jeudi, 08 mai 2008
ELLE - L'extase haut perchée

Il fallait certainement que cette information me fut révélée pour qu'auprès des femmes je m'en fasse le héraut.
Sinon comment expliquer cette séquence d'événements anodins pour qu'enfin je sache. J'avais récupéré le Géo de mai au salon Air France. Je l'avais feuilleté avec curiosité car c'est une belle publication mais j'étais passée à côté. Et c'est seulement lorsque j'allais le recycler dans le container à papier que la feuille s'est détachée et a pris son envol, seule possibilité pour elle d'ouvrir mes yeux aveugles qui l'avaient ignorée.
En la rattrapant, c'est là que le j'ai vue. Timidement exposée dans un encart discret du bien nommée rubrique "Geoptimiste". Information primordiale qui explique indubitablement l'engouement de certaines, pour ne pas dire la passion, pour les hauts talons. Connaissance inconsciente d'un phénomène dont elles ont fait l'heureuse expérience sans faire l'association ? Ressenti animal jamais mis en équation aussi fiable pourtant que l'instinct qui porte le mâle à faire la roue pour chauffer la belle en pleine ovulation ?
Mais quelle est donc cette information de première bourre (non, non je vous vois venir, pas de mauvais jeu de mots ici. Vérifiez, vous verrez) ? "Le port de talons hauts améliore la vie sexuelle"
"Bien sûr" interjetterons certains, le sourire moqueur aux lèvres, car ils imaginent déjà en un raccourci de leur esprit rustaud que c'est une vérité banale de reconnaitre que la vue d'une paire de jambes devenues infinies par des talons ambitieux est indéniablement excitant sans compter la fascination exercée par la soie de la jupe suspendue à des hanches qui la transforment en balancier hypnotique. C'est le moment que je choisis pour lever les yeux au ciel, affligée, et une main autoritaire pour faire taire ces ignares et leur révéler, bonne fille, LE secret.
"Selon une étude menée par le Dr Maria Cerruto, porter des chaussures qui maintiennent le pied à un angle de 15° renforce le plancher pelvien qui héberge les muscles du plaisir liés à l'orgasme, ce qui accroîtrait les sensations... "
Quelle révélation ! Non seulement les femmes, sacrées finaudes du règne animal, vous pétrifient de désir en balançant sous vos yeux leurs reins renflés dont les deux hémisphères se dandinent au rythme de leurs talons qui surinent l'asphalte, mais par répercussion, elles musclent cette partie de leur corps qui en mille ondes de plaisir enserrera votre doux membre à la pénétration.
Dès lors, je comprends mieux l'amour immodéré de certaines pour une paire de Louboutin qui culmine à des hauteurs que l'on se prend à imaginer paradisiaques. En effet, un esprit curieux aura immédiatement regardé sur un compas ce que représente une élévation de 15 ° et aura vite compris que s'il y a corrélation entre la hauteur du talon et le plaisir à récolter, il ne faudra plus lésiner. Et son échine d'onduler de plaisir par anticipation à l'idée des sensations que pourraient générer des angles de 20°, 25° et plus encore.
A se demander si les chausseurs à la mode (Vivier, Blahnick, Choo, etc.), provocateurs de péchés, n'étaient pas déjà dans la confidence, qui créent depuis des années des souliers importables pour un pied normal mais à l'angle audacieux et prometteur. Peu importe. Foin de considérations morphologiques. Focalisons uniquement sur cette découverte passionnante à déchaîner les passions. Messieurs, ne soyez plus radins puisque la clé du paradis vous tend la main. Offrez sans rechigner ces stilettos hors de prix qui cambreront le pied de vos femmes en des voûtes démoniaques à adorer, qui allongeront leurs jambes devenues lianes galbées pour mieux vous attacher. A nous les hauteurs
vertigineuses, promesses de sensations décuplées. Que dis-je décuplées, centuplées même !Mon sang s'échauffe à cette idée. Et tant pis si ma tentative précédente s'est révélée pitoyable. Cette fois-ci, la motivation est trop grande. Si Carrie Bradshaw arrive à déambuler sur 10 centimètres de talons avec élégance il n'y a pas de raison que j'échoue. J'ai déjà la "City" il ne manque plus que son pendant qui, lorsqu'il arrivera, me trouvera fin prête et musclée à souhait...
Et si dorénavant je ne marchais que chaussée de pointes de danseuse à 180° ?
06:33 Publié dans Billet d'humour | Lien permanent | Commentaires (19) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sexe, stiletto, talons aiguille, orgasme
lundi, 14 avril 2008
ELLE - Elitisme ?

J'ai toujours été passionnée par les mots.
Depuis toujours ? Je ne sais pas. Peut-être pas, mais depuis longtemps tout de même. Depuis qu'ils m'ont montré qu'il suffisait de les apprivoiser pour devenir mes meilleurs alliés. A chaque instant ils viennent à ma rescousse et démêlent par ma voix les sacs de nœuds, les malentendus et autres conflits naissants. Mais pour ce faire, il ne faut pas en avoir peur et les utiliser à bon escient. Sinon, bien sûr, l'échec sera à la hauteur de leur puissance. Et je m'amuse à les amadouer et je m'applique à les manier sur tous les tons, dans tous les styles.
Je me suis frottée à la fable. Exercice jubilatoire mais difficile quand on prétend, comme moi, boire à la même source que celle du grand Jean. J'ai fréquenté l'acrostiche et j'ai suivi, tremblante, les pas de George et d'Alfred en priant que de la haut ils ne me traitent pas d'impudente. Je me préparais donc à perpétrer un autre crime en attaquant le sonnet. Mais pour ce faire, il fallait impérativement que j'en comprenne les contraintes, que j'en connaisse les ressorts avant de plonger ma plume dans l'encrier et d'en commettre un.
Alors, comme à mon habitude, je consulte l'encyclopédie. Et ce que j'y découvre me fait rire, un rire sans fin, un rire qui en dit long sur mon incrédulité. Et oui, figurez-vous que pour comprendre ce qu'est un sonnet il faut avoir fait au minimum un bac de philo, hypokhâgne, khâgne et je crois que l'École Normale ne serait pas de trop. Je découvre des mots mis bout-à bout en des phrases grammaticalement parfaites mais qui ne me révèlent aucun recette. Immédiatement je pense à cet élitisme inavoué de certaines professions qui n'acceptent de se dévoiler que par le biais d'un jargon opaque réservé aux initiés. "Plus je suis obscur et moins la masse peut percer à jour mes secrets". Je pense à mon métier fait d'abréviations et autres acronymes impossibles qui affichent clairement le choix fait de ne pas être accessibles à tous. Je pense, dans un autre registre mais dans le même esprit, aux écritures indéchiffrables des médecins lors de la rédaction des ordonnances que seuls les pharmaciens peuvent lire. A se demander si, dans le cursus de Médecine et de Pharmacie, il n'existe pas un cours spécialisé "comment rendre votre écriture illisible". A se demander s'ils veulent vraiment voir le patient guérir ou mourir de ne pouvoir suivre correctement la prescription. Manière détournée de sécuriser une clientèle qui revient toujours car elle a mal interprété les indications ?
