13 novembre 2008

ELLE - L'hydraulique du jardinier

180px-Valdes_shema.jpg"Mesdemoiselles, Messieurs, allons silence, le cours commence, on se concentre."

Bernadette est juchée sur l'estrade. Elle aime sa classe à l'ancienne avec ses vieux bureaux en bois gravés de mille mots noircis, les fenêtres aux multiples petits carreaux, cauchemar des femmes de l'entretien qui donnent sur la campagne, le tableau noir qui est vert depuis bien longtemps. Abandonnée l'ardoise. Revêtement synthétique qui ne résiste pourtant pas si bien aux passages répétés de l'éponge. Depuis toute petite, d'aussi loin qu'elle s'en souvienne, elle a toujours voulu enseigner. La faute de la craie blanche qui crisse parfois et du tableau noir. Elle sourit à l'intérieur en constatant à quel point une vocation peut venir d'un petit rien.

Elle scrute la salle. Sa classe préparatoire est bariolée. Toutes les couleurs se mélangent et la dominante ce sont les garçons. Elle n'a jamais compris le manque d'attrait de sa matière aux yeux des filles. N'a-t-elle pas choisi elle-même cette discipline, la physique, entre toutes ? Deux filles seulement, Magalie et Marine, perdues parmi vingt-huit garçons. Pas facile de se faire respecter et la féminité remisée par la force des choses au profit d'une gouaille de mâle décalée et sans élégance. Faire comme les garçons et mieux encore pour avoir la paix, au moins. Occulter à tout prix les signes de féminité comme autant de faiblesse et camoufler sa sensibilité derrière des accoutrements masculins.

Elle en a parlé dans la salle des professeurs. Comment faire pour protéger les filles et éviter qu'elles ne se fassent harceler. Aucune solution. Elle en a même parlé au jardinier. Pascal, le jardinier qui passe une fois par semaine pour s'occuper des espaces verts. Elle l'aime bien le jardinier et tout lui est prétexte pour lui parler. Il lui a semblé qu'il n'est pas insensible aux discussions qu'ils ont de temps en temps. A vingt-sept ans elle est toujours célibataire. Lui aussi, apparemment. Ca crée des espoirs. Elle minaude souvent et lui semble l'apprécier. Ils jouent à s'échauffer les sangs, l'air de rien, à force d'allusions à demi-mots et de plaisanteries bon teint. C'est un manuel qui a de l'instruction et de la finesse d'esprit, et la conjugaison des deux lui plait et attise son envie. Il l'a invitée à diner ce soir. Elle lui doit une réponse à la fin des cours. Elle lui dira oui, c'est sûr.

"Aujourd'hui nous allons aborder les principes hydrauliques. Dans un premier temps nous allons répertorier ce que recouvre le mot hydraulique. Vous noterez qu'il désigne deux domaines totalement différents, hormis que chaque domaine implique un liquide. Ces deux domaines sont :
- les sciences et les technologies de l'eau naturelle et ses usages,
- les sciences et les technologies de l'usage industriel des liquides sous pression
Ce que nous aborderons plus particulièrement ce sont les différentes techniques pour véhiculer un liquide. Nous nous intéresserons dans les cours à venir à la dynamique des fluides. Bon, pour commencer, qui sait comment l'eau arrive au robinet dans la salle de bain ?"

Aucune main ne se lève. Un silence lourd d'ignorance pèse sur chacun qui plonge le nez dans le cahier. "Allez, cherchez bien, vous devez bien avoir petite une idée." "Euh, ben y'a des installations avec des pompes..." "Oui, en effet, c'est une possibilité mais il en existe d'autres techniques bien plus anciennes qui utilisent la mécanique des fluides. Aucune idée ?" "Ben y'a les Romains et les aqueducs." "Bien ! Et avez-vous une idée de comment cela fonctionne ?"

De nouveau des regards interrogateurs à droite, à gauche. Qui saura se montrer le plus savant ou le plus spirituel ou espiègle. Décidément, la culture générale se perd. Et la voilà d'entamer son explication sur la force de la gravitation pour acheminer l'eau en décrivant sommairement comment les Romains avaient su ingénieusement contourner les accidents du relief. Elle explique en mots simples, de ceux qu'utilise celui qui maitrise son sujet, comment ils pouvaient tour à tour creuser un tunnel, construire un pont ou utiliser un siphon.

Au mot siphon une main se lève. "Euh, M'dame, le siphon c'est comme quand on pique de l'essence dans un réservoir ?" Elle sourit. Un exemple loin d'être exemplaire mais qui lui permet d'aborder ce phénomène qui cadre parfaitement dans le programme. Elle décrit comment le siphon sert à transvaser des liquides grâce à un phénomène mécanique utilisant un récipient vide en contrebas et un autre plein situé en hauteur permettant au liquide du récipient supérieur se déverser dans le récipient inférieur...

