dimanche, 23 mars 2008
ELLE - Envie d'elle
L'amie était partie faire des courses tôt le matin.Elle avait quitté la maison sur la pointe des pieds pour ne pas la réveiller. Elle savait qu'elle était rentrée tard et qu'elle avait besoin de se reposer. Il était dix heures du matin maintenant et elle pensait qu'elle dormait toujours. Doucement elle glisse la clé dans la serrure et ôte son blouson et ses chaussures dans le vestibule. Elle pose toute ses affaires ainsi que les clés, si bruyantes dans le silence conventuel de l'entrée. Elle lui a acheté des croissants pour la remercier de son hospitalité. Elle se dit que, peut-être, elle pourrait entrouvrir à peine la porte de sa chambre pour vérifier si elle dort encore. Avec la souplesse d'une chatte, elle glisse le long des marches de l'escalier de bois, priant qu'aucune marche ne crie sous ses pas.
Elle entrebaille la porte et une lumière inattendue aveugle ses pupilles. Les rideaux sont ouverts sur un soleil matinal qui incendie la chambre. La couette est retournée et la belle n'est plus là. Elle entend au fond de la chambre le bruit familier des gouttes d'eau qui éclatent sur la paroi de verre. La belle est sous la douche, cela ne fait pas de doute. Un sourire contenté fend son visage. Elle va lui préparer du café. A moins que la belle ne préfère une tisane contre le mal de crâne. Sa soirée devait être arrosée. Elle va lui demander.
Doucement elle s'approche de la salle de bain dont la porte baille à peine. Un peu de vapeur d'eau s'enfuit en volutes blanchâtres comme un brouillard de Brocéliande à l'aube. Elle se penche pour lui signaler sa présence mais son coeur s'arrête net. Il a même sauté un battement et son souffle se bloque dans ses poumons. C'est comme si elle venait de surprendre un miracle en cours de réalisation. Son sang caille dans ses veines. Elle ne respire plus, c'est impossible. Comme un coup au plexus qui assassine un instant son souffle, le suffoque dans sa poitrine. Ses jambes fléchissent sous l'afflux d'un désir violent qui l'inonde à son corps défendant. Elle s'appuie au chambranle de la porte et regarde la belle, fascinée.
La belle est assise au fond de la cabine de douche qui ressemble à un sas de décompression tout de verre bleuté habillée. Ses beaux cheveux blonds vénitiens sont remontés en un chignon abondant et imparfait et quelques boucles mouillées retombent sur sa nuque et ses épaules. Ses paupières sont baissées et son visage resplendit de sérénité comme les traits de la Madone. Elle reste tétanisée devant le spectacle de cette beauté callipyge dégoulinante de pluie bouillante. La belle a coincé entre ses genoux le pommeau de la douche dont les jets puissants viennent masser et ses cuisses charnues et son sexe à peine voilé de blond. Sa main droite, équipée d'une éponge rose pleine de mousse onctueuse, passe et repasse lentement sur tout son buste généreux. Suivant un chemin d'elle seule connu, elle dessine sur ses seins des spirales qui finissent invariablement sur ses tétons dressés. Et puis elle recommence et recommence et recommence encore. Ses gestes sont hypnotiques et se plantent comme des dagues d'envies douloureuses dans le ventre de l'amie qui la lorgne. Puis, lentement, perdue dans son rêve voluptueux, sa main descend entre ses cuisses pour s'interposer entre la pluie et sa fente mouillée. Elle s'attarde là, faisant mousser toujours plus le savon et chaque passage semble lui arracher un rictus de plaisir. La belle est minutieuse et prend son temps. Elle sait y faire. Elle n'est pas débutante. Elle soupir. Ses lèvres à peine entrouvertes exhalent le plaisir qui monte irrémédiablement.
L'amie est partagée entre son désir qui la fouaille et l'impudeur de sa honte. Elle se sent voyeuse mais ne peut décrocher son regard de ce corps blond frémissant. Son coeur palpite dans sa poitrine et elle sent monter en elle des envies interdites. Subitement, elle fait tomber un flacon et la belle sursaute dans un cri. Leurs regards paniqués se rencontrent. L'une se sent coupable de la regarder, l'autre se sent coupable d'être surprise. Le temps s'est interrompu un cours instant, figé. Leurs coeurs battent à l'unisson mais pas pour les mêmes raisons. L'une toujours debout mais prête à s'affaisser lui fait "chut" d'un index posé précipitemment sur ses lèvres. L'autre, rougissante, tente de cacher ses appats que les regards de son amie dérangent. "Non, je t'en prie, ne cesse pas..." peut seulement articuler la voyeuse bouleversée. "Je t'en prie continue, je veux te regarder. Laisse-moi te regarder !" L'eau bouillante continue à couler et développe toujours plus de vapeur. Les parois de la douche s'embuent lentement et protègent la belle du regard de son amie qui l'intimide. "S'il te plait, continue, s'il te plait !" quelques mots timides, comme une plainte. Alors l'autre passe une main volontaire sur la paroi et crée pour son amie un hublot qui libère à sa vue ses courbes si tentantes. La belle reprend ses caresses sans ciller. L'une se laisse glisser le long de la porte et se retrouve à genoux face à la douche. Les yeux dans les yeux, elle sent son ventre palpiter au rythme de l'éponge qui voyage sur le corps de la belle. Elle a envie de la toucher, elle a envie de passer à son tour l'éponge sur ce corps luxurieux. Elle veut la faire frémir, elle veut la faire gémir.
La belle l'aura compris ? Sans un mot, la belle ouvre la porte de la douche. L'appel est net, pas besoin de discours. L'amie s'approche de la cabine, hésitante, et la belle se penche vers elle, lui offrant sa bouche. Le contact de leurs lèvres est foudroyant. Le baiser qu'elles partagent pour la première fois les fait chavirer. L'une de nouveau a le souffle coupé. Elle cesse le baiser qui l'émeut incroyablement et se recule pour contempler la belle qui lui sourit et qui lui prend la main pour y déposer l'éponge savonneuse. Puis, avec sa propre main elle guide son amie sur son corps comme l'on ferait avec la main de l'aveugle sur un visage inconnu. Alors, l'amie ferme les yeux et se laisse guider. Elle découvre les reliefs de la belle qui l'amène entre ses cuisses et lui enseigne comment reproduire le mouvement que, quelques minutes plus tôt, elle-même exécutait. Et la belle de s'ouvrir aux caresses de son amie et son amie de rouvrir les yeux pour voir revenir sur le visage de la belle cette lumière d'extase. La belle s'oblige à regarder celle qui maintenant la caresse comme son double le ferait et, dans un souffle, elle lui dit "fais-moi jouir !" Galvanisée par le désir de l'autre qui irradie de tout son corps, l'amie suit avec assiduité les mouvements de bassin de la belle qui gémit enfin. Sa main ne lui appartient plus et semble suivre les injonctions de ce corps au supplice. Elle s'active sur sa fente, perçoit le moindre soubresaut de son ventre qui s'anime. Et plus la belle gémit et plus elle la caresse. Et plus la belle la fixe de ses yeux perdus et plus elle voit sous ses paupières alourdies le plaisir qu'elle lui donne. La belle n'en peut plus, se tortille, trémule, prie... La belle cherche la caresse comme une chatte en chaleur et projette son sexe, indécente, vers la main de son amie. Celle-ci la voit au bord du précipite et lui sussure "le veux-tu ?" "Oui, je t'en prie" sera sa seule réponse.
Alors, dans un dernier mouvement de l'éponge, elle libère enfin l'orgasme emprisonnée dans les chairs de la belle et qui n'attendait que ce moment pour s'exhiber.
Et en guise de récompense, elle vient cueillir sur ses lèvres frémissantes le goût d'un plaisir inédit.
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jeudi, 28 février 2008
ELLE - Ma déclaration
Mais que ce passe-t-il ce soir ?Quelles sont donc ces revendications si puissantes que ma bouche les articule alors que ma pudeur voudrait les taire ? Quel est donc ce charme qui me dompte au point de me faire dire, de me faire crier, de me faire écrire les mots que la morale et la bienséance, ensemble associées dans leur indignation, réprouvent ? Ce soir j'ai envie d'hurler sur les toits comme une chatte en chaleur, le cul assis sur le zinc brûlant, ce qu'à l'avenir je veux avoir tous les soirs. Dire ce qui vibre en moi comme la corde de la harpe que Gibran a si bien décrite. Que mon corps enfin exulte à la mesure des envies qu'il héberge.
Ce soir je déclare, mieux que les droits de l'Homme, les envies de Gicerilla qui, à partir de demain, deviendront lois. Je veux un homme aimant qui aime la femme dans tous les sens, de tous ses sens. Je veux un amant amoureux, un amant inventif, un amoureux tendre et dure, guimauve à ses heures mais pas dénué de caractère. Qu'il ne soit pas un bégueule qui chipote dans son assiette, mais un bon vivant qui prend la cuisse du poulet (en l'occurrence de la poulette) avec gourmandise entre ses doigts et ses dents et qu'il en suce la chair et tous ses sucs à s'en lécher les doigts. Qu'il veuille tout goûter, tout sentir sans s'effaroucher comme celui qui ne connaît que les saveurs aseptisées, pasteurisées (désolée Monsieur Pasteur, mais dans les choses de l'amour vos procédés conservateurs n'ont pas leur place !). Ronsard par le verbe et rabelaisien dans ses goûts, je le veux curieux de tout et surtout de moi dans toute ma géographie. Qu'il veuille en pèlerin, équipé d'un solide bâton, arpenter mes collines et mes vallons. Allez à la conquête de mes territoires inconnus, des grottes et des cavernes qu'ils hébergent, et qu'il ne s'effraie pas des zones d'ombre qui recèlent pourtant des plaisirs insoupçonnés.