Alors, me voilà plantée devant la page, ne sachant comment et dans quel sens caresser doucement la définition pour qu'elle accepte enfin de se laisser pénétrer. Et mon envie de vous offrir un sonnet de mon cru se dégonfle au fur et à mesure de ma lecture. Je vous en livre une partie et vous comprendrez pourquoi, encore maintenant, je ne sais si jamais je serai capable de composer un sonnet :
"...La forme archétypale comprend deux quatrains puis deux tercets. Les règles selon lesquelles, chez Pétrarque et ses successeurs, étaient disposées les rimes étaient impératives dans les quatrains (rimes embrassées et répétées, selon le schéma abba abba) et beaucoup plus souples dans les tercets : deux ou trois rimes, différentes de celles des quatrains, distribuées selon des schémas très variables, le plus souvent cde cde ou cdc dcd ; seules étaient exclues les combinaisons qui auraient permis de décomposer les six derniers vers en un distique et un quatrain. (...) Shakespeare répartit les quatorze vers de ses célèbres sonnets de la manière suivante : une série de trois quatrains aux rimes différentes et croisées, et un distique final - soit le schéma abab cdcd efef gg. La transformation effectuée par Marot est beaucoup moins radicale : il conserve la disposition rigoureuse des deux quatrains italiens (abba abba), mais répartit les rimes des tercets de telle manière que les quatre derniers vers dessinent un troisième quatrain qui ne diffère des deux premiers que par ses rimes (mais non par leur disposition), ccd eed. Des autres formules utilisées par les poètes au XVIe siècle (concurremment d'ailleurs, au moins dans un premier temps, avec le schéma italien), une seule s'imposera, celle que Du Bellay essaie dans l'Olive : ccd ede. En dépit de la variante introduite par les rimes croisées, l'effet y est le même que dans le sonnet marotique : les six derniers vers forment un distique suivi d'un quatrain. Mais, alors même qu'ils dénaturent ainsi le modèle italien et du même coup marquent leur originalité, les poètes français en gardent la disposition strophique : deux quatrains suivis de deux tercets. .."
Le seul fait de relire la définition me donne des maux de tête et je crois bien que j'abandonne le projet. Voilà un style qui, grâce à la complexité de sa construction, va éviter le massacre que de lui j'allais faire. En fait, les encyclopédies, au lieu de répandre un savoir accessible aux masses, se contentent de l'héberger et je soupçonne leurs rédacteurs de vouloir tout, sauf vulgariser ! Les mettrai-je dans le même clan que les médecins ?
Dommage, de moi vous avez failli lire un sonnet !
* * *
Ce que j'aurais pu écrire pour vous :
À MARIE NODIER
Alfred de MUSSET
Vous les regrettiez presque en me les envoyant,
Ces vers beaux comme un rêve et purs comme l'aurore.
Ce malheureux garçon, disiez-vous en riant,
Va se croire obligé de me répondre encore.
Bonjour, ami sonnet, si doux, si bienveillant,
Poésie, amitié que le vulgaire ignore,
Gentil bouquet de fleurs, de larmes tout brillant,
Que dans un noble cœur un soupir fait éclore.
Oui, nous avons ensemble, à peu près, commencé
À songer ce grand songe où le monde est bercé.
J'ai perdu des procès très chers, et j'en appelle.
Mais en vous écoutant tout regret a cessé.
Meure mon triste cœur, quand ma pauvre cervelle
Ne saura plus sentir le charme du passé.
"Un sonnet sans défaut vaut seul un long poème" BOILEAU
06:03 Publié dans Billet d'humour | Lien permanent | Commentaires (15) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
vendredi, 11 avril 2008
ELLE - Nudité volante

Il y a le confort de ses sièges de première déjà narré. Il y a ses passagers si pittoresques à observer, source constante d'étonnement et d'enseignement pour qui veut voir. Il y a le wagon-buvette où je déguste un Lavazza pas trop mauvais en laissant trainer mes oreilles d'anthropologue qui feint d'écrire dans son carnet à spirales mais ne perd rien des conversations des autres, si fascinantes par leur humanité. Et puis il y a TGV magasine. Le N° 102 de mars me livre (tiens, un livre livre mais un magasine ne magasine pas, vous y comprenez quelque chose vous ?) encore une fois le sujet d'une réflexion intense comme vous allez le voir. Ce numéro là, par le biais d'un encart rouge vermillon me livre mon prochain défi. Inespéré.
Chaque moi, selon la recette généreusement partagé par un ami il y a un an, je mets un peu de fantaisie dans ma vie en préparant un événement inédit à vivre dans un quotidien somme toute banal. Alors dès que j'ai lu ce message quasi divin, car il faut bien une intervention du ciel pour offrir ainsi de le traverser un instant, frôlant au passage le paradis c'est certain, j'ai su que je devais le faire.
"499 €uros le prix d'un billet d'avion entre Erfurt, capitale de la Thuringe (Allemagne) et l'ile d'Usedom, en mer Baltique. Un billet pour le premier vol nudiste, affrété par le voyagiste Ossiurlaub, qui aura lieu le 5 juillet. Tous les passagers voyageront nus, mais le pilote et les hôtesses garderont leurs uniformes."
On arrive habillés à l'aéroport puis, rendus à bord, on se dépouille de tout ce qui couvre les corps et les empêche de respirer. Une fois nus, les poumons se dilatent, on respire plus à l'aise. Plus aucun carcan qui vient brider ce pauvre ventre autrement maltraité par une vilaine ceinture. Les boyaux se détendent et expriment toute leur personnalité. Adieu ces chaussettes dont l'élastique cisaille les mollets, fatal pour les artères. Que du confort, enfin de la liberté !
