01 juillet 2008
ELLE - Eloge de la rupture
Tout le monde en parlait, il fallait que je me fasse une opinion.En effet, je suis de celle qui ne parle pas de ce qu'elle ne connaît pas. Sous cet aspect, il me semble qu'il serait utile de me cloner car ne constaté-je pas tous les jours à quel point nous sommes entourés de gens qui parlent pour ne rien dire d'un air important, qui parlent de ce qu'ils ne connaissent pas d'un air docte ! Une triste majorité, ou devrais-je dire plutôt écrire une majorité affligeante, car je le suis à l'écouter affirmer sans même savoir de quoi elle parle.
Comme si parler ne voulait rien dire. Comme si les mots dits, même s'ils sont démentis en pleine face, n'entachaient pas la crédibilité de celui qui les a prononcés. Société du blabla où la circonlocution et le manque de concision sont reines. Société friande de formules à rallonge parfois pour dire le contraire de ce qui veut être dit "vous n'êtes pas sans avoir", au style tour à tour ronflant ou ampoulé avec surenchère de mots pour noyer le vide de l'idée énoncée, enrobage de mots comme une panure roborative car le propos ainsi enrobé devient plus dense, non pas par sa matière propre mais bien par son enveloppe.
Mais je m'égare encore, là, car le sujet de ma note s'ils sont bien les mots, ne sont pas ceux du vulgum pecus ignare. Non, ce sont ceux d'un homme, assez cultivé à ce qu'il parait, qui quitte courageusement une femme par le biais d'un email lâché sur la toile en espérant qu'il atteindra la femme à qui il est destiné. Sophie Calle s'expose à la BNF, site Richelieu, salle Labrouste "Prenez soin de vous."
Voilà une femme qui sait y faire. Comment faire d'une lettre de rupture, un objet qui s'expose et sur lequel on glose sans fin, un happening (ben oui, parce qu'en français une "intervention artistique" c'est moins vendeur qu'un gérondif en ing! Qui a dit suprématie anglo-saxonne ?) . Comment faire de son malheur le bonheur de milliers de voyeurs venus se rassasier de la douleur transformée en art, se demandant pourquoi ils n'ont pas fait de la fin de leur propre histoire une telle exposition. Exhibition ?
Latiniste, avocate, cruciverbiste, philologue, juge, agrégée de lettres, clown, linguiste, traductrice... Cent sept femmes sollicitées. Cent sept femmes pour analyser les mots de la rupture qu'elle ne peut seule consommer. Faire dire aux autres ce que les mots ne lui disent pas. Volonté affichée de "la disséquer, l’épuiser. Comprendre pour moi. Parler à ma place. Une façon de prendre le temps de rompre. A mon rythme...."
Le problème est dans le genre de ces érudits qui vont à leur façon lire les mots de l'homme qui lui dit adieu. Elles sont toutes femmes. Toutes femelles devrais-je même dire car on sent bien là le parti-pris instinctif de défendre l'une de leur congénère. Coalition muette de femmes qui compatissent et voient dans ces mots, les mots qu'un jour elles ont peut-être reçus. Cruci-fiction du pauvre type, car pauvre il est vraiment. Pauvre par son manque de courage affligeant. Riche de mots et encore... Son vocabulaire ne brille pas et aucune flamboyance ne vient enjoliver les paroles de rupture qu'il lui écrit maladroitement.
Et toutes ces spécialistes sont là, aux aboies, crocs dégagés et griffent sorties qui lacèrent volontiers sa chair déjà égratignée par sa propre couardise. Instinct de protection d'un membre de son groupe ? Elles se prêtent carnassièrement à l'exercice proposé et on imagine aisément quel exutoire c'est pour elles aussi qui, certainement, un jour furent quittées. Elles analysent, dénaturent, sortent du contexte, interprètent ces propos devenus échantillon littéraire pris entre deux lamelles de verre sous leur microscope. Le scalpel de leur savoir dépiaute, dissèque, coupe en tranches ses mots et grossièrement ridiculise l'auteur mettant en évidence les fautes de syntaxes, la pauvreté des tournures, les contradictions...
