12 juillet 2009
ELLE - Dialogue avec un Ange - Torture divine

Le début de "Dialogue avec un Ange" est là
Il faut que je te parle. Vite. Rendez-vous à la cafétéria. Maintenant !
Le cartouche du chat clignote sur l'écran de Valérie qui lit le message instantané de Candy en y sentant une urgence, une vraie. Elle quitte son bureau et retrouve Candy qui ne lui laisse même pas le temps d'entrer. "Tu te souviens quand tu me parlais de Nicolas et que je te disais que je m'en fichais ? La raison est simple, j'ai rencontré un homme !" Valérie lève les sourcils et une expression d'incrédulité amusée illumine son regard. "tiens, tiens, voyez-vous ça. Raconte..." "En fait, c'est mon voisin. Il a un prénom aussi impossible que le mien, Donatien. Si, je t'assure. Bref..." Et Candy raconte à son amie le drôle de jeu qu'ils ont commencé à jouer. "Mais je viens de recevoir ce message de lui. A la première lecture, je t'assure, j'ai cru en pleurer. Il m'a fait me sentir nulle, déjà que je ne me sens pas fortiche sur le sujet. J'hésite à continuer, d'ailleurs je ne suis pas la hauteur. Mais pourtant il me plait tant, j'ai peur de le décevoir, j'ai peur de..."
Candy ne finit pas sa phrase. Elle ne sait pas où il veut l'emmener et les phrases de son billet reviennent lui rappeler qu'il n'est peut-être pas si bienveillant que cela à son égard. "Mais pour que tu comprennes, il faut que tu lises ce que je lui ai écrit et sa réponse. J'ai gardé des copies, tu comprends, pour ne pas perdre le fil. Après tout, c'est un jeu de rôles, comme si nous écrivions le scénario au fil de nos échanges."
"Mais quel salaud !" s'exclame Valérie. "Ce n'est pas du tout convenu ce que tu lui a écrit. D'abord, il est idiot. Oui, tout est convenu si on y réfléchit, car depuis que l'homme est homme, sur le sexe on a certainement tout écrit. Mais franchement, tu m'épates. C'est vraiment toi qui a écrit ça ?" Candy rougit et répond en zozotant plus que d'habitude "Arrêtes, j'ai honte !" "Mais honte de quoi ? Tu me prends pour une communiante ? Je te rappelle que ce n'est pas moi qui ai coiffé les Catherinette ?" rétorque Valérie en rigolant "Je t'assure, je suis drôlement surprise et épatée. Je ne pourrais jamais écrire un truc comme ça. Et puis, il croit quoi ton Donatien ? Si tu te défiles, tu auras perdu la face et lui, tout aussi sûrement. Il faut le surprendre, être où il ne t'attend pas. Fais le rêver ce type. Attends, on va s'y mettre à deux. Je te donne les idées et toi tu peaufineras le style !" "T'es sûre ?" "Oui, je suis sûre. Il veut s'amuser avec toi, tu ne vas pas le décevoir !"
Quelques jours plus tard, Donatien dépliait ce billet.
"Mais, l'Ange, tu me tortures !
Bien sûr que je veux te dire non et refuser de te confier ce qui me ferait reculer ! Bien sûr que je rougis de honte à l'idée de devoir devant toi exhiber et mon âme et mon corps. Ta verve tente de me provoquer pour me faire basculer. Tes intentions sont diaboliques et la Dame en moi s'effarouche de tant d'audace. Pourtant, ma peau frémit déjà à l'évocation des désirs que je pourrais faire naitre en toi. Me montrer à toi bel Ange, mais quel défi ! Moi qui jamais ne me suis montrée à quiconque.
Oter un à un tous mes vêtements et prendre position comme une idole pour être par tes yeux dévorée ? Libérer à ta vue mon coquillage luisant et mon puits de délices le pourrais-je jamais ? Entendre tes mots soufflés comme des prières m'intimer de me caresser ? Accepter que mes mains t'obéissent pour satisfaire ta curiosité ? Oh, je doute tant d'en être jamais capable. Il faudra que tu trouves les mots pour obtenir, par tes cajoleries ou tes commandements, l'oubli de moi indispensable pour te satisfaire.
Trouve les mots, je t'en prie, car je veux devenir l'objet de ton délire pour mieux en jouir. Suivre mot à mot le chemin que tu m'indiqueras et que mes mains deviennent tes sbires dociles. Qu'elles s'associent comme des malfaiteurs à ton envie. Que tes mots et mes mains révèlent la diablesse qui sommeille en moi et que tes envies deviennent miennes. Je serai toute à toi. Je me plierai devant tes lubies comme la pénitente devant son maitre. Fais de moi ce que tu veux, je te suivrai. Je languis de jouir par tes injonctions.
Guide-moi."
A suivre ici.
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03 juillet 2009
ELLE - Dialogue avec un Ange - Les règles du jeu

Le début de "Dialogue avec un Ange" est là
Donatien replie avec lenteur la lettre de Candy.
Le trouble l'a envahit et pour le canaliser il appuie de ses ongles sur les pliures comme vous enfermer les mots qu'il vient de lire. Quoi, cette fille apparemment si timide, avec son zézaiement qui donne à ses paroles un je-ne-sais-quoi d'enfantin, est capable de lui écrire ça ? Le style lui a paru suranné voire ampoulé mais au-delà des mots ce qui lui reste, gravé au ventre, c'est l'audace dont elle a fait preuve dès le départ. Il la voulait timide, presque effarouchée. La voilà qui lui ressert une partie de ses lectures. Enfin, c'est ce qu'il pense tant sa lettre l'a ébranlé.