J'imagine déjà, les neurones excités, m'asseoir en tenue d'Eve à côté d'un beau gars, bâti comme Beckham avec qui je pourrai discuter à loisir, sans le quitter des yeux, l'avantage que l'on a de voyager ainsi, libre de toutes entraves ! Ou bien encore, coudoyant un papi fripé comme un sharpei mais doux comme un agneau trop heureux qu'il serait de lorgner à sa droite des chairs bien tendues sous une peau brillante. Et puis quel bonheur de fraterniser sans qu'aucun regard critique ne vienne chatouiller les seins de celle-ci ou les fesses de celle-là pourtant tous dévoilés à la convoitise qui, bizarrement, sans vêtements, se volatilise. Se retrouver ensemble dans une ambiance festive, parce que quand même on vit un moment historique, le cul posé sur des sièges de toile rugueuse où seront déposés sans distinction et de sexe et de classe, les miasmes des uns, les mycoses des autres et quelques acariens ou hôtes indésirables que l'on gratte illico sans pourtant récolter le gros lot au passage.Je ne résiste pas à l'idée de déambuler dans l'allée centrale en tortillant mes fesses, et l'air de rien de ramasser mon mouchoir opportunément tombé aux pieds de cet homme là, celui dont les beaux yeux n'ont pas cessé depuis le début de me reluquer. Quelle meilleure occasion de se laisser charmer par un individu qui si bonnement me donne à voir ses appâts ou ceux qu'il n'a pas. Ici, pas de tricherie sur la marchandise. Au feu les balconnets rembourrés, Mesdames, les artifices vestimentaires. Au placard, Messieurs, les costards bien coupés qui mettent en valeur les biens gaulés et les bancals.
La marchandise est à l'étal telle qu'elle est. On choisit comme on veut. Et si l'on s'y prend bien, on peut sûrement tâter la
marchandise comme au supermarché, le camembert. Il faut bien sûr, pour cela, beaucoup de tact et de savoir faire. Mais pour peu que l'on soit avec les mains volubiles, rien n'empêche, l'air de ne pas y toucher, de palper justement. Et puis quelle chance de pouvoir discuter avec tous, sans que notre mise ou le sigle de notre vêtement permette à quiconque de mettre une étiquette sur qui nous sommes. Éradiquer les à priori sociaux, tous égaux ! Quelle que soit la couleur du pubis, nous sommes tous frères et sœurs et notre nudité nous fédère. Shampooineuse ou PDG, plombier ou secrétaire, peu importe, on est tous identiques seulement distingués par notre sexe.Vraiment, plus je raisonne et plus je suis emballée ou devrais-je dire bientôt déballée ?
Je ne sais pas pour vous, mais moi le 5 juillet, je sais ce que je fais !
Quelques adresses pour les intéressées :
Nakedair
Clubnaturiste
06:31 Publié dans Billet d'humour | Lien permanent | Commentaires (18) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nu, avion, naturisme
mardi, 08 avril 2008
ELLE - Expérience mythique - p'tit bilan
Ma plongée dans le monde des rencontres virtuelles est une école du savoir inépuisable.
Je me régale. Je me suis découverte étudiante studieuse. Moi qui n'ai jamais dépassé 14/20 de moyenne générale, je récolterais ici, à n'en pas douter, du 19/20 sans forcer. Il faut dire que le sujet étudié, l'homme, est tout ce que j'aime. Ne l'ai-je pas tant loué ? Et j'en redemande.
J'avais confié ici sans rougir, mon inscription sur Meetic il y a deux ans bientôt, planche de salut qui m'empêcha de me noyer tout à fait. De femme en moi, à cette époque, il ne restait que la plus pauvre apparence. Le peu de courbes que j'avais avait fondu sous la chaleur cuisante du mépris de mon ex. Que n'ai-je breveté le régime par lui administré d'une efficacité redoutable pour perdre des kilos, même lorsqu'il ne le faut pas, car alors je n'aurais pas été amaigrie pour rien et mon compte en banque, lui, se serait gentiment dodufié ! Éclipsés Mayo, Montignac, Duran et compagnie...
Bref, depuis, je ne me suis jamais désinscrite, vous pensez, une inscription gratuite ça ne se perd pas ! Il faut dire aussi que mieux qu'une encyclopédie ne le ferait, Meetic me dispense un enseignement intense sur la connaissance des hommes. J'avoue que je ne suis plus qu'une observatrice passive, une scientifique à l'affût. Je ne chasse plus, mon carquois est remisé au placard avec celui de Cupidon. Mais je me laisse approchée comme un appât pour mieux les observer avec curiosité, avec bienveillance. Et je constate, amusée, qu'on peut les classer en catégories. Étonnamment, nul besoin d'une analyse de classes minutieuse ou de statistiques élaborées. Non, les catégories se dévoilent avec simplicité "déchiffre mon pseudo et je te dirai qui je suis". C'est fou ce que peut révéler le choix apparemment anodin d'un pseudo.
Il y a ceux qui ne prétendent à rien, qui ne se décarcassent surtout pas l'imagination, cela pourrait faire mal ! A la pelle des Toietmoi, des Moiettoi, et autres Nousdeux qui aurait été bien plus tentant en Douxnoeud mais bon, ce que j'en dis... Il y en a qui maltraitent l'anglais ou autre langue, font des jeux de mots affligeants ou vendent ce qu'ils peuvent. Et nous voilà cernées de Languedevelour, Languexperte, Mainsensuelle, Bitesize_bomb, Braquemart, Lèvresucrée, 69viceversa etc. Les uns comme les autres sont rarement intéressants mais qui pourrait se laisser fasciner par le vide sidéral des Mickey, Casimir, Pollux et autre Popeye&olive ?
Il y a ceux qui sortent du lot par le fait qu'ils ont eu à cœur de détoner avec élégance. Enfin, mon idée de l'élégance, faussement érudite mais certainement pleine de double sens. J'ai nommé Corpusdelicti, Fugitempus, Semperfidelis, Quononascendet, qui ont des vieux relents latinistes tout à fait à mon goût, car il est connu que la roture se laisse impressioner par des faux airs d'érudition. Et ceux là se sont révélés des hommes de qualité, cultivés avec savoir-vivre et délicatesse, ce qui n'est pas légion ici où l'humour de caserne hélas, trop souvent, prévaut. Aucun amant parmi eux, mais des amis épistoliers sans doute ! Qui a dit que l'amitié homme-femme était impossible ?
Il y a la catégorie des inclassables, des néologisant dans l'esthétisme dont les pseudos sont à eux seuls un poème, un vœu, un reflet de leur sensibilité et de leur imagination ou plus simplement l'appropriation d'une idée cachée par ce nom qui en dit plus long que n'importe quelle dissertation. Sahoro, Nastella, Ultramar ... Ceux là ce sont toujours révélés riches, pleins d'humour, aimables. Je les hanterais volontiers si mon cœur condescendait enfin à répondre à leur invitation. Mais non ...
Et puis il a y la clique des pseudos issus d'une activité, réelle ou imaginée, qui donne le ton sur la capacité de conversation. Lecamionneurdeslilas aussi délicat que le cambouis sous ses ongles, Skieurdescimes rapide et impatient qui se montre sûr de lui mais doute de tout, même de l'amour qu'il n'a pas. Chercheurdeperledor bien trop jeune mais mut par la quête d'un idéal. Chasseurdelumière mais qui ne la trouve pas...
