29 octobre 2008
ELLE - Envie d'interdit

Elle l'a attiré dans la chambre sur le lit.
"Je veux que tu deviennes mon animal d'amour, ma chose docile et obéissante... Je veux faire de toi tout ce que je veux, comme je veux, sans que tu puisses refuser. Je veux pénétrer tous tes secrets. Je veux connaître ton île et tous ses parfums. Me perdre dans ses antres et ses plages, me laisser submerger par le ressac de tes vagues..."
La pénombre règne dans la chambre. Elle se laisse bercer par ses paroles. Il sait lui parler. Il sait trouver les mots qui envoûtent. "Je te veux chienne, ma chienne à moi. Je veux ta peau offerte à ma main, nue, totalement nue. Je veux que tu ôtes tout ce que la nature t'a donnée pour te cacher à mes yeux. Et puis je veux que tu enfiles tes plus belles dentelles. Vas !" Elle aime sa voix à la fois douce et ferme. On ne lui a jamais parlé de cette façon. Il mène la danse, il impose les pas. Elle va s'offrir à lui comme il l'en a sommé, et au rythme de ses envies elle va s'abandonner. Et pendant ce temps là, il n'a cessé de caresser sa fente inondée, plus fertile qu'une rizière. Elle gémit toujours plus et ne peut s'arracher à l'emprise de ses doigts si tendres, si agiles. "Vas".
Comme une automate elle exécute les gestes qui vont faire d'elle sa chose d'amour. La lame est glaciale et son tranchant la fait frémir. Elle se regarde dans le miroir. Sa chair s'offre sans plus qu'aucun voile sombre ne l'ombre. Elle n'a jamais été si nue, si fragile. Elle revêt ses dentelles roses et noires. Sa peau dorée est exaltée par les couleurs qui, sur elle, tranchent. Elle chausse lentement ses escarpins aux talons sans fin. Ils la projettent en avant, et elle ne peut que se cambrer outrageusement pour ne pas tomber. Elle se trouve belle et désirable, parce que ses mots à lui l'habillent. Ils l'ont suivie dans la salle de bain, l'ont accompagnée tout le long de la préparation comme un rite initiatique. N'est-ce pas un peu ce qui va se passer, son initiation ?
Elle se dirige vers le salon et chacun de ses pas qui martèle le parquet la rapproche de l'hallali qu'elle ne fuira pas. Elle sera son animal d'amour. Elle ne rêve que de cet instant. Il a plongé le salon dans la pénombre que seul un mince rai de lumière illumine. Elle se sent immense, hiératique, prochaine vestale dédiée à ses jeux de l'amour. Il est planté au milieu de la pièce "avance... lentement !" Elle avance vers lui, sublime comme une femme désirée. "Montre-toi, tourne-toi" Et la voilà sans crainte qui tourne sur elle-même réchauffée par la certitude qu'il la dévore du regard. Elle sent ses yeux modeler ses contours, la dessiner en lignes courbes...
"Mets-toi à quatre pattes." Sans aucune honte elle s'exécute. Elle est modeste dans son maintient mais ne rougit pas. Il la contourne, il tourne autour. Elle sent son désir qui irradie. Il s'approche d'elle. Son cœur bat fort. Il est à ses pieds, elle ne le voit pas mais le devine. Il se penche sur ses reins et avec une délicatesse aérienne il fait glisser son string. "Écarte tes jambes." Et elle le fait. Aucune humiliation ne vient de ses injonctions. Elle sait qu'il est assis sur ses talons, parti à la découverte visuelle de son île. Elle imagine sa chair ivoire fendue de rose pourpre exposer à sa vue tous ses trésors. Sa vulve palpite, taraudée par ses regards dardés. "Cambre toi, plus bas, montre toi toute !" Et elle se cambre tant qu'elle peut pour s'exhiber sans pudeur et l'affoler.
Un sursaut, le sang qui s'emballe, Il goûte de sa bouche sa corolle offerte et frémissante. Il la convoite et sa langue trahit son envie d'interdit. Elle gémit et elle tremble. Il insiste. Elle sait ce qu'il lui demande silencieusement. Elle a peur et pourtant elle veut elle aussi avec lui partager ce moment. Ses doigts rejoignent sa langue. Ils la fouillent assidûment. Ils cherchent l'entrée de la voie détournée qui se dérobe. Sa queue boursouflée qui tente une incursion, dérape, recommence et l'empale avec enthousiasme, puis glisse dans ses chairs gorgées de miel lui arrachant au passage soupirs et tremblements. Il renouvelle une tentative de persuasion et faisant diversion, il vient de sa main caressante négocier auprès de son petit bouton l'accès tant désiré. Sous cet ordre muet l'antre décide enfin de s'ouvrir à peine.
Mais la pression devient trop grande, il faut qu'il l'agrippe comme un naufragé le radeau. Il attrape à pleines mains ses hanches qui tanguent et s'y arrime comme un désespéré. Sa main à elle a repris la place libérée et alors qu'elle se branle doucement, il poursuit en gémissant son exploration dans les terres inconnues. Et plus il y avance et plus elle se cambre. Et plus elle se cambre et plus il la pénètre. Et plus elle mouille et s'offre à son sexe conquérant. Son plaisir monte en vocalise et le sien, rauque, râle dans sa gorge. Polyphonie en aigu et en grave des sensations interdites qu'ils se donnent. Elle s'arcboute, il la prend toute, et le cri gutturale qui sourd de sa bouche témoigne du plaisir que lui infligent les vagues de jouissance de la belle.
Il l'enserre par la taille en contre moule parfait. Il est blotti tout contre elle qui sourit. Il recommence sa litanie susurrée :
"tu es si belle, si désirable. Je te veux encore, encore, encore... "
Crédit photo : Studio-F
05:50 Ecrit par Gicerilla dans Eros | Lien permanent | Commentaires (19) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sodome et gomorrhe
28 octobre 2008
ELLE - Echo à la Grenouille
Le déjeuner a été fixé Chez Paul à 12h30.
Alors que je me prépare dans la salle de bain des idées de toute sorte me viennent à l'esprit. Réflexions importunes que je chasse immédiatement comme autant de mouches qui l'été vous agacent la peau, facilement effarouchées et pourtant diablement pugnaces et entêtées. Traduction d'un trait de mon caractère qui m'agace si souvent. Besoin de plaire ? Besoin d'emporter la mise sinon je ne joue pas ?
Pourtant aucun enjeu sur le tapis de feutrine, aucun jetons à récupérer d'un habile coup de râteau. Non, rien à gagner mais rien à perdre non plus. Juste accepter pour quelques uns d'abandonner cet anonymat si confortable, grâce auquel je peux exprimer qui je suis, sous toutes mes facettes, même celles les plus intimes, sans crainte d'être hâtivement cataloguée ou reconnue pour ce que je ne suis pas. Anonymat synonyme de liberté. Liberté totale.
