« ELLE - L'extase haut perchée | Page d'accueil | ELLE - Envie de chambre obscure »

dimanche, 11 mai 2008

ELLE - L'Ascension à pédales

558215981.jpgJ'écoutais d'une oreille inattentive le journal de 20H00. 

Je n'avais pas choisi la chaine et par hasard, PPDA avec ses cheveux entrenus comme une pépinière d'essences en voie de disparition, égrénait des nouvelles plus ou moins affligeantes ou réjouissances. Le journal arrivait à sa fin. Soudain, le titre du reportage retint mon attention, vous savez, le phénomène bien connu du "je n'écoute pas et pourtant j'entends tout..." PPDA annonçait un sourire goguenard aux lèvres qu'il ne pouvait réprimer le "9ème championnat de France de Cyclisme du clergé" qui avait lieu aujourd'hui 8 mai dans la région du Havre. Il commentait en savourant chaque mot comme s'il était un bon mot, un mot d'esprit comme il prétend en avoir. "...Et pour l'événement, pas de soutane, qui d'ailleurs ne se porte plus beaucoup de nos jours. Non, des prêtres en short moulant !" (ici).
On sentait bien à sa diction qu'il se régalait de nous proposer un tel spectacle, anticipant avec délectation la lutte que les hommes de Dieu allaient devoir mener, à commençer par le port de cet accoutrement indécent.

Et le reportage commence. Rien de bien différent du Tour de France si ce n'est le recueillement évident de ceux qui pour Dieu vont entamer cette course. Clin d'œil humoristique de l'Evêque de Lilles qui ajoute dans son sermon "... que la progression ensemble vers le ciel se conjugue très bien avec l'ascension d'un col de première catégorie..." Comme quoi, certains membres du Clergé ont vraiment de l'esprit, eux, sans intervention du Saint. Ou avec, allez savoir avec ces gens là. Ils ont à leur côté des complices omnipotents et discrets.

La séquence ne dure que quelques minutes. Les interviews à l'arrivée sont pleines d'humour aussi et tel curé de dire que les anges le poussaient car il y avait du vent partout mais qu'ils étaient parfois contraires. Au fait, les anges ont-ils le sens de l'orientation ? Tel autre qui avait invoqué dieu au départ, l'évoquait maintenant plein de reconnaissance. Tous, ils ont trouvé leur voie qu'ils parcourent à coup de pédale car les voies qui mènent au Seigneur sont variées, impénétrables parfois même pour ceux de la pédale. Et leurs voix se tournent à tout moment vers Dieu pour le remercier. Le remercier de les avoir appelés car il parait qu'il les appelle, c'est comme ça. Le remercier de les avoir soutenus et de les soutenir encore. Les mines sont radieuses comme un soleil d'été avec cette lumière en plus, irréelle, divine ? Celle de celui qui croit ?

Et je me prends à les envier, hommes si humains et pourtant si au-dessus de moi. Ils portent le short de cyclisme de compétition et même si leur physique dévoile à nos yeux de profanes l'homme en eux avec tout ses attributs, beau parfois, ils restent inaccessibles, transformés par leur foi. Impossible de les contempler comme des hommes. Indécence, à fustiger immédiatement, de noter au passage un rien admirative, les proportions athlétiques de l'un, le visage attrayant de l'autre. Race à part, même s'il parait que les races n'existent pas. Ascètes volontaires dans un monde de sexe étalé, galvaudé, écœurant. Ni ange, ni démon, mais les deux à la fois. Etres hybrides qui renient les élans de leur nature et qui la vénèrent pourtant comme une création divine ! Paradoxe humain au ciel. Mélange de contradictions en suspension comme une émulsion dont les éléments ne se scinderont plus jamais pour retrouver leur intégrité originelle.

