04 novembre 2009

ELLE - Coemētērium librorum

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La triste liste s'allonge.

Je n'aime pas ça. Une forme de sens du devoir m'oblige. Mais parfois, impossible de m'obliger. Pourtant rien ne me désole plus que de raccrocher. Comme le boxeur les gants au vestiaire sur une défaite. Chaque livre reposé sur l'étagère est pour moi un échec. Oui, un échec car je me dis que d'autres l'ont aimé puisqu'il est publié et qu'il doit bien valoir quelque chose. Pourtant, combien de fois ai-je refermé les pages d'un livre à la couverture prometteuse, m'indignant qu'on ait pu imprimer un tel amas d'inepties ennuyeuses. Car pour me captiver, pour capter mon attention il ne suffit pas de faire des phrases ciselées. On peut éventuellement tenter d'y mettre de la maestria pour un instant m'éblouir mais hélas, trop souvent il n'y en a même pas.

Je me suis toujours interrogée de savoir quelle était cette espèce de loyauté mal placée (mais peut-on appeler cela "loyauté") qui fait que je ne peux bouder sans culpabiliser un livre offert. Car ceux qui prennent la poussière sont, pour la plupart, des cadeaux que l'on m'a faits. Serait-ce une forme de révérence devant l'objet, comme une métaphore du savoir inaccessible, du mystère devant lequel je dois impérativement m'incliner ? Je ne sais pas, mais je répugne à abandonner la lecture d'un bouquin qui me fait suer. Mais au fond, la véritable question n'est-elle pas de savoir comment on peut produire un bouquin chiant, et pire encore, comment peut-on l'éditer ?

La liste s'allonge. Hier dans une tentative plus mue par la loyauté que par la curiosité j'ai ouvert pour la première fois le livre offert par N* à noël. "N'oublie pas d'être heureuse". Le titre résonnait pour moi comme une prophétie. N'est-ce pas ce que je fais en ce moment ? Oublier de tenter d'essayer de peut-être être heureuse ? Sans me le dire, j'anticipais que ce livre serait peut-être comme une révélation, vous voyez. De celles qui ont fait de la Pucelle une héroïne. Je l'ouvre. En première page, une citation de Shakespeare de bon aloi "Car rien n'est en soi bon ou mauvais, la pensée le rend tel." (Hamlet, acte II, sc.2).

Une telle vérité ne pouvait qu'augurer d'un roman de qualité. "Ma mère disait "n'oublie pas ton chapeau." Mon père disait "n'oublie pas d'être heureuse",..." Pourquoi dès la deuxième ligne j'ai l'intuition que je vais m'ennuyer. Je m'accroche pourtant car mes plus belles amitiés n'ont-elles pas commencé sur un conflit ? "C'était à la fois simple et plus compliqué : attraper le bonheur comme un gilet dans un placard." Ca y est. J'ai décroché. Je referme le livre déjà condamné à rejoindre la multitude de ceux qui prennent la poussière sur les étagères de la bibliothèque.

Et je m'amuse à les énumérer comme on tente de compter ses anciens amants qui justement n'ont pas compté. Ces ouvrages ne me laisseront pas plus de souvenirs. Un, deux, trois, six... Truismes, Mes mauvaises pensées, La possibilité d'une île, La conversation amoureuse,  La maîtresse des épices, Les clochards célestes. Liste non exhaustive mais significative. Les livres que je n'aime pas vous livrent-ils ici une part de ma personnalité ? Y a-t-il dans tous ceux-là un élément fédérateur ? Un point commun qui fait que je n'ai pas eu le courage ni l'envie de les lire ? Je ne sais pas, mais ce que je note c'est que certains ont été primés. Primés ? C'est à ne pas y croire.

J'ai envie de gueuler. De dire que tout le monde ne peut pas écrire. Tout le monde ne sait pas raconter des histoires. A l'instar de beaucoup de pièces d'art contemporain, je crains bien qu'il soit plus question de moyen que d'art et, peut-être aussi, d'un peu de relations bien placées. Tous ne sont pas pistonnés, évidemment, mais tous ne sont pas distingués non plus par la qualité intrinsèque de leur ramage. Arrêter de nous faire croire que sous la belle couverture il y a de la littérature ! Je pense qu'il y a une forme de snobisme de la pensée des membres de certains comités de lecture qui veulent promouvoir, sous leur enseigne, non pas l'originalité ou la qualité d'un auteur qui a emporté leur suffrage, mais une stratégie d'être différent, de se différencier des confrères en tentant d'imposer au public ignorant des créations littéraires qui n'en portent que le nom.

