24 juin 2009

ELLE - Quand le superlatif n'est plus désirable

manuel.jpg

Comme un leitmotiv, certaines questions reviennent, lancinantes.

Elles reviennent me chanter leur refrain car je leur trouve rarement de réponses. L'être humain dans sa variété et dans sa complexité m'interpelle à chaque instant et laisse rarement mes méninges en paix. En paix, au repos ? Tiens, tiens. De bien drôles d'expression pour signifier tour à tour la quiétude ou la mort ! Et si ces questions ne me laissent pas quiète, elles ne m'inquiètent pas pour autant, tout au contraire, elles me rendent par la pensée, vivante. "Cogito ergo sum".

Bref, revenons au sujet qui m'occupe maintenant. Le nommerai-je "l'acceptation de soi" ou bien plutôt "la négation de soi ou l'autodestruction" ? Car il me semble bien que dans le cas considéré, il s'agit de se renier en tant qu'être humain et de se transformer, consciemment ou inconsciemment, en une forme de vie hybride entre l'homme, cette magnifique machine aux rouages remarquables de précision et de sophistication, et le mollusque (du latin mollis, mou) inamovible pour toujours échoué sur le rocher qu'il a élu.

Manuel Uribe Garza est, à mes yeux, cet être hybride, homme comme dieu nous a fait et pourtant semblant né sous la mine inventive d'un dessinateur de science fiction. Héros, que j'imagine involontaire, d'un documentaire qui avait retenu mon attention mais que je n'avais pas pu regarder. Internet a pallié la carence. "Manuel Uribe Garza, l'homme le plus gros du monde" *. S'il est vrai que tout homme héberge en lui comme je l'ai dit ici l'envie de se surpasser, et plus encore peut-être, l'envie de dépasser ses semblables en excellant dans un domaine pour y être couronné, il est peu probable que ce mexicain ait souhaité se rendre célèbre en détenant le record peu convoité de l'homme le plus gros que la planète ait jamais porté. Aussi, le titre du documentaire m'apparut non pas comme une revendication pleine de gloire d'un être en quête de renommée mais bien le constat effrayant d'une dérive inhumaine à dénoncer au monde.

En effet, ici, aucun dépassement de soi par la performance, aucun accomplissement admirable suscitant chez les foules émerveillées la révérence de l'exploit. Non, ici prévaut la négation de soi comme une mort lente affligée à son corps. Manger à en crever ? Manger pour étouffer les voix en soi qui nous disent qu'une vie n'est pas faite pour ça ? Manger pour combler la vacuité d'une vie perçue comme inutile ?  Tenter de se remplir car le vide en soi est infini et ne saurait finir qu'avec la fin de la vie justement ? Autant d'hypothèses qui me bousculent et me peinent profondément, car il ne faut pas croire que je m'érige en juge dans mon petit tribunal. Non ! J'aime trop l'humanité pour la condamner mais je m'attriste vraiment de voir cet homme-là ravalé à l'état de tas informe sur son lit, devenu infirme par sa propre volonté et non par accident.

Et n'interjectez pas, je vous en prie, l'argument prévisible qu'il s'agit certainement d'une maladie (**), car alors j'aurais la témérité de citer M. Castelli, neuropsychiatre de son état, qui répétait à l'envi "A Auschwitz, il n'y avait pas d'obèses..." Argument choquant de prime abord car il fait référence à un pan de notre histoire exécrée, exécrable, mais argument de poids car cela n'est-il pas cruellement vrai ?

Alors je m'interroge encore sur l'acceptation de soi qui me semble la seule piste à explorer pour tenter de comprendre son cas. Ne sont-ce pas là, mis en place sournoisement, des mécanismes destructeurs comme le sont à leur tour, mais autrement, l'anorexie, la boulimie et autres troubles du comportement alimentaire ? Quelles peuvent être les véritables motivations qui meuvent ces êtres au point de les mener à court terme à leur propre destruction ? 

