samedi, 20 octobre 2007

ELLE - Danse avec les loups

cb97c4f539d53a07984730d03864cdc3.jpg J'ouvre ma boite email.

Grand moment de la journée où ma curiosité inaltérable se régale par anticipation des emails qui la peupleront. Ce soir, ma boite est riche ! Ce que j'adore par dessus tout c'est découvrir des adresses emails inconnues. Qui se cache donc derrière tel pseudo ? Quelle surprise cette lettre électronique contiendra-t-elle ?

Mon œil aguerri repère immédiatement une adresse inédite. Un nom d'homme, pas surprenant... Je l'ouvre et découvre un message étonnant "Bonjour, je suis un homme de 34 ans, mignon, et je cherche une femme pour m'accompagner en club échangiste est-ce que vous pouvez m'aider ?". Immédiatement je pense à un canular. Serait-ce un de mes bons amis, un amoureux, qui me testent ? Je réfléchis, incrédule. Les mots palpitent noirs sur le blanc de mon écran et papillotent des cils comme la belle qui veut charmer. Ils me disent "allez, laisse-toi faire. Allez, laisse-toi tenter !"

S'impose à moi, allez savoir pourquoi, la vision étrange d'un loup hypnotique avec ses grands yeux siamois aux tons gris-bleuté de la banquise au couchant, sa gueule fine de chien de berger racé découvrant en un rictus proche d'un sourire une série de crocs effrayants. Je suis folle et d'un battement de paupières je chasse l'image pour me concentrer sur ce drôle de message.

Par quel bout le prendre, comment démasquer la supercherie ? Oui, vous me direz, bien sûr je pourrais décider de le mettre illico dans la corbeille, de la vider et de l'oublier. Mais non, je suis Gicerilla et chatte je suis, curieuse... Je décide de rentrer dans le jeu. D'abord je mets en doute, fais mon effarouchée, ce que je suis. "Aucun homme censé ne procèderait de la sorte et puis comment m'avez-vous trouvée ?" "Ben, je visitais un blog, celui de Vagant je crois, et de lien en lien je suis arrivée chez vous !" Et quoi,  ai-je envie de crier, mes écrits vous ont-ils donné à penser que je me laisserais trainer dans un club avec vous, un inconnu, pour m'y faire baiser ? Mais je retiens les rennes de mon indignation et continue calmement, c'est un jeu après tout.

J'attaque encore et lui signale, cinglante, que l'échangisme présuppose que le couple chasseur est bien "un couple" et donc composé d'un homme et d'une femme qui veulent partager d'autres frissons car ceux qu'ils se procurent mutuellement ne les satisfont plus. Ce ne peut être un homme seul car alors échange il n'y a pas. L'homme est simple dans ses réponses, le naturel que je perçois me désarçonne. Serait-il niaisement authentique, juste un grand candide perdu dans les méandres du net comme dans un pays légendaire où tout serait possible, où tout serait permis ?

Je lui demande des preuves de sa bonne foi. Je fais celle qui est intéressée, tout pourvu que je dévoile au grand jour le concepteur de ce piège surprenant. Il me procure sans broncher une photo et un numéro de téléphone portable sous la forme d'un email motivé par mes appeaux tendus "Je suis content que cela te plaise .... Cela s'annonce bien,  tel 06 .. .. .. .. Il faudrait que l'on se fasse une séance only tous les 2 d'abord ? Qu'en penses-tu ? Et toi, ton numéro de tel et photo ?". Croyant toujours à une plaisanterie, j'appelle et bien sûr la voix synthétique du répondeur me dit qu'il est absent. Le message que je laisse est sans ambages "Si c'est un canular, il est bien ficelé !"

Mais le jeune-homme insiste et par email revient à la charge. Il reconnait sa maladresse et lorsque je lui oppose sur un ton offensé une fin de non recevoir "mais Monsieur je ne mange pas de ce pain là!" Il répond toujours poliment "...mais nous aurions pu nous connaitre nous sans aller dans des clubs échangistes voilà ce que je voulais dire ... " Je me dis que peut-être cet homme n'est pas le pervers naïf que sa démarche pourrait laisser croire, mais un homme curieux et audacieux.

Et si après tout nous nous rencontrions ? Si finalement j'avais quelque expérience à en tirer ? Non, je vous en prie, quelque soit le sujet, pas de trivialités, il s'agit bien d'expérimentation et de rien d'autre, je vous le promets. Alors je pèse le pour et le contre. Je sollicite même l'avis d'un homme suffisamment éloigné de moi pour récolter le jugement le plus objectif qui soit. Qu'est-ce qu'un homme sensé penserait de tout cela ? Il s'insurge, il trouve cela répulsif. Sa réaction me conforte dans un premier temps dans l'idée que tout cela est vain et malsain.

Mais en y repensant, je décide de m'éloigner des préjugés et choisis la voie de la curiosité. On n'est pas moi pour rien et la Dian Fossey en moi remonte à la surface de ma peau et la parcourt de frissons d'investigation. Et si après les grands singes, je partais étudier l'un de ces loups des cités au pelage argenté et à la  gueule d'amour acérée prêt à croquer en quelques bouchées sauvages un petit chaperon de passage?

Mais comment m'y prendre pour le dompter sans y perdre la vie ou mon âme ? Je lui écris à nouveau. Il semble enthousiaste et ravi, vous pensez! Nous convenons d'un rendez-vous téléphonique car la bête est très occupée à flairer d'autres pistes. Enfin, j'entends sa voix. Un peu déçue, je devine que ce n'est pas un mâle dominant, leader de sa meute, mais plutôt un louveteau sous les flancs de sa mère. Dommage, moi qui possède les prédispositions d'une élève plutôt que celles d’une maitresse... Sa voix est juvénile mais douce, sa conversation hésitante, tâtonnante, il manque de mordant et bien plus que lui, je suis louve. Je le provoque un peu, le poussant dans ses retranchements comme le chasseur accule l'animal pour l'amener au-delà de sa peur et le faire attaquer. Mais rien n'y fait, il ne se dévoile pas. Alors dépitée je mets fin à la conversation mais pas au projet !

Oserais-je vous demander, à vous les femmes qui, avec indulgence lisez mes égarements, si une aventure de la sorte vous est déjà arrivée ?

Croyez-vous qu'il faille continuer ?

dimanche, 14 octobre 2007

ELLE - Songerie musquée

 

1c31beceaa476a6b9f116350e6f64a66.jpgJe l'entrainais par la main.

"Viens, je veux te montrer un endroit secret !"

Evidemment, nous sommes quelques milliers voire centaines de milliers à connaitre cet endroit secret mais elle, non. Elle, c'est mon amie de cœur, ma sœur élue. Elle, c'est mon double différent, celle qui connait mon âme mieux que je ne la connais. C'est le miroir à qui je parle sans peur de la censure. Celle qui comprend le moindre de mes maux à demi-mots comme je comprends, je crois, les siens. Ensemble nous sommes si bien que rien n'est jamais une gêne, tout peut être dit, tout peut être vécu et par elle, je le sais, et par moi, je le sais nous vivrons encore tant de découvertes.

Les colonnes de Buren nous accueillent toujours aussi rayées, toujours aussi inégales, toujours aussi vilaines détonnant dans cet environnement que j'aurais aimé voir conservé intact, du temps où la nymphe incarnée Arthenice y tenait un salon littéraire où les femmes d'esprit étaient à l'honneur. Salon dont Jean-Baptiste, grand vilipendeur devant l'Eternel, s'est gaussé au travers des Précieuses pas si ridicules que cela finalement !  Alors, parce que c'est de l'art on ose, on défigure. Ah l'art ! Où s'arrête l'Art et où commence la supercherie ? Et il n'y a pas de beaux arts qui tiennent, cet art là, nul ne saurait, même le plus doué, m'en faire valoir les bienfaits. Pollution visuelle à mon goût aussi écœurant que les doigts érectiles de mollusques urbains fixés à l'asphalte...

"Le Palais Royal est un beau quartier, toutes les jeunes-filles sont à marier !"

Comme au temps de Molière mais sans les vertugadins et les jupons, nous nous glissons sous la colonnade, le pas alerte. Elle est curieuse, je suis mystérieuse. Mince, je ne le trouve plus ! Serais-je passé à côté sans le voir ? Nous rebroussons chemin, moi un peu fébrile. Si jamais... Aurait-il fermé ? Non, impossible ! Cela ne se peut pas, il faut qu'elle le connaisse. C'est fou comme des yeux qui veulent voir ne voient pas quelques fois. Enfin le voilà, discret, sombre, le temple du parfum.

Les Salons du Palais Royal (Serge Lutens). Le grand frisson assuré pour les nez audacieux, les nez qui ne s'effarouchent pas facilement ! Vous voulez de l'inédit, vous voulez du sensationnel, du vrai, celui qui déclenche des sensations dans votre imaginaire, qui bouleverse vos sens ?

La clochette tinte à l'ouverture de la lourde porte blindée de volutes en fer forgé. Le tintement discret nous projette plus de cent ans en arrière, lorsque les vendeuses vous accueillaient avec un grand sourire, soucieuses de vous plaire, vous, clients peut-être prêts à faire des dépenses  somptuaires. Lorsque les objets à acheter étaient savamment étalés sur des rayonnages en bois vernis, une temps que je n'ai pas connu mais que Zola a si bien rendu Au bonheur des Dames. Ici, c'est au bonheur des senteurs. Une ambiance de boudoir mauve et violet nous accueille dans un silence pesant. Décor rigide d'arabesques parme foncé qui mettrait mal à l'aise celui que trop de décorum intimide. Carrelage immaculé qui claque sous les pas, imposant au client une démarche de chat car le bruit éclabousse et ricoche, indécent, au risque de réveiller des flacons en cristal scintillant qui semblent sommeiller. Ecrins translucides qui révèlent tous ces jus mordorés et précieux.

Le silence se fait. Instinctivement les clients murmurent. Les vendeuses et les vendeurs de noir vêtus, gardiens prétentieux de ces trésors ne nous en imposent pourtant pas. Pas de sourires galvaudés, non, du sérieux, du sacré, du grandiloquent pour protéger ces merveilles du vulgaire qui ici est exclu. Ils trônent derrière de petits meubles de bois sombre dont le dessus est couvert d'une plaque de marbre clair servant d'étal à de jolis flacons de même taille et de même forme, étincelants, petite armée harmonieusement rangée prête à vous chavirer les sangs.

Nous approchons de l'un d'eux, moi frétillant d'envie de troubler les sens de mon amie par une révélation olfactive inattendue. L'homme qui préside, plein d'importance, est du genre inoffensif. Les femmes ne sont pas son genre car femme il est aussi. Nous découvrons comme autant de voyages dans un autre temps, comme une ouverture vers d'autres horizons le nom de l'Ambre Sultan qui côtoit Cuir Mauresque. Chergui qui flirt avec les pointes de patchouli de Bornéo 1834. Et la Tubéreuse Criminelle qui convoite Rahät Loukoum aux accents d'amandes amères... Pourtant je ne retrouve pas celui qui me chahute tant. Alors je me lance.