Et alors que j'épaissis de mascara mes cils noirs je me dis que je vais perdre aux yeux de certains cette part d'inconnu que je chéris. Ma reddition fut étonnamment facile et Waid n'avait pas eu à m'assiéger longtemps pour que je cède. En effet, la perspective de rencontrer quelques bloggeurs chers à ma curiosité avait gommé mes doutes. Mais maintenant que l'heure approche, ils reviennent en force avec leurs arguments plus convaincants. Qu'ai-je à retirer de cette rencontre qui ne durera peut-être que le temps d'un plat du jour et d'un expresso ? Cela ne va vraisemblablement pas changer le cours de ma vie ni la transformer. D'où vient cette retenue dès lors ? Tout simplement de la crainte idiote de ne pas correspondre à l'idée qu'ils ont forcément construit de moi. Suis-je la seule à y penser ? Car évidemment, le virtuel a cela de dangereux que l'image que l'on donne à voir n'est pas celle qui est vue in fine et chaque visiteur déforme, transforme, façonne cette image à sa manière en fonction de ses propres émotions... C'est bête, je sais, mais on ne se refait pas.
Voilà, je suis prête. Une dernière touche pour peaufiner mon maquillage, un peu de gloss rosé. Pour me faire bien voir et tenter de les charmer. Je suis excitée comme une enfant qui pour la première fois va faire un tour de grand huit avec la peur aux tripes à cause des loopings. Je claque la porte en me demandant si les lignes de mon portrait dessiné par mes mots se confondront avec celles du calque de moi qu'ils auront esquissé.
Nous étions sept, quatre femmes (plus moi) et deux hommes. Courageux, les hommes. Pas prétentieuses, les femmes, justes délicieuses, forcément... Une compagnie agréable. Rassemblement improbable de gens d'horizons différents aux personnalités variées et attachantes. Du rire, du vrai, de l'authentique qui ne triche pas. De la retenue pour certains, évidemment tous ne sont pas aussi extravertis que moi. De l'humour. Un peu d'érudition artistique ponctuée de plaisanteries de plus ou moins bon ton ! Un repas succulent rendu encore plus goûteux à mesure que les langues se délient et que la complicité s'installe.
Pour y voir plus clair, faites donc un détour vers Voyages de Nuit car ici tout est flouté. Anonymat oblige...
La morale de cette histoire ?
Quelle que soit la nature des ingrédients et leur nombre, lorsqu'ils sont naturels et de qualité, la recette finale est toujours savoureuse.
06:30 Ecrit par Gicerilla dans Rubrique à brac | Lien permanent | Commentaires (19) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : paris carnet sur mesure
25 octobre 2008
ELLE - Rencontre titanesque

QUAND ROUGE M'INVITE
Elle pleure des larmes de sang.
Son visage dégouline. Ses mains tentent d'endiguer le flot mais tout poisse son visage et ses yeux brûlent sous le mélange du khôl et du sang qui colle ses cils. Elle avance quasi à tâtons. Lumière entre chiens et loups. Comment a-t-elle fait pour se retrouver au milieu de la forêt ? Sa mémoire vacille comme elle sur ses jambes qui la soutiennent à peine. Une extrême faiblesse l'oblige à s'appuyer aux troncs râpeux que ses mains rencontrent. Autant de cannes géantes pour ne pas tomber. Que fait-elle là, comme enivrée ? Ah, oui ! Elle n'a pas vu la flaque d'eau dans le virage. La lumière déclinante et l'averse torrentielle l'ont occultée à sa vue. Elle se souvient maintenant. Des images neigeuses comme privées d'antenne reviennent en vrac. Ca grésille dans sa tête. L'aqua-planning, ses cris stridents, désespérés, alors qu'elle freine au lieu de décélérer. Il lui avait toujours dit d'utiliser le frein moteur, comme sur le verglas. Elle est partie en spirales, infinies, violentes. Et puis ses cris qui l'assourdissent, sa peur panique, non je ne veux pas mourir, pas maintenant...
La pluie a cessé mais ses vêtements sont détrempés. Et puis ce mal de crâne. Et puis tout ce sang qui coagule sur son visage comme un masque de boue. Vite, trouver quelqu'un. Trouver un chemin. Et puis cette faiblesse constante, les jambes en guimauve, le cœur qui bat trop vite, le souffle qui s'affole dans ses poumons. "Calme-toi, mais calme-toi nom de nom !" Elle s'assoit un instant sur un tronc. Il fait de plus en plus gris et elle doit plisser les yeux pour capter le peu de lumière qui reste. Des hululements au loin la font sursauter. Son cri a fusé qui l'effraie elle-même. Sa main sur son cœur. A fleur de peau, elle écoute la forêt qui frémit.
Subitement, un craquement. Elle se lève brusquement, se plaque contre le tronc de l'arbre le plus proche, aux aguets comme une biche acculée. Un sanglier ? Oh, non, pas ça ! L'ouïe tendue saisissant le moindre souffle. Ca craque, des pas. Ça avance vers elle. La nuit qui tombe assombrit les alentours. Devant elle l'ombre s'étend. Une silhouette gigantesque englobe dans son ombre les arbres autour d'elle. C'est impossible. Une hallucination. Un homme titanesque vient vers elle à pas lourds. Elle lève la tête pour le voir mais il semble qu'il est bien trop grand et sa tête se perd dans la nuit qui tombe trop tôt.
Il est affreusement velu et sa peau semble noire tant elle est recouverte toute d'un poil dru. Ses membres sont tordus comme des ceps de vignes et en dépit de leur difformité les muscles sont saillants et puissants. Son visage est inondé de poil et seuls ses yeux étonnamment clairs et enfoncés dans des cavités oculaires dignes de Cro-Magnon éclairent son visage. Il respire en ronflant comme une espèce de chaudière infernale. Elle se plaque plus encore, priant de devenir aussi rugueuse et sombre que l'écorce mais sa peau blanche tranche sur le fond foncé. Elle retient son souffle. Ses yeux glissent du front de l'homidé à son torse gigantesque puis à son ventre suivant la ligne de poils denses qui semble scinder en deux son ventre. Là, un cri d'effroi étouffé, sa main sur sa bouche, ses yeux qui partent en vrille pour ne plus voir. Entre ses cuisses, un sexe immense qui bat la cadence au rythme de ses pas. Pendule colossal et démesuré dont la vue la tétanise. Elle est hypnotisée par cette incongruïté mâle, source d'effroi. Il grogne et renifle l'air. Il l'a sentie, il la voit maintenant. Elle en est sûre. Il s'approche d'elle.
Des relents d'eau croupie et de goémon l'accompagnent qui assaillent ses narines. Elle veut courir, fuir mais elle ne voit plus rien et lui semble nyctalope. Il n'est plus qu'à 5 mètres, planté en arrêt devant elle. Un éclat brillant, un reflet sous la lune. Dans sa main droite, une serpe aux reflets bleutés. Une serpe ! Elle se voit morte. Elle ne peut s'empêcher de crier. Son cri ricoche, strident, l'épouvante en vocalise. Il se fige, étonné. Il regarde le ciel, sa tête tourne dans tous les sens. Il porte ses mains à ses oreilles comme incommodé. Elle crie toujours mais son souffle s'épuise et ses cordent vocales se brisent.