Je veux d'une bouche affamée, des lèvres goulues, d'une langue curieuse qui iront à la rencontre de mes sensations sans chichi, à la hussarde mais avec délicatesse et savoir faire. Une bouche patiente et gourmet capable de déguster pendant des heures tous les miels et toutes les liqueurs que mon corps reconnaissant produira à sa sollicitation. Je réclame à cris et à corps surtout, une langue douce et savante, assoiffée, qui lapera à la source le nectar voluptueux qui jaillira à chaque caresse appliquée. Je veux que l'on me mange, que l'on me dévore avec, dans les yeux, la gloutonnerie de celui qui sait le met exquis qu'il est en train de savourer.
Foin de pincettes ! Foin de visites syndicales déjà terminées à peine entamées. Foin des timides et des dégoûtés qui, sans enthousiasme, suivent le cahier des charges sans y goûter. Je veux des mains puissantes qui me saisissent, qui me palpent tel le boulanger, la pâte. Qu'il malaxe ma chair à la faire gonfler de plaisir. Qu'il me pétrisse, qu'il me caresse, qu'il veuille me modeler conforme à son désir. Qu'il me manipule sans ménagement mais avec empressement et douceur. Qu'il découvre lentement ce que j'ignore. Qu'il cartographie mes zones érogènes de sa peau, de sa bouche, de ses mains. Que cette découverte n'ait pas de fin. Qu'il me veuille toute, de haut en bas, devant, derrière. Qu'il honore et le revers et l'avers de mon corps sans cesse, sans se lasser, et qu'il me saoule enfin au point d'hurler mon plaisir comme jamais je ne l'ai fait.
Qu'il devienne mon Pygmalion. Qu'il gomme de ses mains audacieuses toute trace de timidité qui trainerait sur ma peau et qu'il fasse de moi son émule. Celle qui voudra de toute son âme et de toutes ses cellules l'amener là ou il m'emmène. Que dans un ballet savamment orchestré par notre curiosité réciproque, nos bouches et nos langues, nos bras et nos jambes se mêlent comme les fils de la chaîne et de la trame, tissant de nos envies la plus fine des soies. Et nous y plongerons le nez, comme l'enfant dans son doudou, pour retrouver les fragrances de l'autre quand l'autre sera absent, mais alors plus tout à fait...
Mourir enfin, les mains soudées, dans une jouissance à faire pâlir Aphrodite, Zeus et Priape réunis !
Voilà ce que ce soir je veux.
Et à l'instar de celui de Dieu, je prie que mon verbe soit créateur !
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mercredi, 13 février 2008
ELLE - Envie de diamants
Un bruit sec de bois brisé la fait crier.
Elle se réveille d'un coup, affolée, le cœur fuyant en cavalcade. Était-ce un rêve ? Elle se concentre dans le noir. Ne respire plus pour scruter la nuit de ses ouïes animales, les yeux fermés fort pour entendre le moindre souffle du parquet. Le vent secoue les volets. Les cimes chantent en frottant leurs feuillages. Elle a rêvé. Elle se recouche et les yeux grands ouverts cette fois elle scrute l'obscurité pour retrouver, au rythme de son souffle contrôlé, le calme du sommeil.
Alors qu'elle se rendort, subitement, sur sa bouche le contact froid d'un gant. Une main ferme appuie sur ses lèvres. Elle hurle à l'intérieur, son crie résonne à ses oreilles mais le silence reste imperturbable. Elle se débat, panique. Une autre main la plaque au matelas. La sueur inonde ses tempes. On l'attaque. "Si tu cries, je te tue ! Laisse-toi faire et tout ira bien." Il est sur la couette maintenant, à cheval il la maintient de tout son poids. "Tais-toi et je libère ta bouche !" Elle fait oui de la tête. Il ôte sa main et elle aspire l'air désespérément alors que ses mains gantées de cuir aux odeurs neuves attrapent ses deux mains et les emprisonnent. Elle est statufiée. "Je ne te ferai pas de mal si tu restes silencieuse et si tu coopères." Elle fait oui de la tête même s'il ne la voit pas.
Il relâche la pression et brusquement en plein visage un rond jaune aveuglant lui fait cligner les yeux. Elle ne devine qu'une silhouette noire, une cagoule noire, des gants noirs. La lampe torche la torture des ses éclats aveuglants. "Où sont tes bijoux ? Je te préviens, ne pense même pas à crier sinon je t'occis. Où sont-ils, vas-y, dis le moi, vite..." Sa bouche est sèche et difficilement elle articule "là, dans le tiroir..." Est-il armé, va-t-il la laisser en paix une fois dérobés ses bijoux ? "Je te lâche mais tu ne bouges pas d'un iota, tu entends ?" La voix est grave, très grave, trop même, visiblement forcée. Un baryton enroué. Elle ne bronche pas, hésite toujours à respirer mais suffoque sous le rythme dément de son cœur terrorisé.
Il trouve la table de chevet, allume la liseuse qui libère d'un coup la vision de son agresseur. Un homme noir de la tête au pied, grand, carré, évidemment musclé portant cagoule et gants. Il fouille le tiroir et en sort sa jolie boite de velours rouge. Il la vide d'un coup de main agacée sur la couette où tout s'étale. Elle est gisante, glacée, tremblante. "Lève-toi. Ou plutôt non, mets toi à genoux, assieds toi sur tes talons... " "Oh, non ! Vous avez mes bijoux. Je vous en prie, laissez-moi, partez, je vous en prie...." Elle remarque son regard se durcir au travers des orifices de la cagoule. "Fais ce que je te dis sinon..." Ses mots résonnent sinistrement dans la chambre. Elle s'exécute, soulève la couette et se met à genoux. Elle lui fait face, et il la toise dans son caraco de dentelles blanches et son slip taille basse de coton bordé de dentelle, tout simple. Elle se souvient incongrûment de son nom "hot pants". Elle se voudrait dans une armure en pilou-pilou informe et large, sans courbes, sans reliefs. "Passe ce collier en diamants, là, oui, passe-le, t'as bien entendu. Et puis ces boucles-d'oreilles aussi, et ces deux bagues, passe-les à chacun de tes majeurs. C'est ça, c'est bien !"
- "Caresse-toi !"
Son injonction est tombée comme une guillotine.
- "Mais vous êtes un grand malade. Partez maintenant, partez,
je vous en prie..."
- "Si tu ne le fais pas, je le fais ! Je veux voir tes bijoux scintiller
sur ta peau alors que tu te caresses en me regardant !
Je veux te voir jouir..."
- "Mais je ne peux pas !"
- "Ne discute pas !"
lui répond-il en s'asseyant sur le fauteuil club qui trône en face du lit. Elle se dit qu'elle va faire semblant, qu'elle simulera, tout plutôt qu'il ne la touche. Elle glisse, hésitante, sa main entre ses cuisses et, sous le coton, ses doigts entament un simulacre de ballet.
"Je te préviens, ne fais pas semblant, sinon je m'y mets..." Elle panique mais aucune envie sensuelle ne l'inonde et alors qu'elle glisse ses doigts dans son sexe serré elle sent, rougissante, sa corolle mouillée. Une honte immense lui fait fermer les yeux et involontairement ses doigts la caressent et déclenchent des sensations voluptueuses qu'elle voudrait ignorer.
- "Ouvre les yeux, je veux que tu me fixes.
Je veux que tu voies mon envie dans mes yeux.
Fais-toi jouir en me regardant !"
- "Mais c'est impossible, laissez-moi au moins penser à lui,
sinon comment ferai-je ?"
- "Et bien je vais te montrer..."
Et doucement, alors qu'elle continue son ballet qui l'échauffe à sa grande vergogne, il déboutonne lentement la braguette de son jean noir pour en extraire son sexe déjà bandé. Elle étouffe un cri. Elle a peur, pourvu qu'il ne veuille pas mon dieu, non, pas ça ! Il a lu la terreur dans ses yeux. "N'aies pas peur je t'ai dit. Fais ce que je te dis, regarde-moi, regarde-le, vois dans quel état tu me mets. Continues, branle-toi comme je me branle..." Son sexe est maintenant trempé et son sang s'affole dans ses veines et elles voient les veines de son sexe gonfler sous la caresse qu'il s'impose. Sa main gantée le gêne et il ôte le gant pour mieux se caresser. Sa main l'hypnotise malgré elle, elle qui sent son ventre se contracter.
Mais là subitement, un choc. Un grain de beauté sur sa hampe. Une mouche brune à la silhouette familière. Mais ce n'est pas possible, non, elle doit halluciner. Un espoir dément fait son désir décupler. C'est lui ! Ah, tu veux jouer et bien nous allons jouer.
"Ah, comme ça tu veux que je me masturbe pour mieux te faire bander, espèce d'impuissant ! Mais je ne veux plus moi. Baise-moi si t'es un homme ! Pff, aucun courage, tu n'en es même pas capable !" Sa main s'est arrêtée net, médusée. Ses yeux sont braqués sur elle qui le défie. Quoi, elle est folle, elle le provoque. Mais sait-elle seulement ce dont il est capable. La peur la fait délirer. Il faut que cela cesse. "Allez, prends moi, fais-moi jouir comme jamais tu n'as fait jouir aucune femme. Regarde mes seins tendus par mon envie, regarde l'état dans lequel ton petit jeu d'eunuque m'a mise ! Allez, du courage, j'attends...." Il est tétanisé à son tour, il ne peut même pas parler lorsqu'elle quitte le lit et vient se planter devant de lui. Il ne bouge toujours pas lorsqu'elle arrache ses maigres vêtements et le chevauche hardiment en glissant sa queue dressée dans sa fente ruisselant de liqueur.
