12 juillet 2009
ELLE - Dialogue avec un Ange - Torture divine

Le début de "Dialogue avec un Ange" est là
Il faut que je te parle. Vite. Rendez-vous à la cafétéria. Maintenant !
Le cartouche du chat clignote sur l'écran de Valérie qui lit le message instantané de Candy en y sentant une urgence, une vraie. Elle quitte son bureau et retrouve Candy qui ne lui laisse même pas le temps d'entrer. "Tu te souviens quand tu me parlais de Nicolas et que je te disais que je m'en fichais ? La raison est simple, j'ai rencontré un homme !" Valérie lève les sourcils et une expression d'incrédulité amusée illumine son regard. "tiens, tiens, voyez-vous ça. Raconte..." "En fait, c'est mon voisin. Il a un prénom aussi impossible que le mien, Donatien. Si, je t'assure. Bref..." Et Candy raconte à son amie le drôle de jeu qu'ils ont commencé à jouer. "Mais je viens de recevoir ce message de lui. A la première lecture, je t'assure, j'ai cru en pleurer. Il m'a fait me sentir nulle, déjà que je ne me sens pas fortiche sur le sujet. J'hésite à continuer, d'ailleurs je ne suis pas la hauteur. Mais pourtant il me plait tant, j'ai peur de le décevoir, j'ai peur de..."
Candy ne finit pas sa phrase. Elle ne sait pas où il veut l'emmener et les phrases de son billet reviennent lui rappeler qu'il n'est peut-être pas si bienveillant que cela à son égard. "Mais pour que tu comprennes, il faut que tu lises ce que je lui ai écrit et sa réponse. J'ai gardé des copies, tu comprends, pour ne pas perdre le fil. Après tout, c'est un jeu de rôles, comme si nous écrivions le scénario au fil de nos échanges."
"Mais quel salaud !" s'exclame Valérie. "Ce n'est pas du tout convenu ce que tu lui a écrit. D'abord, il est idiot. Oui, tout est convenu si on y réfléchit, car depuis que l'homme est homme, sur le sexe on a certainement tout écrit. Mais franchement, tu m'épates. C'est vraiment toi qui a écrit ça ?" Candy rougit et répond en zozotant plus que d'habitude "Arrêtes, j'ai honte !" "Mais honte de quoi ? Tu me prends pour une communiante ? Je te rappelle que ce n'est pas moi qui ai coiffé les Catherinette ?" rétorque Valérie en rigolant "Je t'assure, je suis drôlement surprise et épatée. Je ne pourrais jamais écrire un truc comme ça. Et puis, il croit quoi ton Donatien ? Si tu te défiles, tu auras perdu la face et lui, tout aussi sûrement. Il faut le surprendre, être où il ne t'attend pas. Fais le rêver ce type. Attends, on va s'y mettre à deux. Je te donne les idées et toi tu peaufineras le style !" "T'es sûre ?" "Oui, je suis sûre. Il veut s'amuser avec toi, tu ne vas pas le décevoir !"
Quelques jours plus tard, Donatien dépliait ce billet.
"Mais, l'Ange, tu me tortures !
Bien sûr que je veux te dire non et refuser de te confier ce qui me ferait reculer ! Bien sûr que je rougis de honte à l'idée de devoir devant toi exhiber et mon âme et mon corps. Ta verve tente de me provoquer pour me faire basculer. Tes intentions sont diaboliques et la Dame en moi s'effarouche de tant d'audace. Pourtant, ma peau frémit déjà à l'évocation des désirs que je pourrais faire naitre en toi. Me montrer à toi bel Ange, mais quel défi ! Moi qui jamais ne me suis montrée à quiconque.
