurée qui fricote avec la sensiblerie ?  Et je me prends à rêver que, artiste maudit, je sais enfin utiliser cette énergie pour créer des merveilles qui vous bouleverseraient plutôt que de proposer ici des notes radotantes qui ne font que geindre et se lamenter.

Voilà sur quoi je m'émeus. Voilà sur quoi je sombre. Mais comment résister aux émotions que de pareils cris peuvent susciter ?

La chanson des vieux amants

Bien sûr nous eûmes des orages
Vingt ans d'amour c'est l'amour folle
Mille fois tu pris ton bagage
Mille fois je pris mon envol
Et chaque meuble se souvient
Dans cette chambre sans berceau
Des éclats des vieilles tempêtes
Plus rien ne ressemblait à rien
Tu avais perdu le goût de l'eau
Et moi celui de la conquête

Mais mon amour
Mon doux mon tendre mon merveilleux amour
De l'aube claire jusqu'à la fin du jour
Je t'aime encore tu sais je t'aime

(...)


Orly

Ils sont plus de deux mille
Et je ne vois qu'eux deux
La pluie les a soudés
Semble-t-il l'un à l'autre
Ils sont plus de deux mille
Et je ne vois qu'eux deux
Et je les sais qui parlent
Il doit lui dire: je t'aime
Elle doit lui dire: je t'aime
Je crois qu'ils sont en train
De ne rien se promettre
C'est deux-là sont trop maigres
Pour être malhonnêtes

Ils sont plus de deux mille
Et je ne vois qu'eux deux
Et brusquement ils pleurent
Ils pleurent à gros bouillons
Tout entourés qu’ils sont
D'adipeux en sueur
Et de bouffeurs d'espoir
Qui les montrent du nez
Mais ces deux déchirés
Superbes de chagrin
Abandonnent aux chiens
L'exploit de les juger


(...)

Alors, suivant le conseil de Pierre Mortez, je me laisse couler au fond, tout au fond de mon marasme et quand je n'en pourrai plus de vibrer comme les cordes frottées par l'archet de ces mots, je donnerai enfin un grand coup de talon pour redécouvrir que l'amour n'est pas l'unique raison de vivre et qu'au lieu de pleurnicher, il serait peut-être temps de grandir, avec ou sans. Tenter une fois pour toute d'accepter que pour certains la vie est avec, et que pour d'autres la vie est sans... Quatre lettres qui s'opposent et qui changent tout. Quatre petites lettres qui pourtant ne sauraient régir ma vie.

Vous m'avez lue jusqu'ici ? Alors dites-moi que vous aussi, parfois, Bridget vous vous sentez !

samedi, 26 avril 2008

ELLE - Ce qui aurait pu arriver N° 3 - Snooker academy

492412144.jpgIl m'avait envoyé un billet tout simple dans une enveloppe banale.

Au début, j'avais été intriguée par l'écriture inconnue de moi. De nos jours, les écritures manuscrites sont des choses rares. Un simple bristol blanc à l'intérieur portant à l'encre bleue une adresse, une date et une heure. Rien d'autre. Seule la signature me permit d'imaginer qui m'écrivait. C'était un pseudo. Un pseudo bien connu de moi. Mon cœur fit un bond. Je croyais à un canular car tout au long de nos échanges, il n'avait jamais été question de se rencontrer. Je le savais marié avec des enfants. Il n'en avait pas fait secret. Mais la révélation de cette information avait eu lieu trop tard. Poissons naïf, j'étais déjà ferrée. Savait-il à quel point, tel un hameçon, mon envie de lui était fichée dans ma chair ? J'étais prête à tout pour le rencontrer et j'avais susurré des mois durant tous les chants de sirènes que je connaissais mais en vain. Nos quêtes divergeaient à ce qu'il paraissait. Je n'osais y croire. Pourquoi avait-il changé d'avis ? Peu m'importait, ce qui comptait c'est que j'allais le rencontrer. Devant ma boite aux lettres, j'étais comme une adolescente qui reçoit son premier billet d'amour. Mais en guise de déclaration, juste un nom de rue, de ville, une date, une heure. Pourtant, à mes yeux, ces mots étaient remplis d'un espoir dément plus bouleversant que tous les poèmes d'amour.

La semaine s'écoula sans que je puisse trouver le repos. Il ne répondait plus à mes emails depuis cette lettre et je ne pouvais vérifier si je rêvais ou si cela était réalité.
Le jour du rendez-vous, c'est aujourd'hui. Je dois être prête à 18h00. J'ai pris un jour de congé. Je suis si fébrile que je n'arrive à me concentrer sur rien. Je marche comme un automate, me raccroche à ma routine bien rôdée. Douche, shampooing, épilation, vernis. Je suis si maladroite que tout va de travers. Je suis assaillie par des doutes vicieux qui s'amusent à me faire trembler quand je passe la cire et me rate. "Et s'il ne venait pas ?" Voilà que des voix venues de mon intérieur schizophrénisé me disent des mots insupportables "mais enfin, G. tu n'y crois pas. Tu sais bien qu'il ne viendra pas. Il joue avec toi. Il sait te manipuler..." et plus je tente de les chasser, plus ces pensées vicieuses m'imprègnent comme la crème que je passe, effrénée, sur chaque zone de mon corps devenu voile de soie.

Je me suis maquillée légèrement pour ne pas apparaitre déguisée. Je sais qu'il haït le trop sophistiqué, il l'a laissé entendre à plusieurs reprises et je veux tant lui plaire. Seuls mes yeux sont devenus deux onyx dévorant mon visage de leurs grands cils noirs. J'ai garé la voiture à quelques rues de là pour repérer les lieux. Je suis devant le N° 6 de la rue Sainte Rita. Fallait-il que je sois devant pour y croire.  Plantée devant la devanture je contemple, incrédule. Une académie de billard anglais. De grandes baies vitrées dans le style nouille bordées de bois foncé révèlent un intérieur immense. Je pousse la lourde porte silencieusement et je vois à l'infini il me semble, des tables de billards vertes rutilant sous les lampes opalines vertes elles-aussi, groupées par trois sur de jolis fixations de laiton, auréolant les tables de lumière diffuse. Je scrute l'infini. Des hommes affairés, les visages sérieux de stratèges de la boule se penchent tour à tour sur le gazon de la feutrine. Ils sont imprégnés d'une mission, cela se voit, et personne n'a tournée la tête à mon entrée. Tant mieux. Je le cherche des yeux mais mon cœur bat si fort que mes yeux se troublent, mes jambes deviennent guimauve et je n'ose faire un pas.