Et alors qu'elle le monte telle une amazone en furie, les diamants à son cou brillent, étincelants, et les pendants à ses oreilles oscillent et scintillent. Elle lui crie "salaud, mais j'y ai cru. Je te hais. Tu entends, je te hais. Tu me feras mourir, idiot ! Tu es complètement fou, j'ai failli en crever..." Et elle tambourine son torse de ses poings énervés. Elle s'agrippe à ses épaules et plante violemment ses dents dans la chair tendre de son cou pour se venger. Et alors qu'ensemble ils ondulent au rythme de son plaisir qui monte comme une marée, il arrache sa cagoule et lui dévoile ses traits tant aimés, ses yeux enamourés, et sa bouche la dévore, lui mange ses petits seins gonflés. Et ses mains la palpent et la caressent et s'immiscent dans tous ses recoins secrets. Et ses doigts glissent entre ses fesses dont chaque assaut le cloue de plaisir. Et tandis qu'elle pleure de soulagement et gémit son plaisir, il lui dit dans un souffle "mais ma chérie, mon amour, souviens-toi, c'est toi, un jour, tu m'avais dit..."
Et elle lui répond "oui, mon amour, oui, mon amour, oui, oui, ouiii ! "
06:30 Publié dans Eros | Lien permanent | Commentaires (17) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
jeudi, 24 janvier 2008
ELLE - L'Amant
Je partirai sur un coup de tête.Un peu comme une réponse à un "même pas chiche" que, dans un moment d'inconscience, je me serai lancé. Scientifique à mes heures, je partirai pour expérimenter. Cesser de rêver une bonne fois pour toutes et dorénavant tester, vérifier les hypothèses les plus folles, enfouir les raisonnements au plus profond de moi, si profondément qu'aucun écho de leurs cris ne sera plus jamais entendu. Les assourdir le temps d'un week-end.
Allez à la rencontre d'un homme improbable. Me laisser toucher par un être et non pas par un préjugé, un à priori défavorable. Oublier mes idées idéalisées, écouter mes sens même s'ils me paraissent insensés, désaxés. Découvrir au travers de lui qui je suis et mettre en lumière, comme les couleurs au travers du prisme, les facettes qui me composent et dont beaucoup restent dans l'ombre. Le laisser me polir pour enfin réfracter un peu de lumière. Qu'un voile béat, illuminé d'amour, drape mon visage, alourdisse mes paupières, étire en un sourire de vierge émerveillée mes lèvres ourlées de désir.
Autoriser mon souffle à s'affoler au rythme des vagues qu’une mer intérieure déclenche. Mer jamais rencontrée et pourtant bien vivante, aux lames de fond inconnues qui remontent en déferlantes, drainant à la surface de ma peau des sensations voluptueuses à en crier. Accepter pour une fois l'ici et maintenant. Ne pas projeter, ne pas penser futur, ne pas penser avenir.
Refuser à mon cerveau cartésien de sortir de la prison où je l'incarcérerai pour 48 heures. 172,800 secondes de liberté absolue comme le vide de l'espace sidéral sans lui octroyer un seul instant une permission ou une visite au parloir. Lui coudre les lèvres avec une bonne grosse aiguille et une paumelle dont la couture résistera au plus gros des grains qu'assurément il tentera de déclencher, rendu fou par mon indifférence. Me laisser flotter langoureusement dans les bras d'un homme séduit par moi sans le vouloir.
Croire mon Pygmalion lorsqu'il me dit "mais vis, Gi, vis..." Arriver chez lui comme par miracle sans avoir vu passer la durée du voyage. Franchir le seuil de l'appartement, inquiète, assaillie de questions bêtes et se rassurer en se disant "c'est comme le vélo !" S'asseoir, empruntée, sur le canapé et boire le café lentement, utilisant la tasse comme autrefois l'éventail pour cacher mes émotions palpitantes. Sentir des vagues de chaleur inextinguibles émaner de nos deux corps si lointains et pourtant si proches. Regarder sa main aller et venir de la tasse à sa bouche, admirer ses lèvres rouges et charnues d'amant gourmand et anticiper leur contact sur ma peau.
Frémir lorsqu'enfin sa main sur mon bras se posera et timidement m'attirera à lui. Sentir fondre mon ventre en un miel liquide prêt à nourrir sa bouche affamée de douceurs. Souder nos bouches haletantes et se goûter sans fin, jamais rassasiés, jusqu'à suffoquer nos poumons. Vouloir ses mains partout à la fois, crier silencieusement l'itinéraire à suivre et prier ardemment qu'il m'entende sans pourtant jamais rien lui dire. Savourer la douceur de la paume de sa main, tout à la fois puissante et tendre, découvrir les reliefs de mon buste de jouvencelle et soupirer d'envie lorsque ses doigts savants flatteront mes tétons dressés par une curiosité nouvelle.
Découvrir, les sens bouleversés, la connexion directe qui lie toutes mes cellules affolées et croire qu'il me caresse là où ses mains ne sont pas. Les réclamer en bas lorsqu'elles y sont déjà et perdre la raison de constater que mon corps n'est plus composé de zones distinctes mais est devenu une entité universelle faite uniquement de sensations entremêlées qui chamboulent mon nord, mon sud, mon est et mon ouest.
Réclamer à grands cris qu'une aiguille aimantée me soit donnée pour vite me recentrer de peur de me perdre à jamais. Gémir et trémuler, m'ouvrir et me fermer, me plaindre et frissonner, m'offrir, me refuser, le rendre fou comme il saura me rendre folle. Inoculer dans ses cellules le poison qui dans les miennes circule depuis le début de ses baisers et l'amener, contre sa volonté, à labourer ma chair tendre pour qu'il y dessine en aller et retour patients des labours de plaisir ignoré. Le suivre où il m'emmène sûrement, lui faire confiance et me laisser aller, mon visage irradiant le bonheur qu'il me donne et recommencer.
Mais le pourrai-je encore ?
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vendredi, 04 janvier 2008
ELLE - Envie de bureau
Voilà deux semaines que cela durait !
Elle n'en pouvait plus. Il fallait que cela cesse. Ses nerfs étaient hérissés comme les épingles sur la boule de couturière plantées têtes à l'envers ! Elle ne dormait plus, ne cessait de rêver éveillée. La tension était montée chaque jour un peu plus jusqu'à atteindre des distances plutoniennes. En parlant de Pluton c'est plutôt Vénus qui la poursuivait de ses tentations. Mais ce soir, tout est arrivé !
Mais bien sûr, pour le raconter, il faut d'abord rappeler les faits.
Cela a commencé un lundi par une enveloppe blanche toute simple, scrupuleusement cachetée par une langue consciencieuse, avec les lettres bien connue ANQPD tamponnées comme la lettre écarlate sur la face. Son prénom est écrit de façon manuscrite mais des lettres bâton dignes d'un écolier ne lui révèlent rien sur l'expéditeur. Pas de cachet, c'est donc une personne de sa société.
Elle est très intriguée et du coup elle s'enferme dans son bureau pour l'ouvrir. Elle trouve à l'intérieur une feuille proprement pliée en quatre qui lui dévoile les mots suivants, comme un soufflet cuisant sur la joue "Chère C. Voilà longtemps que je pense à toi en des termes très éloignés de ceux autorisés. Lorsque je te croise et que je vois onduler ta croupe, je ne cesse de penser quelle somptueuse Salope tu serais. Salope, le plus beau de tous les compliments dans ma bouche, ne t'effraie pas. Lis ce message jusqu'au bout, ne le jette pas. Ma salope à moi n’est en rien incompatible avec la femme raffinée que tu es. La vraie salope est noble, c’est la reine des femmes, aucune vulgarité n'émane d'elle. Il ne s’agit pas de la salope de tous les mâles au sens commun, mais de celle qui sait l’être comme elle sait être tant d’autres choses quand elle le décide et pour qui elle le décide, une incomparable qualité. Troublante, tu l’es assurément et envoûtante, piquante, craquante, excitante, parfois provocante, et j’aime ce mélange de raffinement et de sensualité que je descelle en toi et bien sur tu saurais être salope, même si tu dis que tu ne le sais pas, tu le sais au fond de toi. P"
Elle reste bouche bée, la feuille de papier tremble dans sa main devenue moite. Son cœur fait des bonds, non mais, quelle audace ! Mais qui est ce P. d'un culot jamais vu ? Elle passe en revue tel un ordinateur du FBI tous les hommes de la société dont le prénom commence par la lettre p. Philippe, Pascal, Patrick, Pierre.... ils sont plusieurs, ils sont nombreux. Comment procéder pour arriver à une short list acceptable et coincer le malotru ?
Le lendemain, le manège continue. Une autre enveloppe similaire. Elle se précipite et s'enferme pour la décacheter à l'aise. La même feuille de papier pliée dévoile à ses yeux outrés "Je te sais raffinée, sensuelle, intelligente, cultivée et j’aime le trouble que mes mots font naitre alors que tu t'offusques qu'on puisse t'écrire sur ce ton. Mais je ne vais pas te brusquer, je ne suis pas un homme pressé. J’aime prendre le temps et je voudrais être sûr que tu sois bien celle que j’imagine. Que tu feras une somptueuse salope. Je n'ose pas encore t'écrire des mots crus qui susurreront à ton oreille mes envies de toi, je te réserve cela pour la prochaine fois. Tes pointes érigées et ce désir liquide suintant doucement de ton vallon secret, ce délicat abricot lisse, ce jardin des délices, ta délicieuse petite chatte, cela arrivera, tu verras… Pour cela il y aura une légère préparation, quelques directives, une mise en condition, es-tu prête à être pour moi celle que tu rêves de devenir et que tu es déjà ? P".
Elle s'est assise. Les jambes amollies et la colère au ventre. Mais quelle outrecuidance ! Elle déchire en mille morceaux le papier et le jette avec rage dans la corbeille. Non mais, pour qui se prend-il ? Mais qui est-il ? Elle passe la journée en divagant scrutant telle une furie le visage de chaque P. qu'elle croise. Ses foudres tombent sur chacun sans discernement, qui la pense mal lunée, ah, les femmes...
