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<title>Gicerilla - critiques</title>
<description>Gicerilla</description>
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<lastBuildDate>Sun, 06 Dec 2009 12:19:54 +0100</lastBuildDate>
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<title>ELLE - Les mules de Fiso</title>
<link>http://gicerilla.hautetfort.com/archive/2009/11/06/elle-les-mules-de-fiso.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Gicerilla)</author>
<category>Critiques</category>
<pubDate>Fri, 13 Nov 2009 05:22:00 +0100</pubDate>
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&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff00ff;&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://gicerilla.hautetfort.com/media/00/02/1725979199.jpg&quot; alt=&quot;mule2.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-2089710&quot; /&gt;Me voilà de nouveau sur la route.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les pneus gonflés à bloc, je mange l'asphalte. J'imagine la calandre de Titine&amp;nbsp; qui avale les kilomètres tel un Pantagruel jusqu'à la crise de foie. Que la route est longue qui me mène dans le Lot et plus précisément dans la région de Sarlat. Il pleut et le vent souffle&amp;nbsp;en trombes,&amp;nbsp;projetant sur mon pare-brise des paquets d'eau feuillue qui m'empêche de voir. Les camions qui circulent comme des bolides ne respectent rien et surtout pas la vitesse et transforment&amp;nbsp;chaque dépassement en un acte héroïque. La nuit est noire. Noire d'encre. La lumière des&amp;nbsp;phares&amp;nbsp;se fractionne en mille&amp;nbsp;gouttes éblouissantes qui m'aveuglent doublement. Subitement, je me rappelle que je n'aime pas la conduite de nuit et que je hais l'hiver aux nuits si promptes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Enfin, sur les panneaux blancs,&amp;nbsp;je vois en rouge et noir la fin de mon périple qui égrène des noms connus et rassurants : Figeac, Vayrac, Bétaille, Bretenoux, Puy brun... des noms propres comme une comptine de mon enfance qui me réchauffent le cœur instantanément. Le grand pont sur la Dordogne et au bout qui m'attend Carennac et l'Hostellerie Fénelon. Hostellerie a quelque chose de grandiose qui en impose. Pourtant, quoi de plus modeste que ce petit hôtel de famille au bord du fleuve ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Déposer mes affaires, prendre possession du lieu, saluer les propriétaires. Et puis nous repartons. Je me prends pour Fiso un court instant et me régale par anticipation de la note que je vais vous cuisiner à sa façon pour vous mettre l'eau à la bouche. Gicerilla, émule de &lt;a href=&quot;http://2yeux2oreilles.hautetfort.com/archive/2009/09/15/je-m-etais-promis-de-ne-plus-parler-de-bouffe.html&quot; title=&quot;Fiso&quot;&gt;&lt;strong&gt;Fiso&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; si c'est possible. L'émule. Les mules. Je ne peux pas résister au jeu de mots. Pourtant de la mule je n'ai rien quoique, la tête peut-être ?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Nous arrivons au restaurant&amp;nbsp;&lt;a href=&quot;%20http://www.lestroissoleils.fr.st/&quot; title=&quot;les trois soleils&quot;&gt;&lt;em&gt;&quot;Les trois soleils de Montal&quot;&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; à St Jean de Lespinasse. Au firmament des étoiles, il en a une et je compte bien par lui accéder au huitième ciel puisque le&amp;nbsp;septième... Bref, le ciel m'attend assurément. Ah, non, ne faites pas le savant en l'affublant d'un ignare &quot;macaron&quot; ! Plus&amp;nbsp;que la conduite de nuit, je hais le particulier qui parle en initié de &quot;macaron&quot;. Macaron c'est chez Pierre Hermé ou Ladurée. Là, il s'agit d'étoile et je compte bien en avoir plein les yeux et le palais.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Mon Guide, le seul que je daigne consulter, nous a montré la voie et son alléchant &lt;em&gt;&quot;Savoureuse cuisine au goût du jour servie dans une élégante salle à manger agrémentée de toiles du 19e s.&quot;&lt;/em&gt; nous a semblé de bon aloi. Nous pénétrons dans la salle à manger et je suis immédiatement terrassée par la lumière aveuglante de plafonniers carrés dignes d'une cantine. La décoration, qui se veut cossue, est surannée comme une vieille&amp;nbsp;idée du confort bourgeois dans les années soixante-dix et les toiles 19e ne sont que pales copies. Tout est trop blanc, tout est surexposé et c'est aveuglée quasiment que je consulte le menu.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Ceux qui m'entourent sont enthousiastes. On me&amp;#8230;&lt;/p&gt;
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<title>ELLE - Coemētērium librorum</title>
<link>http://gicerilla.hautetfort.com/archive/2009/10/31/elle-coemētērium-librorum.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Gicerilla)</author>
<category>Critiques</category>
<pubDate>Wed, 04 Nov 2009 05:49:00 +0100</pubDate>
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&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff00ff;&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://gicerilla.hautetfort.com/media/01/01/800087588.jpg&quot; alt=&quot;bibliotheque.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-2075195&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff00ff;&quot;&gt;La triste liste s'allonge.