15 juillet 2008
ELLE - Eloge de la non-motivation
Qu'est-ce donc que le luxe ?
Voilà bien une question à se poser vraiment en ces temps de perte de pouvoir d'achat ! Alors qu'il y a la faim dans le monde, le réchauffement de la planète, la disparition des crapauds furonculeux de la forêt guyannaise, la seule question qui m'importe c'est celle-là. Traduction de la profondeur infinie de mon esprit qui, intuitivement, sait identifier les questions vraies pour tenter d'y répondre sans se laisser distraire par d'autres, fort en vogue, mais secondaires finalement.
Celle-ci m'est venue à l'occasion de la lecture d'un article publié dans le magazine Beaux Arts de mai 2008.
Si je me contente de la définition de l'encyclopédie, même s'il faut admettre qu'aucun contentement n'en nait, j'en conclus que le luxe est le fait d'être dispendieux et superflu : [Luxe : "mode de vie caractérisé par de grandes dépenses pour faire montre d'élégance et de raffinement" s'applique en particulier au caractère d'une chose coûteuse et raffinée (1661) souvent dans le syntagme de luxe(mil. XVIIIe s : d'Argenson, 1757) et, par métonymie, à un objet à un plaisir coûteux et superflu (1797)...].
Pourtant, au fil du temps, l'objet caractérisé de luxe a évolué, modelé par une autre notion, la rareté. Et tout autre objet qu'il soit matériel ou immatériel, s'est vu octroyé par son manque patent le statut convoité de "luxe". Pour certains, ce sera le temps. Pour d'autres, le repos ou une oisiveté conspuée comme mère de tous les vices mais qui, si elle n'est pas l'ennui peut-être pourvoyeuse de vertus. La vertu de l'inaction face à la trépidence ou la vertu de la non-productivité comme un luxe dans notre société productiviste. La vertu de vivre le moment présent dans une heureuse contemplation de la vie prônée par Platon pour nous élever au-dessus des contingences matérielles et accéder enfin à la connaissance suprême.
Et si, plus simplement, le luxe absolu était la possibilité de dire avec dédain, humour ou dérision à tous les acteurs de notre système économique qui n'est plus capable d'offrir à chacun un travail pour vivre dignement "Je n'ai pas besoin de vous et de vos mensonges enrobés de sémantique avantageuse. De vous, qui nous vendez du rêve hypocrite de technicien de surface et d'hôtesse de caisse et qui tentez vainement d'élever à l'étage supérieur d'une pseudo-pyramide sociale sacralisée, des postes dont on sait qu'en bas de ladite pyramide ils sont et resteront. De vous qui essayez d'anoblir par du vocabulaire dévoyé des emplois de la plèbe qui, s'ils sont de par leur nature nécessaires, n'élèvent pourtant pas celui qui l'exerce."
Sophie Calle a érigé au rang d'art sa lettre de rupture et Julien Prévieux, quant à lui, a élevé au même rang ses lettres de non-motivation.
“... [Il] répond sans relâche aux offres d'emploi parues dans la presse ou proposées par l'ANPE. Avec beaucoup d'application, il décline l'une après l'autre les offres, expliquant aux entreprises que l'emploi proposé... ne l'intéresse pas. Faisant comme si ces annonces lui étaient personnellement adressées, il expose avec véhémence les raisons de son absence de motivation : rémunération indécente, mauvaise réputation de la boîte, poste trop éloigné, slogan inepte ou mise en page foireuse de l'annonce. Chaque lettre est prétexte à un exercice de style différent, l'artiste endossant une multitude de rôles (de l'illettré à l'érudit, du paranoïaque au surbooké, du Bartleby au pilote de ligne préférant «la voltige à haut risque aux métiers pantouflards») pour multiplier les arguments de son refus, révélant dans une veine tragi-comique l'absurdité de ce rituel... "
Quelle jubilation de lire ces lettres et celle qui suit particulièrement tant elle est rendue savoureuse et par son sujet et par la réponse apportée qui prouve encore une fois s'il était besoin, qu'à très peu d'occasions l'humain est pris en compte par les Ressources Humaines.
Jugez-en par vous même :
BENEDICTA
1 Chef de Secteur h/f
- Région Parisienne
- province 41 - 45
Rattaché au Directeur Régional vous développez nos marques par votre action de négociation. Vous veillez à la qualité d'implantation des produits en optimisant les moyens merchandising, marketing et budgétaires mis en place. 25/35 ans vous avez un BAC+2 ou équivalent...