 "Je cherche un parfum animal que j'ai senti l'autre fois mais je ne me souviens plus de son nom. Comment le décrire ? Si je vous dis "animal, écurie, foin" cela vous parle-t-il ?" Il sourit "Mais oui, je vois ce que vous voulez dire, il doit s'agir de
Muscs Koublaï Khan" !" "Oui m'écrié-je" comme une enfant qui a trouvé enfin la solution de l'énigme. Je sens mes yeux pétiller. Je jubile car j'anticipe avec impertinence le nez froncé de dégoût de mon amie !

Il s'agit d'un parfum
bestial, je ne saurais le décrire autrement. La nature animale, chaude, sensuelle dans toute sa palette de senteurs ici s'exprime. L'homme maniéré ôte avec force précaution le bouchon de cristal et parcimonieusement dépose quelques gouttes d'or liquide sur une mouillette en papier buvard.

J'approche mon nez la première pour éviter la méprise. Et là, en un flash étrange, toutes les images rêvées la première fois assiègent à nouveau tous mes capteurs olfactifs jusqu'à noyer mon cerveau. Je ne suis plus ici. Je suis déjà ailleurs, les yeux fermés. Tout est vécu plus fort les yeux fermés. Je suis dans une écurie, celle d'un grand haras pour chevaux de course, les vrais, les étalons. C'est la fin d'une journée d'automne et une lumière orangée caresse la végétation. Le couchant n'est pas loin. Des odeurs d'herbes brûlées et de terre chaude montent à mes narines. J'avance vers un box d'où sort un murmure grave. La porte à double-battant est grand ouverte et sur le seuil des odeurs de paille souillée m'agressent. Puissant mélange d'urée et de foin frais qui dérange le nez d'abord, qui le fait grimacer tant il est habitué aux odeurs synthétiques, aseptisées et standardisées. Puis il s'habitue. J'inspire profondément, mon nez n'est plus effrayé, au contraire, bizarrement il prend du plaisir à ces odeurs dont d'aucun dirait qu'elles puent.

J'avance de deux pas et dans le fond je vois un palefrenier en train d'étriller un cheval en sueur. Des traces d'écume mouillent encore son poil luisant, tabac foncé aux reflets cuivrés. Il souffle fort. Il vient de terminer un entrainement intense. Je regarde l'homme s'affairer.  Avec une brosse en fibres de noix de coco il frotte, il nettoie, il aère, il assèche la robe de la bête tout en lui murmurant des mots apaisants. Des odeurs animales imprègnent l'air du box. Odeurs indescriptibles pour un nez non aguerri aux mots odorants mais pourtant j'y distingue clairement une note de musc puissant. L'homme ne m'a pas vue, il est de dos. Sa chemise est trempée, le coton colle à son dos et les muscles de ses omoplates gigotent, attirants. Il est fort et grand. Je m'approche un peu plus et j'inspire profondément. Je perçois l'odeur de sa sueur à lui, fraiche encore, sans qu'aucune oxydation maline n'en ait encore dégradé les fragrances.  Un peu sucrée, ambrée, elle se mélange à celle de l'animal et je ne sais distinguer qu'elle est la plus prenante.

Il a senti ma présence dans son dos, un sursaut inquiet du cheval. Il se retourne, l'air étonné le mouvement de la brosse arrêtée à mi-chemin, il ne dit rien. Je m'approche encore. Il ouvre la bouche, sûrement pour questionner et d'un geste comminatoire de mon index sur mes lèvres, je lui intime le silence. Sidéré, il ne bouge pas et je me penche vers son cou. Je l'hume et aspire tous ses parfums de centaure. Je le respire encore et encore. La tête me tourne. Serait-ce le sortilège des phéromones, cette légende dont on parle mais que rien n'a encore prouvée ? Je ne sais, mais ce que je sais c'est que cette odeur violente, douce et puissante, osée me trouble au plus haut point...

J'ouvre les yeux. Mon amie scrute mon visage en souriant. Elle ne sait pas encore les pensées qui, le temps d'une seconde, ont bousculé mes sens. Elle m'étudie en quête d'un indice et ma main tendue vers ses narines impatientes avec la mouillette est ma seule réponse à ses questions muettes. Toujours submergée dans mes pensées, je demande à ce qu'on mette au creux de mon poignet un peu de cet élixir magique. Le vendeur s'exécute et je plonge mon nez avec volupté vers ma peau tachée de parfum pour revivre en boucle ce scénario divin. Et les yeux fermés à nouveau, j'imagine l'homme non-conformiste qui portera pour mon plus grand trouble ce parfum extraordinaire.

Allez, venez, je vous emmène, laissez-vous guider...

lundi, 11 décembre 2006

ELLE - Schnouff

medium_BEBE.jpgVoici votre dose hebdomadaire. Vous me coûtez des efforts fous et vous les engloutissez en un claquement de langue. Dégustez, vous dis-je, dégustez ! Vous risquez l'indigestion et ce ne serait pas faire honneur au travail titanesque fourni. Je suis epuisée. Chaque création vaut un accouchement... je suis maintenant à la tête d'une véritable tribu ! Ce bébé là ma foi est le plus dodu...

ps : je veux les réponses à toutes mes questions sinon plus de romans...

Chez les Grecs

Vendredi 1/12/06

Nous arrivons sous un soleil eclatant. Pourtant la météo était pessimiste et prévoyait un temps maussade voire pluvieux pour le week-end.  C'est vendredi, les rues sont affairées. Il y a des gens partout en pleine journée. Syndrome 35 heures version grecque ? Le taxi se faufile avec une dextérité effrayante entre les voitures et les piétons. Si le parcours se termine sans morts, nous seront chanceuses. Sa conduite me rappele Abidjan, Naples et Alexandrie réunies... Moi qui croyais les Grecs civilisés. Nous arrivons à bon port. L'hôtel (4*) est magnifique situé dans une petite rue calme en retrait des axes commerciaux et touristiques (http://www.palaceelectrahotel.com). Décor un peu m'as-tu vu, un rien libanais dans son goût pour les stucs, les peintures n��oclassiques aux plafonds, et ce marbre rutilant sur lequel nos talons claquent martialement. Le hall est gigantesque. La blonde et la brune, chargées de leurs bagages encombrants de femmes indécises (je le prends ce pantalon ou pas, et ces chaussures, superflues...non, je les prends aussi, on ne sait jamais !) qui traversent d'un pas décidé le hall qui n'en finit plus. Les concierges et autres réceptionnistes sont au garde à vous... sûrement le son impressionnant des pas cadencés frappant avec autorité le carrelage immaculé. Tout sourire, nous nous identifions. Les quelques mots de grec que je baragouine reviennent du fin fond de ma mémoire : kalimera, parakalo, efharisto ... que du bien rudimentaire mais les sourires viennent éclairer le visage des autochtones reconnaissants (ouf, nous ne sommes ps des Walkiries conquérantes). Rapidement les chambres sont attribuées et nous nous engouffrons dans l'ascenceur. La moquette a remplacé le marbre et amortit le bruit de nos pas. Excitées comme des enfants, nous avons vite fait de prendre possession des lieux. Wherever i lay my hat that's my home ! Il suffit de mettre quelques pots d'onguent et d'huile sur les étagères, une brosse à dent dans le gobelet de la salle de bain, les vêtements dans la penderie, et ça y est, nous nous sentons chez nous. Marilyn et moi sommes faites du même bois. Grandes voyageuses, vivre à l'hotel ne nous pèse pas. Nous nous sentons chez nous partout. Un repérage rapide des  dépendances permet de terminer notre appropriation des locaux. Un superbe spa se trouve au sous-sol : sauna, hammam, piscine et jacuzzi, salle de sport. Quelques bons moments en perspective ! Et puis, nous montons sur la terrasse, et là, oh surprise merveilleuse, une piscine à débordement sur le toit, et une vue imprenable sur l'Acropole noyé par le soleil couchant. Nous sortons vite nous perdre dans les rues. S'approprier la ville est la deuxième étape et se perdre est le meilleur moyen de se retrouver...

Dimanche 3/12/06

Le matin : nous avons décidé de suivre le groupe d'inspecteurs avec qui Olivier travaille. Ah oui, je n'ai pas précisé. Nous avions choisit de rejoindre notre ami en mission d'inspection pour le compte d'une grande banque française. Tout nous est prétexte pour voyager et nous devions impérativement alléger le séjour pénible de notre ami, car son travail est un travail d'esclave même s'il est auréolé de prestige ! Nous voilà donc dans le hall de l'hôtel à serrer les mains de tous ces inspecteurs (une quinzaine) venu auditer une banque grecque. Hommes, femmes, jeunes et moins jeunes. Les prénoms sont prononcés et tout de suite oubliés. Tiens, un beau brun dans l'équipe. Dis, Olivier, il s'appelle comment celui-là ? Philippe, huuummm.

Visite de l'Acropole avec un guide privé (ça a du bon de se greffer sur une mission bancaire !). Peu de monde, soleil toujours aussi présent. Projection immédiate dans un autre temps. La guide est parfaitement bilingue, férue de mythologie, diserte. Je me plonge dans un monde de Dieux et de demi-dieux, de hérros et de legendes. Dans le musée, une statue m'arrête.  Une statue de Poseidon en bronze. Le geste est élancé, la silhouette musculeuse, le visage aux traits fermes. Beau mec Poseidon. ...... Magnifique exemple du savoir-faire de la statuaire grecque. Je pense à vous : êtes vous aussi bien balancé (vos jambes le laissent présager... sauf si bien sûr ce ne sont pas vos jambes !) ? Je vous mettrais volontiers dans la tenue d'Adam et passerais des heures à vous dessiner, à vous donner corps dans l'argile en espèrant que, comme le Golem, vous prendrez vie lorsque je tracerai sur votre front le verset adéquate, mais contrairement à lui, vous seriez ciselé dans les moindres détails, une réplique exacte de vous et je vous aurais à moi, toute à moi, rien qu'à moi et vous n'y pourriez rien !

Au SPA dimanche après-midi

Rendez-vous est pris avec mon amie pour faire un Hammam. En tenue d'Eve (autrement dit : nues comme des vers pour les camionneurs ignares) sous nos peignoirs blanc immaculé, nous arrivons au Spa. Des clients s'ébattent déjà dans la piscine. Le sauna déborde d'hommes en maillot, dégoulinants. Au secours, nous fonçons au Hammam. Nous échangeons nos peignoirs pour des serviettes éponge de taille moyenne. Un peu trop moyenne �� notre goût, car l'ourlet couvre tout juste les fesses. Malheur ! de vapeur point, de chaleur que nenni. Dépitées, nous ne savons que faire. Pas d'autre solution que le sauna. Nous rentrons timidement. Les regards des hommes se pausent sur nous. Moi, je baisse les yeux car ma nudité sous la serviette me met mal à l'aise, me fragilise. Pas de regards arrogants, non, profil bas. Nous nous installons à coté d'une brochette d'hommes. La chaleur intense  conjuguée aux senteurs d'eucalyptus font immédiatement cligner les yeux et battre le coeur trop vite. Je commence à me détendre un peu en tirant comme une cinglée sur la serviette, inquiète que je suis que ma nudité puisse se remarquer. Au bout de quelques minutes, j'ose enfin lever les yeux et regarder autour de moi. AH ! celui qui est assis à côté de moi n'est autre que le beau gosse du matin, Philippe. Je détourne promptement le regard, et je fais des yeux affoles à mon amie qui comprend immédiatement avec un petit sourire moqueur. Je monte d'un étage et tant pis si dans le mouvement on devine ma nudité. Et là, de biais je peux reluquer à mon aise le bellâtre. Quelle déception, il est dodu comme un coucou, et pas musculeux pour un sou. Non, vraiment pas mon type. Vive Poseidon, adieu le beau gosse. Cela facilite notre ouvrage car dès lors je suis concentrée 100 % sur ma chasse aux toxines et aux vieilles peaux !!