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je n'aime pas ça. Une forme de sens du devoir m'oblige. Mais parfois, impossible de m'obliger. Pourtant rien ne me désole plus que de raccrocher. Comme le boxeur les gants au vestiaire sur une défaite. Chaque livre reposé sur l'étagère est pour moi un échec. Oui, un échec car je me dis que d'autres l'ont aimé puisqu'il est publié et qu'il doit bien valoir quelque chose. Pourtant, combien de fois ai-je refermé les pages d'un livre à la couverture prometteuse, m'indignant qu'on ait pu imprimer un tel amas d'inepties ennuyeuses. Car pour me captiver, pour capter mon attention il ne suffit pas de faire des phrases ciselées. On peut éventuellement tenter d'y mettre de la maestria pour un instant m'éblouir mais hélas, trop souvent il n'y en a même pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je me suis toujours interrogée de savoir quelle était cette espèce de loyauté mal placée (mais peut-on appeler cela &lt;em&gt;&quot;loyauté&quot;&lt;/em&gt;) qui fait que je ne peux bouder sans culpabiliser un livre offert. Car ceux qui prennent la poussière sont, pour la plupart, des cadeaux que l'on m'a faits. Serait-ce une forme de révérence devant l'objet, comme une métaphore du savoir inaccessible, du mystère devant lequel je dois impérativement m'incliner ? Je ne sais pas, mais je répugne à&amp;nbsp;abandonner la lecture d'un bouquin qui me fait suer. Mais au fond, la véritable question n'est-elle pas de savoir comment on peut produire un bouquin chiant, et pire encore, comment peut-on l'éditer ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La liste s'allonge. Hier dans une tentative plus mue par la loyauté que par la curiosité j'ai ouvert pour la première fois le livre offert par N* à noël. &lt;em&gt;&quot;N'oublie pas d'être heureuse&quot;&lt;/em&gt;. Le titre résonnait pour moi&amp;nbsp;comme une prophétie. N'est-ce pas ce que je fais en ce moment ? Oublier de tenter d'essayer de peut-être être heureuse ? Sans me le dire, j'anticipais que ce livre serait peut-être comme une révélation, vous voyez. De celles qui ont fait de la Pucelle une héroïne. Je l'ouvre. En première page, une citation de Shakespeare de bon aloi &lt;em&gt;&quot;Car rien n'est en soi bon ou mauvais, la pensée le rend tel.&quot;&lt;/em&gt; (Hamlet, acte II, sc.2).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une telle vérité ne pouvait qu'augurer d'un roman de qualité. &lt;em&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&quot;Ma mère disait &quot;n'oublie pas ton chapeau.&quot; Mon père disait &quot;n'oublie pas d'être heureuse&quot;,...&quot;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; Pourquoi dès la deuxième ligne j'ai l'intuition que je vais m'ennuyer. Je m'accroche pourtant car mes plus belles amitiés n'ont-elles pas commencé sur un conflit ? &lt;em&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&quot;C'était à la fois simple et plus compliqué : attraper le bonheur comme un gilet dans un placard.&quot;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; Ca y est. J'ai décroché. Je referme le livre déjà condamné à rejoindre la multitude de ceux qui prennent la poussière sur les étagères de la bibliothèque.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et je m'amuse à les énumérer comme on tente de compter ses anciens amants qui justement n'ont pas compté. Ces ouvrages ne me laisseront pas plus de souvenirs.&amp;nbsp;Un, deux, trois, six...&amp;nbsp;&lt;em&gt;Truismes, Mes mauvaises pensées, La possibilité d'une île, La conversation amoureuse,&amp;nbsp; La maîtresse des épices,&lt;/em&gt;&amp;#8230;&lt;/p&gt;
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<title>ELLE - Escapade ibère</title>
<link>http://gicerilla.hautetfort.com/archive/2009/05/31/elle-viree-lusitanienne.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Gicerilla)</author>
<category>Critiques</category>
<pubDate>Thu, 18 Jun 2009 05:53:00 +0200</pubDate>
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&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; color: black; font-family: Verdana;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;img src=&quot;http://gicerilla.hautetfort.com/media/02/01/571999493.jpg&quot; alt=&quot;TheGuggenheimMuseumBilbao.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-1789727&quot; /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; color: black; font-family: Verdana;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff00ff;&quot;&gt;&quot;Dis, tu m'emmèneras à Bilbao ?&quot;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; color: black; font-family: Verdana;&quot;&gt;J'ai prononcé ces mots comme une enfant implorant un &quot;oui&quot; sans condition. Pas besoin de le prier car il est déjà d'accord. Il sera mon chauffeur, mon confident, mon souffre-douleur, mon réconfort le temps d'une virée en voiture. Je serai Thelma, il sera Louise au volant. Je ne le lui ai pas dit car, même si la comparaison avec Susan Sarandon est flatteuse, il n'a rien de cette rousse pulpeuse. Pourtant&amp;nbsp;c'est avec cette idée de road-movie en tête que je lui ai proposé de devenir mon guide.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Le musée Guggenheim de Bilbao est notre destination. Découvrir enfin cette architecture incroyable qui défie les lois de l'équilibre tout en les respectant pourtant. Gerhy et ses audacieuses&amp;nbsp;courbes faites de calcaire, verre et titane qui surplombent un plan d'eau transformant&amp;nbsp;le bâtiment en un OFNI (objet flottant non identifié) aux yeux du rêveur qui le contemple au soleil couchant.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; color: black; font-family: Verdana;&quot;&gt;Passé l'émerveillement né de l'architecture étonnante, nous entrons&amp;nbsp;dans ce temple de l'art moderne. Il est ici&amp;nbsp;représenté en force et je crains en y entrant de ressortir dépitée comme c'est le cas souvent. J'ai en effet de l'art contemporain une bien piètre image comme j'ai l'ai déjà confié &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #3366ff;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://gicerilla.hautetfort.com/archive/2007/08/13/elle-art-sexe.html&quot; title=&quot;Art &amp;amp; Sexe&quot;&gt;là&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;. En effet, je suis une instinctive, une émotive, une sensitive et devoir&amp;nbsp;développer toute une thèse aux concepts pompeux&amp;nbsp;devant une œuvre pour enfin lui trouver, au-delà de ses formes, du sens voire une forme de grâce est un exercice masturbatoire que je me refuse à faire. L'art doit enrichir ma vie, la rendre plus dense en apportant sa superfluité qui ne doit pas être&amp;nbsp;dénuée de sens. L'art doit aussi&amp;nbsp;flatter mes sens, ce que souvent l'art moderne ne fait pas. Bref, nous pénétrons dans le ventre de la bête pour découvrir les collections permanentes mêlées aux temporaires.