Le silence retombe avec le désespoir sur ses épaules. Elle s'écroule au pied de l'arbre alors qu'il s'approche encore et s'accroupit. L'air qui se déplace à ses mouvements est comme une brise violente qui glace l'eau sur sa peau frissonnante. La terre tremble quand ses deux genoux touchent terre. Elle, elle voudrait se terrer comme un animal, disparaître sous terre, descendre aux Enfers, tout mais pas ça. Il tend sa main gauche vers elle. De l'index il touche sa tête et elle hurle encore. Il va l'écraser comme un moucheron, c'est sûr, alors elle crie encore plus fort alors qu'elle n'en peut plus. Il arrête et la regarde, agacé. Il fronce les yeux. Quel est cet insecte capable de lui vriller ainsi les tympans ? Il faut en finir. Elle sent le danger. Son bras droit se lève, immense comme une colonne de temple et au bout de sa main la serpe géante. C'est la fin. Il va frapper, elle va mourir. Et la serpe argentée s'abat. Plus rien. Le silence...
Le silence règne. La forêt a cessé de vivre et de vibrer. Le soleil se lève lentement sur un ciel bleu délavé. Plus un nuage ne tache l'horizon. Un mal comme les mâchoires d'un étau qui lui serre les tempes. Elle ne sait plus où elle est. Le front sur le volant. Elle est dans sa voiture. Le sang collé aux cils, une douleur lancinante dans tout le corps. Où est-elle ? Ah, oui l'accident ! Mais alors, cette nuit... Un cauchemar. Mais oui, c'est ça, son dernier cours de mythologie aux enfants avant de prendre la route. Cronos le titan avec sa serpe qui envoie dans les ondes le sexe de son père. Ce sexe qui éjacula le début de l'humanité. Tout se met en place doucement.
Elle sourit, elle est en vie...
Le défi de Rouge : raconter une petite histoire qui pourrait s'intituler "Un Géant s'est égaré dans la forêt"... (contrainte: l'écrire au présent!)
* * * *
Quand mon Imago préféré illustre à chaud mes notes :

05:34 Ecrit par Gicerilla dans Rubrique à brac | Lien permanent | Commentaires (17) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : rouge, défi, collection de plaisirs minuscules
22 octobre 2008
ELLE - Quand le sang parle

Connaissez-vous de ces élans qui vous prennent aux tripes comme un malfrat au détour d'un chemin ?
Connaissez-vous de ces mélodies qui vous colonisent pire que le plus fulgurant des virus et qui vous laissent sans défenses, à la merci d'émotions ancestrales qui ne vous appartiennent même pas et que pourtant vous hébergez ? De ces musiques anciennes, de ces rengaines qui font sortir de vous des émotions oubliées que vous n'avez jamais vécues pourtant ? De ces rythmes qui se saisissent de vous et qui vous transforment en halluciné à l'instar du plus puissant des vaudous.
Avez-vous jamais senti cet engouement qui monte du tréfonds de vous comme un écho à un message crypté dans vos gênes ? Qui vous galvanise et vous fait ressentir à quel point vous appartenez à une culture, tout en sachant qu'aucun raisonnement jamais ne vous rendra capable de vous détacher de cet empire qu'elle a sur vous pour toujours ? Oui, on nait quelque part et on est ce quelque part aussi. Rien ne peut jamais nous couper de nos racines. Aucune distance ne sera assez grande pour effacer ce qui nous constitue culturellement et qui est imprégné en nous aussi profondément que nos gênes.
Un acte anodin sur Deezer. Chercher les musiques de mon enfance, moi qui fus élevée aux sons du biniou et de la bombarde. On ne renie pas facilement ce qui inconsciemment nous façonne. Les années 70. Les marées d'équinoxe et la chasse aux tourteaux et aux crevettes avec ma Mère. Moi, en maillot de bain rayé blanc et bleu, fiérote avec mon épuisette plus haute que moi. Mes lèvres de petite fille qui articulent un jargon seul connu de moi, traduction Gicerillenne du breton chanté par Alan Stivell que mes oncles me repassent en boucle quand je suis avec eux. Chant fredonné comme une invocation mystérieuse aux dieux de la région alors que je suis ma mère sur les rochers tranchants. Chant comme une prière pour me faire trouver le plus gros des crabes et emporter l'admiration de mon père.
Deezer n'est pas très généreux, preuve que si la harpe celtique fut un temps en vogue elle ne l'est plus autant. "Tri Martolod". Est-ce l'une d'elle ? Je ne sais plus. Je l'écoute et subitement je sens mon sang breton sautiller aux rythmes des cordes pincées faisant surgir en moi l'indéniable vérité ridicule. Je suis d'origine bretonne et bretonne jusqu'à la fin je resterai. Impossible de se défaire d'un élément qui me constitue. Nul besoin de fest-noz ni de chouchen à haute dose. Le sang de mes origines parle et fait taire les reniements qui accourent pleins de vergogne. En effet, je suis parisienne clamé-je haut et fort comme la plus noble des revendications, comme s'il existait une hiérachie nobilaire silencieuse, mais reconnue par tous, dans nos origines. Comme s'il y avait plus de gloire à être parisienne que bretonne ! Jamais été indépendantiste, encore moins pour l'enseignement du breton à l'école au détriment du français et me voilà prise dans un tourbillon d'émotions en tapant du pied. Manquerait plus que je danse la gavotte en frappant fièrement du sabot, la coiffe bigoudène altièrement portée !
Et me voilà à m'interroger. Serait-ce même phénomène qui fédère sous une même bannière ceux qui vont au combat ? Ces émotions sont-elles jumelles à celles ressenties par les soldats qui chantent des chants nationalistes pour justifier qu'ils vont bientôt mourir en défendant leur patrie ? Cette énergie là n'est-elle pas faite de la même matière que celle qui nous fait lutter contre l'envahisseur et nous soulever comme un seul homme contre l'oppresseur ? Toutes révoltes, tous combats n'ont-ils pas de tout temps été orchestrés par l'homme cherchant dans des notes partagées à trouver le courage d'avancer et de croire ?
Le parallèle me laisse pleine de doutes car je ressens si bien, il me semble, la force qu'un chant peu insuffler à des belligérants qui, pourtant, dans le secret de leur alcôve prient pour la paix. On nait quelque part et ce quelque part est aussi gravé en nous sous forme de notes de musique sans que nous en ayons forcément pleine conscience jusqu'à ce qu'un jour, un Deezer ou un Youtube vous le démontrent.
Et bien moi j'ai le sang celtique. Et vous, qu'est-ce qui fait vibrer le vôtre ?
Découvrez Alan Stivell!
05:57 Ecrit par Gicerilla dans Rubrique à brac | Lien permanent | Commentaires (25) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : alan stivell, harpe celtique, musiques folkoriques
18 octobre 2008
ELLE - Envie brûlante

Gisèle arrive à l'hôpital comme toutes les nuits prendre la relève de 22h00.
Elle passe directement au vestiaire après avoir salué sa collègue à l'accueil. Elle se dévêt rapidement et le miroir en face d'elle lui renvoie son image. Un court instant, ses yeux s'attardent sur sa silhouette. Elle se dit qu'elle doit perdre un peu de poids. Ses lignes se sont épaissies ces derniers temps, depuis qu'elle mange n'importe comment, forcément avec ces horaires. Trois ans qu'elle est infirmière de nuit. Mais heureusement elle garde des courbes gracieuses, rondes mais gracieuses.