Mes doutes de mécréante reviennent au rythme effréné de la petite reine qu'ils montent, en danseuse mais mâles pourtant, fesses musclées en l'air. La vie ne serait-elle pas plus facile accompagnée de cette foi inébranlable qu'ils ont ? Si seulement je croyais, mes doutes ne disparaitraient-ils pas au profit d'une confiance inaltérable que tout est pour le mieux et que, nouveau Candide, je dois tout accepter les yeux fervents et le sourire béat aux lèvres puisque c'est la volonté de Dieu. Car finalement, à tout accepter, le bon comme le mauvais, ces hommes là ne font-ils pas comme le héros de Voltaire qui se persuade que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes ?

Aucun sarcasme dans mes pensées troublées. Juste des relents de doute. Car depuis toujours j'ai hébergé en moi des idées contradictoires que je n'ai jamais pu réconcilier. Et de foi, point. Juste la croyance en un syncrétisme Gicerillien, mélange de croyances païennes et de christianisme mijoté qui me permet de rester debout quand tout se dérobe sous moi. Rationalisation outrancière pour expliquer de manière rationnelle ce qui ne l'est pas. Trouver des signes qui ne sont pas de croix. Survivre aux chaos dans lesquels je plonge trop souvent et m'accrocher à des idioties comme à autant de planche de vérité pour ne pas couler. Tout mais ne pas croire en Dieu car Dieu n'existe pas. Dieu est une création de l'esprit humain, d'un machiavel avant l'heure qui a élaboré tout cela pour civiliser des peuples entiers, par la peur domptés. Peur de la sentence de dieu. Peur de l'enfer. Promesse du paradis. Contes pour enfants naïfs ou bien vérité accessible qu'aux seuls initiés ?

Je m'interroge. Pourtant, quand j'entends ma meilleure amie me parler de Jésus comme de son bel amant. Quand je vois la force de ceux qui croient vraiment, authentiquement, innocemment au Père, au Fils et au Saint Esprit, je me prends à les envier. Je voudrais à mon tour être caressée par la grâce et croire enfin. Croire pour ne plus penser. Croire pour oublier que je suis actrice de ma vie, et que Dieu n'y a aucune part. Croire pour me plaindre à lui et le tancer quand cela ne va pas pour ne plus me maltraiter moi. Me soulager enfin de mes responsabilités et lui demander raison à lui, en duel, dans son église ou sur mon terrain choisi.


Au-delà du cynisme qui tente de s'immiscer en moi, moi athée de toujours, je me laisse aller à penser qu'il serait doux de croire en Lui. Lui, qui ne se montre pas et pour qui tant d'humains trucident, déciment, génocident. Lui, qui laisse faire en son nom tant d'exactions. Lui, qui n'est qu'amour et qui s'occuperait personnellement de mon cas. Mais la foi ne se convoque pas. Aucun injonction ne la fait s'inoculer dans notre être comme un saint virus pour ne plus le quitter. C'est une rebelle qui exige la docilité que je n'ai pas.

Alors sans foi j'errai, mais pas sans lois, c'est déjà ça !

* * *

Nota bene pour les croyants qui se seraient égarés ici : pardonnez les mauvais jeux de mots et calembours à trois balles, mais je n'ai pas pu résister... Mais croyez bien que je respecte ceux qui croient et les envie vraiment parfois !

 

Trackbacks

Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://gicerilla.hautetfort.com/trackback/1609040

Commentaires

Je ne pense pas qu'un vrai croyant s'offusquera d'une telle note au contraire. Le nota bene ne sera indispensable qu'aux croyants de peu de foi ...

Mon Ami Buzz est un croyant sincère et profond. L'un des premiers, en ayant déjà bien cheminé sur les sentiers de la vie, avec qui qui le mécréant que je suis éprouve un plaisir toujours renouvelé de dialogue.

Je perçois le besoin de foi comme un manque de maturité cérébrale. Mais dans le même temps, je parviens à concevoir que l'être de foi perçoive, lui, l'incroyance comme une incapacité de même nature ...

Cela dit, je reste sur ma position de rejet d'un quelconque divin, quand bien même moultes questions de l'existence restent sans réponses bien probantes, à commencer par celle de l'univers ...