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; color: black; font-family: Verdana;&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://gicerilla.hautetfort.com/media/02/00/2102035320.jpg&quot; alt=&quot;murakami.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-1789716&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; &lt;span xml:lang=&quot;FR&quot; style=&quot;font-size: 8pt; color: black; font-family: Verdana; mso-ansi-language: FR;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;L'intérieur est vaste, lumineux. L'agencement donne de l'espace aux œuvres exposées.&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 8pt; color: black; font-family: Verdana;&quot;&gt;Elles semblent respirer et le visiteur aussi.&amp;nbsp;La lumière est partout, qui illumine le parcours sans aveugler. Un invité de passage en Takashi Murakami me permet enfin de mettre un nom sur des compositions florales de moi connues sans être reconnues. Je m'étonne qu'on appelle cela de l'art. Délire enfantin d'un adulte grandi trop vite qui façonne dans ses ateliers des personnages mi-comics trip, mi-mythologiques. Incrédule encore une fois devant des pièces qui se vendent des millions de dollars, je m'arrête un moment devant deux de ses&amp;nbsp;créations à taille humaine qui me semblent un sacré concentré de fantasmes.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Fantasmes&amp;nbsp;du japonais moyen ? Je m'interroge.&amp;nbsp;Oui, le japonais comme tout homme&amp;nbsp;nourrit bien des&amp;nbsp;fantasmes mais il ne peut librement les exprimer dans une société qui doit garder la face. Murakami&amp;nbsp;fantasme aussi, mais&amp;nbsp;au grand jour lui,&amp;nbsp;et&amp;nbsp;il se donne le droit de se&amp;nbsp;montrer tout en encaissant des dollars. Qui osera me dire en effet,&amp;nbsp;que &lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Verdana;&quot;&gt;&quot;My Lonesome Cowboy&quot;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&amp;nbsp;n'est pas la représentation d'un fantasme, pour moi, indéchiffrable ?&amp;nbsp;Voilà&amp;nbsp;une représentation très &quot;manga&quot; d'un jeune-homme de type caucasien, blond échevelé qui éjacule&lt;/span&gt;&amp;#8230;&lt;/p&gt;
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<title>ELLE - Dans le noir ?</title>
<link>http://gicerilla.hautetfort.com/archive/2009/02/04/elle-dans-le-noir.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Gicerilla)</author>
<category>Critiques</category>
<pubDate>Wed, 04 Feb 2009 05:09:00 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; color: #ff00ff; font-family: Verdana; mso-ansi-language: FR-CH;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;img src=&quot;http://gicerilla.hautetfort.com/media/01/01/1601948573.jpg&quot; alt=&quot;dans le noir.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-1554321&quot; /&gt;Cela faisait longtemps que nous attendions ce rendez-vous.&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana; mso-ansi-language: FR-CH;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana; mso-ansi-language: FR-CH;&quot;&gt;Il avait été manqué deux fois auparavant, confirmant la sagesse populaire «&amp;nbsp;jamais deux sans trois&amp;nbsp;». Plus nos pas nous rapprochaient du lieu, plus j’étais inquiète. Littéralement non quiète. Absence de quiétude, pré-conditionnement stupide preuve que des peurs nombreuses nous habitent. La peur de l’inconnu n’étant pas des moindres. Certainement la révélation qu’on tente d’occulter tous les jours, qu’au fond nous doutons de nos ressources et de notre capacité d’adaptation. Encore une histoire de confiance en soi&amp;nbsp;? Oui, sûrement.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana; mso-ansi-language: FR-CH;&quot;&gt;Bref, j’allais à ce rendez-vous bras dessus, bras dessous avec une amie chère A.&amp;nbsp;qui avait voulu avec moi se lancer dans cette noire expérience.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana; mso-ansi-language: FR-CH;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; tab-stops: 144.0pt;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana; mso-ansi-language: FR-CH;&quot;&gt;20h15, &lt;a href=&quot;http://www.danslenoir.com/accueil/accueil.php&quot; title=&quot;Dans le noir ?&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Dans le noir&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Attente tamisée dans le bar attenant à la salle. Une idée importune vient flirter avec mon inquiétude. Le vestibule du restaurant est drapé de noir comme les catafalques d’antan pour indiquer un deuil dans un bâtiment. Vieille coutume disparue depuis avec les ans. Nous faisons la queue devant le sas composé de plusieurs rideaux de velours noirs. Morticia adorerait ces tentures lugubres, mais moi, j’ai comme un avant goût du malaise qui m’attend. &lt;em&gt;«&amp;nbsp;Bonjour Mesdames&amp;nbsp;»&lt;/em&gt; nous dit la barmaid, &lt;em&gt;«&amp;nbsp;je vous présente Sarah qui sera votre serveuse ce soir&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;. Soudainement, Sarah se plante devant nous. Apparition quasi magique qui filtre d’entre les voiles. Prestidigitation maléfique. Toute de noir vêtue, elle regarde au plafond en s’adressant à nous, offrant à nos yeux dérangés le regard partiellement blanc bleuté de Maître PO.&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana; mso-ansi-language: DE-CH;&quot;&gt;Elle sourit et nous lui retournons son sourire en lui disant bonsoir.&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana;&quot;&gt;A défaut de le voir, sent-elle notre sourire intimidé comme l’on perçoit un sourire au téléphone&amp;nbsp;? Je veux le croire.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; tab-stops: 144.0pt;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; tab-stops: 144.0pt;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana;&quot;&gt;&lt;em&gt;«&amp;nbsp;Mesdames, en file indienne, vous mettrez votre main gauche sur l’épaule gauche de votre voisine et surtout, surtout, vous me faites confiance. Allez, on y va&amp;nbsp;!