Chez les Helvètes

Jeudi 7/12/06

Je suis allée me défouler au fitness. Un cours de body pump bien enlevé. Je souriais de me voir si jolie en ce miroir (non je ne riais pas, je souriais seulement). Aujourd'hui, j'ai mis autour de mon cou de cygne un petit collier modeste avec des diamants. Et oui, je ne suis qu'une femme. A défaut d'un bel éphèbe, je me suis achetée des diamants à Athènes. Ils brillaient élégamment à mon cou alors que je m'échinais avec grâce à soulever des poids. Opposition de la fonte et du diamant, du grossier et du raffiné. Décalage entre les vêtements de sport noir et l'étincellement des petites pierres pendues à mon cou. Oui, je sais Pascal, pas de commentaires s'il vous plait. Je me suis fait plaisir et je me suis plue et je crois que d'autres autour de moi ont remarqué combien une femme peut être attrayante lorsqu'elle se sent bien, lorsqu'elle se sent belle. Et à quoi cela tient-il, je vous le demande... à seulement 0.24 grammes...

15h39

Je suis au travail et impossible de vous ôter de ma tête. J'ai une image, peut-être pas très flatteuse prise au premier degré mais finalement très amusante (en tout cas pour moi), qui s'immisce dans mon cerveau : celle du sparadrap qui passe de passager en passager dans un des Tintin. Tout le monde veut s'en débarrasser mais impossible de s'en défaire. Vous êtes mon sparadrap à moi, hummm vraiment intéressante l'association. Pourtant, vous êtes loin de me coller, hélas, c'est plutôt moi qui vous colle. Ou non en fait, l'image est juste, vous me collez littéralement à la peau. La question est : souhaité-je vous ôter de moi ? Cela merite reflexion !

le soir

Cher Homme, vous m'attendrissez. Peut-être devrais-je m'agacer de vos continuelles taquineries ou méchancetés mais je ne peux pas. Je vous imagine fragile sous des dehors costauds. Je vous observe provocateur alors qu'au fond je suis sûre que vous êtes tendre et doux. Je sais que nous nous verrons qu'une seule fois. Je le sais mais je ne veux pas imaginer que j'en souffrirai par anticipation. Pourquoi donc marteler toutes ces réalités que je sais déjà, telles que : ce sera la dernière fois, que vous êtes marié avec enfants à charge, que je ne vous toucherai pas etc.. n'est-ce pas un signe évident de votre fragilité, de vos doutes, de vos craintes. Je vous pardonne. Je vais dormir en pensant à vous, comme souvent. Votre visage viendra peupler mes reves. A tout de suite...

Vendredi 8/12/06

Ce matin je lisais votre email ''et le pire c'est que nous n'aurons peut-etre rien à nous dire'' et dans mon for intérieur je me disais ''who cares ?''. Peut-être il ne s'agit pas de dire, peut-être s'agit-il tout simplement de vivre. Vivre le moment présent avec les surprises, bonnes ou mauvaises, qu'il pourra apporter. Pourquoi toujours projeter des choses, souvent des craintes ? Pourquoi ne pas attendre sereinement de voir ce que la vie offre au moment où on la vit justement ?

Dans ma voiture je n'ai cessé de penser à vous. Cent fois cela m'est arrivé, mais cent fois c'est la même histoire. Je pense à vous et subitement, comme un coup de poing dans le ventre, un désir immense me submerge. J'ai des noeuds dans le ventre, j'ai des manifestations physiques de mon désir de vous. Il me tue ce désir. Je suis démunie car je n'ai pas de réponse à donner à ce genre de situation. Papa, Maman ne m'ont jamais expliqué que le désir est quelque chose d'indomptable, qu'il se manifeste à sa guise et s'impose, gomme toute volonté sur son passage. Il ne reste que le pauvre erre pantelant que je suis, aux prises avec des envies inénarrables. Je rêve encore de vos mains sur mes fesses, glissant sur l'étoffe qui les recouvre en leur offrant une caresse indirecte insoutenable. Je sens mes reins se cambrer sous vos mains, quémandant plus encore. Je sens mon être tout entier se liquefier, se diluer et me revient en memoire cette image si forte de mon premier récit à vous (dans les bois) où je me fonds avec la terre en une riviere ondoyante et généreuse. A votre corps défendant, vous êtes l'objet d'un désir intense. vous n'avez rien fait pour le déclencher et pourtant il existe. Le chat de plus de 6 heures le fameux samedi m'a laissé une trace indélébile et depuis je ne peux vous extirper de moi. J'ai mal de vous Pascal.

Station Tamoil

Je vais faire le plein à la même station en Suisse. Cette station est typiquement suisse en cela qu'elle offre des services annexes, épicerie, bar... Tous les matins s'y retrouve une palette d'hommes de tout horizon. Ils fument beaucoup, rient bruyamment, parlent avec leur accent trainant, marque de fabrique du canton de Genève, et se tapent dans les côtes dès le matin. Je les soupçonne de glisser quelque améliorant alcoolisé dans leur café. Ce matin, alors que j'attendais à la caisse pour régler mon plein, un des clients du bar, précédé par une odeur de tabac tenace, rejoint la queue où je suis. Il est juste à côté de moi. La quarantaine bien sonnée, une barbe lègère ombre ses joues. Il a les cheveux gris, des yeux bleus tràs clairs surprenants par leur luminosite. Gabarit moyen, rien de remarquable. Il me lorgne. Je sens ses regards à la dérobée me jauger. Il interpelle le caissier qui est apparemment plus un ami qu'un fournisseur. Alors que je paie, il débite des âneries telles que je ne peux m'empècher de sourire, moi la pimbêche froide et sophistiquée. Malheur, il a vu mon sourire et le voilà d'enchérir dans ses propos. Je le sens fierot d'avoir sur retenir mon attention. Il continue à lorgner l'effet éventuel de ses (bons) mots sur moi. Je reste de profil, ne tourne surtout pas la tête sinon il penserait que je suis charmée par son humour à 3 francs CFA ! Il a terminé avant moi et s'en retourne vers le bar mais ne cesse de se retourner pour voir si je le regarde. Je quitte l'échoppe et dans le reflet offert par la porte de verre, je vois qu'il est resté un instant sur le seuil du bar à me regarder...

Cette anecdote n'est pas extraordinaire et pourtant ce sont ces petits faits ordinaires de la vie qui me la fait aimer plus que tout. Il ne s'est rien passé de mémorable. Juste un petit jeu inoffensif de deux êtres humains. J'aime ça...

Autosatisfaction

Ce soir, dans la petite ville de St Julien, je me fais arrêter brusquement par un homme qui m'interpelle en une langue martienne. Il baragouine quelques pauvres mots d'anglais entrecoupés de... russe. Le pauvre homme semble perdu, incapable d'articuler une phrase complète. Il se met carrément à parler russe, et moi, tout simplement de lui repondre dans sa langue maternelle comme si cela était absolument normal. Vous auriez vu la tête de l'homme. Interloqué, surpris, incrédule !! J'étais un peu fierote de l'effet produit, je dois bien l'avouer. Et quoi, une française dans une petite ville de province insignifiante (guère plus de 10,000 habitants) qui connait mon idiome ! Qui aurait cru il y a 28 ans, quand j'ai commencé à étudier cette langue très exotique pour l'époque, que cela m'aiderait un jour à guider un chauffeur de camion russe perdu ? Qui aurait cru que des années après, l'URSS serait éclatée en de nombreuses républiques, que le tourisme se ferait sans gros bras du KGB sur les talons, qu'une forme de libre échange existerait avec d'autres pays, capitalistes. Qui aurait dit que le choix que je faisais alors, moi qui passais pour une extravagante, se révélerait un choix clairvoyant ?

Allez soyez indulgent. Pardonnez moi cet accès de suffisance, mais avouez que tout de même ce n'est pas si banal que cela, non. Les choix que nous faisons sont-ils le fruit du hasard, ou bien sont-ils guides par une connaissance inconsciente de ce qui sera ou devrait être ?

Samedi 9/12/06

J'ai commencé la journée à 6h15 ce matin. Vous étiez déjà dans mes pensées. C'est de la possession. Un petit exorcisme ne me serait pas superflu. J'ai tourné dans tous les sens pendant deux heures, mais vous étiez toujours là, sous mes paupières. Vous, sur votre banc, à Barcelone, le visage pale, le regard interrogateur, les bras toujours aussi serrés autour de votre torse, signe evident de fermeture en langage corporel. Et puis, je me suis arrachée du lit. Je me suis fait une tasse de café et j'ai regardé ma boite aux lettres. J'ai eu du plaisir à lire votre ''ce qui ne se passera pas'' ainsi que le ''ce qui ne se passera pas 2'', en déplorant toutefois que vous ayez encore une fois décidé d'atténuer l'impact de ces deux petits textes en m'arrosant de propos negatifs dont vous avez le secret. Et pour écarter les influences néfastes desdits emails sur mon imaginaire, j'ai lu et relu vos deux messages. Ils m'ont laissée de nouveau dans un état... j'adore que vous jouiez avec moi. Je suis si receptive et reactive ! La puissance de vos mots sur mon imagination est à la limite du surnaturel. Trop cérébrale ?

Bricomarché

C'est bon d'etre une femme dans un monde d'hommes. Vous achetez des bûches et du sel pour l'adouciceur, respectivement 10 kg et 25 kg et vous affichez un air de pauvre femme sans défense, et là, deux jeunes hommes (beaux yeux...) se proposent en choeur pour vous porter les charges jusqu'à votre véhicule... qui a dit que les jeunes n'ont plus de savoir vivre ?  Qui a dit la difficulté d'être femme sous nos latitudes ?

