17 avril 2009

ELLE - Le prix de la sincérité

sincérité.jpg"Tout cela ne mène à rien. Il faut mieux ne plus se revoir..."

Je tourne et retourne les mots dans ma tête. Comment dire ce que je ressens sans me trahir, sans blesser, sans laisser de place à l'interprétation ? Et avant toute chose, pour pouvoir dire, ne faut-il pas savoir exactement ce qui nous anime ? Je suis assise à mon bureau, incapable de me concentrer car je sais que je vais devoir faire un choix. Un choix définitif et le signifier comme tel. Un choix définitif et me l'approprier comme tel, avec la kyrielle de doutes qui s'accroche, bruyants comme les casseroles dissonantes à la queue de Rantanplan.

Pourtant, cela devrait m'être facile car je l'ai fait déjà tant de fois. Refuser. Me refuser. Mais lui, lui, il m'ébranle. Il m'ébranle mais je ne l'aime pas. Il m'ébranle parce que telle la marée, sans cesse il revient à la charge de mes fondations. Parce que sa persévérance entame mes convictions. Trois fois déjà ne lui ai-je pas dit, en fa ou en sol, que la clef de mon cœur il ne l'aura jamais parce que je ne l'aime pas ? Trois fois déjà ! N'est-ce pas plus que ne peut supporter un être humain aux motivations sincères ? "Suis moi, je te fuis. Fuis-moi je te suis ?" Peu importe ses véritables motivations car il ne me les dira pas mais, vu le début chaotique de notre relation, je serais tentée de dire qu'il agit par dépit. En tout cas, la petite voix qui ne veut pas, la petite voix sûre d'elle parce que sûre de ses sentiments ou plutôt sûre de leur absence, ne branle pas et me répète avec assurance que c'est sûrement cela. Il ne supporte pas le rejet et n'aura de cesse de me conquérir que je ne me rende. Mais de reddition il n'est pas question car mon cœur pour lui ne bat pas. Alors pourquoi devant l'écran de mon ordinateur, cette fois-ci j'hésite un peu ?

Serait-ce à cause de l'autre voix, la voix de la peureuse qui, seul dans son lit, craint le froid des draps ? La voix qui me dit "attention, Gicerilla, s'il est si constant n'est-ce pas justement parce que pour toi, peut-être, il peut devenir important ?". Dois-je écouter cette voix frileuse qui tente de m'enjôler en me faisant valoir que mieux vaut être accompagnée que d'être seule ? Dois-je écouter cette voix dénuée de sentiments qui me dit que demain peut-être plus aucun homme ne viendra frapper à ma porte pour me séduire et m'aimer ?

Je scrute l'horizon au-delà de l'écran, les cimes encore enneigées m'offrent leur silhouette virginale et dentelée comme l'est le cours de ma pensée. Haut, bas, haut, bas. Le bannirai-je pour toujours de ma vie ou dois-je lui ouvrir ma porte à défaut de mon cœur ?. Comment font tous ces êtres, hommes ou femmes, qui n'aiment plus mais qui restent quand même. Comment font tous ces êtres, femmes ou hommes qui préfèrent s'associer à défaut de s'aimer plutôt que de voir leur vie s'écouler sans compagnon à leur côté ? Pourquoi ne puis-je pas me résoudre à accepter à mon tour une association et des caresses partagées comme une condition d'un contrat en deux exemplaires ?

Je ne suis pas forgeronne et je ne conserve pas, comme certains, quelques de fers au feu, si jamais. Chacun de nous mérite d'être traité avec sincérité et aucun ne devrait servir nos desseins égoïstes. Pourtant, n'est-il pas rassurant de garder au bout de sa ligne quelques prises en cas de famine ? Leur donner du mou pour qu'elles ne réalisent pas qu'on les tient enchainées sans garantie de recevoir un jour la récompense de leur patience. Les garder ferrées au cas où l'envie de pécher me viendrait un soir de désespoir, et sentir pour une nuit les mains rassurantes d'un homme transi errer sur mon corps, frémissant sans amour.