Voilà mercredi qui arrive avec sa lettre journalière. Elle veut la jeter, la passer à la déchiqueteuse, bousiller le plan machiavélique du petit rigolo qui joue avec elle. Mais elle ne le peut pas, une curiosité fébrile s'est emparée d'elle et de nouveau dans le calme de son bureau elle la descelle pour y lire "Je veux t'offrir la partie de tes fantasmes les plus enfouis, la partie que tu refoules mais qui est là, en toi, la plus troublante. Ne repousse pas ce qui se présente à toi en attendant un éventuel absolu. L’extase, le plaisir, le désir qui coule dans les veines comme un feu trop brûlant, les choses peuvent être si troublantes, si excitantes, si fortes si tu acceptes les règles de mon jeu, J’ai envie que tu sois ma salope, ma chienne, ma muse, mon égérie secrète…"
Elle replie la lettre cette fois là, les mains tremblantes. Elle la déplie et la relie encore et constate à son corps défendant que son cœur bat plus fort que tout à l'heure. Elle ne veut pas se l'avouer mais au creux de ses cuisses est née une palpitation que, honteuse, elle renie. Elle passe la journée pensive, la colère s'atténue sous l'effet d'un désir insinuant qui maintenant la hante. Elle se questionne sur son revirement et vitupère, serait-elle une salope comme ce type vicieux le pense ?
Les jours défilent, les lettres aussi, toujours plus provocantes, toujours plus excitantes car bien qu'elle ne veuille toujours pas se le reconnaitre, elle s'y est habituée et elle en est troublée. Le rédacteur a su pincer en elle une corde inconnue qui vibre depuis avec constance. Les mots de l'inconnu savent l'émoustiller et bien que sa morale réprouve le procédé, bizarrement elle s'en sent flattée, perturbée et elle aime ça. Aurait-il vu juste ?
Voilà 9 jours que cela dure. Les mots crus ne la choquent plus, ils l'ont apprivoisée. Une honte de collégienne qui lit Sade en cachette la fait rougir lorsqu'elle y pense et pourtant elle n'est plus en colère, elle en rougit juste un peu. Comme un poison, le désir qu'ils inoculent dans ses cellules circule et décuple chaque jour. Lorsque jeudi arrive elle se surprend à chercher fiévreusement dans son courrier une enveloppe similaire. Elle y est. Le tampon confidentiel palpite comme le sang bat ses veines. Le rituel mis en place recommence. Elle s'enferme et ouvre cette lettre et la gorge sèche elle y lit "Prochainement tu me rencontreras. Je te dirai où et comment et tu ne te déroberas pas. Je te voudrais alors en jupe, talons hauts et bas, et quinze minutes avant l'heure de notre rendez-vous, je veux que pour moi tu fasses glisser ton string le long de tes jambes et que tu le fasses disparaître dans ton sac. Je veux pouvoir t’imaginer en train de le faire et dès la première seconde sentir monter en toi l'indicible trouble au creux de ton ventre. Savoir ta petite chatte libre de toute entrave pour moi, disponible, prête, offerte, ouverte déjà, et t’emmener doucement au jardin des délices... P."
Elle replie la lettre soigneusement les yeux perdus dans le vide. Il lui propose une rencontre, la botte, soyons clairs et elle ne peut même pas s'insurger devant cette proposition. Elle a dépassé la honte depuis longtemps. La morale, elle s'en fiche, elle veut vibrer. Qui qu'il soit, il a allumé en elle un désir inconnu que pourtant elle ne peut chasser de son cerveau désirant. Aura-t-elle le courage de vivre son fantasme jusqu'au bout sans se juger, se conspuer, se renier, se trahir ? Elle ne veut plus y penser. Elle attend la suite, c'est tout.
Voilà vendredi et la dixième lettre "J’ai envie de te faire mouiller dans ton petit string en dentelles. L’idée de te faire couler en lisant ces mots m’excite au plus haut point. Cela dit ce string n’aurait guère l’occasion d’être plus mouillé, car très vite je t’en débarrasserai, une chatte n’est pas faite pour être prisonnière, elle doit être libre, disponible, prête, sa fonction vitale est de s’ouvrir, de couler, d’être caressée, léchée, enfilée, je suis sûr que tu en seras d’accord avec moi, non ? P." Elle note avec déplaisir la gradation dans ses propos et décidément, plus il est cru, plus elle a envie de lui. Des relents de son éducation catholique remontent dans sa gorge et la brûlent pire que de l'acide. Ne devrait-elle pas cesser immédiatement de lire ces missives et se bassiner ses fesses dans l'eau glacée ? Mais non, elle a beau se tancer, son désir et sa morale s'affrontent comme deux titans et elle sent que le diable va gagner.
Le week-end passe sans qu'elle puisse un seul instant ne plus penser à P. Elle attend lundi qui ne vient pas assez vite. Savoir, elle veut savoir, elle n'en peut plus, devient cingler et le pire c'est qu'elle veut vivre maintenant cette aventure. Lundi arrive, la lettre est là qui lui dit "Demain soir tu resteras tard. A 20h, lorsque les lumières du bâtiment s'éteignent, tu m'attendras dans le noir. Les lumières des couloirs suffiront à illuminer ton bureau. Tu seras vêtue d'une jupe droite et de bas noirs. Je te veux en hauts talons. Seul un petit pull couvrira ton buste. Je veux tes sous-vêtements noirs pour trancher sur le blanc de ta peau. Tu te muniras d'un foulard de soie suffisamment long pour que je te bande les yeux. Lorsque l'heure sonnera tu tourneras le dos à la porte et tu m'attendras, le foulard en évidence sur ton bureau. Tu fermeras les yeux. Je m'approcherai sans parler. Occulterai tes yeux. Tu ne bougeras pas. Tu ne parleras pas. Tu te laisseras faire. Doucement je poserai mes mains sur tes épaules et je te respirerai. Je te dirigerai vers le bureau et fesses contre le plateau, je relèverai ta jupe. Tes jambes gainées de noir me seront révélées et tu trembleras de désir et de peur. Je te ferai asseoir tout au bord, les jambes écartées. Tu auras retiré comme demandé le string qui couvrait ton sexe. Je m'agenouillerai devant toi tel l'adorateur devant sa déesse. Mon visage entre tes cuisses débarrassées de cette inutile étoffe. Mes doigts écarteront délicatement tes lèvres et ma bouche viendra effleurer ta corolle. Ma langue glissera doucement et je goberai ce petit bouton précieux, fruit défendu avide de caresses. Je le lécherai, le tèterai, le mordillerai, le titillerai, J'aurai des envies de te boire, de sentir couler au fond de ma gorge ta liqueur d’amour… Tu verras, je te ferai jouir puis je baiserai tes lèvres avec ma bouche parfumée de ton miel et sans rien dire je partirai. P."
Le soir venu, elle l'attendit et lui, il accomplit mot pour mot ce qu'il avait prédit...
* * * *
Toutes ressemblances...
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samedi, 15 décembre 2007
ELLE - Le camionneur aux lilas (6)
Je roule le pied au plancher. Je sais que ma seule chance est de le cueillir alors qu'il sort travailler.
J'arrive dans une petite ville de province insignifiante de 16,000 habitants avec ses maisons indistinctes, sans cachet, sans piquant. Le style de la région vaut bien le mien dans sa médiocrité. La banlieue me sert des relents de bourgeoisie m'as-tu vu qui ne me paraissent pas un augure favorable. Mais où donc mon Camionneur est-il venu vivre ? Comment atterrit-on ici ? J'imagine qu'on y nait certainement et on n'en part plus jamais jusqu'à y mourir de génération en génération. Des jardins bien proprets, des palissades et des bosquets.
Je glisse doucement sur l'asphalte. Il est très tôt. Je suis partie au lever du soleil. La campagne était habillée d'une lumière bleutée irréelle. Je me gare à 25 mètres, cachée par un 4X4. A-t-on idée, un tout terrain en ville ! Cette pensée agaçante m'occupe l'esprit. Je la fais durer histoire de patienter, d'empêcher mon cerveau de gamberger, mes boyaux de tricoter des nœuds d'anxiété. J'ai repéré la maison et je guette tel le voleur débutant prêt à commettre son forfait. Comme lui, j'ai la main qui tremble, le cœur qui s'active comme un chadock sous amphétamine. Je panique, je crois que je vais craquer car déjà je suis en train de projeter le film de notre rencontre. Surtout ne pas imaginer, surtout laisser vivre ! Et alors que mon cerveau déraille, je vois la porte s'ouvrir et un homme mince de taille standard sortir. Il est vêtu simplement. Rien de remarquable dans sa tenue. Je suis déçue car il porte des vêtements décontractés alors que je l'avais imaginé élégant, raffiné plutôt Boss que Chevignon, mais bon...
Il saute dans une Audi ou un BMW, les belles carrosseries cela n'a jamais été mon fort. Je remets le moteur en marche sur la pointe de la clé priant que le bruit de mon moteur se fonde dans celui du sien. Je le suis à distance raisonnable dans les rues silencieuses de ce petit matin de semaine. Il me mène jusqu'à la vieille ville de Lyon et là, malheur, il se gare sur un parking privé où ne j'ai pas accès. Je stationne en double-file pour ne pas le perdre de vue et le voit entrer par une porte dérobée logée dans un bâtiment adjacent. Je repère l'endroit et fonce me garer, le cœur au bord des lèvres à pousser des soupirs telle une accouchée tant je suis près du but, tant j'ai peur de rater ma mission improbable. Je prends la première place disponible, je fais le créneau le plus ridicule de ma vie ! Tant pis pour mon ego, tant pis pour les PV, je suis hallucinée, une vision m'aveugle, lui et mon désir. Ce satané désir insensé qui m'a saisie à la gorge depuis que je l'ai vu.
