12 juin 2009

ELLE - Envie ludique

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"Ah oui, tu es blasé, voyez-vous ça !"

Comment ne pas sourire en entendant une telle affirmation. Même Casanova ne fut jamais blasé. Alors je souris et je le regarde droit dans les yeux. L'avantage de l'âge, l'assurance du savoir. Lui, c'est François. Avouerai-je que je lui cours après depuis des mois mais à distance, avec légèreté. Je rêve de lui souvent, éveillée ou pas mais il ne le sait pas. Pourquoi le lui dirais-je puisqu'il me dit que plus rien ne lui fait rien, que l'amour pour lui, c'est fini. "Je t'assure, moi qui frémissais à la seule idée d'une jolie bouche sur mon membre, maintenant ça ne me fait ni chaud, ni froid !" Je ne crois pas un seul instant à son impuissance. Assis face à face, je le sonde de mes yeux noirs, il ne baisse pas les siens. Son air blasé cache-t-il un jeu ou est-il véritablement revenu pour de bon des étreintes de l'amour ? Il l'a aimée comme un fou il y a quelques années et depuis, tout lui semble fade. Une part de moi, celle qui ressemble au Saint Bernard sauveur des désespérés, se dit "avec moi, ce ne sera pas pareil", forcément il me plait et j'ai envie de lui. L'autre part de moi me murmure "n'insiste pas, une fille comme toi ça se désire, ça ne se boude pas !"

"Jouons veux-tu ?" Il me demande à quel jeu ? "Tu n'aimes plus l'amour, il t'ennuie. Tu n'as plus d'envie. Je vois bien que tu ne me désires pas. C'est vexant d'ailleurs, soit dit en passant. Bref, jouons un jeu ensemble. Je ne connais pas encore toutes les règles mais tu les suivras aveuglément. Alors ?" François me répond qu'il est d'accord. Je note un éclair de gaité de son regard et, peut-être, un air goguenard qui étire à peine ses lèvres qui me disent silencieusement "cause toujours !" Il ne m'en faut pas plus pour me mettre au défi. "Viens."

Il me suit docilement jusqu'à sa voiture. Il est garé à l'écart, au bout du parking sous un grand chêne. La télécommande ouvre les portes. Je l'attire sur la banquette arrière. Toucher sa main me chavire. Je redeviens adolescente, frémissante, débutante. Quelle sensation étrange de se sentir émue par le simple contact d'une main. "Assieds-toi à côté de moi et ne bouge plus. A partir de maintenant laisse-moi te guider. Promets-moi de jouer le jeu, promets-moi de ne rien vouloir contrôler." Comme à son habitude, il joue le rebelle "Je ne te promets rien, mais je veux bien voir où tu veux en venir !"

Il me regarde et un sourire curieux m'encourage à continuer. Je soulève à peine ma jupe et fais lentement glisser mon string. Je ne lui laisse rien voir, trop facile, trop prévisible et ça ce n'est pas moi. Les pans de ma jupe découvrent à peine mes cuisses. "Ferme les yeux". Il s'exécute et je glisse mes dentelles sous son nez. "Respire-moi !" Il me respire mais ne trahit aucune surprise, aucune émotion. J'approche ma bouche de son oreille et lui murmure "garde les yeux fermés, François. Ferme-les en sachant que je vais te baiser. D'abord le cou, puis le menton, puis les lèvres. Et puis, je vais te sucer. Tu crois que tu n'aimes plus ça, je vais te prouver le contraire. Mais je ne vais pas te faire jouir, non puisque tu ne sais plus jouir, je vais juste te faire bander, un peu, pour que tu te souviennes comme c'est bon. Parce que c'est bon, tu verras. Gardes les yeux fermés et suis moi..." 