Non, jamais. Jouer m'est intolérable, et je préfère trancher net tout espoir et tant pis si je blesse par la sincérité de mon propos. Je n'arrive pas, quelque effort que je fasse, à m'associer pour faire plaisir, à m'associer pour pouvoir dire "nous" et non plus "je" en réponse à une invitation. Le "nous" me coûterait trop de sacrifices et je vais continuer à dire "je" tant que je ne vivrai pas le "nous" au fond de mes tripes. Ma décision est prise.

Je prends mon téléphone et relis son SMS. Non, je n'accepterai pas son invitation qui sera pour moi la dernière de sa part. Je n'imagine pas qu'il me relance encore après cela, ou alors, il ne s'agira plus d'amour mais bien de son amour propre qui ne rend pas les armes, et donc à fuir absolument. Lentement, je tape sur le clavier du téléphone portable les lettres qui vont marquer la fin de cette drôle de relation. Cet homme ne sera plus entreposé dans quelque coin de ma mémoire comme un bulle d'oxygène à respirer quand la solitude m'étouffera.

Il mérite mieux que ce sort là. Je mérite mieux que ça !

 

 

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Commentaires

en Art on est souvent confronté au dilemme suivant , dois je acheter cette oeuvre pour sa signature ou son contenu , le vrai collectionneur resistera à la signature si le contenu n'est pas présent

Écrit par : waid | 17 avril 2009

Vous restez juste fidèle à vous-même, et suivez votre instinct de la cabine de résonnance qu'est tout à la fois, le coeur, le corps et l'âme : il vaut mieux alors être seul(e) que mal accompagné(e) si vous ne sentez pas à l'unisson tout ça vibrer. Je vous Biz...

Écrit par : Valmont | 17 avril 2009

Je connais le prix de la compromission ... et il est lourd.
Alors bravo de savoir rester fidèle à vos convictions, à ce que vous êtes, à ce que vous attendez de la vie ...

Écrit par : quine | 17 avril 2009

Ce billet est d’une sincérité touchante, impressionnante et ô combien respectable.
Apporter un commentaire est alors ici une opération plutôt délicate.
Plusieurs réflexions me viennent à l’esprit :
Celui de l’homme en couple d’abord.
Je pense qu'il faut vraiment que tu aimes l’homme qui sera ton compagnon pour être heureuse, s’il s’agit bien de choisir un compagnon pour faire réellement un bon bout de chemin avec lui.
Ensuite il y a mille manières et raisons d’aimer. On peut admirer, on peut se sentir infiniment bien en sa présence, on peut aimer rire, s’amuser avec, on peut être séduite par ses qualités morales, sa générosité, sa galanterie, on peut aimer son intelligence et sa culture, on peut aimer sa sensualité, on peut aimer sans savoir pourquoi, éperdument, sans raison justement…
Mais quand on sent que l’on n’aime pas, et que l’on n’envisage pas avec ravissement de passer des années à ses côtés, je ne recommande pas de céder à la facilité qui peut vite devenir un quotidien très pesant.

Autre réflexion, celle de l’homme moral (que je ne suis pas ;-) ).
J’approuve totalement les valeurs morales dont tu fais preuve quand tu refuses de garder plusieurs fers au feu, sans décider lesquels tu réchaufferas à l’occasion, quand tu refuses de laisser planer un espoir incertain, qui peut être destructeur pour un homme.
Enfin dernier point de vue, celui du libertin.
Et là je me dis qu’il est dommage pour toi de ne pas avoir de relations avec les hommes qui te font envie et qui te désirent, et de partager avec eux des moments qui sans être inscrits dans la continuité, peuvent être des moments d’exception ou de tranquilles petits bonheurs.
La froidure des draps, les week-end en tête à tête avec soi-même. Les dîners avec des amis que l’on adore mais… que l’on n’a pas justement ce soir envie de rejoindre. A l'opposé, des plaisirs, des visites que l’on a envie de faire à deux, de partager. Des moments de sensualité, de douceur ou de torrides émotions…
Doit-on se priver de tout cela au motif que l’on ne pourrait aller que de relations en relations sur un mode de fidélité, de linéarité ?
Ne peut-on imaginer des chemins qui coexistent, qui serpentent doucement, qui s’entrecroisent dans la clarté et la sincérité, qui réjouissent tous ceux que tu inviterais à les emprunter avec toi ?
Drôle de conception de la vie, diras-tu.
C’est bien possible.
Je livre simplement ces pistes à ta réflexion.
Je t’embrasse.
L

