29 septembre 2011

ELLE - Dithyrambe de la rotondité

fesses,callypige,steatopyge,culIl ne reste qu'une seule cabine.

Qu'à cela ne tienne, ma chère M. et moi y pénétrons ensemble. Pénétrons ? Non bien sûr, car si je me fie au sens premier, "entrer bien avant ou profondément dans" je devrais faire marche arrière un peu effarouchée et dire plus précisément "... entrons ensemble dans la cabine" ! Parlons peu mais parlons juste.

Ainsi donc, les bras chargés de dentelles, nous entrons dans la cabine d'essayage. Les murs y sont capitonnés de toile rose et les appliques fixées au mur diffusent une lumière rosée. Le rose règne. Parenthèse rose, ouatinée, propice à l'effeuillage des filles. M. et moi nous retrouvons rapidement en sous-vêtements. L'air est chaud, la peau nue y est à l'aise.

M. enfile un ensemble en dentelle de Calais, noire. Les arabesques arachnéennes tranchent sur sa peau rosée. Elle me fait face, une grimace affligée tort ses lèvres. "Non mais regarde, Gicerilla, regarde, t'as vu la taille de mon cul !" Nul besoin de se retourner, les miroirs me renvoient son revers. Là, devant moi dans un tanga taillé à la perfection son cul en majesté. Son reflet offre à mes yeux envieux deux hémisphères parfaits dont la rotondité est accentuée par sa cambrure. Une cambrure que ne renierait pas la Venus hottentote. M. est une callipyge, une vraie. Son profil en S m'inspire et me remplit de dépit. "Tu es folle, je me damnerais pour avoir le même !" Elle esquisse un petit sourire tout à la fois flatté et contrit.

"Mais tu as vu, il est envahi de cellulite ?" Callipyge et stéatopyge. Oui, en effet, et alors me dis-je dans mon for, sans T je vous prie, le for est intérieur mais sans T. Oui, et alors, la peau n'est peut être pas aussi lisse que le marbre de carrare mais tes fesses mon amie, tes fesses sont à damner un saint. Oui, un saint parce que si un saint y succombe, n'est-ce pas la preuve irréfutable que ton cul est pire qu'une tentation du Diable ? Et alors que je la rassure sur la beauté de son postérieur rebondi, en lousdé j'épie le mien dans le miroir.

Ah, quel malheur. D'hottentot mon cul n'a rien, ni même la cambrure. Je suis droite comme un I et mes fesses semblent bien trop modestes à vouloir regarder la moquette et non pas les cieux ! Ah, que je les voudrais hautaines et arrogantes. Il n'en est rien. Au lieu de deux sphères défiant la pesanteur, je ne vois qu'un relief timide qui, s'il n'y prenait garde, pourrait bientôt ressembler à une goutte d'huile. "Arrête de dire des âneries. Tiens, pour le prouver, comme Sapritch et ses seins, fais donc le test du crayon !" Ouf, c'est vrai, il ne reste pas !

Argh, cauchemar des femmes, la fesse qui s'affaisse, la fesse qui se laisse dompter par la loi de la gravité. Je me cambre devant la glace, je fais des mines, je me tortille au risque de dévisser ma colonne vertébrale mais impossible de me faire croire que, comme M., mon cul pourrait faire un Saint se damner. Tout juste aurait-il une pensée salace et fugace pour revenir bien vite à sa sainteté.

"Puisqu'il faut te rassurer, M., regarde, es-tu certaine que tu voudrais les miennes !" Elle sourit tout à fait et son silence vaut dénégation. Vendue ! Quelle est donc déjà la taille du bassin des femmes du Crazy Horse qui confère à la fesse le galbe exact, le galbe parfait ? Un entretien avec Alain Bernardin, le créateur du lieu, entendu il y a quelque temps me revient au cerveau pour me narguer. Il avait des exigences anthropométriques et en particulier un bassin haut de 23 centimètres, un nombre d’or pour le triangle entre tétons et nombril. Vite, un mètre ruban !

M. sourit devant ma déconfiture, qui n'est pourtant que de quelques millimètres. Ainsi donc, c'est la Nature qui l'a voulu ainsi et quels que soient les exercices auxquels je me plie quotidiennement je n'aurai jamais le rebondi qui me fait tant envie ? Voilà que sur le sein de M. je me lamente. Mon affliction justifiée la fait rire maintenant. A son tour, elle se regarde, se tortille et fait des mines, et la mienne s'allonge à mesure que mon amie reprend vie.