La lettre :
Madame, Monsieur,
Je vous écris suite à votre proposition de poste de chef de secteur parue dans le journal "Le marché du travail". Je dispose d'une solide formation commerciale, d'un tempérament enthousiaste et d'un goût immodéré pour la junk-food.
Depuis 5 ans, je me nourris exclusivement de sauce béarnaise, de sauce hot-pepper, de sauce pommes frites, de sauce américaine, d'aïoli, de sauce pour nem, de sauce bourguignonne et de sauce madère. Dans une recherche d'efficacité maximum, j'ingurgite les pots le plus rapidement possible. Fort de cette expérience, j'ai largement dépassé le poids limite qu'on peut se permettre si l'on veut pouvoir se déplacer.
C'est pourquoi j'estime avoir toutes les qualités requises pour devenir chef de secteur. Malheureusement, votre proposition de poste se situe en région parisien et je ne m'éloigne jamais du supermarché Franprix de la rue des Amandiers.
Par conséquent, je me vois, bien malgré moi, dans l'obligation de refuser votre offre. Dans l'attente de votre réponse (...)
La réponse :
Madame, Monsieur,
Nous avons bien reçu votre candidature à notre offre d'emploi de début septembre et vous en remercions.
Malheureusement nous sommes au regret de ne pouvoir vous répondre favorablement. Néanmoins, si vous nous y autorisez, nous conservons votre dossier et ne manquerons pas de faire appel à vous si d'aventure un poste correspondant à votre profil venait à se libérer (...)
Et une envie espiègle avec les tâches de rousseur de l'enfance vient me susurrer à l'oreille "Allez, fais toi-même l'expérience et démasque de ta plume (c'est fin, non ?) tous ceux qui tentent de nous faire prendre des vessies pour des lanternes (ça, ce n'est pas fin, c'est fort !). Décerne lors d'un palmarès inversé la palme du "foutage de gueule" le plus flagrant au département Ressources Humaines le plus mal nommé..."
Oui, voilà qui est tentant mais cela ferait redite et je me targue d'originalité. Et puis, je le confesse ici, une forme de pudeur quasi superstitieuse me retient alors que Desproges arrive en renfort pour me rappeler "on peut rire de tout ..."
Très bien, alors rions !
05:56 Ecrit par Gicerilla dans Critiques | Lien permanent | Commentaires (15) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : beaux arts, emplois, offres, chômage, ressources humaines, julien prévieux

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Commentaires
Un billet que j'accueille avec le sourire sans toutefois me priver de quelques réflexions "provocatrices":
- l'éloge de la dé-motivation me paraît un luxe, càd celui d'avoir du temps à perdre;
- Qu'une chaine de fastfood recrute en se payant dans la foulée un coup de pub', pourquoi pas? Y répondre par une lettre de (dé-)motivation, n'est-ce pas en partie "une baffe dans la gueule" de ceux qui travaillent pour cette chaine? Je trouve la réponse du dpt RH adéquate. Elle n'a pas de temps à gaspiller;
-Ma fille de seize ans fait un job d'étudiant comme serveuse dans un fastfood. Elle en est toute fière. Et moi je l'admire. Pourquoi donc snober des jobs qui permettent à des personnes sans véritables qualifications d'être fiers et d'éprouver du plaisir à gagner quelques sous?
-il y a un remède contre la perte de pouvoir d'achat: réduire ses dépenses dans le superflu (et la planète vous en sera reconnaissante).
Et pour terminer tout cela, le seul vrai luxe, je le définis comme suit: "Le pouvoir de choisir librement sans devoir compter".
Bises, Chère Gicerilla.
Ecrit par : Un mot passant | 16 juillet 2008
On peut rire de tout mais pas avec n'importe qui, disait notre ami :)
Moi bovin opiniâtre de votre théâtre, potentiel DRH d'une industrie sans conscience, je me révolte de voir le peu d'âme dont vous nous habillez. Ce noble métier de peser des êtres humains est pourtant vital à notre économie mondiale en déroute. Ne tirons pas sur ceux qui créent la richesse par la sélection naturelle des meilleurs gênes, qui une fois sélectionnés auront l'insigne honneur de se reproduire pour devenir les nouveaux prolétaires ... je veux dire l'avenir de la nation.
Hips. Bon, faudrait penser à installer un éthylomètre à l'entrée de ce blog :)
Ecrit par : ppm | 16 juillet 2008
Bon sang, en survolant votre billet avant que de le lire, j'ai un instant tenu pour vôtre la lettre de motivation citée, et c'est le coeur serré d'espoir que je me suis alors dit : "Enfin elle se décide à rejoindre la région francilienne !"