&amp;nbsp;»&lt;/em&gt; A. rit jaune et moi aussi alors que nous pénétrons dans le sas. Le noir nous happe. Littéralement, je me sens absorbée par ce noir prégnant qui gomme toutes lignes, tous repères. Des images de trous noirs s’imposent à moi. Absorbées par la non matière pour ne plus jamais en revenir. Sarah marche trop vite. Sur notre demande, elle ralentit un peu, avançant dans ce néant avec l’aisance de celui qui n’a jamais connu que ça. Tous les serveurs sont aveugles ou mal voyants. Comment faire d’un handicap redouté un atout&amp;nbsp;? Comment montrer à l’autre que ce qui lui parait empêchement insurmontable dans cette société de voyants si facilement aveuglés parfois, peut se dépasser si on veut bien y croire.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; tab-stops: 92.0pt;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; tab-stops: 144.0pt;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana;&quot;&gt;&lt;em&gt;«&amp;nbsp;Glissez-vous, là, sur la banquette. Mais si, il y a une banquette, faites-moi confiance. Allez, oui, au fond…&amp;nbsp;»&lt;/em&gt; Un soupçon d’agacement dans sa voix devant notre indigence fait monter le niveau de notre inconfort. Le noir est absolu. Ai-je jamais connu un tel noir dans ma vie&amp;nbsp;? Non, je ne crois pas. Ici, pas la plus petite diode de montre, aucun rougeoiement d’une&lt;/span&gt;&amp;#8230;&lt;/p&gt;
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<title>ELLE - Les promesses de l'ombre</title>
<link>http://gicerilla.hautetfort.com/archive/2009/01/20/elle-les-promesses-de-l-ombre.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Gicerilla)</author>
<category>Critiques</category>
<pubDate>Thu, 22 Jan 2009 05:18:00 +0100</pubDate>
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&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; color: #ff00ff; font-family: Verdana;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;img src=&quot;http://gicerilla.hautetfort.com/media/00/01/202372864.jpg&quot; alt=&quot;Promesses_de_l_ombre.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-1526421&quot; /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; color: #ff00ff; font-family: Verdana;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Je ne savais pas ce qui m'attendait.&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; color: #000000; font-family: Verdana;&quot;&gt;J'avais choisi de le voir sans savoir que je succomberais irrémédiablement.&amp;nbsp;Avez-vous jamais ressenti cette agitation qui fait disparaitre en un souffle&amp;nbsp;votre capacité de concentration. Vous n'avez présent à l'esprit qu'une seule chose. Cette chose vous occupe subitement avec une telle puissance qu'à l'intérieur de vous il n'y a plus la place pour la distanciation. Pour la réflexion ou toute autre chose d'ailleurs. La pauvre réflexion&amp;nbsp;qui s'arc-boute et de ses épaules arrondies comme une tête de bélier tente de repousser l'intruse, gonflée&amp;nbsp;tel l'airbag en résistance, mais rien n'y fait. Les cellules grises&amp;nbsp;signent leur reddition et&amp;nbsp;suintent par tous les interstices laissant l'idée fixe seule en la place. Vautrée et impudique, elle respire enfin à son aise les poumons dilatés à bloc et le sourire&amp;nbsp;goguenard de celle qui a gagné.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; color: #000000; font-family: Verdana;&quot;&gt;Imaginez la glamoureuse&amp;nbsp;Gicerilla transformée en génisse au regard&amp;nbsp;affolé dont les grands cils papillotent prête à tomber en pamoison. Les sens bouleversés, le cœur en phase de palpitations avancée, le rouge au front, se tordant les mains en priant &lt;em&gt;&quot;Maman, c'est luiiiii&amp;nbsp;!&quot;.&lt;/em&gt; Je me retiens d'aller frotter le poil luisant de ma toison&amp;nbsp;comme chatte ronronnante contre&amp;nbsp;l'écran LCD car un reste de lucidité me rappelle que cela lui serait fatal. Viggo sur l'écran géant me fascine. L'idée fixe, c'est Lui. Lui, qui depuis&amp;nbsp;bientôt deux heures&amp;nbsp;tour à tour me&amp;nbsp;divertit, me séduit, m'inquiète, m'énerve et me fait frémir. Je ne suis plus la&amp;nbsp;cadre responsable&amp;nbsp;et compétente que je suis habituellement, froide et professionnelle. Non,&amp;nbsp;je suis devenue brune décérébrée,&amp;nbsp;chaude et liquide comme le métal en fusion et je n'attends plus que les coups donnés avec application par le forgeron qui va me&amp;nbsp;modeler. C'est bien connu, les&amp;nbsp;Scandinaves sont réputés pour leur maîtrise des alliages et du forgeage. Et s'il le faut, je veux bien lui tailler son tablier de cuir pour passer avec moi à l'action !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; color: #000000; font-family: Verdana;&quot;&gt;Oh, bien sûr, nombre d'entre vous vont se gausser en se disant in petto&lt;em&gt;&amp;nbsp;&quot;Mais elle est incroyable cette femme ! Elle fait un article sur un acteur archi-connu comme s'il venait de naitre. Mais c'est qui&amp;nbsp;cette illettrée ?&quot;&lt;/em&gt; ou pire encore en se gaussant bien fort &lt;em&gt;&quot;c'est maintenant seulement qu'elle le découvre ? Mais elle vient de quelle planète cette gonzesse ?&quot;.&lt;/em&gt; Et vous aurez raison. Comment un homme fait pour moi exactement a-t-il pu, jusqu'à ce soir, passé inaperçu à mes yeux ? Car enfin, Viggo Mortensen est l'archétype de l'homme pour qui je pourrais balayer mes idées d'amour romantique et basculer dans la luxure !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; color: #000000; font-family: Verdana;&quot;&gt;Le DVD&amp;nbsp;&quot;Les Promesses de l'Ombre&quot; déroule son scénario inquiétant et Viggo y incarne&amp;nbsp; Nicolaï, l'énigmatique homme à tout faire d'un fils de&amp;nbsp;la mafia&amp;nbsp;russe à Londres. Factotum, meilleur ami, garde du corps, souffre-douleur, bouc émissaire ou chauffeur, homme de mains aux mains à se damner,&amp;nbsp;il évolue dans un milieu qui lui est étranger mais qui est devenu son seul monde. L'histoire m'aspire rapidement&amp;nbsp;dans&lt;/span&gt;&amp;#8230;&lt;/p&gt;
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<title>ELLE - La Milliaire</title>
<link>http://gicerilla.hautetfort.com/archive/2009/01/03/elle-la-milliaire.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Gicerilla)</author>