Téléphone

Vous venez de m'appeler. Je suis de la guimauve en fusion (tiens, tiens...) dégoulinante de sucre fondu. Vous raccrochez comme un voleur de baiser. PPPFFF et vous avez disparu ! Je repense à vos quelques mots. Ah, l'arrogance des hommes : ''j'ai mis quatre mois à vous faire monter, il me faudra un  mois pour vous faire redescendre sur terre !''. D'abord, cela fait 5 mois Monsieur, que je fantasme comme une folle sur vous, et puis sachez que je redescendrai sur terre si je le veux. Vous allez finir par m'effrayer. Etes-vous si insipide, inodore et incolore pour avoir cette peur de déteindre sur notre rencontre. Moi, quand je pense à notre rencontre, je m'affole. Je suis tel un papillon multicolore qui volète dans tous les sens, tant mes sens sont bouleversés à l'idée de vous avoir en face de moi. La tête me tourne, mon ventre vous appelle. Je sais, c'est assez malséant, impudique à souhait. Après tout, je vous ai vu nu, cela crée une complicité non ? Vous, en revanche vous ne me verrez jamais nue. Tant mieux ? Tant pis ? Je ne sais pas. Dommage, surement, vu le soin que je mets à l'entretenir, à le sculpter, à le polir. Je n'ai d'autre capital que ce physique, standard soit, mais bien mis en valeur à défaut d'avoir un QI de prix Nobel et une culture à la Jean d'Ormesson.  Finalement, vous avez peut-être raison. Notre rencontre sera sûrement une catastrophe...

dimanche 10/12/06

il est 9h03. Pas de message de vous. Je vais donc courir. Il fait -1 deg c, la campagne est blanche et craquante, le soleil se lève difficilement. Cela va être dur. A plus tard.

J'ai mis 46 minutes ce matin. Quatre pauvres petites minutes de gagner, c'est déjà ça. Le marathon n'est, je le crains, quand même pas pour demain. Que faites-vous ce matin ? Des idées de vous en famille m'assaillent et m'ennuient. Pourquoi être resté sur Meetic cet été alors que votre famille avec femme et enfants, était recomposée,  vous qui en fait n'êtes pas disponible pour une femme comme moi ! Je vous hais...

Leçon N° 1 : je sais que vous allez l'aimer

''Mais non, là vous voyez la différence entre vos salons et mon terrain...vous ne rencontrerez pas un joueur de bon niveau qui le prononcera ainsi.''
Sujet de reflexion : la majorité a-t-elle raison ? L'ignorance des masses fait-elle loi ?
''Mais ce n'est pas grave, vous n'aurez plus l'occasion de me l'entendre dire...''
Constat : ah ah seriez-vous susceptible. Aurais-je trouvé une faille dans cette armure d'airain. Cet homme infaillible, inaccessible aurait-il un talon d'Achille, serait-il finalement humain ? Mon Dieu, quelle découverte.
Epilogue
Drôle de journée, après une douche bouillante, voluptueuse, pleine de senteurs de plantes, d'huile prodigieuse, je trouve votre email désobligeant. Vous me déconcertez Cher Homme. Je crois que vous ne vous rendez pas bien compte de ce que vous écrivez et de ce que vos mots impliquent. On peut dire beaucoup de choses sur le ton de la plaisanterie, mais il y en a certaines qu'il faut mieux taire ou réserver pour les vestiaires de sqwatche avec des hommes suants, poilus et frustres. Je ne sais jamais si vous pensez ou non les allusions que vous avez faites dans votre carrière de correspondant exclusif de Ghislaine Allain ! Je veux croire que non, mais leur récurrence me fait craindre le pire. Rassurez-moi quand vous me verrez. Prenez mes mains tremblantes dans vos grandes mains de flutiste, regardez-moi dans les yeux et dites-moi que toutes ces vilaines choses n'étaient que l'expression de vos mauvaises humeurs, de vos frustrations ...
Bonne élève

Bon, alors que faites vous ce WE ? J'ai passé mon temps à penser à un homme interdit, une sorte de moine qui a fait voeux de chasteté.

comment serez vous habillée lors de notre rencontre ? c'est à vous de m'aider à répondre à cette question. S'il vous plait, guidez moi. Je veux vous plaire, car ce sera la seule et unique occasion de vous ensorceler !

aimez vous conduire la nuit ? J'aime conduire en générale, la conduite est propice à la réflexion, et je suis nyctalope.

que se passera-t-il si je vous séduis ? Si séduire veut dire  ''Convaincre en mettant en œuvre tous les moyens de plaire.'' n'hésitez pas un seul instant, Pascal, je vous en prie séduisez-moi, je ne demande que cela... Mais si séduire veut dire ''Attirer de façon irrésistible. '', alors c'est déjà le cas, ne le savez-vous donc pas ?

Avez vous tout dit à votre amie ?  Non, je garde ce qui nous concerne comme une espèce de trésor. Elle sait les grands traits de mon attirance ridicule pour vous, elle connait le joug sous lequel elle me voit me débattre et me prend pour une folle !

que se passera-t-il si vous me seduisez ? Cela n'arrivera jamais. Donc, aucune crainte et aucune parade à prévoir. Vous voilà rassuré ? Et si cela etait, je me transformerais en Shéhérazade pour vous fasciner 1001 nuits durant. Je me transformerais en Salomé et danserais la danse des 7 voiles, non pas pour avoir votre tête sur un plateau, non, pour vous avoir vous, dans mes bras tant que je le trouverais bon...

qu'aimez vous boire à part le champagne ? J'adore le bourgogne rouge.

que se passera-t-il si c'est réciproque ?  Hélas, trois fois hélas, cela ne se peut. Vous êtes un homme de parole, je le vois bien, et votre détermination est admirable. Je vous demanderai peut-être, si je l'ose, de me regarder droit dans les yeux lorsque je glisserai doucement ma main entre mes jambes...

Lundi 11/12/06

En vrac

J'ai aimé le morceau de musique que vous m'avez envoyé vendredi( Client - Here A... (4 Mo)) mais impossible de le copier dans mon Ipod pour cause de message incompréhensible : blabla protégé blabla re-write blabla ! Je suis frustrée. Je voulais le garder pour toujours en souvenir de vous. Dites, me remettrez-vous un disque de vous, en cadeau d'adieu, le 28/12 ? J'y compte.

Pinochet viens de mourir .. que de monde attristé, il ne sera pas jugé. Les salauds restent-ils toujours impunis ?

Vous n'avez même pas pris la peine de jouer à mon jeu : verbe et préfixe. Vous voyez, vous vous moquez bien de ce que je vous écris. Vous ne vous prêtez même pas un seul instant à mes caprices et en plus celui-ci était éducatif ! Mauvais élève...

JE VEUX VOTRE LIEU DE NAISSANCE : le nom exact de la ville et rappelez moi pendant que vous y êtes l'heure exacte.

Blog

''Et  si on passait au management romantique ? et si on libérait les sens dans tous les sens ? si on se fiait à l'intuition ? si on libérait les fragrances dans les ateliers et les bureaux ? si on laissait aller ses aspirations égoïstes ? si le coeur et l'âme guidait nos décisions ? si nos sentiments l'emportaient sur la raison ? si la séduction, le badinage prenait le pas sur la rigueur et la mesure ?

Pourquoi le monde industriel occidental doit-il mourir résigné et terne ? la folie, l'espérance, le fantastique, le mystérieux ouvriront d'autres horizons, des dimensions inconnues dans le monde de la performance. La froideur a tué la créativité. Réchauffons nous. La calotte glaciaire du tout planifié est en train de fondre...

La nouvelle ère du management est ouverte...l'ére du management romantique...

Et  si on passait au management romantique ? et si on libérait les sens dans tous les sens ? si on se fiait à l'intuition ? si on libérait les fragrances dans les ateliers et les bureaux ? si on laissait aller ses aspirations égoïstes ? si le coeur et l'âme guidait nos décisions ? si nos sentiments l'emportaient sur la raison ? si la seduction, le badinage prenait le pas sur la rigueur et la mesure ?

Pourquoi le monde industriel occidental doit-il mourir résigné et terne ? la folie, l'espérance, le fantastique, le mystérieux ouvriront d'autres horizons, des dimensions inconnues dans le monde de la performance. La froideur a tué la créativité. Réchauffons nous. La calotte glaciaire du tout planifié est en train de fondre...

La nouvelle ère du management est ouverte...l'ére du management romantique...''

Pascal, plus je vous découvre et plus vous me faites craquer... je viens de lire quelques passages de votre blog. Ce qui précède m'inspire car j'ai pensé la même chose en mon temps. J'ai une équipe grossissante, 17 personnes aujourd'hui et malheureusement pour moi, elle va continuer à s'agrandir à mon grand dam. Je me demande souvent quelle est la meilleure technique de management. Comment concilier l'être humain et le professionnel. Comment obtenir le meilleur de chacun en le laissant s'exprimer dans sa créativite tout en respectant un cahier des charges, des procedures, des exigences de qualité et de résultats. Je ne sais pas. Plus j'avance et plus je suis tiraillee entre des écoles différentes. Je suis la plupart du temps mon instinct, mon intuition. Cela vaut ce que cela vaut. Il n'y a pas de panacée en cette matière. La diversité des personnalités, les ambitions personnelles, les intérêts privés, les origines sociaux-culturels variés font que je ne peux avoir de recette miracle.Je suis quelques fois perdue, me disant que je ne suis pas à ma place. Je suis un bon petit soldat, marche ou crève. Je prends toutes les responsabilités que l'on me donne. J'essaie de faire fonctionner cette équipe au mieux des ressources qui me sont données et des miennes propres. Mais que cela est dur ! Je rêve, moi aussi, d'un management ou les hommes s'exprimeraient dans toutes leurs dimensions tout en ayant l'envie de travailler à la construction du même grand oeuvre. Je rêve, toujours, moi la pragmatique froide et professionnelle. Personne ne sait au fond qui je suis, ce qui me motive, mes aspirations. Je suis un masque social, une façade glissante. Rien n'a de prise. Efficacité, résultat, conformité avec les règles et les lois... mais qu'estce que je fous là mon Dieu ! Tout cela me donne le cafard.

A ce moment précis et très inopportun je vous kiffe toujours plus... Mais pourquoi nous sommes-nous donc croisés sur la toile ? Est-ce une rencontre fortuite, sans aucun sens, sans but, sans raison ? Le hasard existe-t-il ? Vous me subjuguez. Vos belles mains jouent de la flute et moi, le serpent ondulant, j'ondoie au rythme de vos notes ensorcelantes. Je ne suis plus rien, je suis imprégnée de vous.

Plus ça va et plus je crois que vous m'êtes de loin intellectuellement supérieur. J'ai peur de vous paraitre bête, stupide, ignare. J'ai peur de vous decevoir. Les premières peurs apparaissent, zut...

Ce qui n'arrivera pas (3)

Titubant je me lève et vois une forme inconnue dans le lit. Que diable fais-je sur un fauteuil...? je soulève la couette. Je vous vois, vous êtes sur le dos. Nue. Vous semblez dormir profondément. La vue de votre corps inattendu provoque en moi une bouffée d'envie. Je me déshabille aussi et me glisse doucement contre vous. Je commence à l��cher vos épaules. Vous dormez et moi je rêve. Ma langue vous absorbe en entier. Chaque cm² de votre peau est humé, sucé, embrassé...

