21 novembre 2008
ELLE - Envie de lui
Non. Non, je t'en prie, laisse-moi !
Il n'insiste pas. Il sait. Il se lève doucement. Ne pas faire de remous avec les draps pour ne pas la noyer. Elle pleure déjà, en silence, il le sait. Un hoquet dans la voix, des sanglots qu'on refoule. Il connait chacun de ses non-dits qu'ils se sont si souvent dit. Il sort sur la terrasse. Le froid ne le touche pas tant il brûle de remords et de culpabilité. Deux ans déjà. Des nuits qui s'étirent sans fin quand avant, le petit matin venait bien trop tôt. Il aspire profondément. Tire sur la cigarette comme un condamné. N'est-ce pas ce qu'il est ? Le parallèle malicieux le gifle violemment et un sourire amer étire ses lèvres sensuelles. Deux ans. Deux ans qu'ils jouent mais elle n'en peut plus. Deux ans qu'ils essaient de faire la nique au sort que la vie lui a jeté. Deux ans qu'à force de vouloir, d'y croire, ils se caressent, ils se désirent et se prennent sans pourtant plus jamais se posséder. Une contraction de son ventre comme un coup au plexus. L'envie de pleurer qui le plie en deux. Retenir ses larmes car rien ne pourra plus changer. Elle ne veut plus maintenant. Plus du tout. Plus rien. Plus de ces ballets nocturnes qui abrasent leurs peaux sans jamais les rassasier. Désir qui les laisse à vif comme après le passage d'une toile émeri.
Il l'aime. Il l'aime tant et son désir, si vivant, ne peut plus s'exprimer, la conquérant comme avant. Il se revoit. Le vent dans le visage, tout sourire, qui dévale la pente. La neige est fraiche, dix centimètres de poudreuse amortissent le bruit de ses skis qui glissent comme sur de la ouate. Des virages qui éclaboussent en mille flocons bleutés. Elle le suit. Avec lui, elle n'a pas froid aux yeux. Et puis son cri. Un hurlement qui accompagne sa chute. Elle le voit partir dans le ravin. Elle s'approche du bord. La déclivité n'est pas grande mais elle le voit étendu 2 mètres plus bas et son corps n'a plus de sens... Deux ans. Deux ans que la voix du médecin résonne à ses oreilles. Il ne bandera plus. Jamais. Il remarchera ? Oui, bien sûr mais il ne pourra plus jouir de sa chair comme avant, ni lui offrir d'autres corps à corps comme avant. Aujourd'hui l'imagination et les artifices ne lui suffisent plus. "Je veux que tu me prennes, tu entends, toi, seulement toi... Je te veux toi, ta chair, ton sang en moi !" Plus rien d'autre ne la satisfera. Alors elle dort, voilà.
Il retourne dans la chambre. Le froid l'a suivi. Il se glisse contre elle. "Mon amour, oh, mon amour. Demain. Fais-moi confiance, demain soir."
Il lui a laissé un mot sur la table de nuit le matin en partant. Elle a respecté les consignes à la lettre. Il est 19h00 lorsqu'elle glisse la clé dans la serrure. La maison est dans l'obscurité et seule une lueur orangée vient de leur chambre. La liste des instructions muettes se déroulent dans sa tête. Elle est vêtue comme il le lui a demandé. Les talons frappent le carrelage de l'entrée alors qu'elle se dirige, la peur au ventre, vers la chambre. Les fantômes de l'échec et de la frustration s'accrochent à sa jupe et ralentissent son pas. Elle n'y croit plus. Elle y croit trop. Elle le veut tant.
L'obscurité est quasi totale et seule la faible lumière d'une bougie parfumée dans un coin reculé de la pièce dessine les contours des meubles, assez pour ne pas chuter. Une musique lancinante et basse, née de nulle part occupe le silence. Elle imagine sa silhouette, là-bas, assise sur le fauteuil dans le coin opposé au lit. Elle imagine mais ne voit rien.