Écrit par : Libertin_123 | 17 avril 2009

Depuis le début de ma lecture, par habitude je m'attendais à la question finale ... absente, vous aviez déjà la réponse :-) j'ai l'impression que certaines choses sont très claires pour vous, même si ça vous fait un peu peur conjugué au futur. Bises ma Gi

Écrit par : Bougrenette | 17 avril 2009

je rejoins Bougrenette, vos questions étaient réthoriques et orientées. c'était un faux débat, qui se passent aussi de justifications. vous avez pris votre décision intuitivement. je connais ces moments où l'on sait ce que l'on va décider mais ne nous leurrons pas, nous pouvons trouver 10 raisons toutes plausibles pour quoi nous les prenons, mais laquelle ou lesquelles des dix, nous ne le saurons pas.
Libertin évoque (si j'ai bien compris) la possibilité que tu ne sois pas capable d'avoir une relation pour le plaisir, que tu veuilles uniquement le grand "Nous". je me demande...je pense que du Désir, tu n'en as pas éprouvé non plus pour lui, sinon ta réponse aurait été différente. quand on est marié, il est "facile" d'éprouver du Désir tout en se bloquant la possibilité du Nous (c'est le propre du libertin marié). il n'est pas de ces barrières quand les deux sont libres, le "Nous" figure dans les champs des possibles, dans un futur au-delà du Désir. le "Nous" peut ne pas exister par la suite et je pense que lorsque l'on dit Oui à quelqu'un, on ne sait pas s'il y aura un Nous ou pas. c'est le Désir qui parle en premier.

et pour finir, un point que je ne comprend pas; vous parlez de cet homme comme s'il s'agissait du dernier métro: si vous le manquez, vous vous restez sur le quai. je peux m'imaginer pourquoi vous pensez cela, mais cela serait trop intime de l'évoquer ici. essayez de vous dire qu'en disant non vous vous laissez le champ libre pour celui qui vous donnera envie du "Nous"

Écrit par : columbine | 17 avril 2009

A. Nothomb (que je n'aime pourtant pas trop) disait que "le seul mauvais choix, c'est de ne pas faire de choix".

Vous avez choisi, et c'est ça le plus important. Félicitations car certains refusent de faire des choix, et que vous n'êtes pas tombée dans cette facilité.

En effet, vous méritez mieux que cela.

M. (30)

Écrit par : M. | 17 avril 2009

"Les femmes sont amoureuses et les hommes sont solitaires. Ils se volent mutuellement la solitude et l'amour." René Char

Écrit par : Tiffauges | 17 avril 2009

Nous avons tou(te)s eu à répondre un jour à cette question: "rester ou ne pas rester?"... déclinée sous d'autres formes comme "(laisser) partir ou ne pas (laisser) partir?"... ou encore "retenir ou ne pas retenir?"... les variantes sont multiples mais conduisent toutes à l'inexorable vérité: se poser la question est un premier pas franchi... alors quand les questions se multiplient... le choix s'impose de lui-même... A en croire (lire) votre billet, votre bulle d'oxygène est autre, et quand vous la croiserez vous saurez, elle éclatera devant vos yeux et alors les questions se seront envolées vers les limbes de l'oubli...
PS: heureuse de retrouver le temps de vous lire chère Gi :)

Écrit par : Rouge | 17 avril 2009

Je suis comme toi : mieux vaut être seul que mal accompagné.

Écrit par : deef | 17 avril 2009

Il y a l'amour, certes... mais il y a aussi la tendresse, la complicité, le partage... il arrive souvent que l'on ne soit pas heureux avec quelqu'un que l'on aime, justement parce qu'il n'y a pas tout ça... comme il arrive que l'on puisse être tout simplement bien avec quelqu'un que l'on aime à peine...
Il y aurait tellement à dire sur ce sujet ! Mais vous avez fait un choix Gi et il n'appartient qu'à vous...
A bientôt...

PS : l'image est très bien ici aussi ;-)

Écrit par : Bérénice | 17 avril 2009

Moi perso, je tenterais le coup, on ne sait jamais... le monde réel vous fera du bien.