Oter un à un tous mes vêtements et prendre position comme une idole pour être par tes yeux dévorée ? Libérer à ta vue mon coquillage luisant et mon puits de délices le pourrais-je jamais ? Entendre tes mots soufflés comme des prières m'intimer de me caresser ? Accepter que mes mains t'obéissent pour satisfaire ta curiosité ? Oh, je doute tant d'en être jamais capable. Il faudra que tu trouves les mots pour obtenir, par tes cajoleries ou tes commandements, l'oubli de moi indispensable pour te satisfaire.
Trouve les mots, je t'en prie, car je veux devenir l'objet de ton délire pour mieux en jouir. Suivre mot à mot le chemin que tu m'indiqueras et que mes mains deviennent tes sbires dociles. Qu'elles s'associent comme des malfaiteurs à ton envie. Que tes mots et mes mains révèlent la diablesse qui sommeille en moi et que tes envies deviennent miennes. Je serai toute à toi. Je me plierai devant tes lubies comme la pénitente devant son maitre. Fais de moi ce que tu veux, je te suivrai. Je languis de jouir par tes injonctions.
Guide-moi."
A suivre ici.
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03 juillet 2009
ELLE - Dialogue avec un Ange - Les règles du jeu

Le début de "Dialogue avec un Ange" est là
Donatien replie avec lenteur la lettre de Candy.
Le trouble l'a envahit et pour le canaliser il appuie de ses ongles sur les pliures comme vous enfermer les mots qu'il vient de lire. Quoi, cette fille apparemment si timide, avec son zézaiement qui donne à ses paroles un je-ne-sais-quoi d'enfantin, est capable de lui écrire ça ? Le style lui a paru suranné voire ampoulé mais au-delà des mots ce qui lui reste, gravé au ventre, c'est l'audace dont elle a fait preuve dès le départ. Il la voulait timide, presque effarouchée. La voilà qui lui ressert une partie de ses lectures. Enfin, c'est ce qu'il pense tant sa lettre l'a ébranlé.
Il a rendez-vous avec Pascal à 13h00 pour déjeuner, alors il se dépêche de glisser les deux lettres qu'il a reçues de Candy dans la poche de sa veste et file au Saint Jean. L'église sonne les 13 coups alors qu'il ficèle son vélo au poteau de signalisation devant la terrasse. Bien en vu, on ne le lui volera pas. Pascal est déjà là, souriant. Ils sont comme deux malfrats qui trament un mauvais coup. Leur complicité est née sur les bancs de l'école, bientôt douze ans qu'ils se connaissent. "Alors, t'en es où ?" l'interroge Pascal alors qu'il finit tout juste de s'asseoir. Donatien attrape les deux lettres qui semblent palpiter dans sa main mais c'est la sienne qui tremble. "Je te laisse juge, lis un peu !" Pascal parcourt les deux billets l'air concentré. Aucune émotion ne transparait. Donatien, lui, tente de les lire de nouveau par dessus son épaule. Et en surimpression viennent des visions de Candy, avec ses rondeurs et son sourire, avec ses yeux clairs et sa timidité. Il l'imagine nue, charnue mais ferme. Il l'imagine callipyge. Il ferme les yeux un instant et voit la scène qu'elle lui a décrit. Il bande.
