16 janvier 2009

ELLE - Société délétère ou jeunesse prodigue ?

tgv.jpgDélétère : A.− Qui attaque, détruit la santé, qui met la vie en danger. Plantes délétères, sucs délétères (Ac. 1798-1932). Synon. nocif, nuisible, toxique. Qui cause la corruption

Prodigue : A. Qui dilapide son bien en dépenses excessives. Synon. dépensier, dissipateur, gaspilleur, panier-percé

Je sirote mon café vissée sur un tabouret du wagon-bar.

Les paysages défilent à 320 km/h, vitesse maximale. Le monde se floute derrière les vitres sales et j'aime me perdre dans ces visions confuses d'un monde différent à rêver pour mieux supporter celui dans lequel je suis née.

Comme souvent, une envie d'écrire m'a amenée ici, car ici je suis en embuscade, planquée derrière mon Lavazza et j'observe ceux qui m'entourent avec toujours plus de curiosité. Et la socio-anthropologue de comptoir prend des notes, dessine des profils, tente de déchiffrer ses congénères. En fait, je les observe mais je m'observe aussi et ce que je perçois de moi ne me convient pas toujours. Car je me surprends à me dépouiller trop souvent du costume de scientifique dénué de jugements que je prétends être. Je m'aperçois au fil du temps que je suis bardée d'apriori qui biaise ma perception. Une véritable caille en habit de fête blanc, version culinaire d'Hervé Léger, dont les ficelles aux nœuds savants du boucher me lient les pensées et m'empêchent d'user de l'objectivité dont j'ai absolument besoin pour faire ma chronique et ma galerie de portraits façon La Bruyère.

En face de moi, qui attablé, qui debout, un groupe de sept jeunes gens bruyants. Deux filles et cinq garçons. Les deux filles trônent comme deux reines jumelles sur les tabourets gentiment cédés par des garçons qui se comportent comme des galants de cour. Des idées de basse-cour me viennent plutôt que des images de celle d'Elizabeth, car ils font tous de nombreux efforts et se pavanent devant elles comme jars devant oies. Il ne manquerait plus qu'ils cacardent et fassent gonfler leurs pectoraux pour les impressionner. Elles sont fortement maquillées mais elles ont l'avantage de la jeunesse qui leur permet de supporter sans être défigurées ces maquillages appuyés. Elles sont habillées à la mode, celle près du corps qui colle aux formes, toutes leurs formes au plus près de leur anatomie. On pourrait sans problème dessiner la ligne de chacune de leurs courbes sans besoin de les dénuder car aucun relief de leur intimité n'est laissé à l'imagination. C'est fou les textiles de nos jours, véritable seconde peau...

Les cinq garçons restent debout à se dandiner au rythme des secousses du train. Ils égaient le groupe de leurs plaisanteries vaseuses. Ils s'y enlisent et perdent pied parfois mais se rattrapent in extremis au bord de la table. Fils à papa genevois, riches d'êtres nés dans les bons draps. Ils se donnent du courage en buvant du beaujolais G. Duboeuf vendu sans vergogne au prix d'un grand cru. Une séance de prébiture au picrate en l'honneur du grand blond qui fête ses vingt-cinq ans. Je les regarde faire les beaux devant les femelles, cambrés dans leur pantalon Boss ou Diesel, leur chemise monogrammée, leurs chaussures de marque, leur jeunesse insouciante gominée que la crise ambiante n'effleure même pas. Je les regarde et contre ma volonté je ne peux m'empêcher de les juger sur leurs apparences.

Ils s'amusent comme des adolescents. Ils associent à leur joie éthylique les autres passagers qui passent à leur hauteur dans le wagon, prêts à leur offrir un verre du moment qu'ils participent à leur liesse. "Non, je n'a jamais fait l'amour avec deux femmes !" confie le brun au cachemire mauve. Et le chœur des vierges de déclarer comme une seule femme "Ah non ? Mais c'est génial !" Elles ont la voix haut perchée et tout le monde autour en profite. Génial ? De ne pas l'avoir fait encore ou plutôt, génial comme le constat enthousiaste de qui y a goûté ?