Là, un choc, c'est lui, au fond de la salle, la table la plus à gauche, comme le cœur, qui roule et qui gite dans ma poitrine. Quoi, lui, joueur de billard ? Je l'avais cru cadre de haut vol, camionneur sorti d'un film des Monty Pithon... Et le voilà professionnel d'un jeu de boules ! J'avance doucement. J'ai l'impression insoutenable que chacun de mes pas réveillent, indécents, le silence concentré qui règne dans la salle. J'approche aussi sûre de moi que le jour de mon bac. Il est penché sur la table. Ses yeux pointent ses regards aigus comme des compas sur la boule blanche. Son vis-à-vis le regarde, un air de profonde concentration suinte de son visage. Inquiet semble-t-il et faussement impassible. Il a la queue en main, il vise et d'un coup délicat propulse la bille blanche vers la rose. Il ne reste plus beaucoup de billes rouges et de billes de couleurs. La partie doit être entamée depuis longtemps. L'autre fait une grimace. Cela devait être un coup adroit. Il se redresse et me voit. Il ne me regarde pas, non, il me darde. Ses yeux imperceptiblement scrutent ma silhouette de haut en bas. Je sens mes talons branlés sous l'emprise de mes émotions. Il est comme sur la photo. Grand, carré, le nez assez long, le crâne quasiment rasé assumant une calvitie avancée. Il n'est pas vieux pourtant et même s'il n'est pas beau, il m'a déjà gagnée. Il m'a conquise depuis tant de mois par l'assiduité de ses mots. Ses mots parfois troubles, parfois violents de désir contenu mais bien présent.

Il regarde les chaises adossées au mur et comme un soulagement je prends cela pour un ordre. M'asseoir, oh oui, me faire une composition de femme pleine d'assurance quand tous mes organes sont sens dessus-dessous, quand mon sexe lascif déjà inonde le creux de mes cuisses à me les faire serrer de honte. Je le désire. Il n'a rien fait. Juste ses yeux sur moi et me voilà cuite. Prête à subir n'importe quel assaut pourvu qu'il m'assaille. Je les regarde tous les deux s'affronter en silence. Je ne vois qu'une chose, ses fesses se cambrer lorsque sur le rebord il se penche. J'imagine le bois de la table qui accueille son sexe qui se presse sans ménagement pour acquérir l'angle d'attaque parfait. Je ne vois qu'une chose, ses épaules larges qui ondulent sous la chemise noire au rythme imperceptible de ses mouvements. Je ne vois qu'une chose,  son profil de sénateur romain taillé à la hache. Il est anguleux de visage et j'aime ça. Je ne vois qu'une chose, ses mains longues et musculeuses qui manient en coulisse la queue dont le vernis brille sous la lampe. Des idées de coulissements luisants viennent peupler mes méninges. Je me dis que je suis une bête. Qu'il me dompte est tout ce que je veux. Lorsque que pour un coup il se positionne en face de moi, il dépose parfois son regard scrutateur sur mon visage, un court instant, mais cela suffit pour brûler mes entrailles et mon cœur fait battre le sang frénétiquement entre mes cuisses. Mes pensées vagabondent sur la queue qu'il manie avec dextérité et les billes qui glissent silencieusement sur la feutrine semblent me souffler comme il est doux d'être par lui  caressée.

La partie est terminée. Je crois qu'il a gagné. Il dévisse lentement la queue d'acajou ouvragée. En trois morceaux, il la range, amoureusement il me semble, dans une petite mallette noire aux formes moulées, écrin de velours rouge. Il serre la main à son adversaire et se plante devant moi. Je crois que les tremblements qui m'agitent vont se voir. Je serre plus encore les fesses et les cuisses pour donner à mon corps une rigidité hiératique. Et sans prévenir, il passe sa main droite tout doucement sur ma joue. Il est si délicat que des larmes perlent immédiatement à mes cils. Mais qu'est-ce qui me prends. Ai-je jamais ressenti cela ? Trop d'émotions sans doutes. Trop d'attente évidemment. Trop de désirs refoulés depuis des mois. Je suis apeurée, sans armes. Je veux me jeter dans ses bras mais j'ai trop peur de le faire et d'essuyer un refus. Sa main qui me fait tressaillir glisse le long de mon cou et attrape ma main pour me tirer à lui. Je me lève et le suis, docile, sans volonté. S'il voulait m'immoler, là, sur la table, je ne ferai rien. Qu'il me poignarde de son sexe, qu'il me cloue de plaisir, que sa queue soit objet de mon supplice. Il m'amène sans un mot dans une remise sombre, où seule une lucarne de verre gris sale ouvre sur le dehors. Des ombres projetées de chaises entassées, de lampes désœuvrées, de tables bancales nous accueillent et je frissonne. Il pousse la porte derrière nous. Il ne parle pas. Je suis tétanisée.

Il s'approche et prend mon visage dans ses deux mains cette fois-ci. Je me sens frêle. Il m'embrasse à pleine bouche. Ses lèvres chaudes se pressent violemment. Sa langue force mes dents. Il m'envahit, titille ma langue qui se noue à la sienne. J'aime son haleine. Je lui rends son baiser mais ne respire plus. J'halète et mon cœur devient dingo. Il me prend dans ses bras et me serre contre son torse. Et là, comme une décharge, la découverte de son sexe bandé et comprimé contre mon ventre. J'ai envie de passer ma main, là, tout de suite. De ne pas lui demander son avis. De m'agenouiller et d'arracher la fermeture. De faire jaillir ce sexe dont je rêve depuis des mois. Depuis que nous avons joué à nous désirer par ordinateurs interposés. Je veux le sucer, le boire, le lécher. Dessiner de ma langue tout ses reliefs. Sculpter ma gourmandise à coups de langue, à coups de dents. Gober son nœud boursouflé et dure comme un marbre de Carrare. Mais je n'en fais rien car je tremble. Il a glissé ses mains sur mes fesses et, nos lèvres toujours collées à m'étouffer, il malaxe chacune d'elle. Il les pinces, les écarte sous la toile de ma jupe. Mon string y glisse plus profondément et je sens la dentelle se tremper de mes sucs qui dégoulinent.  A mon tour je m'accroche à ses fesses pour ne pas me perdre tout à fait. Il a le cul cambré comme un africain et ses chairs tendues me donnent envie d'y mordre. Je gémis déjà et il n'a rien fait.