Mirage, hélas ; une lecture attentive m'a dissuadé d'entretenir ce rêve...
Ecrit par : Alex | 16 juillet 2008
Je n'ai pas lu Marx mais j'en ai entendu parler. J'ai cru comprendre - my understanding is - qu'il avait apporté une grille de lecture permettant d'analyser les rapports entre "ceux qui créent la richesse" et ceux qui "s'en foutent jusque là". Oui on peut rire de tout Alex, oserai-je ajouter : pour ne pas en pleurer ? Merci pour cette légèreté
Ecrit par : imago | 16 juillet 2008
le vrai luxe : avoir du temps à soi
(selon 1 directeur de palace parisien : "le luxe c'est avoir de l'espace inutile" - en comparaison des hôtels de moindre envergure)
Ecrit par : Eric LOW | 17 juillet 2008
Le vrai luxe ? c'est surtout ne pas se soumettre, je préfère me gorger de soleil RMIste au bord de la Loire que de faire quoi que ce soit dans un palace parisien :)
Ecrit par : ppm | 17 juillet 2008
@ Mot passant : bonjour où que vous soyez. Mais il ne s'agit pas de Fast Food, ici, Mot Passant mais d'une entreprise agro-alimentaire (http://www.amora.com/home.html) comme il y en a tant qui comme tant d'autres répond de manière automatique à des candidatures de gens fragilisés par la recherche d'emploi et qui ont peut-être besoin particulièrement à ce moment là du témoignage d'une réelle attention pour avoir le sentiment d'être pris en compte, d'exister. Evidence de la part d'inhumanité aux Ressources humaines...
@ ppm00 : hum... vous en RH ? Pourquoi pas. Vu votre approche ce devrait être pittoresque :-)
@ Alex : Mais Alex, là, vous êtes hors sujet. Vous aurez un zéro pointé :-) Revenir à paris ? Oh non ce ne sera pas demain !
@ Imago : pas lu Marx. Là je me rends compte que je ne suis pas assez cultivée, mais lire Marx maintenant, non, j'aime mieux la légèreté :-)
@ Eric LOW : impossible de vous contredire là. Oui, du temps pour soi.
@ ppm00 : oh, ppm00, belle mentalité. Cela dit, un palace, berk, je vous comprends. Mais vous pourriez aussi choisir de bosser comme caissier pour le SMIC, non ? C'est pas mal non plus..
Ecrit par : gicerilla | 19 juillet 2008
Moi non plus, et c'est peut-être dommage... Peut-être que ça m'aurait fait rire, ou inspirer un dessin... de barbu.
Ecrit par : imago | 19 juillet 2008
Ai cliqué trop vite sur "envoyer" ; j'aurais dû me relire avant. C'est de Marx que je parlais, et voulais écrire "inspiré" bien sûr.
Ecrit par : imago | 19 juillet 2008
@ Mot passant : bonjour où que vous soyez. Mais il ne s'agit pas de Fast Food, ici, Mot Passant mais d'une entreprise agro-alimentaire (http://www.amora.com/home.html) comme il y en a tant qui comme tant d'autres répond de manière automatique à des candidatures de gens fragilisés par la recherche d'emploi et qui ont peut-être besoin particulièrement à ce moment là du témoignage d'une réelle attention pour avoir le sentiment d'être pris en compte, d'exister. Evidence de la part d'inhumanité aux Ressources humaines...
@ ppm00 : hum... vous en RH ? Pourquoi pas. Vu votre approche ce devrait être pittoresque :-)
@ Alex : Mais Alex, là, vous êtes hors sujet. Vous aurez un zéro pointé :-) Revenir à paris ? Oh non ce ne sera pas demain !
@ Imago : pas lu Marx. Là je me rends compte que je ne suis pas assez cultivée, mais lire Marx maintenant, non, j'aime mieux la légèreté :-)
@ Eric LOW : impossible de vous contredire là. Oui, du temps pour soi.
@ ppm00 : oh, ppm00, belle mentalité. Cela dit, un palace, berk, je vous comprends. Mais vous pourriez aussi choisir de bosser comme caissier pour le SMIC, non ? C'est pas mal non plus..
Ecrit par : gicerilla | 21 juillet 2008
Et bien, personnellement, j'ai aimé. Cela m'a même fait sourire ( la lettre) et encore plus, la remarque de Monsieur PPM ( Plus Petit M . pour quel mot " M" ?)