Je sors en m'obligeant à découper mes gestes en séquence pour me tranquilliser. D'abord les jambes sur le pavé, puis je m'extrais du véhicule comme une handicapée. Je respire par petit coup pour calmer mon cœur. Je verrouille, me rajuste, me regarde dans la vitrine derrière moi pour vérifier que je suis présentable et je pars vers le bâtiment. Me voilà devant, c'est sûr, c'est bien là. Incroyable... un fleuriste ! Mon Camionneur est fleuriste ! Je n'en reviens pas et pourtant c'est bien lui devant moi, là, avec un tablier de coton bleu passé qui ajuste des bouquets dans des vases. Je souris, involontairement. Lui, un fleuriste, alors qu'il avait l'air si mâle dans son rôle de camionneur, le voilà qui arrange joliment avec la grâce d'une jeune-fille des bouquets multicolores. Non pas que le fleuriste soit un métier d'efféminés mais entre camionneur et fleuriste il y a un monde de différences au goût de cambouis et d'effluves floraux, de roues crevées et d'engrais, de robustesse et de fragilité, de sandwich SNCF et de plat du jour mitonné ! Bizarrement, cela m'attriste car mon désir avait dans l'idée un type hyper viril aux confins de la caricature, voire tatoué sur le bras droit comme il me l'avait raconté, cultivé mais brutal, proche des réalités de la vie et non pas dans la superfluité florale. Malgré tout, je tremble car je le vois faire et mon envie ne décroit pas. Je vais à la rencontre d'un fantasme dément qui me trouble et me ravit.
Je pousse la porte de verre dont le carillon sonne comme mille clochettes de brebis perdues dans la montagne et en écho les sons se prépercutent sur les murs, sur les fleurs, sur ma peau qui frémit, sur lui qui se retourne. Il est face à moi devant le comptoir, un bouquet de marguerites à la main. Il me sourit en me disant bonjour. Je réponds en bêlant. J'ai honte, tente de me reprendre mais tout à l'intérieur se bouscule et mes organes chamboulés ne savent plus leur fonction et déraillent. Je respire avec le coeur, réfléchis avec le sexe et tiens encore debout parce que c'est la mode !
Il me demande ce que je veux "un bouquet de roses rouges s'il vous plait." Il ne sait pas, c'est évident, il n'a aucune idée. Moi seule le sait, c'est excitant mais que vais-je faire ensuite ? Nous choisissons ensembles les plus majestueuses. Des rouges baccarat aux pétales de velours pourpre cardinalice. Je le regarde en douce choisir les plus belles, il est penché sur un vase haut et je vois son profil affirmé au front haut et très dégagé de matheux, le nez long au bout arrondi et des lèvres minces mais bien dessinées. Il est plus grand que moi. Il est sec et je vois sous les liens du tablier qui enserrent sa taille une paire de fesses impossible chez un européen ! Il a un cul de black qui tend le jeans indécemment et si je ne me retenais pas j'y passerais bien lentement une main hardie pour en tâter la fermeté et dessiner toutes ses rondeurs jusqu'à en perdre haleine. Je n'arrive pas à me concentrer et réalise subitement l'effet fortement érotique sur moi du cul d'un homme, moulé comme il se doit, par la toile d'un jeans. J'inspire un grand coup et soupire sinon il va voir mon trouble dès qu'il en aura terminé avec son choix. Le maelstrom intérieur n'a pas cessé et je sens mes entrailles faire la chandelle ou serait-ce le pendu ?
Il se redresse enfin "c'est pour offrir ?" "Oui, c'est pour moi !" Il sourit encore plus franchement mais ne commente pas. Il arrange les longues tiges avec quelques verdures et donne au bouquet simple en un tournemain beaucoup d'allure. Il lie les queues d'un joli bolduc rouge sang. Avec dextérité, il les enveloppe dans de la cellophane craquante qui chante sous ses doigts et crisse lorsqu'il tortille l'ensemble dans un autre nœud de bolduc de même couleur. Il relève à peine le visage, et tout en s'affairant me lance une œillade sous ses cils noirs en me disant "faudra-t-il joindre une carte ?" Un demi-sourire dévoile un émail très blanc du genre émail diamant dont ma langue aimerait bien goûter la blancheur. Je rentre dans son jeu, car incidemment il m'a tendu une perche. "Oui s'il vous plait. Auriez-vous l'amabilité d'écrire quelque chose dans le genre " Pour toi Gicerilla, à qui je pense tout le temps depuis notre rencontre." Je ne peux pas écrire moi-même, figurez-vous, car je me suis coupée le pouce !"
Il relève la tête à peine ma phrase achevée. Il est interloqué et fronce la ride du lion qui cisaille l'espace entre ses sourcils de deux traits malveillants. Il me scrute maintenant comme un officier de police face à celui qu'il devrait avant tout considérer innocent. "Mais... c'est vous !" Je panique car j'ai senti clairement la peur dans ces trois mots. Me pense-t-il hostile, venue semer la peste dans sa vie ? Car j'ai l'impression de l'être, pestiférée, devant son mouvement de recul. "Oui c'est moi. Ne craignez rien. Je n'en pouvais plus, il fallait que je vous voie. Ne vous fâchez pas..." A l'intérieur ça piétine comme une foule à qui l'on crie au feu, et le feu s'est emparé de moi et de mes sens. Il répond sec et froid "Vous êtes folle, il ne fallait pas. Comment m'avez-vous trouvé ?" Je n'ose plus ouvrir ma bouche de peur de bêler encore, de me ridiculiser, de bégayer. Pourtant il faudra bien lui dire mais je le sens sur la réserve, inquiet. "J'avais envie de vous voir pour... pour... " Les mots ne veulent pas sortir. "N'avez vous pas compris, c'est fini. Prenez vos fleurs, partez !" "Non j'avais envie de vous voir parce que je veux que vous me touchiez, que vous m'embrassiez. Parce que je veux vivre en vrai, une fois, ne serait-ce qu'une fois, les fantasmes que vous m'avez inoculé et qui tous les jours me rappellent combien vous me plaisez !" "Mais vous êtes cinglée, ce n'était qu'un jeu, oubliez, partez...." A son tour il panique, sa voix n'est plus si assurée. La peur s'est transformée. N'aime-t-il pas les femmes. Serait-il lui-même femme devenu ? Oh non, pas ça. Je veux qu'il me baise, là. Il vient se planter devant moi, il me tend le bouquet, geste sans appel signifiant mon renvoi. Il est à un pas, je le fixe dans les yeux. Tout mon corps est tendu comme une haussière retenant le navire. Filin prêt à craquer et à laisser filer. J'avance et seul le bouquet le protège. Il ne parle plus mais me regarde et je vois passer comme un voile flou sur ses pupilles. Un doute ? Une envie ?
Alors sans pudeur je susurre tremblante "embrassez-moi !" et je ferme les yeux. Rien ne se passe. Je les rouvre humiliée. "Pourquoi ? Suis-je trop moche pour vous ? Apres tout ce que vous m'avez écrit ! Vous êtes un fieffé menteur. Vous n'avez pas de couilles. Vous ne savez vivre que par procuration derrière un écran et vous faire bander en écrivant tout ce que vous ne pouvez pas faire!" J'ai presque hurlé. La boutique résonne encore de mon indignation. Il est devenu pâle et subitement, il pose le bouquet sur le comptoir. Il va vers la porte d'entrée et appuie sur un interrupteur qui déclenche la chute du volet déroulant. La boutique devient de plus en plus sombre et seule une minuscule fenêtre laisse rentrer la lumière matinale dorée. Il revient vers moi d'un pas décidé la colère au front, les traits tirés. Je commence à flipper. Nous sommes seuls. La porte est condamnée. Je me dis que je suis folle, il a raison et ... Plus le temps de penser.
Il m'attrape par les épaules violemment et me jette à la face "Vous êtes venue vous faire baiser, c'est ça, hein ? C'est ça que vous voulez !" Je sens des larmes monter à mes yeux. Il m'insulte et pourtant n'a-t-il pas raison ? Et défiante je réponds "Oui c'est cela. Mais vous n'en n'êtes même pas capable!" Je suis en furie, je me rebelle. Quelle idiote je fais. Le provoquer, le déstabiliser et m'enfuir par derrière, voilà mon plan. Mais je ne savais pas...
Il m'approche de lui et colle sans ménagement ses lèvres sur les miennes. Ses lèvres sont rudes, agressives et sa langue se fraie méchamment un chemin entre les miennes. IL me force et moi je m'abandonne parce qu'en dépit de ma colère j'ai toujours envie de lui. Une envie démente, presque malsaine, qu'il me prenne, qu'il me viole, qu'il m'utilise comme un objet. Je me révèle sous un jour inconnu. Il m'a plaqué contre lui et d'un coup sec descend mon manteau jusqu’aux coudes me bloquant dans un carcan m'empêchant tout mouvement. J'ai les bras rejetés dans le dos m'obligeant à me cambrer et ma poitrine et mon ventre en arc tendent vers lui. Je ne peux pas me défaire de cette gangue de laine et il en profite pour déboutonner mon corsage. Les boutons cèdent et mon cœur palpite à défaillir. Il n'a pas cessé de m'embrasser et de violent son baiser est devenu plus doux. Il descend le long de mon cou et s'y arrête un instant. Il hume puissamment, m'aspire et je ne peux m'empêcher de penser à Grenouille. Ne pas finir comme toutes ses victimes !
