10 novembre 2009
ELLE - Irréversible mutation ?

"Mais que m'arrive-t-il ?"
M'exclamé-je dans ma salle de bain. Je scrute mon visage dans le miroir à la recherche de signes avant coureur qui m'auraient échappée ! Je ne vois rien. Quelques ridules infimes au coin des yeux ? Oui, peut-être, et alors ? Je m'interpelle cherchant dans ma physionomie les traces de la transformation mais ne vois rien de probant "pourtant, je n'ai pas le profil..." me lamenté-je ! Mais y a-t-il véritablement un profil ?
Oui, bien sûr, il y a un profil. Enfin, plus exactement une silhouette. Imaginez Bridget Jones en moins sexy car celle-là elle est bien trop gironde pour être crédible. Oui, la silhouette de la bonne copine, vous savez, celle qui fait toujours tapisserie. Ronde, souvent bâtie comme une bouteille de Perrier, plutôt mal fagotée, rarement maquillée, le cœur sur la main, toujours prête à garder le chien ou à arroser les plantes en votre absence. Elle est toujours seule et depuis que vous la connaissez jamais vous n'avez vu d'amant à ses côtés. Indécrottable romantique, elle y croit encore et voit dans chaque homme un potentiel Prince Charmant. Elle ratisse large mais ne se prend que des rateaux. En dépit de son ouverture d'esprit personne ne se précipite dans ses bras ni même entre ses cuisses. Elle se confie rarement, aborder le sujet la déstabilise car alors elle doit regarder en face le vide abyssal de sa vie affective. Disponible à tout moment, elle a toujours un paquet de mouchoirs en papier dans la poche quand les larmes et la morve envahissent votre doux visage. Elle écoute vos chagrins, religieusement, et vous offre la chaleur d'un chocolat et la douceur d'une pâtisserie que vous ne mangez pas et qui finit sur ses hanches. C'est elle, la bonne copine, celle qui rend toujours le plan de table bancal, celle qui ne plait à personne mais qui suscite sans le vouloir toutes les confidences.
"Non !" m'écrié-je encore "je n'ai pas le profil..." Et pourtant. Pourtant, c'est bien moi qui occupe les bouts de table, ma chaise gênant dans le passage. C'est encore moi qui tends le mouchoir ou une oreille attentive aux complaintes des copines. C'est toujours moi qui suis libre le week-end sur simple coup de fil "on voudrait sortir en amoureux ce soir, t'es libre pour garder le fiston ?". C'est à moi qu'Arnaud confie ses déboires amoureux sans se soucier de savoir si cela ne me trouble pas. Argh, j'enrage. Quelle est donc cette transformation que je subis irrésistiblement sans pouvoir en arrêter l'outrage ?
Et puis, signe parmi les signes, je ne parle plus jamais de sexe ! Avez-vous remarqué ces dernier temps l'absence totale de la chose dans mes pages ? Si, je vous assure, remontez dans le temps et vous verrez que je ne produits plus que des Billets d'humeur et des Billets d'humour saupoudrés parfois de Rubrique à brac. De Rubrique à brac, marre ! Je veux du lubrique, je veux de l'éros, je veux du sexe. Moi qui m'insurgeais il y a peu encore contre son omniprésence, ne voilà-t-il pas qu'il me manque. Comme l'appétit, n'est-il pas signe de bonne santé. Ne serais-je pas en train de m'étioler ? Comment renverser la tendance ? Je ne veux pas finir à la table des petits lors des banquets !
Une idée ?
05:28 Ecrit par Gicerilla dans Billet d'humour | Lien permanent | Commentaires (28) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bridget jones, ras le cul
07 novembre 2009
ELLE - Dans le bain ou dans le pétrin ?

Allez ma fille, soit courageuse !
C'est ainsi que je me secouais, tentant sans enthousiasme de stimuler en moi la fibre astiqueuse. Oui, la fibre astiqueuse ! C'est une fibre que nous avons tous, en plus ou moins grande quantité, tissée dans nos tissus à l'instar de la fibre musicale, la fibre paresseuse, la fibre matheuse etc. Chez moi, je soupçonne la fibre astiqueuse de ne pas avoir été généreusement distribuée à ma naissance. La Fée concernée devait s'astiquer ailleurs quand je suis née. Bref, me voilà tentant de ranimer ladite fibre, endormie assurément, car une montagne de chaussures n'attend que son réveil pour éblouir encore.
C'est bon, j'y vais. Et comme je fais ce genre de chose avec application, je m'équipe comme une pro. Cirages, brosses à reluire, chiffons de toute sorte, gomme, graisse de bœuf et autre lotion nourrissante, toute chose indispensable à cet ambitieux projet. J'étale sur le carrelage de la salle de bain de vieilles feuilles de journaux et dispose en rang d'oignons que je n'ai pas les paires qui s'impatientent. Je remonte mes manches, c'est parti, on ne peut plus m'arrêter. Je décrotte et je dépoussière, je tartine et je crème, je frotte et j'astique, une véritable machine aux rouages bien huilée. Des images des "Temps modernes" me viennent à l'esprit et pour une peu, avec du cirage, je me dessine une moustache !
Mes souliers frétillent d'être étrillés, ils ne brillent pas, ils rutilent mieux que les chromes d'une Jaguar. Enfin, arrive le moment de la touche finale, un voile d'imperméabilisant. Noir. Pour ne pas souiller le carrelage, me vient la bonne idée de pulvériser les chaussures au-dessus de la baignoire. Je bombe comme une artiste, le geste large, le geste leste, le geste créatif. Je jongle, je tourne et je retourne encore. Une forme de jubilation m'habite et je souris niaisement. L'émail de la baignoire se macule de giclées noires au gré de ma fantaisie, je suis insatiable toute entière dédiée à mon entreprise. Ah, quelle extase de faire de la bel ouvrage !