Et subitement sa voix. "Mon bel amour, avance jusqu'au lit. Ne dis rien. Laisse-moi te guider. Fais-moi confiance" Elle avance, hésitante comme une débutante, le ventre noué. "Ôte ton chemisier, doucement..." Et un a un, avec une lenteur de stripteaseuse elle fait sauter les boutons pour dévoiler à la lueur rosée ses seins ronds qui pigeonnent dans des dentelles précieuses. La soie glisse le long des bras et atterrit à ses pieds. "Tu es belle, si belle..." Il ne peut rien dire d'autre et la chaleur de ces simples mots lui brûle le ventre. Elle le veut déjà, elle sent son corps qui répond à ses paroles comme sous l'effet de ses caresses. "Ôte ta jupe !" Elle se tourne vers le lit pour se montrer de dos. Ses mains habiles déboutonnent la ceinture et font glisser le zip. La jupe rejoint le chemisier au sol et il retient son souffle devant la beauté de ses hanches et la rondeur de ses fesses qu'il voudrait pénétrer sans ménagement. Mais rien ne se passe et son désir reste amolli entre ses cuisses. Envie d'hurler mais il n'en fait rien.
"Penche-toi en avant, montre-moi ton cul. Ecarte les jambes et glisse ta main. Je veux voir ta main s'agiter sous la dentelle. Fais-moi voir comment tu te caresses quand tu as envie de moi !" Elle s'exécute, partagée entre la peur et l'envie. C'est le jeu. Elle en connait les règles et les accepte. Sa main docile s'immisce dans ses chairs et le plaisir immédiat qu'elle se donne lui fait oublier tout. Il la contemple alors qu'elle gémit. "Raconte-moi ton envie, je t'en prie ma chérie, raconte-moi ton désir !" Et alors qu'elle s'offre à ses regards sans pudeur, elle lui dit combien elle le veut, là, maintenant. Elle lui dit comment son sang bat entre ses cuisses, elle lui dit la douceur de sa chair inondée de cyprine, elle lui dit les parfums de musc qui montent à ses narines. Et puis la violence du désir de lui qui monte en l'étranglant. "Tu me veux mon Amour, dis, me veux-tu vraiment ?" Et son oui est comme une supplique, et son oui tremble dans les sanglots. "Ferme les yeux mon Amour, ne pleure pas, ferme les yeux, je viens..." Elle obéit. Son cœur qui bat dans le désordre, ses jambes qui flageolent.
Et puis soudain un sursaut. Des mains qui saisissent sa taille et qui l'attire. Sa peau bouillante qui vient lui brûler le dos, ses cuisses velues qui frôlent les siennes. "Ah !" Son sexe dressé contre son cul. "Chut, laisse-moi faire. Ferme les yeux." Elle sent enfin sa queue qui la pénètre tout doucement. Le sexe de l'homme qu'elle aime enfin, à nouveau, qui fouille ses chairs en va et vient affolants. Sa poigne ferme sur ses hanches et ses bourses qui battent la cadence.
Subitement, des lèvres sur ses lèvres qui l'empêchent de crier. Une langue qui l'embrasse et se noue à la sienne. Un baiser qui l'embrase et des mains qui encadrent délicatement son visage. Elle ouvre les yeux, éperdue, affolée. Le plaisir qui monte l'affaiblit et pourtant elle veut crier. Devant elle, à genoux sur le lit, son mari qui l'embrasse à pleine bouche les yeux noyés d'amour et en même temps dans la glace son mari qui la prend et la laboure avec ardeur. Son mari dédoublé. Le cœur qui lâche, les larmes qui coulent mais le plaisir qui monte toujours. Elle le hait pour ce traquenard, elle l'adore pour ce coup monté. Et son désir plus fort que tout, fort comme la vie et son désir de lui. Sa colère se rend, dépose les armes. La panique a quitté ses yeux. Elle les ferme et se laisse aller aux caresses conjuguées de son mari et de son reflet.
Et lorsqu'enfin la jouissance l'emporte aux confins de l'inconscience, elle remercie en silence Mère nature d'avoir inventé la gémellité ...
06:06 Ecrit par Gicerilla dans Eros | Lien permanent | Commentaires (30) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : frustration, impuissance, triolismes

Trackbacks
Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://gicerilla.hautetfort.com/trackback/1908229
Commentaires
Je m'attendais à tout sauf à cela, excellent,
vous avez d'abord une manière de vous offrir, pardon d'offrir le désir de vos héroïnes d'une manière totalement insoutenable,
on devine la cyprine qui coule, l'odeur de la féminité chauffée à blanc,
et puis l'art de la chute, franchement Gi vous m'épaterez toujours...