Encore et toujours, je me questionne et arrive à la même conclusion que l'être humain est merveilleux mais tellement fragile, et que l'estime de soi est la chose la plus difficile à conquérir qui nous permet d'avancer dans la vie tel un funambule sans déséquilibres et grâce à laquelle on peut aimer les autres librement parce qu'avant toute chose on s'aime, soi. Est-il possible que Manuel s'aime vraiment pour en être arrivé là ? Il semblerait que l'amour d'une femme ait contribué à son envie de redevenir "normal" mais cet amour étrange justement n'est-ce celui qui lui manquait ? Je ne sais pas mais je reste avec un malaise car la vie est pour moi un don suprême qui vaut qu'on ne la gâche pas.

Une opinion ?



 

Link: Manuel Uribe

(*) 597 kilos a été son poids maximum.
(**) Et si maladie il y a effectivement, comment expliquer qu'une fois le régime décidé, il ait perdu en deux ans deux cents kilos soit le tiers de son poids, tout en promouvant le régime Dr. Barry Sears, créateur de la  "Zone Diet" associant son image de miraculé à un produit ?

 

 

 

Trackbacks

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Commentaires

Et bien c'est un homme de poids!
Non sans rire, je suis stupéfaite, je ne connaissais pas ce personnage, car il s'agit bien de cela, n'est ce pas?
Comme d'autres seront projetés au devant de la scène et médiatisés à outrance alors que le mois précédent ils n’étaient que de parfait inconnus.
Pour le coup ça me fait penser à ces personnes qui étaient exhibées comme des "phénomènes de foire" dont voici quelques exemples : http://www.showhistory.com/
Alors afin de susciter le voyeurisme il s'est fabriqué "l'homme le plus gros du monde" glorieux titre, qui en vaut un autre dans le vivre des records.
Peut être que la crainte d'un accident cardio vasculaire est venu raisonner Manuel, peut être même plus que le désire de plaire à sa femme car de mon point de vue, elle le trouve très bien comme ça...

Ecrit par : Miss Anis | 24 juin 2009

Tiens, cela me refait penser à Miss Dominique !
Il est certain que dans les régions du monde où l'on se baffre bien moins que dans notre contrée, les obèses sont plus rares !
Mon opinion ? Quand la nature ne nous à pas doté d'un physique qui est l'abri de l'embonpoint, il faut faire attention. Ensuite il y le phénomène de la malbouffe qui touche les classes déshéritées, comme une sorte de d'épreuve supplémentaire aux conditions d'existence déjà bien difficiles. Tout ce qui est bon pour équilibrer son régime alimentaire coûte cher ...
Et puis il y a également l'éducation, au sens large du terme.
Oui, tout le monde ne s'appelle pas Miss Dominique ... ;)
Bises.

Ecrit par : Philo | 24 juin 2009

Le sujet : l'acceptation de soi.
Ce que l'on fait de notre corps et la façon dont celui-ci réagit à notre état psychique. Vaste question que tu soulèves là Gi.
Il y a la part d'inné, celle que nous confient nos gènes, les prédispositions dirais-je. Pas grand chose à faire sinon à mobiliser les apprentis sorciers de la science et du bricolage génétique. Soit. Première acceptation. Celle de l'héritage. Ajoutons à cela ce que certains psychanalistes travaillent en matière transgénérationnelle du point de vue des acquis familiaux et le tableau sera presque complet.
Presque, car il y a aussi la part d'histoire qui nous est propre. La façon dont on associe le corps et l'esprit, la place que l'on confère à ce corps, cette enveloppe qui parle de soi à l'autre avant même que l'on ait prononcé un seul mot.
De nos jours, ce "message" là, celui de l'image superficielle, est plus que jamais sur-investie. Parfois, à l'extrême. Mais que disent au juste ces corps muets qui parlent de nous ?
Ils disent un état de la société. Oui, Philo : actuellement le nombre de "personnes en surpoids" dans le monde dépasse celui des sous alimentés. Mal bouffe. Merci Coca Cola. Peut-on parler, pour la grande majorité des cas, notamment chez les plus jeunes, d'acceptation ? Je ne le crois pas. Ils subissent les effets d'un matraquage. Le Coca est plus disponible et moins risqué qu'un litre d'eau douteuse dans certains pays.
Dans d'autres lieux, l'image du corps porte des traces symboliques de rituels de passage de la vie des individus, imposés par le groupe (ex : les scarifications, les tatouages). Le corps symbole ? Cela existe aussi chez nous, il n'est qu'à piocher dans les magazines de modes, avec ces corps filiformes ou longilignes de mannequins parfois poussés jusqu'au décharnement.
Ils disent aussi l'état psychologique de chaque individu, dans la manière dont on expose ou dont on cache ce corps qui nous est tant attaché. Acceptation ou déni ? Ce corps que parfois l'on force à se plier, à se déformer, pour mieux s'aimer ou s'accepter, ou bien au contraire pour mieux se punir ... dans un cas comme dans l'autre, le corps n'est qu'une patte à modeler ou démodeler à travers ce qui se trame dans nos têtes, parfois jusqu'à l'horreur, jusqu'à l'inadmissible.
Le corps qui se donne à voir, première porte des sens, image et objet sensible de nos états d'être ou de mal être à l'égard de soi et à l'égard de l'autre.

