29 octobre 2008
ELLE - Envie d'interdit

Elle l'a attiré dans la chambre sur le lit.
"Je veux que tu deviennes mon animal d'amour, ma chose docile et obéissante... Je veux faire de toi tout ce que je veux, comme je veux, sans que tu puisses refuser. Je veux pénétrer tous tes secrets. Je veux connaître ton île et tous ses parfums. Me perdre dans ses antres et ses plages, me laisser submerger par le ressac de tes vagues..."
La pénombre règne dans la chambre. Elle se laisse bercer par ses paroles. Il sait lui parler. Il sait trouver les mots qui envoûtent. "Je te veux chienne, ma chienne à moi. Je veux ta peau offerte à ma main, nue, totalement nue. Je veux que tu ôtes tout ce que la nature t'a donnée pour te cacher à mes yeux. Et puis je veux que tu enfiles tes plus belles dentelles. Vas !" Elle aime sa voix à la fois douce et ferme. On ne lui a jamais parlé de cette façon. Il mène la danse, il impose les pas. Elle va s'offrir à lui comme il l'en a sommé, et au rythme de ses envies elle va s'abandonner. Et pendant ce temps là, il n'a cessé de caresser sa fente inondée, plus fertile qu'une rizière. Elle gémit toujours plus et ne peut s'arracher à l'emprise de ses doigts si tendres, si agiles. "Vas".
Comme une automate elle exécute les gestes qui vont faire d'elle sa chose d'amour. La lame est glaciale et son tranchant la fait frémir. Elle se regarde dans le miroir. Sa chair s'offre sans plus qu'aucun voile sombre ne l'ombre. Elle n'a jamais été si nue, si fragile. Elle revêt ses dentelles roses et noires. Sa peau dorée est exaltée par les couleurs qui, sur elle, tranchent. Elle chausse lentement ses escarpins aux talons sans fin. Ils la projettent en avant, et elle ne peut que se cambrer outrageusement pour ne pas tomber. Elle se trouve belle et désirable, parce que ses mots à lui l'habillent. Ils l'ont suivie dans la salle de bain, l'ont accompagnée tout le long de la préparation comme un rite initiatique. N'est-ce pas un peu ce qui va se passer, son initiation ?
Elle se dirige vers le salon et chacun de ses pas qui martèle le parquet la rapproche de l'hallali qu'elle ne fuira pas. Elle sera son animal d'amour. Elle ne rêve que de cet instant. Il a plongé le salon dans la pénombre que seul un mince rai de lumière illumine. Elle se sent immense, hiératique, prochaine vestale dédiée à ses jeux de l'amour. Il est planté au milieu de la pièce "avance... lentement !" Elle avance vers lui, sublime comme une femme désirée. "Montre-toi, tourne-toi" Et la voilà sans crainte qui tourne sur elle-même réchauffée par la certitude qu'il la dévore du regard. Elle sent ses yeux modeler ses contours, la dessiner en lignes courbes...
"Mets-toi à quatre pattes." Sans aucune honte elle s'exécute. Elle est modeste dans son maintient mais ne rougit pas. Il la contourne, il tourne autour. Elle sent son désir qui irradie. Il s'approche d'elle. Son cœur bat fort. Il est à ses pieds, elle ne le voit pas mais le devine. Il se penche sur ses reins et avec une délicatesse aérienne il fait glisser son string. "Écarte tes jambes." Et elle le fait. Aucune humiliation ne vient de ses injonctions. Elle sait qu'il est assis sur ses talons, parti à la découverte visuelle de son île. Elle imagine sa chair ivoire fendue de rose pourpre exposer à sa vue tous ses trésors. Sa vulve palpite, taraudée par ses regards dardés. "Cambre toi, plus bas, montre toi toute !" Et elle se cambre tant qu'elle peut pour s'exhiber sans pudeur et l'affoler.
Un sursaut, le sang qui s'emballe, Il goûte de sa bouche sa corolle offerte et frémissante. Il la convoite et sa langue trahit son envie d'interdit. Elle gémit et elle tremble. Il insiste. Elle sait ce qu'il lui demande silencieusement. Elle a peur et pourtant elle veut elle aussi avec lui partager ce moment. Ses doigts rejoignent sa langue. Ils la fouillent assidûment. Ils cherchent l'entrée de la voie détournée qui se dérobe. Sa queue boursouflée qui tente une incursion, dérape, recommence et l'empale avec enthousiasme, puis glisse dans ses chairs gorgées de miel lui arrachant au passage soupirs et tremblements. Il renouvelle une tentative de persuasion et faisant diversion, il vient de sa main caressante négocier auprès de son petit bouton l'accès tant désiré. Sous cet ordre muet l'antre décide enfin de s'ouvrir à peine.