J'ai fini. Je constate les dégâts : ma baignoire ressemble à une pièce d'art contemporain. Plus audacieux que l'urinoir de Marcel Duchamp, plus révolutionnaire que les projections de Jackson Pollock, voici la baignoire zébrée de Gicerilla. Mais il va bien falloir que je nettoie. "Et hop, un p'tit coup de Topp's et le tour est joué !" me dis-je en pulvérisant consciencieusement les zébrures. Hélas, trois fois hélas, les marbrures noires ne s'effacent pas ! "Pff, ce n'est rien" me dis-je comme pour me rassurer "j'ai le Cillit Bang surpuissant, une formalité !"
Hélas toujours, le Cillit Bang échoue lamentablement. Une inquiétude s'insinue, vicieuse, dans mon cerveau me susurrant "Ma fille, il va falloir racheter une baignoire..." Je me précipite dans la buanderie. J'enfile mes gants de ménage et ramasse au passage le White Spirit, Le K2R, l'Eau Ecarlate, c'est sûr, je vais y arriver. Me voilà penchée sur la baignoire comme une orante devant son dieu. Je tente le White Spirit, le noir ne bronche pas. Je tends tous les muscles de mon bras, je m'acharne sur les traces. Rien.
Argh ! La panique me saisit, vite le K2R. Un cataplasme sur une jambe de bois et le noir me ricane au visage. Je deviens fébrile, tente sans succès de déboucher l'Eau Écarlate, mais mon énervement m'empêche de vaincre le bouchon de sécurité. Je m'agace, je vitupère, j'insulte la baignoire et ses trainées. "Bande de trainées !" m'écrié-je devenue furieuse. Enfin, le bouchon cède et j'applique comme une forcenée le détacheur sur les souillures. Je m'arc-boute, j'ahane, j'invective mais rien n'y fait, l'imperméabilisant reste incrusté.
"Ah, non !" hurlé-je. Je me rue dans la cuisine et vide le placard. "Ouiiiii !" crié-je en brandissant le Décap' Four, "Je vais t'avoir !" Maintenant entre la teinture et moi, c'est à la vie à la mort. Soit je l'aurai, soit elle m'aura mais une de nous deux devra s'effacer, mieux vaut que soit elle. Pour la bonne cause, je pulvérise une double dose. La sueur perle sur mes tempes, je tousse manquant m'étouffer à respirer les vapeurs nocives à la soude caustique. Je ferme la salle-de-bain à double-tour et me mets à prier les Pénates pour que le miracle par Décap' Four soit consommé.
Dix minutes plus tard, échevelée, un rictus inquiet déformant mes lèvres, j'avance vers la salle-de-bain comme une condamnée. Munie d'une brosse dure, j'attaque. Alléluia, doucement, lentement, à force de frottements et d'huile de coude, les zébrures enfin cèdent du terrain. De noires elles deviennent grises, rougissent un peu et disparaissent enfin. Le bilan est affligeant car je suis épuisée et j'ai déversé dans les canalisations plus de produits chimiques que l'usine Givaudan, mais la baignoire est blanche, enfin presque...
Moralité, ne jamais imperméabiliser sa baignoire en noir !
POST SCRIPTUM : elle est presque blanche mais maintenant elle est fêlée. Urgemment besoin d'un plombier, vous en connaissez ?
ILLUSTRATION GRACIEUSE DE MON CHER IMAGO

Crédit photo : La vie secrète de Charlemagnet
05:50 Ecrit par Gicerilla dans Billet d'humour | Lien permanent | Commentaires (28) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
29 octobre 2009
ELLE - Tout est question de pot
Il fait très froid ce matin et je frissonne en me dirigeant vers ma voiture.
Son bleu de Chine est cristallisé et ma Peugeot 206 ressemble à un étrange beignet glacé. Glacé, il va falloir gratter. Je m'introduis dans l'habitacle. Je m'introduis dans l'habitacle ? Voilà une drôle d'affirmation, presque contre nature et pourtant... A l'intérieur, il fait un froid polaire et je démarre le moteur à la hâte. Un inquiétant ronronnement accueille le démarrage. J'accélère sur place, le ronflement s'amplifie au point que je crains de voir la tôle autour de moi se disloquer, me transformant en un remake affligé d'Antoine Maréchal et de sa 2CV ! Non, la 206 tient bon, son vrombissement caverneux à chaque accélération ne semble pas empêcher ma progression. Soupçonnant que ma Titine file un mauvais coton, je me rends au travail à la vitesse d'un cortège funéraire.
Plus je conduis et plus je m'habitue à ce ronflement digne d'une forge de haut fourneaux. Je débouche enfin sur la longue avenue qui mène à mon bureau. Une ligne droite, presque parfaite, parsemée de 3 feux de circulation consécutifs. Dans dix minutes, je serai arrivée au bureau. Le premier feu passe au rouge. A l'arrêt, je m'amuse à accélérer car le bruit ronflant de ma voiture me donne l'impression d'être au volant d'un bolide. Comme une gamine, ou un type du 9-3 c'est selon, je crée avec l'accélérateur des mélodies.
Soudain, une sensation d'écho me fait prêter l'oreille. Je me concentre ne comprenant pas le phénomène. C'est alors que je vois, positionner à ma gauche, une Ferrari rouge aux chromes rutilants dont le conducteur, chauve et bedonnant, fait ronronner le moteur comme on caresse une courtisane. A mon tour, je joue de la pédale. Il tourne la tête vers moi et accélère encore, étonné il me semble que je fasse autant de bruit que lui. Il fait mine de démarrer, on sent qu'il retient les chevaux prêts à bondir sous le capot. Ma parole il me lance un défi ? Je fais de même, j'ai passé la première. Je me sens tendue comme une corde de piano. Je scrute maintenant le feu, il n'est pas dit qu'il passera le premier, non mais ! Le feu n'en finit pas de rougir et lui continue d'accélérer. Un véritable concert se joue en duo.