La sonnerie retentit. Les jeunes se lèvent comme un seul homme à peine notés les devoirs pour le cours suivant. Magalie a oublié un sac au pied de son bureau. Bernadette regarde la salle vide qui résonne du silence revenu, comme une absence. Un coup sec sur la porte et le visage de Pascal dans l'entrebâillement. "Je peux entrer ?" Elle est surprise et elle rougit cramoisie. Elle ne s'attendait pas à le voir si tôt. Elle se trouble. Il s'approche du bureau. Il porte un costume de ville qui la surprend, lui toujours habillé en baroudeur du sécateur. "Alors, vous vous êtes décidée pour ce soir ?" lui demande-t-il en contournant son bureau. Elle répond oui dans un souffle alors qu'il se penche pour l'embrasser.

Ils n'ont pas entendu Magalie accompagnée de Marine qui sont revenues pour récupérer le sac oublié. Les deux filles observent la scène en pouffant une main sur la bouche pour ne pas se faire repérer. Et Marine d'interroger Magalie en susurrant  "tu crois qu'elle lui explique le phénomène du siphon ou de la pompe ?"

Quand IMAGO ne cesse de stimuler mon imagination !

jardinier_1.JPG

 

 

 

Trackbacks

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Commentaires

un peu d'humour
pour commencer une journée

ça me fait sourire

parfait tout ça!

Écrit par : dan | 13 novembre 2008

C'est pas un peu parachuté la fin ? Un peu quand même hein, on peut le dire.

Et venant d'une école non mixte de jésuite j'ai tout de même relevé deux ou trois incohérences :

"Toutes les couleurs se mélangent et la dominante ce sont les garçons"
C'est une couleur maintenant "garçon" ? !


"Faire comme les garçons et mieux encore pour avoir la paix, au moins."
Alors là je m'inscris totalement en faux, je me souviens de certaines de mes enseignantes (notamment Mlle Dardy, prof de français en 3ième ou Mme - mince j'ai oublié son nom - prof d'allemand) qui savaient très largement utiliser leurs attraits féminins pour nous tenir. Et nous étions une trentaine de garçons par classe, dignes héritiers du "Petit Nicolas" de la guerre des boutons, de Lagaffe, des 12 salopards etc...

Écrit par : Nicolas | 13 novembre 2008

Mdr, en tous cas je crois qu'elle a très envie de lui expliquer le fonctionnement du syphon, en allant puiser ses informations à la source bien sûr, et de la pompe... Je vous embrasse Maîtresse...

Écrit par : Valmont | 13 novembre 2008

Pour éviter le coup de pompe ...
mettez vous aux cours d'éducation physique
L'autre jour, il fut question de légèreté afin de compenser les lois de la gravité servies par sa pomme, Newton.
Aujourd'hui, Gi nous place dans un contexte voisin : de l'influence des principes hydrauliques sur les corps féminins plongés dans un bain fortement masculinisé et adolescent. Explosif le mélange. Le contact des fluides provoque semble-t-il une mutation jardinière qui fait les mains vertes et les fleurs grandes ouvertes, liquéfiant les plus solides théorèmes. Et l'autre qui s'appelle Pascal. Balaise, Gi, vraiment. Jusqu'à la pompe dotée d'une "fixation et d'un éventuel système manuel"... Eventuel ? Non... indispensable aux lois de la physique des fluides

Écrit par : celadon | 13 novembre 2008

Quelle idée de vouloir "contourner les accidents du relief" !...

Écrit par : imago | 13 novembre 2008

Ahhhh… me voici replongé plus de 20 ans en arrière, du temps de ma prépa. C'étaient des classes plus nombreuses, nous devions être une quarantaine par classe avec environ 15 % de filles.

Et j'ai un très mauvais souvenir des cours de mécaniques des fluides (que j''écoutais sans piper).

Pour autant, je réponds sans hésitation à la question des demoiselles : il s'agit bien de pompe et non pas de siphon (ce dernier mécanisme étant basé sur la gravitation).

Écrit par : Comme une image | 13 novembre 2008

je te demande solenellement de quitter une entreprise qui polllue nos cotes et maintenant nous entube en ne repercutant pas la baisse du prix du baril
quitte cette boite et ECRIS fais en ton metier crois moi tu peux mais tu ne peux plus continuer a travailler pour des ordures et l ecriture c est ta destinee

Écrit par : bruno | 13 novembre 2008

@ Dan : vous êtes le premier, vous essuyez les plâtres et tant mieux si j'ai donné par ce clin d'oeil un tour gai à votre journée.

@ Nicolas : non pas une couleur, mais une tournure proche de l'oximore, non ? Pis maintenant faudrait cesser à chercher la p'tite bête. Tout est parfaitement documenté, je suis un écrivain de fond, moa Môssieur... Quel plaisir tirez-vous de tout mes efforts de conteuse si votre seul souci est la véracité ?