Une seule s'élève pour dire tout haut ce que je pense tout bas. C'est Christine Angot qui offre à Sophie cette formule dont la concision fait mouche et qui dit la limite de l'exercice « Le chœur que tu as formé autour de cette lettre c’est le chœur de la mort (…) » , car en vérité toutes ces femmes réunies autour de celle par qui l'exposition arrive est un chœur de femmes qui assassine le reste d'amour contenu dans la lettre en le mettant à nu systématiquement, en lui ôtant ce qui lui restait de fragile et d'attendrissant. Polyphonie de voix féminines dont la mélodie corrosive érode jusqu'à la corde ce message de toile.
Ce parti-pris est dommageable car réducteur. Pourtant la démarche que Sophie Calle m'apparaissait comme un exercice ludique et amusant, à la fois grave et désespéré. Démarche remarquable par ce qu'elle a su construire une œuvre à partir de rien, sans laisser personne indifférent. Personnellement, je ne conçois pas un monde sans que les deux genres qui le composent ne soient mélangés comme ils le sont dans la vie. J'aurais souhaité qu'elle interpelle aussi des hommes. Entendre la voix d'hommes dans une polyphonie où les graves contrebalanceraient les aigus aurait rendu moins partiale l'exégèse et aurait certainement enrichi d'une autre sensibilité un événement somme toute banal mais tellement humain.
Alors ici je souhaite à sa place vous interpeller Messieurs et vous demander ce qu'elle n'a osé faire.
Si vous aviez à commenter cette lettre de rupture, que diriez-vous ?
* * * *
Sophie,Cela fait un moment que je veux vous écrire et répondre à votre dernier mail. En même temps, il me semblait préférable de vous parler et de dire ce que j'ai à vous dire de vive voix. Mais au moins cela sera-t-il écrit.
Comme vous l'avez vu, j'allais mal tous ces derniers temps. Comme si je ne me retrouvais plus dans ma propre existence. Une sorte d'angoisse terrible, contre laquelle je ne peux pas grand-chose, sinon aller de l'avant pour tenter de la prendre de vitesse, comme j'ai toujours fait. Lorsque nous nous sommes rencontrés, vous aviez posé une condition : ne pas devenir la "quatrième". J'ai tenu cet engagement : cela fait des mois que j'ai cessé de voir les "autres", ne trouvant évidemment aucun moyen de les voir sans faire de vous l'une d'elles.
Je croyais que cela suffirait, je croyais que vous aimer et que votre amour suffiraient pour que l'angoisse qui me pousse toujours à aller voir ailleurs et m'empêche à jamais d'être tranquille et sans doute simplement heureux et "généreux" se calmerait à votre contact et dans la certitude que l'amour que vous me portez était le plus bénéfique pour moi, le plus bénéfique que j'ai jamais connu, vous le savez.
J'ai cru que l'écriture serait un remède, mon "intranquillité" s'y dissolvant pour vous retrouver. Mais non. C'est même devenu encore pire, je ne peux même pas vous dire dans quel état je me sens en moi-même. Alors, cette semaine, j'ai commencé à rappeler les "autres". Et je sais ce que cela veut dire pour moi et dans quel cycle cela va m'entrainer. Je ne vous ai jamais menti et ce n'est pas aujourd'hui que je vais commencer. Il y avait une autre règle que vous aviez posée au début de notre histoire : le jour où nous cesserions d'êtres amants, me voir ne serait plus envisageable pour vous. Vous savez comme cette contrainte ne peut que me paraitre désastreuse, injuste (alors que vous voyez toujours B., R.,...) et compréhensible (évidemment...) ; ainsi je ne pourrais jamais devenir votre ami. Mais aujourd'hui, vous pouvez mesurer l'importance de ma décision au fait que je sois prêt à me plier à votre volonté, alors que ne plus vous voir ni vous parler ni saisir votre regard sur les choses et les êtres et votre douceur sur moi me manqueront infiniment. Quoiqu'il arrive, sachez que je ne cesserai de vous aimer de cette manière qui fut la mienne dès que je vous ai connue et qui se prolongera en moi et, je le sais, ne mourra pas.