Mais la pression devient trop grande, il faut qu'il l'agrippe comme un naufragé le radeau. Il attrape à pleines mains ses hanches qui tanguent et s'y arrime comme un désespéré. Sa main à elle a repris la place libérée et alors qu'elle se branle doucement, il poursuit en gémissant son exploration dans les terres inconnues. Et plus il y avance et plus elle se cambre. Et plus elle se cambre et plus il la pénètre. Et plus elle mouille et s'offre à son sexe conquérant. Son plaisir monte en vocalise et le sien, rauque, râle dans sa gorge. Polyphonie en aigu et en grave des sensations interdites qu'ils se donnent. Elle s'arcboute, il la prend toute, et le cri gutturale qui sourd de sa bouche témoigne du plaisir que lui infligent les vagues de jouissance de la belle.
Il l'enserre par la taille en contre moule parfait. Il est blotti tout contre elle qui sourit. Il recommence sa litanie susurrée :
"tu es si belle, si désirable. Je te veux encore, encore, encore... "
Crédit photo : Studio-F
05:50 Ecrit par Gicerilla dans Eros | Lien permanent | Commentaires (19) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sodome et gomorrhe

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Commentaires
Oui...
Ecrit par : Monsieur White | 29 octobre 2008
Bonjour G. ce qu'il y a de bien avec vous c'est que vous donnez au cul de belles fessées cul turelles dommage je ne pourrais me servir de ces textes pour mon école primaire en secondaire peut être en éducation sexuelle quoi que il me faut l'aval de l'académie....je vais plancher dessus ou dessous à un de ces jours losslaid
Ecrit par : losslaid | 29 octobre 2008
Je vous découvre à peine...de blog en blog, j'arrive ici et j'aime beaucoup votre style d'écriture.
J'apprécie quand les femmes parlent de sexe, c'est souvent moins cru que chez les hommes, j'y retrouve dans sensations connues. Bravo pour votre superbe blog.
Nous avons aussi un blog, plus photo que texte mais je suis pas douée en informatique, je n'arrive pas à le mettre en lien chez vous. Enfin, si vous voulez passer, on est assez facile à trouver, mais il n'y a aucune obligation, ne prenez surtout pas cela comme une sorte de pub pour avoir de l'audience...c'est le dernier de mes soucis !!!
Meilleures messages.
Choupa
Ecrit par : choupa&Choup | 29 octobre 2008
Il y a les sens de l'interdit, l'essence de l'interdit et l'interdit à contre sens dans lequel tout est permis. Du coup je ne sais plus où j'erre ni à quel étage. Surement le charme des polyphonies.
Ecrit par : celadon | 29 octobre 2008
Hum, j'ai adoré, délicieusement troublant, un jeu des sens qui se veut envoutant et qui y parvient du début à la fin, une tendresse animale et le feu du désir. Oui j'ai adoré ! :-)
Ecrit par : Bougrenette | 29 octobre 2008
Ce qu'il y a de particulièrement bien (entre autre) dans ce texte c'est que vous mettez en valeur le jeu de fermeté et de douceur qui témoigne de ce que sensualité veut dire (Je ne parle pas ici de la mise en scène de soumission, avec son de rapport de force imaginaire, mais du rapport intime, plus généralement, dans lequel se mélangent relâchement et tension)
Ecrit par : Alex | 29 octobre 2008
Ma phrase préférée, sans doute ondulante dans ma tête comme une image espérée :
"Elle imagine sa chair ivoire fendue de rose pourpre exposer à sa vue tous ses trésors. Sa vulve palpite, taraudée par ses regards dardés. "Cambre toi, plus bas, montre toi toute !" Et elle se cambre tant qu'elle peut pour s'exhiber sans pudeur et l'affoler."
Je suis d'accord avec Choupa, quand les femmes parlent de sexe, c'est beaucoup moins cru que les hommes, et leurs mots directs à elles ont d'autant plus de force, qu'ils imposent des images. Les vôtres de mots ma Chair donnent le frisson, et crispent le ventre (en tous les cas le mien, c'est malin, je fais quoi maintenant)...
Les images : mon obsession de voyeur que j'aime devenir dans une situation identique.
Car il faut bien l'admettre, le plaisir des yeux, scanner impitoyable d'une soumission consentie, reste indissociable des gestes qui sonnent l'hallali.
Belle chasse à la cour et au plaisir Gi, j'ai même fini par vous "voir", belle chasse qui donne envie de s'y coller... Baisers imaginatifs.
Ecrit par : Valmont | 29 octobre 2008
Ah, je vous retrouve enfin !
Le texte est magnifique, heureusement qu'il est interdit d'interdire :)
M.
Ecrit par : M. (30) | 29 octobre 2008
J'ai aimé, bien plus que les dentelles (qui restent néanmoins appétissantes), son drapé de désir, ses émotions de femme, chienne de son homme, et aussi ceci : "ses mots à lui l'habillent". Oui, ceci tout particulièrement est délicieux.