Il cesse et descend le long de mes seins et de ses mains rapides il fait sauter l'agrafe du soutien-gorge. J'ai honte. Je me tortille pour m'échapper mais il m’assujettit avec ses mains sur mes hanches et je ne peux cacher les pointes de mes seins érigées en un aveu provocant de mon désir de lui. Il se saisit de la gauche et la malmène. Il la mordille et la suce. La tète et mon cerveau perd pied. Des élans électriques électrocutent mon sexe. Je coule des rivières de honte et de plaisir. Il se saisit du droit et lui fait subir le même supplice. Mes jambes ramollissent, mes bras tendus dans le dos me font mal mais le plaisir qu'il me donne par ses lèvres savantes me fait tout oublier. Il me prend dans ses bras m'amène vers le comptoir. Il me plaque le dos contre le rebord. Je sens l'arête de métal qui cisaille mes reins et mes poignets coincés contre mon dos. Il pèse de tout son poids sur mon ventre et je sens son sexe bandé s'écraser, affamé, contre mon ventre. Il reprend la maltraitance de mes seins qui en veulent encore. Et plus il me mordille et plus la marée monte. Il cesse et me regarde. Je sens mon regard flou, troublé, éperdu et mes paupières lourdes voiler mon égarement. D’un geste brusque il fait valser les fleurs coupées et les verdures qui encombre le comptoir. Il me retourne et maintenant m'oblige à poser le buste sur le comptoir glacé. Mes bras sont toujours coincés et je sens qu'il relève et mon manteau et ma jupe libérant la vison de mes cuisses gainées de bas noir et j'imagine de mes fesses projetées vers lui, séparées par le mince lien de dentelle de mon string noir. J'ai honte "arrêtez s'il vous plait, non..." Mais ma voix est faible car mon cerveau s'indigne mais mon ventre le réclame !
Il plonge son visage. Il n'est plus le fleuriste délicat qui agence des plantes, il est le camionneur, violent, gourmand, sans façon. Je sens son haleine bouillante sur mes fesses, sa langue qui suit la faille qui mène à mon calice. Il écarte la dentelle, ne tente même pas de l'ôter et glisse sa langue dans ma fente inondée. Je sens ses mains sur mes fesses qui les malaxent, qui les écartent pour mieux avoir accès et tel un dard fatal sa langue entame une danse qui me fait gémir et pourtant des larmes coulent sur mes joues. Il va il vient, il me goûte, il me boit et moi je fonds et halète, me révolte, me hais. Puis il cesse et je sens d'un seul coup son sexe à l'entrée. Il s'engouffre en une seule fois avec une violence extrème qui meurtrit mes chairs et pourtant mon sexe l'accueille reconnaissant. Contre ma volonté, il l'appelle même. Sa queue et lui se parlent et ensemble ils épèlent l'alphabet du plaisir. Il me cloue au comptoir et chaque coup de boutoir qu'il m'assène cogne mes fesses qui claquent. Le bruit est indécent et bizarrement augmente mon plaisir. L'idée qu'il écrase ma chair de son ventre tendu. L'idée qu'il voit mes fesses écartelées sans honte et qui en redemandent et moi qui frémis, qui gémis, qui dit "oui". Il devient frénétique et ses mains sont arrimées à mes hanches comme le naufragé s'accroche à une planche.
Subitement il cesse. Je suis au bord du gouffre mais ne tombe pas encore et pourtant je veux tomber et sans qu'il comprenne je lui crie "je t'en prie, fais-moi tomber...." Je sens sa main glisser de ma hanche à mon ventre et atterrir sur ma corolle trempée, là où la perle nacrée comme lui bande. Délicatement il la caresse et je sens monter un moi la jouissance. Il est si doux, si lent, si expert que mon sexe pleure et pleure encore. Il a senti mon ventre l'appeler et s'agite à nouveau. Je sens sa queue dans le fourreau coulisser au rythme de sa main sur mon clitoris. Je l'implore, je le supplie "baise-moi" et alors miséricordieux il accélère le mouvement qui nous emmène tous les deux aux cieux ...
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jeudi, 13 décembre 2007
ELLE - Le camionneur aux lilas (5)
Bien sûr qu'il n'y avait pas eu de pneu crevé, de station service, de cabine de Scania.Bien sûr qu'il n'y avait eu de douche ratée. Bien sûr qu'il n'y avait pas eu d'accident et que le camion n'avait pas brûlé dans le bruit écœurant de la graisse crépitante du camionneur défunt. Bien sûr qu'il n'y avait pas eu de meurtre. Bien sûr que l'homme qui avait usurpé l'identité du camionneur n'avait pas tué celui qu'il incarnait. Bien sûr que jamais il ne l'avait prise en otage dans sa propre voiture pour lui faire vivre les affres d'un désir diabolique sans la toucher. Bien sûr qu'il n'était pas LUI.
Tout cela nous l'avions joué, interprété comme deux comédiens débutants et pourtant si prometteurs, lui et moi, dans un monde virtuel, dans Second Life. Et pourtant, toutes ces aventures vécues avec lui derrière un écran avait ciselé sur mon corps, sur ma peau, sur mon cœur aussi et mon âme enfin des scarifications d'envies indélébiles.
L'aventure s'était terminée à sa demande à lui. Il avait mis fin au jeu car il avait, pensait-il, épuisé toutes les ressources et des rôles et des situations. J'avais adoré le retrouver tous les soirs pour découvrir où nos imaginations sans fin nous mèneraient. L'un et l'autre, dans une émulation constante, avions écrit à deux mains ce scénario qui maintenant me laissait sur la langue un goût délicieux que je voulais, quoiqu'il en coûte, goûter encore.
Mais comment faire maintenant pour le retrouver ? J'avais bien glané quelques indices au cours de notre fréquentation quotidienne mais comment savoir si seulement il disait vrai ou s'il inventait ces détails pour donner plus de corps à son personnage ? Et si le métier de camionneur n'était pas une piste ? En fait je ne voulais pas reconnaitre que le retrouver était improbable et je rêvais en regardant dans mon jardin les inflorescences du lilas doucement se faner.
J'avais tant aimé cet homme par procuration. Quel piège le jeu s'était révélé. Moi qui me croyais plus forte que tous les autres, j'avais été prise au piège et chaque jour, fébrile, je retournais sur le site à sa rencontre et tous les jours pendant des semaines il avait répondu à l'appel. Pour ceux et celles qui n'ont jamais connu ce genre de jeu, évidemment cela parait dément et pourtant. J'ai la tête sur les épaules, les pieds ancrés dans le sol en bonne terrienne mais ce qu'il m'avait montré de lui au travers de son alias m'avait séduite !
Après quelques recherches vaines, j'ai abandonné l'idée de le retrouver et pourtant l'envie me taraudait comme un mauvais mal de tête vrillant mon encéphale et, de temps en temps, au volant de ma voiture, au bureau devant mon écran, subitement surgissait son visage déguisé de cartoon étonnant.
Un jour de tristesse immense dû au manque, car SL est comme de la cocaïne, la plus pure, celle qui en une prise vous rend dépendant, j'en parlais à un ami dont le métier consiste à tester avec des Hackers professionnels le niveau de sécurité des sites internet de grandes sociétés. Il vit mon désarroi. Il me traita de folle, je te l'avais bien dit, ne joue pas à ce jeu de rôle, tout le monde se laisse prendre, souviens toi, moi aussi. Mais comme c'est mon ami, il mit un gars sur le coup, le plus doué. Grâce à lui j'ai su où mon "camionneur" vivait. A quelques kilomètres de Lyon, donc pas trop loin de chez moi, quel hasard incroyable ! En digne fille de ma mère, je me suis dit "mais enfin, de hasard point, c'est que tu dois le rencontrer !" Evidemment, j'étais prête à me raconter n'importe quel mensonge pour justifier ce que j'allais faire : endosser une cape en tartan beige, une casquette ridicule à oreillettes et enquêter.
J'avais la trouille car si j'allais sur ses terres, n'allais-je pas essuyer le refus le plus humiliant de ma vie ? Peu importe ! Que le hacker ait réussi à le localiser me faisait penser à un message divin et Jeanne je voulais bien devenir pour conquérir son trône et avec lui m'y asseoir. Aller à son assaut l'oriflamme de ma passion flamboyant brandi dans l'air par mon bras conquérant.
C'est fou ce que l'amour peut donner comme énergie, comme idées créatives et étonnantes, source constante de trouvailles pour assouvir son but ! Alors, hier, n'y tenant plus, j'ai posé un jour de congé et ce matin, ça y est, je pars à l'aventure, je vais le retrouver, pour de vrai. Je veux le voir de si près que son haleine tiède effleurera mes lèvres à les brûler, que ses yeux plongés dans les miens me raconteront ce que nos mots nous ont dit pendant toutes ces semaines.
Oh bien sûr, j'ai tout à risquer. Imaginez un peu qu'il me reconnaisse et qu'il fuie. En effet, sur SL je m'étais représentée telle que je suis, j'avais résisté à la tentation de me faire enfin le buste de Belluci. Et il m'avait dit avoir fait de même. Peut-être juste un peu raccourci la longueur de son nez.
Alors ce matin, dans ma salle de bain, c'est pire qu'à l'Opéra un soir de première. En vrac, étalés, toutes les huiles et onguents possibles pour me faire la plus belle. Des fards, des mascaras, des parfums et des dentelles. Etre comme Mata Hari, irrésistible. Faire tomber dans mes filets d'espionne improvisée l'homme convoité non pas pour le faire parler sous l'effet de mes charmes mais pour le faire succomber à l'envie de me prendre, là, tout de suite, sur le pas de sa porte s'il le faut. Je me fais jolie. Elégante et sophistiquée mais pas trop apprêtée. La panoplie d'une femme qui va à en rendez-vous galant sans y être conviée.
J'ai gribouillé sur un papier l'adresse du camionneur, j'ai demandé à Mappy de m'indiquer le chemin et c'est tremblante sur mes hauts talons que je grimpe dans ma voiture. Mon cœur bat plus que de raison lorsque je mets la clé dans le contact et le bruit du moteur qui démarre est comme le gong qui sonne le premier round.