Ecrit par : celadon | 24 juin 2009

j'ai lu récemment que notre tour de taille aux femmes avait augmenté de 15 cm en cinquante ans...

la phrase "ce n'est pas une maladie parce qu' Auschwitz, il n'y avait pas d'obèses..." m' a fait sursauter comme tout ce qui intuitivement sent le sophisme...certaines maladies ne se développent que dans certaines conditions. il est évident que l' anorexie des prisonniers d'Auschwitz les préservaient de l'obésité. la thalassémie protège du paludisme, c'est bien pourtant une maladie.
l' obésité est une maladie et comme beaucoup de maladies, elle se soigne. l' obésité n'est pas une fatalité, comme un certain nombre de maladies qui peuvent être évitées si on y fait attention, si on fait de la prévention.
si je lis entre les lignes, vous semblez dénier à l'obésité le statut de maladie parce que la faute en incombe à la personne obése (que dire des enfants obèses qui n'ont pas eu le choix d' alimentation parce que leurs parents sont obèses). direz-vous au fumeur invétéré que son cancer du poumon n'est pas une maladie? est-ce parce que c'est la plupart du temps incurable que vous considèrerez cela comme une maladie? certaines obésités sont incurables, on perd puis on reprend.
je n'ai pas d'opinion en ce qui concerne le héros obèse de votre note mais j'ai des amis, la mère est entre grosse et obèse, le père est normal, deux enfants sont normaux (un garçon et une fille) et un enfant (une fille) est obèse depuis l' âge de 7 ans.
et pour finir sur un sourire une jolie histoire vraie: cela se passe en Angleterre, of course, where else. un homme obèse mangeait plein de gâteaux parce que dans les paquets de gâteaux se cachaient un voyage en Concorde (un peu comme dans Charlie et la chocolaterie :- )). ce jeune homme gagna le voyage en Concorde (il avait vraiment acheté beaucoup de gâteaux) mais las, il pesait beaucoup trop lourd pour être admis à sa place. enfin je suppose que c'était une question de place. sa motivation étant grande, il perdit en quelques mois les nombreuses dizaines de kilos nécessaires pour être admis à faire le voyage de ses rêves...

Ecrit par : columbine | 24 juin 2009

Pas d'opinion, sinon que j'ai longtemps été en surpoids, frôlant l'obésité, me rendant malade à force de manger, volant pour assouvir mon besoin. Pour nourrir mon monstre intérieur.
Une maladie, certainement. Mal, peu connue...
Je me suis niée au plus haut point.
La source de ce mal sans doute, une mauvaise image de moi, un manque d'amour.
Chaque jour, je continue sur le long chemin pour tenter de m'accepter. Avec parfois des aides extérieures. Le processus est long, difficile et le combat, c'est contre moi que je le mène. Loin de moi les concepts sur le merveilleux de la nature humaine (pardon pour ce propos quelque peu décousu).

Ecrit par : Cloudy | 24 juin 2009

Mis à part le fait que j'admire sa souplesse (il fait le grand écart facial !), je me dis qu'à force de dire « il faut manger pour vivre », des gens qui ont très très envie de vivre peuvent se laisser aller ;)

M.