Mais aujourd'hui, ce serait la pire des mascarades que de maintenir une situation que vous savez aussi bien que moi devenue irrémédiable au regard même de cet amour que je vous porte et de celui que vous me portez et qui m'oblige encore à cette franchise envers vous, comme dernier gage de ce qui fut entre nous et restera unique.
J'aurais aimé que les choses tournent autrement.
Prenez soin de vous.
X
05:49 Publié dans Critiques | Lien permanent | Commentaires (18) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sophie calle, rupture, amour à mort, exposition, bnf

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Commentaires
Il y aurait donc les personnes qui écrivent, et celles qui reçoivent ce genre de lettres. L’amant qui se dédit est un couard. Il ne va pas vers le préférable, il repousse, il justifie plus qu’il n’explique, bref une fuite en avant (« pour la prendre de vitesse… ! »). Oui, il y a là une forme incontestable de lâcheté. Le verdict peut laisser place au lynchage. And so what ? Personne n’en sort vraiment grandi et après l’apaisement de la vengeance, peut-être un sentiment diffus de honte… Et si…
Et si l’amant était faible ? Qui peut lire une once d’assurance et de force derrière la vie et les mots d’un homme qui paraît subir bien plus que conduire, à commencer par ses pulsions ? Il peut bien se draper dans « l’importance de (sa) décision », il ne parvient qu’à se couvrir un peu plus de ridicule. Petit enfant pris en défaut…
Et si la maladresse était pudeur ? Et si, derrière les mots, l’amant était malheureux ? Que sait-on de lui finalement ? Que connaît-on de cette histoire mises à part ces quelques bribes ? Peut-on aimer lorsque l’on est mal ? Quelle place pour l’autre lorsque l’on ne sait plus si situer soi-même ? Relire la lettre dans cette hypothèse, et voir un paumé… Alors cette semaine, il a commencé à rappeler les autres… La fuite en avant prend un autre sens : surtout ne pas s’engager, exister libre. Un jouisseur égotiste, sinon égoïste ! Préférer perdre l’amour que renoncer à la jouissance dans leurs bras, à toutes. Elle est triste cette lettre. Triste de renoncement et d’une solitude qui entraînera l’homme dans un cycle vicieux.
Oui mais quand même, il aurait pu lui dire en face !
Et si l’amant ne savait pas dire ? Il y a ceux qui savent dire, et les autres. L’amant n’était peut-être pas à l’aise. Avec le dire, c’est probable, pour l’écrire de façon si plate. « Mais au moins cela sera-t-il écrit » : n’est-ce pas là l’aveu d’un homme qui s’essaye à l’écriture pour y trouver un peu de sérénité dit-il, un peu de lui-même lit-on ?
Bien sûr que lorsque l’on est trahi, tout perd son sens. Et les « à jamais », « le plus » et autres « unique » rejoignent l’amour à la corbeille. Après tout, c’est plus simple de croire qu’il a cessé d’aimer plutôt que d’envisager qu’il quitte en aimant.
Il y a pourtant un mot intime, un mot pour la femme, l’amie et son regard sur les choses et les êtres. C’est étrange comme ces quelques mots touchent un peu plus, comme ils sonnent plus justes, plus vrais peut-être aussi...
Et elle ? Comment l’aimait-elle ? Qu’a-t-elle compris de lui ? N’a-t-elle aimé qu’un lâche maladroit et un peu paumé ? Vraiment, tout cela, ne l’avait-elle pas vu ? Cette lettre est triste aussi de cela. Et le lynchage organisé devient ce chœur de mort, qui passe peut-être juste à côté de l'histoire de deux êtres.
Il y a trop longtemps que je ne suis pas venu te rendre visite Gi, je m'en veux, que veux-tu le soleil, les femmes... Oups :-)
Bises
Ecrit par : Ile | 01 juillet 2008
Calle, Angot et compagnie, c'est le règne de l'égotisme. L'ouverture sur les autres, c'est toujours de soi pour en revenir à soi. De la Loft-Story intello. Mais ça rapporte des sous.