Elle enfile sa blouse blanche sur ses sous-vêtements de coton. Rien de sexy, que du confortable qui se lave à 60°. Les boutons de la blouse luttent pour rester coincés dans les boutonnières alors que celui du mitan de ses seins dérape constamment. Oui, il faudrait qu'elle perde un peu de poids. Mais au fond, de toute façon elle s'en fiche. Ses horaires de nuit l'empêchent d'avoir une vie sociale normale et elle ne croise plus depuis plusieurs semaines son voisin de palier qui lui plait tant mais qu'elle laisse indifférent. Elle a bien tenté quelques fois de lui parler en faisant sa coquette, mais le jeune-homme est resté poli sans saisir jamais les allusions discrètes que, contre son tempérament réservé, elle a osé faire.
Pourtant, sans être belle, son visage est fin, ses traits sont harmonieux quoiqu'un peu tirés par les nuits de garde, mais son front haut et intelligent et ses deux grands yeux vert d'eau donnent à son visage une forme d'élégance. Il en faudrait peu pour qu'on la remarque mais elle refuse de se maquiller comme au bureau. Cela ne sied pas à sa fonction. Qu'importe d'être apprêtée. Il faut être efficace, professionnelle, soignée sans sophistication. La maladie n'a que faire des fards théâtraux. La douleur se moque de la beauté. La maladie se traite au naturel. Un seul impératif, respirer la santé. C'est son crédo. Alors, juste un peu de fond-de-teint hâlé et un gloss sur ses lèvres. Elle fait saine. C'est ce qu'il faut. Seule la cascade de boucles blond cendré de ses cheveux est un révélateur de la sensualité qui l'anime, mais elle la met dans un carcan avec sa chevelure qu'elle enserre dans un chignon sévère qui la sécurise et donne du sérieux à sa mise.
Elle entame sa tournée des chambres. Dans la 3, tiens, un nouveau. Accident de moto, une jambe amputée au-dessus du genou. Il vient d'être rapatrié du service des Grands Brûlés de Cochin. Elle lit attentivement son dossier pour s'approprier les informations importantes. Le torse, un avant-bras et la deuxième jambe ont été sérieusement touchés. Brûlures au deuxième degré. Elle découvre son âge, 30 ans. Quel gâchis ! Elle prépare le chariot et y dépose tous les produits pour ses soins. Elle entre dans sa chambre. Il dispose d'une chambre individuelle, il lui faut beaucoup de repos.
Il dort. Son regard tombe en arrêt sur son visage comme un prédateur sur sa proie. C'est lui, Pascal Chevalier, son voisin. Son cœur s'emballe. La vie comme un pied-de-nez. Le convoité étendu, inerte, au teint blafard, tel un gisant sous le léger drap blanc qui recouvre son corps mutilé. Elle le contemple longuement avant d'avoir la force de faire son ouvrage. Ses yeux scrutent son beau visage où les blessures se sont refermées ne laissant que quelques égratignures rosées qui bientôt disparaitront.
Elle doit le réveiller mais veut encore profiter de ce hasard pour l'admirer. Après, il faudra être professionnelle avec un soupçon d'empathie bien sûr, mais surtout laisser la distance nécessaire à la sauvegarde de sa mission. Doucement, elle frôle son épaule et ses yeux s'ouvrent. Son regard flou la scrute mais ne la reconnait apparemment pas. Puis, une esquisse de sourire et ses lèvres qui articulent "vous ?". "Il faut que je vous soigne" est tout ce qu'elle peut dire sans bégayer. Il la laisse faire en souriant pauvrement car elle va découvrir l'étendue de son infirmité. Revoir cette jeune-femme qu'il trouvait insipide, là, à son chevet, ouvrière de sa guérison lui parait une farce démoniaque. Elle soulève le drap qui glisse à ses pieds et refoule la pitié qui l'envahit devant sa jambe amputée. Surtout, ne rien montrer de sa tristesse, un si beau gars. Elle regarde avec une infinie tendresse ce corps dont elle entame le renouvellement des pansements. Alors qu'elle tourne les talons en silence il lui dit "merci".
Les nuits passent, les gardes aussi. Comme un rituel, elle finit sa tournée des chambres par la sienne. Il lui parle souvent, il lui confie avec pudeur, à demi-mots ses peurs. Et elle, elle les entend. Peurs de ne plus plaire, de ne plus vivre comme avant, d'affronter le regard des autres, de ne plus être aimé et sans le dire pourtant, la peur majeure qui sous-tend toutes les autres, peur de ne plus bander. Et elle, toutes les nuits elle observe son sexe inerte et se désole.
Plus les nuits passent et plus, sans le savoir, il la séduit. Plus les nuits passent et plus, sans le vouloir, il la désire. Plus les nuits passent, et plus elle ne pense qu'à lui. Il ne le sait pas, mais sous la douche, ses mains s'attardent entre ses cuisses. Il ne le sait pas mais, sous la blouse, la dentelle a remplacé le coton sur des formes qui doucement s'amincissent.
Voilà un mois ce soir qu'elle le soigne. Comme d'habitude elle termine sa tournée par lui. Il semble dormir déjà. Elle s'approche à petits pas légers. Son regard glisse le long du drap. Un choc. Une silhouette, là, au creux de ses cuisses la prend au dépourvu. Il bande dans son sommeil. Comment faire alors pour le réveiller sans le mettre mal à l'aise. Elle n'ose et pourtant une attirance incoercible lui fait prendre le tube d'onguent. Doucement, elle commence à masser son ventre tentant de chasser l'obsession née de la vue de son sexe dressé. Irrésistiblement ses mains luisantes descendent et effleurent son sexe. Elle le frôle amoureusement, le caresse à peine, des larmes au bord des cils.
Soudain, une main crispée sur son avant bras, un sourire sur ses lèvres. Elle a sursautée, elle a même crié, prise en flagrant délit. "Excusez-moi" est tout ce qu'elle peut prononcer, le rouge au front. "Non, je vous en prie, continuez..." Ses yeux sont arrimés aux siens. Elle y lit comme une prière, un espoir fou. "Je vous en prie !" Alors, envahie par un élan dont elle refuse d'accepter le nom, elle recommence lentement le ballet de ses mains sur sa queue qui durcit. Irrésistiblement, sa bouche s'approche avec envie. Sa langue s'aventure sur sa peau si lisse et la voilà qui le lèche goulument. Elle oublie sa fonction, elle oublie où elle est. Elle n'est plus infirmière en blanc, elle est femme qui désire et qui vit. "Ôte ta blouse, vite, s'il te plait" Elle obéit, tremblante, et dévoile les dentelles qu'elle lui destinait en secret. D'un geste précis, elle dénoue ses cheveux qui dégoulinent en boucles fluides sur ses épaules rondes. Une Madonne révélée. "Viens, viens chevauche ma bouche, laisse-moi te goûter." Elle obtempère. Ses mains fébriles qui écartent le string et sa fente onctueuse offerte à ses lèvres affamées qui la baisent. Ses mains qui se saisissent de ses fesses et qui les écartèlent. Sa langue qui s'immisce partout en elle, et elle qui gémit en même temps qu'elle se penche. Elle le suce et le gobe, le polit de ses lèvres. Il la lèche, il la fouaille. Le plaisir monte lentement et ils le font durer. La chambre tente en vain d'étouffer la mélodie de leurs gémissements quand soudain un écho de plaisir ricoche dans le couloir, inondant de bonheur le sommeil des dormeurs.