Le feu passe à l'orange, j'ai démarré la première, je passe la seconde et appuie de tout mon poids sur le champignon. Je décolle dans un bruit assourdissant. Titine ronfle, ses 6 petits chevaux tentent de tenir la dragée haute à ceux, bien plus nombreux, de la Ferrari. Le chauffeur, évidemment agacé, me cloue sur place dépassant allègrement les 60 km/h autorisés. Mais le deuxième feu passe au rouge. Il pile dans un hennissement à effrayer Augias. J'arrive quelques secondes après, haletante mais pas encore déshonorée. Je suis galvanisée. Le bruit de mon auto m'enivre, ce coup-ci, je vais le griller ! Sa Ferrari est rouge de colère et je l'imagine lui, cramoisi de se voir défier par une vulgaire Peugeot. Je suis à cran, penchée sur le volant comme un coureur sur son guidon. Ca gronde sous le capot. Je ne me reconnais plus, je vais le supplanter me dis-je, je vais lui faire voir de quel bois on se chauffe toutes les deux.
Le feu passe au vert. Ses pneus crissent, il met la gomme mais je ne me laisse pas faire. Le moteur de ma 206 ronfle comme les eaux du Zambèze, c'est effrayant, le barrage va céder. Je suis catapultée contre mon siège. 80 km en seconde, je suis une trombe. Je crains à chaque instant de me vaporiser. Je suis dans son angle mort, je m'accroche à ses basques mais hélas je ne peux lutter plus longtemps contre sa puissance. Il détale, remportant une victoire pas si facilement gagnée. Je suis hystérique, quelques gouttes de sueur qui perlent à mon front témoignent de mon énervement et des palpitations au creux de mes cuisses trahissent mon excitation. C'est excitant la vitesse, non ?
Arrivée au parking, je quitte l'habitacle non sans flatter au passage la tôle de mon bolide avec la reconnaissance d'un fier jockey. Bizarrement, les deux lettres centrales de ma plaque d'immatriculation me sautent aux yeux. XQ, a-t-on idée ? Je me rajuste en chemin, respirant à grands coups pour tranquilliser mes sangs. Au café, je raconte l'anecdote et l'étonnante transformation de ma voiture. Les collègues mâles s'esclaffent et l'un d'eux de me dire, plié de rire "mais Gicerilla, assurément c'est ton pot d'échappement qui est percé !"
Ah, bon ?

05:11 Ecrit par Gicerilla dans Billet d'humour | Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ferrari, peugeot
22 octobre 2009
ELLE - Gicerilla et le pot au lait

Je lui avais envoyé un simple SMS.
Je n'attendais pas vraiment de réponse, le croyant à coup sûr dans l'autre hémisphère. Quelle surprise de recevoir le soir même une réponse "Diner, demain soir, 19h30 chez Nobu ?" Un simple oui, enthousiaste tout de même, avait été ma réponse. Le soir même, je me suis préparée sans pourtant en rajouter, vous pensez, une si vieille connaissance...
Tout a débuté il y a 17 ans. Enfin, plus précisément, rien n'a débuté il y 17 ans car la première fois que nous nous sommes rencontrés c'était un lundi et je me mariais 5 jours plus tard. "Ah, non, Gicerilla, vous ne pouvez pas me faire ça" s'était-il exclamé à l'annonce de mon proche mariage "vous auriez pu attendre !". Depuis toutes ces années, nous nous croisons ici ou là. Ce soir c'est à Londres. Il fait partie des rencontres de ma vie qui sont restées pour moi un mystère. Aucune pierre de rosette pour en déchiffrer la raison, mais vous me direz à juste titre "y a-t-il toujours une raison à nos rencontres ?" Il n'est pas mon ami pourtant il m'est plus proche qu'un frère en dépit de l'éloignement. Il n'a jamais été mon amant mais que de badinage entre nous.
Je l'attends gentiment à la table qu'il a réservée. Il semble avoir perdu dans les brumes londoniennes sa légendaire ponctualité. Je regarde ma montre et au même moment je le vois fondre sur moi. Il n'a rien d'un aigle pourtant mais ses yeux de pilote m'ont immédiatement ciblée. Trois ans passés que nous nous sommes vus. Il me sourit, je le regarde. Nous nous embrassons ou plus exactement nous nous bisons. D'ailleurs à ce propos, les bisons se bisent-ils ?
Je l'étudie maintenant qu'il est installé en face de moi. Une petite voix me murmure "Tiens, il a grossi. Et puis il a beaucoup plus de cheveux blancs !" Dans ma bouche cela se traduit par "Et bien, Jean-Jacques, vous avez bonne mine et vos tempes grisonnent, ça vous va bien !" Nous devisons comme de vieux complices car complicité il y a immédiatement. Jean-Jacques fait partie de ces hommes avec qui tout est facile. La tristesse, la gaité, le sérieux, la mélancolie, le silence ou la jubilation, tout cela se passe sans heurt. Facilité étonnante qui ne signifie rien. Il est divorcé avec un enfant dont il n'a pas la charge. Il a tout pour lui, éducation, érudition, délicatesse et élégance mais jamais il ne m'a attirée.
Et alors que je le fais parler de lui, ce qu'il fait toujours avec réticence, j'apprends qu'il possède un 160 m2 dans le quartier de Park Lane. "Non, 160 m2 à Londres ?" Mes yeux doivent être écarquillés avec le sigle £ qui clignote au centre de mes pupilles "Non, c'est vrai ?" Et moi de me représenter la difficulté de trouver un appartement décent à moins de 500,000 £. Il me parle de ses dernières acquisitions en matière d'art contemporain et moi, sans feindre, j'avoue ne connaitre aucun de ces artistes en vogue.
"Vous savez, Gicerilla, j'ai découvert une galerie formidable à Monaco mais elle n'a pas le même fond que celle de New-York. Je préfère aller là-bas quand il s'agit de pièces majeures..." Et Gicerilla de clignoter comme un gyrophare désorienté. "Vous... Vous allez à New-York uniquement pour choisir vos toiles ?" Il sourit, amusé mais sans condescendance, celle-là n'a pas jamais eu sa place entre nous. "Oui, le galeriste est un ami !" Evidemment, ça change tout.