Mon commentaire à la lettre : "c'est pas mes oignons".
Ecrit par : Alex | 01 juillet 2008
Je trouve (toujours) lâche et abject de se séparer d'une manière abrupte de quelqu'un par(simple)lettre, que ce soit pour terminer une histoire d'amour, une relation de travail, une rupture de contrat,...
C'est refuser à l'autre de comprendre voire de dialoguer - il n'y a pas que les mots - pour atténuer la souffrance ou les dégâts qu'une rupture induit invariablement.
Même si les arguments avancés sont sans appel, l'autre a toujours le droit à ne pas perdre son estime de soi et d'avoir des réponses aux questions qui l'assaillent en cas de rupture.
Congédier quelqu'un par lettre, de surcroît une personne avec laquelle l'on a partagé l'intimité et la tendresse, me paraît un acte lâche et manquant d'humanité lorsque l'on sait que cette lettre frappera comme un éclair par ciel bleu.
Cela étant, en faire un étalage provocateur à vocation artistique, là, je calle aussi.
(Comme toujours, ravi par vos billets Chère Gicerilla)
Ecrit par : Un mot passant | 02 juillet 2008
j'aurais aimé avoir votre talent pour écrire ce que j'avais ressenti à la sortie de l'expo, j'ai finalement bien fait d'attendre votre impression qui colle à la mienne. Une rupture (ou une rencontre d'ailleurs, aussi) c'est quelque chose d'intime et quelque soit l'art et la manière, c'est un moment qui ne devrait se vivre qu'à deux, dans l'absolu, après tout chacun peut y aller de son avis, de ses conseils, de ses impressions mais l'histoire n'étant pas la notre, la distance que cela implique, ce que l'on ne sait pas, bref cette expo m'a laissé sur une drôle d'impression.
Ecrit par : Bougrenette | 02 juillet 2008
Moi ce qui me dérange le plus c'est que cette femme n'a pas accepter les régles du jeu, elle lui demande de faire ce qu'elle n'est pas capable de faire (ne pas la revoir après).
Lettre, mails, sms, sont cavaliers, mais il faut admettre que certains ne sont pas capables de le dire.
Dernière remarque, à quoi sert cet acharnement artistique (l'exposition autour de cette lettre) ? @ +++
Ps : merci beaucoup pour ce petit lien.
Ecrit par : Pierre-Jean | 02 juillet 2008
Mon commentaire sur la lettre mais pas sur l'expo que je ne connais pas serait ... que je la trouve assez belle car assez proche d'un ressenti avec lequel j'ai beaucoup flirté ces temps-ci !
Synthétiser dans une seule lettre toute l'étendue d'un trouble reste pour moi un exploit ...
Les mots sont assez justes, exprimant la situation de l'amant face à un amour impossible pour lui, certes, mais cela ne change pas le résultat des courses.
La lettre oui, les commentaires ... bof !
Ecrit par : Philo | 02 juillet 2008
"Prenez soin de vous". Tout est dit là non ? Car pour le reste, le style ne gomme pas il est vrai le trouble perceptible, mauvaise foi pour les un(e)s ... enfin pour la plupart quand on lit le recueil impressionnant de commentaires de femmes qui, pour un grand nombre, connaissent semble-t-il la victime. Cela pondère l'objectivité de l'analyse. La sensibilité prime sur la connaissance des faits. S. Calle s'offre au passage un vrai coup de pub exposant son ego offensé à la compassion publique et aux lois du marché. Sophie ? Ou Narcisse ? Car ici ce n'est point la lettre qui me pousse au commentaire que la façon dont elle a été exploitée. Thérapie à bon compte ? Exercice de style ? Opération marketing ?
Pour revenir au mail expiateur.
Le sujet ? la rupture. Soit. Une relation devenue soi disant impossible ou intenable. Situation devenue banale (hélas ?) dirions nous. En scène, deux egos qui se drapent chacun à leur manière.
