06 juillet 2009
ELLE - Minou y es-tu ?
"Veuillez passer dans la salle d'attente, le docteur vous verra dans quelques instants."
Je suis arrivée au rendez-vous à l'heure mais pas sans heurt. Une priorité à droite grillée dans un crissement de pneus qui sentait le brûlé et un créneau façon "Taxi" sans la dextérité, ma suspension ne s'en remettra pas. Mais j'aime la ponctualité et ne tente toujours de l'être car n'est-ce pas la forme de politesse la plus élémentaire et pourtant la plus souvent méprisée ? Et comme je suis une reine, je passe la porte avec l'exactitude qui caractérise les rois*. Rendez-vous annuel avec mon généraliste puisque, dans mon coin perdu, les spécialistes se font rares. Rendez-vous intime que j'aborde en toute simplicité mais non sans un peu d'anxiété.
"Alors, Madame G., qu'est-ce qui vous amène chez moi !" "Ah, docteur ne croyez pas que je le fais exprès mais cela fait déjà un an et il est temps de refaire le test ! Je suis désolée, mais il semble que je ne vienne que pour vous montrer mes fesses !" Il sourit de son sourire en biais et lance sur un ton espiègle "Ne nous plaignons pas, chère Madame, c'est que vous êtes en bonne santé !" Je ne le crois pas habitué à avoir dans son cabinet des femmes qui, sans vulgarité, appellent un chat, un chat. Enfin, oserais-je préciser qu'en l'occurrence il s'agit plutôt de chatte. Oh, je vous en prie, ne faites pas la fine-bouche, car le mot n'est pas de moi, mais de ces Messieurs sans doute ! A ce propos, qui pourra m'expliquer d'où peut venir une telle analogie avec ce félidé car enfin, à bien y regarder je vous assure, rien ne semble les apparenter. Serait-ce le plaisir et le bien-être qu'on en retire de les caresser qui fit venir cette métaphore zoologique à la bouche de l'amateur ? Le mystère reste entier.
Bref, je disais donc que depuis des années que je fréquente sa pratique, il m'accueille toujours avec un petit sourire énigmatique que je ne sais pas m'expliquer. J'ai maintes fois redouté qu'il soupçonne, ô dieu faites qu'il n'en soit rien, que je le fais exprès car il a certainement moins souvent vu de moi le haut que le bas ! Il faut dire que dans mes contrées les spécialistes de notre canal musculo-muqueux et de tout ce qui va avec, ne sont pas nombreux, je crois bien qu'on les compte sur les doigts d'une main. Il est donc médecin à tout faire, généraliste, pédiatre et gynécologue. Je le soupçonne même d'être à ses heures vétérinaire...
Le moment redouté est proche quand il me dira "je vous en prie Madame G. vous pouvez vous allonger et glisser les pieds dans les étriers." Alors qu'il tapote sur son ordinateur, je repasse mentalement comme pour me rassurer chaque étape préparatoire de cette visite mais l'inquiétude me saisit quand des mots fourbes viennent me susurrer "Es-tu bien sûre d'être nette et fraîche ?" Car une femme délicate et bien née, comme moi, ne saurait s'exhiber sans craindre d'être trahie par quelques effluves malséants. Ts, ts, pas de quoi rire devant ces timidités, mettez-vous donc à ma place un instant ! Ces pensées triviales me tétanisent quand enfin il me dit "Allez-y, je vous en prie !"
"Voyons-voir !" Je redresse un peu la tête pour voir la sienne dans l'axe, le regard vissé sur mon anatomie. "Je suis prêt !" Ah, voici donc le moment arrivé et je ne peux plus me défiler mais mes jambes semblent vouloir rester absolument scellées. Seraient-elles mues par leur propre volonté ? "Allons, Madame, détendez-vous et écartez les cuisses !" Subitement, un fou rire né au creux de mon ventre monte en rafale et je tente de le réprimer. N'est-ce pas incongru qu'un inconnu m'intime de m'ouvrir à lui ? Mais la concentration professionnelle qu'il affiche gomme le malaise que je ressentais d'être ainsi sous la lampe écartelée comme un poulet, sans taire pourtant mon rire de gamine.
Mes pensées divaguent promptement et, alors qu'il m'ausculte, je me demande ce qui a mené cet homme à choisir cette spécialité car enfin, il aurait pu décider d'être dentiste ou podologue. Et je me demande comment l'homme en lui peut encore, le soir dans l'alcôve, désirer sa compagne et lui distiller des caresses qui lui remettent sous le nez ce qu'il voit défiler toute la journée ! Car enfin, n'y a-t-il pas la un risque de se blaser ou de se dégoûter ? Ne faut-il pas aimer la femme au plus près pour scruter ce qu'elle cache au monde sans s'en lasser ? Je ne sais pas, je ne suis pas un homme alors il va bien falloir vous interroger.