Et plus il me raconte sa vie d'amateur d'art aux ressources égales à ses ambitions, plus mon cerveau devient matheux. Subitement, il me semble découvrir des attraits dans sa physionomie jusqu'alors ignorés. Sa conversation me parait bien plus passionnante, la moindre de ses saillies absolument éblouissante. Une sorte de morphing se produit en direct et plus je bois ses paroles et le saké, plus son visage se transforme. Ses joues de hamster deviennent signe de bonhommie, ses cheveux gris portés bien trop longs lui donnent des faux airs de Richard Gere, ses dents mal alignées disparaissent au profit d'un sourire à la Clooney.
"Et puis vous savez, j'ai toujours cette maison près de Florence. J'y entrepose quelques Genoves et Fontana !" Ah, oui, c'est vrai, il y a aussi la villa de Florence ! Ce n'est plus Jean-Jacques qui me fait face mais bien l'homme le plus séduisant du monde...
"Des photos de mon fils, oui, à la maison. Voulez-vous les voir ?" Comment résister à une telle proposition ? Dans sa mini toutes options, je vois défiler la ville dans un état second. Au volant, le Prince Charmant. Arrivés à son domicile, il me propose un dernier verre et il me fait faire le tour du propriétaire. Dans l'entrée, une sculpture de Manolo Valdés, dans le couloir un Fabrice Hyber, dans a salle à manger un gigantesque Valdés et dans le salon un magnifique Juan Genoves qui me fait changer d'opinion sur l'art moderne. "J'aime celui-là, vraiment. Ca vaut combien un tableau de Genoves, 30 ou 40,000 € ?" Il sourit encore, évidemment partagé entre modestie et fierté. "Hum, vous êtes loin du compte, celui-là est plus proche des 150,000 $US !" Je déglutis avec difficulté et fait passer l'addition avec une rasade d'Armagnac. La visite se poursuit dans la chambre. Ah, dans sa chambre, face au lit du maitre, un Fontana dont la fameuse fente sur fond rouge est comme une noire invitation ! Je m'extasie sur son bon goût comme un banquier répertorie le capital en souriant. "Mais hélas, Gicerilla, je dois vous avouer que j'ai essuyé quelques revers récemment et je vais devoir tout céder. D'ailleurs, à ce propos..."
A cette nouvelle, je crois que j'ai dû m'assoir sur le canapé. Non, je me suis vautrée et avec l'Armagnac 1964 j'ai fait "Kampai". Cet hara-kiri de mon avenir naissant valait bien ce geste radical ! Il m'a rejointe sur le sofa et je le regarde au travers de mon verre. Mais ce n'est plus le Prince Charmant assis là, c'est de nouveau Jean-Jacques.
"Bon, et bien, vous m'appelez un taxi ?"



05:55 Ecrit par Gicerilla dans Billet d'humour | Lien permanent | Commentaires (20) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nobu londres
12 octobre 2009
ELLE - Paris Select
France Inter me l'a confirmé cette semaine.
Le Français est le plus grand consommateur de presse écrite. La presse. J'aime ce mot à facettes multiples. On oublie trop souvent que la presse se nomme ainsi parce que les journalistes se pressent, s'empressent de dégoter les dernières informations qui feront leur gros titres. Et puis, il y a peu, la presse pressait aussi sous sa presse les lettres gorgées d'encre tatouant de faux ou de vrai les pages d'une presse qu'au matin nous lisions dans le métro, pressés par le temps, compressés par trop de gens. Maintenant, tout est informatisé et de la presse au sens premier il reste peu de choses.
Digression, digression. Recentrons. Ainsi, nous sommes les rois de l'hebdomadaire, de la feuille de chou, du magazine, du canard, de la gazette, du périodique, de la revue et autre journal. Richesse de vocabulaire qui traduit bien notre engouement pour cette littérature. Et en effet, à l'étal du kiosque du carrefour ou celui des Relais H, la palette des éditions nouvelles, éphémères ou pérennes, est toujours plus large. Je n'ai pas encore évoqué le Salon Air France dont l'échantillon de magazines de luxe grandit à chacun de mes passages il me semble, en dépit de la crise. C'est à rien n'y comprendre.
Me voilà donc plantée devant les rayonnages du salon. Et comme à chaque fois, pour un peu, je trépignerais de joie. La mine réjouie d'une enfant devant les pots de bonbons colorés je ne sais lequel prendre. Tous me tentent avec leur papier glacé aussi brillant et tapageur que les produits qu'ils vantent. Harper's Bazaar, Atmosphères, Paris Select... J'élis ce dernier. Format géant. Parti-pris évident de démesure qui ne tiendra jamais dans le sac à main, à l'opposé des Biba et autre Marie-Claire, petite presse sans importance.
Grande taille comme une démonstration formatée de son importance. Se distinguer de la masse des mini-formats bon pour la métropolitaine laborieuse. Le luxe ne se voit qu'en grand. Le luxe ne se glisse pas dans un sac, au contraire, il s'affiche au bras à l'instar d'un bijou ou d'une montre. Une montre, oui, qui se montre plus qu'elle ne donne l'heure. Bref, attablée devant ce nouveau Paris Select, je contemple les yeux vert d'eau de la belle Eva Green. Quel fin pseudo. J'ai dit vert d'eau comme on dirait émeraude et non pas glauque. L'eau de ses yeux comme on parle de l'eau d'une gemme et non pas de l'eau vaseuse d'une mare.
Religieusement, je feuillette les pages. Manipuler un incunable ne me donnerait assurément pas autant de sensations. Sous mes yeux ébahis s'étale ce qui se fait de plus beaux, de plus luxueux. Je tourne les pages et la tête me tourne. Je me sens glisser en spirales. Un monde inconnu s'ouvre moi et qui me happe et mon esprit s'emballe. Gicerilla issue de la plèbe, se croit transformée un instant par la grâce de ses lectures, en une riche esthète qui choisit parmi ces articles de luxe ceux que, bientôt, elle croit pouvoir s'offrir. Ah, magie de la photographie, magie des mots qui, parce qu'on les caresse du regard mystifient notre cerveau. Lire l'inaccessible me transporte vers un monde de possibles, imaginaires bien sûr.