Quant aux gens de peu, tel les PPDA, il n'est que très peu à en dire, ils sont à l'image de l'insondable néant ... ;-))

Ecrit par : Quidam LAMBDA | dimanche, 11 mai 2008

Alors là, voir le curé du dernier mariage auquel j'ai assisté en tenue de cycliste, je vais jusqu'au Havre, s'il le faut....

J'admire les gens qui ont cette foi inébranlable, cette fois en un Dieu, en ses semblables... mais je n'en suis pas capable... Oui, ça doit être réconfortant de trouver un soutien dans la foi lorsqu'on est plongé dans la douleur d'un décès, par exemple... Mais j'ai du mal...

Ecrit par : Mamancelib | dimanche, 11 mai 2008

Je connais des hommes d'église, et leur croyance est émaillée de doutes. Que serait la foi sans le doute sinon de la bêtise bornée ?
Je suis athée, et pourtant je crois que les dieux existent, pas pour moi, mais dans l'esprit des croyants.
On peut nier les dieux, mais on ne peut pas nier la croyance.
Je connais même un curé qui a une femme cachée, et des enfants, et qui milite contre le célibat - pour autant que le militantisme soit possible. Lors de la célébration du mariage de mon cousin par alliance avec Jésus, il était la seule robe à rester au niveau des simples mortels, il a refusé discrètement de monter la marche.
Cet homme a pourtant une foi terrible, peuplée de doutes, une vie de dévotion aux autres, à soutenir les autres dans la vie, la mort, la maladie, des filles violées qui ont joui ou portent un enfant. Et son vécu c'est sûr l'aide à faire des miracles de sympathie. Je suis persuadé qu'il a déjà sauvé plusieurs vies.

J'ai peu de temps de matin, j'ai lu vite et je dois filer, mais je reviendrai Gicerilla, pour vous relire dans les moindres détails ... Et je n'oublie pas votre rédemption en ce Dimanche :)

Ecrit par : ppm | dimanche, 11 mai 2008

G., commence déjà par croire en moi ! Je sais qu'il s'agit d'un très long chemin de croix !, Mais je te jure que cela en vaut la peine ! ;)

Ecrit par : Gilgamesh | dimanche, 11 mai 2008

Les grands (saints esprits) se rencontrent, je me suis toujours posé la question de savoir qui avait été le premier à nous faire "croire" ?
Moi c'est l'approche historique de la religion qui m'intéresse, et je serais beaucoup plus croyant (je pense) si j'apprenais que Jésus avait été un grand penseur ou philosophe de son temps. Ne pas toucher au sacré saint dogme et pourtant...

Merci pour ce post intéressant. @ +++

Ecrit par : Pierre-Jean | dimanche, 11 mai 2008

Comme la grenouille, je croas au temps qui passe, aux tongs/talons, aux cravates qui caressent une peau trop douce et aux salades niçoises, sans compter tt le reste, c'est dire, n'est-il pas ? Tiens, j'm'en va me r'mettre au bicycle de ce rude pas, mes cuisses (de grenouille de bénitier ?) me diront merci. Faut savoir rester alerte et svelte... Y'a tant de messages subliminaux de nos jours, non ?
Promis, je fais carême jusqu'au prochain We...
amène
baisers
dom

Ecrit par : dom | dimanche, 11 mai 2008

Le questionnement est intéressant et je n'ai pas de réponse toute faite sur le sujet. Je le creuse justement ... le sujet !
Depuis que l'homme a été doté d'une conscience qui l'a définitivement dissocié du reste du monde animal, il lui est apparu une chose effroyable, c'est qu'au bout de son chemin, il y a une mort certaine.
Dieu est probablement ce qui a permis à cet homme de mieux appréhender cette idée, depuis des millions d'années ...
Bises Gi.

Ecrit par : Philo | dimanche, 11 mai 2008

Comme disait Céline - je cite de mémoire- "Dieu et moi on ne s'intéresse pas aux mêmes choses..."
Moi ce qui m'intéresse c'est de dessiner ; et c'est vous que j'ai dessiné aujourd'hui. Le dessin est dans le tiroir du bas. J'espère qu'il y en aura d'autres.