Et c'est ainsi que par Gisèle, Pascal retrouva le goût de la vie !
17:23 Ecrit par Gicerilla dans Eros | Lien permanent | Commentaires (22) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : altruisme érotique, infirmière, fantasme
15 octobre 2008
ELLE - L'expédition

"Mais où as-tu rangé les jumelles ?"
"Ben, là, dans la mallette bleue." Valérie et Pascale se sont levées très tôt. Derrière les persiennes, la brume matinale opacifie tout. Comme une gaze extra fine jetée sur la végétation. L'épaisseur de la canopée empêche les rais du soleil levant de passer, trop faibles encore. Elles se sont vêtues comme le guide le leur a recommandé. Pas besoin de douche ce matin. Ca les gêne un peu, forcément, mais elles se consolent en se disant que c'est pour la bonne cause. De toute façon, à cette heure là, le campement dort encore et les serveurs n'ont pas encore rempli les réservoirs d'eau chaude. On dirait deux exploratrices tout droit sorties d'une BD de Hergé. Il ne leur manque que le casque colonial. Ce qu'étonnamment leur chemise de cotonnade kaki légère cache ce sont les dentelles de Calais, rouge incandescent, de Lise Charmelle et Chantal Thomas qu'elles ont toutes deux achetées avant de quitter Paris...
Le départ aura lieu à 6h00 et il convient de ne rien oublier. La check-list est vérifiée et les sacs à dos remplis des éléments indispensables à la réussite de l'expédition. Jumelles, gourde d'eau, un flacon de parfum phéromoné à bloc selon la recette élaborée par les laboratoires de la société organisatrice, des barres de Mars, des cacahouètes grillées, des bouteilles de bière blonde glacée ensachéeS dans des sacs thermos, un décapsuleur, un microphone miniature et des baffles d'Ipod. Le tout pèse un âne mort mais ne se sont-elles pas entrainées un mois entier ? Au menu journalier, randonnées de 4 heures avec 700 mètres de dénivelé, paquetage de 10 kg. Elles sont prêtes, excitées.
Le guide, un vénézuélien au visage parcheminé, les a rejoint. "A partir de maintenant, on ne parle que si c'est absolument nécessaire." Il roule les r plaisamment et le e dans sa bouche devient é ! Il tient fermement le manche d'une machette en métal rustique. Un avant-goût de l'aventure qui les attend. "Evidemment, ici pas de garde forestier donc le sous-bois est dense, peu praticable. Vous resterez à tout prix derrière moi. Le parcours comporte environ 3 kilomètres de sous-bois sombre qui débouchera sur un sorte de plaine vallonnée où la végétation se raréfie. Il y aura encore 4 kilomètres avant d'arriver à la zone. Il y a un fleuve où ils viennent s'abreuver. Il ne faudra pas chômer car le soleil sera déjà haut et tout retard risquerait de nous les faire manquer !"
Elles sont nerveuses. L'idée de les manquer après un si long voyage les rend impatientes. Oh, bien sûr, il y aurait encore deux autres tentatives possibles avant le retour. Mais elles ont besoin impérativement de réussir le premier jour car après il faudra tenter de les apprivoiser. Ils entament la marche en silence. Il est 6h00 précisément. Une sorte de sherpa amazonien ferme la marche, une lance qui parait bien dérisoire dans sa main droite. Les feuilles et les branches cassées du sous-bois craquent sous leur pas. Comme une mélodie qui berce leur avancée laborieuse mais cadencée. La sueur perle sur le front des dames, et des mèches de cheveux blond et brun collent des accroche-cœurs à leur visage. Le silence qui règne est un mensonge qui éclate en milles frictions, susurrements, criaillements, hululements et autres sifflements. L'humidité qui flirte avec 80 % rend la progression épuisante mais dans 10 minutes ils y seront.
"C'est ici" prononcé par le guide tombe comme un soulagement. Ils déposent leurs sacs. A partir de maintenant les deux femmes connaissent par cœur leur mission. D'abord scruter les ombrages et le bord du fleuve pour repérer un ou deux grands mâles. Tous les articles contenus dans les sacs sont étalés sur une couverture comme des outils de chirurgien organisé. "Là !" Le cri a jailli de la gorge de Pascale qui trépigne. L'excitation gagne les deux visages qui rougissent et se crispent. C'est vital. Chaque geste va compter. Un grand mâle est devant à 100 mètres. Vite, trouver le sens du vent, s'asperger de parfum et se mettre sous le vent. Le microphone est branché sur les baffles en attente. Le guide prend la relève aux jumelles. "Ca y est il a levé le nez. Il renifle l'air. Il se dirige par ici !" Les filles frémissent. La tension est intense, insoutenable. La bête est à 30 mètres, il les a repérés. Il est pétrifié, inquiet à l'allure agressive. Il n'avance plus. Alors Valérie prend une bière glacée et place le goulot devant le micro que Pascale lui tend. Les baffles répercutent au loin le psssiiiccchhhhtt révélateur et le mâle évidemment appâté reprend doucement sa progression. Prestement, Valérie déchire le papier craquant d'une barre de Mars et le bruit écorche le silence, car la nature intriguée s'est tue. L'effet escompté est immédiat, il accélère son pas. Il se dresse sur ses pattes arrière à 10 mètres du groupe. Les filles ouvrent les sachets de cacahouètes et en jettent quelques unes dans sa direction. Il les attrapes au vol, il semble s'amadouer. Il n'est plus qu'à 5 mètres.
Le tour est presque joué. Le guide a préparé le filet dans l'ombre et se tient prêt. Alors, lentement, très lentement pour ne pas l'effrayer, les filles tombent un a un leur vêtement. Le mâle semble fasciné et ne peut les quitter des yeux. Il a cessé de dévorer les arachides pour les regarder. Elles sont toutes deux en sous-vêtements rouges, appétissantes comme le péché. Le mâle râle doucement et vient en tendant une main curieuse. Les filles se laissent toucher sans bouger, le cœur battant la chamade, partagées entre l'envie et la peur. C'est alors que le guide jette le filet aussi précis qu'un rétiaire et l'amazonien l'aide à le ficeler. L'homme se débat, rue, tempête mais le guide lui injecte une dose de calmant. "C'est un beau spécimen. Le numéro à son oreille me signale que cela fait un an qu'il a été relâché. Ca explique qu'il ait été si réactif aux stimulis. Il ne devrait pas être trop long à amadouer !" Valérie regarde Pascale, des larmes au bord des cils. "Dis, laisse-moi celui là. Il a les yeux bleus et il est brun. Tu sais comme j'aime les bruns ! Allezzzz." "Bon à la condition que tu me le prêtes si jamais je n'en trouve aucun, hein ?"
La chasse à l'homme, Mesdames, et si jamais demain cela devenait vrai ?
+ + +
Voilà ce que la campagne AIGLE "Pour la réintroduction de l'homme dans la nature", orchestrée par BETC EURO RSCG et publiée en décembre 2007 m'inspire.