Écrit par : passeakevin | 18 avril 2009

Il vaut mieux couper court quand l'amour n'est plus que convention ou police d'assurance anti-solitude ou affirmation de soi à défaut de 'nous'.

Vous faites bien de tourner définitivement la page même si cela fait mal. Le temps fera son travail et l'amour vous attend. C'est écrit dans les étoiles.

(Un billet et des commentaires qui sont tous de valeureux témoignages de vie qui démontrent combien ce petit théâtre est un lieu d'échanges d'une qualité rare. Merci.)

Écrit par : Lynx | 18 avril 2009

chais pas moi...mais je vois ça comme un "texte".. donc un "je" littéraire
Un texte bien mené d'ailleurs... comme d'autres ici
mais je ne suis pas assez "vieille" lectrice de ce lieu..
Et..je me trompe peut-être...

Écrit par : Coumarine | 18 avril 2009

note toute shakespearienne aujourd'hui, votre choix m'émeut; vous savez où vous allez et surtout avec qui!

Écrit par : muse | 18 avril 2009

Ne peut-on imaginer des chemins qui coexistent, qui serpentent doucement, qui s’entrecroisent dans la clarté et la sincérité, qui réjouissent tous ceux que tu inviterais à les emprunter avec toi

je rejoins bien la monsieur libertin pourquoi au non de l exclusive se priver du multi plaisir de donner et recevoir

Écrit par : nono des isles | 19 avril 2009

Le pricipal étant de prendre LA décision et de la garder au plus profond de soi...

Écrit par : Titia | 19 avril 2009

"comme un bulle d'oxygène à respirer quand la solitude m'étouffera"... Mais dans ces cas là... une bulle ne suffit pas !

Écrit par : 502 | 19 avril 2009

@ Waid : votre métaphore me parle plus que vous ne sauriez imaginer. Pour une fois, sur l'art nous nous comprenons !

@ Valmont : cela parait une évidence mais pourtant ne sais-je pas de tant d'autres hommes et femmes qui ne savent pas trancher si jamais un jour ils devaient changer d'avis... L'évidence que je dis ici, croyez-moi, n'est pas partagée par tous également.

@ Quine : restez fidèle à soi-même ne se fait pas sans efforts et sans renonciation, car choisir c'est renoncer, c'est abandonner l'idée d'un autre possible pour toujours...

@ Libertin_123 : lorsque vous écrivez "... et que l’on n’envisage pas avec ravissement de passer des années à ses côtés..." vous avez tout résumé. Quand l'idée de la présence de l'autre ne provoque pas de sensations, pas de ravissement. J'ai tenté de l'aimer car il ne faut pas croire, je ne cherche pas l'Amour et la continuité, je cherche l'amour qui vibre et par le coeur et par le corps, pour un contrat de durée déterminée ou indéterminée, peu importe. Ce qui compte c'est le désir dans tous ses sens, au sens acceptions !

@ Bougrenette : oui, c'est cela. Je crains que dans mon Bescherelle, le futur simple ait pour toujours été effacé. Je veux croire que ce temps pourtant, à nouveau, je conjuguerai avec le présent évidemment.

@ Columbine : comme toujours votre analyse est juste, en plein dans le mille. Le désir se cultive et il croît ou ne croît pas. Il ne crût pas. Vous avez tout dit. Merci.

@ M(30) : faire des choix n'est pas si facile. Il en coûte parfois, bien au-delà des conséquences visibles, mais il faut les faire. Cela s'apprend !

@ Tiffauges : René Char simplifie par trop, car l'équation pourrait être inverse, assurément. Bienvenu(e) ici !

@ Rouge : et j'espère votre commentaire comme une prophécie. Merci d'être revenue, c'est chaud de vous voir :-)

Écrit par : gicerilla | 19 avril 2009

@ Deef : faire des choix surtout dans ce domaine, est pour moi une forme de courage. Constat qui ne sert pas à faire de moi un éloge indirect, non, constat tout court !

@ Bérénice : un billet comme celui-là, Bérénice, pour partager avec les autres, faire miroir peut-être, sans aucune volonté "exemplariste" ou moralisatrice évidemment. Merci pour le cliché !

@ Passeakevin : tiens, vous voilà devenu guérisseur des âmes en peine, docteur en prescription thérapeutique de l'amour ! Epatant...