<category>Critiques</category>
<pubDate>Sat, 10 Jan 2009 05:28:00 +0100</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; color: #ff00ff; font-family: Verdana;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;img src=&quot;http://gicerilla.hautetfort.com/media/00/00/704858088.jpg&quot; alt=&quot;la preuve.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-1489578&quot; /&gt;J'aime les hommes qui me surprennent.&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; color: #000000; font-family: Verdana;&quot;&gt;Et ce &lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.philopenspace.com/&quot; title=&quot;Philo&quot;&gt;lecteur&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;, en m'offrant récemment un&amp;nbsp;livre, a réussi cet exploit. Me surprendre. M'étonner par une attention inattendue, m'offrir un livre sans me connaitre pourtant. Il a ciblé juste, droit au cœur de ma curiosité car le roman &lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.laffont.fr/livre.asp?code=978-2-221-10976-2&quot; title=&quot;La preuve par le miel&quot;&gt;&quot;La preuve par le miel&quot;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; de Salwa Al Neimi, et par son auteur, et par son titre, ont immédiatement éveillé mon envie de savoir. Savoir l'amour dans les pays arabes. Savoir l'amour dans l'Islam de nos jours, entre désinformation et secrets d'alcôve aux coussins de soie chamarrée. Le lecture en fut rapide car tant l'histoire que le style se laissaient boire comme vin jeune, tout juste tiré, sans susciter&amp;nbsp;à la dégustation, hélas, les sensations ineffables que j'en attendais. Un seul des personnages est resté dans ma mémoire au point de m'inspirer cette note. &quot;La Milliaire&quot;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; color: #000000; font-family: Verdana;&quot;&gt;&lt;em&gt;&quot;Les paroles d'El-Alfya ne nous sont parvenues que par leurs traductions en arabe (...) la légende commence par son nom : El-Alfya, &quot;la Milliaire&quot; ainsi appelée pour avoir dormi avec milles hommes. &quot;Dormir&quot; est un mot trompeur... Comme Si El-Alfya avait passé mille nuits à dormir. Elle ne dormait pas et n'aurait pas laissé un seul des mille hommes dormir. Les livres disent exactement : elle a baisé mille hommes. Les mots étaient précis, chez les Arabes anciens. Nul ne dort et nul ne s'éveille. Baiser est le terme.&quot;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; color: #000000; font-family: Verdana;&quot;&gt;La première réaction des esprits étriqués seraient de dire ou, pire encore, de penser en silence n'ayant pas le courage de s'affirmer &lt;em&gt;&quot;quelle salope !&quot;&lt;/em&gt; Evidemment,&amp;nbsp;de nos jours encore, une femme qui consomme les hommes comme une denrée périssable qu'il faut, pour la fraîcheur, constamment renouveler&amp;nbsp;ne saurait emporter le suffrage des bien-pensants. En effet, il est toujours communément admis, voire même recommandé, qu'une femme digne de ce nom et de respect ne se donne charnellement que par amour.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; color: #000000; font-family: Verdana;&quot;&gt;Si, si, avouez-le, vous autres mâles, n'avez-vous jamais traité dans votre for intérieur une petite amie ou la femme convoitée de fille facile &quot;bonne-à-baiser&quot; lorsque celle-ci se pliait,&amp;nbsp;en hésitant un peu,&amp;nbsp;au jeu dangereux de la vérité &lt;em&gt;&quot;et toi, allez, dis-moi, combien d'amants as-tu eu avant moi ?&quot;&lt;/em&gt; en espérant au fond ne recevoir que quelques maigres confessions. Car un mâle, ça doute. Un homme ça doit être unique et s'il ne l'est pas, alors il devra être le meilleur, hein ma chérie...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; color: #000000; font-family: Verdana;&quot;&gt;Ma mine se réjouit devant la scène qui s'ébauche sous mes yeux, j'imagine votre tête à l'écoute horrifiée de l'énumération que peut-être elle a faite telle Carrie (Andie mc Dowell) à Charles (Hugh Grant). &lt;em&gt;&quot;D'accord, je joue le jeu si, après moi, tu le joues aussi, sans tricher, hein !&quot; &quot;Oui, promis !&quot;&lt;/em&gt; Mise en confiance,&amp;nbsp;la voilà qui énumère Anthony, Franck, Fabrice, Jean-Claude, Daniel, Laurent, Olivier, François,&amp;nbsp; Denis, Paul, Jean-Luc, Fabrice, David, Antoine, Fabien, Bertrand...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; color: #000000; font-family: Verdana;&quot;&gt;Un à un, elle égrène les prénoms comme les perles de nacre de son collier.&amp;nbsp;La liste ne semble plus finir. Les traits de votre visage semblent fondre comme cire sous&lt;/span&gt;&amp;#8230;&lt;/p&gt;
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<title>ELLE - Stomp</title>
<link>http://gicerilla.hautetfort.com/archive/2008/11/22/elle-stomp.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Gicerilla)</author>
<category>Critiques</category>
<pubDate>Thu, 04 Dec 2008 05:10:00 +0100</pubDate>
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&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; color: #000000; font-family: Verdana;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;img src=&quot;http://gicerilla.hautetfort.com/media/00/02/643597856.jpg&quot; alt=&quot;stomp_gross_00.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-1410633&quot; /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; color: #000000; font-family: Verdana;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff00ff;&quot;&gt;Enfin, ils passent en ville.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; color: #000000; font-family: Verdana;&quot;&gt;Des années que je ne les avais pas vus. Evidemment, il avait suffi d'une affiche pour déclencher une envie digne d'une affamée. Par deux fois, à Paris, j'avais assisté&amp;nbsp;à ce&amp;nbsp;spectacle ineffable et l'idée de le revoir me mettait déjà en ébullition. J'ai toujours cru à une vie antérieure où j'aurais été danseuse africaine, spécialiste de la danse du ventilateur, résonnant aux percussions comme une réponse à des rites ancestraux. Depuis toujours, le son des percussions me met en transe et haïtienne vaudouïsée je deviens lorsque l'écho de leurs sons s'empare de mes oreilles, de mon cerveau, de mon corps.