Il se peut que vous réagissiez en me disant "justement, Gicerilla, ils tentent de promouvoir l'originalité pour nous donner à voir autre chose. Ne faut-il donc pas les louer tous ces sélectionneurs en comité ?" Et bien non, car souvent il me semble, ils confondent originalité avec un parti-pris purement commercial qui veut prendre le contre-pied de ce qui s'est fait jusqu'à présent. Comme s'il fallait à tout prix renverser le "classicisme" de l'écriture au profit de discours écrits désordonnés, sans saveur et sans beauté. Comme si seuls l'audace d'un manque de style et le contenu creux d'une histoire valent d'être donnés à lire parce que c'est innovant. Je soupçonne leurs motivations d'être toutes mercantiles et ça m'agace. J'ai reposé Orban sur l'étagère.

Le papier jaunira et bientôt nourrira les rats. 

Cimetière des livres :

Les clochards célestes, Jack Kerouac,
La maîtresse des épices, Chitra Banerjee Divakaruni,
La conversation amoureuse, Alice Ferney,
Mes mauvaises pensées, Nina Bouraoui,
Truisme, Maire Darrieussecq,
N'oublie pas d'être heureuse, Christine Orban,
La possibilité d'une île, Michel Houellebec...

 

 

Trackbacks

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Commentaires

Voilà un sujet qui va faire débat ! :)
Plusieurs thèmes sont abordés dans votre billet. Tout d'abord celui du livre que l'on offre, qui est donc un cadeau. On offre en général un cadeau pour faire plaisir à l'autre et non pas à soi. Dans le cas d'un livre et d'une personne qu'on ne connaît pas forcément très bien, il faut faire preuve d'un peu d'imagination et de délicatesse pour ne pas faire le mauvais choix.
Ne pas céder à la facilité du message que l'on désire faire passer ... ou pas.
J'espère ne pas m'être trop souvent trompé car j'aime beaucoup offrir des livres.
Ensuite il y a le thème de la diversité des publications et j'avoue qu'en entrant chez un libraire ou en sillonnant les rayons d'une bibliothèque, je ne me pose même plus cette question : Y a-t-il un public pour chaque livre, comme il peut y avoir un couvercle pour chaque pot !
Je pense que oui ...
Si ces ouvrages sont écrits et ensuite édités, c'est qu'il y a potentiellement des lecteurs. C'est également la liberté d'expression qui est en jeu, et celle que nous avons de profiter ou pas de cette liberté qui nous est proposée.
Je me fais souvent cette réflexion à propos du football, de l'argent que cela draine, la violence que cela génère, l'engouemment de la foule pour ce sport qui ne m'intéresse pas, ou si peu ...
Quel intérêt a-t-il d'exister puisque puisque je m'en passe très bien ?
Un autre exemple, les blogs !
Pourquoi 99,99% des blogs n'ont strictement aucun intérêt à nos yeux, alors qu'ils sont probablement vitaux pour d'autres lecteurs ?
Bref, je m'égare ( à peine )...
J'ai la chance qu'on m'ait offert ces derniers temps le nouveau NDiaye, qui depuis deux jours est devenu prix Goncourt. Je vais certainement me régaler à le lire, même s'il se peut que ce prix soit encore le fruit de sombres intérêts ( Gallimard ... encore Gallimard ! ).
Mais cela ne devrait pas altérer le plaisir de me plonger dans ces "Trois femmes puissantes" !
Bises Gi.

Ecrit par : Philo | 04 novembre 2009

"Oublier de tenter d'essayer de peut-être être heureuse"

j'ai du relire dix fois la phrase pour la comprendre... ;-)

on m'offre rarement des livres, je dois bien l'avouer... on m'en prête, souvent judicieusement, mais les rares livres qu'on ait pu m'offrir font partie d'une série ou viennent d'un auteur que j'affectionne (donc peu de risque de se tromper)... de même, j'offre ce à quoi j'ai été extrêmement sensible, et, en tout cas avec mon ami, ça fonctionne plutôt pas mal... au fait, êtes-vous SF fantasy ?