C'est enfin qu'il fait tomber ma jupe et glisse une main entre mes fesses pour y chercher l'entrer de son futur fourreau. Il va et vient et ses doigts glissent, dérapent, retrouvent le chemin et recommencent. Il ouvre mes fesses comme s'il voulait y entrer. Ses caresses sont violentes mais savantes. Elles m'agacent, me font crier à l'intérieur "baise-moi !". Un jour je le lui avais écrit comme un cri "oui, baise moi" et là, encore une fois, les mots veulent l'assiéger mais je me tais. Il me porte alors sur la table de billard bancale et me fais basculer en arrière. Je suis totalement offerte à ses regards et il m'écartèle de ses mains posées sur mes genoux. Et soudain, un gémissement inhumain jaillit de ma gorge. Sa langue est sur ma fente ruisselante. Il lèche, il suce, il aspire sans ménagement la perle qui m'arrache des soupirs et des "non" et des "oui". Elle explore, elle goûte, elle boit à ma corolle débordante de liqueur. Elle tète et elle titille savamment. Je suis pantelante et j'ai envie de jouir. Sa langue va et vient, s'immisce et ressort, découvre chaque relief de mon sexe béant. Puis, tel un dard, elle coulisse dans mon calice et pénètre mon ventre sans pour autant le satisfaire. J'ai envie de m'empaler sur sa langue et mon bassin entame une danse sur sa bouche. Mes fesses sont cisaillées par le bois du rebord mais ses caresses envoutantes me font oublier la rudesse de l'arête. Sa langue toujours plus aventureuse descend vers mon cul et entreprend sa découverte. Et à chaque coup de langue il pénètre tour à tour mes orifices palpitants.  Je veux son vit maintenant "prends-moi je t'en supplie" sont les premiers mots dits, haletants. "Que ta queue envahisse enfin son territoire. Enfile-moi" Des mots crus comme jamais je n'en ai dits s'échappent de mes lèvres. J'en rougis et pourtant, ils accourent toujours plus nombreux. "Je te veux, baise-moi que j'enserre enfin ton sexe magnifique de ma soie...." Il s'est redressé et dégage maladroitement son sexe tendu de son pantalon. Il ne se déshabille même pas, tout est trop urgent maintenant. Il relève mes genoux sur ma poitrine. Ma fente ouverte s'offre à lui et d'un seul coup il me pourfend le ventre. Il utilise mes genoux comme d'un appui et coulisse en moi avec frénésie, avec lenteur, légèrement, profondément. Il invente un ballet de son dard dans mon ventre. Mon con ainsi offert l'enserre comme une gangue et je sens que nos peaux sont en fusions. Il ahane, il soupir et les soubresauts de son sexe me font sentir que sa jouissance est proche.

Alors, je glisse ma main sur mon sexe et me caresse là où sa langue, il y a peu, a laissé des traces de feu. Je sens les répliques approcher, je les sens monter, la terre va se fendre et quand enfin je crie mon plaisir, il reçoit le sien dans le même cri...

mercredi, 23 avril 2008

ELLE - Cravate noire pour chemise blanche

1691284173.jpg Je lui avais dit "Je ne sais si je serai qualifiée...."

Il m'avait répondu, charmant, discrètement enjôleur comme le  camelot qui vient vendre des rubans à la belle qui n'ose les toucher tant ils sont beaux, bien trop beaux pour elle, petite villageoise. "Je ne fais aucune discrimination, alors j'attends de voir bientôt votre autoportrait blacktie  chère Gicerilla". Et la villageoise que je suis se laissa tenter par ces mots-là sans beaucoup de résistance, car les filles des campagnes sont des femmes bonnefemmes (féminisation paritaire de "bonhomme") et accueillantes, qui ont à cœur de faire plaisir à l'étranger qui passe.

Il m'avait donné du "chère". Instantanément je m'étais rengorgée, j'avais gonflé le torse (je n'ose dire la poitrine car cela serait clairement une usurpation, un abus de langage), soudainement excitée comme un enfant qui va sûrement faire un coup pendable. Bon, d'accord, pendable est un peu fort, disons fouettable. Oui, fouettable, c'est cela. Car fouettable a de ces connotations qui rendraient presque souhaitable la punition. D'ailleurs, l'Enfer ne m'a-t-il pas récemment révélé ce que recèlent comme plaisirs certains de ses flagellants secrets ? Aïe, je m'égare. Je suis incorrigible moi qui ne demande qu'à l'être. Ah, imagination quand tu nous tiens...

Bref. Depuis ce moment là, je n'eus de cesse d'imaginer des scenarii pour que ma production soit honnête et différente. Sui generis dirait un juriste de mes connaissances. Quoi de plus insupportable pour moi, en effet, dont l'égo boursouflé se targue d'originalité, d'être mise dans une case. Réclamation d'une singularité qui prévient tout classement dans une catégorie déjà répertoriée. Je ne serai pas un onglet du répertoire. Hors des sentiers battus je prétends arpenter le monde. Horreur des consensus mous, comme dirait un rascal de mes dilections. Horreur des moutons de Panurge même si leader du groupe sans doute je serais.

Inquiète, je me confiai à ma grande amie qui se laissa immédiatement tenter par le projet. Car elle aussi est joueuse et ce jeu ne présente-t-il pas tous les caractères qui rendent un jeu aimable ? Gratuit, ludique, faisant appel à la créativité, le sens de la mise en scène et, si possible, une certaine idée de l'esthétisme. Et voilà deux cerveaux de femmes en ébullition. Impossible d'imaginer ce que peuvent créer deux cerveaux de femmes en ébullition, lorsque l'une est brune et l'autre blonde !  Rendez-vous est pris chez elle. Les chemises sont sorties du placard. Toile immaculée de coton blanc repassée de frais, aux pliures craquant comme les neiges des glaciers d'été. Cravate noire de soie à la toile ottomane, taillée dans la diagonale.

Nous sommes plantées devant les objets du crime... Deux poules qui ont trouvé un couteau. Le blanc total, ou serait-ce le noir total ? Rien. Aucune idée. Affligeant. Désespérant. Contournons le problème. Direction la salle de bain. Fardons un peu nos visages pour cacher notre manque d'inspiration. Une fois nos yeux charbonnés et nos bouches dessinées au crayon repulpant (si, si ça existe) nous revenons dans la chambre toujours aussi peu inspirées. Nues ou habillées ? Autour du cou, la cravate, ou autour du chignon ? Et pourquoi pas en serre-taille, en cache-tétons ? "Tu crois qu'il acceptera ?" "Non, Blacktie n'est pas un projet de cabaret. Cahier des charges strict. C'est un projet modeux ne l'oublions pas !" Ah, zut, pas facile, tout semble déjà avoir été fait. Tant pis. Essayons tout. Les jeans valsent. Les pulls et les chaussettes tombent tour à tour sur le parquet. Puis sans pitié, les soutiens-gorge suivent, sourdes que nous sommes à la bienséance qui nous crie "ah
non, PJ White ne pourra pas cautionner..." Tant pis pour PJ White, nous voilà effrénées. Devant, derrière, la chemise éventre ses pans sur des chairs nues, frémissantes.  La cravate noue des boucles impossibles, des nœuds boursouflés qui coulissent entre nos mains expertes.
La cravate se plie à toutes nos volontés et la soie s'échauffe sous nos doigts. Elle devient plus souple, plus docile et semble accepter d'épouser la moindre de nos courbes. Les rires fusent. Nous sommes, selon le moment, sages ou déraisonnables et le coton et la soie se mêlent sans broncher à la folie de nos envies. "Non, oh non pas ça !" ponctue régulièrement nos essais que le bon goût déserte parfois tant il est offusqué par notre audace.

Finalement, les zygomatiques au bord de la rupture, nous nous décidons pour de sages poses qui respectent gentiment les critères du projet.2143518271.2.JPG































Les photos brutes, sans retouches, sont ensuite envoyées au directeur du projet, tremblant un peu à l'idée d'être recalées. Et si cela était, si la censure du grand-maître devait tomber, voici ce que vous auriez pu voir !