Je pars...
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dimanche, 25 novembre 2007
ELLE - Envie de parking
Elle court comme une cinglée dans les couloirs où la touffeur pestilentielle donne le meilleur d'elle-même.
Elle court mais elle ne sait même pas pourquoi, vieux réflexe du temps où elle était parisienne et qu'elle le passait à lui courir après. Elle attrape la rame qui sonne l'alarme stridente du départ. Le wagon est déjà plein, en plein après-midi. C'est comme le périphérique, il n'y a plus d'heures creuses. Station Rivoli, un homme monte et se glisse comme il peut au milieu de la foule pour se poster à côté d’elle et saisir la barre sur laquelle repose déjà sa main.
Il est grand, un mètre quatre-vingt, le crâne rasé, les yeux noisette aux pépites dorées que la lumière blafarde des plafonniers accroche en milliers d'éclats à croquer. Il a le teint très hâlé, un nez droit mais pas fin et des lèvres très ourlées, pulpeuses à souhait, appel au baiser caractérisé. Il plante ses yeux dans les siens. Il lui sourit et elle reçoit son regard avec défiance. Elle, les types dans le métro, elle s'en méfie. Le ronronnement du moteur fait un bruit assourdissant et il doit presque se perdre dans son cou pour lui dire avec simplicité "vous avez de belles mains " elle ne peut s'empêcher de sourire et de le remercier. Il enchaîne persévérant " ... et de beaux yeux !". Encore un merci qui fuse, car rien dans son attitude n'est pesant. A dire le vrai, sa présence lui parait familière, comme si elle le connaissait.
Il lui dit être de passage dans la capitale pour des raisons professionnelles alors qu'elle y est pour le plaisir. A Concorde, ils descendent et spontané comme un enfant il lui propose de boire un café. Pourquoi pas ? Il est charmant, l'humour à fleur de peau et un sourire si blanc qu'il éclabousse sa peau bronzée, irrésistible. Elle l'entraîne chez Angelina et dans un coin douillet ils font connaissance.
Il habite à l'étranger pour peu de temps encore et elle aussi, comme c'est étonnant. Lui au soleil, elle au froid. Les voilà à parler de voyages, de guides et, l'air de rien, de littérature et musique. Plus ils discutent, plus elle est assaillie par l'intuition que elle l’a déjà croisé. Il est tard et c'est presque à regret qu’elle doit partir. Le spectacle est donné dans une heure et elle doit se dépêcher.
"Oserais-je vous inviter à déjeuner demain ?" propose-t-il hésitant. Et elle de penser "est-ce qu'un sourd veut entendre ?" Bien sûr, a-t-elle envie de crier, cela fait si longtemps qu’elle n’a pas ressenti un élan vers un homme. Elle ne va pas faire ma mijaurée. Elle accepte et lui communique le numéro de téléphone de son hôtel...
Un soleil blanc se lève sur Paris. Elle s'est offert le meilleur du meilleur, un lever de soleil sur la Concorde et l'obélisque érige vers le ciel son dard étincelant. Elle n’a pas cessé de penser à l'inconnu du métro. Il l'occupe toute et elle attend, désœuvrée, son appel. C'est incompréhensible les sentiments qui l'envahissent. Elle les refoule comme irrationnels mais ils reviennent encore plus forts la suffoquer. Se rendre à l'évidence, cet homme lui plaît, la trouble, l'inquiète car il bouleverse son petit confort tranquille obtenu au prix de tant d'efforts. Il ne tarde pas et ils conviennent de se retrouver dans le hall à 12h30. Le peu d'heures qui les séparent encore passent avec la légèreté des ailes du Sphinx colibri.
Il est déjà à la réception lorsque, palpitante d'anticipation, elle sort de l'ascenseur. Plus que la veille, son bronzage ressort. La blancheur de sa chemise de lin, négligemment portée sur des khakis, souligne sa peau de bédouin et ses yeux mordorés pétillent comme le champagne rosé. Il a garé sa voiture devant l'hôtel sous le regard bienveillant du portier. Rien de remarquable, une berline de location très confortable.
"Où m'emmenez-vous ?" Il ne répond que par la pose de son index sur ses lèvres, un air de gamin joueur s'accroche aux fossettes de son sourire. Les notes de "One " de U2 envahissent subitement l'habitacle lorsqu'il met le moteur en marche l'empêchant de le questionner plus avant. Il semble bien connaître Paris et se faufile par les petites rues de la ville pour arriver sans encombre à sa destination. Il décide de garer la voiture au parking souterrain le plus proche pour lui éviter de devoir trop marcher avec ses hauts talons. En tout cas, c'est ce qu'il lui dit et elle est étonnée et du geste et de sa capacité de noter des détails que d'autres n'auraient même pas remarqués.
Elle porte en effet une paire d'escarpins Jimmy Choo dont les talons sont des défis à l'équilibre et pourtant si saillants. Lorsque elle porte ces hauts talons elle a l'impression de dominer les choses et les événements et, dernière raison mais pas des moindres, elle se prend à rêver que grâce à eux elle joue dans la même cour qu'Adriana *. Bon ce n'est que pour le plaisir de la comparaison, car le reste ne suit pas, mais c'est un bon début déjà.
Il l'emmène dans un restaurant que sa gourmandise convoitait depuis longtemps et elle finit par se demander s'il n'est par devin. Pourtant, elle se garde bien de le lui dire, dès fois qu'il se fasse des idées. La table est excellente et, bien que les pensées qui depuis hier l'habitent la rendent timide, l'appétit est là et les mets charment autant ses yeux que son palais. Elle le regarde certainement avec un air niais affiché. Plus que les mets, lui l'intéresse. Il lui raconte sa vie dans son pays d'élection, comment il en découvre la rudesse et la beauté, comment pour se fondre il a étudié la langue et il saupoudre sa conversation de quelques mots savamment choisis dans la langue d'Avicène. Ces mots et quelques poètes triés sur le volet participent à leur dialogue comme des convives inattendus mais de bonne compagnie.
Elle est charmée et ne veut surtout pas s'en défendre. C'est trop bon, cela fait trop longtemps. Et sans le vouloir elle frémit. Hélas, le déjeuner est terminé et elle a un train à prendre bientôt. Il se propose de l'accompagner à la gare en voiture. Elle ne sait refuser et d'abord pourquoi le fera-t-elle ? Tout, mais faire durer ce moment béni et jouir de cette sensation intense du désir de lui qui incroyablement est né hier. Ils rejoignent le sous-sol et ils montent dans la voiture. L'odeur du cuir inonde ses narines d'une odeur animale. Comment a-t-elle pu la manquer à l'aller ?
Il met le contact, enclenche la radio et tripote des boutons. A sa grande surprise ce n'est plus U2 mais la mélodie troublante "C'est extra". Elle le regarde, incrédule, alors qu'il sort de sa poche une feuille de papier pliée. Il la lui tend sans parler et elle y lit " Cher Bush, jeudi prochain je vais à Paris voir un spectacle. Tu imagines aisément comment je me réjouis à l'avance. Comme toujours je prendrai le train de 13h40 car alors je n'arrive pas encore dans les embouteillages. J'ai hâte d'y être déjà. Me croiras-tu si je te dis que je vais au Crillon ? Si, si, la folie, je sais, mais tu commences à me connaître, non ? Si nous nous connaissions je te dirais "viens", mais je sais que rien ne le permet. Je t'embrasse de loin. Donne-moi de tes nouvelles bientôt."
C'est un coup de poing dans le ventre et le cœur battant à tout rompre qui accueillent ces mots. Elle se sent ravagée comme la terre après la pluie de mousson, détrempée, bouillonnante. Elle articule avec difficulté "mais comment ?" et pour faire taire ses questions bousculées il vient coller ses lèvres sur les siennes. Son corps est comme le trou noir. Toutes les particules de son être en son centre sont happées et ce grand tourbillon fait danser son sang et ses sens. Alors qu'il l'embrasse avidement et que leur langues se mêlent, tout s'imbrique dans son cerveau paniqué. Il savait son déplacement, les dates, l'hôtel. Il l'a guettée, il l'a suivie et l'a abordée. Il a tout orchestré, de hasard point. Et alors que ses belles mains d'homme amoureux des femmes glissent avec délicatesse sur ses seins et son ventre, elle repense à tout ce qu'ils se sont écrit. Son envie de lui n'a pas de borne et lorsqu'il lui dit "viens" c'est une évidence.
Il coupe le moteur, sort, contourne la voiture et ouvre sa portière. Il saisit sa main pour mieux l'attirer à lui. Elle tient difficilement debout tant son désir scie ses jambes incertaines, merci Jimmy ! Il l'enlace fortement et leurs bouches se lient encore dans un baiser qui l'enivre. Il est chaud contre sa peau. Elle ne peut imaginer que c'est lui, enfin, qui la tient dans ses bras, lui dont elle a tant rêvé sans y croire. Qui a dit que le net restait du virtuel ? Foutaise, le net c'est aussi de la chair et du sang, des hommes des femmes désirants et vivants. Il suffit juste de vouloir.
Et sa présence à lui la bouleverse comme un rêve qui ne devait jamais arriver. Et elle a envie de lui avec la force de l'eau torrentielle qui détruit les barrages. Elle a une envie animale que le monde cesse de tourner, maintenant, pour figer pour toujours cette étreinte digne des fables. Il se défait d’elle et plante ses yeux dans les siens. Elle veut être sa chose, être à lui, il le sait, il le voit, il le sent. Il la guide vers le capot et lui fait lui tourner le dos. En un flash éblouissant lui revient en mémoire un texte de lui. Soudain elle sait. Soudain elle comprend où il veut l'emmener. Réaliser pour elle la scène interdite. "Penche-toi" lui souffle-t-il, délicat. "Mets tes deux mains sur le capot". Elle s'exécute vibrante, son excitation décuplée par le fantasme qui lui revient en lettres rougeoyantes sur l'écran de ses yeux fermés par le plaisir.