Vous ne bougez pas. Votre corps est ouvert, vos bras et vos jambes en croix, prête au supplice... Mon désir est fou. Je me serre contre vous...sur vous. Je me sens vous pénétrer doucement. Je vous fait l'amour ainsi, vous belle dormant, moi prince charmant...
Je garde les yeux fermés, je n'esquisse pas un mouvement, j'ai trop peur de rompre le charme, de vous reveiller, de vous faire fuire. Je sens mon coeur s'emballer, je crains que ses battements accélérés soient perceptibles tant ma poitrine se gonfle. Pourvu qu'ils ne me trahissent pas. Je fais semblant de dormir mais je sens entre mes jambes la traduction fluide du désir que vos caresses ont fait jaillir. Vous me respirez, votre langue courre doucement le long de mon cou, titille au passage le pointe de mes seins qui se dressent contre ma volonté et envoient des salves électriques au creux de mon sexe. Ma respiration devient plus profonde et mon coeur continue de battre la chamade. Votre langue descend le long de mon plexus, le long de la ligne médiane de mon ventre, tout doucement, accompagnée de votre souffle bouillant. Le ru initial déborde en rivière et je sens mon sexe se gorger d'envie. Votre langue continue sa descente vers mes cuisses. Vous vous arrêter un instant et respirez mon intimité. Je n'y tiens plus. Des élans incontrôlables me saisissent et je brûle de sentir votre langue sur mon sexe, explorer le sillon inondé de mon désir de vous. Vous vous contentez de me humer jusqu'au moment ou tranquillement vous reprenez votre voyage en sens inverse. Délicatement vous vous étendez sur moi et je sens le poids de votre corps qui épouse le mien. Votre visage vient se nicher dans mon cou. Votre respiration est précipitée, votre souffle toujours plus incandescent. Mes hanches imperceptiblement se soulèvent, viennent à votre rencontre. Votre sexe tendu et dur glisse entre mes jambes sans peine. La riviere vous acceuille et vous montre le chemin. Vous remonter le courant centimètre par centimètre et me mettez au supplice. Je veux que vous me crucifiez de plaisir et que vous meurtrissiez ma chair d'assauts violents et répétés. Mais non, vous vous faites plaisir, pensant que je dors toujours et votre va-et-vient est lent, consciencieux, doux. Je n'y tiens plus mais retiens l'élan qui voudrait que je cambre mes reins d'un seul coup, que j'entoure votre taille de mes jambes puissantes, que mes bras s'emparent de votre torse pour me plaquer à vous et obtenir enfin l'apaisement du feu qui me consume. Mais je reste impassible. Vos mouvements s'amplifient enfin. Vos mouvements deviennent vifs, brusques. Votre respiration au creux de mon cou me brûle. Je ne peux retenir la mienne plus longtemps sous peine de défaillir. Je ne résiste plus et subitement mon bassin accompagnent votre va-et-vient intense maintenant. Vous soulevez votre visage, je sens votre regard interrogateur sur le mien. Le peu de lumière de la chambre vous révèle mes yeux grands ouverts, perdus dans le plaisir que vous me donnez. Nos regards se croisent au moment ou une décharge impétueuse saisit nos deux corps simultanément. Vous lisez un plaisir insensé dans mon regard égaré et je lis avec reconnaissance le vôtre dans vos yeux.  Et nous jouissons à l'unisson...
JE N'EN PEUX  PLUS DE VOUS CHER HOMME !

jeudi, 30 novembre 2006

ELLE- L'écureuil

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J'ai pensé qu'il était de saison de vous faire une importante provision de noisettes car j'ai peur que vous n'en manquiez en mon absence. Je vous imagine en écureuil svelte, voire décharné après votre régime d'octobre, au pelage roux flamboyant et à la queue en panache en train de grignoter avec intérêt j'espère chaque idée que je me suis amusée à developper pour vous... quoique, la queue en panache c'est peut-être un peu excessif vu ce que vous m'avez confié. Alors oublions le panache, conservons les noisettes et régalez-vous !
Je pars pour 4 jours à Athènes en villégiature me faire voir chez les Grecs. Pourquoi ? Découverte d'une civilisation qui m'attire et vérification, si les circonstances s'y pretent, de la réputation des Grecs .. mais je suis sûre que c'est surfait. Je vous raconterai.

24 nov 2006
ELLE N°3177  20 nov 2006

Pour changer, je pense à  vous. Avec le Elle c’est inévitable .J’y ai lu un article fort intéressant en page 34. Cet article m’a irrémédiablement  ramené à vous ! Mais pourquoi donc ?  Encore une de mes impertinences …

 Dans les douches du Fitness : 
Je m'interroge Cher Homme. Serais-je femme, en vieillissant, à plaire aux Femmes ? Cela serait-il possible, moi qui n’ai jusqu’à ce jour remarqué que l’attirance des mâles ? Imaginez-vous que depuis quelques semaines, une des profs du Fitness dont j’ai eu l'occasion de faire des cours de CAF prend soin de me dire bonjour, de me faire un brin de conversation alors que j’ai cessé ses cours depuis longtemps. Dès qu’elle me croise, elle s’arrête un instant pour  échanger quelques banalites. Dans les vestiaires, elle prend le temps de me demander quel entraînement j’ai fait et commente. Insiste depuis longtemps pour que je fasse le cours de Body Pump du jeudi soir avec elle « tu devrais venir, il est bien mon cours, et puis, en général, après nous sortons boire un verre … pourquoi ne viendrais-tu pas ? »  mais ce qui m’intrigue surtout c’est la façon qu’elle a de toujours choisir la douche libre la plus proche de la mienne. Elle sait que je n’aime pas cela car je reçois alors toutes ses éclaboussures dans le visage. Mais elle est joueuse et me regarde à tout instant me savonner, sans apparemment se demander si ses regards pourraient me déranger. Elle fait partie des impudiques, de celles que la nudité ne dérange pas. Pas exhibitionniste non plus, mais très à l’aise avec ses rondeurs quasi Botériennes (!). Tous ses reliefs m’amènent des images de Déesse de la fécondité de tribus primitives. Tout chez elle est rond, opulent et ferme. Elle est jeune et ses yeux sont toujours mus par des pétillements coquins. Je dois fantasmer sûrement, mais c’est bien la première fois que mon instinct me dit « oh,oh, cette fille là ne te regarde pas en fille » ». Bon, c’est seulement mon instinct… je vous dirai la suite.

Cela s’est passé mardi pour la dernière fois, et bizarrement, le soir même un homme m’a dit « toi, tu as un physique qui doit plaire aux femmes… » Just like that, out of the blue. Je suis restée ébranlée … 

En vrac : 
Je suis agacée. Pourquoi les hommes jugent-ils sur la mine ? Pourquoi faut-il toujours qu’une femme qui prend soin d’elle, qui veille à être jolie, habillée si possible avec une élégance discrète, sans ostentation, qui parle le français relativement selon la règle, qui utilise sujet verbe complément, qui est polie, distante mais pas hautaine, sûre d’elle mais pas prétentieuse doit-elle être taxée de « sophistiquée » ? Dans la bouche de certains, sophistiquée signifie chipoteuse, chieuse, compliquée, difficile, factice ... au lieu d’être un compliment révélant les qualités citées ci-dessus. Doit-on porter des baskets informes, des jeans dégoulinants, des pulls sans structure pour que l’on soit reconnue comme authentique ? Je m'interroge, mais ce n’est pas pour autant que je vais changer car l´'esthète en moi s’y refuse. Sophistication ne signifie pas vide sidéral de la personnalité et n’est pas l’antonyme non plus de naturel et vrai.  Non mais… 
L’HIVER
Quelle tristesse que l’hiver en Haute Savoie, et particulièrement à Veigy. Genève étant dans une cuvette, il peut se passer des jours entiers sans que la lumière du soleil ne s’aperçoive. A moins de monter à Chamonix ou aux Gets au-dessus de 1200 m, on reste dans la purée de pois. Le ciel est lourd de nuages de plomb, la bise glaciale cisaille les chairs, la neige et la glace envahissent les routes, des congers gigantesques colonisent le bord des voies et rendent dangereuse la circulation. Moi, petite Parisienne trouillarde, même chaussée de pneus neiges, je tremble devant le mauvais temps. Quatre mois de ce régime, et c'est la pendaison garantie, à moins que ce ne soit la prise de barbituriques…quoiqu’à tout prendre, je choisirais bien la version plus sulfureuse de « Matador» d’Almodovar. Vous aurez compris que je déteste l’hiver. Surtout le prochain que je vais passer seule dans notre grande maison. Mais malgré tout , il y a certains aspects, que j’adore. Le froid, parce que je sais que je peux me réfugier au chaud. Evidemment je raffole du feu dans la cheminée, la vision tantôt orangée tantôt bleue verte des flammes qui viennent frôler les bûches, les grignotent tout doucement en morsures brûlantes, qui font gémir le bois. J'aime bien l'idée du gémissement à l’unisson…J’aime le bien-être immédiat que la vue d’un feu transmet à mes neurones, et la promesse implicite d'une bonne soirée. Je sais, je suis un véritable cliché ambulant mais le feu a un attrait sur moi jamais démenti comme sur une éphémère. Tiens, j’avais évoqué la pie, l’alouette, jamais l’éphémère ! La ménagerie s’agrandit.

Ensuite en hiver, on ressort les bas. Je succombe à l’élégance de jambes gainées dans des bas noirs. Vous savez, ces bas qui tiennent tous seuls, suspendus sur la cuisse comme par miracle, enserrant la jambe dans une jarretière de dentelle. Ces bas dont la maille soyeuse est si aérienne qu’elle voile à peine la peau qui se devine pâle et tendue sous un effet moiré.  Il convient de les porter pas trop haut sur la jambe, sinon cela ressemble à un vulgaire collant, ni trop bas non plus sinon autant porter des chaussettes. Non, la jarretière doit s’arrêter au mitan de l’adducteur, là où la chair est ferme. Le silicone alors ne garrotte pas la cuisse mais adhère en douceur sans altérer le galbe. La ligne est maintenue dans toute sa beauté et le regard s’affole à la vue si tentante de cette petite zone de chair  restée nue, ce même regard irrésistiblement attiré par l'estuaire sombre, promesse de tant de félicités. J'aime savoir que je porte des bas sous une jupe bien comme il faut. Passer mes mains sur mes fesses puis mes cuisses pour me réajuster, et sentir sous les paumes un très léger relief trahissant la présence de ce secret caché. Quel plaisir sensuel cela  m’est d'imaginer la main d’un homme effectuant le meme mouvement et  sentir subitement sa main marquer un arrêt involontaire, au niveau de la jarretière, et s'y attarder un peu comme pour s’assurer que les signaux de reconnaissance envoyés à son cerveau confirment la première intuition « mais ce sont des bas ... ». Croiser le regard de l’homme étonné, voire même incredule, puis certainement un pétillement dans les yeux, une petite lumière qui n’y était pas la minute précédente et qui trahit sans grands discours l’anticipation friande de plaisirs à venir. Car oui, pour la majorité en tout cas, une paire de bas fait rêver et est associée dans l’imaginaire masculin à la femme sensuelle et avenante (ttsss, ttss je n'ai pas dit facile)...  