Ecrit par : M. | 24 juin 2009

Oula ! Je ne saurais où le mettre sur mon bateau !
sinon, je crois que c'est uen conjoncture de complexe, de deni de soi et de recherche d'originalité qui a créé ce monstre.
Car ç'en est un.
Un peu comme un personnage BD, genre la reine-mère dans le "Bandard fou" de Moëbius.

besosss
Jack

Ecrit par : Rackham Le Rouge | 24 juin 2009

Je n'irais pas plus loin que çà, mais ce genre de choses me font horriblement peur. @ +++

Ecrit par : Pierre-Jean | 24 juin 2009

Il ne peut pas se porter (est-ce à voir avec "supporter") mais il est super souple par la force des choses…

Ecrit par : fbd | 24 juin 2009

Je connais mal ce sujet, mais j'ai été très touché par le témoignage de Cloudy.
Merci à toi Cloudy de nous éclairer ainsi et bonne chance dans ton combat quotidien.

Ecrit par : Libertin_123 | 24 juin 2009

Voudriez vous me faire le plaisir d'accepter mon tag

bises

Ecrit par : Ballade | 24 juin 2009

Je pense (comme beaucoup) que l'obésité est avant tout un disfonctionnement mental... pas facile à circonscrire, dans une société où l'on a démoli le tissus qui autrefois évitait de "compenser" ce vide qu'elle a créé.

Ecrit par : sdf de luxe | 24 juin 2009

Je trouve effectivement aussi tout ça effrayant, mais je me dis que c'est aussi effrayant que les ressorts qui animent les êtres, de l'âme humaine, et parfois avec plus de questions que de réponses.
Au moins, si une femme lui a redonné le sens des réalités, ça prouve que l'amour peut faire autant de jolies choses que les déconvenues de dégâts. Bises à vous.

Ecrit par : Valmont | 24 juin 2009

(…) Ce sourire, il le porte que ce soit lorsqu'il fait rouler ses adversaires hors du dohyo, ou lorsqu'il roucoule des chansonnettes à sa fiancée toute menue, Sumika, un top-model qui pèse à peu près autant que son coude.

Leur mariage à Tokyo, en février, a rassemblé plus de mille invités, dont beaucoup des politiques et hommes d'affaires japonais de premier plan. Une chaîne de télé japonaise a mis sur la table un demi-million de dollars pour les droits de diffusion. Cette version real-tv de la Belle et la Bête a interrompu les JO d'hiver pendant deux heures. "Aucun autre sport sur terre ne procure ce genre d'attention" nous indique Konishiki. Sa voix est étonnamment douce, venant d'un homme taillé comme trois armoires normandes.

Tous les faits et gestes de Konishiki - aussi lourds soient-ils - sont autant de sujets pour la presse à scandale. "Le journalisme au Japon est une ratière, les journalistes un paquet de rats", déclare Konishiki avec mépris "je suis en permanence cité par des journalistes qui ne m'ont jamais vu. Les autres me posent le même type de questions stupides : De quoi parlez-vous avec votre épouse ? Qu'est ce que ça fait d'être marié à un homme comme vous ? Vous voulez un garçon ou une fille ? La question qu'ils ne posent jamais est, Ils font l'amour ou pas ? ". "On le fait", dit Konishiki avec un brin de timidité. Nous laissons le reste à votre imagination.

Selon la presse populaire, Konishiki a fêté son 28ème anniversaire en décembre dernier en descendant 120 canettes de bière, 10 verres de tequila et 10 whiskies. "C'est ridicule" proteste Konishiki "Je ne bois jamais de whisky".

Alors, la bière et la tequila ? "Ca n'est vrai qu'en partie. Les 10 tequilas sont vraies, mais j'ai bu plus de 120 canettes de bière".


MEAT BOMB by Franz Lidz (SportsIllustrated 1992)

Ecrit par : niki | 25 juin 2009

Souvent on associe estime de soi et amour de soi, on suppose que c'est une chose semblable, mais je pense qu'il faut les distinguer.