 Et vous, ne vous laisseriez-vous pas tenter à votre tour ?

dimanche, 20 avril 2008

ELLE - Bon pied...

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J'avais envie de vie parisienne.

J'avais envie de superflu, de superficiel, de prétentieux, de branché, de toutes ces qualités qui font qu'on se croit un instant au cœur de la vie où tout est beau, tout est bon... Où tout n'est que vanité !

Rendez-vous avait été pris à la
Cantine du Faubourg. J'aime la décoration, la musique lounge suffisamment présente pour assourdir les conversations mais pas suffisamment pour les empêcher. Nul besoin de se parler sur le ton de la confidence pour que le couple d'à côté, blasé, qui ne sait plus dialoguer, n'entende les secrets que nous allons partager.

Une jeune femme de sang africain, beauté aux membres souples comme du Playdo et à la démarche de Reine de Saba nous accueille. La soie légère de sa robe voile à peine ses formes sculpturales et le sourire éblouissant qu'elle nous offre nous aveugle un instant, nous laissant bouche bée, admiratives. A l'américaine, un air affairé dans la démarche, les menus déjà en mains, elle nous accompagne à notre table.  Je ne peux me retenir de lui souffler combien sa robe est bien portée. Elle me répond avec une fausse simplicité qu'elle est la RP de l'établissement. Oh combien je savoure ces airs de l'air de rien si rempli de sa propre importance. Bien sûr, la direction ne s'y est pas trompée, car mieux que n'importe quelles compétences, elle porte sur elle l'idée d'une certaine classe qui rejaillit spontanément sur le restaurant, et tous ceux qui le fréquentent s'en voient éclaboussés, presque baptisés, se sentant soudain investis d'un peu de cette élégance que la majorité pourtant n'a pas.

Les femmes sont toutes bien apprêtées. L'art du maquillage atteint ici la perfection car elles ont toutes compris que pour garder à leurs pieds tous ces hommes aux bourses bien remplies et pouvoir les vider à leur guise, il faut plaire, il faut faire bander, il faut éblouir. Et dans cette mascarade l'homme est le premier à vouloir jouer le rôle principal, celui du pouvoir octroyé par l'argent, croyant ainsi mener le bal alors que ce sont ces belles-là qui les dirigent dans ce ballet ancestral.

Nous voilà assises côté banquette, vue imprenable sur toute la salle où s'activent tels des automates bien réglés, force serveurs, homme et femmes vêtus de noir qui les drape d'élégance sans distinction. Et alors que mon vis-à-vis scrute le menu, mes yeux errent sur cette salle aux lumières tamisées qui mettent en valeur les couverts dressés, les verres qui réverbèrent la lumière dorée. Et l'inattendu frappe mes pupilles étonnées. Sur les murs du fond, suspendus en noir et blanc, des tirages papier, format poster, de pieds. Des pieds dans tous leurs états. Des vieux, des jeunes, des poncés-pédicurés, des corneux à la peau cartonnée.  Rêveuse je deviens devant ce spectacle décalé. Je suis ici pour m'immerger dans la beauté, dans l'élégance, dans le délicieux, le gourmet et l'on me sert des pieds ! Bien bel outil, le pied, à bien y regarder, car sans lui, comment faire pour avancer ? Terminaison articulée composée de 26 os - soit, pour les deux pieds, le quart de ceux composant l'ensemble du squelette - 16 articulations, 107 ligaments qui tiennent ces dernières et 20 muscles qui permettent au cerveau de commander leurs mouvements. Une vraie machine de guerre trop souvent méprisée. Pâle copie de nos mains, il est vrai, dont les doigts tout à tour boudinés, dodus à croquer, noueux comme la vigne ou tordus aux repoussantes callosités assurent l'équilibre de tous même de ceux qui ne le sont pas.
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"Pieds nus pour visages connus" mis en scène par le photographe
Amélie Debray. Voilà un parti pris décapant. Montrer cette partie du corps révérée par certains comme des objets de culte digne d'Eros, honnie par d'autres comme le témoignage flagrant que dieu n'existe pas, et ce en choisissant d'occulter le visage de celui qui les guide à chaque pas, emporte mon suffrage. Etrange sensation devant cette nudité tellement plus impudique que toute autre nudité galvaudée.  "Il y a toujours une part d’impudeur dans cette nudité-là" disait C. Breilla.  Oui et presque une indécence. Et puis, mieux qu'une confession intime les pieds nous révèlent le soin que l'on se porte à soi-même, la gratitude que l'on a qu'ils nous mènent où l'on veut, dociles, et plus que tout il me semble, si l'on est soucieux des apparences seulement.  En effet, quoi de plus révélateur que des pieds négligés, sales, envahis par les cors et la corne spongieuse quand la tête qui les chapeaute s'affiche rasée de près ou poudrée et parfumée, prétendûment soignée, arborant tous les artifices du raffinement. Mais pour certains, de raffinement point et les pieds odieux sont cachés par d'onéreux souliers.

724319476.jpgJe contemple avec curiosité cette galerie de portrait de pieds surprenants et plus j'avance dans cette exposition, plus je me persuade que, mieux que nos yeux, les pieds sont le reflet de notre âme.

Et vos pieds à vous, ils sont comment ?

 

jeudi, 17 avril 2008

ELLE - Vie de chien ?

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La boutique a ouvert il y a peu de temps.


Sa devanture avantageusement dressée me faisait de l'œil depuis plusieurs jours mais je ne trouvais jamais le temps de m'y arrêter. Enfin, aujourd'hui j'ai pu y pénétrer. En guise de sonnette, une clochette qui tintinnabule dont les sons ricochent sur les murs luxueusement habillés. Il y règne un silence d'église comme si le recueillement était impératif. La moquette est épaisse et absorbe le bruit de mes talons sur le sol. Mon regard se perd sur les étagères, les portants et autres supports variés et inventifs qui exposent à mes yeux éberlués des articles de toutes sortes.

Une dame sort d'un petit bureau discret caché au fond du magasin. Elle me dit bonjour avec un accent chantant et je me dis qu'elle n'est pas de chez nous. Elle arrive, avenante, un sourire full wattage éclairant son visage. Le sourire qui dit "oui, tout est très cher ici, mais vous le valez bien, craquez..." Elle me demande à la recherche de quoi je suis et, pour justifier ma présence que je sens au fond de moi illégitime, je me crois obligée de mentir "c'est pour faire un cadeau a une amie !" Alors là, le sourire devient béance et c'est tout juste si je ne lui vois ses entrailles tant elle anticipe déjà la somme astronomique de mes dépenses. Je suis complètement seule dans cette jolie boutique et apparemment perdue puisqu'elle décide de m'escorter pas à pas.