"je me révolte de voir le peu d'âme dont vous nous habillez".
Monsieur... ayant été de votre partie, ( RH), ayant aussi travaillé pour un cabinet de sélection et de recrutement, puis me retrouvant dans " le vivier de CV", je continue à croire que n'accorder que quelques minutes à la lecture d' un CV, c'est çà, le vrai foutage de gueule. C'est là , la vraie baffe, celle donnée à des candidats qui eux ont passé des heures à le rédiger en y plaçant beaucoup d'espoir. Parfois il s'agit de survie plus que de vie.
" Ce noble métier de peser des êtres humains est pourtant vital à notre économie mondiale en déroute."
Mais enfin, vous êtes sérieux là ? Vous n'êtes pas un Dieu ! vous ne pesez rien d'autre que d'une part le coût éventuel du candidat mis en poste, en plaçant sur l'autre plateau le risque de vous voir évincer de votre poste si votre recrutement ne convient pas. Vous continuez à inscrire le personnel dans le passif d'un bilan, alors que vous feriez bien mieux de le placer dans l'actif.. Comme dans les clubs de foot, en sommes , exemple bizarre peut -être mais Ô combien éloquant, mais eux osent parier et s'engagent dans l'enrôlement de leurs joueurs en les considérant comme véritables ressources...Vous n'osez pas engager des jeunes, "parce qu'ils ne veulent plus travailler", " A 30 ans un informaticien est vidé" ( !!!) , à 40 ans et plus, les candidats sont sur qualifiés et donc...ben oui, trop vieux...Votre préoccupation est de mesurer l'âge moyen de votre personnel, sa masse salariale, et si elle est au delà des "normes" vous proposez à votre comité de direction de " rajeunir le parc humain". Bravo.
- Ce n'est pas vous qui décidez, mais votre patron.
- Donnez- nous votre point de vue sur la délocalisation, et on verra si vraiment vous travaillez pour l'Humain, ou pour un bilan annuel.
- Lorsque vous engagez, travaillez plus pour la personne qui est en face de vous que pour votre entreprise ( je n'ai pas écrit" pas pour l'entreprise"). Vous aurez moins de turn over.... et une augmentation ! ;)
- vous êtes frileux, couillons. Vous faites preuve de peu d'envergure, d' imagination et de créativité ! et ne venez pas me dire que la créativité n'a rien à faire dans votre métier: apprenez déjà à lire entre les lignes d'un CV. Vous êtes trop " engrammé" du système binaire "O" ou " 1"; Noir ou blanc..
Et pour vraiment terminer. Ce candidat, je l'aurais convoqué.. Il fait preuve de créativité, de positivisme, de sens de la répartie. Vous auriez très probablement surpris par le côté positif de sa personnalité. et la réponse du service RH, est une réponse agaçante, une réponse stéréotypée. Un peu d'humour en celle-ci aurait créé une grosse vague de sympathie envers l'entreprise...sans compter qu'elle aurait été la preuve que dans son département RH, les CV, les réponses sont vraiment lues, que le service RH a vraiment pris les candidatures ...au sérieux...
"Ne tirons pas sur ceux qui créent la richesse par la sélection naturelle des meilleurs gênes, qui une fois sélectionnés auront l'insigne honneur de se reproduire pour devenir les nouveaux prolétaires ... je veux dire l'avenir de la nation.
Hips. Bon, faudrait penser à installer un éthylomètre à l'entrée de ce blog :)"
Cet éthylomètre, vous auriez pu vous même vous en servir, avant de pondre ici de pareilles bêtises...
Ecrit par : Gilgamesh | 21 juillet 2008
@Gilgamesh
Vous seriez vous érigé en coq de cette cour
ne pourriez vous envisager qu'il y ai plusieurs degrés dans le com du sieur ppm même sans vous munir d'un éthylomètre ?
Moi qui goute fort vos réparties aux billets de G et vos subtils prolongements à ses réflexions , je suis étonnée ;
sérieusement, cela ne vous ressemble pas , monter ainsi sur vos ergots ou peut être ai je lu sous un mauvais angle ? serait ce le stress ?
@Gicerilla
Mille excuses pour m'être immiscer dans vos commentaires
Rabrouez moi , s'il y a lieu !
Mais j'avoue avoue avoir un petit faible pour ces 2 habitués de votre salon .