Autant l'estime de soi, sujet qui fut traité dès l'aurore de la psychologie au XIXème siècle, est certainement une base essentielle du bien-être psychique, autant l'idée que s'aimer soi-même serait une clef de ce bien-être me semble une confusion.
En tâchant de résumer : l’amour est de l’ordre du passionnel, l’estime de l’ordre du rationnel.

On peut aimer et ne pas estimer, aimer et faire du mal, aimer et se laisser aveugler, etc. Dans la l’estime, au contraire entre la notion de construction, d’étayage sur des bases plus stables et plus profondes faites de réalités, d’éléments plus « solides », en quelque sorte. Ainsi l’on peut apprendre à s’estimer sur le fondement des actes réalisés, de choses qui peuvent être partagées, reconnues. Il en va autrement du registre passionnel, basé sur l’affect et sa dimension aléatoire.

Prenons un exemple : dans la construction et la « réparation » de l’estime de soi, on prend en compte les réussites, comme les échecs, on s’efforce de faire montre d’une forme d’objectivité qui peut permettre de mieux se connaître et tirer leçon de ses mésaventures. Et c’est tout autre chose que de chercher à s’aimer. Il s’agit plutôt de se découvrir pour apprendre à s’accepter, se respecter et s’améliorer. L’affection pour soi peut venir en complément, par le biais d’une satisfaction, d’une fierté. Ainsi, chercher à s’aimer serait prendre un peu les choses à revers.

Je profite de mon passage pour vous adresser mes hommages, chère Gi et témoigner du plaisir que j’ai à me replonger dans votre prose.

Bises

Ecrit par : Alex | 25 juin 2009

Avec cette note Gicérilla, je me suis mise à penser aux anorexiques, autres cas aussi inexplicables. Plus de 500 kg vont les séparer et je m'interroge de savoir si le processus n'est pas le même...

Ecrit par : muse | 25 juin 2009

ET bien dites donc Madame G vous envoyez du gros comme l'ont dit par nos montagnes !!!

Ecrit par : losslaid | 25 juin 2009

Gâcher sa vie ... il y a de multiples façons pour le faire, visibles ou invisibles, "l'obésité" n'étant pas forcément là où l'on s'attend à la voir, et les barrières de la normalité sont souvent bien difficiles à poser, les critères des uns n'étant pas forcément ceux des autres, bref,encore un sujet compliqué, comme d'habitude bien exposé par vos mots habiles à rebondir.

Ecrit par : Bougrenette | 26 juin 2009

@ Miss Anis : je ne crois pas qu'il y ait eu de sa part un choix éclairé, une stratégie, de devenir ce qu'il est. En revanche, je vois tout de même de l'opportunisme dans son association (commerciale ou salutaire ?) avec ce Dr Barry Sears. Ca s'appelle faire feu de tout bois non ?

@ Philo : je ne connaissais pas la Miss en question. J'ai donc cherché. Ce qui rassure à première vu c'est que l'obésité n'est pas toujours une fatalité et qu'on peut y remédier. Je ne connais pas le parcours de cette fille, ni d'où venait son surpoids certain, mais ce qu'elle représente il me semble c'est une forme d'espoir. La malbouffe pas chère est à blâmer sans doute comme l'est le manque d'éducation. Surtout le manque d'éducation ?
http://fr.wikipedia.org/wiki/Miss_Dominique

@ Celadon : je fais partie ce ceux qui croient que pour certains êtres en souffrance psychiques le contrôle de soi extrême ou le laisser-aller extrême sont tous deux des façons de se renier ou la tentative de remédier à une (des) souffrance(s) qu'on ne peut nommer et donc qu'on ne peut traiter. Je ne suis ni toubib, ni psy, mais je vois bien que certaines douleurs (qui d'ailleurs ne nous appartiennent pas toujours mais font partie du patrimoine familial qu'on se refile de générations en génération, cf. Psychogénéalogie de Anne Ancelin- Schützenberger) aboutissent à une volonté de se détruire qui ne dit pas son nom. Pour mettre fin enfin à ces souffrances ?