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Alors bien sûr, quel que soit l'endroit, quel que soit le prix, dès que je les vois se produire, j'y vais. Ce soir, je suis comme une enfant devant le sapin. C'est Noël avant l'heure. Je suis d'autant plus impatiente que j'ai emmenée avec moi ma belle&amp;nbsp;amie.&amp;nbsp; Elle ne connait pas le spectacle et, assise&amp;nbsp;sur le fauteuil&amp;nbsp;de velours&amp;nbsp;rouge à ses côtés, je suis déjà frémissante. J'anticipe le plaisir que cette représentation&amp;nbsp;choisie par moi va lui donner. Un peu comme lorsque j'avais de mes petites mains fait un collier de nouilles et attendais de voir dans les yeux de ma mère l'émerveillement.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Enfin, les lumières blêmes des plafonniers disparaissent pour laisser place à des&amp;nbsp;halos bleutés, irréels, qui illuminent la scène. Comment décrire ici dans mon petit théâtre&amp;nbsp;ce que vous devriez voir, ce que vous devriez entendre ? Comment retranscrire ces rythmes étonnants et irrésistibles qui font bouger en cadence les pieds du spectateur soudainement envahi par la danse de saint gui. Ils sont huit, jeunes aux physiques variés. Pas d'élitisme de ballet&amp;nbsp;à pointes&amp;nbsp;dans les silhouettes, non,&amp;nbsp;mais pourtant une technique digne des meilleurs acrobates. Un&amp;nbsp;casting hollywoodiennement correct avec des femmes, des hommes et avec son quota de&amp;nbsp;gros, de minces, de noirs, de latino,&amp;nbsp;de blancs évidemment. Ils invitent la musique dans les objets les plus improbables de votre quotidien et font chanter sous la douce torture de leurs mains savantes des lavabos, des poubelles, des casseroles, des chaises pliantes, des tubes flexibles...&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Les chorégraphies ont l'air brouillon mais sont calculées au millimètre faute de quoi de musical, le ballet deviendrait chaotique et les&amp;nbsp;mélodies cacophoniques. Comédiens, musiciens, danseurs, ils&amp;nbsp;mélangent leurs arts avec&amp;nbsp;maestria et les spectateurs, galvanisés, rient, applaudissent, sifflent, trépignent car eux aussi veulent participer. Ils insufflent&amp;nbsp;à toute la salle, par les rythmes&amp;nbsp;insoutenables que pourtant ils soutiennent sans faillir, des envies de se trémousser et chacun de se tortiller sur son siège, incapable de contenir la joie physique ressentie par tant d'enthousiasme musical.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; color: #000000; font-family: Verdana;&quot;&gt;Rares sont les spectacles que je vante&amp;nbsp;et celui-là fait partie de ceux qu'il vous faut impérativement voir. Quel dommage ce serait de laisser passer une occasion d'admirer leur performance. Croyez m'en, je vous en prie, offrez-vous ce plaisir. Par les temps qui courent, ce n'est pas si souvent que l'on peut oublier deux heures durant le marasme&lt;/span&gt;&amp;#8230;&lt;/p&gt;
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<title>ELLE - Quand Camille s'expose</title>
<link>http://gicerilla.hautetfort.com/archive/2008/09/07/elle-quand-camille-s-expose.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Gicerilla)</author>
<category>Critiques</category>
<pubDate>Mon, 22 Sep 2008 05:27:00 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt; color: #ff00ff; font-family: Verdana;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;img src=&quot;http://gicerilla.hautetfort.com/media/01/02/996605178.jpg&quot; alt=&quot;vague.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-1264466&quot; /&gt;&lt;br /&gt; Il me faut toujours un peu de temps, comme une gestation, lorsque quelque chose me touche puissamment.&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt; color: #000000; font-family: Verdana;&quot;&gt;&lt;strong&gt;18 juillet 2008 - Musée Rodin.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt; color: #000000; font-family: Verdana;&quot;&gt;Les hommes sont ce qu'ils sont qui pavent l'enfer sans cessation. Par la&amp;nbsp;volonté de commissaires, femmes donc a priori sensibles et sensées,&amp;nbsp;la voilà réunie contre son gré à celui qui l'a abandonnée.&amp;nbsp;Camille aurait-elle validé ces retrouvailles forcées ? Je ne sais pas. Elle a par lui tant souffert. L'aimait-il encore quand il lui préférait pour toujours Rose Beuret ? Quoiqu'il en soit son musée la reçoit pour trois jours encore, accompagnée de ses œuvres de terre, d'onyx ou de marbre. Il fait un temps radieux. Le soleil inonde les pièces de ses rais blancs-dorés. Beaucoup de monde afflue, d'ici ou d'ailleurs. Comment une petite femme à la carrière fulgurante mais courte a-t-elle conquis tous ceux qui des quatre coins du monde viennent la voir ? Mystère du langage intemporel et universel de la sculpture lorsqu'elle est vie, passion, tumulte, douleur, beauté...&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Nous entrons dans le musée, silencieux. Je parle rarement lors d'une exposition car alors je rentre en moi, confrontée à mes émotions et à l'artiste qui les provoque. Les pièces sont petites et ne rendent pas aisée la déambulation que je voudrais pour moi aussi libre que les mouvements qui jaillissent de toutes ces statues. Saisissement du mouvement qui suinte de la matière, qu'elle soit pierre ou terre. Impression d'un élan que Camille aurait insufflé à cette matière inerte mais vivante sous ses mains, sous ses burins. &lt;a href=&quot;http://www.latribunedelart.com/Expositions/Expositions_2008/Claudel_Vague.htm&quot; title=&quot;La Vague&quot;&gt;La Vague&lt;/a&gt; (1897), statue minuscule au regard de la lame de Tsunami qui va recouvrir de son écume bouillonnante les trois baigneuses qui n'auront pas assez de leurs mains entrelacées pour résister à cet emportement de la nature. La passion qui sue de tous les sujets ? Passion de la puissante mer prête à emporter ou à porter ces petites femmes de bronze sans peur et pourtant. Alliée ou ennemie, on ne saura pas ce que cette Vague sera pour elles ni ce que Camille imaginait lorsque sur elles elle retomberait !