Le comble de mon excitation est atteint lorsque je découvre l'article "Concierges de luxe. Au service de nos désirs les plus fous." Les mots défilent et m'étourdissent. L'argent au service des caprices les plus fous mais les plus essentiels aussi. Ferai-je ouvrir en pleine nuit le rayon lingerie des Galeries pour le séduire ? Affrèterai-je un jet privé à 5 heures du matin pour voir avec lui le lever du soleil sur la Tour Eiffel ? Rien n'est impossible avec The-sphère.com, Conciergerie pour VIP friqués. VIP. On est important par la taille de son compte en banque et non pas par la somme de ses mérites. Comment devenir important à coup de carte noire. Le noir, nouvelle couleur à convoiter qui se décline en Infinite, en Platinum ou bien encore en Centurion. Pas de limites. Vous avez 100.000 € de revenus annuels ? Vous dépenserez grâce à nos soins au moins 250.000 € cette année ? Alors vous êtes qualifiés, rejoignez notre club très privé...
Crise, vous avez dit crise ?
Je lis. Que dis-je, je lis ! Je bois chaque mot qui m'enivre mieux que le meilleur champagne. Des sensations étranges me font serrer les cuisses. Une exquise jubilation envahit mon cerveau et pour un peu, des petits cris d'extase s'échappent de ma bouche. Nos désirs les plus fous disent-ils ? Me découvrirai-je jouisseuse par le simple fait des mots, tous ces mots luxueux qui m'enflamment aussi bien qu'un bel amant. Ah, vite, cesser cette lecture licencieuse avant que je ne jouisse au salon...
Vous voyez, une femme se satisfait de peu parfois !
Nota Bene : Note absolument sans intérêt, je vous le concède. Sérieusement, je me demande vraiment qui peut bien lire un tel magazine sans intérêt. Sans façon, moi, c'est le magazine "ELLE".
05:50 Ecrit par Gicerilla dans Billet d'humour | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : paris select, the-sphere.com, conciergerie vip, eva green
09 octobre 2009
ELLE - Cuniculus morticus est
Je n'ai pas cessé de pleurer de la nuit.
Hier, "ô jour maudit" m'écriais-je comme Dame Capulet, mon lapin est mort. Oui, j'avais un lapin et alors, j'ai bien une chatte aussi ? Je l'ai trouvé sans vie et rien que je ne fis n'y fit pour le réanimer. Il était tout froid quand je l'ai pris dans mes mains fébriles et sa rigidité légendaire en était comme exacerbée. Je l'ai trouvé ou je l'avais quitté, il n'avait pas bougé, il gisait inerte, inutile.
Je l'ai longtemps bercé dans mes bras comme Antigone berce son délire et tente de l'assoupir. C'était la seule chose qui me restait de Marc après qu'il m'eut quittée. Il me l'avait offert à l'âge d'or de notre amour en me disant "tiens ma princesse, voilà une petite bête à chérir quand je serai loin de toi. Ces soir-là, il t'apportera du réconfort et tu penseras à moi..." J'avais à l'époque trouvé le geste culotté, audacieux même mais adorable. Il savait mes réticences sur le sujet mais n'avait pas eu peur d'encourir mon courroux en me l'offrant.
Je l'ai rapidement adopté et, à ma grande surprise, ma petite chatte aussi. Lorsque Marc était en mission, souvent je laissais notre lapin me rejoindre dans le lit et, entre les draps, il recréait la chaleur de ses bras absents. Je me surprenais à faire avec le lapin ce que j'épinglais chez les autres comme le comble du gâtisme animal. L'animal roi a toujours été pour moi source de critique et de dégoût et ne voilà pas que je rejoignais avec enthousiasme la foule des esclaves de Médor ou de Miaou.
Combien de fois Marc et moi n'avons-nous pas joué avec lui comme des gamins. Il était docile et se pliait volontiers à tous nos caprices. Il était toujours vaillant, ne faillissait jamais et je me suis souvent demandée pourquoi on dit des lapins qu'ils sont craintifs. Le nôtre se laissait manipuler dans tous les sens et me rendait force caresses. Quand Marc m'a quittée, je l'ai gardé près de moi en lui aménageant un clapier tout douillet dans la table de chevet. Je l'alimentais des meilleures piles, rien n'était trop cher pour lui assurer l'énergie dont il avait besoin.
Je le sortais souvent pour qu'il ne s'ennuie pas et lui donnait de l'exercice car ces petites bêtes-là, voyez-vous, sont vite neurasthéniques. Nous vivions tous les deux dans un état quasi fusionnel. Parfois, lorsque j'étais trop fatiguée pour le faire pratiquer, je le badigeonnais de Nutella en me disant que pendant mon célibat s'il ne fallait pas perdre la main, il ne fallait pas non plus perdre la langue, alors avec application je le suçais, ne laissant sur sa peau aucun trace chocolatée.
Hélas, il n'est plus. Je n'ai pas su lui redonner vie et ma petite chatte, je le crains, ne s'en remettra pas. Nous portons le deuil elle et moi. Oh, comme j'ai pleuré à l'idée qu'il allait falloir nous en débarrasser. Ce matin, les yeux gonflés des larmes versées, j'ai décidé de lui offrir une digne sépulture. Hélas, encore, je vis en appartement et il est hors de question qu'il finisse vulgairement aux ordures. Alors je me suis renseignée et j'ai trouvé. Il existe à Villepinte un cimetière animalier. C'est là que je voudrais le voir enterré. Hélas, encore une fois, cela coûte fort cher. C'est incroyable ce qu'il en coûte pour décemment inhumer un être cher. Oserai-je ici faire appel à votre générosité ? Oui, je l'ose mais croyez bien que c'est la nécessité qui m'y pousse. Alors, si parmi vous il y avait de généreux donateurs, je vous en prie faites-moi signe sachant qu'il me faudra rassembler près de 1.000 €. Mais pour lui, rien n'est trop beau alors je vous en prie, donnez !