Je me dirige vers des étagères où sont posés des colliers de chiens en toile brodés de passementerie. Elle m'explique que tout est fait à la main par des artisans, italiens, parisiens...  Que les matières premières sont de première catégorie et que tout est dans la qualité de la finition, le souci du détail et de l'originalité. Je passe rapidement car la passementerie n'est pas ce que je veux. Jouxtant ces étagères, deux racks de colliers de cuir avec des laisses de toutes longueurs. Je l'interroge car il faut bien que je justifie ma présence. Je feins d'être intéressée et petit à petit je le deviens vraiment. En fait je suis comme hallucinée. Aucun mirage, aucun envoûtement ne saurait mieux que ces articles-là me laisser bouche-bée. "Et vous voyez là, cela se termine par un bracelet qui permet de le mettre au poignet et libérer la main. Dans un cocktail par exemple, si vous ne voulez pas vous en séparer. Mais attention, il convient uniquement aux petites tailles !" Je dois avoir les yeux écarquillés car elle insiste "oui, c'est intelligent comme création n'est-ce-pas et puis regarder les coloris, les matières, les finitions..."

J'abandonne le rack, irrésistiblement attirée par la deuxième salle. Un pan de mur complet expose des colliers d'une variété incroyable. Du cuir de toutes les couleurs. Des tissus siglés à l'anglaise, à l'italienne. Du racoleur. Du raffiné. Des perles et des gadgets. Des brillants scintillants à rendre coquette la plus virile des camionneuses. Je commencerais presque à fondre. Je me surprends même à poser des questions et le pire, c'est qu'elles sont authentiques et non pas là pour meubler la conversation. Quoi, je m'intéresse au sujet maintenant ? Mais si cela continue, vous pourrez m'appeler Paris. Non, pas celui épris de la belle Hélène mais bien celle qui défraie les chroniques de sa fine silhouette blonde et de ses frasques d'écervelée. Je tâte, j'admire et plus je découvre les articles plus je me dis que nous vivons dans un monde de cinglés. "Combien ce collier-là, le rose pâle avec les brillants ?" "Celui-là est à 160CHF mais attention, ce sont de véritables cristaux Swaroski..." Ah, oui évidemment si ce sont des cristaux de synthèse qui n'ont de valeur que le nom qui les fabrique, cela change tout !  Elle a fait roulé dans sa bouche chaque syllabe comme le plus savoureux des mets "Swa-rov-ski"... Alors présenté comme cela, bien sûr, ce n'est plus outrageusement cher, c'est donné !

J'ai envie de rire. Je me détourne pour ne pas éclater à son nez, qu'elle a fort joli d'ailleurs. Et là je crois avoir atteint le comble du ridicule. Un portant plein de petits cintres sur lesquels sont suspendus des peignoirs d'éponge blanche brodés, qui vont de la taille "poupée" à la taille "enfant de 5 ans" ! Je continue l'interrogatoire franchement intriguée "Mais ce sont pour des chiens ?" "Oui bien sûr, surtout ceux à poils longs à qui ont doit faire un masque régulièrement. Vous l'enfilez pour éviter qu'il ne prenne froid pendant que le masque pose et puis ainsi vous éviter qu'il mette de l'eau partout. Ça marche très bien, ça plaît beaucoup..." Alors là, la coupe est pleine. On a, je crois, toucher le fond.

Des peignoirs pour chiens et pour chiennes ? Des colliers Swaroski, Burburry, Gucci. Des gamelles siglées en acier inoxydable qui rutilent sous les spots halogènes. Des niches en mousse capitonnée façon treillis, vichy, fausse fourrure et j'en passe. Des pulls à col roulé en laine et pourquoi pas en cachemire. Un tableau de votre 
chien Pop Art façon Andy Warhol ? Il n'y a qu'à commander !
Des lunettes, oui, des lunettes siglées elles aussi avec un petit élastique là qui donne au toutou à sa mémère des airs de pilote façon St Exupery....

Je ressors partagée entre la stupeur de celui qui découvre l'existence d'un monde parallèle et le dégoût de notre société. On dépense pour des chiens ce que l'on ne donnerait même pas à son voisin dans la misère ou aux Enfoirés !

Vie de chien dit-on ? Chienne de vie, oui...

Allez voir à tout prix le site internet : Modecanine.eu

 

lundi, 14 avril 2008

ELLE - Elitisme ?

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J'ai toujours été passionnée par les mots.


Depuis toujours ? Je ne sais pas. Peut-être pas, mais depuis longtemps tout de même. Depuis qu'ils m'ont montré qu'il suffisait de les apprivoiser pour devenir mes meilleurs alliés. A chaque instant ils viennent à ma rescousse et démêlent par ma voix les sacs de nœuds, les malentendus et autres conflits naissants. Mais pour ce faire, il ne faut pas en avoir peur et les utiliser à bon escient. Sinon, bien sûr, l'échec sera à la hauteur de leur puissance. Et je m'amuse à les amadouer et je m'applique à les manier sur tous les tons, dans tous les styles.


Je me suis frottée à la fable. Exercice jubilatoire mais difficile quand on prétend, comme moi, boire à la même source que celle du grand Jean. J'ai fréquenté l'acrostiche et j'ai suivi, tremblante, les pas de George et d'Alfred en priant que de la haut ils ne me traitent pas d'impudente. Je me préparais donc à perpétrer un autre crime en attaquant le sonnet. Mais pour ce faire, il fallait impérativement que j'en comprenne les contraintes, que j'en connaisse les ressorts avant de plonger ma plume dans l'encrier et d'en commettre un.

Alors, comme à mon habitude, je consulte l'encyclopédie. Et ce que j'y découvre me fait rire, un rire sans fin, un rire qui en dit long sur mon incrédulité. Et oui, figurez-vous que pour comprendre ce qu'est un sonnet il faut avoir fait au minimum un bac de philo, hypokhâgne, khâgne et je crois que l'École Normale ne serait pas de trop. Je découvre des mots mis bout-à bout en des phrases grammaticalement parfaites mais qui ne me révèlent aucun recette. Immédiatement je pense à cet élitisme inavoué de certaines professions qui n'acceptent de se dévoiler que par le biais d'un jargon opaque réservé aux initiés. "Plus je suis obscur et moins la masse peut percer à jour mes secrets". Je pense à mon métier fait d'abréviations et autres acronymes impossibles qui affichent clairement le choix fait de ne pas être accessibles à tous. Je pense, dans un autre registre mais dans le même esprit, aux écritures indéchiffrables des médecins lors de la rédaction des ordonnances que seuls les pharmaciens peuvent lire. A se demander si, dans le cursus de Médecine et de Pharmacie, il n'existe pas un cours spécialisé "comment rendre votre écriture illisible". A se demander s'ils veulent vraiment voir le patient guérir ou mourir de ne pouvoir suivre correctement la prescription. Manière détournée de sécuriser une clientèle qui revient toujours car elle a mal interprété les indications ?