Ecrit par : Succuba | 04 novembre 2009

(au fait, Succuba ou Plume V., c'est du pareil au même ;-) à bon entendeur... )

Ecrit par : Succuba | 04 novembre 2009

Je ne connais pas les autres mais j'ai beaucoup aimé la "Conversation amoureuse" d'Alice Ferney que j'ai lue à un moment sûrement où je me retrouvais par bribes dans chacun des personnages... J'avoue être très (trop?) douée pour apprécier les vertus cathartiques de la littérature amoureuse... sitôt qu'elle est bien écrite (bon public certes mais exigeante! j'aime sa lecture fine des sentiments humains, mais conçois qu'on puisse ne pas aimer!). :)

Ecrit par : Rouge | 04 novembre 2009

Des livres qui ennuient, on en a tous lus ! Souvenez-vous de cet exercice digne d'une véritable torture qui consistait à nous imposer LE livre choisi par le professeur, à nous obliger à aller l'acheter chez le libraire avant la rupture de stock, à nous imposer un délai pour l'ingurgiter tel qu'il devient presque impossible d'essayer de l'aimer, et de finir par cet exercice de style s'il en est : la fiche de lecture....histoire de vérifier que t'as bien fait ton boulot ET que tu as compris de quoi cela parlait ! Je pense que le traumatisme remonte à cette époque finalement. Lire, c'est s'évader et l'évasion ne peut ou ne doit pas être un exercice imposé !

Et puis un jour, vous rencontrez une prof de français qui vous explique très simplement qu'elle lit un roman de Umberto Eco, long, très long...et pas toujours très appétissant. Et voilà qu'elle vous avoue sur un coin de table à vous élève si proche du bac français, qu'il ne faut jamais hésiter à sauter des passages si l'envie vous en prenait ! Depuis, j'ai fait cette règle mienne et je donne tjs une chance à un livre en tentant de zapper, de lire en improvisant qqs diagonales histoire de lui donner du rythme ou tout simplement un rythme...Parfois cela fonctionne. Parfois c'est un échec cuisant. Alors, il retourne bien sagement de là où il est venu et on se sépare bons amis. Mais je comprends le déchirement, j'aime qu'un livre me fasse de l'effet...et la relation platonique n'est pas le meilleur effet qui soit !

Pour ce qui est d'Alice Ferney, j'ai lu La conversation Amoureuse et plus récemment Les Autres et Grace et Dénuement...J'ai vraiment apprécié les deux derniers pour des raisons très différentes : un livre c'est aussi une rencontre avec un état...plus que de le lire, il faut qu'un livre vous parle finalement !

Ecrit par : Flo | 04 novembre 2009

Et votre liste s'allongera encore, à moins que vous n'arrêtiez de lire... Je me souviens de livres que j'ai adorés et que d'autres ont détestés, et j'avoue avoir ressenti une pointe d'agressivité mal maîtrisée. Nous n'attendons pas tous la même chose des livres...

Ecrit par : gballand | 05 novembre 2009

Généralement je m'efforce de finir même les livres que je n'aime pas. Je me souviens ainsi avoir lutté sur Le complexe de Di par exemple... Bien plus rarement, j'abandonne, comme, il n'y a pas si longtemps, pour Don Quichotte.

Je suppose que si je m'acharne c'est moins par culpabilité que par peur de « rater » quelque chose. Ainsi j'avais failli reposer « J'étais derrière toi » de N. Fargues, dont le premier tiers m'a franchement déplu... mais par la grâce de la SNCF qui me tenait prisonnier dans un train, j'ai continué, et finalement j'ai assez apprécié les deux tiers restants...

Ne vous sentez pas coupable, si vous le pouvez, car après tout la lecture doit rester un plaisir, et faites comme moi faites comprendre à vos amis qu'il vaut mieux que vous achetiez vous-même vos livres ;)

M. (30)

Ecrit par : M. | 05 novembre 2009

En lisant votre billet, j'ai repensé aux 10 droits inaliénables des lecteurs écrits par Daniel Pennac.
Les voici, honteusement pompés sur wikipédia (pardon si je prends trop de place):
1. Le droit de ne pas lire.
2. Le droit de sauter des pages.
3. Le droit de ne pas finir un livre.
4. Le droit de relire.
5. Le droit de lire n'importe quoi.
6. Le droit au bovarysme (maladie textuellement transmissible).
7. Le droit de lire n'importe où.
8. Le droit de grappiller.
9. Le droit de lire à haute voix.
10. Le droit de nous taire.