Si j'étais homme, je voudrais palper du rond, du charnu, du qui résiste sous la main et tant pis pour la cellulite. Que faire ? J'interroge M. qui ne sait plus quoi dire car tout le sport que je fais n'y peux rien, c'est morphologique ! Il y a un instant, elle se plaignait de sa nature et voilà qu'à son tour elle me plaint. Ma disgrâce lui a redonné son entrain et avec grâce elle enfile toutes les parures que maintenant je boude. Comment faire rentrer dans ces atours une planche à pain ?

Alors, je vous le dis Mesdames, vous qui chaque matin dans le miroir vous lamentez de ne plus rentrer dans votre jeans préféré, remerciez donc dame Nature de vous avoir données un cul, un vrai, un qui remplit amplement les deux mains d'un honnête homme. Car rien n'est plus affligeant qu'un fessier qui n'a du nom que le nom justement.

Et à l’instar de Souchon, je fredonne "j’veux des gros seins, des gros culs !"

 

21 mars 2009

ELLE - Ras le cul !

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Aujourd'hui, je n'en peux plus !

Je crois que je fais une crise. Peut-être même est-ce une overdose ? Crise de quoi ? Crise de foie, de foi ... Ou serait-ce plutôt une indigestion ou un ulcère à l'estomac ? Mes yeux sont saturés d'images et de mots qui finissent par agresser mon goût pour le raffiné et  ma conception du beau. Un refrain ancien vient chatouiller mes oreilles en écho à la litanie de mes maux. "J'ai le ventre qui se rentre, j'ai l'pylore qui s'colore, j'ai l'gésier anémié, l'estomac bien trop bas et les côtes bien trop hautes." Ah, si seulement les nausées qui m'envahissent ces derniers temps étaient aussi divertissantes que les mots de Gaston ! Mais non, pas de quoi rigoler. Cet écœurement qui m'habite ne semble plus vouloir me quitter. Je me tance et me dis que cela va passer mais voilà bientôt deux mois que ça ne passe pas. Allez, je vous l'avoue, je n'en peux plus du cul !

Je cherche à m'en émanciper à tout prix. Je cherche dans toutes les directions espérant le semer. Je vagabonde de liens en liens pour retrouver la liberté. Je choisis les blogs hébergés par Le Monde et Libération. Je cherche les blogs de pure création. Je tente de m'intellectualiser, de développer ma capacité de penser, celle justement qui me fait défaut quand il s'agit d'avoir une opinion bien tranchée chez NikoBo, ou simplement une opinion tout court chez Jef, Dominique ou Martin... Car enfin, le net devrait me servir aussi à ça, à me cultiver, sans que les trois premières lettres de ce verbe ne s'imposent à moi contre ma volonté.

Lorsqu'enfin je trouve un blog où l'on pense sans arrière-pensées, je m'y accroche comme une désespérée au dernier esquif pour ne pas sombrer. J'investis la place et je fouille dans les liens, mue par la croyance folle qu'enfin, ça y est, une nouvelle blogosphère s'offre à moi et je vais pouvoir respirer l'air frais de billets divertissants, d'idées bien torchées, de fictions créatives, de réflexions réflexionnantes qui vont assurément développer mon Q.I. ou simplement m'émerveiller.

Et paf ! Voilà qu'immanquablement je suis rattrapée par le cul. Il est là, partout, dans toutes les sphères. Il est féminin, parfois masculin. Il mouille, il bande, il éjacule, il s'écartèle en chairs rosées à m'écœurer. Où que j'aille, il semble qu'il me suive, qu'il me poursuive de ses assiduités. Il s'expose, il se raconte, il phagocyte et colonise tous ceux qui le rencontrent. Attrayant les premiers temps, excitant même certaines fois, rapidement il s'incruste comme des métastases et gangrène sur son passage la capacité de réfléchir de celui qui innocemment le fréquente.

Mais que m'arrive-t-il donc ? Je ne suis pas un cul béni qui grenouille à l'église tous les dimanches et les choses de l'amour m'ont de tout temps fascinée. Alors que sont-ce ces nausées insupportables qui me saisissent ces derniers temps quand, par hasard, mes yeux croisent encore un blog où le seul héros de la place est le cul ? Overdose qui m'étonne, comme une intolérance. A l'instar du gluten, il me nuit, il m'ennuie, il exprime à quel point à mes yeux il est pauvre. Toujours renouvelé mais toujours pareil finalement, les fantasmes qu'il fait naître sous la plume de certains me donnent envie de l'oublier. Je m'inquiète sur mon sort, pourquoi une telle lassitude ? Finirai-je la bouche cernée de rides comme les vieilles au salon de thé buvant les lèvres serrées, critiquant au passage le balconnet de l'accorte serveuse ? Que devrais-je me diagnostiquer et croyez-vous que l'on puisse en guérir ?

