31 décembre 2008
ELLE - La forge de Vulcain
Ce soir, l'année se finira.
C'est toujours pour moi une sensation bizarre. Une année meurt. Ne dit-on pas qu'on l'enterre. Devons-nous être tristes ou, au contraire, nous réjouir ? Certains évoquent une porte qui se ferme pour toujours, ils l’espèrent fort, trop de souffrances. D'autres voient celle qui arrive comme une porte qui s'ouvre sur un monde meilleur. Et moi, dans tout cela ? Je regarde le ciel au-dessus des montagnes en face de chez moi. Ce soir, le ciel est clair, zébré de lambeaux de barbe à papa rose sur fond mauve. C'est une soirée magnifique, des cieux comme on en voit peu et Théo de là-haut doit se dire "le salaud, il a fait plus beau que moi, plus audacieux encore..."
Oui, ce soir la palette est audacieuse. Les nuages rougeoient. Des visions de forge me viennent et j'imagine Vulcain en train de cogner sur son enclume pour façonner la nouvelle année du plus bel alliage qui soit, comme un orfèvre du feu de dieu. Une année s'éteint alors que le ciel flamboie. N'est-ce pas paradoxale ? Comme le symbole de la vie qui couve sous les braises, prêtes à nous réchauffer si l'on souffle dessus.
Il est tentant de se dire que tout ira mieux demain. Mais l'expérience nous a enseigné que demain peut aussi être pire. Est-ce donc dans la nature de l'homme de toujours espérer ? Est-ce cette foi inébranlable que tout peut s'améliorer qui fait qu'il continue à vivre quand tout s'écroule autour de lui ? Ce soir, une prière involontaire monte à mes lèvres. Elle s'élève vers les cieux à la rencontre d'un hypothétique dieu. Et si le verbe est créateur, alors l'année qui demain commencera sera forcément meilleure.
Et à tous ceux qui passent ici, que pourrais-je bien dire qui ne soit pas galvaudé ? Rien. Car, hélas, aucun vœu ne se réalise par le simple fait de ma volonté. Alors, pour pallier mon impuissance et ne pas tomber dans les poncifs consacrés, je vous dédie cette musique qui en dit long sur ma sensibilité.
J'offre à tous ceux qui me lisent régulièrement cette musique étonnante qui fait vibrer chaque parcelle de mon être. Comme un cadeau que l'on ferait à un ami. Comme un hommage à votre curiosité pour ce théâtre et sa régisseuse. Car se dévoiler à l'autre n'est-ce pas une grande marque de confiance ? Et qu'ai-je à offrir de mieux ? Rien. Mes mots sont du vent. Ils soufflent un instant sur vos émotions ou sur votre indifférence. Ils génèrent fugacement des sensations voire effleurent votre réflexion puis silencieusement s'évaporent. Alors, mieux que mes mots, ces notes resteront. Peut-être ressentirez-vous quelque chose en les écoutant. Si seulement.
Mais attention, pas question de faire le repassage en même temps, Lisa Gerrard vaut mieux que ça. Non, pour une fois prenez votre temps, soyez disponible. Montez le son à fond et écoutez ! Laissez-vous imprégner, c'est un peu de moi...
Et puis, que vous aimiez ou pas, au plaisir de vous croiser ici encore, longtemps...
BONNE ANNEE !
Oui, je sais, elle est mélo cette note. Mais on ne se refait pas !
01:14 Ecrit par Gicerilla dans Rubrique à brac | Lien permanent | Commentaires (17) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nouvel an, réveillon, jour de l'an