Le triolisme - l'autre, celui que l'on devine en prolongement de cette belle histoire, a ceci de particulier que son déroulement est toujours improbable, intense, inconnu, totalement érotisant et désinhibant,
en cela qu'il est l'opposé du sexe à deux, généralement sondable lui,
le triolisme est un puit sans fond qui vous aspire dans les méandres du plaisir et de l'interdit, comme Alice au pays des merveilles... Je vous embrasse.
Ecrit par : Valmont | 21 novembre 2008
Deux ans pour qu'il se rappelle qu'il a un frère ? Deux ans pour qu'il accepte que son frère (pardonnez moi déjà) se tape sa femme ? Non non Gicerilla, c'est bien écrit j'en conviens; mais non.
Et pourquoi cette quête de tous les instants faire la classique satisfaction sexuelle ?
Nicolas
PS : je vous réponds ce soir, mais c'est globalement oui pour tout. (sauf pe pour le petit dej)
Ecrit par : Nicolas | 21 novembre 2008
Tous les tabous sont brisés ici...
Ecrit par : Pierre-Jean | 21 novembre 2008
Je n'ai pas de jumeau mais je crois que je préfèrerais un inconnu à mon frère s'il fallait vraiment chercher un "suppléant". D'autant plus que dans le noir tous les jumeaux sont gris ;)
M.
Ecrit par : M. (30) | 21 novembre 2008
le fantasme de la gemellité rôde aussi par ici ...
luz
Ecrit par : luz | 21 novembre 2008
Passe à Kevin...
Ecrit par : passeakevin | 21 novembre 2008
Le pourquoi, le comment, pour qui et avec lui, entre amertume et douceur, frustration et passion, une solution que vous tournez à la perfection.
Ecrit par : Bougrenette | 21 novembre 2008
Encore une fois vous me roulez dans la farine. prévoir vos chutes est donc impossible ? Voila nigaud qu'un temps j'ai cru deviner l'évidence et "pan" vous nous sortez un impossible.
Bref, j'ai du presque entierement vous lire depuis le début et j'ai la sensation que c'est l'un de vos plus beaux textes.
Passion, colère, frustration, amour et don de soi a l'autre pour les deux.
Tristesse du désir non assouvi, pire quand il vient de l'amour.
Perversité dilué dans ce don à l'autre. Vous avez bigrement du talent Miss Gi.
X-Addict absolument pas flagorneur ... Bravo vraiment ce texte m'a ému au possible.
Ecrit par : X-Addict | 22 novembre 2008
Je t avais parle des textes zerotik d anais nin plutot mievre à mon gout.
Alors là dans ce registre là tu fais très fort c'est cru mais bon, un genre de sashimi pour amateur éclairé
je te présenterai Nobru mon jumeau.
bizouxxx
Ecrit par : bruno | 22 novembre 2008
Je crois en la beauté comme en l'amour. Peut-être que l'un et l'autre expriment toute leur essence dans l'extrême.
Je t'embrasse
Ecrit par : Ile | 22 novembre 2008
Plus jeune j'ai connu des jumeaux qui se relayaient dans le vie de leurs conquêtes sans qu'elles n'en sachent rien.
Ecrit par : macaron | 22 novembre 2008
Quel don...!
J'ai adoré du début à la fin !
Bises de papillon
Ecrit par : VéroPapillon | 22 novembre 2008
Très bien. Certainement le plus réussi de vos textes érotiques. Dommage, cette histoire de jumeaux, ça l'affaiblit. Un matelot recruté dans un bar, ou "un voyou qui ressemblait à mon amour" ( je cite je ne sais plus qui de mémoire ) aurait rendu l'amour de "l'invalide" plus convainquant. Toujours de la retenue en somme, comme si vous vouliez rendre votre texte moralement acceptable. J'ai aussi relevé -comme souvent- les mots "culpabilité" "remord", "refoule", "non-dit" ...
Ecrit par : imago | 22 novembre 2008
En règle générale, lorsque je commence un commentaire pas "Belle chute", il se termine par "de reins". Mais là, pas besoin de reins pour trouver la chute belle !
Bravo.
Ecrit par : 502 | 22 novembre 2008
@ Valmont : le triolisme je l'avoue est un monde qui m'est inconnu. Je note votre point de vue... de connaisseur ? Quoiqu'il en soit, il s'agit là de don, d'amour absolu qui balaie tous les tabous pour donner, pas pour soi, pour l'autre. Donner tout.
@ Nicolas : je vous connais provocateur alors je ne vais pas faire des effets de manches pour vous convaincre que vous n'y connaissez rien. Cela dit, si je vous dis que c'est inspiré du vrai, vous vous direz peut-être que votre méconnaissance de l'être humain et de sa psychologie dans tous ses états est grande ?