Ecrit par : M. | 29 octobre 2008
et voilà ... je savais que cela réveillerait quelques souvenirs de mots passants au bord de l'eau
http://fr.wikisource.org/wiki/Au_bord_de_l%E2%80%99eau_(Maupassant)
Ecrit par : celadon | 30 octobre 2008
Je reconnais qu'il y a une recherche littéraire certaine qui confère au récit une ambiance digne d'un donjon SM dans lequel le SM serait interdit. Par contre côté lexical, désolé, mais tu pousses le bouchon un peu loin. Je veux bien accorder une vision métonymique à hallali, mais pour ce qui est des vestales et de son aspect hiératique je reste assez circonspect. En effet ces deux mots ont plus à voir avec la chasteté imposée aux unes et à la rigueur des rites hiératiques... Mais bon c'est un avis d'un manique des mots et de la langue.
Ecrit par : Nicolas - creature du Malin | 31 octobre 2008
@ Mr White : évidemment !
@ Losslaid : je sais. Quel gâchis n'est-ce pas ? Un jour peut-être Losslaid serai-je capable de vous étonner. Un jour. Peut-être...
@ Choupa&Choup : bienvenue dans mon petit théâtre Choupa. Je suis moi-même une buse en informatique, je ne moquerai pas. J'ai mis le lien qui mène à vous, car ça je sais faire ! Au plaisir :-)
@ Celadon : oui, il y a tout cela. Quand l'interdit perd ses scrupules et se vit. Et tant pis pour les bien pensants !
@ Bougrenette : que ne ferai-je pas pour vous charmer, vous entrainer sur des sentiers interdits, juste pour le plaisir. Merci.
@ Alex : en effet. Et ce qui prime n'est pas d'obéir évidemment, mais le plaisir de s'offrir, tout entier, sans limite, parce que...
@ Valmont : m'y voir ? Oh, Valmont voilà une drôle de superposition car ELLE et moi ne sommes pas la même
démultipliée. Elle est elle, et je suis moi...
@ M (30) : si vous avez aimé, je suis comblée car je n'écris que pour celui qui lit, espèrant l'entrainer avec moi dans mes rêves éveillés !
@ Celadon : quel bonheur et quelle horreur. Imaginez un instant le pauvre Maupassant associé à mes mots ! Il s'enfuierait, car il rime lui, et bien. Je ne fais que de la prose à la Monsieur Jourdain.
@ Nicolas : "maniaque des mots et de la langue..." Hum, intéressant !
Ecrit par : Gicerilla | 01 novembre 2008
C'est trop mignon !...
Ecrit par : imago | 02 novembre 2008
L'excitation au paroxisme et pourtant tant d'efforts à fournir pour franchir la porte de votre interdit ...
La mise en scène fait rêver, voire fantasmer, car je ne suis pas assez dominateur pour imposer un tel scénario.
J'ai adoré le ... " il vient de sa main caressante négocier auprès de son petit bouton l'accès tant désiré ".
C'est criant de vérité ... ;)
Bravo !
Bises Gi.
Ecrit par : Philo | 03 novembre 2008
@ Imago : hum, mignon dites-vous ? J'imagine que c'est au sens Henri III du terme n'est-ce pas ? Alors, oui c'est certainement digne du mignon...
@ Philo : je ne sais pas si je mérite un bravo, mais si le texte vous a plu, c'est le plus important. :-)
Ecrit par : Gicerilla | 03 novembre 2008
rigolo
Ecrit par : dan | 10 novembre 2008
Dire que j'avais raté ça...
j'ai toujours aimé m'abreuver à la source qui coule de l'autre coté du miroir.
Convoiter les émotions d'une femme qui s'abandonne, entrer dans ses indiscibles...
Les mots que vous livrez ici sont autant d'indices que vous nous offrez pour nous raconter celle que vous êtes, vraiment...
Ecrit par : Animal en Quarantaine | 03 janvier 2009
Ca change du garde mot.C'est pas mâle,j'ai pas tout lu, car, je connais.Je viens chez vous, il paraît que j'ai des problèmes de bas ventre ? (Cafeine) .
Sentez vous la même chose ?
Ecrit par : ver00 | 03 janvier 2009
Vous parlez de fondement, chez Caféine, mais êtes vous sure que l'esprit soit uniquement créer par le bas ventre ? C'est juste une question, que je me pose aussi.
J'espère que vous n'allez pas, aussi, m'indiquer un psy. Que les hommes sont vite perturbés ! Pas moyen d'avancer, dans les discussions.La moindre contradiction de leur avis, et ils tiltent.
Ecrit par : ver00 | 03 janvier 2009
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