Donc oui, vous avez le droit et ce n'est pas grave. :-)

Je crois qu'il n'y a jamais eu autant de livres édités, dans leur immense majorité, leur durée de vie ne dépasse pas plus de quelques semaines. Alors oui, parfois on édite un pistonné, qq'un qui cherche à faire des "effets" devant lesquels des snobs vont s'extasier juste parce que "ça fait bien". Certains seront même à la mode. Mais je crois au filtre du temps.

L'art a toujours été contemporain à une époque :-). En peinture, on s'extasie sur la richesse de la période fin 19eme début 20ème sur le mode "c'était mieux avant". Mais je pense qu'il existait à l'époque autant d'imposteurs à la mode. Mais ils ont été oubliés et les chef d'oeuvres exposés dans les musées n'étaient pas tous appréciés!

Sinon moi, j'ai bien aimé la possibilité d'une île même si certains passages sont horripilants... :-)

Ecrit par : Steph | 05 novembre 2009

Dès qu’il ya jury, il ya détermination d’un certain label, ensuite d’un certain pourvoir.
Polissé par les années, se pouvoir devient institution, puis ensuite et enfin, subit des actes de corruption.
Je crois que c’est dans la logique des choses.
Un billet qui pour moi est peut-être teinté d’une envie de n’avoir que des lectures sublimes en non-ennuyeuses, mais là il faudrait s’entendre sur le choix.
Heu moi, Houellebecq, j’ai tout lu en livre en film, tout acheté (gravures et photos de Lanzarotte) et même relu plusieurs fois les particules élémentaires.
Donc la possibilité d’une île n’est pas un livre « ennuyeux » pour moi très chère ghi.
A bientôt ;-}

Ecrit par : suffou | 05 novembre 2009

Gicerilla,

Il y a ces livres que vous évoquez, qui sont là parce que tout le monde se fait écrivain, croit qu'il a quelque chose à dire (une vérité, un message, un témoignage)... Les journalistes sont très forts pour s'imaginer écrivain, se faire éditer, recueillir les critiques élogieuses de leurs confrères journalistes à qui ils renverront l'ascenseur lorsque ces confrères aussi se mettront en tête d'écrire un livre parce que leur grand mère vient de mourir... Ils sont là également parce que la littérature est prise dans un système d'édition qui se préoccupe plus de la production que du produit, un système de marché et de concurrence, de modes, d'obligation de solvabilité rapide, de rentrée littéraire, de prix, etc. Forcément, cet ensemble aboutit directement à l'écriture de votre billet, de ce cri de révolte qui résonne comme un coup de feu qui claque et qui nous projette ainsi en plein western, ce qui me permet de surgir, en gabardine noire, avec mes colts rutilants, sur mon fier cheval blanc (qui mourra plus tard dans un éclair blanc le pauvre) et hop, je vous enlève, vous soulève de terre d'une main ferme et d'un geste à la fois souple et sportif, installe votre croupe sur celle de mon étalon et vous glisse à l'oreille que je fais les phrases les plus longues de tout l'ouest et nous voilà partis au triple galop, dans la poussière, vers la librairie de Sad Hill pour acheter un bon Dostoïevski, ou bien Les belles endormies de Kawabata ou Moïra de Julien Green ou même quelques chefs d'œuvre oubliés comme La femme de Gilles de Madeleine Bourdhouxe (30's). Hue, Dia !!!!

Ecrit par : 502 | 05 novembre 2009

Peut-être y retrouviez-vous trop ce que vous aviez déjà vécu ? Un bon livre est un livre qui vous emmène en voyage dès les premières lignes, comme on ouvre la porte d'un train, un mauvais livre est un livre qui vous promet de vous y emmener, mais qui vous laisse sur le quai. Bonne soirée à vous.