Le fait à l'éclairage de l'époque ? la difficulté de l'engagement, dans une doxa qui roule sur l'illusion d'un idéal (svt inatteignable ou aussitôt remplacé par un autre dès lors qu'on pense l'avoir atteint) rendu possible par la facilité accrue de la rencontre (dont internet) et par le dogme consumériste, y compris dans le domaine affectif ou purement sexuel (le jetable, l'éphémère plutôt que la prise de tête et le "durable", qui impose le temps nécessaire pour "apprendre" l'autre avant que de le prendre). En cela, l'acte "artistique" interpelle sur une réalité sociale qui s'inscrit dans la "modernité" du temps ou dans le paysage contemporain.
Le fait à l'éclairage de la condition humaine ? la difficulté de reconnaître l'être que l'on a en face de soi et que l'on apprécie pour ce qu'il est, et non simplement comme la "chose" que l'on "possède". On aurait besoin là d'un véritable éclairage philosophique, plutôt que d'un recours au juge, éventuellement influencé ou sanctifié par les nouvelles(?) religions.
La question ? sur quoi construire une relation durable entre homme et femme, sur un mode que nous dirions plus apaisé et plus respectueux de l'autre ?
Ecrit par : celadon | 02 juillet 2008
@ Ile : merci de vous êtes prêté le premier à l'exercice qui n'est pas facile en soi... J'apprécie votre analyse dénuée de parti-pris il me semble qui m'éclaire sur le point de vue masculin.
Quoi, c'est à cause d'autres femmes que vous ne passiez plus ici. Mais, mais, je m'insurge. Et que dit Aile ?
Revenez souvent, Vous et Aile.
@ Alex : égotistes, je ne sais pas. Je ne connais ni l'une ni l'autre. Mais je vous remercie d'avoir quand même pris la peine de vous manifester.
@ Mot passant : cher vous, vous revoilà mais sous quels cieux écrivez-vous ? Une chose me touche énormément dans votre propos qui me parait un point vital : "...l'autre a toujours le droit à ne pas perdre son estime de soi et d'avoir des réponses aux questions qui l'assaillent en cas de rupture." Oui, comment ne pas perdre son estime de soi dans ce cas là ? Mon "dialogue à 4 voix" tentait de rétablir le manque de communication qu'un jour l'homme m'a imposé. Pas facile de se reconstruire sans cela. Merci. A bientôt.
@ Bougrenette : je vous l'avais promis Grenouillette. je suis femme de parole :-)... Et heureuse de voir que nous sommes en phase sur un sujet fort sensible car alors je comprends mieux pourquoi nous sommes si souvent "siamoises"...
@ Pierre-Jean : si j'étais aussi cynique qu'Alex, je dirais "faire du fric et se faire mousser".... voire "raccoler de nouveaux amants au passage" car la notoriété ça paie !
@ Philo : merci de votre intervention. Chaque point de vue a de la valeur et se respecte.
@ Celadon : j'avoue que j'ai eu un moment cette approche mais je l'ai rejetée car il me paraissait abjecte que notre société puisse à ce point influencer nos moeurs, nos idéaux, nos amours et nos relations amoureuses... Et pourtant !
Ecrit par : gicerilla | 02 juillet 2008
Je suis passionné (depuis tout petit) par les lettres de rupture. Il y en a une terrible dans un livre de Montherlant dans laquelle Costals signifie à une admiratrice qu'il n'a jamais lu la moindre de ses nombreuses et dernières lettres... qu'il les a classés sans les ouvrir dans une boite à chaussures... mais que le bottier étant anglais, l'honneur est sauf.
Ecrit par : 502 | 02 juillet 2008
Les ruptures sont magnifiques. Elles transcendent l'amour comme toute séparation.
Une pensée pour Ingrid et ses enfants qui vont avoir un terrible atterissage à leur retour sur terre...il vaut mieux que les êtres aimés soient loin, ils sont d'autant plus aimables...
Alors autant rompre, on n'a pas toujours la chance de croiser un membre du FARC...