La messe est dite. Comment appâter le jeune mâle ? Comment mettre en ébullition son imagination et ses sangs ? Comme une promesse de ce qu'elles leur offriront ce soir. L'ont-elles jamais fait ou n'est-ce pas plutôt, et je me prends à l'espérer, une technique de drague ? Le porno chic à la mode jusque dans l'alcôve qui fait de femmes débutantes des expertes déjà blasées que seuls la variété et les chemins de traverse peuvent encore exciter ? Il est 16h00 et ils continuent au whiskey. A eux seuls ils représentent la jeunesse privilégiée et désœuvrée et, par extension, les errances de la jeunesse telle que la façonne notre société.

Sexe, alcool, argent facile. Nouvelle Trinité sur l'autel de laquelle ils sacrifient chaque jour leurs rêves, leurs illusions, leur santé sans même le savoir. Ils parlent fort, ils rient toujours plus fort comme pour affirmer l'authenticité de leur gaité. Une gaité élégante ne serait pas de mise. L'élégance c'est bon pour les vêtements qu'ils arborent. Non, il leur faut une gaité de troupier qui résonne dans tout le wagon, preuve qu'ils sont en vie et qu'ils sont heureux. Des effluves d'alcool viennent à mon nez et me révulsent. Dans quel état seront-ils ce soir lorsque le grand blond soufflera ses bougies ? Je crains soudain un incendie. Un explosion ? Et puis je me demande si dans le noir solitaire de leur chambre, ils chérissent encore quelque rêve, s'ils veulent participer à la construction d'un monde meilleur, si le SDF qui dort sur la grille de métro devant leur hôtel de luxe leur donne des envies de changer notre société. Sauront-ils s'engager corps et âme, avec le portefeuille en sus, pour défendre une cause ?

Je me rassure en me disant qu'ils ne sont pas une majorité mais, immédiatement après, le doute s'immisce qui me rappelle que cette jeunesse là, qu'elle dorme dans des draps Lidl ou dans des draps de soie, se réveille sur les mêmes matins. Peu importe le milieu où ils naissent, leur seule loi est celle de la facilité. Hédonistes jouisseurs ne veulent-ils pas tout, tout de suite, sans faire le moindre effort ? Ces considérations pessimistes rendent un peu plus amer le café que je n'arrive pas à finir. Je repousse la tasse sur le comptoir avec l'idée désagréable que ça y est, je suis passée sans m'en apercevoir, je le crains, dans la catégorie "vieux con", celle des aigris qui deviennent papys xénophobes, adeptes de Le Pen en vieillissant.

Lucidité extrême ou noirceur de mon âme ?

 

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Commentaires

Pas de soucis. Le vieux con lepenniste aurait dit :" les jeunes". Vous, vous avez dit "ces jeunes là". Ouf !

Ecrit par : Maca'dame | 16 janvier 2009

"On pourrait sans problème dessiner la ligne de chacune de leurs courbes sans besoin de les dénuder car aucun relief de leur intimité n'est laissé à l'imagination. C'est fou les textiles de nos jours, véritable seconde peau..."
Vous avez le sens de la volupté littérale Gi...
Non vous n'êtes pas passée dans la catégorie "vieux con"
Gi, la jeunesse a le coeur coupant comme un diamant et l'excuse de l'inexpérience...
Vous avez juste envie comme toute femme qui se respecte, qui respecte son désir et son plaisir, que l'on doit respecter comme telle,
l'envie que l'on s'occupe de Vous comme on déguste une longue gourmandise gastronomique : avec une "entrée", un "plat de résistance" et un "déssert"... Comment ça Gi reprendre du déssert ? Et de l'entrée !!!!????
Ben oui vous pouvez, il suffit de demander ! Bises à vous !