Il a rendez-vous avec Pascal à 13h00 pour déjeuner, alors il se dépêche de glisser les deux lettres qu'il a reçues de Candy dans la poche de sa veste et file au Saint Jean. L'église sonne les 13 coups alors qu'il ficèle son vélo au poteau de signalisation devant la terrasse. Bien en vu, on ne le lui volera pas. Pascal est déjà là, souriant. Ils sont comme deux malfrats qui trament un mauvais coup. Leur complicité est née sur les bancs de l'école, bientôt douze ans qu'ils se connaissent. "Alors, t'en es où ?" l'interroge Pascal alors qu'il finit tout juste de s'asseoir. Donatien attrape les deux lettres qui semblent palpiter dans sa main mais c'est la sienne qui tremble. "Je te laisse juge, lis un peu !" Pascal parcourt les deux billets l'air concentré. Aucune émotion ne transparait. Donatien, lui, tente de les lire de nouveau par dessus son épaule. Et en surimpression viennent des visions de Candy, avec ses rondeurs et son sourire, avec ses yeux clairs et sa timidité. Il l'imagine nue, charnue mais ferme. Il l'imagine callipyge. Il ferme les yeux un instant et voit la scène qu'elle lui a décrit. Il bande.
"Et bien, ne la croyais-tu pas débutante ?" lui dit Pascal avec un petit sourire en biais. "Qu'est-ce que tu veux dire ?" "Ce que je veux dire" répond Pascal "c'est que ce n'est pas une perdrix de la dernière couvée et que d'initiation à ta façon il n'y aura pas ! As-tu vu comme elle attaque, sûre d'elle. D'ailleurs, oui, je la trouve un peu présomptueuse ton élève. Elle pense qu'il t'en faut peu pour te tournebouler. Elle a peut-être raison..." Donatien fait la moue et regarde son ami dans les yeux "Mais tu as raison, je n'avais pas lu le texte sous cet angle-là. En fait, j'avoue elle m'a donné envie la coquine alors que c'est moi qui devrais l'amener au désir. Présomptueuse, dis-tu ?" "Oui, quand même. Si j'étais à ta place je rabattrais gentiment sa superbe, histoire de lui faire sentir que ce n'est pas elle qui tient les rênes, non mais ! Si tu la laisses maîtresse du jeu, autant arrêter maintenant. L'expérience ne vaudra rien ni pour toi ni pour moi !" conclut Pascal qui tend les billets à Donatien. "Tu crois qu'elle l'a inventé ce texte ou ne crois-tu pas, comme moi, qu'elle aura piqué ses idées à droite et à gauche dans ses lectures ?" enchaine Donatien, "parce que je ne peux pas m'être trompé à ce point sur son compte !" "Non, je ne crois pas. Mais qu'elle s'en soit inspirée, pourquoi pas. Après tout, nos lectures comme les films ou les faits divers alimentent nos fantasmes, non ? De toute façon, plagiat masqué ou pas, il faut que tu reprennes l'ascendant. Tu dictes la danse, tu règles les pas. T'as amené du papier, de quoi écrire ?"
Donatien fouille dans son sac à dos pour en extraire un nécessaire d'écriture. "A ton avis, je lui dis quoi ?" Pascal se tait mais réfléchit intensément. "Tu veux que j'écrive à ta place ?" Donatien lui tend le stylo.
"Mais, jolie Dame, qui te dit que je te veux déjà. Qui te dit que tu peux éveiller si vite mon désir. Ce que tu me sers là manque sacrément d'audace. Si tu veux me rejoindre au jardin, il faudra que tu te montres à moi, sans pudeur, et que tes yeux jamais ne cillent quand je te demanderai de te mettre nue, de te mettre à nu, de tout me révéler. Tu m'appelles l'Ange, mais Ange je ne suis pas. Et d'abord, naïve, que ferais-tu d'un ange et qu'est-ce qu'un ange ferait de toi ? Tu apprendras bien vite à me connaitre si tu suis les règles du jeu et alors tu découvriras ma part d'ombre et la tienne. Le plaisir se niche où on ne l'attend pas et ce ne sont pas tes clichés convenus qui le révèleront. Alors pour me montrer ton obéissance, tu vas recommencer. Je t'ordonne de t'exhiber, raconte-moi ce que tu redoutes que je te demande, raconte-moi tes appréhensions et tout ce que tu ne ferais pas devant un homme. Fais monter en moi le désir, si tu en es capable...."
Pascal repose le crayon, un air de satisfaction plisse ses yeux moqueurs. Donatien relit le billet tout en le commentant "Tu y vas fort. Elle va s'enfuir, tu paries, elle va abandonner..." "Laisse donc faire, tu verras bien. Encore une fois, parti comme c'est parti, le jeu ne vaut rien, crois-moi. Tu vas la piquer au vif ou la décourager, et alors tu sauras de quel bois elle est faite. !"
Donatien cachète nerveusement la lettre, inquiet que le jeu en effet ne s'arrête. Il ne le dit pas à Pascal mais ce qu'il a lu d'elle l'a remué. Il y avait de la recherche dans la mise en scène, comme un avant-goût de ce dont elle pourrait être capable. Peut-être. Et c'est avec hésitation qu'il glisse sa lettre dans la boite de Candy.
Répondra-t-elle ?
A suivre...
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