Je me suis mise à genoux sur la banquette et, assise sur mes talons, je me penche pour nicher mon visage dans son cou. Mon souffle chaud parcourt en petits va et vient sa jugulaire, glisse sur sa nuque où je l'embrasse légèrement. Il frissonne et je sais que la salve descend le long de ses reins. "Tourne toi vers moi, offre-moi ton visage, offre-moi ta bouche mais garde les yeux fermés" Il n'obéit pas, évidemment, et me regarde dans les yeux avec son sourire de Joconde alors que sa main gauche tient toujours serré mon string blanc sous son nez qu'il s'amuse à respirer bruyamment. "Chut, ferme tes yeux, concentre-toi sur tes sensations, même si tu n'en as pas." Doucement, j'effleure à peine ses lèvres qu'il tient serrées. Pire qu'une vierge effarouchée, mais n'ai-je pas entendu son souffle un peu plus rapide que tout à l'heure. Ma langue goûte ses lèvres, en dessine le contour et tente de s'immiscer mais elles restent scellées. "Tu ne veux pas m'embrasser, très bien  je vais les violer." Il sursaute. J'ai plaqué ma main droite sur son sexe. Je sens bien qu'il ne ressent rien. Serait-ce vrai, il ne sait plus aimer ? L'idée me rend dingue car, moi, je bande pour deux. Je force le barrage de ses lèvres et lui donne un baiser qu'il me rend enfin. Je prends son visage dans mes mains et le caresse alors que je dévore sa bouche. Le souffle court, je descends le long de son cou et déboutonne avec empressement sa chemise pour en écarter les pans. "Laisse-toi faire, tu entends, ne fais rien".

J'embrasse son torse puis son ventre et suis la ligne sombre qui sombre sous la ceinture de son jean. Je plonge mon visage entre ses jambes et indécente, je caresse son sexe qui git là. Il ne bande pas, je suis en transe. J'ouvre brusquement la braguette de son pantalon et je frotte mon visage comme une chienne son museau au coton du boxer qui me cache encore sa queue. Je relève la tête en souriant "Tu vois, tu bandes..." Sans préavis, j'attrape dans ma main son sexe qui durcit. Je le caresse à peine, je veux en sentir la dureté sous ma main comme le témoin silencieux de son excitation. Je le regarde dans les yeux en le masturbant. Il le soutient comme si tout cela le laissait indifférent.

Alors mes yeux rivés aux siens, je passe ma langue sur mes lèvres pour les rendre luisantes "regarde ma bouche. Elle est douce, elle est chaude et lisse. Regarde ma langue. Imagine-les sur ta queue. Regarde ma bouche s'approcher..." Il soupire. Je gobe son sexe d'un seul coup, affamée. Il soupire plus encore et referme les yeux. Son sexe est dur sous ma langue, lisse comme du marbre mais bouillant pourtant. Ma langue dessine consciencieusement le contour de son gland. Ma bouche humectée va et vient lentement, elle reste en surface alors que de ma main je caresse sa hampe. Les soupirs qu'il expire m'indiquent que je suis sur la bonne voie. Je regarde un instant l'animal tendu dans ma main. Un œuvre d'art. Que c'est beau le sexe d'un homme qui bande ! Je le gobe à nouveau, je le lèche et le lâche alternativement. Ma langue descend et remonte suivie de ma main qui doucement l'enserre. "Imagine mon sexe autour du tient, François. Imagine la chaleur infernale qui te brûle et t'inonde au rythme de mes mouvements. Imagine..."

Il soupire plus encore alors que je reprends mon ballet sur sa queue, sur ses couilles. J'ai envie de lui, qu'il me pourfende là, qu'il me baise et m'achève de son coutelas. Je deviens effrénée, ma bouche l'aspire, le mordille, le serre de plus en plus fort. Son gland violacé maintenant me dit qu'il est proche de la jouissance et pleure déjà quelques gouttes de son plaisir prêt à sourdre. Je le suce goulument, comme une gourmandise. Je m'applique comme une débutante. Il est à bout, il murmure "oui". Je réponds "Non ! Non, tu ne jouiras pas, rappelle-toi, tu ne ressens plus rien, l'amour, c'est plus pour toi." Je repose délicatement son sexe tendu comme un mât de cocagne sur son ventre qui se soulève rapidement. Je me redresse et viens plaquer ma bouche sur ses lèvres pour l'embrasser avec fougue.

"Alors, finalement, veux-tu aimer encore ?"

 

 

05:29 Ecrit par Gicerilla dans Eros | Lien permanent | Commentaires (24) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : fellation, pipe, flûte

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Commentaires

Waouh !
Rien d'autre à dire...

Ecrit par : Cloudy | 12 juin 2009

Il suffisait de demander ...
Merci ! :)
Baisers.