Ecrit par : Valmont | 05 novembre 2009

mince ma Gi que je kiffe
plutôt envie de te tirer les oreilles , là
Un livre c'est comme une rencontre
Elle ne sera pas forcemment belle , il manquera peut être un peu de style mais...quelle émotion ou étrange ces échos qu'il provoque en moi , ou ces résonnances qui me font vibrer plutôt que des raisonnements qui me séduisent ....
Elle ou il c'est comme une aventure et qui peut savoir ce que veut dire aventure pour toi , pour lui , pour elle ?
S un livre ne te plais pas , au lieu de le condamner au cabinet noir des écrits relégués essaie de l'abandonner sur un banc , des sièges de train ou d'aéroport et peut être donnera t il du PLAISIR à celui ou celle qui le receuillera ?
Car je pense que biensur les livres peuvent manquer de style , aussi de contenu , les 2 à la fois c'est déjà plus difficile .
Et puis j'aime parler de l'amour des livres , comment pouvez vous attribuer une valeur universelle à un livre comme si il y avait des étalons auxquels les comparer ? la littérature serait elle une science exacte ? cela nous autoriserait il à emettre des jugements péremptoires sur le poids , la taille , le style d'un écrivain ? Il est humain d'établir une hiérarchie et d'admirer les savoirs faires , les plumes , les démarches intellectuelles . Mais il est hautement humain aussi d'avoir des goût , des dégoûts desquels on ne saurait ou n'aurait pas la prescience de s'affranchir pour décréter que tel ou telle rencontre ne valait pas la peine d'être vécue .
Que tel ou tel livre est vraiment malhonnête , qu'il n'y a pas en lui la moindre parcelle de sens , de style , d'humour , d'amour , de haine ....je défie quiconque d'arriver à pondre un tel livre ou tout marchand de soupe de le publier ....à vos plumes ....à vos carnets de chèques , LOL

Une double ration de bises pour vous ; je déteste devoir aller à l'encontre de vos colères , snif

Ecrit par : MarieM | 06 novembre 2009

Bah... la littérature, il en faut pour tous les gouts et ce qui ne plait pas à certains plaira à d'autres...

On a un rapport très personnel au livre et comme pour une œuvre d'art, qui peut dire pourquoi telle ou telle œuvre fait écho en lui ? Et s'il n'y a pas cet écho, peut on en déduire que ce n'est pas une œuvre d'art...

Je regrette fortement le manque d'émissions littéraires sur les chaines TV, j'aimais voir les écrivains parler, les critiques se déchainer... J'avais besoin de "voir" les livres !

Voilà ;o)

Bises de papillon

Ecrit par : VéroPapillon | 06 novembre 2009

J'aime le bon sens de VéroPapillon. :-)

Parce qu'en lisant votre billet... oui bien sûr, moi aussi j'entasse les livres, auxquels je suis resté hermétique. Et puis, dans votre liste... ah, Kerouac, Kerouac ! Non ? Sacrilège. :-) Alors, il faudrait engager un débat sur la valeur littéraire d'une oeuvre, sa place dans l'histoire de la littérature, ses inventions ou au contraire ses banalités... Il faudrait y consacrer une soirée, une ou deux bouteilles de vin, et se quitter sur un désaccord flagrant et sur un baiser (oui parce qu'après autant de vin, il vaut mieux se quitter).

Ecrit par : Gaspard | 06 novembre 2009

Je ne suis pas un grand lecteur, Gi, j'en ai même fait un billet en son temps(*). Et s'accumulent en piles, et non en rayonnages, les livres que je me suis promis de lire. Car j'ai plus qu'une culpabilité à ne pas finir un livre commencé, j'en ai, comment dire, une sorte de phobie. Je peux m'ennuyer à cent sous de l'heure, perdre le fil de l'histoire, oublier jusqu'aux personnages d'un roman... si je n'ai pas lu la dernière page, en étant au préalable passé par chaque ligne, chaque mot de l'ouvrage, je ne peux me résoudre à passer au suivant. Cette marque de caractère, puis-je dire ce handicap ?, m'a souvent conduit à lire peu, forcément, car un livre que je lis sans plaisir me dure plusieurs mois... Pire, je ne peux lire les livres que dans l'ordre où je les ai acquis, qu'il s'agisse d'un achat ou d'un cadeau...
Pourtant, votre avis sur le poids du marketing, ou sur cette forme de snobisme que vous décrivez justement, devrait m'encourager à avoir confiance dans mes impressions et mes ressentis plus que dans l'acte d'édition...
Ce rapport au livre fondé sur le devoir, ce presque conditionnement religieux à la lecture, il faudra que j'en parle à mon psy, un jour. Merci de m'y faire penser.

(*)http://entre2eaux.hautetfort.com/archive/2009/03/10/a-livre-ouvert.html

Ecrit par : Oh!91 | 06 novembre 2009

La vulgarité et le recours trop fréquent à un dictionnaire m'empêchent de poursuivre la lecture d'un livre.