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt; color: #000000; font-family: Verdana;&quot;&gt;Mouvement ensorcelant encore que cette &lt;a href=&quot;http://www.clioetcalliope.com/oeuvres/sculpture/valse/valse.htm&quot; title=&quot;La Valse&quot;&gt;Valse&lt;/a&gt; (1889)&amp;nbsp;qui défie la pesanteur emportant dans ses bras l'homme et la femme. &lt;img src=&quot;http://gicerilla.hautetfort.com/media/02/00/1192216310.jpg&quot; alt=&quot;20807_camille_claudel.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; id=&quot;media-1264470&quot; /&gt;Déséquilibre du désir qui bouscule et bascule sans pour autant les faire tomber, qui maintient en émois tourbillonnants les sens déboussolés des deux danseurs enivrés. Folle la passion qui les lie et les fait s'accrocher pour mieux se retenir de tomber. Une envie m'embrasse d'être à mon tour guidée par les bras puissants d'un danseur qui me plaquerait contre son torse pour mieux m'aimer. Enivrer mes sens, embrumer de musique&amp;nbsp;mes pensées et ne laisser de place&amp;nbsp;que pour&amp;nbsp;mon désir de lui.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; J'avance de plus en plus troublée par des émotions injectées comme virus dans mon sang de femme désirante. Et soudain, alors que mes yeux sont&amp;nbsp;perdus dans un lointain seul connu de mon âme, la voilà devant moi qui m'assaille. Violence des émotions toujours plus exacerbées suscitées par un marbre magnifique. &lt;a href=&quot;http://www.flickr.com/photos/lanphere/462884445/&quot; title=&quot;Sakuntala&quot;&gt;Sakuntala&lt;/a&gt; ou&lt;/span&gt;&amp;#8230;&lt;/p&gt;
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<guid isPermaLink="true">http://gicerilla.hautetfort.com/archive/2008/06/09/elle-eloge-de-la-non-motivation.html</guid>
<title>ELLE - Eloge de la non-motivation</title>
<link>http://gicerilla.hautetfort.com/archive/2008/06/09/elle-eloge-de-la-non-motivation.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Gicerilla)</author>
<category>Critiques</category>
<pubDate>Tue, 15 Jul 2008 05:56:00 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;b&gt;&lt;span xml:lang=&quot;FR&quot; style=&quot;font-size: 8pt; color: fuchsia; font-family: Verdana&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-1067519&quot; src=&quot;http://gicerilla.hautetfort.com/media/02/02/113283093.jpg&quot; alt=&quot;fuck-off.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-1067519&quot; /&gt;Qu'est-ce donc que le luxe ?&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/em&gt;&lt;span xml:lang=&quot;FR&quot; style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Voilà bien&amp;nbsp;une question à se poser vraiment en ces temps de perte de pouvoir d'achat&amp;nbsp;! Alors qu'il y a la faim dans le monde, le réchauffement de la planète, la disparition des crapauds furonculeux de la forêt guyannaise, la seule question qui m'importe c'est celle-là. Traduction de la profondeur infinie de mon esprit qui, intuitivement, sait identifier&amp;nbsp;les questions vraies&amp;nbsp;pour tenter d'y répondre sans se laisser distraire par d'autres, fort en vogue, mais secondaires finalement.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Celle-ci m'est venue à l'occasion de la lecture d'un article publié dans le magazine Beaux Arts de mai 2008.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Si je me contente de la définition de l'encyclopédie, même s'il faut admettre qu'aucun contentement n'en nait, j'en conclus que le luxe est le fait d'être dispendieux et superflu : &lt;font color=&quot;#0000FF&quot;&gt;[&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Verdana&quot;&gt;Luxe&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; : &quot;mode de vie caractérisé par de grandes dépenses pour faire montre d'élégance et de raffinement&quot; s'applique en particulier au caractère d'une chose coûteuse et raffinée (1661) souvent dans le syntagme &lt;em&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Verdana&quot;&gt;de luxe&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/em&gt;(mil. XVIIIe s : d'Argenson, 1757) et, par métonymie, à un objet à un plaisir coûteux et superflu (1797)...].&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;span xml:lang=&quot;FR&quot; style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;Pourtant, au fil du temps, l'objet caractérisé de luxe&amp;nbsp;a évolué, modelé par une autre notion, la rareté. Et tout autre&amp;nbsp;objet qu'il soit matériel ou immatériel, s'est vu octroyé par son manque patent le statut convoité de &quot;luxe&quot;. Pour certains, ce sera le temps. Pour d'autres, le repos ou une oisiveté conspuée comme mère de tous les vices mais qui, si elle n'est pas l'ennui peut-être pourvoyeuse de vertus. La vertu de l'inaction face à la trépidence&amp;nbsp;ou la vertu de la non-productivité comme un luxe dans notre société productiviste. La vertu de vivre&amp;nbsp;le &amp;nbsp;moment présent dans une heureuse contemplation de la vie&amp;nbsp;prônée par Platon pour nous élever au-dessus des contingences matérielles et accéder&amp;nbsp;enfin&amp;nbsp;à la&amp;nbsp;connaissance suprême.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Et si, plus simplement, le luxe&amp;nbsp;absolu était la possibilité&amp;nbsp;de dire avec dédain, humour ou dérision&amp;nbsp;à tous les&amp;nbsp;acteurs de notre système économique qui n'est plus capable d'offrir à chacun un travail pour vivre dignement &lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Verdana&quot;&gt;&quot;Je n'ai pas&amp;nbsp;besoin de vous et de vos mensonges enrobés de sémantique avantageuse. De vous, qui nous vendez du rêve hypocrite de technicien de surface et d'hôtesse de caisse et qui tentez&amp;nbsp;vainement d'élever à l'étage supérieur d'une pseudo-pyramide sociale sacralisée, des postes dont on sait qu'en bas de ladite pyramide ils sont et resteront. De vous qui essayez d'anoblir par du vocabulaire dévoyé des emplois de la plèbe qui, s'ils sont de par leur nature nécessaires, n'élèvent pourtant pas celui qui l'exerce.