Vous ne la connaissez pas ? A mon avis, elle fait partie des meilleures pubs jamais faites pour des articles de sport. Surtout, allez voir leur site, c'est extra !
05:16 Ecrit par Gicerilla dans Rubrique à brac | Lien permanent | Commentaires (18) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : aigle, agence betc euro rscg, reintroduction de l'homme dans la nature
13 octobre 2008
ELLE - Une nuit avec moi

Il est des situations où il ne faut pas hésiter à de payer de sa personne.
J'en arrive à cette extrémité comme certaines femmes acculées (radical qui en dit déjà si long) à vendre leur corps. Il est des moments dans la vie où l'on se voit obliger de rejouer Nana de Zola, mais pour de bonnes raisons. J'ai résisté, j'ai tenu bon, je vous assure. J'ai épuisé toutes mes ressources et pourtant, comme ces femmes d'hier et d'aujourd’hui, je me vois contrainte sans aucune échappatoire. Voilà la seule issue pour qu'enfin s'accomplisse mon vœu le plus cher et pour cela je suis prête à aller au-delà de toutes mes préventions, de toutes mes appréhensions et s'il le faut, jusqu'à accepter qu'un homme couche avec moi.
Oh, bien sûr, dans d'autres circonstances mes seuls moyens auraient suffis et je serais parvenue à mes fins sans devoir avoir recours à ce procédé plus racoleur que le brésilien de Boulogne. Hélas, je me lamente mais aucune alternative ne s'offre à moi. Alors voilà. J'offre une nuit complète avec moi à tout homme qui parviendra à m'emmener là où j'ai tant de fois tenté d'aller et où j'ai tant de fois échoué. Je lui donnerai tout mon temps et toute mon attention lorsqu'il la voudra. Le temps d'une nuit qui sera infinie et blanche, forcément. Je lui donnerai à voir ce qu'il n'a jamais vu et même le plus blasé des hommes, j'en suis persuadée, tombera sous le charme et restera éveillé sans que je doive pour cela épuiser tous mes philtres et autre sorcellerie de bonne-femme. Je le trouverai spirituel et rirai, complètement subjuguée, à ses mots d'esprit même s'ils sont déplorables. Il boira du champagne frappé dans des flutes de cristal et le son des verres qui échangent nos vœux mêlés rythmera l'écoulement merveilleux de la soirée. Et lorsqu'épuisés enfin nous voudrons prendre un peu de repos, nous partagerons la couche aux draps blancs immaculés. Il sera étendu à côté de moi, ses yeux rivés au ciel comme les miens, tanguant un peu et bénissant les dieux pour cette rencontre hors du commun.
Et puis si aucun homme digne de ce nom ne parvient à accomplir l'irréalisable, j'accepterai volontiers la participation de ces dames. Evidemment, les réjouissances proposées seront les mêmes, mais nous les conjuguerons au féminin pour celles qui n'ont peur de rien.
Hum, mes mots ont-ils suffisamment échauffé votre curiosité, que vous soyez homme ou femme ? Etes-vous prêts maintenant à entendre quelle sera votre contribution à ce prix inappréciable ? Et bien il s'agit de décrocher la réservation aléatoire d'une nuit dans l'hôtel éphémère Everland, perché sur le toit du Palais de Tokyo à Paris.
Pour ceux qui ne connaissent pas ce projet arti, voici comment les promoteurs de l'idée le définissent :
"L'hôtel Everland est un projet du couple d'artistes suisses L/B (Sabina Lang et Daniel Baumann). Ils se sont fait connaître par leurs installations qui abordent les domaines de l'architecture et de l'espace invitant très souvent le spectateur à participer. L'hôtel est constitué d'une seule chambre, équipée d'une salle de bain, d'un lit double et d'un lounge. Cette chambre, aux dimensions généreuses, incarne le fantasme même de l'hôtel, de la conception architecturale allant jusqu'à la mise en scène des moindres détails, en passant par les serviettes de bain brodées au fil doré incitant à la cleptomanie. Tous les hôtes d'Everland deviennent partie intégrante de l'œuvre d'art.
L'organisation de l'exploitation est également conçue par les artistes. Tous les aspects du fonctionnement d’Everland sont des éléments importants faisant partie de l'idée artistique: La chambre ne peut-être louée que pour une nuit, le minibar est garni et gratuit, il y a un tourne-disque avec une collection de vinyles de choix, le petit-déjeuner est servi dans la chambre et pour finir, il est même possible de subtiliser les serviettes de bain brodées."
Imaginez-vous cela un instant ? Paris et la Tour Eiffel illuminée à vos pieds et la tête dans la nuit étoilée de la plus belle capitale. Allez voir le site et vous comprendrez immédiatement pourquoi je suis prête à partager cette nuit de rêve avec un ou une inconnu(e) qui, avec moi, deviendra pour la première fois partie intégrante d'une œuvre d'art.
Je jubile déjà à l'idée que parmi vous il y en aura un ou une qui saura inventer un programme informatique chiadé pour décrocher immanquablement la prochaine réservation. Car vous ne l'avez peut-être pas encore compris, mais la chambre est déjà réservée pour les 60 prochains jours et la prochaine nuit sera mise en vente un jour donné à un moment aléatoire de ladite journée. Alors, à moins de louer les services d'un petit chinois clandestin d'accord pour rester devant l'écran des jours entiers, sans fermer les yeux un seul instant pour ne pas louper THE moment, il faudra bien faire preuve de créativité. Et c'est là que vous intervenez. Vous réussissez là où j'ai échoué, je vous voue une admiration ad vitam et vous gagnez non seulement une soirée avec moi si vous voulez oui sinon toute ma fugace reconnaissance. Et, bien sûr, c'est moi qui paie...
Allez, à vos claviers. Fébrile, je vous attends et surtout, surtout, réussissez !
PS : La prochaine nuit Samedi, 13 décembre 2008 est mise à disposition le 14 octobre 2008 à une heure fortuite sur cette page.
PS bis : euh, évidemment pour ceux qui n'auraient pas compris, je couche pas, hein, j'offre le champagne c'est tout !



05:51 Ecrit par Gicerilla dans Rubrique à brac | Lien permanent | Commentaires (28) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : everland, projet arti, sabina lang, daniel baumann, palais de tokyo
10 octobre 2008
ELLE - L'hallali de l'orange
Aujourd'hui, j'avais rendez-vous avec Dominique.
Ce rendez-vous tant attendu depuis que la révélation me fut donnée à voir (ici impérativement avant de poursuivre s'il vous plait, un peu de discipline quoi !). Nouvelle Soubirous aveuglée par l'espoir. J'arrive à l'institut, petite boutique étroite où règne un blanc virginal. Epure, lumière tamisée, sérénité égrenée en notes musicales new-âge. Impression de propreté, couleur du miracle médical qui ici s'opère. Le blanc donne du sérieux à l'ensemble, un aspect clinique qui rassure et vous conditionne. Ici, ça va marcher !