Ecrit par : muse | 07 novembre 2009

1) Je confirme : Philo ne s'est pas trompé, en ce qui me concerne.
2) Je confirme : Oh!91 ne m'a toujours pas rendu mes bouqins de Romain Gary auxquels je tiens comme à la prunelle de mes yeux (et qu'il n'a même pas ouverts, l'enfoiré!)
3) Je confirme : continue à m'offrir des chocolats, c'est plus sûr :)

Ecrit par : Fiso | 07 novembre 2009

En même temps, j'ai envie de dire "Christine Orban quand même " ! Voilà une personne que j'ignorais être écrivain. Elle est publiée certes, mais est-ce un indice suffisant ? Cette dame contribue à la déforestation de la planète avec sa production, elle devrait s'adonner à un autre loisir, comme le shopping, qu'elle maitrise tellement mieux !
Je suis pour le snobisme en littérature. Le livre c'est intime, personnel, ce doit être précieux aussi !

Ecrit par : Océane | 09 novembre 2009

@ TOUS : Ah comme vous me gâtez. Tous vos commentaires me réjouissent. J'aime lire vos réactions. Je ne veux pas rendre ma réponse épuisante en en rajoutant. Chacun de vous exprime un point de vue duquel je pourrais picorer quelques arguments. J'aime que MarieM culpabilise à me contredire. Mais, MarieM, je ne demande que cela et confirme votre point de vue, il n'y a pas d'auteur "étalon" ou d'écriture "étalon" pourtant il y a bien UNE écriture fédératrice, vous savez de celle que tout le monde aime. Et bien je veux croire que celle-là vaut quelque chose bien au-delà des modes. Je suis d'accord avec Océane pour un certain snobisme. Je fais mienne la liste de Stéph (Daniel Pennac, j'adore !) et je compatis avec Oh!91 car je comprends, ô combien, la révérence qu'il a devant un livre, n'est-ce pas ce que je ressens moi-même au fond ?

Evidemment, je ne veux pas d'une édition ronronnante qui ne publierait que ls même type de textes et j'adore les maisons d'édition du style "Acte Sud" car elles me font découvrir souvent des auteurs qui valent le coup.

J'accepte avec enthousiasme un débat devant une bonne bouteille de vin, voire plusieurs, avec Gaspard, Véro et qui veut. Cela présagerait d'une soirée animée !

Merci à vous tous que je n'ai pas cités d'avoir participé à me faire voir les choses différemment.

En attendant, je laisse 502, le roi de la phrase la plus longue sans ponctuation, m'enlever pour me faire découvrir sa bibliothèque et plus si affinité :-)
D'ailleurs, à propos de Dostoïevski, j'suis en plein de dans avec "Les Frères Karamasov". J'y reviendrai.


Euh, Fiso, un livre en chocolat, ça l'fait ?

PS : Quoi, Succuba et Plume vive ne sont qu'une et même personne ! Non, jure !! Suis-je SF Fantasy ? Euh, ben j'sais pas. Faut m'initier.

Ecrit par : Gicerilla | 09 novembre 2009

Je craque sur la photo de cette galerie "sans fin" (?) remplie de livres qui "illustre" le billet...
C'est où? La salle de lecture de l'Institut? Ou une Bibliothèque Nationale "quelconque"? Ou d'une vénérable Université ou Ecole...?
Ce n'est certainement pas une bibliothèque "privée": qui pourrait se payer cela? Même pas Bill Gates, je suppose (pour autant qu'il ait jamais tenu un livre "relié cuir" entre les mains?)...

Ecrit par : ta d loi du cine | 10 novembre 2009

Mais ce que je lis ici concernant la littérature peut se coller aussi sur la musique et ses courants, moi je déteste le jazz dans sa globalité, je trouve ça "chiant" mais il y a certains morceaux pour lesquels je fais une exception.
Du jazz qui me porte loin.
Le rock j'adore et pourtant certains interprètes m'horripilent et certains titres je les trouve simplement inaudibles...
Voilà, il y a de tout pour tous, et ce n'est par phénomène de mode, ni parce que les ventes sont bonnes que c'est bon.
Bon pour soi et pas pour l'autre, c'est tellement personnel.
Heureusement que certains messages ne sont pas compris de tous, si nous possédions la même sensibilité et le même sens cognitif ce serait d'un triste...
Et pour revenir à la lecture, il m'est arrivé d'interrompre un bouquin par manque de conviction, puis je l'ai relu quelques années plus tard en me régalant...
Mystèreou question de moment, d'état d'esprit.
Bises

Ecrit par : Miss Anis | 22 novembre 2009

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