&quot;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;span xml:lang=&quot;FR&quot; style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;Sophie Calle a érigé au rang d'art sa lettre de rupture et Julien Prévieux, quant à lui, a élevé au même rang ses lettres&amp;nbsp;de non-motivation.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;em&gt;&lt;span style=&quot;color: blue; font-family: Verdana&quot;&gt;“... [Il] répond sans relâche aux offres d'emploi parues dans la presse ou proposées par l'ANPE. Avec beaucoup d'application, il décline l'une après l'autre les offres, expliquant aux entreprises que l'emploi proposé...&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; &lt;span style=&quot;color: blue&quot;&gt;ne l'intéresse pas. &lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Verdana&quot;&gt;Faisant comme si ces annonces lui étaient personnellement adressées, il expose avec&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&amp;#8230;&lt;/p&gt;
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<title>ELLE - Eloge de la rupture</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Gicerilla)</author>
<category>Critiques</category>
<pubDate>Tue, 01 Jul 2008 05:49:00 +0200</pubDate>
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&lt;em&gt;&lt;b&gt;&lt;span xml:lang=&quot;FR&quot; style=&quot;font-size: 8pt; color: fuchsia; font-family: Verdana&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-1089200&quot; src=&quot;http://gicerilla.hautetfort.com/media/00/01/1074735441.jpg&quot; alt=&quot;Sophie_Calle-_vue_d_ensemble_de_l_exposition_Prenez_soin_de_vous_a_la_BNF-b56d1.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-1089200&quot; /&gt;Tout le monde en parlait, il fallait que je me fasse une opinion.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/em&gt;&lt;span xml:lang=&quot;FR&quot; style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; En effet, je suis de celle qui ne parle pas de ce qu'elle ne connaît pas. Sous cet aspect, il me semble qu'il serait utile de me cloner car ne constaté-je pas tous les jours à quel point nous sommes entourés de gens qui parlent pour ne rien dire d'un air important, qui parlent de ce qu'ils ne connaissent pas d'un air docte ! Une triste majorité, ou devrais-je dire plutôt écrire une majorité affligeante, car je le suis à l'écouter affirmer sans même savoir de quoi elle parle.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Comme si parler ne voulait rien dire. Comme si les mots dits, même s'ils sont démentis en pleine face, n'entachaient pas la crédibilité de celui qui les a prononcés. Société du blabla où la circonlocution et le manque de concision sont reines. Société friande de formules à rallonge parfois pour dire le contraire de ce qui veut être dit &quot;vous n'êtes pas sans avoir&quot;, au style tour à tour ronflant ou ampoulé avec surenchère de mots pour noyer le vide de l'idée énoncée, enrobage de mots comme une panure roborative car le propos ainsi enrobé devient plus dense, non pas par sa matière propre mais bien par son enveloppe.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Mais je m'égare encore, là, car le sujet de ma note s'ils sont bien&amp;nbsp;les mots, ne sont pas ceux du vulgum pecus ignare. Non, ce sont ceux d'un homme, assez cultivé à ce qu'il parait, qui quitte courageusement une femme par le biais d'un email lâché sur la toile en espérant qu'il atteindra la femme à qui il est destiné.&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Sophie_Calle&quot; title=&quot;Sophie Calle&quot;&gt;&lt;span xml:lang=&quot;FR&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;Sophie Calle&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span xml:lang=&quot;FR&quot; style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;&amp;nbsp;s'expose à la BNF, site Richelieu, salle Labrouste&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.bnf.fr/PAGES/cultpubl/exposition_825.htm&quot; title=&quot;Prenez soin de vous&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;i&gt;&lt;span xml:lang=&quot;FR&quot; style=&quot;font-family: Verdana&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;&quot;Prenez soin de vous.&quot;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&lt;span xml:lang=&quot;FR&quot; style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;Voilà une femme qui sait y faire. Comment faire d'une lettre de rupture, un objet qui s'expose et sur lequel on glose sans fin, un happening (ben oui, parce qu'en français une &lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Verdana&quot;&gt;&quot;intervention artistique&quot;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; c'est moins vendeur qu'un gérondif en &lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Verdana&quot;&gt;ing&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;! Qui a dit suprématie anglo-saxonne ?) . Comment faire de son malheur le bonheur de milliers de voyeurs venus se rassasier de la douleur transformée en art, se demandant pourquoi ils n'ont pas fait de la fin de leur propre histoire une telle exposition. Exhibition&amp;nbsp;?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Latiniste, avocate, cruciverbiste, philologue, juge, agrégée de lettres, clown, linguiste, traductrice... Cent sept femmes sollicitées. Cent sept femmes pour analyser les mots de la rupture qu'elle ne peut seule consommer. Faire dire aux autres ce que les mots ne lui disent pas. Volonté affichée de &lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Verdana&quot;&gt;&quot;la disséquer, l’épuiser. Comprendre pour moi. Parler à ma place. Une façon de prendre le temps de rompre. A mon rythme....&quot;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt; Le problème est dans le genre de ces érudits qui vont à leur façon lire les mots de l'homme qui lui dit adieu. Elles sont toutes femmes. Toutes femelles devrais-je même dire car on sent bien là le parti-pris instinctif de défendre l'une de leur congénère. Coalition muette de femmes qui compatissent et voient dans ces mots, les mots qu'un jour elles&lt;/span&gt;&amp;#8230;&lt;/p&gt;
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