Je vous en prie, rassurez-moi, dites-moi qu'à vous aussi ce ras-le-bol arrive parfois !

 Et parce qu'il faut mieux en rire qu'en pleurer, je vous ai trouvé ça. J'ai rigolé.

Dans le cul de Justine...

07 août 2008

ELLE - La femme et ses paysages

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Il m'avait envoyé un simple lien vers son site.

Une ligne de texte énigmatique en guise d'explication accompagnait ce lien "Ma foi, si vous avez pensé que ce post était une invitation, vous avez eu raison ! http://eronaute.canalblog.com/albums/paysages/index.html" 

Rien n'était révélé et il me fallait bien vérifier de quoi il s'agissait.  Mieux qu'un long mode d'emploi impénétrable, un clic impatient de ma souris suffit à m'éclairer.

Mes yeux tremblaient de timidité indignée et excitée à la fois devant le défi qui m'était lancé. Oh, bien sûr, aucune obligation d'achat mais sans remboursement non plus en cas d'insatisfaction. La magie d'internet. Mon regard est rivé sur les appâts des belles impudiques étalées en mosaïque noire et blanche ponctuée de quelques couleurs tamisées. Se développe devant moi un étal inédit de beautés interdites.

Un dialogue schizophrène entre ma raison et mon envie débute sans que je sache laquelle des deux l'emportera. Les deux sont du genre féminin, autrement dit tout à tour tenace et enjôleuse. Ma raison me souffle "mais... c'est indécent. Non, tu ne peux pas. Il exagère vraiment celui-là. Après tout, il ne te connaît pas ! Et puis regarde, partout c'est le même paysage ! Quoi, toi, tu accepterais d'exhiber tes mystères au risque de faire du vulgaire, du déjà-vu et de voir se banaliser la photographie de ton paysage devenue simple tesselle d'un grand dessin qui n'est pas le tien ?" Evidemment la pudeur se laisse convaincre et arrive en renfort pour soutenir cette position qui est celle du bien-pensant, du politiquement correct englué de bienséance et de qu'en dira-t-on ! Pourtant mon envie elle aussi m'assène ses raisons qui pour la Raison n'en sont point mais qui sonnent mélodieusement à mes oreilles de femme joueuse. "Vas-y, essaie au moins. Amuse-toi que diable ! Mais ne galvaude pas tes secrets. Non, fais de ton corps la matière première de l'inédit. Impose ton corps comme objet d'art et non pas comme objet de basse luxure..."

Peu à peu mon âme effarouchée se calme pour laisser place à la curiosité créative. Les images à l'écran deviennent floues et mes yeux se perdent dans un monde de peintures possibles, de sculptures vivantes où mes cuisses, mon ventre et mes fesses seraient exposés sans vulgarité, avec la volonté de ne pas susciter de convoitise lubrique. L'exercice est difficile, je le sais et le pratiquer me parait œuvre de funambule qui risque à chaque pas de déraper.

Le parti est pris. Draps blancs. Pas d'artifices ni de retouches. Pas de tricheries par Photoshop orchestrées. Non, que du vrai. Mise en scène sobre de la chair. Cultiver l'ambiguïté. Faire surgir à partir de formes familières d'autres formes inconnues qui dénaturent le sujet tout en l'élevant si possible au rang d'art.  Marcher sur la pointe des pieds pour ne pas se souiller dans la fange des cliché dignes de Clichy ou de Pigalle, que le pauvre Jean-Baptiste, j'en suis sûre, trouverait écœurants.

J'opte pour le noir et le blanc et le sépia qui sûrement transformeront le rosé de la chair en marbre à sculpter, lui ôtant au passage le trop vibrant, le trop palpitant pour ne laisser que la forme nue à redécouvrir.


Les minutes passent, décourageantes. Comme il est ardu de trouver l'angle parfait, le cadre qui mettent en valeur sans trop révéler, qui subliment sans exhiber, qui dessinent enfin d'autres courbes pour s'en étonner.

Et là, enfin, the cliché. Il jaillit sur l'écran dans toute sa sobriété et son impudicité qui bizarrement n'est pas sans pudeur. Son évidence s'impose à mon œil critique comme la seule image de moi que je veuille exposer car elle est dénuée, il me semble, de tout exhibitionnisme et surtout, surtout, le sujet s'est complètement oublié pour devenir chose !

Et voilà le résultat !

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Si le sujet vous rend cu-rieuses, Mesdames, laissez-vous tenter, relevez le défi !