Il y a les rigolos, les paumé du net qui veulent une femme comme on adopte un Saint-bernard, qui veulent de la baise gratuite et n'ont pas la décence de faire semblant un instant. Ils annoncent la couleur sans ambages et n'ont rien à envier à San Antonio mais sans l'humour, hélas, qui pourrait parfois les sauver du fiasco. Il y a ceux qui s'ennuient dans la vie et s'inscrivent un court instant pour se donner l'illusion de respirer un parfum de femme inaccessible en passant. Il y a enfin les pré-pubères en mal d'apprentissage qui draguent le net en espérant trouver, planquées au fond de leur filet, de jolies sirènes expertes dans l'art d'aimer. Devenir pécheur est leur seule ambition mais aucuns appâts alléchants dans leur filet. Désolant...
Alors en attendant que Cupidon prenne enfin mon coeur pour cible, j'apprends, j'apprends !...
06:59 Publié dans Billet d'humour | Lien permanent | Commentaires (25) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : rencontre, meetic, amour
samedi, 08 mars 2008
ELLE - Femme à lunettes
Le métro arrive enfin en gare.Je descends et scrute les panneaux. Il me faut trouver la sortie rue de la Débâcle. Je regarde partout mais ne distingue rien. Tiens, bizarre, que se passe-t-il ? Le panneau bleu illuminé affiche ses grandes lettres blanches mais à 30 mètres, je ne vois rien. Je me frotte les yeux, sûrement un peu de fatigue oculaire, ah, travailler sur les écrans... Je fronce les sourcils, je fais un pas, puis deux, puis trois. Rien de rien ! Mais ce n'est pas possible, il avance en même temps que moi ! Un flou flouté persiste comme si le panneau était déréglé. Me voilà en dessous. Ah, ça y est, j'y vois net. Zut, mais c'est de l'autre côté. C'est bizarre, cette fatigue oculaire. Il va falloir m'en occuper...
Une semaine plus tard.
"Calez votre front sur le support là, oui, c'est cela. Appuyez bien le menton là. Ne bougez plus, regardez droit devant vous quelques secondes. Humm, oui je vois. Bon, vous allez mettre cet appareil devant vos yeux. Lisez donc les lettres sur le tableau lumineux."
- "Euh, C F D T ?"
- "Bon, lisez la ligne du dessous, avec ces verres-là, s'il vous plait."
- "Ah bon, ce n'est pas C F D T ?"
- "Non, je le crains, c'est C E O T !"
- "Bien. Euh, A N Q P D ?"
- "Non, passez ces verres là alors. Que lisez-vous maintenant ?"
- "H N O H P ?"
- "C'est parfait !"
- "C'est grave docteur ?"
- "Non quelques degrés de myopie. C'est étonnant d'ailleurs
car en général la myopie diminue avec l'âge !"
- "Mais je n'ai jamais été myope. J'ai toujours eu une vue
d'aigle. D'ailleurs, j'aurais pu être pilote de ligne !"
- "Et bien votre carrière de haut vol est finie, je le crains.
Et puis, vous avez un peu de presbytie aussi..."
AArrgghh ! La sentence vient de tomber. Ca y est, je deviens vieille, c'est confirmé. Horreur ! Presbyte ? Mais ce n'est pas sortable. Mon orgueil en prend un sacré coup. Franchement, presbyte, cela manque sacrément de glamour. Je me vois en réunion chaussant mes lunettes "tiens, tu es myope ?" "Non, presbyte !" J'imagine déjà les quolibets faciles, les regards goguenards de mes collègues mâles, réputés pour leur finesse.
Quelle est donc cette malédiction qui s'abat sur moi ? Je m'interroge, je me renseigne. Je lis "Anomalie de la vision consistant dans la difficulté de voir les objets rapprochés, causée par la diminution, avec l'âge, de l'amplitude d'accommodation par sclérose du cristallin" Mais c'est déplaisant à la fin. Je ne suis plus un perdreau de la dernière couvée, soit. Mais tout de même, j'ai de beaux restes ! Et puis ce diagnostique n'est-il pas contradictoire ? Le presbyte ne voit pas les objets rapprochés, et le myope ne voit pas les objets éloignés. C'est paradoxal. Serais-je une femme paradoxale ?
Cela dit, comment avouer lors d'un diner mondain, avec un minimum de dignité et de classe "Je suis presbyte !" ? Pour entendre mon voisin de table, ancien marin au long cours, soldat du feu et commandant d'un bateau-pompe, répondre sur un ton patelin mais le regard égrillard "Presser, ma foi, cela se fait, ça dépend du moment. Personnellement, Madame, je préfèrerais que vous me la pompiez !" ou quelqu'autre propos du même ordre qui me fera grincer des dents. Quand il s'agit de bitte, dans mon métier, les hommes deviennent intarissables !
Et puis, moi, porter des lunettes qui feront ombrage à mes beaux yeux noirs ? Non, décidément c'est agaçant.
Et alors que je me désespère sur mon sort prochain de mémère, subitement me revient en mémoire ce refrain entrainant "Femmes à lunettes, femmes à lunettes..." comme une promesse de ce qui m'attend.
Tiens, en voilà un qui me regarde avec intérêt, le sourire aux lèvres...
Chouette, les affaires reprennent. Vive les lunettes !
* * * *
Pour les ignares, les ignorants, les indifférents, aujourd'hui c'est la journée internationale de la femme et... mon anniversaire. Vous aurez tout de suite compris le lien de cause à effet !06:30 Publié dans Billet d'humour | Lien permanent | Commentaires (22) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
dimanche, 02 mars 2008
ELLE - Déconnade présidentielle
Dialogue dans l'alcôve.
- Hé, elle dort la Belle ?
- Non, chut, elle dort...
- Mais que me dites-vous là ? Il faut savoir, dort-elle ou bien ne dort elle pas ? Y-a-t-il un risque pour moi, ou puis-je m'aventurer ? Vous me dites tout et son contraire, et je meurs de devoir me taire !
- Chut, vous dis-je ! Oui, elle dort la Belle, mais je ne veux pas que vous vous approchiez de nous.
- Ah tiens donc, pourquoi ? Elle semble pourtant lascive à souhait, la chemise sur le ventre relevée et les draps qui tombent sur le parquet. Ne vous vois-je pas là, fort librement exposé, accessible il me semble à tous mes élans ?
- Que nenni mon Cher, je boude figurez-vous ?
- Vous boudez, mais quelle sera la raison de cette bouderie fort mal venue ? Car voyez-vous mon adoré, ce n'est pas tout les soirs que le champ est ainsi libre d'accès et que la voie qui mène à vous, toute tracée. Allons, mon cher, mon convoité, que se passe-t-il, vous aurais-je offensé ?
- Mais non idiot, il s'agit bien de vous ! Savez-vous la dernière ?
- Ma foi non, dites-moi tout, je brûle de savoir la cause de vos ennuis.