Alors, me voilà plantée devant la page, ne sachant comment et dans quel sens caresser doucement la définition pour qu'elle accepte enfin de se laisser pénétrer. Et mon envie de vous offrir un sonnet de mon cru se dégonfle au fur et à mesure de ma lecture. Je vous en livre une partie et vous comprendrez pourquoi, encore maintenant, je ne sais si jamais je serai capable de composer un sonnet :


"...La forme archétypale comprend deux quatrains puis deux tercets. Les règles selon lesquelles, chez Pétrarque et ses successeurs, étaient disposées les rimes étaient impératives dans les quatrains (rimes embrassées et répétées, selon le schéma abba abba) et beaucoup plus souples dans les tercets : deux ou trois rimes, différentes de celles des quatrains, distribuées selon des schémas très variables, le plus souvent cde cde ou cdc dcd ; seules étaient exclues les combinaisons qui auraient permis de décomposer les six derniers vers en un distique et un quatrain. (...) Shakespeare répartit les quatorze vers de ses célèbres sonnets de la manière suivante : une série de trois quatrains aux rimes différentes et croisées, et un distique final - soit le schéma abab cdcd efef gg. La transformation effectuée par Marot est beaucoup moins radicale : il conserve la disposition rigoureuse des deux quatrains italiens (abba abba), mais répartit les rimes des tercets de telle manière que les quatre derniers vers dessinent un troisième quatrain qui ne diffère des deux premiers que par ses rimes (mais non par leur disposition), ccd eed. Des autres formules utilisées par les poètes au XVIe siècle (concurremment d'ailleurs, au moins dans un premier temps, avec le schéma italien), une seule s'imposera, celle que Du Bellay essaie dans l'Olive : ccd ede. En dépit de la variante introduite par les rimes croisées, l'effet y est le même que dans le sonnet marotique : les six derniers vers forment un distique suivi d'un quatrain. Mais, alors même qu'ils dénaturent ainsi le modèle italien et du même coup marquent leur originalité, les poètes français en gardent la disposition strophique : deux quatrains suivis de deux tercets. .."

Le seul fait de relire la définition me donne des maux de tête et je crois bien que j'abandonne le projet. Voilà un style qui, grâce à la complexité de sa construction, va éviter le massacre que de lui j'allais faire. En fait, les encyclopédies, au lieu de répandre un savoir accessible aux masses, se contentent de l'héberger et je soupçonne leurs rédacteurs de vouloir tout, sauf vulgariser ! Les mettrai-je dans le même clan que les médecins ?

Dommage, de moi vous avez failli lire un sonnet !

* * *

Ce que j'aurais pu écrire pour vous :


À MARIE NODIER
Alfred de MUSSET

Vous les regrettiez presque en me les envoyant,
Ces vers beaux comme un rêve et purs comme l'aurore.
Ce malheureux garçon, disiez-vous en riant,
Va se croire obligé de me répondre encore.

Bonjour, ami sonnet, si doux, si bienveillant,
Poésie, amitié que le vulgaire ignore,
Gentil bouquet de fleurs, de larmes tout brillant,
Que dans un noble cœur un soupir fait éclore.

Oui, nous avons ensemble, à peu près, commencé
À songer ce grand songe où le monde est bercé.
J'ai perdu des procès très chers, et j'en appelle.

Mais en vous écoutant tout regret a cessé.
Meure mon triste cœur, quand ma pauvre cervelle
Ne saura plus sentir le charme du passé.

"Un sonnet sans défaut vaut seul un long poème"  BOILEAU

vendredi, 11 avril 2008

ELLE - Nudité volante

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Decidément, le TGV, j'adore.

Il y a le confort de ses sièges de première déjà narré. Il y a ses passagers si pittoresques à observer, source constante d'étonnement et d'enseignement pour qui veut voir. Il y a le wagon-buvette où je déguste un Lavazza pas trop mauvais en laissant trainer mes oreilles d'anthropologue qui feint d'écrire dans son carnet à spirales mais ne perd rien des conversations des autres, si fascinantes par leur humanité. Et puis il y a TGV magasine. Le N° 102 de mars me livre (tiens, un livre livre mais un magasine ne magasine pas, vous y comprenez quelque chose vous ?) encore une fois le sujet d'une réflexion intense comme vous allez le voir. Ce numéro là, par le biais d'un encart rouge vermillon me livre mon prochain défi. Inespéré.
 

Chaque moi, selon la recette généreusement partagé par un ami il y a un an, je mets un peu de fantaisie dans ma vie en préparant un événement inédit à vivre dans un quotidien somme toute banal. Alors dès que j'ai lu ce message quasi divin, car il faut bien une intervention du ciel pour offrir ainsi de le traverser un instant, frôlant au passage le paradis c'est certain, j'ai su que je devais le faire.

"499 €uros le prix d'un billet d'avion entre Erfurt, capitale de la Thuringe (Allemagne) et l'ile d'Usedom, en mer Baltique. Un billet pour le premier vol nudiste, affrété par le voyagiste Ossiurlaub, qui aura lieu le 5 juillet. Tous les passagers voyageront nus, mais le pilote et les hôtesses garderont leurs uniformes."

On arrive habillés à l'aéroport puis, rendus à bord, on se dépouille de tout ce qui couvre les corps et les empêche de respirer. Une fois nus, les poumons se dilatent, on respire plus à l'aise. Plus aucun carcan qui vient brider ce pauvre ventre autrement maltraité par une vilaine ceinture. Les boyaux se détendent et expriment toute leur personnalité. Adieu ces chaussettes dont l'élastique cisaille les mollets, fatal pour les artères. Que du confort, enfin de la liberté ! 

J'imagine déjà, les neurones excités, m'asseoir en tenue d'Eve à côté d'un beau gars, bâti comme Beckham avec qui je pourrai discuter à loisir, sans le quitter des yeux, l'avantage que l'on a de voyager ainsi, libre de toutes entraves ! Ou bien encore, coudoyant un papi fripé comme un sharpei mais doux comme un agneau trop heureux qu'il serait de lorgner à sa droite des chairs bien tendues sous une peau brillante. Et puis quel bonheur de fraterniser sans qu'aucun regard critique ne vienne chatouiller les seins de celle-ci ou les fesses de celle-là pourtant tous dévoilés à la convoitise qui, bizarrement, sans vêtements, se volatilise. Se retrouver ensemble dans une ambiance festive, parce que quand même on vit un moment historique, le cul posé sur des sièges de toile rugueuse où seront déposés sans distinction et de sexe et de classe, les miasmes des uns, les mycoses des autres et quelques acariens ou hôtes indésirables que l'on gratte illico sans pourtant récolter le gros lot au passage.

Je ne résiste pas à l'idée de déambuler dans l'allée centrale en tortillant mes fesses, et l'air de rien de ramasser mon mouchoir opportunément tombé aux pieds de cet homme là, celui dont les beaux yeux n'ont pas cessé depuis le début de me reluquer. Quelle meilleure occasion de se laisser charmer par un individu qui si bonnement me donne à voir ses appâts ou ceux qu'il n'a pas. Ici, pas de tricherie sur la marchandise. Au feu les balconnets rembourrés, Mesdames, les artifices vestimentaires. Au placard, Messieurs, les costards bien coupés qui mettent en valeur les biens gaulés et les bancals. 