@ Pierre-Jean : ce n'est éventuellement un tabou que dans notre société car ne connaissez-vous pas cette peuplade Na de Chine où les femmes partagent les mêmes hommes en fonction de leur fantaisie. Ou bien encore ces ethnies africaines qui prônent le lévirat, à savoir qu'en cas de décès le frère du défunt se marie avec la veuve et prend la place de celui-ci dans son lit ?
@ M (30) : c'est votre sensibilité qui parle et je la respecte. Ici, Elle ne voulait que lui. En lui offrant son frère, c'est sa propre image dédoublée qu'il lui offrait...
@ Luz : je sais, mais chez vous c'est le trouble convoité du dédoublement, ici, c'est une urgence...
@ Passeakevin : dommage, vous voilà moins loquace. Chez Kevin, il y a longtemps qu'il ne se passe plus rien ! Alors je passe.
@ Bougrenette : Merci !
@ X-addict : vous avez résumé en quelques mots clé les ressorts de ce drame et en grande partie la palette de sentiments et d'émotions qui meut les êtres qui le vivent. Merci.
@ Bruno : Nobru ? Tu me fais rire. Le Nobru comme une sorte de jeu érotique japonais ?
Ecrit par : Gicerilla | 23 novembre 2008
@ Ile : faut-il des situations extrêmes pour que ces deux là s'expriment dans toute leur ampleur, sous toutes leurs facettes. Peut-être. Votre baiser ? Je prends :-)
@ Macaron : alors là... Je reste bouche bée. Je croyais cela impossible car même de vrais jumeaux sont différents pour qui sait voir, non ?
@ Véropapillon : tant mieux. Un second témoignage de femme est apprécié car il semble que, pour une fois, ce sont les hommes qui se laissent plus facilement toucher !
@ Imago : ah non, un marin recruté dans un bar est l'expression de votre fantasme ! Ce n'est pas le sujet de l'histoire racontée ici. Il ne s'agit pas de triolisme curieux et aventureux mais du don d'un autre que soi, non pas à la demande de la femme, mais comme un palliatif désespéré de l'homme qui aime mais qui ne peut plus le témoigner. Cela dit, merci pour votre compliment Imago.
@ 502 : ben... merci !
Ecrit par : Gicerilla | 23 novembre 2008
Vraiment, de rien !
Ecrit par : 502 | 23 novembre 2008
Chère Gicerilla, jolie évocation...
J’y vois d’abord que l’amour peut rendre possible ce qui semble ne pas l’être.
J’y vois aussi, l’illustration encore, que les circonstances et la manière donnent leur chance aux improbables possibilités… ^^
"artisans" de l'expression de nos envies, le chemin nous appartient...
Ecrit par : Animal en Quarantaine | 23 novembre 2008
Surprise, interloquée...
Emmenée par la frustration, le manque, le vide malgré la présence de l'autre.
Jolies émotions ici...
Mêlées d'un "et moi ? Comment je ferais, comment je réagirais si ... ???" ...
Ecrit par : Fée d'Hiver | 23 novembre 2008
Si, j'avais bien compris. Mais j'aurais peut-être du mal à me faire comprendre. La gémellité, n'est pas un thème anodin comme vous devez le savoir. Luz a bien fait de le signaler. Désolé de n'être pas compétent pour développer ce que j'ai pu croire en comprendre ; on en aurait retenu que ça a à voir avec le narcissisme et l'homosexualité. Rien que ça ; des foutaises bien sûr !... Ma réaction était par rapport au fait que cela vient terriblement alourdir le sujet. En introduisant son clone dans la relation, votre héros devient à la fois acteur et voyeur. Sur quel objet investit-il sa libido ? Quelque part la pauvre fille risque d'être un peu lésée - en langage populaire, "laisée", "baisée" c'est un peu la même chose. Bref pas clair le type...
Mais je suis un peu dur, et même injuste. Par rapport au déroulement de l'histoire et "la chute", l'idée était bonne.
Si vous n'aimez pas les matelots, je peux vous proposer un garde chasse. c'est vrai cela, au fait...
Si vous n'aimez pas mes
Ecrit par : imago | 23 novembre 2008
Superbe! A couper le souffle...
Jamais je n'aurai pu imaginer que tu puisses écrire pareilles choses!