- Figurez-vous beau Vit, que le Président s'est de nouveau égaré et que dans ces propos il a médit. Médit sur ma personne qui plus est ! Cette fois-ci ne m'a-t-il pas invoqué comme la pire des insultes ? La phrase a été dite sans nulle ambigüité et en première ligne il m'a mis comme un vulgaire fantassin. Moi le suave, moi le doux, moi qui n'apporte que réconfort et volupté, me voilà sur la place publique conspué. Voilà que maintenant de bouche en bouche passe mon nom souillé et qu'à la postérité mes trois lettres rimeront avec imbécile, idiot, voire ignare ou pire encore s'il se peut. Allez savoir ce qui restera de cet égarement du Président. Au lieu de savourer les douces lettres qui me composent comme une mise en bouche de plaisir anticipé, le C le O et le N associés seront redoutés comme le pire des outrages à la face jetée. Non vraiment, mon Vit, ce soir je n'ai pas l'âme au batifolage. La Belle dort sans soucis, elle m'offre à votre vue, palpitant, frémissant je l'avoue, car je ne sais résister à vos attraits lorsque je vous vois ainsi tendu vers moi, la peau brillante et satinée comme la soie, accompagné de vos fidèles alliées qui se serrent près de vous, pleine de réjouissances et qui ne demandent qu'à me les offrir. Mais vraiment, devenir une injure me coupe toute envie de vous sentir là, en mon sein, agitant votre désir brûlant en un doux va et vient.
- Mon bon, détendez vous, laissez moi approcher et je trouverai bien le moyen de vous persuader. Rien ne sert de ruminer seul dans votre coin les justes griefs que vous avez contre un Président qui, décidément, manque sûrement de retenue au poste qu'il occupe. Mais votre bouderie me prive de vous sentir tout contre moi serré et par cette décision bien trop cruelle, vous me punissez moi et non pas lui. Peut-être pourriez-vous le châtier autrement. Faites donc une pétition auprès de vos confrères ! Et si cette pétition se faisait habilement connaitre de celui qui se niche aux creux des jolies cuisses de la première Dame et qu'à son tour offenser il se refuse à lui ? Imaginez un peu cette jubilation. Il vous a maltraité, mais la pareille en pire vous lui rendez. Privé du plaisir de le fréquenter à son gré comme moi je m'enorgueillis de le faire avec vous, mon tendre, mon désiré, il révisera bien tôt sa position. Il risque même de publiquement faire amende honorable et vous réhabiliter à la face du monde comme le nom le plus enviable...
- Ah, mon Vit comme vous me parlez. Je ne sais résister aux sages réflexions que vous m'exposer. Il est vrai que vous brillez par votre intelligence et que vous maniez fort bien le verbe. Que votre verve est légendaire et que sa force de persuasion n'est plus à démontrer. Allez, je veux bien ce soir encore accepter vos hommages. Approchez, elle dort ferme, son souffle est lourd et de vous voir aussi bien disposé à mon égard me fait mouiller juste ce qu'il faut pour assurer sans encombre votre passage. Venez mon tout beau, investissez la place. Ne vous gênez pas, je vous en prie, et à mi-voix confessez tout les délicieux supplices auxquels sans plus tarder vous allez me soumettre. Par de vifs assauts, faites-moi perdre la mémoire que j'oublie pour de bon ce qu'il a dit du Con.
Que les mal embouchés révisent leur position, car être Con n'est pas si con !
* * *
Librement inspiré par "Le dialogue du Con et du Vit" de Félix Nogaret dans l'Arétin françois.
Merci Monsieur le Président ...
07:09 Publié dans Billet d'humour | Lien permanent | Commentaires (19) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, plaisir, con
samedi, 09 février 2008
ELLE - Maigrir Bio ou comment manger gras et sauver la planète
Ces derniers temps on ne parle plus que de cela.
J'écoutais de loin ce que se disait dans les médias, ou plutôt ce que les médias se complaisaient à rapporter, sceptique et même, il faut le dire, incrédule. Quoi, les Hulot et autres Arthus Bertrand auraient enfin gain de cause devant les lobbies automobiles et pétroliers. Et les gouvernements prendraient-ils enfin la mesure du drame qui nous guette et qui risque de submerger sous les eaux les générations futures, nouveaux Noé par millions exilés sur des arches improbables, condamnés à flotter jusqu'à la fin des temps ? Pourtant à force d'entendre sans comprendre, d'écouter sans entendre, petit à petit les messages ont pénétrés mon encéphale. Non, ce n'est plus un rêve, l'industrie plie, l'industrie se rend, un genou à terre devant un combattant plus puissant que lui, j'ai nommé l'Ecologie. Incroyable, le pot de terre aurait gagné et La Fontaine dans sa tombe de se retourner ?
Mais ne serait-ce pas plutôt le fait d'un lobby bien plus fort parce que regroupant en son sein une puissance bien plus grande que tous les industriels réunis, à savoir les agriculteurs. Et ne serait-ce pas plutôt que d'autre lobbies plus discrets, moins présents sur le devant de la scène, fomentent en sous-main des coups faramineux qui leur assureront, sous couvert de bonnes intentions, des fortunes indécentes ? Les bonnes intentions, oui, vraiment, bienvenus en enfer.
Bref, je me suis mise à y croire et à lire et à chercher de l'information sur les biocarburants, un temps mis en avant comme la panacée pour réduire les gaz à effet de serre, diminuer la pollution, relancer l'agriculture, chef-d’œuvre en péril selon tous ces agriculteurs qui s'habillent en guenilles et dont certains affichent certaines demeures qu'on n'ose à peine encore appeler "fermes" tant leur opulence rimerait plutôt avec celle de domaine, de château ou de manoir.
Et à force de m'informer, je retiens en synthèse les éléments clé suivants qui me font penser qu'à long terme, la solution est forcément ailleurs. Oui, mais où ? Avant tout, énumérons.
L'éthanol : composant bio (* lire : issu des végétaux et non pas obtenu biologiquement, c'est à dire naturellement, selon les règles de l'agriculture raisonnée, à l'ancienne quoi ! Attention, ne pas se méprendre) :
Destination : additivation à l'essence
- issu d'un procédé de transformation des sucres de
la canne à sucre, du mais, des céréales, etc.
- défrichements des forêts pour culture intensive
des plantes sus-citées,
- utilisation d'engrais pour améliorer le rendement,
- promotion des organismes génétiquement modifiés,
- utilisation démentielle d'eau d'arrosage au détriment
de l'eau consommable,
- conditions d'esclavage des travailleurs dans les
champs des pays producteurs (pour ceux en voie de
développement),
- inflation des prix de ces denrées impactant le prix
des produits finis alimentaires,
- raréfaction des terres dédiés aux cultures vivrières,
- problèmes environnementaux,
- etc...