Ecrit par : Valmont | 16 janvier 2009

Si vous êtes dans la catégorie des amers, lucides , tour à tour pessimistes ou optimistes et humouristiques , ne désespérez pas , je peux vous tenir compagnie et avec moi de nombreux êtres de tous poil.
D' illustres prédecesseurs font route avec nous, comme notre cher disparu Pierre D. ; Je suis 100 coudées au dessous de lui , mais je préfère cela que d'être à portée de connerie de certains "malfaisants" (ceux qui sont lucides et choisissent délibéremment d'ignorer le petit animal de compagnie qu'est leur conscience)
Puis je profiter de cette chronique pour lancer un appel :
A vos pelles et à vos rateaux , n'ayez pas peur d'être les loupiotes naïves et puissantes qui déchirent l'obscurité de leur lumière insistante et jamais désespérée (Nah!)
Gratter la boue qui recouvre l'espoir et l'enthousiasme , celui qui finit par faire déplacer des montagnes à une armée de fourmis ; pour peu qu'elles se souviennent ou que l'on leur enseigne que les minuscules ruisseaux peuvent engendrer de grandes rivières ( je ne parle pas des flots d'alcools absorbés par vos singes de basse cour huppés ) et qu'il n'est pas vain d'oeuvrer à son humble niveau pour le partage , la solidarité , la compréhenssion , les petits bonnheurs , les rayons de soleil indispensables dans notre vie et celle de tout un chacun .
Alors, oui, ne cessez surtout pas de vous offusquer , de vous enthousiasmer , de demander aux autres, comme à vous même, de mettre la main au coeur et au porte feuille afin d'aider ne serait qu'une personne à côté d'eux ou à l'autre bout de la planète (Amen ;-))
D'être le grincheux paternaliste et ringard , mais surtout pas intolérant (se défendre des à prioris qui s'accrochent telles des cellules cancéreuses à nos cerveaux faillibles n'est pas une mince affaire , peut être une mission impossible mais à ne jamais abandonner )
qui croit que " dans le noir solitare de leur chambre" :
des cauchemards synthétiques les assaillent, leur faisant espérer réaliser des rêves d'implication , de mains tendues et de coeur ouverts ( et pourquoi pas de sexes aussi , au diable les morales étriquées et réductrices pronant le renoncement à tout, afin d'atteindre la sainteté ou autre )
je retourne consolider mon chateau de sable et vous envoie des Bises douces amères , au parfum des embruns

Ecrit par : MarieM | 16 janvier 2009

Bien que vos remarques soient inspirées par un groupe de lardons aisés, elles me semblent refléter certains aspects de l’air du temps, comme on dit. Et pas que pour les jeunes, tout le monde nageant dans le même bain sociétal. Il y a une sorte de facilité d’accès aux biens et aux services, mais aussi à toutes sortes d’informations, de nos jours, qui donnent l’impression d’une société d’abondance. Naturellement, on pense à l’aspect « consommation », qui de toute évidence continue de faire évoluer les mentalités et pas forcément en bien, je veux dire par là qu’on prend de plus en plus une attitude de client, dans des domaines qui n’étaient pas abordés sous cet angle auparavant (par exemple : l’école, la politique, les relations amicales, les relations amoureuses également, etc. – Il y aurait lieu que je développe mais ça ferait un commentaire trop long, gardons plutôt ça pour un article ou une discussion autour d’une bonne table).
Tant de choses semblent désormais si aisément et rapidement accessibles que la notion de cheminement en prend un sacré coup sur la gueule. Des choses qui sont affrichée partout avec force publicité aux informations qui abondent de toute part (télé, ordinateurs, téléphones portables…) Un rapport au temps qui s’engouffre dans une sorte de chaos jouissif : tout, tout de suite, et plus encore.
En effet, on ne peut exister si l’on n’a pas le temps d’exister.

Ecrit par : Alex | 16 janvier 2009

Tout à coup, j'ai le sentiment qu'une porte s'est entrouverte sur l'espace-temps qui nous sépare !
Vous allez finir par me plaire ... ;)
J'apprécie !

Ecrit par : Philo | 16 janvier 2009

Les hédonistes sont partout, les différences sociales font que certains le savent et d'autres ne le savent pas préférant des termes crus.

Ecrit par : willycat | 16 janvier 2009

J'ai depuis quelques temps cette impression de passer de l'autre coté, doucement, petit à petit, mais inexorablement.

Et j'ai peur....