Ecrit par : imago | lundi, 12 mai 2008

"Croire pour ne plus penser"... Non, non, NON !
Reprenez-vous d'urgence, s'il vous plaît chère amie !

A ne plus faire que croire vous nous priveriez du meilleur de vous : vos tourments existentiels qui font notre bonheur !
Errez, plutôt. Et relatez-nous ces chemins incertains qui sont aussi les nôtres. Y avancer en votre compagnie est si délicieux :)

Bonne journée :)

Ecrit par : martin | lundi, 12 mai 2008

Bel échange d'idées. C'est le hasard qui me fait intervenir sur ce "post" ci plutôt qu'un autre. Aussi me garderai-je d'intervenir sur le fond... si ce n'est pour signaler qu'à ma connaissance il n'y a pas beaucoup de côtes dans la région du havre, ni par conséquent de cols !... Plus sérieusement voilà une belle illustration de l'info que Tele-Sarko a à nous offrir. Tout de même comme chacun a plus ou moins donné son positionnement par rapport à la foi je ne puis me défiler et me reconnaîtrait donc volontiers dans ce que disait Céline - je cite de mémoire- "Dieu et moi on ne s'intéresse pas aux mêmes choses..."
Moi ce qui m'intéresse c'est de dessiner ; et c'est vous que j'ai dessiné aujourd'hui. C'est la raison de ma visite. Vous trouverez le dessin, en haut de la pile, dans le tiroir du bas. J'espère qu'il y en aura d'autres.

Ecrit par : imago | lundi, 12 mai 2008

Croire, c'est un bel espoir, croire en tout, en des idées, des envies, des promesses, des paroles, des sentiments, c'est peut être pas tant Dieu, que l'idée de pouvoir être enfin en mesure de croire sans commune mesure, par conviction profonde et sans explications. Je ne sais plus trop si c'était le sujet, mais encore une note, que j'ai adoré, tout comme l'idée que vous étiez avec moi, hier et que j'ose même avouer un instant m'être dit, "il y aura peut être une suprise, elle sera peut être là". Vous voyez vous étiez là, comme souvent, et je vous embrasse.

Ecrit par : Bougrenette | lundi, 12 mai 2008

Ben tout de même, vous n'évoquez pas la "pensée magique"...
Le plus bigleux des paléontologues impies, raillant les dieux au milieu des os (pas les os de dieux, hein !) à aussi ses petits rituels, ses bribes de manies irrationnelles mais qui procurent tant de réconfort par la compulsion qu’ils apaisent.
On croit tous en plein de choses, et il semblerait bien qu’homo sapiens en éprouve le besoin. Il est cependant vrai qu’une religion bien structurée, ça peut faire office de formule « clef en mains », ce qui s’avère drôlement commode, au fond….

Quand j’étais mômes j’étais très croyant et cela comportait de nombreux avantages, comme celui de se sentir rassuré, de donner du sens à la vie (comme on dit), d’être moins triste face à la mort, de savoir que de toutes façons y’a quelqu’un qui vous aime quoiqu’il advienne (en plus il est éternel, alors…), etc.
Depuis que je n’y crois plus, ben c’est franchement moins de la tarte, l’existence !
Mais j’en ai gardé des trucs sur le plan de la morale, des idées selon lesquelles c’est gratifiant de faire du bien aux autres, le respect des êtres vivants (sauf des humain, bien sûr, sales bêtes !), l’examen de conscience (ça a l’air con, comme ça, mais il y a l’idée d’esprit critique dedans), la notion de sacré, celle d’humilité (si si j’vous jure, on dirait pas pourtant, hein !), le culte de la Sainte Inquisition, le goût des croisades sanglantes… euh, là je m’égare.
Bref, tout ça pour dire que je suis assez d’accord avec vous, être croyant apporte sa dose de soulagement (un peu comme l’opium, y’a des qui s’en étaient déjà aperçu).
Cela dit, même en étant giga vachement cartésien, on doit admettre que plein de zétranges phénomènes nous échappent encore, tels ces gens à deux doigts de claquer qui se voient d’en haut et vont faire un balade vers un endroit qui a l’air foutrement cool… Sans en déduire quoique se soit, les bons côtés de nos imaginations sont irrésistiblement portés à y discerner quelque chose de réconfortant…

Un bisou

Ecrit par : Alex | lundi, 12 mai 2008

Le fait que des choses nous échappent, Alex, n'implique pas une déité.