Et puis en hiver, j’aime m’emmitoufler dans des couches successives de petits tops en coton puis de sous-pulls, puis de gros pulls moelleux, m’apparentant plus à un oignon qu’à une reine de beauté, mais c’est tellement confortable et tellement plus amusant lorsqu'on doit en entreprendre l’effeuillage ! A la pensée de toutes ces couches de vêtement, deux idées s’imposent à moi. L’une pleine d’humour : la chanson de Barbara « déshabillez-moi » j’adore le piquant et le bien vu de ses paroles, je roucoule d’aise. L’autre plus terrible : l’effeuillage impossible de « Cet obscure objet du désir » ou Fernando Rey devient fou. Dites Cher Homme, c’est bien le sexe qui fait tourner le monde, pas l’Amour ?

J’aime aussi passer des heures en cuisine et l’idée de régaler l’homme que j'aime ou mes amis me motive pour réaliser des recettes longues, compliquées mais au final succulentes. Je vous conseille les fiches ELLE, le succès est garantit. J’adore qu’on me regarde avec les yeux brillants de gourmandise contentée en me disant quelque chose comme « hum, c'est trop bon, quel chef tu fais …»  Bon, ça va, je sais que cela ressemble à une publicité « c'est moi qui l'ai fait » mais je dois avouer que  je suis cabotine en cuisine et que je ne me débrouille pas mal. Si vous le vouliez, je vous preparerais le meilleur gratin dauphinois du monde, et vous fondriez de plaisir en me regardant avec les yeux énamourés de celui qui a décidé de ne plus jouir que par sa bouche, ses mains et son cerveau.

A ce propos :

''Je suis assexué par serment et repentance, mais j'ai des mains, un bouche, un cerveau. J'ai fait craquer par mes caresses et mes baisers, je dois être capable de le faire encore, un jour.''

En parlant de mains, bouche et cerveau j’ai repense à votre email et je me suis mise bien involontairement  à élaborer sur le sujet . Finalement, peu importe  qu’une certaine partie de votre anatomie se soit résorbée au point de ressembler à un escargot momifié ou aux restes peu appétissants d’un cordon ombilical en phase de dessiccation avancée. Bien caché, une femme non avertie peut ne pas y faire attention dans les premiers temps. Vous veillez d’abord à la fasciner par votre intellect brillant, elle est déjà accrochée. Puis vous modulez votre voix en fonction des messages que vous lui envoyez et ses regards se font plus flous, elle est presque sous hypnose, vous pourriez débiter la pire des fadaises elle est déjà conquise. Quelques phrases plus animées, vos mains magnifiques jonglent habilement devant ses yeux à l'appui de vos propos, vos longs doigts souples comme des serpents, elle est sous votre joug,  elle est captivée, elle ne pense qu’à une chose : votre bouche sur ses lèvres, vos mains sur son corps, partout en même temps, votre langue, vos lèvres lui susurrant  les mots d’amour et de désir les plus envoûtants, les plus audacieux. Elle est vôtre, pantin désarticulé dans vos bras, prête à recevoir tous vos hommages quelle qu’en soit la forme. Et tant pis si vous, frêle homme androgyne vous n’assouvissez pas votre propre désir, car de toute façon vous n’en avez plus.

Cette femme ce pourrait être moi, et je me perds dans mes rêves éveillés à l’évocation secrète de tout ce que vous pourriez me faire subir de délices juste par le contact de vos mains, de votre bouche, de votre langue, de votre respiration, de votre souffle sur les zones de mon corps genéralement négligées. Les hommes ont une cartographie du corps féminin tellement simplifiée. A se demander s’ils ont constaté l’existence d’autre chose qu’une paire de fesses et une paire de seins ! 
Alors j’invente vos caresses olfactives et tactiles au gré de mes envies et du désir que j’ai que l’on m’aime pour une fois toute, totalement, entièrement. Je sens votre haleine chaude s’échapper de votre bouche en un  filet mince et contenu qui  remonte du tendon d’Achille tout doucement le long du mollet, s’attarde un instant dans le creux du genou, flirte avec le haut des cuisses et redescend en sens inverse créant à son passage des milliers de frissons.
Le rituel reprend mais cette fois-ci vous me humez et de nouveau le souffle chaud déclenche sur ma peau des frémissements électriques insoutenables. Vous dépassez les fesses qui pour une fois restent ignorées et vous stoppez votre course un instant dans le creux de mes reins, soufflant délicatement sur la surface de la peau, effleurant le duvet plus dense à cet endroit, agaçant voluptueusement cette zone reconnaissante, habituellement si délaissée. Vos mains se joignent à votre bouche, à votre nez, et se posent sur le rond de mes hanches pour les caresser, mais les caresser vraiment, longuement…  vous cessez ces caresses pour continuer l’ascension de la colonne vertébrale jusqu’à la nuque. Nuque riche de sensations si peu souvent sollicitées. Vous me humez encore, vous me respirez toute. Je ne suis que parfums et frissons … l’excursion pourrait continuer bien des minutes encore tant la cartographie est variée mais je ne veux pas lasser le lecteur attentif que vous êtes. La simple image de ce parcours de vos mains et de votre bouche sur mon corps suffit à vouloir vous persuader que je suis la plus extraordinaire des femmes. Que contrairement aux donzelles précédentes qui le clament aussi mais ne le sont pas, je le suis véritablement  et suffisamment  pour que vous vouliez  redevenir l’amant terrible qu’un jour vous fûtes.

25 nov 2006 Swan Lake  made in UK

Quelle surprise. Je ne savais pas à quoi m’attendre véritablement. Les articles assez élogieux avaient laissé entrevoir un parti pris de mise en scène  hors norme diront-nous, mais là… Vive les anglais et leur sens de l’humour décapant. L’audace des choregraphies sur certains morceaux de facture classique, les costumes provocateurs et magnifiques loin des représentations poussiéreuses de vieux tutus en tulle rigide ! Et puis les cygnes, ah les cygnes ! Quel programme. Particulièrement remarquable le cygne leader, au physique de camionneur (musclé, soit !) plutôt qu’à celui d’un cygne tout frêle, tantôt macho de cabaret, limite souteneur, tantôt cygne gracieux et puissant dans un corps à corps avec le Prince amoureux. Drôle d’échange que ce pas de deux revisité sans tomber pourtant, mais de justesse, dans la caricature des spectacles de Michou ! C’est beau un homme dont le corps a été sculpté par des années d’entrainement draconien, par des exercices inhumains d’étirement. La souplesse et la puissance associées, défi à la pesanteur, aux articulations, aux tendons. Tout mouvement devient puissamment aérien, gracieusement musclé, dégage force et fluidité. Et puis quelle audacieuse effronterie dans certaine choregraphie, oui vraiment ! On sourit même tant tout cela nous sort des poncifs anticipés et redoutés. Nous sommes sortis conquis, souriants, emballés. Un spectacle qui fédère à ce point les opinions, les ressentis ne peut pas être vraiment mauvais, non ?

26 nov 2006 

Dimanche matin

Expédition punitive / énième campagne de destruction des imperfections de nos corps de gazelles. Là c'est à Paris, dans le petit hammam de mon ancien quartier. Désuet, limite vétuste, la clientèe est une clientèle maghrébine. Adieu les femmes chics de Genève, avec leur chichis et leur prétention. Bonjour la mixité des cultures, la simplicité des mises, la modestie des regards voire leur timidité. De vraies femmes sans atours, sans masque. Elles ne sont pas très jolies, souvent tres grasses mais pourtant attirantes dans leur opulence millénaire. Des femmes-mères, aux cheveux roux de henné, aux mains et pieds tatoués. Le hamman c'est un no-woman's land ou toutes, nues, pareilles, nous nous mélangeons réunies autour d'un même rituel quasi sacré. J'aime cette parenthèse hors du monde.

Chasse au Trésor

Repère C bis: Rappelez vous des Saints Innocents...

Si vous étiez un trésor et bien vous resteriez pour toujours bien enterré à l'endroit ou l'on vous aurait mis et jamais je ne vous trouverais. Si vous étiez mon Trésor comme celui de l'Alchimiste (PCoelho) alors j'errerais toute ma vie sans vous rencontrer et je serais une âme en peine jusqu'au moment de ma mort. Vos repères sont certainement très lisibles pour les initiés mais je n'en suis pas une et lorsque je trouve sur Internet : 
Résultats 1 - 10 sur un total d'environ 18 200 pour proverbe Aux saints innocents, le jour croît fort doucement

je me désespère (si, si, vous savez bien que je suis granliloquente et excessive dans mes sentiments !) et je conclus que peut-être ce ne sont pas de vrais repères, qu'il n'y a rien à comprendre, vous jouez. Comme un enfant facétieux, vous jouez avec moi, et moi qui suis tellement sensibilisée par vous, je prends tout au pied de la lettre, je me gratte le crane, je fais des recherches sur Internet mais les repères restent opaques, la lumière jamais ne jaillit et je me ronge les ongles en pensant ''ah, horreur, malheur, j'aurais pu le voir, et bêtasse que je suis, je passe à côté d'une opportunité parce que je suis par trop stupide...''. Alors, évidemment, l'étape suivante est le dépit (Mouvement passager de colere ou d'impatience mêlée de chagrin et provoqué par une contrariété, une déception) et comme un être humain normal ne saurait se supporter médiocre (psychologie de base)  je reporte la faute sur vous, je vous traite de tous les noms, je vous conspue, mais dans mon for intérieur seulement  !

Pourtant, ma seule motivation c'est de trouver comment faire pour vous faire mordre à mon hameçon (mon hameçon ??), ou peut-être moins violent et douloureux, comment vous prendre dans mes filets ? De Poissons, je veux me transformer en Sirène pour vous captiver, vous séduire. J'ai essayé le chant, mais vous restez sourd à mes propositions et les merveilleuses vocalises que je vous promettais vous laissent de bois, voire complètement indifférent. Il me faut donc trouver une méthode plus radicale ou finalement votre volonté et votre envie n'auraient pas beaucoup de part ! Quel est donc votre talon d'Achille ? Contrairement aux autres hommes, rien ne sert de vous faire miroiter des nuits d'amour passionnées. Vous les avez vécues et tout ce qui pourrait dès lors exister vous paraitrait  fade et insignifiant ... sans compter que votre anatomie s'est réduite à une peau de chagrin et bien douée et motivée serait celle qui saurait reanimer la bête ! Ah Cher Homme, comment vous tenter, comment vous donner envie de me rencontrer simplement, sans élaborer tous ces plans inaccessibles ? 

Résultat du sondage

En femme conscienceuse et de parole, j'ai effectue un sondage sur un échantillon représentatif de la gente masculine. Le résultat est probant : prof de fitness, 31 ans, marié, un enfant = petits seins (ouf). Homme Meetic, 50 ans, divorcé, 2 enfants = seins moyens (re-ouf !). Homme Meetic, 43 ans, divorcé, 1 enfant :  petits seins mais surtout réactifs (évidemment). Copain, 34 ans, célibataire : sans conteste, des petits seins  (le bol !). Au vu de ces réponses, je n'augmenterai pas artificiellement mon tour de poitrine (ps : vous croyez que la question telle que posée était biaisée : ''que préferez-vous, des petits seins qui tiennent ou des gros seins qui tombent, sachant que les gros seins qui tiennent ne sont pas une option ?'')...