Ecrit par : ZORG | 16 janvier 2009

"Hédonistes jouisseurs ne veulent-ils pas tout, tout de suite, sans faire le moindre effort ?" Ont-ils tort ? Je crois que certains jeunes ont toujours été comme ça, et finalement ce n'est pas plus mal. Avec un peu de chance avec l'âge ils apprendront l'effort tout en conservant l'hédonisme. Et sinon... tant pis ;)

M. qui trouve prodigue d'acheter à la compagnie des Wagons Lits quoi que ce soit dans un train...

Ecrit par : M. | 16 janvier 2009

Chére Gicerilla, voila un sujet qui me tarabuste et sous une autre forme je l'avais évoqué sur notre blog. Après réflexion je crois que peu importe l'age, pourvu qu'il y ait une part de reflexion. Un jeune homme ou une jeune femme a besoin de se construire. La ou finalement je ne suis pas inquiet c'est que ce temps viendra, avec sa part d'amer desillusion. Peut-etre n'est ce qu'une question de tempo.
Il y a maintenant quelques temps que je me sens avoir basculer de l'autre coté, néanmoins je ne renonce pas et garde aussi bien mes utopies que mes reves.
Bises Gi ;)

Ecrit par : X-Addict | 17 janvier 2009

Tout comme X addict je pense que ces jeunes ont besoin de se construire, de se tromper, de fauter, pour apprendre, de tomber pour se relever...
Même si ces jeunes me choquent je ne suis pas inquiète pour eux.
Et puis rassurez-vous Messieurs, Dames, ce n'est pas une question de "basculer de l'autre côté", j'ai 24 ans et je pense tout comme vous...
Ma Gi, rassure-toi, c'est ta lucidité face à la noirceur de notre société et non pas de ton âme qui elle est restée pure...

Ecrit par : gaius | 17 janvier 2009

Vous ne nous avez pas dit si le café était bon...

Quant aux jeunes qui ont besoin de se sentir vivre à plus de 320km/h, ce que vous avez pu voir d'eux, loin du secret de leur cœur, des pesanteurs familiales qui probablement rendent indispensables ce genre de comportements, etc., bref... ce que vous avez pu voir d'eux rend bien difficile la formulation d'un avis sévère. Même s'ils peuvent nous agacer un peu !

Ecrit par : 502 | 18 janvier 2009

@ @ Mac'adame : j'aime quand vous passez me remonter le moral ! Vous croyez que pour moi, y'a encore de l'espoir ?

@ Valmont : ah mais, je crois que vous avez mal lu l'énoncé. Il ne s'agit pas de moi ni de mes désirs, mais des désirs, s'ils existent encore, des jeunes de notre société !

@ MarieM : je me sens moins seule ! Et faites tous les appels que vous voulez car c'est pour la bonne cause, n'en déplaise à ceux qui pensent que c'est se payer une bonne conscience à bon compte.

@ Alex : bravo ! Je vous suis point par point. J'adhère à votre analyse. Merci.

@ Philo : ah, il vous en aura fallu du temps pour le réaliser, mais le principal c'est que ce soit fait.

@ Willycat : la recherche du plaisir n'est pas en soi blâmable, c'est une des quêtes de l'humanité. Ce qui l'est en revanche à mes yeux c'est l'accession à cet "état" sans vouloir se donner aucune peine ! Ca doit être un vieux reste de mon éducation judeo-chrétienne qui veut qu'on savoure mieux ce pour quoi on a trimé !

@ Zorg : avoir peur, mais y'a de quoi ! Je crois que c'est inéluctable. On est toujours le vieux con de quelque jeune et quelque jeune est toujours le jeune con d'un vieux con !

@ M (30) : vous parlez de vous à la 3ème personne du singulier ? :-) Ce n'est pas être prodigue, c'est être pris en otage par le prestataire de services de la SNCF. Situation de monopole qui s'autorise des prix exorbitants pour un Lavazza somme toute buvable à 2.40 € !

@ X-Addict : vous parlez de "réflexion" et du coup je m'interroge. D'un point de vue statistique, les grands penseurs de l'antiquité et autres philosophes anciens ou contemporains sont-ils plutôt issus de la plèbe ou des nantis ? Ca, c'est une question pour 502. Alors ?

@ Gaius : tu rejoins par ton commentaire ce que beaucoup de commentateurs pensent. Alors, si la majorité a toujours raison, je veux bien croire que rien n'est perdu, même pour eux !

@ 502 : je ne prétends pas être sévère, je tente de ne pas les juger même si l'exercise est difficile, je m'interroge, c'est tout. Car évidemment, de mon temps, ce devait déjà être comme ça mais j'ai la mémoire courte, comme les vieux cons ! Regardez chez X-Addict, il y a pour vous une question.
Ah, si, je vous l'ai dit. Le café était amer...