Oh, je ne vous l'ai pas encore dit, mon lapin s'appelait Pinky !

ndlr : toute ressemblance avec des personnages existants ou ayant existés serait fortuite
05:39 Ecrit par Gicerilla dans Billet d'humour | Lien permanent | Commentaires (28) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : rabbit, godemiche, yoba, chambre 69
02 octobre 2009
ELLE - Rêves de grandeur

J'ai toujours aimé les grands hommes.
Il y a en eux quelque chose d'irrésistible qui m'attire comme le miel. D'ailleurs, this is an understatement *. Les Anglo-saxons, on a beau dire, ont des formules lapidaires qui parlent mieux que nos infinies circonlocutions ! Oui, c'est une "sous-affirmation", le miel n'a rien à voir dans l'affaire, ils m'attirent, c'est tout. Un homme grand est rassurant. Attention, je n'aime les asperges qu'à la sauce mousseline, les grands, je les aime baraqués. Il faut qu'ils soient proportionnés bien sûr et qu'ils me toisent de leurs larges épaules. Bizarrement, malgré mon attirance, des petits ont plutôt émargé ma vie. Pied-de-nez de la vie sans doute. "Fontaine..." susurre-t-elle, rigolant en fluides gargouillis.
Drôle de phénomène qui se manifeste à proximité d'un géant. A peine entré-je dans une pièce que mes yeux, rodés à l'exercice mieux qu'un moteur de Ferrari, repèrent instantanément celui qui dépasse du lot. Pour peu qu'il soit charmant, je suis déjà conquise et tente un discret rapprochement. Perchée sur mes hauts talons je dois encore lever la tête pour lui parler comme on regarde le ciel en y cherchant Dieu. Il n'est pas rare que je doive me contrôler pour ne pas me frotter à lui comme une vache contre un tronc tant un grand a sur moi d'ascendant. Ronronner sous les caresses de ses grandes mains et me sentir perdue contre son torse, un peu poilu de préférence. Croire dans sa chaleur que plus rien de néfaste ne peut m'arriver. Ah, quel effet me font les grands.
Et puis, évidemment, il me faut l'avouer, alors que je lui parle, des idées de grandeur me viennent à l'esprit. Je consulte ses mains comme une muette chiromancienne et tente de déchiffrer ce que ses lignes recèlent de plaisir à me dispenser. Je regarde son nez, analysant sa forme et sa longueur, mes sangs s'échauffant de constater qu'il l'a fort large et long. Comme un présage ? N'y a-t-il pas beaucoup de sagesse dans les dictons populaires "grand blase, à toi l'extase !" Euh, enfin, il me semble. Comme des augures favorables, ses proportions me mettent les méninges en érection.
Alors, imaginez ma joie de lire récemment que l'homme le plus grand du monde cherchait la perle rare à aimer jusqu'à la fin des temps. Un monde de possibles s'ouvre enfin à moi. Il est libre, il est jeune, il est grand, très grand. Sultan Kösen, l'homme le plus grand du monde. "Que de promesses !" se disent mes fesses. Frénétique à cette nouvelle, j'interroge Google. Le net est disert et me sert tout plein d'informations qui me font écarquiller les yeux. Anticipation, anticipation. Soudain, au hasard d'un article je découvre cette révélation "Son gigantisme est venu de la surproduction de ses hormones de croissance, sécrétées par la glande pituitaire, atteinte d'une tumeur et qu'on lui a retirée l'an dernier (...) qui est responsable (...) du micro pénis."
Ah, malheur ! Mes espoirs de bonheur se dégonflent à l'idée que le sien le soit. Vite Wikipédia. Je m'afflige plus encore de découvrir l'étendue du risque encouru. Enfin, étendue, c'est beaucoup dire et tout est dit, ce ne sera pas lui. Oh, je vous en prie, ne faites pas la leçon en me disant, qu'en la matière, ça ne compte pas. Bien sûr que si, size does matter et seules celles qui n'ont jamais été confrontées à cette ineffable sensation d'absence s'insurgeront que je dis n'importe quoi. Faudra-t-il, en renfort de mon affirmation, que je vous raconte en chuchotant l'histoire de Gicerilla et de son Dom Juan de bar, "I'm an artist" m'avait-il laissé croire ?
Non, croyez-moi, vous ne voulez pas savoir !
* ndlr : en anglais dans le texte.
crédit photo : brutoseros
05:34 Ecrit par Gicerilla dans Billet d'humour | Lien permanent | Commentaires (29) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sultan kösen, micro penis, gigantisme
15 septembre 2009
ELLE - Naked friday

Il y a certains journaux que j'apparente volontiers à des feuilles de chou.
"Feuille de chou, locution - Sens : Journal, quotidien de peu de valeur [Péjoratif]"
Au fond, ce n'est pas très flatteur pour le chou, parce que le chou a des vertus que n'ont pas ces journaux aux titres racoleurs. Non, pas de condamnation hâtive je vous en prie. Le chou n'est pas qu'un végétal qui sent le soufre et qui pourrait aisément saboter un premier rendez-vous, à fuir dès lors comme le Diable ! Au chou, un jour peut-être je reviendrai mais aujourd'hui tel n'est pas le sujet.
Je voulais parler de ces quotidiens de piètre qualité qui se contentent de publier des informations de seconde zone. Seconde zone ? Tiens, n'est-ce étonnant ces expressions qui se forgent au fil des années sans qu'aucun de nous ne sache véritablement comment elles naissent ? Car enfin, si l'on parle de seconde zone, c'est qu'il y a une première zone, et l'on sent bien à faire le distinguo qu'il est enviable d'appartenir à cette dernière et non pas à la première par ordre d'apparition, à savoir la seconde. Ah, mais que m'arrive-t-il ? Je ne sais pas me fixer sur le sujet et comme un alcool je deviens volatile. Si au moins cela pouvait vous rendre gai !
Bref, dans l'un de ces journaux falots, n'ai-je pas lu récemment un reportage sur une nouvelle technique de management ? Plus "brève de comptoir" qu'article de fond, certains me diront avec raison, il n'empêche que je veux m'en faire le héraut car son pesant d'or elle vaut (ça rime).