Ecrit par : Philo | 12 juin 2009

"Que c'est beau le sexe d'un homme qui bande ! " je confirme, je trouve aussi.
Et je ne vois pas comment il pourrait, après ça, résister.

Ecrit par : Bougrenette | 12 juin 2009

Pfiou... coup de chaud ici.

Cela dit; elle me rappelle quelque chose cette image...
Toujours pas décidée?
: )

Ecrit par : Ash | 12 juin 2009

Bon bein voilà Gi, tu vois bien que de devenir" une bête" ça a du bon, et François du coup, avec sa thérorie "du tu ne m'aura pas", il a été bien eu! Et tout regard ténébreux qu'il a ne tiendra pas bien longtemps sous de tels assauts ou alors c'est qu'il a décidé, désepéré, de rentrer dans les ordres...
Un préservatif en poche la prochaine fois et hop!
Comment en 2/2 on se rebooste l'ego!
Hahahaha!
Bi Zou

Ecrit par : Miss Anis | 12 juin 2009

Belle description technique.

Ecrit par : passeakevin | 12 juin 2009

Eh bien dis donc Gi vous êtes insatiable, excellent. Texte... Enfin, bref... La chute (si j'ose dire) je ne m'y attendais pas, j'espère que vous (deux) n'en êtes pas restés là. Bizzz à vous.

Ecrit par : Valmont | 12 juin 2009


Oui bon, pas mal... mais je vois bien qu'il y a une ou deux "astuces" que tu n'as pas mises en pratique : serait-ce que parce que tu les ignores ?


Quel culot, euh... quel goulot !


Si tu ne l'as pas tout à fait convaincu, on peut peut-être aussi essayer ?


Bon alors, et la suite ?

Ecrit par : Artémis | 12 juin 2009

Zut, j'avais mis des didascalies entre crochets et cela n'est pas affiché. Mon effet est raté ! Les voici donc, dans l'ordre, à ajouter aux commentaires précédents (à moins que GI vous vouliez bien faire la rectif ?) :
(condescendante)
(envieuse)
(gourmande)
(curieuse)

Ecrit par : Artémis | 13 juin 2009

Une bien belle histoire dont j'aurais aimé être acteur...
Mais bon ! Ce sera pour une autre fois !
Bises, belle Gicerilla

Ecrit par : Domi | 13 juin 2009

Tsss... saint-bernard des causes désespérées ou joueuse délicieusement gourmande... avec vous, allez savoir !

Magnifique texte. Superbe dosage d'audace et de délicatesse.

B

Ecrit par : petite française | 14 juin 2009

Mmhh comme je me retouve dans vos lignes décidement c'est un délice sans nom, mais je vous trouve bien cruel de ne l'avoir pas "fini"

http://satamon68.skyrock.com

Ecrit par : Satamon | 14 juin 2009

@ Cloudy : j'espère que c'était un "waouh" enthousiaste ! :-)

@ Philo : quand le hasard de l'édition coincide avec vos souhaits ! Mais je ne vous promets pas que ce sera toujours comme ça ! :-)

@ Bougrenette : tu sais, quelques soient la passion et la persévérance qu'on y met, parfois, y'en a qui résistent... Rien qu'à m'embêter !

@ Ash : ah, mais quel plaisir de vous revoir. Je vous croyais parti à jamais. Euh, je ne suis pas décidée à quoi, ça dépend ? :-)

@ Miss Anis : ah, si c'était si simple, Jolie Miss, j'en serais bienheureuse mais... Oui, y'a un mais car je vous promets qu'il y a de ces récalcitrants. J'y perds mon latin.

@ Passeakevin : j'ai la pipe académique, mon côté perfectionniste sans doute, mais ne doutez pas à votre tour que chaque coup de langue appliqué était emprunt de passion... il suffit de savoir lire entre mes mots.

@ Valmont : ah, vous resterez sur votre faim à moins que, sur proposition d'Artémis, je ne vous soumette la suite !

@ Artémis : "didascalies" ! Mais quelle langue est-ce donc là ? J'avoue je suis ignare en la matière et ne sais rétablir comme il était votre commentaire. Promis j'ai rien touché. Cela dit, j'accepte votre proposition de m'aider à circonvenir l'individu, non pas en intervenant mais bien en m'initiant !!! :-)

@ Domi : il faut bien que je reconnaisse ici votre fair-play, car je ne crois pas avoir tout à fait relevé le défi lancé. Le jeu était dangereux.