@ Columbine : mon texte est raté si vous y avez lu que je refusais à l'obésité un statut de maladie. Je n'ai jamais prétendu cela. Je ne suis pas scientifique, alors je dis ce que j'observe : que l'obésité n'est pas toujours, n'est pas uniquement, le fruit d'un dérèglement de notre corps qui produit tout seul du gras et nous fait enfler sans qu'on le veuille, comme une fatalité. Non, ce que j'observe Columbine, et encore une fois avec beaucoup d'empathie, c'est que l'obésité comme l'anoréxie semble être aussi le résultat d'un dérèglement de l'âme c'est à dire la traduction d'un mal-être de l'être qui en souffre. Je me dis que Manuel, si on regarde son parcours, n'a pas toujours été comme cela. Qu'est-ce qui l'a fait basculer ? Je tente de sonder les ressorts de l'âme (car il faut bien trouver un nom générique pour parler de l'être psychique) qui font que certains de nous tombent dans ces extrêmités qui ne sont que tortures auto-infligées, il me semble. Encore une fois, je ne crucifie ni ne juge personne. Je m'interroge car de voir Manuel ou d'autres comme lui ne me laisse pas indifférente. Je me sens impuissante. Je suis affligée.

@ Cloudy : merci de votre témoignage. Vous dites ce qu'intuitivement je ressens sans rien en savoir. Votre combat vaut le coup. Accrochez-vous.

@ M (30) : vous avez raison de faire ce clin d'oeil à Arpagon ! En effet, il peut aussi y avoir du plaisir à manger tout simplement. Un plaisir tel qu'il prend ces proportions ? Je doute mais qui sait ce qui se passe dans le coeur de Manuel ?

@ Rackham le Rouge : devient-on comme il est sciemment ? C'est vraiment la question que je voudrais lui poser. D'autant qu'à le voir si souriant, on ne dirait pas qu'il souffre et pourtant, je suis persuadée du contraire. Merci pour les besos !

@ Pierre-Jean : oui, je crois qu'il y a de quoi car je me demande si nous sommes à l'abris, nous les "normaux" ?

@ fbd : intéressant jeu de mots, qui va bien au-delà du jeu, justement. Se supporte-t-il ou pas ?

@ Libertin_123 : c'est bien parce que, moi non plus, je n'y connais rien que je m'interroge. On ne peut pas rester indifférent devant un tel phénomène (je parle de l'obésité, par de l'homme). Oui, vous avez raison de remercier Cloudy, ce n'est pas le genre d'aveu facile à faire.

Ecrit par : Gicerilla | 27 juin 2009

@ SDF de luxe : il y a sûrement, mais dans quelles proportions, un lien de cause à effet, mais pas seulement.

@ Valmont : je ne sais pas si l'amour de cette femme pour cet homme est authentique ou médiatique. Je veux croire qu'il est réel et partagé. Si c'est bien le cas, elle nous donne une sacré leçon, cette jeune femme. Leçon de tolérance, d'ouverture d'esprit, de grandeur d'âme, d'abnégation aussi car elle devra s'occuper de lui encore longtemps comme d'un enfant, tant qu'il ne pourra pas tenir sur ses pieds comme un homme. Serait-ce une piste ? Il est comme un enfant, voué à manger et dormir sans pouvoir encore bouger. Je prie alors pour une seconde naissance/renaissance !

@ Niki : merci pour cette intervention qui met un peu de légèreté dans ce débat. Quoi, ai-je bien dit "légèreté" ? :-)

@ Alex : je ne suis pas convaincue que la distinction que vous faites entre estime de soi et amour de soi soit fondée. Le propos est intéressant mais pour ma part je crois bien que les deux sont intimement liés, indissociables. Je suis contente de vous revoir, ça faisait longtemps !!

@ Muse : moi aussi, Muse, moi aussi je me le demande.

@ Losslaid : vous revoilà par ici. Je pensais que vous ne veniez plus. Du gros dit-on par chez vous ? Faudra m'expliquer. Au plaisir.

@ Bougrenette : en effet, "gâcher" sa vie. Allez savoir les mécanismes qui se mettent en place et quels effets en attendent ceux qui les construise. Je ne sais pas mais ce qui me fait suer c'est que je n'ai pas de baguette magique pour soulager les peines...

Ecrit par : Gicerilla | 27 juin 2009

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