L'EMAG (Ester Méthylique d'Acide Gras) : composant bio (relire ci-dessus la définition) :
Destination : additivation du gazole
- Issu d'un procédé de transformation des huiles de
palme, soja, colza, jatropha, etc...
- déforestation pour plantation de palmiers à huile,
- etc. (voir encore une fois ci-dessus) ...
Voilà dessinés à grands traits les avantages que nous allons tirer de la politique "bio" mise en place dans les pays développés !
Cette étude sommaire, qui mériterait bien sûr d'être approfondie pour plus de précisions et d'exactitude, m'a laissée perplexe pour ne pas dire dubitative. La démarche est séduisante mais toutes les implications ne le sont pas et d'un mal abandonné, nous en créons d'autres. Que faire ?
Et puis soudain, l'idée est née, évidente, simplissime. Mais oui, c'est cela. Faisons d'une pierre, deux coups, trois coups, que dis-je, cent coups ! Faisons maigrir la planète obèse qui bientôt se verra désaxée de trop de poids à l'ouest. Rétablissons les équilibres. Tous les équilibres. Equilibre de la répartition des poids, de la répartition du poids. Retour à l'équilibre des lignes. Retour à l'équilibre. Retour à la santé ?
Et puisque le graisse animale comme les graisses de cuisson sont traitables, mais traitons, nom de nom,
traitons ! Liposuçons tous les candidats et les candidates à la perte de poids paresseuse. Ponctionnons tous ces corps généreux désireux de contribuer à la sauvegarde de la couche d'ozone. Que tous les obèses fassent don de leur adipocytes pour la bonne cause.
Je jongle avec les chiffres, les statistiques, les pourcentages. Il y a là une niche, c'est clair. A raison de 35 à 40 % de taux de gras chez un obèse de 110 kg, nous voilà déjà avec 38,5 kg de matière. Multiplions par environ 97 millions de personnes atteintes de surcharge pondérale ne serait-ce que pour le continent nord américain, me voilà à la tête d'un capital de 3.734.500 tonnes de graisses recyclables et à raison de 1 T de MG + 100 kg de méthanol = 100 kg de glycérine + 1 T de EMAG, je deviens propriétaire d'un stock de 3,734,500 T d' EMAG et 3.734.500 T de glycérine pour l'industrie pétrochimique !
Imaginez un peu le potentiel. Non, seulement ils mangent gras, donc plus grande consommation d'huile de friture, donc augmentation des prix des huiles comestibles, donc culture intensifiée pour faire face à la demande donc... mais cela n'a pas de fin, quel filon ! Reprenons, donc ils mangent gras et fabriquent les lipides convoitées qu'on prélève et recycle en EMAG. Les huiles de fritures y passent aussi et voilà des millions d'hectolitres de friture qui viennent alimenter nos moteurs gourmands embaumant au passage les rues donnant faim de ... friture ! Et c'est reparti pour un tour !
Quel cycle merveilleux, quel cercle infini de recyclage et de consommation. Les assurances maladies nous subventionnent, ben oui, quoi, la santé revient, les maladies diminuent, les soins sont moins nombreux, moins coûteux. C'est fou, je deviens folle. C'est trop fabuleux, doit y'avoir une faille mais où ? Aurais-je enfin trouvé la solution ?
Vive les biocarburants !
Pour les curieux : http://www.biocarburant.com/
http://www.ifp.fr/IFP/fr/ifp/fb13.htm
http://www.inra.fr/cepia/doc/2007/biosolvants.htm
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mardi, 05 février 2008
ELLE - Rêve de boas
J'ai toujours voulu être danseuse.
Petite, je me rêvais en tutu à l'italienne, rose dragée, avec de jolis volants de tulle craquant autour de la taille comme une pâtisserie feuilletée. Je m'imaginais adolescente petit-rat à l'Opéra promise à une carrière fulgurante, éblouissant de mes entrechats les descendants de Degas, admiratifs devant tant de maîtrise et de grâce. Je me voyais gracile, rejouant le Lac des Cygnes en tutu classique d'un blanc immaculé, les cheveux noirs tirés en arrière en un chignon sévère mettant en relief mon port de tête royal et mes traits de Madone. Nouvelle Margot Fonteyn ou Pietragalla, les hommes n'allaient avoir d'yeux que pour moi et les femmes, jalousement silencieuses, allaient envier ma silhouette de sylphide souple comme une liane. Hélas mon amour immodéré pour le saucisson tua dans l'oeuf une vocation naissante : avez-vous déjà vu une saucisse en tutu ?
Bien des années plus tard, je tentai de nouveau ma chance car lorsqu'on est mue par une envie comme était la mienne, on n'abandonne pas. J'étais devenue une jolie jeune-femme et mes motivations étaient toutes autres. Je voulais être meneuse de revue et me faire pistonner dans cette ambition par le prof de danse jazz qui sévissait dans le studio de danse de mon quartier. Il était connu pour avoir ses entrées partout y compris dans le temple que je voulais pénétrer. Le Crazy Horse était ma cible, rien moins que cela, et je m'imaginais défier de mes nudités drapées de lumières des hommes hypnotisés par le désir, intouchable pourtant. Vestale dénudée, prêtresse des fantasmes des hommes mais toujours pure !
Alors je mettais le paquet. Dix heures de cours par semaine, les plus beaux justaucorps. Des diètes impossibles pour supplanter de mes courbes de nymphe la plus belle du groupe. J'étais entourée de danseuses semi professionnelles sculptées par des années de danse et de privations. Peu m'importait alors la taille du défi, j'étais encore à l'âge de l'inconscience qui croit qu'il suffit de vouloir pour avoir. Là encore, rapidement, mes illusions s'évaporèrent. Je compris vite que pour être promue sur les escaliers de la gloire que l'on descend en scandant chaque pas comme une note sur le piano, il fallait coucher. Et oui, le professeur en question pratiquait bien le piston ! Avec assiduité même, mais il n'avait d'yeux que pour les blondes mamelues et péroxydées ... Je n'étais pas à son goût, que voulez-vous !
Je fus bien dépitée et je dus enterrer au plus profond de moi ces rêves illusoires de gloire scintillante. Au plus grand bonheur de mes parents d'ailleurs qui ne m'imaginaient pas en Zizi Jeanmaire mais plutôt en archéologue ou interprète à l'ONU.
Mais voilà que dernièrement mes rêves se réveillent, réchauffés par le feu de Paris-Match et autre Le Figaro.