Ecrit par : Gicerilla | 18 janvier 2009

Dont acte ! Sourires ! Non Gi en fait je me suis mal exprimé (amende honorable), j'ai bien compris que c'était les désirs "incertains", des jeunes de notre société... J'ai mal rebondi sur le fait que je voulais exprimer d'une pierre deux coups que justement votre vision était juste, que vous n'aviez pas à craindre "l'idée désagréable que ça y est, je suis passée sans m'en apercevoir, je le crains, dans la catégorie "vieux con",
et donc que votre vision, et indirectement toujours vos propres exigences et/ou attentes au regard du désir explicité des jeunes, et en général, n'étaient en rien dépassées... Je vous embrasse.

Ecrit par : Valmont | 18 janvier 2009

Je crois au contraire que ta capacité de révolte te classe dans la catégorie « jeune indomptable » plutôt que dans celle des « vieux cons ».
Sinon ces jeunes ont en effet débuté un peu tôt leur soirée je le crains, et le trio annoncé risque de se transformer en fiasco prévisible ! (dur d’assurer quand le degré d’alcool dans le sang avoisine celui qui est indiqué sur l’étiquette de la bouteille).
Je pense surtout qu’ils cherchent à exister dans leur bande et que pour cela, parler haut et boire fort est un passage obligé. Dans la meute il vaut mieux mener ou sinon montrer que l’on suit le meneur de près sinon on risque de terminer la soirée un peu seul (ce qui risque d’arriver à plus d’un, vu le déséquilibre du groupe, déséquilibre sans doute en bonne partie responsable des comportements observés).
Néanmoins tu as raison de t’interroger sur leur capacité à vouloir changer le monde et au travers d’eux, à la capacité de la majorité de nos concitoyens.
Remettre l’humain, SDF ou autres, au centre des préoccupations politiques serait la simple et vraie révolution qui vaille le coup d’être entreprise, ne crois-tu pas ?
Merci pour ce billet, écrit d’une plume toujours aussi enlevée, et qui nous pousse à réfléchir.
Je t’embrasse
L

Ecrit par : Libertin_123 | 19 janvier 2009

C'est amusant, je lis ce billet à 320 km/h, sur une route légèrement plus occidentale que la vôtre (avant de partir, je charge dans mon navigateur une quinzaine de pages que je n'ai pas encore eu le temps de lire). Le commentaire est écrit aussi à vitesse subsonique mais néanmoins confortable, il ne sera posté toutefois qu'une fois regagné la terre ferme.
Les comportements grégaires ne dépendent pas vraiment de la classe sociale ; une bande de jeune, qui boit, de surcroît, sera difficilement discrète.
Vous relevez leurs marques dont ils s'étiquettent (de peur peut-être de ne pas être reconnus par leurs paires ?) et vous, vous sirotez votre Lavazza. Je souris en coin. N'y a-t-il pas un peu de jalousie de votre part envers ceux-là pour qui tout semble si facile ?

Ecrit par : Comme une image | 20 janvier 2009

@ Valmont : ouf, ça va mieux. J'ai cru un instant que vous étiez mauvais élève !

@ Libertin_123 : oh, oui, comme j'aimerais être, non pas un vieux con mais une vieille indomptable ! En fait, j'aime assez l'association des deux mots, pas sexy sexy, mais qui prouve que même avec l'âge je ne me résouds pas à une bête acceptation des dérives de notre société. Oui, remettre l'humain au coeur de nos préoccupations en faisant surtout une place au coeur dans l'inhumanité ambiante. Tout un programme...

@ CUI : hum, cette interpellation mérite réflexion. Serais-je jalouse ? De leur jeunesse ? Non, j'ai eu mon tour. De leurs fringues siglées ? Non, si je veux je peux m'en payer tant et plus. De leur insouciance ? Non, je le suis, si vous saviez ! Ah, CUI, je suis désolée, la jalousie n'a pas sa part à ma note. Juste peut-être la crainte que notre société aille à vau-l'eau sans qu'une relève pleine d'espoir de renouveau ne se montre à mes yeux inquiets !

Ecrit par : Gicerilla | 20 janvier 2009

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