Ecrit par : passeakevin | 03 juillet 2008
Bizarre.. je viens rarement ici, et à coup sûr, c'est pour me retrouver derrière passeakevin.. toujours semblable à lui -même: Un morceau de tissus traînant dans une petite assiette, et trempant dans du vinaigre..
pour la rupture, vite fait: écoutez le CD de Wim Mertens, " Stratégie de la Rupture" ( Usura, 1991 , les Disques du Crépuscule). C'est splendide, grand, simple. beau. Ses mélodies mettent du baume au coeur, tant du quittant que du quitté..
Et un dernier mot, celui d'un ami, Pierre, il ya quelques années au lendemain de nos ruptures respectives..:) " Un vieux proverbe chinois dit " Une de perdue..... une de perdue !"
Croyez- moi, nous avons éclaté de rire, nous disant dans notre for intérieur que oui, la vie reste belle et un univers de découvertes..
Ecrit par : GILGAMESH | 03 juillet 2008
Et finalement.. c'est une lettre - type rédigée par un sale type..:) un manipulateur flatteur bourreau etc, qui n'a de désir que d'entretenir celui de Sophie..
Il la copie, et le lendemain, l'envoie à Berthe, Régine, Hubertine, Louise, Brigitte, Françoise, Véronique, Isabelle Muriel.. et qui sait, à Roger, Pascal, Louis, Jean.
Un jour, il recevra la même, à son prénom. Et souffrira des mots auxquels il avait prêté du sens, mais destiné à d'autres. Il tua par l'épée, mais mouru par elle. Nous sommes tous, dans notre conscience, l'écrit - vain d 'un ou d'une autre...
Ecrit par : GILGAMESH | 03 juillet 2008
@gilgamesh: Je suis pourtant plus basique qu'acide...
Ecrit par : passeakevin | 03 juillet 2008
@ 502 : et pourquoi donc cette passion 502 ? Vous en dites trop ou trop peu et je suis curieuse d'en savoir plus... Je ne crois pas avoir jamais lu Montherlant. De quel ouvrage s'agit-il que je me cultive un peu ?
@ Passeakevin : je vous "connais" assez maintenant pour savoir que vous êtes avant tout polémique alors je ne sais pas si là, vous êtes sincère ou provocateur ? Quoiqu'il en soit, libre à vous de sublimer vos amours en romptant, à chacun sa jouissance !
Je suis heureuse, authentiquement heureuse qu'Ingrid soit de retour. Elle serait sûrement étonnée de se voir invoquée ici aussi bizarrement. Malsainement ?...
@ Gilgamesh : c'est vrai, vous vous faites rare ! Mais je pense à vous. Vos métaphores me font sourire et votre analyse fait du bien à lire. J'adore quand un homme stigmatise ses congénères... Je vais écouter votre musique.
Ecrit par : Gicerilla | 04 juillet 2008
@ Gilgamesh : Eloge de la rupture je n'ai pas trouvé mais de Wim Mertens, j'ai trouvé cela. C'est beau : http://www.deezer.com/#music/result/all/Wim%20Mertens et des émotions m'assaillent mêlées de larmes. Merci
Ecrit par : Gicerilla | 04 juillet 2008
G, vous me manquez. Et vous, les autres taisez- vous... !
Je vais vous envoyer une copie ( si on graveur veut bien) de la Stratégie de la Rupture..
Ecrit par : Gilgamesh | 04 juillet 2008
Rompre, pour ne pas subir la rupture...paradoxe infernal...
Ecrit par : just a green ray through the night | 17 juillet 2008
"toutes ces femmes réunies autour de celle par qui l'exposition arrive est un chœur de femmes qui assassine le reste d'amour contenu dans la lettre en le mettant à nu systématiquement, en lui ôtant ce qui lui restait de fragile et d'attendrissant. "
Je trouve ce commentaire très intéressant. Je n'ai pas vu l'expo (je subissais moi-même une séparation qui ne me poussait pas du tout au masochisme d'aller m'infliger une dose de rupture publique). Je ne peux pas en juger moi-même, donc. En tant que grande fan de Sophie Calle, je lirai bien sûr, un jour, le livre qui en est tiré.
Ecrit par : Magda | 31 décembre 2008
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