La puissance de calcul et de traitement de notre cerveaux suffit à expliquer sa gestion de l'approche de la mort. Quant à la communauté des descriptions, et bien le fait est que nous partageons les mêmes plans de fabrication ...

L'infini est une aberration pour un cerveau qui a un début et une fin, l'instant présent, comme référence temporelle. Un avant l'univers et un après l'univers sont des concepts étranger à notre fonctionnement cérébral. Dieu en est une explication facile, simpliste. mais à bien y regarder, pas plus satisfaisante pour l'intellect.

Le repos de l'âme qu'il procure à certain, n'est pas loin d'une soumission que quelques autres se sont empressé d'exploiter, pour leur propre compte. Rien que pour ce dernier point, je honnis les religions ...

Ecrit par : Quidam LAMBDA | lundi, 12 mai 2008

> Quidam Lambda : J'ai pas voulu dire que certains témoignages sur un état proche de la mort impliquaient un ou des dieux, et j'ai bien causé d'imagination en opposition à des déductions hâtives.

Que cela soit clair : Dieu je n'y crois plus, ni à toute autre forme d'inteligence machin-chose qui régirait l'univers. En outre l'ancien étudiant en athropologie que je fus se retournerait dans sa chambre de bonne s'il me voyait soutenir désormais les âneries de l'Intelligent design.
Mais juste l'idée que le fait de rendre l'âme puisse se passer de façon peace and love (endogène ou pas), déjà ça je trouve que c'est réconfortant à imaginer, d'où l'envie de croire à la véracité de ces témoiganges

Ecrit par : Alex | lundi, 12 mai 2008

Bien l'bonjour vous !

Moi qui suis un "défroqué", j'aurais bien des choses à vous répondre mon enfant ! Mais vous pourriez croire que tout défroqué que je suis, je n'en suis pas moins resté pervers.

Ecrit par : 502 | lundi, 12 mai 2008

Pour paraphraser Kant sur la Loi, je dirais « vaut mieux une mauvaise foi que pas de foi du tout ! ». Encore que ce qui compte c’est de l’amour que chacun consent à forger. La foi en l’amour, celle qui ne renie pas soi tout en laissant place aux autres qui ne sont pas nous malgré que nous en sommes aussi. Le seul authentique cynisme c’est de se réfuter soi et de croire en rien.

Ecrit par : B | mardi, 13 mai 2008

Kant, Céline ... fichtre.

Etre ou ne pas... Etre croyant ou/et philosophe ? La philosophie est le salut sans Dieu. Le salut est quand on atteint le sommet de la côte qu'il a fallu grimper à force de mollets. Demandez donc aux pieux cyclistes le prix d'une telle abnégation.
Je récapitule : l'homme a créé la religion, l'homme a créé la roue, puis la bicyclette ...

Mais Dieu a créé la femme et la nature a fait le reste ...

et la femme s'interroge sur le sens de tout cela.

Cuistre de Jupiter.

Sur le fond ... plein accord avec B ... à condition de ne pas confondre foi ou croyance avec crédulité, à condition de ne pas rester aveugles sur les pseudo-religions actuelles qui ne disent pas leur nom mais qui s'imposent chez certain comme un dogme aussi puissant, je veux parler par exemple du scientisme (tout n'est qu'une question de technique ou de technologie) et du capitalisme (les tables de la loi du marché sans qui ce monde ne tournerait bien évidemment pas). L'un ou l'autre sans le questionnement ou le doute aboutissent à un extrémisme aussi puissant que celui des religions officiellement reconnues. Et pourtant, l'homme a ce besoin de croire, absolument.