La marchandise est à l'étal telle qu'elle est. On choisit comme on veut. Et si l'on s'y prend bien, on peut sûrement tâter la1033621748.jpg marchandise comme 
au supermarché, le camembert. Il faut bien sûr, pour cela, beaucoup de tact et de savoir faire. Mais pour peu que l'on soit avec les mains volubiles, rien n'empêche, l'air de ne pas y toucher, de palper justement. Et puis quelle chance de pouvoir discuter avec tous, sans que notre mise ou le sigle de notre vêtement permette à quiconque de mettre une étiquette sur qui nous sommes. Éradiquer les à priori sociaux, tous égaux ! Quelle que soit la couleur du pubis, nous sommes tous frères et sœurs et notre nudité nous fédère. Shampooineuse ou PDG, plombier ou secrétaire, peu importe, on est tous identiques seulement distingués par notre sexe.

Vraiment, plus je raisonne et plus je suis emballée ou devrais-je dire bientôt déballée ?

Je ne sais pas pour vous, mais moi le 5 juillet, je sais ce que je fais !

Quelques adresses pour les intéressées :

Nakedair
Clubnaturiste

 

mardi, 08 avril 2008

ELLE - Expérience mythique - p'tit bilan

1111934050.gifMa plongée dans le monde des rencontres virtuelles est une école du savoir inépuisable.

Je me régale. Je me suis découverte étudiante studieuse. Moi qui n'ai jamais dépassé 14/20 de moyenne générale, je récolterais ici, à n'en pas douter, du 19/20 sans forcer. Il faut dire que le sujet étudié, l'homme, est tout ce que j'aime. Ne l'ai-je pas tant loué ? Et j'en redemande.

J'avais confié ici sans rougir, mon inscription sur Meetic il y a deux ans bientôt, planche de salut qui m'empêcha de me noyer tout à fait. De femme en moi, à cette époque, il ne restait que la plus pauvre apparence. Le peu de courbes que j'avais avait fondu sous la chaleur cuisante du mépris de mon ex. Que n'ai-je breveté le régime par lui administré d'une efficacité redoutable pour perdre des kilos, même lorsqu'il ne le faut pas, car alors je n'aurais pas été amaigrie pour rien et mon compte en banque, lui, se serait gentiment dodufié ! Éclipsés Mayo, Montignac, Duran et compagnie...

Bref, depuis, je ne me suis jamais désinscrite, vous pensez, une inscription gratuite ça ne se perd pas ! Il faut dire aussi que mieux qu'une encyclopédie ne le ferait, Meetic me dispense un enseignement intense sur la connaissance des hommes. J'avoue que je ne suis plus qu'une observatrice passive, une scientifique à l'affût. Je ne chasse plus, mon carquois est remisé au placard avec celui de Cupidon. Mais je me laisse approchée comme un appât pour mieux les observer avec curiosité, avec bienveillance. Et je constate, amusée, qu'on peut les classer en catégories. Étonnamment, nul besoin d'une analyse de classes minutieuse ou de statistiques élaborées. Non, les catégories se dévoilent avec simplicité "déchiffre mon pseudo et je te dirai qui je suis". C'est fou ce que peut révéler le choix apparemment anodin d'un pseudo.

Il y a ceux qui ne prétendent à rien, qui ne se décarcassent surtout pas l'imagination, cela pourrait faire mal ! A la pelle des Toietmoi, des Moiettoi, et autres Nousdeux qui aurait été bien plus tentant en Douxnoeud mais bon, ce que j'en dis...  Il y en a qui maltraitent l'anglais ou autre langue, font des jeux de mots affligeants ou vendent ce qu'ils peuvent. Et nous voilà cernées de Languedevelour, Languexperte, Mainsensuelle, Bitesize_bomb, Braquemart, Lèvresucrée, 69viceversa etc. Les uns comme les autres sont rarement intéressants mais qui pourrait se laisser fasciner par le vide sidéral des Mickey, Casimir, Pollux et autre Popeye&olive ?

Il y a ceux qui sortent du lot par le fait qu'ils ont eu à cœur de détoner avec élégance. Enfin, mon idée de l'élégance, faussement érudite mais certainement pleine de double sens. J'ai nommé Corpusdelicti, Fugitempus, Semperfidelis, Quononascendet, qui ont des vieux relents latinistes tout à fait à mon goût, car il est connu que la roture se laisse impressioner par des faux airs d'érudition. Et ceux là se sont révélés des hommes de qualité, cultivés avec savoir-vivre et délicatesse, ce qui n'est pas légion ici où l'humour de caserne hélas, trop souvent, prévaut. Aucun amant parmi eux, mais des amis épistoliers sans doute ! Qui a dit que l'amitié homme-femme était impossible ?
 

Il y a la catégorie des inclassables, des néologisant dans l'esthétisme dont les pseudos sont à eux seuls un poème, un vœu, un reflet de leur sensibilité et de leur imagination ou plus simplement l'appropriation d'une idée cachée par ce nom qui en dit plus long que n'importe quelle dissertation. Sahoro, Nastella, Ultramar ... Ceux là ce sont toujours révélés riches, pleins d'humour, aimables. Je les hanterais volontiers si mon cœur condescendait enfin à répondre à leur invitation. Mais non ...

Et puis il a y la clique des pseudos issus d'une activité, réelle ou imaginée, qui donne le ton sur la capacité de conversation. Lecamionneurdeslilas aussi délicat que le cambouis sous ses ongles, Skieurdescimes rapide et impatient qui se montre sûr de lui mais doute de tout, même de l'amour qu'il n'a pas. Chercheurdeperledor bien trop jeune mais mut par la quête d'un idéal. Chasseurdelumière mais qui ne la trouve pas...

Il y a les rigolos, les paumé du net qui veulent une femme comme on adopte un Saint-bernard, qui veulent de la baise gratuite et n'ont pas la décence de faire semblant un instant. Ils annoncent la couleur sans ambages et n'ont rien à envier à San Antonio mais sans l'humour, hélas, qui pourrait parfois les sauver du fiasco. Il y a ceux qui s'ennuient dans la vie et s'inscrivent un court instant pour se donner l'illusion de respirer un parfum de femme inaccessible en passant. Il y a enfin les pré-pubères en mal d'apprentissage qui draguent le net en espérant trouver, planquées au fond de leur filet, de jolies sirènes expertes dans l'art d'aimer. Devenir pécheur est leur seule ambition mais aucuns appâts alléchants dans leur filet. Désolant...

Alors en attendant que Cupidon prenne enfin mon coeur pour cible, j'apprends, j'apprends !...

vendredi, 04 avril 2008

ELLE - Descente en Enfer

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J'avais prévu mon week-end rien que pour elle.

II y avait quelques semaines déjà qu'elle m'avait fait de l'œil dans le "ELLE" et sa proposition de m'emmener en enfer était irrésistible. Comment ne pas se laisser tenter par cette offre de descente dans des antres brûlants sans y griller sa peau, sans y perdre son âme. Et puis, cette expédition n'était-elle pas organisée par une entreprise dont le nom à lui seul était garant de qualité et le parfait prétexte pour nourrir mes turpitudes sous un sceau culturel indiscutable
"L'Enfer de la bibliothèque, Eros au secret".

