28 avril 2009
ELLE - Quand ma vie est plus riche

"Mais c'est génial ! J'adore ! Passe-le encore !"
C'est à des menus plaisirs que je me rends compte à quel point je suis attachée à la vie. Et c'est dans ces moments de pure enthousiasme enfantin que je me rends compte à quel point, sous des airs sophistiqués, je suis simple. Je me souviens encore comment, récemment, un homme de mes connaissances m'assénait comme une sentence "tu es trop sophistiquée !" Il y avait dans son ton une moue féroce de dédain comme s'il venait de nommer le huitième péché capital, la sophistication. Je ne voyais pas son visage pourtant, puisque nous étions au téléphone, mais nul besoin de la vue pour entendre combien je lui paraissais alors indigne d'intérêt. "Sophistiquée !" Je l'avais pris comme un soufflet car enfin ne me voyais-je pas affublée du pire des qualificatifs qui pouvait sortir de la bouche de cet homme ?
Jugez un peu de ce qu'il impliquait lorsqu'il utilisait cet adjectif :
"a) [En parlant d'une pers.] Qui se distingue dans son allure, ses manières d'être ou de faire, par la recherche d'un raffinement, d'une élégance, d'une distinction généralement artificiels. b) Dont l'élégance, le raffinement délibérés sont excessifs et relèvent d'un certain maniérisme."
Avouez qu'il y avait de quoi s'insurger et prendre les armes contre une telle affirmation. Alors je m'en suis défendue bien sûr, et vigoureusement encore, car le sujet de notre discussion ne méritait pas une telle vexation. Je crois, dans le prétoire, avoir reporté la mise et je sais que depuis il ne me voit plus comme telle. D'ailleurs, il ne me voit plus du tout...
Bref, je disais donc à quel point de simples joies peuvent transformer ma vie, au point que je me dise que sans elles ma vie n'aurait sans doute pas tout à fait la même saveur. Ah, je vous sens impatient, un soupçon agacé que je fasse ainsi durer le mystère. De quoi parlé-je donc ? Mais de ma récente découverte du dernier album de Claire Diterzi. Oh, bien sûr, il n'est pas né d'hier mais je ne fais pas partie de ceux qui sont à la pointe de l'actualité musicale. Quoiqu'il en soit, quelles émotions ne m'ont pas saisie en écoutant le titre l'Odalisque. Incrédule au début, presque irritée par ces tonalités aigues, lentement mon oreille s'est laissée apprivoiser par la mélodie étonnante, détonante du morceau.
Et puis, comme un philtre que j'aurais bu à petite gorgée pour mieux m'intoxiquer, les notes et les paroles ce sont mis à circuler dans mes veines, à irriguer mon cerveau transformant mon scepticisme du départ en un enthousiasme hystérique. Les zygomatiques ne se détendaient plus et une joie fébrile me faisait m'esclaffer encore et encore. Et l'ami, provocateur de la situation, paraissait interdit devant tant d'engouement. Je lui demandais de passer la chanson encore et encore jusqu'à l'écœurement.
Et depuis ce moment, je me dis que grâce à Claire Diterzi, ma vie est encore plus belle et je me prends à rêver être dans une autre vie, chanteuse fantaisiste et talentueuse comme elle. Pour le plaisir, en tout cas pour le mien, je vous la livre. Ouvrez grand vos oreilles et dépassez vos a priori.
Et qui a dira encore que je suis sophistiquée ?
A Celadon.
Tes pieds, mon amour,
A tout jamais je baiserai
Ta voix de velours,
Je m'incline et j'y obéirai
Telle une Pompadour
Enfarinée, rococo, parée
Des plus beaux atours
A tes pieds, je me jetterai
Vois comme je me couche
Au sein de tes draps, alanguie,
Rien ne m'effarouche
Je suis ta diva, ton odalisque
A tes forteresses,
Enamourée, je m'abandonne
Pour l'éternité
Je suis ta nana et ta Madone
Tes pieds, mon amour,
A tout jamais je baiserai
Ta voix de velours,
Je m'incline et j'y obéirai
Telle une Pompadour
Enfarinée, rococo, parée
Des plus beaux atours
A tes pieds, je me jetterai
Vois comme je me couche
Au sein de tes draps, alanguie,
Rien ne m'effarouche
Je suis ta diva, ton odalisque
A tes forteresses,
Enamourée, je m'abandonne
Pour l'éternité
Je suis ta nana et ta Madone
Pour l'éternité
Je suis ta nana et ta Madone
Je suis ta nana et ta Madone
Je suis ta nana et ta Madone
Je suis ta diva, ton odalisque
05:49 Ecrit par Gicerilla dans Billet d'humour | Lien permanent | Commentaires (25) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : claire diterzi, tableau de chasse, l'odalisque, editions naïve