"Et bien, ne la croyais-tu pas débutante ?" lui dit Pascal avec un petit sourire en biais. "Qu'est-ce que tu veux dire ?" "Ce que je veux dire" répond Pascal "c'est que ce n'est pas une perdrix de la dernière couvée et que d'initiation à ta façon il n'y aura pas ! As-tu vu comme elle attaque, sûre d'elle. D'ailleurs, oui, je la trouve un peu présomptueuse ton élève. Elle pense qu'il t'en faut peu pour te tournebouler. Elle a peut-être raison..." Donatien fait la moue et regarde son ami dans les yeux "Mais tu as raison, je n'avais pas lu le texte sous cet angle-là. En fait, j'avoue elle m'a donné envie la coquine alors que c'est moi qui devrais l'amener au désir. Présomptueuse, dis-tu ?" "Oui, quand même. Si j'étais à ta place je rabattrais gentiment sa superbe, histoire de lui faire sentir que ce n'est pas elle qui tient les rênes, non mais ! Si tu la laisses maîtresse du jeu, autant arrêter maintenant. L'expérience ne vaudra rien ni pour toi ni pour moi !" conclut Pascal qui tend les billets à Donatien. "Tu crois qu'elle l'a inventé ce texte ou ne crois-tu pas, comme moi, qu'elle aura piqué ses idées à droite et à gauche dans ses lectures ?" enchaine Donatien, "parce que je ne peux pas m'être trompé à ce point sur son compte !" "Non, je ne crois pas. Mais qu'elle s'en soit inspirée, pourquoi pas. Après tout, nos lectures comme les films ou les faits divers alimentent nos fantasmes, non ? De toute façon, plagiat masqué ou pas, il faut que tu reprennes l'ascendant. Tu dictes la danse, tu règles les pas. T'as amené du papier, de quoi écrire ?"
Donatien fouille dans son sac à dos pour en extraire un nécessaire d'écriture. "A ton avis, je lui dis quoi ?" Pascal se tait mais réfléchit intensément. "Tu veux que j'écrive à ta place ?" Donatien lui tend le stylo.
"Mais, jolie Dame, qui te dit que je te veux déjà. Qui te dit que tu peux éveiller si vite mon désir. Ce que tu me sers là manque sacrément d'audace. Si tu veux me rejoindre au jardin, il faudra que tu te montres à moi, sans pudeur, et que tes yeux jamais ne cillent quand je te demanderai de te mettre nue, de te mettre à nu, de tout me révéler. Tu m'appelles l'Ange, mais Ange je ne suis pas. Et d'abord, naïve, que ferais-tu d'un ange et qu'est-ce qu'un ange ferait de toi ? Tu apprendras bien vite à me connaitre si tu suis les règles du jeu et alors tu découvriras ma part d'ombre et la tienne. Le plaisir se niche où on ne l'attend pas et ce ne sont pas tes clichés convenus qui le révèleront. Alors pour me montrer ton obéissance, tu vas recommencer. Je t'ordonne de t'exhiber, raconte-moi ce que tu redoutes que je te demande, raconte-moi tes appréhensions et tout ce que tu ne ferais pas devant un homme. Fais monter en moi le désir, si tu en es capable...."
Pascal repose le crayon, un air de satisfaction plisse ses yeux moqueurs. Donatien relit le billet tout en le commentant "Tu y vas fort. Elle va s'enfuir, tu paries, elle va abandonner..." "Laisse donc faire, tu verras bien. Encore une fois, parti comme c'est parti, le jeu ne vaut rien, crois-moi. Tu vas la piquer au vif ou la décourager, et alors tu sauras de quel bois elle est faite. !"
Donatien cachète nerveusement la lettre, inquiet que le jeu en effet ne s'arrête. Il ne le dit pas à Pascal mais ce qu'il a lu d'elle l'a remué. Il y avait de la recherche dans la mise en scène, comme un avant-goût de ce dont elle pourrait être capable. Peut-être. Et c'est avec hésitation qu'il glisse sa lettre dans la boite de Candy.
Répondra-t-elle ?
A suivre...
05:53 Ecrit par Gicerilla dans Eros | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : donatien sade, manipulation, correspondance érotique
27 juin 2009
ELLE - Dialogue avec un Ange - Baise-moi
Le début de "Dialogue avec un Ange" est là
Samedi 27 juin
Candy s'est enfermée dans sa chambre. Elle vit seule mais pourtant, elle sent le besoin de se calfeutrer comme dans un cocon pour que restent enfermés dans le secret de l'alcôve les mots qu'elle va lui écrire. Elle a relu la lettre de Donatien et la crainte est sa compagne. Peur que ses mots ne suintent des murs et que tous, autour, sachent qui elle est, au fond. La peur l'étreint au ventre et une douleur délicieuse l'envahit, envie d'être à la hauteur du défi mêlée à celle de lui plaire.