Je conseille aux curieux la lecture d'un écrivain-journaliste qui ne fait décidément pas son boulot comme les autres : Jean-Claude Guillebaud. Eclairant.

http://www.gclg.be/admin/uploads/bios/bio-biblioGuillebaud.pdf
http://www.evene.fr/celebre/biographie/jean-claude-guillebaud-12438.php

En tout état de cause, Gi, tes doutes ou tes questionnements sont plus porteurs de croyance que l'assurance aveugle de certains prosélytes. Merci pour ce que tu es et ce que tu nous fait partager ici.

Ecrit par : celadon | mardi, 13 mai 2008

Plus que de croire l’homme a besoin de garanties. Nous vivons une époque où tout se garantie. Assurances merveilles aux alouettes indécentes. Si nous pouvions nous garantir d’une vérité, sans doute AXA ou Groupama Assurances, nous garantiraient sans scrupules. Nous sommes dans un monde d’images où la parole s’immisce…je le jures, t’as ma parole ! RIRE.
Néanmoins le pire consiste essentiellement à demeurer aveugle de soi. Je veux bien croire à l’incroyable s’il me délecte. A mon sens croire est un sursis, rien d’autre.
Mon ventre est une crypte emplie de vir, des ombres tapies au plus profond de moi-même, que les hasards et les coïncidences m'ont permis de visiter, de nettoyer, de blanchir, de purifier...et chaque fois qu’il est redevenu « propre », c’est pour se resalir de nouveaux ingrédients…

Ecrit par : B | mardi, 13 mai 2008

Il suffit que j'ai le dos tourne un instant pour que vous me rejouissiez, tous autant que vous etes, avec votre humour a trois balles ou au contraire avec vos subtilites erudites, vos interjections passionnees, vos commentaires sans pretentions.
Je suis loin de vous, je suis sous un soleil de 45 degres et grace a Internet je reste a vous connectee. Je suis par vous un peu droguee je l'avoue ! Je ne vais pas repondre a chacun, bien que j'ai envie pour certain de dire des aneries et pour d'autres simplement reconnaitre que je ne suis pas un interlocuteur a la hauteur. Non, je vous reponds collectivement car de lire la peine que vous vous donnez, tous, a intervenir sur mon texte modeste (mais fondamentalement pas sans interet, hein ?) et a vous interpelez me fait un plaisir infini ! Je ne suis pas de celle qui abuse de superlatifs donc "infini" est sciemment choisi et pense. Il y a longtemps sur ce blog, la reveuse que je suis avait fait le voeux qu'ici l'on se cause et voila que vous vous causez ! J'aime vos betises, vos impertinences, vos reflexions intelligentes et le partage que vous en faites. Restez comme vous etes et surtout continuez a faire savoir votre pensee quand une de mes notes vous donne envie de le faire. Vous me rejouissez, je le repete. Merci...

PS : non, je ne fais pas de fautes mais le clavier n'a pas d'accents :-)

Ecrit par : gicerilla | mardi, 13 mai 2008

Je revenais comme promis pour ajouter quelques bêtises, faire diversion, une pirouette pour supplanter ce cynisme qui fort heureusement n'a pas pu vous pénétrer :) et puis non, je reste sérieux.

La foi qui ne doute pas, dans la béatitude procurée par la prière intensive qui génère des endorphines plus fortes que le shoot, ne m'intéresse pas. On peut obtenir le même état en répétant "aré crichna" : sur ce point une religion est une secte qui a réussi.
La foi qui doute m'intéresse, et me permet de dire que je suis "sur le chemin de la foi", pas à taquet, plutôt à 0%, mais quand même. Cette foi qui doute, tout le monde peut se l'approprier, elle permet aussi d'expliquer les mystères de la croyance qui se tarit ou qui touche. Je connais un homme d'église qui doute, et qui pourtant a une foi qui transporte des montagnes. Cette énergie ne lui vient certes pas de la défonce à la béatitude. Parfois je l'envie moi aussi, de trouver toute cette énergie, pour faire tant de choses "bien". Mais j'ai une certitude encore plus forte que le doute : l'enfer est pavé de bonnes intentions.

Mais ce que je crois vraiment, c'est que l'amour est le sens de la vie, plus que d'y croire.