28 nov 2006

Vous m'appelez. Je sais que c'est vous au moment même ou je décroche le combiné. L'intuition féminine ne serait donc pas un mythe ? En tout cas, je voulais vous entendre, je voulais que votre voix pénètre mon cerveau, vous vous souvenez. Mais vous, égoiste patenté, vous ne pensez qu'à vous approprier ma voix. Je pense à Grenouille. Heureusement, vous ne m'avez pas dérobé mon essence et votre vol est moins douloureux et en tout cas pas fatal. Je vous kiffe comme une dingue.

29 nov 2006

Je porte une robe de jersey en viscose très fluide, hyper féminine. La jupe évasée danse autour des mes jambes lorsque je marche. J'ai mis les fameux bas noirs, ceux qui rendent irrésistibles, mais seule moi  le sait. Je porte des chaussures en nubuck, très année 50, avec une jolie ligne courbe et un talon haut légérement compensé. Je croise dans les vitrines mes jambes ainsi habillées et chaussées. J'adore le profil du mollet et la cambrure du coup de pied que le port des chaussures confère. Mon style ressemble à celui d'une pin-up ou plutot à Dita Von Teese. Je me plais. J'imagine l'élégance de mes jambes une fois ôtée la robe. Je voudrais qu'un homme me voit !

20h10

Je suis en route pour mon cours de salsa, et subitement au volant de ma voiture, la pensée de vous me saisit violemment. C'est inopportun car la concentration me fuit un très cours instant. Je ne suis, pendant quelques secondes, que sensations. J'ai envie de vous, à ce moment précis. Je sens mon corps réagir alors qu'aucune sollicitation extérieure ne l'explique. Juste la puissance d'évocation de mon cerveau. Je suis à un feu rouge, je pose légèrement ma main entre mes jambes et je réalise avec émoi que je pourrais jouir à cause de vous dans la minute. Le feu passe au vert....

''...et ne m'empêche malheureusement pas de vous apprécier beaucoup trop.''

Vous savez exactement pourquoi j'utilise le ''beaucoup trop''. Mais cela ne me dérange pas d'en répéter mille fois les raisons s'il le faut car c'est aussi une façon pour moi d'enfoncer le clou dans mon cerveau rebelle, qui refuse d'accepter un état de fait que j'ai qualifié d'abject. ''Beaucoup trop'' parce que la pensée de vous m'habite. Il n'y a pas d'autre mot que habitation. Cela me fait peur comme cela pourrait vous faire peur. Je me lève et vous êtes dans mes pensées, je me couche et vous m'empêchez de dormir. Mon cerveau passe et repasse vos emails en revue, les réponses que je vais y faire, que j'y ai fait ou que j'aurais dû faire. Tout me ramène à vous. Vous occupez chaque cellule de mon corps, chaque neurone de mon cerveau. Au travail, au fitness, dans la rue, dans le train, dans l'avion, ou que je sois. ''Beaucoup trop'' n'est-ce pas là la traduction exacte de cet attrait pour vous, excessif ? ''Beaucoup trop'' est même en deçà de la réalité car ''beaucoup trop'' c'est par rapport à ce que je peux attendre de vous. Et ce que je peux attendre de vous c'est rien ! Voilà Cher Homme, ce que vous saviez déjà et que je me complais à écrire à nouveau. Je ne suis pourtant pas une femme déséquilibrée, non... peut-être simplement une femme complètement, entièrement, totalement entichée de vous. Est-ce raisonnable ? Mais qui se soucie de la raison ? En matière de sentiments, la raison n'a pas sa part. Je suis donc déraisonnable, et mes pensées pour vous sont irraisonnables.

2h24

Je regarde le réveil. Voilà plusieurs heures que je tourne et me retourne dans mon lit. Je suis pourtant epuisée par mon rythme de vie, par mon travail. Mais vous êtes là. Je me surprends en train de penser à vos mains, vos lèvres, vos yeux, à vous tout entier. J'ai encore envie de vous. Est-ce le fait de la lune ? Mon corps vous réclame, mes mains vous cherche... et par deux fois avec vous, par vous, à cause de vous j'ai joui... et j'ai pu enfin m'endormir. Cela ne se dit pas ? De telles confessions impudiques à un inconnu ne se font pas ? Tant pis, je vous le dis quand même car je veux que vous sachiez que votre simple évocation me rend désirante à un point jamais vécu. Et si cela se trouve, vous êtes bien l'homme tout à fait ordinaire que vous prétendez être. Et ce qui vous rend si attrayant est sûrement le fait d'une projection, d'une envie de moi inassouvie. Rencontrez moi Cher Homme, pour me guérir,  et tombez une fois pour toutes. 

30 nov 2006

Aujourd'hui j'ai commencé les entretiens de fin d'année. J'ai pensé à votre recommandation, s'il était nécessaire, et j'ai vraiment écouté. Il est dur de faire taire pour un moment les réflexions que le cerveau vous envoit en continu lorsque l'autre parle. C'est un exercice intéressant parce qu'il oblige à se mettre entre parenthèses et à dédier toute sa capacité de concentration à l'autre. J'aime regarder mes collaborateurs droit dans les yeux. J'essaie d'y mettre de la bienveillance. Mais est-ce que j'y réussis ?

En mon absence Cher Homme, rien ne vous empêche de m'écrire de beaux et longs emails. Je sais, vous avez femme et enfants et d'autres chats à fouetter mais il me serait tellement agréable un jour de trouver dans ma boite aux lettres un roman à tiroir comme ceux que j'aime vous écrire.

Vous me manquez déjà...

lundi, 20 novembre 2006

ELLE - Récit Roboratif

medium_kouglof.png...pour lecteur gourmand et affamé. Si vous n'avez pas faim, attendez plus tard, ne le dévorez pas trop vite. La préparation en fut longue vu le nombre d'ingrédients et la complexité de la recette. Dégustez-le. Il est truffé de questions comme vous les aimez !

Vendredi 17 nov 2006

Geneve/Bruxelles

Au salon

Je suis un zombie. J'ai tenté en vain de cacher la misère. J'ai les traits tirés, les yeux cernés. Je fais l'aller/retour dans la journée pour assister à une réunion. Je me demande bien en quoi ma présence est vraiment nécessaire, mais j'aime bien ce genre de coupure dans le rythme routinier d'une semaine de travail. J'attends le vol. Je lis un article sur Alejandro Gonzàlez Iñàrritu relatif à son dernier film ''Babel''. Une phrase toute simple a retenu mon attention. Il explique qu'il a dédié ce film à ses enfants ''... pour rappeler combien nous, petits animaux fragiles, sommes vulnérables et maladroits face à l'amour...''.

Dans l'avion

Je suis dans l'avion. Il est confortable. C'est rare de nos jours un avion court courrier confortable. Le fauteuil en cuir est ergonomique et offre à mon pauvre corps moulu une assise qui absorbe mes courbatures, ma fatigue, ma lassitude. Je ferme les yeux. Je les ferme toujours au  moment du décolage. Je ne sais pas pourquoi, pressurisation, propulsion, mais je tombe toujours dans une espèce de torpeur lorsque l'avion décolle. Vous apparaissez encore. C'est comme si mon cerveau vous avait programmé. Cela m'agace un peu car mes pensées ne m'appartiennent plus, vous les squattez. Je baisse les bras et je m'abandonne à votre vision. C'est toujours ma photo préférée qui apparait. Vous avez l'air tellement doux. Tellement doux. Je m'imagine dans la même pièce, en face de vous qui restez appuyé contre le meuble. Je suis debout à plusieurs mètres. Je vous regarde droit dans les yeux et vous me retournez ce regard sans ciller. Vous n'êtes pas surpris. Je veux m'approcher de vous et sans y réfléchir je décide d'ôter mes escarpins. J'ai subitement envie de marcher pieds nus vers vous. Je veux sentir le sol sous mes pieds pour mieux m'ancrer dans la terre et prendre sa force. Je veux avancer vers vous les pieds nus comme ceux d'une pénitente. Etonnant non, quelle drôle d'idée... pénitente. J'avance vers vous comme vers le pardon. Je suis devant vous, à quelques centimetres mes yeux noirs toujours plantés dans les vôtres. J'y lis tellement de tristesse, de douceur, de mélancolie aussi. J'ai envie de me glisser entre vos bras convaincue que l'apposition de mon corps contre le vôtre chassera toutes vos peines, comme l'apposition de mains miraculeuses. Vous tendez les bras et je m'y engouffre et je fonds dans votre chaleur... Je rêve.

Doléances

Les femmes râlent toujours, c'est bien connu. En tout cas, c'est ce que les hommes disent. Alors, pour ne pas déroger à la règle, je vais m'y mettre. Je crois que je ne suis pas trop mauvaise à l'exercice quand je décide de m'appliquer. Alors voilà, je suis fachée car vous me devez toujours :

- votre performance lors de la course test du 15 octobre, - votre lieu et heure de naissance, - le pourquoi Chambery, - le pourquoi ma taille, - la signification de votre métaphore circulaire, - si vous avez aimé ou vomi sur Agnus Dei, - un oui enthousiaste à ma demande d'un Cd de vous... je suis sûre que j'en oublie à la pelle, mais la fatigue altère évidemment ma capacité de concentration.

Je voudrais entendre encore une fois votre voix de fausset. J'ai envie qu'elle s'enroule autour de moi en de chaudes volutes. J'ai envie qu'elle me pénètre, qu'elle circule dans les méandres de mon cerveau. J'ai envie, envie, envie ...

Samedi 18 nov 2006

En route pour le hammam, j'écoute France Info dans la voiture et j'entends que l'agresseur supposé de la jeune-femme brûlée vive il y a un an est de retour du Pakistan ou il avait fuit. Il va être jugé pour son acte. Mais une punition existe-t-elle au monde pour punir un homme qui à brûler un être humain à 60 % ? Je suis partagée. J'imagine la rage qui saisit un parent dont on tue un enfant. Je ne suis pas pour la peine de mort mais dans un cas comme celui là, quelle punition rendra à cette jeune-fille sa vie d'avant. Quel châtiment lui rendra son aspect esthétique, sa diginité, sa foi en elle ? Et tout cela pourquoi ? Par dépit. Parce que cet homoncule a prétendu demander la main d'une femme qui ne l'aimait pas et n'a pas supporté le refus ! Est-ce seulement croyable au XXIè siècle. Il me vient des envies de vengeance, de retour à la loi du talion. Retour à l'obscurantisme, car cet acte est clairement un acte de bête. Revenons au temps ou l'on pouvait faire justice soit meme, oublions ces siècles de civilisation conquise au prix de tellement de souffrances... à quoi bon ? L'homme se police mais fondamentalement change-t-il ? Je crains que non et j'ai des envies de torture à petit feu... Amazone des temps modernes, sorte de Don Quichotte face à mes moulins, que puis-je faire ? Je hais ces cerveaux primitifs et aucune leçon au monde, aucune éducation au monde ne pourra les réformer. Comment peut-on avoir un cerveau de mollusque avec la propagation tout azimuth de l'information, avec l'acces au savoir ? Mais ou sont les hommes du siècle des lumières ?