Que veut-il donc lire ? Quel rêve veut-il donc rêver ? Sous ses mains, le vélin le plus fin qu'elle ait trouvé. Elle le caresse les yeux fermés et elle imagine son grain de peau. Petit à petit, alors que ses mains insufflent au papier la chaleur de vie qui lui manque, montent en elles des paroles inconnues. Alors, dévissant lentement le capuchon de son stylo, elle se laisse dicter sa première lettre. Et l'encre noire trace de son écriture ronde ce qui suit.
"Bel Ange, quelle question !
Vivre avec toi un rêve où ensemble nous serions chairs et âmes emmêlées en un être nouveau, comment le refuser ? Mais ne t'y trompes pas, ce sera moi l'amante et alors tu devras te soumettre sans tricher à ma guise despote ? Mais bel Ange ou devrais-je dire beau Démon, la Dame que je suis ne rêve que d'une chose. Que nos peaux aimantées se touchent à se brûler. Que ma langue gourmande découvre tes saveurs, celles qui te font rougir, celles qui te font gémir. Que mes mains élégantes de Dame à la peau douce frôlent et griffent et caressent ton cou, ta queue, tes fesses. Que sans pudeur entre mes lèvres, tu t'abandonnes sans pourtant jouir encore, voulant me conserver la vigueur de ton dard pour des jeux malicieux à me faire oublier la fraicheur de l'air dans ce jardin d'été où tu as cultivé, dis-tu, d'infinis délices.
Oui, bel Ange, oui, mille fois mais il faudra sans lutter accepter toutes mes conditions. Le pourras-tu ? Le voudras-tu ? Un seul mot de toi et je continue."
Elle relit la lettre, étonnée de la fluidité de ces mots nés d'elle. Elle s'étonne d'elle-même et sourit, satisfaite. Elle ne sait pas encore que ce n'est que le début, et pour elle, et pour lui. De la pointe de la langue, elle humecte la gomme qui scellera l'enveloppe comme un cachet de cire sur un décret. Elle dévale les escaliers et glisse la lettre dans la boîte à l'autocollant Donatien TUSSIN.
"Allo, Pascal ?" La voix de Donation sautille, visiblement excitée. "Oui, Donatien, qu'est-ce qui se passe, t’as l'air énervé !" "Tu te souviens la fille au prénom impossible, Candy, oui, c'est ça. Elle l'a fait. Si, je te jure. Elle a commencé à m'écrire, je n'y croyais plus !" Pascal s'anime à son tour "Et alors c'est prometteur ou bien... " "Ben, figure-toi que pour un BEP l'entrée en matière n'est pas si mal, je dirais presque littéraire. A se demander si... Bref, je te montrerai ce qu'elle a écrit. C'est dingue, inespéré, elle m'appelle "Bel Ange". Elle y croit, évidemment, tu imagines le bol ?" Pascal s'enthousiasme à son tour, car l'idée de Donatien, inédite et amorale, vaudra certainement à elle seule un objet d'étude. N'a-t-il pas choisi comme sujet de thèse "La manipulation ou l'asservissement volontaire : quand la victime inconsciemment choisit son bourreau." Il enchaîne "Bon, alors on se voit toujours la semaine prochaine, pour que tu me racontes la suite de vive voix ?" "Bien sûr !" rétorque Donatien qui raccroche, fébrile.
Le lendemain, un seul mot tracé d'une main énergique en lettres capitales, un mot irréversible écrit par Donatien "OUI" occupe l'espace blanc immaculé de la page. Il ne l'a pas commentée, il ne l'a pas repoussée non plus. Elle en déduit qu'elle n'a pas encore failli. Elle replie le billet avec soin, le glisse dans son enveloppe d'origine et le range soigneusement dans une boite qu'elle a choisie à cet effet. Se mordillant les lèvres, elle reprend.