Une jeune-fille pâle aux grands yeux clairs m'accueille, sorte de madone scandinave dont les traits de porcelaine m'hypnotisent. Elle est tout simplement belle. Un ange. Un ange vêtu de blanc, mais ne le sont-ils pas tous ? Il ne manque que les ailes. Ne sont-ce pas là des traces de duvet sur son dos ? J'hallucine, je me ressaisie. "Bonjour, j'ai rendez-vous avec Dominique" lui dis-je avec l'espoir qu'elle me réponde "c'est moi". "Un instant, je vais voir" est tout ce qu'elle répond et se dirige vers le fond. Elle revient escortée d'un homme, un géant. Je le reconnais, je panique. Mes yeux doivent faire des spirales déboussolées cherchant la sortie.
Il me sourit. Je n'ose affronter son regard de peur qu'il ne me reconnaisse. C'est le grand brun du fitness. Le beau gars dont j'avais repéré le tatouage sur l'épaule musclée. Il s'est inscrit il y a peu et je l'ai tout de suite remarqué. Un mètre quatre-vingt dix, la mâchoire de carnassier, de grands yeux noirs aux cils de biche et un physique à se damner. Tout en proportions et en équilibre. Mais là, non, c'est impossible. Il ne va tout de même pas me Lumicell-er !!
"Suivez-moi". Nous arrivons dans une salle aveugle vert amande. Aucune fenêtre sur l'extérieur. Mais qu'a-t-on à cacher ici ? Une fontaine gargouille doucement dans un coin de la pièce et un parfum puissant d'huiles essentielles imprègne l'atmosphère. Au milieu, le lit de ma torture à venir et, planté à côté comme un tortionnaire sans cagoule, le Lumicell lui-aussi de blanc vêtu. Sorte de R2D2 du palper-rouler. De sa voix chaude le masseur m'enjoint à me déshabiller. Quoi, déjà ? "Il vous faudra passer ce string jetable". Je prétends être à l'aise mais au fond je me liquéfie et la pudeur me tétanise. Il n'y a pas de cabine, pas de peignoir. Juste un porte-manteau dans un angle avec une chaise. Heureusement, il ressort et je me dépouille prestement de mes vêtements, vite avant qu'il ne rentre. J'enfile le string. Trois tailles trop grand, j'ai l'impression que devant il me manque quelque chose. Un kangourou qu'aurait la poche vide, sorte de poche marsupiale ayant perdu sa progéniture en sautant... très seyant. Mon ego en prend un coup mais je ne vais tout de même pas lui montrer ma petite boutique dès le premier rendez-vous, non !
Il revient et sous sa blouse blanche j'imagine ses muscles parfaits qui roulent et me font tanguer. Sourire émail diamant. Il a tout pour plaire et je frémis. "Mettez-vous sur le ventre s'il vous plait." Je feins l'indifférence mais à l'intérieur une voix affolée crie "non !". Soudain, un frisson géant comme ses mains qui me badigeonnent d'huile chaude. Elles se glissent partout, dérapent dans les replis. J'ai des vapeurs tout d'un coup alors que mon martyr n'a pas encore commencé. On me donne un goût de ciel avant celui de l'enfer. L'interrupteur. Un vrombissement venant du ventre de la bête. Mon éphèbe saisit l'unique tentacule qui sort de l'appareil et je vois se dresser au-dessus de moi la bouche cyclopéenne et rougeoyante qui va me trans-modeler. De sa main droite, il plaque sur ma chair la gueule qui subitement m'aspire. Un bruit de ventouse et de succion indécentes inonde la pièce. Mes cellules adipeuses crient et enfoncent leurs ongles dans ma chair pour mieux s'y accrocher. Ca pince, ça tire, mais elles se liguent main dans la main en une chaine de résistance. Hélas, sans pitié, la bête suce et roule entre ses lèvres chaudes ma peau d'orange. Les infra-rouges, comme une haleine infernale, chauffent pour mieux amollir la viande à mâcher. Mes chairs sont à l'agonie, je serre les dents pour que leur cri torturé ne passe pas le sas de mes lèvres. Le visage enfoui dans le coussin, j'étouffe force grimaces. Clin d'œil du beau gars ? L'huile utilisée embaume les zestes d'agrume. Soigner le mal par la mal ? Par le mâle aussi, et je suis crucifiée par l'idée qu'il voit maintenant onduler en vagues écœurantes la graisse qui engorge mes formes. Il manipule la tête chercheuse entre mes cuisses, sur mes fesses. Aucun centimètre de peau n'est laissé au hasard et comme un réconfort après la souffrance, sa main gauche qui étale sans fin l'huile que la bouche mécanique déplace. Caresses professionnelles qui pourtant me transportent en même tant que le malaise m'envahit. N'aurais-je pas aimé en effet qu'il me voie dans cette tenue mais autrement. Là, c'est fichu, je n'oserai jamais plus le croiser dans la salle de gym et tel le rêve de Perrette mon espoir de conquête s'en va à l'eau.
"Voilà, la séance est terminée. Je pense qu'avec une douzaine vous devriez voir un véritable résultat" me conseille-t-il alors que je descends du lit, le postérieur et les cuisses rougis par ses efforts, souhaitant en mon for que ce fut par la faute d'autres que ceux-là ! Je me rhabille rapidement, vite, fuir, être dehors, qu'il ne me reconnaisse pas. Nous prenons rendez-vous pour dans trois jours. Il m'ouvre la porte, je me crois sauvée quand il me dit alors :
"Euh, excusez-moi. Ne seriez-vous pas membre du club Harmony à M... ?"
05:24 Ecrit par Gicerilla dans Billet d'humour | Lien permanent | Commentaires (21) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cellulice, cellu m6, lumicell touch, peau d'orange
07 octobre 2008
ELLE - Les Métamorphoses
Provatina se hâte en direction du temple.
Elle apporte aux Dieux des présents pour la guérison de son père. Sur le chemin, son regard croise pour la première fois les yeux d'un jeune berger dont le chien sautille en battant de la queue. Ses boucles auburn rougeoient au soleil de midi. Lorsqu'elle passe devant lui, la pudeur lui fait baisser la tête mais déjà elle sait, son cœur vient de lui parler. Le jeune-homme la suit du regard et dans un élan incontrôlé la suit de loin jusqu'au pied des marches du temple. Par respect, il s'en retourne, bouleversé. Son chien l'accompagne, calme et silencieux soudain. Lui aussi a compris.
Aux pieds de la statue des Dieux elle dépose son panier d'offrandes et s'incline, reconnaissante. Zeus la voit pour la première fois et s'émeut de sa beauté. Il décide de séduire cette jeune vierge.
Quelques jours plus tard, alors que Provatina se baigne nue dans le golfe qui étend au loin ses bras courbés comme une faucille, la musique des clochettes d'un troupeau lui fait lever la tête. Là, au-dessus d'elle, sur les hauteurs, son regard croise à nouveau celui d'Alepou, debout, entouré de ses moutons. La jeune vierge s'enfuit, troublée. Mais dès le lendemain et les jours suivants elle revient se baigner dans la crique et chaque jour la musique des brebis lui rappelle qu'il est là et qu'il la contemple.