Il remonte alors sa jupe légère sur ses reins et apparaît, impudique, l'arche d'amour de ses deux longues jambes couronnées de ses fesses rondes et fendu de son sillon, faille dans la clé de voûte. A son tour il se penche et se plaque contre elle, enlaçant son ventre. Ses doigts savants investissent le jardin inondé et découvrent en gémissant l'ampleur de son désir... "Prend-moi" murmure-t-elle haletante et son sexe fièrement dressé, étendard de son désir d'elle, doucement la pénètre. Elle faiblit, il la soutient plaquant ses fesses contre ses cuisses fermes. Et dans un ballet rythmé par les notes de Leo Ferré il lui offre enfin ce dont elle a rêvé. Et la plainte de plaisir qui sort de leur gorge à l'unisson est le seul témoin du bonheur qui les lie...
* * *
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jeudi, 15 novembre 2007
ELLE - Envie de Hammam
Ca y est, elle arrive, les deux têtes de lion en protègent l'entrée.
Il fait froid dehors. Elle se hâte le pas. La fatigue la terrasse. Trop de travail, pas assez de loisirs. Envie de ne rien faire pourtant, le cerveau fondu dégoulinant par les oreilles. Envie de s'avachir dans la vapeur épaisse comme un matelas de ouate. S'oublier dans la chaleur qui l'enveloppera bientôt de ses milliards de gouttelettes brûlantes qui se déposeront sur sa peau en mini loupes réfléchissant la lumière en milliers d'éclats.
Elle se dépouille de ses vêtements. Rituel millénaire qu’elle aime à répéter lentement, comme une étape voluptueuse avant l'apothéose. Un à un, les vêtements libèrent son corps de toute contrainte. Le laisser respirer, prendre ses aises, pauvre chose maintenue trop souvent dans des carcans élastiqués, tricotés, tissés, ceinturé parfois même à l'étouffer.
Sa nudité enroulée sagement dans un paréo blanc de coton égyptien, elle pénètre dans la salle obscure tapissée d'ardoises noires conférant à la pièce un aspect sacré. Seules les quelques diodes de couleurs changeantes diffusent du plafond des faisceaux de lumière féériques créant une atmosphère digne d'une légende. Elle est seule. Elle s’'installe sur une estrade plus près de la chaleur. Elle se meut avec lenteur, avec gravité tant la touffeur l'oppresse.
Le paréo soigneusement étalé sur l'ardoise devient sa couche de luxure. Elle s’allonge sur le dos, les yeux aux cieux et suit, absente au monde maintenant, la variation de couleurs des diodes qui l'hypnotisent. La chaleur est intense, épaisse. Il lui semble pouvoir la saisir dans sa main et en sentir la présence cotonneuse. Alanguie telle une odalisque, elle saisit la boite de savon noir, couleur qui décidément donne le ton de cet après-midi dédiée à la paresse.
Son odeur puissante de potasse mélangée à l'eau et l'huile d'olive inonde ses narines et la voilà propulsée de nouveau à Byzance du temps où seuls les eunuques pouvaient assister, impuissants, aux ablutions des belles. Ses mains le font mousser et parcourent lentement tout son corps pour l'enduire tel une crème onctueuse. Elle commence par les épaules puis les bras, glisse sur son buste menu, descends le long de son ventre, de ses hanches, de ses fesses et de ses cuisses jusqu'aux talons et elle recommence ce ballet langoureux en remontant.
Au deuxième passage, son ventre sursaute. Ses mains incidemment sont repassées sur ses seins dont les tétons s'érigent. Elle s’étonne, elle m'émeut. Elle s'y attarde et elle y prend goût. A chaque passage, à chaque pression son ventre en écho y répond. Ses mains semblent autonomes, elle ne décide rien. Elle s'y abandonne et les laisse faire, elles connaissent le chemin.
Subitement ses mots à lui assaillent sa mémoire. Et puis leurs mots à eux. En superposition de calques calligraphiés les mots intimement se mêlent. Ses injonctions à lui "laisse toi guider, écoute mes mots, laisse ma voix te pénétrer..." et leurs mots à eux coquins, tendres, poétiques ou audacieux. Tous ces mots à ses mains parlent d'une seule voix. Ses mains dessinent alors sur ses seins et son ventre des volutes orientales. Elles suivent les courbes et les vallons pour atterrir au creux de ses cuisses. La douceur y est là diabolique, insensée, merci la cire jetable, et son cerveau se noie dans des ondes délectables. Son cœur s'emballe, saute quelques battements totalement déboussolés, pris d'assaut par le plaisir. Son souffle gémit des râles incontrôlables par ses lèvres entrouvertes. Ses mains découvrent le terrain, le cartographient et passent et repassent patiemment là où le plaisir se niche.
Son corps est réceptif, le plaisir pas farouche prêt à la submerger. Ses mains se calment un temps et lentement progressent de son sexe à ses fesses, comme il me l'avait intimé "non, je ne peux pas !" "Si fais le, c'est bon, tu verras..." Ses mains sont plus dociles que sa volonté annihilée. Elles découvrent de nouveaux reliefs, un défilé étroit, un abîme sans fin où le plaisir là aussi est tapi, mais elles ne le savaient pas. Le savon noir et sa mousse suave lubrifient tout sur son passage. La peau luit sous les lumières et la sueur le macule d'un voile irisé. Ses doigts deviennent curieux, gourmands, et chaque incursion dans cette terre inconnue, dans cette terre vierge, la fait gémir plus fortement. Elles deviennent inventives sous les injonctions de celui qui la guide. Elle a fermé les yeux, les sensations la clouent sur son alcôve improvisée. Elle frémis. Son corps s'anime sous ses mains et ses reins fébriles les accompagnent dans un va-et-vient indécent. Le plaisir est intense.
De son sexe sourd des rivières tempétueuses. Ses deux mains orchestrent des caresses opposées qui se complètent pourtant et son cœur va rompre. Elle trésaille, elle ondule. Il la guide toujours et encore avec ses mots crus, avec ses mots directs qui la font rougir mais qui la submergent d'envie "... imagine une langue qui rôde autour de ton petit trou..." Elle n’a plus aucune honte, elle en veut plus, elle en veut encore. "...enfonce-le bien, fais-toi plaisir, mais ne jouis pas ... pas encore" Elle veut plus de caresses et de pincements, de pressions et de pénétrations. Elle ne l'écoute plus, elle ne veut plus entendre ses mots "... non, pas maintenant, je te l'interdis, fait durer..."
La jouissance arrive, envoûtante, enivrante la rendant désobéissante. Elle s'émancipe de sa voix, ses mains sont devenues esclaves rebelles. Telle une tornade inévitable, incontournable, puissante le plaisir emporte tout sur son passage. Ses doutes, ses réticences, ses préventions, ses répugnances. La jouissance la saisit enfin, fulgurante au rythme de ses mains qui simultanément s'agitent.
Elle reste pantelante, étonnée, rougissante d'avoir goûté des plaisirs interdits...
06:45 Publié dans Eros | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
jeudi, 01 novembre 2007
ELLE - Chas erotic
J'aurais voulu être Alfred pour écrire à George !
Avoir sa plume parfois alerte et osée, mais je ne l'ai pas. Cela devait-il m'empêcher de tenter l'aventure ? Non, dans la mesure où je ne me compare pas, où je n'essaie même pas d'imaginer que mes mots pourraient se retrouver à jouer dans la même cour que les siens.
Les miens sont vilains, hésitants, faciles. Mes mots sont ceux du vulgaire mais ce sont les seuls que je connaisse. Alors, un peu intimidée devant la référence qui m'a poussée à tenter, je me lance.
Soyez indulgents, vous qui passez par là. Ne jugez pas trop à la hâte car comme l'on sait "la critique est aisée et l'art est difficile" !
Bon, ben, j'y vais !
Fantaisiste, mutine, elle a du caractère.
Ravir le cœur d'un homme, voilà ce qu'elle voudrait,
Et dans ses bras d'airain connaitre le mystère
Des chairs qui se brûlent, de baisers dévorées.
Eprouver sous sa main la chaleur de la forge,
Rougir, tel le métal, approcher la fusion.
Inventer pour Vulcain de nouvelles dévotions,
Caresser de sa langue son vit de sucre d'orge.
Jeter dans son foyer toutes ses préventions
Et se retrouver nue, pleine d'appréhensions.
Venir alors à lui, telle une pénitente
Ouvrir sans trembler ses cuisses, hésitante,
Une main tout de même devant le paradis,
Sentir ses yeux de braise la dévorer d'envie.
Voir se lever, glorieux, son sexe conquérant,
Et vouloir l'accueillir en son sein bouillonnant.
Unir leur deux corps dans une étreinte ardente
X, lettre de l'opprobre couronnant cette attente.
Diriger lentement la course de ses doigts
A travers sa peau douce, ses monts et ses vallées.
Nouer ses bras gracieux à son torse musclé
Son souffle se lovant dans le creux de son cou,
Mordillant au passage ses chairs tremblant d'émoi.
Onduler savamment contre sa queue bandée,
Ne voulant qu'une chose, par elle être empalée.
Le laisser malgré tout libre du choix des armes
Invoquer tous les Dieux pour qu'il soit inspiré
Tendant enfin sa croupe, le laissant décider...
* * *
Seul celui qui saura dénouer le titre, anagramme camouflé, descellera le secret de cette note !
Pour ceux qui sont curieux ou qui ont du temps à perdre ...
07:15 Publié dans Eros | Lien permanent | Commentaires (16) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note