Alors Messieurs, qu'en dites-vous ?
Euh, les dames aussi peuvent se prononcer :-)
UN GRAND MERCI A IMAGO POUR SA CONTRIBUTION

05:45 Publié dans Billet d'humour | Lien permanent | Commentaires (22) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : gynécologue

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Commentaires
Je me pose la question comme vous ...
Un mécanicien ne pourrait-il plus avoir envie de conduire une voiture, sachant ce qui se cache sous le capot ?
J'éviterai la comparaison avec l'aéronautique ...
Je ne pense pas que l'on puisse se blaser d'une jolie chatte ! Et voilà une subtile transition vers ce terme que j'adore employer ...
Peut-être que l'aspect soyeux d'un petit minou donne-t-il envie de le caresser dans le sens du poil ? :)
Et quand il est imberbe, ne devient-il pas un abricot ?...
Je pense qu'un gynéco, tout comme le mécanicien, ne doit pas avoir un regard purement professionnel tout au long de la journée ... ;)
Ecrit par : Philo | 06 juillet 2009
Bonjour Gi. Les explications valent ce qu'elles valent. Une définition par là, une intuition par ici, tout passe et se repasse sans fin sur l'échelle du temps. Dans la langue française apparaisent très tôt deux homonymes qui s'entendent comme compères: chas et chat. Le chas autrement dit la fente de l'aiguille et la bestiole miaulante et ronronnante. En fallait-il d'avantage pour que ces deux là fusionnent en un accouplement indissoluble? Qui dit rapprochement de sons dit mise en route des imaginations bien prêtes à entrer dans le jeu surtout s'il est érotique. Ainsi en est-il du langage et de ses particularités, de ses associations de mots comme de ses associations d'idées.
Le mot chat était laché et commençait alors à s'en donner à coeur joie
De chat à chatière il n'y a pas grand chose. De la chatière à la porte qu'on pousse il y en a encore moins: La pensée symbolique s'emparant pleinement de la chose, peaufinait ses apprentissages et développements. Freud suivit en se grattant la barbe...
Douce fourrure caline et frisettes fleurissantes scellèrent leur entente dans une union sans faille. Facile tout cela mais pas question de poil dans la main pour effectuer les rapprochements.
Encore: l'argot a identifié deux créatures des rues, la prostituée et le mauvais garçon, aux chats, d'ou les noms de catin et de marlou, terme utilisés précedemment pour désigner la chatte et le chat pendant la saison des amours.
Il y a bien d'autres exemples
J'ai trouvé ceux-ci dans un livre de Robert de Laroche, (Il y a un siècle, le chat). Bien que je connaisse et apprécie fortement le sujet, les aspects historiques m'étaient un peu sortis dela tête.
A bientôt , bises.
Ecrit par : jlb | 06 juillet 2009
Mais vous le dites vous-même, il n'a justement pas choisi cette spécialité, c'est un généraliste-multicarte :-)
Ceci dit, je pense que pour les gynécologues comme pour d'autres, il faut savoir couper entre le travail et la maison. Le fait d'être amoureux doit faire une sacré différence, non ? Sans compter que les caresses amoureuse n'ont pas grand chose à voir, en principe, avec un frottis...
M. (30)
Ecrit par : M. | 06 juillet 2009
P.S. Jolie illustration...
M. (30)
Ecrit par : M. | 06 juillet 2009
Je commencais à râler mais heureusement, tu as ajouté une ligne à l'attention des dames (sinon, pas grave, j'aurais utilisé ma part masculine et commenté en tant qu'homme).
Je me suis pris une cartouche, au passage, avec tes lignes sur la pocntualité, supposée politesse des rois (et reines). Suis pas d'accord, tu t'en doutes ;)
POur le terme de chatte, à part la fourrure (qui n'est d'ailleurs plus très à la mode ces jours-ci), je ne vois pas le rapprochement.
Je ne sais pas pour toi, mais moi, malgré tous mes efforts (et ceux de mes partenaires, cela va sans dire) je n'ai jamais réussi à ronronner :)
Et pour la question sur les gynécos, je rejoins Philo. Je me souviens d'une interview à Rocco l'étalon italien, où on lui posait ce type de questions sur son désir pour sa femme. La bienheureuse ne semblait pas avoir de raisons de se plaindre.