Elle nous vient du Royaume-Uni. Royaume-Uni ? Tiens, là aussi je me paierais bien une petite digression sur l'unité des nations qui le composent mais je serais de nouveau hors sujet et vous décrocheriez, si ce n'est déjà fait, car le blogueur est zappeur paraît-il. Je disais donc que cette technique, révolutionnaire, vise à libérer les employés du stress et à araser les niveaux. Evidemment, tout ce qui touche au management, lorsque c'est novateur, retient mon attention, et en particulier si la promesse est de rendre la sérénité à mes collaborateurs.
Figurez-vous que chez OneBestWay, tous les Friday (ça rime encore) on vient au travail non pas en casual mais à poil. Si, vous avez bien lu, nu, car il parait que cela motive les troupes. Et puis, la nudité uniformise et l'uniforme, l'Angleterre, ça la connait. Ainsi, dans cette boîte de com, le vendredi l'uniforme est le même pour tout le monde. Enfin, pas tout à fait le même car certainement dans cet état on doit bien noter de grosses différences. Oh, qu'allez-vous pensez là ? Je veux parler des formes de l'uniforme, car on parle d'uniforme mais la forme en l'occurrence n'est pas unie. Au contraire, elle est démultipliée et je vous avoue que le duvet se dresse sur mes bras à cette idée. Ce que ne dit pas l'article c'est si les employés sont autorisés à conserver leurs souliers.
Peu importe. Fermez les yeux un instant et imaginez-vous, nu, à côté de votre collègue ou face à votre supérieur, nu, lui aussi. Alors ?
Comme moi, n'êtes-vous pas saisi d'effroi à l'idée d'avoir sous vos yeux le directeur financier, le sexe recroquevillé à l'évocation du nouveau budget ? Comment discuter avec la concentration souhaitée de la chute des marchés si les gens réunis autour de la table ne pensent qu'à évaluer la chute de reins de Pamela ou à se comparer aux trois pièces de Martin ?
Ainsi, pour promouvoir l'égalité et instaurer un état de confiance ultime, il faudrait se mettre nu. Hum, je doute un peu et pourtant, n'aurais-je pas de l'intérêt à tenter l'expérience ? Argh, mais il faudrait alors qu'à mon tour je me dévoile ! Hors de question. Il n'est pas dit que mes collaborateurs verront ma cellulite ou mes tétons, habituellement camouflés sous de dodus coussinets.
Et puis, imaginez un instant le cauchemar : comme lors d'un bal masqué, vous êtes le seul à venir déguisé !
Il parait que le ridicule ne tue pas. Vous en dites quoi ?
05:12 Ecrit par Gicerilla dans Billet d'humour | Lien permanent | Commentaires (24) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : naked friday, the office of bare trading, la matin, the sun, telegraph, onebestway
05 septembre 2009
ELLE - La danse des sept voiles

"Oui, évidemment, un peu de marketing !"
Je le reconnais bien là. Le roi du teasing, cette technique de publicité utilisée par moi là, et bien avant par Séguéla. Oh, non, il ne faut pas croire les media qui récemment ont fait de Séguéla un grand cynique, bronzé par du soleil en tube tout au long de l'année. Il n'est pas si mauvais que cela, je le crois même bon quand il s'est agi de fabriquer des slogans que nous avons tous en mémoire sans même le savoir. Et parce que je suis une peste qui brûle ce qu'hier elle a adoré, je ne résiste pas à l'envie de rappeler, malgré cette apparente apologie, ce que Desproges disait de lui « Jacques Séguéla est-il un con ? De deux choses l'une : ou bien Jacques Séguéla est un con, et ça m'étonnerait quand même un peu ; ou bien Jacques Séguéla n'est pas un con, et ça m'étonnerait quand même beaucoup ! ».
Bref, il n'est pas question de Séguéla évidemment, mais d'un homme que je drague éhontément. Enfin, draguer est un peu en deçà de la réalité et puis cela a des relents marins vaseux qui ne me convient pas. En fait, je lui fais la cour. Oui, c'est cela, je le courtise. Je me pare pour lui de mes plus beaux atours. Je gonfle ma gorge, espérant que mon plumage chamarré saura le troubler, non pas tant par sa taille que par la chatoyance de ses couleurs. Je déploie devant lui toute l'étendue de mon ramage, muet hélas car mes mots il ne les entend pas. Il les lit peut-être parfois. Et si d'un paon j'avais le croupion sans hésiter pour lui je développerais ma roue. Ah, si seulement j'étais assurée que mieux que mon cul cela pouvait le chavirer !
Je pratique avec lui toutes les astuces de la conversation. Il me dit "non", je feins de ne pas en être émue. Il me fait miroiter un "oui", je fais celle qui ne l'a pas vu. Il me dit "pourquoi pas" et je ne réponds pas. Je roucoule ou criaille, cela dépend du ton de la conversation. Il m'agace, me fait perdre patience ? Je laisse alors transparaitre dans mes mots mon agacement histoire de voir s'il craint de me déplaire. Si à son tour il se tait, je ronge mes ongles et mon frein mais je me tiens coite, nan mais ! Il ne sera pas dit que devant lui je m'aplatirai. Je le suis suffisamment déjà, plate évidemment, et si je finis sans relief c'est certain qu'il m'ignorera. Mais si, croyez-moi, seuls les inconscients ou les naïfs ignorent que le désir de l'homme passe aussi par les reliefs de la femme, et si son paysage est plat comme la patrie de Brel il est fort à parier que son désir restera en berne. Et ça, avec moi, jamais !