Ne voilà-t-il pas en effet que la Dombasle, au nom de favorite antique, hante la scène tant convoitée ? Ne la voit-on pas partout en couverture de tous les magasines exhibant sa plastique mythique ? Mes rêves moribonds contenus en une hibernation forcée doucement reprennent vie. Voilà que de nouveau des idées de plumes et de strass s'emparent de moi à tout moment. Je rêve éveillée. Si elle l'a fait pourquoi pas moi ? J'ai des hallucinations de Gicerilla qui descend l'escalier sur la scène installée la peau frémissante de paillettes, une multitude d'éphèbes en queue de pie blanche accueillant a chaque marche franchie ma main dans la leur, tremblante. Je me vois, majestueuse, le sein ferme et rond défiant la pesanteur, le téton érigé comme un appel aux cieux, les jambes infinies de soie noire gainées. Le creux des reins flatté par un bouquet de plumes bigarées et le regard radieux de celle qui fascine.
Les vieilles bien conservées sont à la mode ? Mais alors, j'ai toute mes chances ! Mais la voilà enfin, ma reconversion toute trouvée ! Allez, demain je m'y mets. A moi la barre au sol, à moi les cours de maintien, à moi le Botox, à moi la science du Pilates, à moi la chirurgie esthétique. Ah non, ne me dites pas qu'en sus, il me faut un philosophe de mari ...
Et lorsqu'enfin au Crazy je passerai (ce qui ne saurait tarder) pour vous l'entrée sera gratuite, c'est promis !
06:00 Publié dans Billet d'humour | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
jeudi, 10 janvier 2008
ELLE - Haute thérapie
Vous les hommes, vous ne connaitrez jamais hélas, le plaisir enivrant de dominer.
Quel dommage lorsque j'y pense et, à moins d'avoir des passe-temps inavouables, chausser votre pied dans des chaussures cambrées qui allongent la jambe, affinent la cheville, fusellent la cuisse et confèrent une démarche chaloupée jamais vous ne connaîtrez.
Hier encore, atteinte par l'un des mouvements de mon âme qui me laissent affligée sur mon canapé pire que Cendrillon au coin de la cheminée, je me laissais doucement couler dans une mer de cendres. Les questionnements habituels du pourquoi, du comment, assaillaient mon encéphale jamais fatigué de ressasser ces énigmes sans réponse. Je glissais doucement dans le désespoir de ne jamais savoir pourquoi je choisis toujours telle voie qui me mène inévitablement à l'échec et pourquoi mon cœur s'évertue avec une constance de nonne en prière à élire celui qui le maltraitera.
J'en vins à m'interroger pour la énième fois sur le rôle de la génétique qui programme nos cerveaux et nos cœurs. Et le débat jamais tranché de la part de l'acquis et de l'inné me prenait en étau et chacun des postulats, comme une des mâchoires mues par la vis sans fin, m'écrasait doucement mais sûrement au point de me faire perdre mon latin. Je devenais dingue ! Hier encore, je m'étais infligée une défaite comme pour mieux me prouver que je ne vaux rien.
Pourtant aujourd'hui, il fait un temps resplendissant et le bleu azuréen tranche étrangement sur le fond gris de mon humeur. Je fixe, vautrée sur le canapé du salon, ce ciel immaculé de janvier dont les transparences de glacier envahissent peu à peu mon être et subitement, par le biais de quelques nuages hallucinatoires, sorte de message christique, se révélent à moi les lettres J et C esquissées, solution à ma mélancolie. Je réfléchis un moment, éberluée, car les messages divins ne sont pas mon quotidien.
Puis, l'évidence quasi scientifique s'impose à moi : lorsque tout nous écrase, il s'agit de s'élever au-dessus du marasme. Mettre autant de distance que possible entre ses préoccupations et soi. Alors, dans un élan de foi salvatrice, je décide de partir sur le champ à Paris pour mener à bien mon projet de petite bourgeoise névrosée qui n'a d'autres soucis que de s'occuper de soigner ses petits bobos existentiels. Me voilà partie, pied au plancher, vers le 34 avenue Montaigne rejoindre le temple où je pourrai enfin me rapprocher d'un des derniers dieux du design. Jimmy Choo m'y attend et jamais nom de marque prononcé à l'anglaise n'aura aussi bien collée à une activité.
J'arrive presque essoufflée tant j'ai conduit comme une trombe. Le magasin est là, devant moi, comme une planche de salut. Les lumières tamisées de la vitrine me laisse entrevoir entre deux reflets des modèles à damner une sainte. J'entre en inspirant profondément l'odeur de cuir riche qui baigne le lieu, apaisant comme de l'eau bénite. Les vendeuses tirées à quatre épingles me regardent un air contrarié sur le visage "qui est cette folle qui fait irruption, décoiffée et hagarde". Mais je les ignore et les toise de ma superbe comme je sais si bien le faire. Comme elles, je peux être snob et comme elles, je peux faire preuve de morgue.
Je scanne le magasin des yeux et là, un choc ! Elle trône telle une relique sur sa châsse, LA paire qui va me sauver. Elles sont étincelantes sous les spots halogènes et je approche tremblante comme une croyante devant la grotte sacrée. Rose fuchsia, la couleur de la fragilité, la couleur de mon âme maintenant. Je m'assoie et la vendeuse dévoile à mes yeux émerveillés cette paire d'escarpin aux talons vertigineux. Je les passe religieusement à mes pieds et mieux qu'avec des pantoufles de vair me voilà en princesse transformée. Un sentiment de puissance incompréhensible m'envahit et brusquement, je me sens à la hauteur. Je me mets debout, géante aux jambes interminables, et je me poste devant le miroir.
Instinctivement, je redresse les épaules, je relève le menton, plus aucunes ombres ne m'accablent. Elles sont faites pour moi. Mon coup de pied devient cambrure de danseuse, mes jambes longues se tendent avec difficulté comme la corde d'un arc et les muscles se font plus saillants, plus sculpturaux. La peau brille sous la lumière artificielle et je m'admire et me mire sans fin, convaincue que je suis que sur moi les idées noires n'ont plus de prise. Je me décide enfin à faire quelques pas pour, de ma démarche de reine, en imposer à toute l'assemblée qui me regarde. A moi la démarche chaloupée de mannequins professionnelles sur le cat-walk. A moi les regards affamés des mâles sur mon passage.
Je plie légèrement le genou, lance ma jambe en avant et repose le pied chancelant. Je suis instable et dois enchaîner immédiatement un autre pas au risque de tomber. Mes chevilles branlent, mes jambes flageolent. Ma démarche ressemble plus à celle d'une Anglaise à la sortie d'un pub qu'à celle d'une princesse élevée par Nadine, un bottin sur la tête et pourtant droite et digne. Je me ressaisis, le rouge au front, non mais, je vais y arriver. Je ne suis pas la belle Kate Moss et des frasques titubantes au bras d'un Doherty ne sont pas acceptables ! Je recommence le manège, allez on y croit, plie le genou, avance la jambe, repose le pied. Zut, il semblerait qu'il soit impossible à ces hauteurs là de tendre tout à fait la jambe. Horreur, je marche les jambes arquées et de profil il semble que je sois en semi génuflexion permanente. Je redresse le buste, cambre mes reins en espérant insuffler de la rectitude à mes jambes, mais impossible, mes genoux restent imperturbablement pliés ! Quelle honte !