Et pourquoi tu ne lui poserais pas la question, à ton médeecin ? ;)
Ecrit par : Fiso | 06 juillet 2009
je suis comme fiso , la civilisation est ennemie du poil
Ecrit par : waid | 06 juillet 2009
Moi, ce que je retiens c'est que l'on parle indifféremment de minou (mot masculin) et de chatte (mot féminin), c'est à y perdre son latin érotique, non ?
Ensuite, je suis évidemment hors sujet, n'étant pas gynécologue.
Ce que je puis dire néanmoins, c'est que je ne me lasse pas de rêver, d'imaginer, de deviner, d'entre-apercevoir, d'apercevoir, de voir, de voir de près, de goûter à des sexes féminins...
Et pour tenter une réponse à la question, ne peut-on penser que nos amis médecins pourraient être sincèrement émus à la vue d'une entre-jambe finement voilée d'un simple tissu tout en transparence...
Bisous très coquins très près de ton jardin des secrets...
Ecrit par : Libertin_123 | 06 juillet 2009
Mmm... Rocco ? Fiso a des références ! ;)
Il m'est arrivé d'entendre des cha ... euh ... des femmes ( à poils ou sans ), ronronner sous mes caresses !
C'est très gratifiant ...
Ecrit par : Philo | 06 juillet 2009
Heu ne pourrait-on imaginer qu'un homme choisisse cette spécialité par ce qu'il voulait mettre des bébés au monde ?
Oui je sais c'est peu probable, mais au moins j'aurais essayé !
Ecrit par : Satamon | 06 juillet 2009
Un gynécologue ausculte une patiente. Avant l'examen vaginal, il retire ses gants et prend une perche munie d'un grand crochet. La femme le voit et pousse un cri de panique. Ne vous affolez pas, madame, dit le médecin, c'est seulement pour ouvrir le vasistas !
Ecrit par : Donatien Angiospermes | 07 juillet 2009
L'intention fait toute la différence il me semble.
La question subsidaire que je me pose, c'est de asvoir si les gyneco, de par leur savoir et leur pratique, sont de meilleurs amants ?
;)
Ecrit par : Ash | 07 juillet 2009
Ah l'éternelle interrogation féminine de pourquoi un homme peut bien avoir choisi la spécialité de gynécologie (sourire)... Je pense que la majorité aime cette spécialité qui va aussi avec la mise au monde des enfants et le suivi de la grossesse, et puis sans doute certain(e)s gynécologues y joignent l'utile à "l'agréable", vraisemblablement une petite minorité, enfin j'ose l'espérer.
Quant à moi je peux vous assurer que je me sentirais tout à fait capable d'être gynécologue et de ne désirer vraiment que la femme que j'aime... Biz à vous.
Ecrit par : valmont | 07 juillet 2009
J'avais un ex qui était en 1ère année de médecine et rêvait de devenir gynéco pour admirer des femmes à loisir .
Je l'ai retrouvé , des années plus tard.... il est psychiatre .
Je lui demanderais pour vous le pourquoi de cette "réorientation" la prochaine fois que je le croise p:
Ecrit par : Ballade | 07 juillet 2009
M'en voilà tout re-courbet ...
Ecrit par : celadon | 07 juillet 2009
Garder son impassibilité lors de l'examen plus ou moins approfondi de dames dévêtues fait partie, je le sais de source autorisée, de la formation des jeunes médecins. Outre le fait que, les lois de nature étant ce qu'elles sont, ils ont plus d'aïeules à ausculter, que de candidates au concours de Miss France ( ou Miss Helvétie ) ; et que la dissection et l'examen détaillé de cadavres leur a donné une vision particulière du corps humain - mais enfin, bon, ce sont des hommes tout de même ; et jeunes, et vigoureux !... - on leur apprend quelques trucs pour ne pas être troublés, mais surtout ne pas mettre leur patiente mal à l'aise. Voire éviter toute ambiguïté : il y a de telles allumeuses, ou de celles qui se font des idées !... On apprend cela aux internes, lors des tages. Par exemple, pendant qu'ils posent délicatement le stéthoscope sur deux seins d'une fermeté, d'une lourdeur ( mais d'une élasticité ) et d'une impertinence à damner... un saint ; on leur apprend, disais-je, à toujours regarder la patiente dans les yeux ; afin qu'elle sache qu'on ne regarde pas ailleurs. OK me dira-t-on, l'autre "machin", objet de damnation avec ou sans poils -moi je préfère avec- , comment peuvent-ils l'examiner en ne quittant pas le ragard de la patiente ? Et pourqupoi faudrait-il la rassurer qu'on ne le regarde pas, puisque c'est justement pour celà qu'elle est venue ; pour qu'on le lui regarde son bijou !... En, voilà une question qu'elle est bonne !... J'imagine, qu'il faut parler, avoir l'air très professionnel - la lampe frontale y contribuant largement- , et plonger vers la chose au dernier moment. La vision très rapprochée étant censée en enlever la charge érotique. Voilà un point à vérifier. Y a-t-il un médecin parmi nos distingués commentateurs ?