@ Lynx : j'adore quand vous faites le mage et pour moi consultez les étoiles. Et, oui, vous avez raison de répéter que l'audience est de qualité.

@ Coumarine : mon manque de pudeur, pour des raisons évoquées plus haut, font de ma plume un véritable "je". C'est un plaisir de vous voir passer, pour moi qui vous lis, souvent silencieusement.

@ Muse : Je prends cette émotion comme l'expression de votre empathie et d'un partage. Quand parfois le vécu de l'un résonne dans le vécu de l'autre ?

@ Nono des isles : mais je te renvoie à ma réponse à Libertin. Le plaisir n'est pas une chose qui se partage systématiquement, ça se saurait. Cela réclame beaucoup plus que la volonté de deux êtres consentants. Hélas ?

@ Titia : oui, la garder et ne pas douter, ne pas regarder en arrière. Merci d'être passée chez moi.

@ 502 : vous avez raison, donc raison de plus de ne pas tomber dans ce faux-pas!

Écrit par : gicerilla | 19 avril 2009

Bah, d'un point de vue pragmatique, la sincérité, ça n'est pas top. Parce que, bon, parfois c'est plus confortable d'être accompagné que seul ; je dis bien "parfois", tout est dans la temporisation. Ainsi, en attendant de trouver la bonne personne, on a de la compagnie, lorsqu'on le souhaite et si la personne en face ne nous aime pas plus que nous ne l'aimons d'amour, cela fait un compromis correct, non ? Si la personne nous aime, là c'est un peu plus vache, ça devient de l'utilitarisme peu scrupuleux, mais est-ce bien rare ?
De toutes façons dans un monde dévolu à la consommation de masse, il ne faut faire que des choix économiques. Vous avez trouvé un article, autant l'utiliser, ensuite, lorsqu'il deviendra obsolète, vous le filez aux déchets recyclables (attention, faut pas se tromper de poubelle !) Et rien ne vous empêche de vous procurer plusieurs articles en même temps. Par contre, pour de la bonne facture, pour les produits de luxe, ben là faudra y mettre le prix, on en revient à l'artisanat haut de gamme, ça vaut cher et ça ne se trouve pas n'importe où.

:-p

Écrit par : Alex | 19 avril 2009

Il est déjà difficile de vivre avec quelqu'un qu'on aime ; alors avec quelqu'un qu'on aime pas ?...

Écrit par : imago | 20 avril 2009

" tout cela ne mène à rien " ???!!
Pourquoi présager forcément la construction d'un avenir durable avec un homme ou avec cet homme ? Est -il vraiment dans cette attente ??
Vous vous ne l'êtes pas , il manque l'amour c'est évident .
Mais , est ce que le présent , les instants passés en sa compagnie vous donnent du bonheur ,du bien être ??
Si vos rencontres "mènent " au moins à cela ( et c'est bien le minimum attendu ) , alors pourquoi faut il se priver de ces bulles d'oxygène si salutaires ? Salutaires , bien sûr , quand on ne les charge pas trop de "possibles" ou "d'impossibles" ( qui ne sont peut être même pas envisagés par cet homme ! )
Il est vrai que l'honnêteté est dans la sincérité de la relation et surement que cet homme ne se sent pas comme un fer au feu ,mais fier de vos savoir a son écoute et un peu présente.