"Cher Ange,
Puisque tu acceptes toutes mes conditions, je vais te raconter, telle Shéhérazade, ce que pendant des nuits entières tu vas subir comme sévices voluptueux, et je vais dévoiler à tes yeux étonnés toutes ces envies qui peuplent mon désir, sans jamais avoir osé s'exprimer de peur de la censure, de peur de la réprobation.
Ce soir, mon Ange, mon Désiré, mon péché silencieux, je vais te raconter comment à la découverte de ton corps je vais aller. Tu arriveras bientôt et tu ne sais pas encore que lorsque tu auras franchi le seuil de la porte, ta volonté sera ma volonté et tes désirs seront les miens, ceux que sur ta peau je vais susciter.
Evidemment, pour rendre l'expérience plus savoureuse il faudra que je te bande les yeux. Tu connais déjà les frissons de l'attente mais connais-tu ceux décuplés par la cécité ? Tu rentreras les yeux fermés, car tu seras docile à mes injonctions. Je couvrirai tes yeux d'une écharpe et guiderai tes pas vers ma chambre. Il y fait chaud. Je n'aime pas les frimas de l'hiver et les amours glacées me rebutent. Je t'allongerai sur des draps frais de coton égyptien dont la douceur fera frissonner ta peau. Tu ne bougeras pas. Je viendrai te chevaucher, nue déjà, ne faisant que frôler ton entre-jambes et un à un je ferai sauter les boutons de ta chemise. Mes mains en décaleront les pans et mes paumes brûlantes imprimeront sur ta peau des caresses esquissées.
J'ôterai ta chemise, t'imposant des contorsions qui feront que ton ventre, sans le vouloir, effleurera la toison ébène ornant mon ventre, ou bien le ferai-je exprès ? Et ce contact fugace t'assènera un choc de désir, car sans rien toucher, sans rien voir, tu devineras que je suis nue. Et tes sens aiguisés chercheront mon parfum, et tes mains impuissantes voudront s'imprégner du toucher de ma peau mais en vain, je te le refuserai. Et des effluves de mon sexe comme une terre mouillée par la rosée viendront titiller tes narines, feront palpiter plus fort ton cœur dans ta poitrine. Et puis je glisserai le long de tes jambes et de nouveau mes mains frôleront ton ventre et le velours sombre dessinant comme un chemin divin me guidant vers ton sexe. Je suivrai le chemin indiqué, ôtant prestement au passage et la ceinture et la fermeture. Ton sexe alors brandira en rougissant de son désir car ne rien savoir, ne rien voir t'excitera plus que tout. Imaginer te fera bander comme un faune en rut. Il empêchera le pantalon de glisser le long de tes jambes et je devrai de mes lèvres posées sur lui, imposer son repli pour te déshabiller tout entier.
Tu seras nu. Tu auras chaud pourtant de sentir mes regards te toiser. J'aurais envie de manger ton sexe comme une gourmandise. Le lécher, le faire rougir plus encore, éveiller de mes lèvres savantes une envie écarlate. Sentir battre le sang dans les veines qui l'irriguent et doucement sucer comme un bonbon succulent la tête magnifique, sculpture aussi lisse qu'un marbre de Carrare. Tu sentiras tout cela, le réclamant au tréfonds de toi sans le dire puisque silencieux je te voudrai. Ton souffle étouffera dans ta poitrine tant tu le réclameras.