Ecrit par : ppm | mardi, 13 mai 2008

Loin de nous, surtout profitez en, pour nous ;-)

Ecrit par : Bougrenette | mercredi, 14 mai 2008

A B croire nécessaire pour un être un bon homme ou bon cycliste grimpeur mais croire sans garantie car d'après un collègue de travail le manque de garanties rend plus vertueux et à bien réfléchir je ne peux qu'en faire le constat triste et cruel.

Ecrit par : sandra | mercredi, 14 mai 2008

La pire des erreurs, c'est de croire en l'Au-delà en détournant les yeux de l'homme et de sa fragilité. Et pourtant, la pire des guerres sera celle qui trouvera sa cause dans cette erreur-là. C'est écrit...

L'Evangile n'est pas une métaphore pour apaiser ou consoler le croyant. C'est avant tout une histoire très humaine qui enseigne des valeurs profondes essentielles tant que nous serons soumis à notre condition humaine temporelle. Il ne faut pas croire ou être croyant pour l'apprécier.

Le Galiléen a donné sa vie d'homme croyant que son père l'avait abandonné. Il ne puisait guère sa force dans l'au-delà pour affronter ses doutes. Il la puisait dans cet Amour infini pour tous ceux qui l'entouraient, qu'ils aient été ses boureaux ou ses amis.

Que des intérêts séculaires, la soif du pouvoir et du contrôle social aient dénaturé à travers l'histoire la profondeur de ce message, il y a de quoi s'interroger à juste titre.

Mais, comme le disaient Gandhi et le Dalai Lama, même s'interroger ne peut se faire qu'en observant la Paix et en respectant les croyances d'autrui.

(Je ne crois pas en "Dieu" et je suis de formation plutôt scientifique).

Merci Gicerilla pour ce billet. Vous ne cessez de nous étonner. Profitez bien de ces 45°

Ecrit par : Un mot passant | mercredi, 14 mai 2008

Je ne vais pas faire de favoritisme mais comme certains se sont exprimés après mes remerciements il convient de leur répondre :

@ PPM : J'adhère à ce que vous dites, car vous le dites avec des mots qui ne seraient pas très éloignés des miens et surtout je fais mienne votre conclusion en ces termes : "...Mais ce que je crois vraiment, c'est que l'amour est le sens de la vie..." et quand il me manque je me surprends souvent à me demander si tout ça a un sens effectivement ?!!

@ Sandra : nouvelle ici, non ? Oui faire écho aux mots de B. Croire sans garantie ce que peu font, sauf ceux mus par une véritable foi, car la plupart ne pensent-ils pas finir au paradis, récompense escomptée de leur vie sur terre ?

@ Mot passant : Comme toujours, vous qui passez de loin, vous visez juste en ce qui me concerne, et là aussi j'ai envie de dire d'accord avec cette affirmation que l'homme Jésus a puisé sa force dans l'Amour, amour universel, et non pas dans l'au-delà. En tout cas ce sont ce que racontent les écritures et là il y a sujet à débat lorsque l'on sait les hiatus chronologiques qu'il y a dans les rapports qui ont été faits à l'époque et surtout lorsque l'on sait que de l'Hébreux on est passé au Grec puis au Latin ! Cela dit, il me plait de croire que c'est par amour de l'humanité qu'il a subit son calvaire...
Et tant mieux si à chaque fois que vous passez ici, vous ne vous sentez pas indifférent à ce qui se dit là !

@ Imago : je viens de visiter le "Tiroir du bas" ! Je suis toute chose ! Merci de vous être intéressé à moi ... Et mon ego de me sussurer "envoie lui des épreuves, qu'il marque pour l'éternité tes courbes sur le papier, pour quand tu seras vieille et toute fripée, pour quand tu n'auras plus que ces dessins comme souvenir de ce que tu fus, même si tu fus peu... !"
MERCI vraiment.
Et l'original dites, Imago, zallez en faire quoi ?

Ecrit par : Gicerilla | jeudi, 15 mai 2008

Ecrire un commentaire