@ Valmont : mais, mais, maitresse est usurpé car je n'ai hélas aucune compétence en termes de pompe ...

@ Celadon : en un mot comme en cent, zêtes mon fan vous, non ?

@ Imago : ben, c'est un truc de Romains ça...

@ Cui : vous, classe préparatoire ! Je suis honorée d'être visitée par un QI tel que le vôtre ! :-)

@ Bruno : j'aime ton enthousiasme et ton esprit partisan mais... j'ai besoin de manger, moi, et avec l'écriture, c'est pas gagné car il faut beaucoup plus qu'aligner quelques mots pour en faire son beurre. J'chuis déjà pas épaisse. Tu veux donc que je perde un os ? :-)

Écrit par : Gicerilla | 13 novembre 2008

toutes ces histoires de pompes me sêchent ...

Écrit par : waid | 13 novembre 2008

Je vous l'ai déjà dit, je suis un maniaque de la langue, un perfectionniste; je vais au fond des choses voyez vous c'est plus fort que moi. Alors bien sûr je traque la petite bête !
C'était mignon j'en conviens mais, comment dire, ça manquait d'une certaine cohérence tout ça !

Écrit par : Nicolas | 13 novembre 2008

Un fan ? J'en conviens. Combien ça fait de pompes ? Tiens en parlant de pompes, je vois que Nicolas n'aime pas les forages.
Au total, ça peut se comprendre vu que certains de nos littoraux en ont pris pour leur dose de fluidité visqueuse, malodorante et que des plumes Gi, oui des plumes, ont été enveloppées dans une étoffe de mort.
Mais la remarque posée n'en demeure pas moins pertinente et se pose avec plus ou moins d'acuité à chacun de nous. La physique mène à beaucoup de choses, y compris à s'interroger sur la portée et la maîtrise des avancées scientifiques ou technologiques, sur la notion de "progrès" et sur le sens de l'histoire.
Sur ce, je vais syphonner mon lavabo embarrassé des scories de notre société consumériste et entropique.

Écrit par : celadon | 14 novembre 2008

Tsé tsé Celadon. Ce n'est pas le forage qui ne me sied pas, c'est l'emmanchement de celui-ci dans la dernière galipette littéraire de notre hôte. Même si je l’apprécie (notre hôte) il me semble qu’elle a foré pour foré, sans préparation, sans prospection, sans analyse. Or les deux protagonistes ne me semblaient pourtant pas être des énervés du forage !

Écrit par : Nicolas - @celadon | 14 novembre 2008

Je ne connais guère de prépa à seulement 30 élèves, à moins que les choses aient bien changé.

Plus de filles que ça dans les classes (surtout s'il s'agit d'une prépa bio/véto/commerciale), mais si peu d'enseignantes ou de colleuses...

Des cours bien moins ancrés dans le fonctionnement du robinet (quoi qu'en dessin industriel, un peu...) que dans les questions de viscosité.

Enfin un vocabulaire quand même plus raisonnable (le "Euh M'dame..." m'évoque plus un collège ou un lycée).

Ceci mis à part, ce texte reste fort distrayant à lire :-D

M.

Écrit par : M. (30) | 14 novembre 2008

Il semble que vous possédiez les meilleures dispositions pour l'enseignement chère Gi !
Des élèves au jardinier je ne doute pas que chacun trouvera son plaisir à apprendre ce qu'il ignore encore :)

Écrit par : martin | 14 novembre 2008

quitte à forer Nicolas, forons car faut se forer cent fois les méninges (ou phosphorer tout court) avant d'avancer dans l'opinion que tu nous livres là ...
Comment, Gi verserait dans l'écriture instinctive ? Sans préparation ou analyse ??? Mmmhhh, qu'en dit-elle notre hôtesse ? Il me semble au contraire que c'est une sacrée fouineuse, du style à creuser justement, à chercher les liens introuvables et les gisements d'une énergie sans prix ... l'inspiration

Écrit par : celadon | 14 novembre 2008

te raconterais-je ma première classe, son estrade qui me mettait à un mètre au dessus du sol, et ma classe de pré-boutonneux, un CM2 du Val Fourré, à Mantes...

J'y faisais un remplacement de trois mois. La poésie de la Fontaine, un lundi matin, à la fraîche: "Petit poisson deviendra grand pourvu que Dieu lui prête vie..." Le titulaire me gâtait par la longueur de la poésie. Et bien sûr, ne connaissant pas les élèves, je pense bien faire en interrogeant les fayots du premier rang...sauf que là c'était pô un fayot, l' gars!!!non un bègue!!!