J'adore...
Ecrit par : gaius | 24 novembre 2008
Mon ignorance n'a de limites que celles que je me fixe, y compris en matière humaine. C'est très prétentieux et très confortable à la fois.
Ecrit par : Nicolas | 24 novembre 2008
j'adore!
Ecrit par : dan | 24 novembre 2008
Le handicap vous inspire semble-t-il !
Après le récit de l'infirmière bienveillante, c'est au tour du jumeau de faire à la situation.
Cela répond à bien des fantasmes et se savoure à l'envi ...
Ecrit par : Philo | 24 novembre 2008
@ Imago : mais Imago, vous le savez, cette tribune est ouverte à tous quelque soit le propos tant qu'il est respectueux. Vous ouvrez une porte sur un monde de questionnements qui ne laisse pas indifférent. C'est une orientation du débat comme une autre et vos arguments ne laissent pas de me faire réfléchir. Ne vous réfrénez jamais. La seule censure que j'imposerai ici est celle qui sanctionnerait le manque de politesse, la vulgarité gratuite si le propos ne le justifie pas. Intervenez quand bon vous chante Imago. M'enfin !
@ Gaius : mais, mais, quel bonheur ! Toi, ici ? Si tu savais. Tu me connais si peu. Lis moi, et tu me connaitras :-)
@ Dan : vous adorez ? Alors, surtout revenez et adorez encore !! Merci.
Ecrit par : Gicerilla | 24 novembre 2008
@ Philo : le handicap ? Je ne sais pas. Les misères de la vie au quotidien comme autant de tragédies, oui, comme Racine, comme Corneille. Ne vous méprenez pas, je ne me prends pour ni l'un, ni l'autre, juste un témoin. La vie comme source infinie de drames à cause desquels, ou plutôt grâce auxquels l'être humain se dépasse, et en amour surtout ! Voilà pourquoi, Philo, aucune déviance ici mais la force de l'amour...
Ecrit par : Gicerilla | 24 novembre 2008
C'est en partie ce que je voulais dire, mais en moins clair vu que je mange la moitié de mes mots au passage ...
J'aime assez l'idée du clone développée par Imago, entre voyeur et acteur. Dans le fantasque triolisme, les combinaisons sont nombreuses pour alimenter notre imagination.
Quoiqu'il en soit, votre plume libère notre réflexion.
Ecrit par : Philo | 25 novembre 2008
Je n'ai pas de jumeau, mais un jour, en ski, il y avait du brouillard, j'étais avec des amis sur une piste (fermée, de surcroît !) que je ne connaissais pas.
J'ai pris une bosse et, de l'autre côté : le vide !
J'ai juste dit « Merde ! »
Heureusement, je n'allais pas vite, j'ai su me plaquer contre la paroi et je n'ai dégringolé que de quelques mètres. Juste une grosse grosse frousse (et je continue donc de bander comme si ce jour était le dernier !)
Quant à vous, je lis en commentaire que vous ne connaissez pas les trios. Mais ? Mais ? Vous voulez mourir idiote ?!
Ecrit par : Comme une image | 28 novembre 2008
@ CUI : euh, ben non, surtout pas, mais... Euh, vous avez essayé, vous ? Je crois que cela demande une envie partagée, une grande complicité. Et qui dit complicité, dit complice (je vous en supplie pas de mauvais jeu de mots !) et je n'en ai pas :-)
Ecrit par : Gicerilla | 29 novembre 2008
Bien sûr, j'ai essayé. J'ai même démarré ma vie sexuelle comme ça, sur les chapeaux de roues (je n'avais pas froid aux yeux). Effectivement, l'idéal voudrait qu'il y ait une parfaite complicité entre les trois partenaires. En pratique, on se contente souvent d'une complicité à deux en espérant que le courant passe avec le troisième.
Mathématiquement, c'est plus délicat ! À deux, il n'existe qu'une seule interaction : 1↔2
Mais à trois, complexité avec facteur 3 : 1↔2 1↔3 2↔3 (à laquelle s'ajoute une nouvelle interaction incluant les 3 partenaires). Bref, c'est pas gagné.
Je ne dis pas que c'est mieux à 3 plutôt qu'à 2, mais j'ai vécu en trio des émotions qui m'ont transporté et qui ne ressemblait pas à celle que j'ai vécu à deux.
Ecrit par : Comme une image | 29 novembre 2008
Ecrire un commentaire