Je considère sa réponse : "Oui, évidemment, un peu de marketing !". Ma réponse fuse, directe, sans fioriture "Allons donc, avec vous, j'ai tout essayé ! Manque plus que la danse des 7 voiles, mais comme je ne veux pas votre tête... " Quoique, je me trompe peut-être. De cet homme-là devrais-je d'abord conquérir la tête et non pas la queue ? Hum, s'il appartient à la catégorie qui bande d'abord par l'intellect, j'ai intérêt à affûter mon sens de la répartie pour le laisser bouche-bée, sans voix, et profiter de sa sidération pour conquérir le reste de son corps. Et oui, je l'avoue ici sans rougir, je veux de lui et le haut et le bas, enfin je le veux tout entier. Oh, ne vous méprenez pas sur mes intentions, il n'est pas question de faire de lui un parjure ou un salaud, non ! Alors je lui propose un déjeuner sur l'herbe, une course à pied, une séquence de pêche à la mouche, une partie de pouilleux déshabilleur... Il est certain que la dernière proposition est celle qui emporte mon suffrage, et pour cela je suis prête à n'importe quel gage.
Mais rien n'y fait. Déduirai-je que par moi il n'est pas intéressé ? N'est-ce pas ce qu'il y a de plus humiliant que de ne pas plaire ? Je finirais presque par penser qu'à la cour de Louis XIV, à l'instar de Monsieur, il aurait préféré le Comte de Guiche à Henriette-Anne d'Angleterre. Car enfin, une belle fille comme moi, pimpante, intelligente, souriante, accommodante, ne peut prendre ce manque d'enthousiasme que comme preuve que je ne lui plais pas. A moins qu'il y ait sur terre, de nos jours encore, de ces hommes qui honorent leur engagement au risque d'en crever de regret à l'heure de leur mort ? Pourtant, Abélard lui même n'a-t-il pas succombé à son amour pour Héloïse et vice-versa ? Remarquez, le risque est gros si, comme lui, il doit finir émasculé...
Alors, désespérée, à bout de ressources, oserais-je ici demander à mes lecteurs avisés quelques recettes immanquables ? De quel charme userai-je pour enfin obtenir qu'il succombe et m'offre le rendez-vous que j'attends tant ?
Une recommandation, une stratégie ? Je vous attends !
06:00 Ecrit par Gicerilla dans Billet d'humour | Lien permanent | Commentaires (20) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : séduire, indélocalisable
17 août 2009
ELLE - Gicerilla sous influenza
Depuis quelques temps l'inquiétude doucement s'immisce en moi.
Oui, elle s'immisce au sens propre du terme "elle (me) pénètre indûment..." Enfin au sens propre, c'est vite dit même si la propreté, en l'occurrence, est recommandée. L'inquiétude me gagne et pour peu je deviendrais hypocondriaque. Si Argan avait un féminin, je m'appellerais bientôt Arganne car, comme lui, je commence à me croire atteinte de tous les maux.
Il faut dire qu'en matière de communication anxiogène (c'est comme cela qu'on dit maintenant. C'est fou les mots que l'on apprend à l'occasion d'une épidémie, endémique ou pas, potentiellement pandémique) l'OMS ou les gouvernements ont un don affirmé. Et la valse des recommandations télévisées viennent nous alarmer tout en rappelant les règles de l'hygiène de base. Comme je hais cette société qui fait de nous des assistés et qui pallie tant bien que mal la carence éducative de nombre de parents. Car enfin, enseigner à la télévision le B-A-BA du lavage de main, n'est-ce pas là la preuve d'une société qui périclite ? Ah, la colère m'égare et je perds le fil de mes pensées.
Ah oui, l'inquiétude. L'inquiétude me gagne en effet. Je suis pourtant d'un naturel détaché et je sais en général me distancier des frayeurs collectives. Mais là ! Partout l'on parle de PCA comme si demain, au sein des entreprises et a la lumière de ce qui se trame, naïen-ileveun nous paraîtra aussi peu grave qu'un éternuement. Ah, l'éternuement redouté comme un auspice sinistre. Le PCA comme la dernière forteresse derrière laquelle se retrancher pour pouvoir lutter contre l'inévitable. Plan de Continuité d'Activité. Comment faire pour que l'entreprise ne s'ankylose pas au rythme des courbatures fiévreuses de ses équipes ? Et me voilà à passer de groupes de travail en simulation de crise, à envisager ce qui se passera si la majorité d'une équipe est décimée par la grippe porcine. Porcine la mal nommée, mais il fallait au moins cela pour ne pas réveiller dans la mémoire collective le spectre de la grippe espagnole. Principe de précaution, un peu de fièvre, un pet de travers et voilà l'employé consigné à la maison.
N'empêche, même si la meilleure défense c'est l'attaque, si vis pacem para bellum, un tient vaut mieux que deux tu l'auras, à force d'envisager le pire je commence à regarder bizarrement ceux qui m'entourent. Je guette la moindre toux, j'interroge le moindre œil vitreux, j'épie le moindre éternuement. Je ne serre plus la main des visiteurs, flirtant avec l'incorrection. Dans les toilettes, j'observe subrepticement les femmes qui ne se lavent pas les mains et je n'ose plus toucher aux poignées de porte qu'elles ont tripotées. Argh, bientôt je crois, à l'instar de Michael, je vais porter des gants. Au fait, Michael Jackson est toujours mort !
J'écoute, attentive, chaque flash d'info qui énumère comme un compte à rebours à l'envers le nombre des contaminés et celui des morts. La mort qui ne me quitte pas en ce moment. L'inquiétude grandit à mesure que les mesures de prévention se mettent en place. Tiens, et si par sécurité, tous les matins je prenais la température de mes troupes ? Et hop, avant même de se connecter, un thermomètre dans la bouche en fredonnant "toute ma vie j'ai rêvé d'être une infirmière, toute ma vie j'ai rêvé..." J'ai toujours adoré jouer au docteur ! Bref, "bon pour le service" ou la porte. On n'est jamais trop prudent. Ah, je deviens folle, je crois à la théorie du complot, je crois aux prédictions de sinistres prophètes. Et si c'était encore un coup de Ben Laden ?
Une seule solution, rester à la maison !
05:36 Ecrit par Gicerilla dans Billet d'humour | Lien permanent | Commentaires (23) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : grippe a-h1n1, théories du complot, grippe porcine, nostradamus