"Pe pe pe pe pe" essayait-il de démarrer...
Les pupîtres qui charitablement se soulevaient pour éviter une hystérie générale et moi qui me demandais comment j'allais me sortir de ce "merdier",, s'il fallait que j'ouvre le parapluie pour ne pas subir l'attaque inévitable de postillons..

"Fallait-il que je le coupasse dans ses efforts louables?" J'en suis encore en train de me le demander maintenant que je suis à la retraite!

merci de me faire sourire à cette évocation que ton texte m'a rappelé

Écrit par : muse | 14 novembre 2008

L'eau arrive dans le robinet de la salle de bain grâce à la petite chinoise qui habite sous le lavabo. Qu'on se le dise ...

Ah ouais, pour ceux qui auraient sauté le cours, c'était là : http://c-dric.over-blog.com/article-23124100.html

Écrit par : CéD, plombier | 14 novembre 2008

@ Nicolas-pointilleux et M (30) : bon là je me vexe. Si, je vous le dit tout de bon. Ne pouvez-vous pas, bon enfant, sourire simplement au lieu de chercher la 'tite bête ! C'est décourageant, ben si !

Je vous défie, oui, je vous défie tous les deux ici et maintenant d'écrire un texte ex-nihilo, au moins aussi divertissant que le mien, à partir d'un dessin, celui d'Imago en l'occurence... Oui, allez, impressionnez-moi ! J'voudrais vous y voir. J'attends, et Imago aussi. Le défi est lancé, dégonflé celui qui ne le relèvera pas, et avec brio encore. Merci de poster votre création chez vous avec un lien en commentaire ici, histoire que mes autres lecteurs bon public (ouf, y'en a !) puissent juger... Nan mais !! :-)

@ Celadon : je pense qu'il y a eu méprise Céladon. C'est Bruno je crois l'ennemi du forage. Pour le reste, je confirme, sous des airs négligés, mes textes sont hyper travaillés et les mystères de l'hydraulique n'ont plus aucun secret pour moi !

@ Martin : c'est vrai, Martin, je suis maîtresse dans l'âme. C'est certain.

@ Muse : reminiscences savoureuses, indeed. Vous ne le coupâtes pas dans ses efforts de massacrer La Fontaine mais pouviez vous le faire sans l'accabler ? Sage décision je crois, n'y pensez plus :-)

@ CéD : oui, vous avez raison d'initier la foule ignorante de mes lecteurs. C'est effectivement une petite chinoise, je confirme !

Écrit par : Gicerilla | 14 novembre 2008

J'arrive après que les débats aient eu lieu.
Bref, je suis le cancre de votre blog.

Écrit par : 502 | 14 novembre 2008

ainsi font font font les petites marionnettes.... de l'esprit au corps il n'y a qu'un pas à portée de main...
Elle est sympa votre classe prépa même s'il manque un peu de filles. Vous avez raison la mentalité des élèves est assez gamine, beaucoup même...

Écrit par : jlb | 15 novembre 2008

Le tout premier cours de sciences physiques auquel je ne me suis pas ennuyée... quelle performance! Bravo ma très chère Gi! :-)

Écrit par : Rouge | 15 novembre 2008

Tenez voilà mon interprétation : http://blog.nicolas-beaumont.fr/dotclear/index.php?2008/11/16/290-en-reponse-a-gicerilla

Nicolas

Écrit par : Nicolas - no comment | 16 novembre 2008

@ waid : vous êtes séché ? Voilà un événement intéressant. Et ça se traduit comment ?

@ 502 : alors je vous mets au coin, avec un joli bonnet ou je vous inflige une punition ?

@ Rouge : quoi, vous aussi vous avez étudié les fluides etc. ! Mais y'a que des lecteurs savants chez moi. J'chuis honorée :-)

@ Nicolas : je comptais bien sûr vous. Bravo ! Je n'attends plus que M(30).
Signé : gicerilla fair-play.

Écrit par : Gicerilla | 16 novembre 2008

Pour un peu je vais me sentir coupable, de vous avoir poussée dans cette galère. Vous avez fait preuve de courage en acceptant ce challenge. Vous êtes un brave petit soldat si vous voyez ce que je veux dire.
Comme je vous l'avais indiqué au début, ce dessin devait illustrer le texte d'une autre blog-conteuse qui, insatisfaite de son travail, a fini par renoncer. Cela m'ennuierait de le divulguer sur mon blog. Ça ne sera donc rien qu'à vous.

Écrit par : imago | 17 novembre 2008

Défi relevé. Pas tout à fait par moi, mais par Royale qui est à l'origine de ce dessin. Elle gardait le brouillon sous le coude, comme on dit. A ma demande elle l'a ressorti et peaufiné. http://royalelibertine.canalblog.com/

Écrit par : imago | 29 novembre 2008

Bravo à Nicolas

Écrit par : imago | 01 décembre 2008

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