Les vendeuses me regardent, goguenardes, mais d'où sort-elle celle là qui ne sait pas marcher avec des talons de 10 centimètres ? Mon orgueil est atteint au point le plus sensible. Il faut que j'y arrive. Une dernière fois je recommence et après bien des efforts vains, je marche soit, mais je marche sans classe. Alors de dépit je les invective "elles sont un peu serrées, n'auriez-vous pas de demi pointure ?" Le non qui fuse me sauve la vie car je peux alors répondre en souriant "Dommage, elles sont vraiment jolies mais trop inconfortables. On voit bien que le concepteur n'essaie jamais les modèles qu'il crée !" et dédaigneuse je laisse les escarpins en vrac sur le parquet.
Je ressors, vexée comme un pou femelle ! A-t-on idée de faire des chaussures avec de telles hauteurs ?
Ah bon, les ballerines sont à la mode ?
06:20 Publié dans Billet d'humour | Lien permanent | Commentaires (25) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
dimanche, 30 décembre 2007
ELLE - L'ornithologie revisitée
Samedi j'ai vécu une expérience inoubliable !
L'humilation portée au sublime, celle qui fait lever les yeux au ciel devant tant de perfection et de destruction contenues.
Mais pour la raconter, refaisons la génèse.
Bien que Darwin ait clamé que l'homme descend du singe, j'ai souvent pensé que la femme descendait plutôt de l'archéoptérix, vous savez, l'ancêtre éloigné de l'oiseau et dans le règne animal rien n'est plus proche de la femme que nos amis ailés. En tout cas, j'ai dû l'admettre depuis peu en ce qui me concerne et sans en revendiquer la moindre fierté, je ne peux que constater que cela est vrai. La lucidité est certainement ma plus grande vertu et en son nom je me dois de reconnaître une liaison directe avec les anatidés, les passereaux et autres gallinacés.
Évidemment, le lien entre eux est moi est ténu et il s'agit ici de m'expliquer.
Oie blanche je peux être à mes heures. Crédule comme une enfant, jolie niaise qui, le bec enfariné, gobe tout ce qu'on lui raconte comme si des vérités bibliques lui étaient révélées et qui se retrouve bien souvent l'objet du sourire de ses contemporains, amusés par tant de naïveté. Je revendique cette qualité qui parait à certains comme un défaut incurable et pourtant. Sans un brin de naïveté n'a-t-on pas vite fait de tomber dans le scepticisme, voire le cynisme improductif ? Oie blanche je veux être tant que l'on ne manifeste à mon égard aucun mépris, car sinon d'oie blanche je peux devenir aigle au bec acéré pour mieux lacérer de mes propos tranchants ceux qui ont cru un seul instant de moi pouvoir se moquer.
Il m'arrive aussi d'être plus bête qu'une poule, même s'il est prouvé que la poule est loin d'être bête. Pourtant lorsqu'en informatique il s'agit de trouver la solution d'un problème, je suis comme une poule, de race tout de même, qui a trouvé un couteau et alors il me suffit de remuer du croupion joliment pour solliciter des mâles environnant l'aide nécessaire à la solution du problème. Et de bête poule je deviens fin stratège et fais tomber dans le panneau le premier informaticien venu si prévisible dans ses réactions qu'un sourire de cocotte le fait s'activer sans répit et gratuitement encore !
Pie je suis aussi, allez je l'avoue. Je peux jacasser des heures de tout et de n'importe quoi, aidée que je suis par la faconde que les fées m'ont donnée à ma naissance. Je jase avec art, je jase avec légèreté, je jase comme une fille de bonne famille ou comme une serveuse de bar. La gouaille d'Arletty ou l'élégance du verbe de Molière me servent à débiter des fadaises ou bien des vérités. Car jamais je ne fais l'autruche et j'affronte volontiers celui avec qui je suis en conflit, le débat ne me fait pas peur et les joutes orales sont mon plus grand bonheur.
J'aime tout ce qui brille, particulièrement le diamant, mais je manque parfois de discernement et telle l'alouette je peux prendre parfois un vulgaire morceau de verre poli pour une gemme incomparable. Il m'est arrivé d'être tête de linotte ou bécasse mais jamais, au grand jamais, dindon.
Et samedi, pour la première fois de ma vie, j'ai été l'héroine d'une amère comédie. J'ai été l'objet involontaire d'une farce savamment orchestrée et dindon je me suis transformée à ma grande vergogne. Je ressens toujours sur ma joue le feu de l'humiliation que j'ai ressentie lorsque j'ai réalisé le piège dans lequel j'étais tombée. Des larmes acides dévorent encore mes yeux asséchés par la colère.
Et je m'en veux d'avoir été abusée par un prédateur de si peu d'envergure. Le rendez-vous que j'avais accepté avec ce beau renard aux mots suaves, au pelage rouge flamboyant de celui qui a de la race, à la queue en panache digne des plus beaux contes s'est révélé être une rencontre manquée avec une hyène pouilleuse, au pelage gris jaunâtre rongé par la gale, à l'échine courbée du lâche qui plie l'échine sous la force de l'adversaire plutôt que de lutter pour conserver son honneur. Impuissant de surcroît, je le soupçonne, et ce sera là sa seule circonstance atténuante car sinon comment expliquer que l'on me sollicite, que l'on veuille tout de moi pour ensuite mieux me bafouer ?
Ses mots savamment tournés m'ont aveuglée et j'ai accepté de rencontrer un pleutre au lieu du renard éblouissant de la fable. Je n'ai pas vu qu'entrait dans la basse-cour un charognard couard et non pas un prédateur fort et courageux. Caché derrière ses mots trompeurs, il a obtenu de moi ce qu'il ne méritait pas, un rendez-vous qui en lapin humiliant s'est transformé.
Et après avoir été avec lui tour à tour oie blanche, poule et alouette me voilà devenue dindon pour une farce salée dans laquelle j'ai joué, grandiose, le premier rôle ! Bel accomplissement, vraiment...
Et je vous le dis haut et fort, comme le corbeau en son temps, on ne m'y reprendra pas. On apprend toujours à ses dépens n'est-ce pas !
Alors, Mesdames, croyez-moi sur parole, si un beau parleur vient vous susurrer des mots envoûtants, ne l'écoutez que d'une oreille distraite jusqu'à ce qu'il ait fait ses preuves et démontré qu'il est bien ce qu'il prétend être.
A bon entendeur...
06:55 Publié dans Billet d'humour | Lien permanent | Commentaires (19) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