@ Petite Française : merci. Venant de vous je sais que c'est un compliment, un vrai !

@ Satamon : hi hi, le "finir" comme vous y allez ! Il ne le méritait pas. D'ailleurs mérite-t-il tout cela ? Sympa de vous voir repasser par là :-)

Ecrit par : Gicerilla | 14 juin 2009

Pardon d'avoir parue pédante ;-)
Les didascalies sont les commentaires et consignes adjointes aux répliques d'un texte de théâtre. Elles peuvent indiquer en autres choses les mimiques, le ton que devront adopter les acteurs.

Pour modifier un commentaire, rendez-vous dans l'onglet "notes" > "tous les commentaires > choisissez le commentaire sur lequel intervenir / colonne "Action" / "modifier".

Hum, pour ce qui est de vous "initier" je crois que 1) j'ai peut-être été prétentieuse, pour rire ; et 2) je suis sans doute trop prude pour exposer en public des techniques moins "académiques" !

Heureusement que vous êtes là pour nous faire assumer le sexe et les petites choses de la vie sans tabous, comme étant des expériences tout à fait partagées et pourquoi pas avouables. C'est bien pour cela que je suis une fidèle de votre blog : vous abordez avec mordant et naturel ce que tout le monde peut avoir à l'esprit sans jamais oser en parler !

J'en profite pour vous suggérer de donner à vos fidèles lecteurs la possibilité de nous abonner à la réception de vos notes par e-mail (soit en paramétrant votre flux, soit en installant Feedburner).

Ecrit par : Artémis | 14 juin 2009

Mais je suis souvent là, seulement vous me connaissez sous un autre nom de grande d'Egypte !
Mais chut, gardons cela pour nous voulez-vous ?

Ecrit par : Satamon | 14 juin 2009

Ouh ouh... pourquoi écrivez-vous des choses comme cela quand mon amant est loin, depuis un mois, il escalade.. l'Himalaya.
Beau texte... Dans quel état a fini le monsieur? j'espère que nous aurons la suite du feuilleton...

Ecrit par : Magda | 14 juin 2009

Est ce François le français ? Désolé pour cette mauvaise blague qui ne fait rire que moi ! Si ce pauvre homme n'a pas réagit, moi oui ! Je vous embrasse.

Ps : je crois que certains hommes ne savent pas prendre conscience de la chance qu'ils ont. Tant pis pour eux.

Ecrit par : Monsieur | 15 juin 2009

Le principal pour moi restant la satisfaction de vous lire ma chère ! :)
Baisers du lundi.

Ecrit par : Philo | 15 juin 2009

Joli même si je ne saurais dire à la fin qui a joué avec qui ;)

M. (30)

Ecrit par : M. | 15 juin 2009

@ Artémis : pédante ? Certainement pas, j'aime le blog aussi pour ça : pour apprendre. Je me coucherai moins ignare. Et merci pour votre "déclaration". Vous avez dit exactement ce qui me motive ici, ce que je veux partager avec les habitués ou les lecteurs du hasard. Merci. Vraiment.

@ Magda : ah, je rougis, je ne crois pas que vous m'ayez jamais lue auparavant dans cet "exercice" ! Mais que diable allait-il faire dans cet Himalaya ? :-)

@ Monsieur : en effet, vous dites de fort justes choses, certains ne savent pas la chance qu'ils ont !

@ M (30) : lui, assurément !!

Ecrit par : Gicerilla | 15 juin 2009

Chère Gi et d'autres qui en ont moins... rires. Je vous embrasse.

Ecrit par : Monsieur | 15 juin 2009

Quelle écriture ! J'espère un jour arriver à écrire / publier des textes de ce type et de cette qualité.

Ecrit par : Madame Kévin | 16 juin 2009

Beau texte, Gicerella. On vit le moment...

Je reviendrais suivre vos aventures !

Ecrit par : Rackham Le Rouge | 19 juin 2009

Zut alors, je bande ! Je ne sais pas si je dois dire merci, j'avais d'autres projets que de me palucher.

Ecrit par : Bah | 01 juillet 2009

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