Entracte : André Maurois a écrit : ''Les grands hommes aiment les petites femmes; les gros nez aiment les petits nez retroussés et les hommes trop feminins s'amourachent des amazones'' ... aurais-je donc finalement une chance avec vous ?

Au hammam

Je me dompte. J'ai pense à vous bien sûr, mais j'ai canalisé mes pensées. Elles ne sont plus délurées. Non, juste des petites pensées bien comme il faut, bien décentes, bien respectables. J'ai refusé de vous emmener dans le petit théâtre de mes caprices cette fois-ci. Je me suis juste contentée de vous parler comme si nous étions des connaissances de longue date, de vieux amants peut-être. Je me suis même fais des sensations, ô mon Dieu, quelle effronterie ''et si nous nous tutoyions. Comment cela rendrait-il ?'' Et je vous ai tutoyé, un peu, timidement. Finalement, je préfère vraiment le vous. Le vous confère à cette drôle de relation la distance qu'il faut pour dire toutes sortes de choses, mêmes les plus audacieuses, sans les affadir. J'aime le vous, et inversement.

Non, bien sûr je ne suis pas complètement cinglée. Tout cela se passait dans mon for intérieur et toutes les femmes qui m'entouraient n'ont rien entendu. Que de femmes aujourd'hui. Presque trop. J'aime la solitude, je n'aime pas etre dérangée dans mes réflexions. Le hammam c'est mon lieu, mon moment. On m'y fiche la paix, je jouis d'une tranquillité trop peu souvent disponible. Ce matin, ça jasait bien trop autour de moi. J'écoutais les deux femmes juste à coté de moi parler tout doucement en italien. J'aime vraiment cette ambiance de confessionnal. Les femmes chuchotent les secrets, les confidences que l'obscurité regnante encourage. J'aime cette langue. C'est une langue pour dire des choses intimes. C'est la langue de l'amour il me semble, plus que le français qui pourtant est une langue magnifique lorsqu'elle est bien maitrisée. Cela dit, le russe sussuré dans le creux de l'oreille par une belle voix grave de basse n'est pas mal non plus. C'est une bien belle langue le russe, sauf  peut-être quand c'est Poutine qui la parle, ou ces malades mentaux qui sévissent dans leur armée. Donc aujourd'hui pas de séquence interdite. Dommage...

Elle N° 3176 - 13711/06

page 44 : Swan Lake version revisitée (http://www.mogador.net/). J'avais manqué ce spectacle l'année dernière, mais cette année j'y vais. Quelles plastiques ! Mon Dieu, tous ces danseurs sublimes. L'esthete en moi s'émeut. Oui, j'imagine que les entrechats vous laissent froid, moi pas ! Hummm. Je regrette de ne pas avoir connu Nijinsky, mais ceux-là ont l'air ma foi de dignes descendants. Je vous raconterai, si, si !

Rubrique à brac

J'ai un petit jeu à moi qui consiste à trouver le verbe qui se décline avec le plus de préfixes. Mon record est de  11 : quel est ce verbe ? Alleeezzzz, jouez ! Si vous trouvez je vous donnerai le plus beau baiser que l'on vous ait jamais donne et vous vous en souviendrez jusqu'à votre dernier souffle. Mais attention, pas de recours à Internet, sinon ce n'est pas du jeu. Et si vous trouviez mieux, ce dont je doute,  j'éleverai alors un autel à votre supreme intelligence.

23h50

Nous sommes allées voir BABEL ! Je suis resortie bouleversée. C'est un film difficilement qualifiable qui illustre de manière assez probante la théorie qu'un battement d'aile de papillon peut provoquer un tsunami. Le film ne se regarde par comme l'on regarde une comédie. Ce n'est pourtant pas non plus un pseudo reportage comme King of War. C'est à mi-chemin entre une tragédie, une comédie dramatique, une revendication politique, un cri d'amour aussi. Etonnant, détonnant. Je n'en ressors pas indemne.

Dimanche 18 nov 2006

Je contemple le soleil qui se lève. C'est amusant. A chaque fois que je reste en Haute Savoie, il fait un temps magnifique et je prends plaisir à siroter mon café en regardant le même spectacle. Le soleil timide dardant ses premiers rayons frêles aux travers d'effilochées de nuages blancs ouatés. Je me prépare psychologiquement à aller courir. Aujourd'hui je suis paresseuse. J'aurais préferé rester sous la couette dans les bras musclés d'un homme amoureux. Je suis ''du matin''. Au petit matin, je sens toujours mon corps amolli comme il faut, réceptif, docile, désirant... Je me demande quelques fois si je ne suis pas en train de me mettre, consentante,  dans une sorte de prison où le geolier que j'ai élu, consent de temps en temps à venir me visiter. Finalement, suis-je disponible pour un autre homme si mon cerveau, mes pensées sont toujours occupés par vous ? S'il est vrai que nous sommes des animaux, alors emanent certainement de moi des signaux d'une femelle en couple ''attention, elle est en mains, danger, il est peut-être balaise...'', et tout autre mâle serait bien hardi de tenter la séduction de la belle. S'ils savaient. Si dans 5 ans je suis toujours à vous toute dévolue, alors peut-etre craquerez vous ? Je crois que je vais aller courir maintenant, cela m'évitera de continuer cette digression sans queue ni tête. Mais bon, je refuse la censure de mes propos. Et puis vous voyez ainsi sous tous ses angles à quelle femme vous avez à faire... une femme intelligente mais fantaisiste, à la langue bien pendue, totalement entichée d'un inconnu qui n'est peut-être qu'un paysan mal dégrossi et qui, sous un vernis de barycentre et autre cercles non concentriques, brille suffisamment pour piéger la pie qu'elle est à ses heures.

Retour de course

J'ai couru en 49 minutes. Existe-t-il sur terre une telle régularité ! Quel que soit mon état, ,je cours avec la même foulée, le même souffle. Une chose très importante s'est imposée à moi. Comment cela sera-t-il de courir avec un 90 C ? Contrairement à d'autres femmes qui sont obligées de se blinder dans des brassières renforcées, j'ai le bonheur de pouvoir courir sans harnachement spécial, mes petits seins tiennent en place et ne tombent pas... du coup, je reconsidère sérieusement ma decision de passer sous le bistouri. La question fondamentale : un homme préfère-t-il des gros seins ptosés ou des petits seins bien à leur place (sachant que l'option gros seins haut perchés n'existe pas) ? Il faut que je fasse un sondage.

J'ai pris une douche requinquante. J'adore quand dégoulinante de sueur, les muscles crispés par l'effort, le visage apoplectique (hum, super excitant) je me glisse sous la douche bouillante. Il y a plein de vapeur dans la salle-de-bain, les miroirs se couvrent de buée, je ferme les yeux  et je plonge le visage dans cette pluie bienfaisante. Le plaisir tient  à peu de chose...

Je suis une icone d'érotisme : les cheveux enturbannés dans une serviette en éponge, un petit haut en coton blanc immaculé avec un  peu de dentelle discrète, une petite culotte du même cru, faussement ingénue, tout cela enveloppé dans mon ensemble de velours noir (cf mon email sur la ménagerie) et pour couronner le tout, ô comble du sexy, un masque hydratant rose sur tout le visage ! Hummm, si le prince charmant devait debarquer, je ne suis pas certaine qu'il ne prenne pas les jambes à son cou ! Ah, le risque de se fier aux apparences, n'est-ce pas Pascal ?!

Pendant ma course, quelques impertinences me sont venues `à votre sujet :

''Non Piètre n'est pas mon deuxième prénom, style Pascal Piétrus, mais la dure (!) réalité. Ce que vous décrivez n'est pas moi. Vous faites erreur. Rien ne me ressemble, jusqu'aux mots que vous utilisez...''

J'ai essayé de comprendre le sens de vos mots et plus particulièrement ce que signifiait le deuxième partie. Je me suis demandée pendant quelques instants si vous n'étiez pas devenu impuissant. Et puis votre réveil matinal m'a rassurée. Alors j'ai suivi une autre piste : voulez-vous dire que la nature ne vous a pas doté d'un physique avantageux et que la manifestion de votre desir en général ressemble plus à une guimauve en cours de cuisson qu'à un bâton de sucre d'orge joliment coloré ? Je reste sur ma faim, vos affirmations me laissent perplexe. Ce que vous décrivez n'est pas moi ! Alors qu'êtes-vous donc, éclairez moi. Rien ne me ressemble, jusqu'aux mots que vous utilisez... Alors décrivez-vous avec vos propres mots. Comment êtes-vous donc lorsque le désir s'empare de vous. Quel est donc ce mystère qui fait de vous un piètre homme, un amant piètre ?

J'ai relu votre histoire d'amour. Elle m'hypnotise par sa force, ses excès, sa désespérance, sa crudité aussi. Ou est donc le piètre dans tout cela ?

18h27

Je viens de voir votre 3ème email relatif à la devinette qui me tient en haleine. Vous me faites sourire, j'aime votre fantaisie. Différente de la mienne mais toute aussi folle. Peut-être nous rejoindrons nous un jour lorsque vous aurez enfin compris à quel point nous ne sommes pas étrangers. Quoiqu'il en soit, je n'y tiens plus. J'ai la ligne avec un cercle que je ne sais situer, j'ai un repère A que la consultation du site internet n'a pas élucidé. J'ai un repere B qui est tout aussi troublant. Soit, je suis 50 % Bretonne de bonne extraction, fan des galettes de sarrazin. Comme je suis une sorte de Sherlock née, je déduis que si le point B c'est moi, le point A c'est peut-être vous.  Mais comme le point A c'est aussi le milieu de la ligne, ce n'est pas possible, puisque c'est là que le cercle énigmatique croise la ligne qui ne l'est pas moins.  Je vous adore, vous me rendez chèvre !!

Il est 18h43 et à ce moment précis Pascal, j'ai une envie impérieuse de vous. Mon corps ne me laisse pas en repos. Il me prend toujours au dépourvu. Je suis sans défense, sans recours. Peut-on dire à un inconnu ''je vous veux...'' ?...

Lundi 20 nov 2006

Je suis vêtue d'un jean noir, un pull chocolat avec une grosse ceinture et je porte une paire de bottes chocolat assorties au pull. Le jean est glissé dans les bottes. Les bottes sont hautes, lacées sur le mollet, les liens battent la jambe lorsque je marche. Les hommes sont friands de lacets ou qu'ils soient placés. Les lacets doivent donner envie de délacer. Je souris, bien aise, mais aucun des volontaires aujourd'hui n'a eu grâce à mes yeux. Je quitterai donc le bureau toujours bottées...

mercredi, 15 novembre 2006

ELLE - Tentative (à) Grande Vitesse.....