Un jour, alors qu'elle se baigne espérant entendre la douce musique qui fait frémir son cœur, un dauphin bleu-gris surgit des flots. Il se met à chanter ses rires joyeux et tourne autour de la jeune-fille qui s'inquiète et tente de le repousser. Mais Zeus métamorphosé, s'obstine à jouer avec la belle. C'est alors qu'Alepou, surgi de nulle part, abat sa houlette sur l'eau pour l'effrayer. Le dauphin, frappé à la tête, plonge un instant et c'est Zeus qui ressort des ondes bouillonnantes, transformant sur le champ Alepou en un loup couleur feu. Provatina s'enfuie en criant, craignant la colère du Dieu et Alepou prend la fuite. Il s'étonne de sa rapidité et aperçoit sa figure dans l'eau. "Suis-je bien malheureux" veut-il crier mais seul un hurlement plaintif sort de sa gorge et il s'enfonce dans la forêt.
Provatina pleure son amour transformé et les jours suivants elle va l'attendre à l'orée du bois de myrtes. Alepou craintivement sort des frondaisons et vient frotter sa gueule contre le lin blanc de sa robe. Elle le caresse en se lamentant, et lui sent des larmes couler sur sa face qui n'est plus sienne. Au soleil tombant, elle repart vers la ferme, éplorée. Hélas, la faim le taraudant, le loup une nuit s'aventure dans l'enclos où ses brebis attendent son hypothétique retour. Il rampe en silence et saisit à la gorge un agneau de dix jours. La jeune-fille découvre la carcasse le lendemain non loin du lieu de leur rencontre. Elle craint les représailles contre celui qu'elle seule sait être son amour. Elle court au temple et implore Héra. "Héra je t'en prie contrecarre le sort jeté par ton époux jaloux". Héra ne peut rester sourde à cette prière et la découverte de la supercherie de Zeus provoque sa colère. Provatina retourne à l'orée du bois et l'attend. Et c'est alors que les branchages frémissent et elle voit arriver, nu, la chevelure flamboyante l'objet de son amour.
Elle s'approche de lui tremblante. Il est amaigri, mais son corps jeune et beau semble taillé dans du porphyre rouge. Il a les yeux fiévreux mais ses mains se tendent vers elle et ses bras amoureux s'ouvrent pour l'accueillir. Elle s'y précipite et il l'enserre, et ses lèvres avides cherchent les siennes et se lient avec force dans un baiser. Hélas, Zeus les voit et enrage. Les pouvoirs d'Héra sont peu de chose au regard des siens et par sa jalousie aveuglé il leur jette alors un sort inaltérable.
C'est ainsi qu'à la lune montante, Provatina devient brebis gracieuse et Alepou redevient loup famélique. Elle est saisie de panique. Il gronde et montre ses crocs. Provatina sait. Alepou sait.
Mais que faire contre les lois de la nature, que faire contre la folie des Dieux ?
+ + +
Texte inspiré par l'œuvre de Françoise Blanc-Dupasquier (ici), comme un hommage humble à Ovide.
Que les connaisseurs des "Métamorphoses" pardonnent mon audace.
05:47 Ecrit par Gicerilla dans Rubrique à brac | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ovide, les métamorphoses, la brebis et le renard
04 octobre 2008
ELLE - Comme une épine
Ce n'est pas forcément le plus proche de soi qui fait mouche.
N'avez-vous pas remarqué comment parfois, une personne à laquelle vous n'êtes pas particulièrement liée partage avec vous une pensée qui se révèle à votre égard très pertinente ? Le genre de message qui parait inspiré par une divinité réincarnée, tel Zeus, pour arriver à ses fins. En l'occurrence me faire voir la vérité. Ma vérité ? Récemment une relation qui s'éloigne par la force du courant et à qui je me confiais me suggéra avec simplicité "Attention M'dame : incapacité à aimer rime souvent avec refus d'être aimé(e)..."
Je lus et relus cette petite phrase. Je dis "elle est facile celle-là !" Réaction enfantine, c'est celui qui dit qui y'est ! Evidemment lire sous la plume d'un autre que moi ce que moi, peut-être, je ne veux voir m'incommoda. Pourtant elle resta brodée dans ma chair en petits points serrés, de ceux qui ne lâchent pas facilement. Un surjet bien dense. Et comme une couture inconfortable je n'arrive à me débarrasser de cette hypothèse qui m'embarrasse et me fait mal aux entournures. Par association d'idées comme seul le cerveau sait en faire, les mots fredonnés par Annie Lennox viennent m'agacer "thorn in my side..." Autrement dit, épine dans mon pied et je ne sais plus avancer.
Ainsi, je me lamente de maux que je me crée ? Cette incapacité ne serait pas une fatalité, résultat de paramètres indépendants de ma volonté comme l'est ma nullité en maths ? N'avais-je pas déterminé comme un diagnostic froidement médical que j'étais affligée d'une maladie incurable et qu'il fallait bien que je vive avec comme d'autres s'accommodent d'une loucherie, d'une dyslexie ou d'une achromatopsie ? Et bien non. Voilà qu'il m'ouvre la porte sur ma responsabilité. Le couloir est noir et il ne me donne pas de torche pour m'y engouffrer avec confiance. Je suis seule responsable de cet état de fait. Ai-je peur d'être aimée ?
Je relis à haute voix sa phrase comme une épitaphe pathétique sur le marbre, et voilà que des larmes incongrues remontent à la surface. Comme une intuition qu'il y a du vrai, du terriblement vrai dans cette affirmation et que si je ne change rien, rien ne changera. Mais comment changer ce que l'on ne perçoit pas ? Ai-je peur d'être aimée ? Ces trois petits mots, si petits pas la taille, pas plus de deux syllabes, mais si insurmontables seraient à l'origine de mon handicap ? Et suffirait-il de les éradiquer pour recouvrer la santé ? Je me perds dans les méandres de mes émotions. Elles sont tordues, emmêlées, inextricables. Peur d'être aimée, mais pourquoi ? Intuition qu'il faut que je m'appesantisse sur cette supposition et que je choisisse de ne pas la balayer d'un geste brusque parce que c'est trop intime, trop douloureux.
Alors je pose les mots devant moi, les retourne comme les pièces d'un puzzle mais aucun dessin n'en nait. Je suis dans le flou, aucune ligne de conduite, aucun mode d'emploi. Ne pas être aimée, mais pourquoi ? Peur de l'être puis de ne l'être plus comme cela s'est déjà passé ? Peur de la rupture qui peut surgir à tout moment car rien n'est immuable. Et si c'était vrai ? Et s'il avait raison ?
Des larmes forcent le passage de mes cils. Sensiblerie ou apitoiement. Agacement de ne pas mieux maitriser ma nature. Fonte des glaces. La froideur comme répulsif. Et voilà qu'en renfort revient à ma mémoire cette phrase assassine d'un collègue de travail "Gicerilla, toi, tu es toujours froide et professionnelle !". Tout est dit. Froide pour repousser. Ne pas toucher sous peine de laisser la pulpe de vos doigts brûlée par le froid. L'eau coule, coule, je me noie.
L'amour de toute façon, c'est de la foutaise. Je fais semblant de m'en moquer, mais n'y arrive pas. Je me dis qu'il n'y a pas que ça, mais je n'y crois pas. Je reste comme une terre désolée après la tornade avec cette question :
Est-il possible de n'aimer plus jamais ?
06:01 Ecrit par Gicerilla dans Billet d'humeur | Lien permanent | Commentaires (30) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : aimer