Alors enfin, après de longues minutes d'attente agonisante, je prendrai entre mes lèvres ta queue dressée. Ma langue goûtera sa douceur et goulûment effacera ces perles de ton envie qui déjà ornent ton vit. Je lècherai assidûment, en bonne élève, en va et vient appliqués joignant à mon ouvrage mes mains sur ta hampe et sur tes couilles tendues. Mes mains seront partout, mes lèvres seront partout, et ma langue dévote t'excitera au point de rompre... Mais satisfaction tu n'auras. Je ne ferai que jouer avec ton envie, juste faire durcir ce sexe magnifique sur lequel je voudrai m'empaler sans le faire et je sentirai ma corolle s'ouvrir et se mouiller. Dans un souffle tu me diras "baise-moi" et je te punirai d'avoir rompu le silence.
Veux- tu savoir la suite ?"
06:08 Ecrit par Gicerilla dans Eros | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : donatien sade, manipulation
21 juin 2009
ELLE - Dialogue avec un Ange - L'initiation
Elle l'appelait l'Ange.
Elle, c'est Candy. Oh, elle n'avoue pas facilement son prénom car assurément les quolibets fusent. Déjà dans la cours d'école on la traitait de Mère Denis où bien on lui chantait en ricanant "au pays de Candy, comme dans tous les pays..." Elle avait eu sa dose de sarcasmes et elle voyait que, même en vieillissant, un sourire narquois montait souvent aux lèvres de ses interlocuteurs la première fois. Il faut dire qu'elle le portait bien ce prénom sucré. A se demander si le prénom avait marqué l'enfant dès le berceau de son empreinte Voltairienne ou si le hasard avait bien fait les choses, car candide elle était. Elle ne voyait le mal nulle part et ne percevait pas la convoitise des hommes dans leur regard.
Ronde de partout, elle savait mettre en avant et son devant et son derrière. Blonde aux cheveux longs et lisses comme des fils de soie, elle montrait constamment son sourire radieux que d'aucuns méchants auraient qualifié de niais. Elle ne marchait pas, elle ondulait et immanquablement les hommes sur son passage se retournaient. Elle savait qu'elle plaisait mais quand sa meilleure amie Valérie lui demandait "Alors, pour Nicolas, tu t'es décidée ?" Elle répondait invariablement, en zozotant "T'es folle, sortir avec Nicolas, je ne pourrais pas, il est bien trop laid !" "Il va bien falloir que tu t'inities aux choses de l'amour ma cocote, j'te rappelle que t'as passé 25 ans. Et Nicolas n'est pas laid, dis plutôt que t'as la pétoche !"
Ce que Candy ne lui disait pas, c'est que depuis quelque temps elle était en train de tomber amoureuse de son voisin du 1er, l'Ange, qu'elle l'avait baptisé. Lui ne le savait pas. Il s'appelait Donatien. Donatien Tussin. Il portait, paraît-il, le prénom d'un ancêtre très lointain. Il le lui avait raconté quand elle s'était étonnée qu'un homme aussi jeune porte un prénom aussi ancien. Il était étudiant en lettre à Paris 8 et préparait sa thèse de Doctorat en psychanalyse.
Le hasard avait voulu qu'ils se croisent au cinéma du quartier, à la sortie de la projection de "Salo ou les 120 journées de Sodome" de Pasolini. Cela pouvait-il être un hasard vraiment ? Au café du coin où il l'avait invitée à boire un verre, il lui avait raconté sa passion pour le psychisme et la littérature du XVIIIème, sujets dont il essayait de tirer une émulsion sous forme de thèse. Elle était impressionnée par son savoir, elle qui n'avait eu que son BEP de secrétariat. Elle n'avait pas compris un traitre mot du sujet de sa thèse "Un Rêve du Marquis de Sade - psychanalytique du reflet sur le trauma narcissique, la décompensation et la reconstitution du Moi fantasque."