Écrit par : médevoirs | 20 avril 2009

La sincérité. Celle du choix que l'on ose ou que notre conscience nous impose dès lors que ce choix est réfléchi, même lorsqu'il se pare du doute, de l'incertitude presque inévitable d'un tel choix. Parce que l'on sait que l'on (se) ferme une porte, celle d'un possible toujours envisageable, d'un espoir à naitre qui ne sera pas. Oui, cette sincérité a un prix.
L'autre question que je me pose en lisant ce billet est la manière de concilier la raison d'un tel choix avec la déraison des sentiments, des émotions ou plus basiquement avec celle des pulsions.
Cette sincérité là, Gi, exprimée vis à vis de l'autre fait écho à la sincérité et au jugement que l'on peut avoir de ses propres sentiments. Jusqu'où est-on sincère avec soi même ? Sur ce qui fonde nos attentes ?
Alors oui. On fait des choix.
En l'occurrence, cette sincérité dont tu nous parles Gi, qui ferme un possible imaginable, est libératrice, préférable, en effet, à la prison que crée celle d'un espoir vainement entretenu. Cet homme dont il est question devrait t'en être reconnaissant, même si son amour propre en prend pour son grade. Même si subsiste toujours une part d'incertitude et un arrière gout de renoncement. Parce qu'une attente est toujours là bien présente d'un idéal accessible. Celui ou celle qui fait que l'on s'arrête. Mais moins de mérite, c'est encore une affaire de choix. A quel moment et dans quelles conditions ce choix s'impose à nous comme une évidence ?
Pas sûr qu'il nous appartienne en totalité lorsque l'autre, cet(te) autre, vous/nous possède et nous remue les "tripes" comme tu dis. On peut dire que dans cette évidence, la raison qui dicte un "choix" est supplantée par notre déraison, notre aveuglement qui fait que l'autre nous transporte.
L'amour dont tu parles Gi est en partie un abandon de soi pour s'ouvrir résolument, totalement, à l'autre. Est ce un choix et ce choix est-il sincère ? Je crois que oui, parce qu'il résulte d'une acceptation, celle qui nous amène à passer outre la part d'incertitude et de renoncement qui l'accompagne, car aussi sincère soit-il ce "choix" ne garantit en rien la durée ou la solidité dans le temps de "l'association".
En fait, on ne sait pas ce qu'il adviendra mais on accepte alors de ne pas savoir. On se retrouve donc dans une "sincérité" relative avec soi même et avec laquelle on accepte de composer.
L'amour est ce alors cela : être relativement sincère avec soi même en acceptant l'incertitude qui accompagne toute relation, en acceptant d'abandonner une part de soi parce que l'on veut miser sur celui ou celle là plutôt que sur un(e) autre ?

Écrit par : celadon | 20 avril 2009

@ Alex : à vous lire j'hésite entre cynique et pragmatique. Assurément, je ne sais plus quoi en penser, mais il est hors de question que je cède à un consumérisme effréné, et je ne vois pas où l'équilibre se logerait (je veux dire harmonie) dans l'échange de deux êtres consentants mais sans illusions...

@ Médevoir : quel plaisir de vous revoir, il y a si longtemps ! Mais vos propos presque subversifs, s'ils sont justes dans l'absolu, ne le sont pas ici. Utiliser quelqu'un qu'on ne désire plus fait de l'échange non plus un contrat avec réciprocité mais bien un contrat où l'homme devient un objet... Pas bon ça !

@ Celadon : pour résumer, il faut se demander quand il s'agit d'un choix éclairé et quand ce n'en est plus un véritablement. Ici, c'est un choix éclairé dont les motivations sont la sauvegarde des deux individus en présence, car l'un ne saurait sans souffrir à son tour faire souffrir l'autre. Je crois en une espèce d'équilibre divin...

Écrit par : Gicerilla | 21 avril 2009

et bien voilà , tout est dit ; il n'y a pas d'amour , il n'y a pas de désir .C'est donc une relation devenue complètement stérile.Là évidemment pas besoin de se poser de questions métaphysiques sur la faisabilité d'une vie à 2 avec compromis !Il faut tout de même trouver les mots de la rupture qui ne blesseront pas trop.
Hummmm ... l'homobjet peut être un nouveau concept !

Écrit par : subversivvv | 21 avril 2009

Il n'y a jamais de bon ou de mauvais choix puisqu'on ne peut pas revivre deux fois pour comparer les options. Il y a juste les choix qu'on doit prendre en s'efforçant qu'ils correspondent le mieux à ce que nous sommes. Et même si c'est lourd, le prix du respect de soi n'est jamais trop élevé...

Plein de baisers (là je m'y risque, tu as déjà ton soutien gorge !).

Écrit par : Ile | 22 avril 2009

"Je crois en une espèce d'équilibre divin..."
Je vous y prends tiens!

Écrit par : Fodio | 21 décembre 2009

@ Fodio : vous avez raison de souligner mes contradictions. Je devais avoir trop bu pour écrire une telle ânerie ! Il n'y a pas d'équilibre, ni de justice d'ailleurs qui viennent de là haut sinon le monde serait bien meilleur, non ?

Écrit par : Gicerilla | 22 décembre 2009

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