Enfin révélés au monde des profanes, des interdits de l'Enfer, la collection la plus inavouable, 350 ouvrages parmi 2000 répertoriés.

Nous arrivons à la Bibliothèque Nationale qui offre à mes premiers regards son profil décevant. J'avais imaginé me retrouver sur une esplanade encadrée de livres ouverts offrant, sans distinction de classes, leur contenu érudit à la masse. Et bien non. De pauvres bâtiments rectilignes sans fantaisie servent de frontière à une place bétonnée livrée aux vents. Mon enthousiasme pourtant, galvanisé par ma curiosité, ne se laisse pas abattre et nous entrons dans ce temple où la débauche, pour une fois, occupe la place d'honneur. Des lumières tamisées, dignes d'un bordel, éclairent comme des reliques de multiples ouvrages éventrés sous des vitrines pour révéler à nos yeux ébahis leur audace érotique. Le rose prédomine. Il faut le croire maîtresse de l'alcôve et des choses de l'amour à l'instar de cette chair fendue si convoitée qui tourne la tête des hommes depuis la naissance du monde.

Un silence religieux règne dans la salle mais ce qui en impose ici ce n'est pas Dieu. Ou, si bien sûr, c'est le Dieu de l'amour qui rend le présent bien plus cérémonieux que les ors et la liturgie dans une cathédrale. Les sourcils sont froncées, les mines sont graves. La curiosité est discrète mais opiniâtre et aucune vitrine n’est délaissée par les visiteurs assoiffés de savoir. C'est fou ce que le cul passionne et provoque comme vocations d'étudiants studieux chez quiconque à le courage d'afficher en public son intérêt pour la chose.

Je perçois sur les visages une tension qui n'est pas due à l'intensité de la réflexion en cours. Non, imperceptiblement les mots lus, les images dévoilées, les photos exhibées pénètrent dans le cortex et une tension sexuelle monte aux visages, voile de luxure vainement caché sous des airs de concentration hypocrite.

Mon visage quant à lui resplendit j'en suis sûre. Un sourire esquissé ne quitte pas mes lèvres. L'étonnement m'habite et le désir aussi. Comment le renierai-je ? Mon ventre je le sens, s'émeut à ces lectures. Et ces visions volées d'amour dans tous les sens bouleversent les miens à m'en faire languir. Et je découvre toujours plus incrédule ce que le sexe et l'amour ont pu susciter comme création à toutes les époques et sur tous les continents.
Gravures arétines (XVIe) illustrant des amours mythiques n'ayant rien à envier au kamasoutra, estampes japonaises dénonçant un certain complexe de nos amis nippons partagés par bien de leurs congénères européens, photographies ou daguerréotypes, film noirs et blanc projetant les ébats de donzelles dans une fabrique, peintures, dessins de toutes sortes. Liste de prêtres pris en flagrant délit chez les filles publiques, almanach des adresses de demoiselles de Paris, tarif des filles du Palais Royal, etc... Toute la luxure du peuple étalée !

Mais la lecture est la forme artistique la plus représentée et jusqu'à la fin de la visite je ne cesserai de m'ébaubir devant tant de créativité. Le vulgaire le dispute au discret. La poésie lutte pied à pied pour ne pas perdre face à la grossière prose. Et j'avance comme un funambule ivre sur la corde tendue de mes émotions qui ne se cachent plus.

Pour les curieux, je ne peux résister à vous confier quelques expressions colorées issues du "Dictionnaire érotique moderne par un professeur de langue verte" (Alfred Delvau) :

- Affront (faire un) : Débander juste au moment où il faut bander plus roide - seule impertinence que les femmes ne pardonnent pas.
- Aller trop vite à l'offrande et faire choir le curé : Décharger au moment où l'on va baiser une femme que l'on a désirée trop longtemps, et débander immédiatement.
- Avoir toujours l'anneau ou la bague au doigt : Passer sa vie à branler les femmes, le con étant pris pour un anneau - depuis celui de la femme de Hans Carvel (sic).
- Politesse (faire une) : Décalotter son prépuce en bandant devant une femme, et le lui introduire dans le vagin pour lui prouver tout son respect - et la faire jouir par la même.

Enfin, comment ne pas clôturer cette note par ce poème incandescent et si vivant par le rythme imposé de ses mots qui miment à la perfection et la belle qui agit et l'objet qui subit. Merci Aragon. 

« L'a prise dans ses mains
La belle
L'a prise dans ses mains
La bite

L'a mise entre ses seins
La belle
L'a mise entre ses seins
La bite
 

Quand elle fut bien rouge
La bite
L'a plongée en sa bouche
La belle

L'a plongée en sa bouche
La bite
Et bouge bouge bouge
La belle
 

La belle et la bite
Habile habile habile
La bête, la grosse bête
La bite et la belle
 

Dit Bite ah bite habite
Moi vite
L'a montrée au bouton
La bite
 

L'a frottée au bouton
La belle
Elle rentre dans le con
La bite
 

La belle la belle la belle
Bite

 

jeudi, 03 avril 2008

ELLE - Désespoir ?

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Libérez-la de ses chaînes !


Venez avec une pince-monseigneur, avec une scie à métaux, un trombone à coulisses, on s'en fout ! Trancher dans le vif et tant pis si sa peau saigne de douleur. Arrachez ces bracelets de fer qui maintiennent étranglés ses poignets, qui empêche son sang de passer. Son cœur pompe à vide. Il s'épuise, ouvrez les vannes, libérez le flot. Passez aux chalumeaux cette cage de métal froid qui enferme son cœur pire qu'une Bastille imprenable. Profitez-en au passage pour griffer sa chair, qu'elle se réveille de sa stupeur.  Avec un flambeau éclairer le chemin qui mène à la vie. Mettez dans ses mains blessées une pelote de fil solide comme filin et guidez-la vers la sortie.


La belle est à bout. Plus envie de lutter. La belle s'en fout de demain si demain n'amène aucun vent frais, plein de pollen de vie. La belle s'en fout d'être encore jolie si ce n'est pour personne. La belle s'en fout de ses beaux mots qu'elle laisse traîner sur la toile comme les piètres témoignages de sa petite vie. La belle ne voit plus la lumière des couleurs et Dieu sait qu'elles flamboient pourtant ces derniers temps, avec le printemps verdoyant qui arrive. La brune ne veut plus rien. La belle n'a plus le goût à rien. Il lui semble que son corps même se ligue contre elle et exprime tout ce qu'elle tait. Son corps se rebelle et lui dit d'écouter les maux qu'il lui crie pour qu'enfin elle comprenne. Mais la belle n'entend plus, elle à boucher tous les huis. Bientôt la belle va étouffer...

Vous êtes tous bienvenus. Elle ne sera pas regardante sur les moyens, vu que la fin les justifie tous. 

Ferblantier, forgeron, plombier, couturier ou lanceur de couteau, tout sera bon pour trancher...

 

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