Je vous kiffe toujours autant et votre dernière blessure littéraire m'a mise tout en émois
Ecrit par : MarieM | 21 juillet 2008
Je partage la saine colère de Gilgamesh. Atterré suis de constater que oui, c'est pire encore que le le craignais, notre monde est devenu inhumain. Que des jeunes cadres de la génération "power-point" feignent d'accepter le formatage imposé par la globalisation puisque c'est, croient-ils le seul moyen d'exister -- cette existence là se résumant alors à l'attribution d'un portable et/ou d'un mobile et pour les plus "existants" la possibilité de rédiger des "expense-reports" ( mais ça fait tellement plaisir à Maman de raconter à ses copines que son enfant a réussi ), et semble-t-il pour certains l'illusion de détenir le pouvoir de décider de la vie de son prochain, sa sœur, son camarade -- qu'il feignent de le croire c'est navrant ; mais qu'ils en éprouvent de la fierté c'est... c'est... les mots me manquent. En plus j'ai dépassé les cinq lignes maximum par moi recommandées. Tant pis au point ou j'en suis dans la transgression, je m'autorise à
recommander la fréquentation d'oeuvres fortes, par exemple : "Stupeur et tremblement", "Brazil", "1984", "les essais de Montaigne" et si l'on aime avoir les points sur les "I" "Il n'y a plus rien" de Léo Ferré.
Ou tout simplement relire et apprécier le texte de G, à l'origine de cette belle empoignade.
Ecrit par : imago | 21 juillet 2008
Mon commentaire était satirique, mais il est vrai que sur un blog on ne voit que l'écrit il n'est pas facile de mesurer le ton.
Pas de problème donc si Gilgamesh s'en prend à la nouvelle mode que j'ai voulu fustiger :)
Pour répondre un peu sérieusement, je ne suis pas RH, et je ne l'ai jamais été. Je suis gérant d'une boite pleine d'aléas, et je travaille à mi-temps à côté pour assurer un minimum, et pour ne pas devenir fou.
J'ai de ce point de vue une opinion sur la valeur ajoutée dans le monde du travail, et elle n'est pas fameuse, mais cela n'a aucun rapport avec la valeur humaine des personnes candidates.
Dans mon domaine, et dans de nombreux autres, la concurrence est truquée, les mécanismes de financement sont occultes, les marchés sont créés en fonction de la production, et non pas le contraire, bref tout est pourri jusqu'à la racine dans un monde qui n'a plus besoin de rien, alors ce n'est pas étonnant que l'on ait du mal à vendre notre cul ... enfin si ça, on peut toujours, mais juste ça. Le monde du travail a surtout pour vocation d'occuper les gens plutôt que de les laisser aller à la pêche ou sur les barricades.
Juste une question sur les workflows de production : les produits pétroliers représentent des volumes énormes, non stockables indéfiniment. Un seul des sous-produits dimensionne l'extraction, et on peut considérer tous les autres comme des déchets de la distillation (la ventilation en chaque sous-produit n'étant pas réglable).
Par quel miracle tous les sous-produits sont-ils écoulés en proportion ? l'extraction est-elle drivée par l'essence où les plastiques, vous voyez où je veux en venir ?
Enfin, la valeur est actuellement dans les banques, n'est-ce pas la preuve qu'elle n'est plus du tout ailleurs ?
Ecrit par : ppm00 | 21 juillet 2008
@ Gilgamesh : cher vous, sujet brûlant, je sais. Alors ne connaissant pas ppm00 vous avez pris au premier degré une intervention qui l'était au deuxième évidemment ! Le pauvre... Mais cela vous a donné a possibilité de rappeler les aspects d'une réalité dérangeante de notre société qui prône le travailler plus pour gagner plus, le travail jusqu'à la mort bientôt, et qui refuse pour de multiples raisons, toutes moins bonnes les unes que les autres, pour ne pas embaucher de seniors ! Même le terme senior rappelle l'hypocrisie de notre société... Merci
@ MarieM : je ne vous en veux absolument pas chère MarieM d'être intervenue. C'est dire l'intérêt que vous portez à mes commentateurs... Votre intervention rappelle à tous que ce blog existe aussi (surtout) par vous tous ? Pas de censure ici, jamais, si les règles de politesse et de débat loyal sont préservées ! Merci.
@ Imago : j'aime quand vous dessinez mais j'aime aussi quand vous vous insurgez... :-)
@ ppm00 : je crois que tout le monde aura compris la méprise née de votre espièglerie. Vous avez fait naitre involontairement un débat intéressant et enflammé. Je n'aime pas le tiède, je suis gâtée !
Ecrit par : gicerilla | 21 juillet 2008
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