Depuis leur rencontre, il l'initiait à Sade. Candy n'avait jamais beaucoup lu, et certainement pas de tels ouvrages. "J'ai lu Justine ou les malheurs de la vertu. Euh, c'est ... comment dire. C'est érotique et culotté. Enfin, je devrais dire déculotté. Je n'y connais rien bien sûr mais écrire des trucs pareils il y a 200 ans." Donatien sourit "Et ça t'a troublée ?" Candy n'ose pas lui dire que certains passages l'ont révoltée mais qu'à son corps défendant, elle sentait qu'elle avait été excitée par les images qui s'imposaient au-delà de toute morale. "Je te dis la vérité ?" Une question inutile comme pour se rassurer, se donner le courage, alors que la réponse est évidente. "Bien sûr. Au contraire, n'édulcore pas. Je suis très curieux de savoir ce que tu penses de ce premier livre, toi qui ne connait pas cette littérature !" "Je crois que ça m'a plu. Mais je sens bien que c'est mal. Tu sais, je n'ai pas beaucoup d'instruction ni de culture générale, mais le blasphème était interdit dans notre famille et je vois bien que là, c'est du blasphème déguisé, non ?"
Donatien sourit toujours avec une forme de curiosité attendrie car, si elle n'a pas d'érudition, elle est loin d'être bête. "Non, tu as raison. Tu sais, il n'est pas besoin pour une première lecture, de connaitre l'encyclopédie. Alors, ça t'a choquée ?" "Oui, surtout l'épisode avec les moines et en même temps..." Elle rougit. "...Et en même temps j'ai aimé. C'est horrible hein ? Je ne devrais pas te dire tout ça. C'est bizarre, d'ailleurs, d'habitude je ne parle pas autant de moi. Ca t'intéresse vraiment ce que je pense ?" Donatien ne peut pas lui dire la décision qu'il a prise il y a quelques jours de l'initier aux choses de l'amour. Il s'imagine déjà nouveau Valmont séduisant la prude Madame de Tourvelle, mais non pas mu par la volonté de la faire déchoir, mais plutôt motivé par la volonté de l'éduquer.
"Je te propose un jeu. Un jeu de rôles en quelque sorte. Je vais t'écrire un billet et tu devras me répondre. Je donnerai le ton et tu devras impérativement me donner la réplique en laissant parler celle qui s'est manifestée à la lecture de Sade. Tu mettras de côté ton éducation, ta pudeur pour ne laisser parler que celle qui te souffle tes envies. Aucune limite dans le propos, le style sera celui qui te convient. Entamons une correspondance, ça te dit ?" Donatien a leur cœur qui bat, il ne veut pas qu'elle dise non. Candy le regarde de ses grands yeux clairs et un voile d'incompréhension ternit un instant leur éclat. Et puis un sourire enjôleur point, affleure alors que sur un ton joueur elle lui répond "Hum, je crois que je t'ai compris. Tu veux une correspondance à la Choderlos de Laclos, mais version Henry Miller !" "Quoi, tu connais cet auteur ?" "Ah, mais qui te dit que je n'ai rien lu de toute ma vie. Oui, je l'ai lu ainsi que d'autres classiques. Je veux bien essayer mais je t'aurai prévenu, je ne suis pas un auteur née."
Quelques jours plus tard, Candy découvrait dans sa boite aux lettres une enveloppe manuscrite qui contenait ce billet.
"Candy, ma Muse, je t'attendrai ce soir aux jardins des délices. J'y ai cultivé pour toi quelques étreintes aux parfums enivrants mais j'en garderai les secrets, si tu ne les mérites pas. Alors, si tu veux partager avec moi ces enchantements, si tu veux qu'ensemble nous connaissions la folie des passions qui saoule les corps et annihile l'âme, il faudra que tu me racontes comment tu me circonviendras. L'oseras-tu ? Le voudras-tu ?"
Candy referme le billet, intriguée. Mais déjà comme un poison, les mots de Donatien circulent dans ses veines et en elle déjà s'élève une voix qu'elle ne connaissait pas, celle de son désir jamais exprimé.
Oui, elle osera.
A suivre ici
05:31 Ecrit par Gicerilla dans Eros | Lien permanent | Commentaires (16) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : choderlos de laclos, donatien sade