Ecrit par : imago | 07 juillet 2009
j'ai habité dans des pays où le sauna et le spa se pratique nu et mixte, où certains vestiaires sont mixtes. l' anatomie n' a pour moi rien d'érotique en soi, tout est question de contexte. je suppose qu'il en va de même pour les médecins, enfin j' espère (je ne suis pas inquiète, je donne parfois des cours en fac de médecine). si l' on s' éloigne des organes sexuels, les lèvres, les jambes de votre amoureux/amoureuse vous sont sûrement érotiques, ce n'est pas parce que vous voyez des bouches et des jambes tous les jours que vous vous blasez de celles de votre amoureux/euse. pourquoi n'en serait-il pas de même pour les chattes? les hommes vous le diront, il n'y en a pas deux pareilles et votre amoureux vous dira toujours que la vôtre est la plus belle. euh il y a-t-il dans le lectorat quelqu'une dont l'amoureux est un gynécologue?
Ecrit par : columbine | 08 juillet 2009
@ Tous : Je fais une réponse groupée parce qu'en la matière beaucoup d'entre vous ont exprimé le même point de vue. Je reste toujours curieuse de savoir si un gynéco garde sa candeur et sa gourmandise dans l'alcôve. J'ai noté que Libertin ne s'en lasse pas, et j'avoue qu'une telle déclaration me rassérène et me fait plaisir, que JLB intervient toujours avec autant de pertinence, que Philo confond mécanique et anatomie, qu'Imago les aime "nature", que Donatien a le mot pour rire (si, j'ai vraiment ri), que Waid les aime polies. Comme Ash ce que je me demande "c'est de savoir si les gyneco, de par leur savoir et leur pratique, sont de meilleurs amants ?..." mais comme je n'ai pas de gynéco dans mes lecteurs (hélas) je ne saurai pas :-)
Merci aux dames qui ont bien voulu donner leur avis !
Ecrit par : Gicerilla | 09 juillet 2009
Et si vous êtes curieux, allez donc voir l'illustration faite main par IMAGO !!
Ecrit par : Gicerilla | 09 juillet 2009
Oui, c'est vrai que c'est une question que je me suis déjà posée... Aucune réponse... (bref, je commente pour rien dire...;o(
Bises de papillon
Ecrit par : VéroPapillon | 12 juillet 2009
Une fois, j'avais alors vingt ans, un homme m'a appelée "Ma Chatte". Je trouvais ce petit nom obscène et c'est seulement depuis quelques semaines, que j'arrive à dire "Ma chatte" pour signifier mon sexe.
Sinon, j'aime beaucoup que ce qu'il y a de plus doux et de plus sensible chez une femme soit associé à ce petit félin plus ou moins domestique ;-)
Et pour en revenir à cette histoire de gynécologue qui serait plus expérimenté ou qui, à force de voir des sexes de femmes, serait blasé. Je dirais simplement que chaque sexe a une forme et un goût différent (ça aussi je l'ai découvert sur le tard, c'est comme le sexe de nos mâles...), donc, il ne pourrait pas trouver cela ennuyeux de s'occuper de l'intimité de sa femme. A savoir s'il est meilleur amant qu'un autre spécialiste, je dirais que ce ne sont pas les femmes des "cordonniers" les mieux "chaussées" ! ;-)
Et pour la petite anecdote : mon gynécologue est "UNE" gynécologue et préfère les femmes...
Ecrit par : Agatha | 14 juillet 2009
Peut être faut-il ne pas rester trop en dessous de la ceinture dans cette histoire? Quant à votre anxiété, je la trouve légitime.
Ecrit par : muse | 15 juillet 2009
@ Véropapillon : ben justement, j'aime bien quand vous commentez pour ne rien dire, au moins je vous vois passer et ça me fait plaisir !
@ Agatha : une femme qui aime les femmes ? Ma foi, danger :-) Perso, je ne l'appelle jamais ma chatte, impossible. Moi qui appelle un chat, un chat, v'là que l'appeler chatte je ne peux pas :-)
@ Muse : pourtant, c'est bien à ce niveau là que ça se passe. Merci pour la solidarité. Je me console en me disant que nous avons ça et eux, ils ont la prostate !
Ecrit par : Gicerilla | 16 juillet 2009
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