23 mars 2008
ELLE - Envie d'elle
L'amie était partie faire des courses tôt le matin.Elle avait quitté la maison sur la pointe des pieds pour ne pas la réveiller. Elle savait qu'elle était rentrée tard et qu'elle avait besoin de se reposer. Il était dix heures du matin maintenant et elle pensait qu'elle dormait toujours. Doucement elle glisse la clé dans la serrure et ôte son blouson et ses chaussures dans le vestibule. Elle pose toute ses affaires ainsi que les clés, si bruyantes dans le silence conventuel de l'entrée. Elle lui a acheté des croissants pour la remercier de son hospitalité. Elle se dit que, peut-être, elle pourrait entrouvrir à peine la porte de sa chambre pour vérifier si elle dort encore. Avec la souplesse d'une chatte, elle glisse le long des marches de l'escalier de bois, priant qu'aucune marche ne crie sous ses pas.
Elle entrebaille la porte et une lumière inattendue aveugle ses pupilles. Les rideaux sont ouverts sur un soleil matinal qui incendie la chambre. La couette est retournée et la belle n'est plus là. Elle entend au fond de la chambre le bruit familier des gouttes d'eau qui éclatent sur la paroi de verre. La belle est sous la douche, cela ne fait pas de doute. Un sourire contenté fend son visage. Elle va lui préparer du café. A moins que la belle ne préfère une tisane contre le mal de crâne. Sa soirée devait être arrosée. Elle va lui demander.
Doucement elle s'approche de la salle de bain dont la porte baille à peine. Un peu de vapeur d'eau s'enfuit en volutes blanchâtres comme un brouillard de Brocéliande à l'aube. Elle se penche pour lui signaler sa présence mais son coeur s'arrête net. Il a même sauté un battement et son souffle se bloque dans ses poumons. C'est comme si elle venait de surprendre un miracle en cours de réalisation. Son sang caille dans ses veines. Elle ne respire plus, c'est impossible. Comme un coup au plexus qui assassine un instant son souffle, le suffoque dans sa poitrine. Ses jambes fléchissent sous l'afflux d'un désir violent qui l'inonde à son corps défendant. Elle s'appuie au chambranle de la porte et regarde la belle, fascinée.
La belle est assise au fond de la cabine de douche qui ressemble à un sas de décompression tout de verre bleuté habillée. Ses beaux cheveux blonds vénitiens sont remontés en un chignon abondant et imparfait et quelques boucles mouillées retombent sur sa nuque et ses épaules. Ses paupières sont baissées et son visage resplendit de sérénité comme les traits de la Madone. Elle reste tétanisée devant le spectacle de cette beauté callipyge dégoulinante de pluie bouillante. La belle a coincé entre ses genoux le pommeau de la douche dont les jets puissants viennent masser et ses cuisses charnues et son sexe à peine voilé de blond. Sa main droite, équipée d'une éponge rose pleine de mousse onctueuse, passe et repasse lentement sur tout son buste généreux. Suivant un chemin d'elle seule connu, elle dessine sur ses seins des spirales qui finissent invariablement sur ses tétons dressés. Et puis elle recommence et recommence et recommence encore. Ses gestes sont hypnotiques et se plantent comme des dagues d'envies douloureuses dans le ventre de l'amie qui la lorgne. Puis, lentement, perdue dans son rêve voluptueux, sa main descend entre ses cuisses pour s'interposer entre la pluie et sa fente mouillée. Elle s'attarde là, faisant mousser toujours plus le savon et chaque passage semble lui arracher un rictus de plaisir. La belle est minutieuse et prend son temps. Elle sait y faire. Elle n'est pas débutante. Elle soupir. Ses lèvres à peine entrouvertes exhalent le plaisir qui monte irrémédiablement.
L'amie est partagée entre son désir qui la fouaille et l'impudeur de sa honte. Elle se sent voyeuse mais ne peut décrocher son regard de ce corps blond frémissant. Son coeur palpite dans sa poitrine et elle sent monter en elle des envies interdites. Subitement, elle fait tomber un flacon et la belle sursaute dans un cri. Leurs regards paniqués se rencontrent. L'une se sent coupable de la regarder, l'autre se sent coupable d'être surprise. Le temps s'est interrompu un cours instant, figé. Leurs coeurs battent à l'unisson mais pas pour les mêmes raisons. L'une toujours debout mais prête à s'affaisser lui fait "chut" d'un index posé précipitemment sur ses lèvres. L'autre, rougissante, tente de cacher ses appats que les regards de son amie dérangent. "Non, je t'en prie, ne cesse pas..." peut seulement articuler la voyeuse bouleversée. "Je t'en prie continue, je veux te regarder. Laisse-moi te regarder !" L'eau bouillante continue à couler et développe toujours plus de vapeur. Les parois de la douche s'embuent lentement et protègent la belle du regard de son amie qui l'intimide. "S'il te plait, continue, s'il te plait !" quelques mots timides, comme une plainte. Alors l'autre passe une main volontaire sur la paroi et crée pour son amie un hublot qui libère à sa vue ses courbes si tentantes. La belle reprend ses caresses sans ciller. L'une se laisse glisser le long de la porte et se retrouve à genoux face à la douche. Les yeux dans les yeux, elle sent son ventre palpiter au rythme de l'éponge qui voyage sur le corps de la belle. Elle a envie de la toucher, elle a envie de passer à son tour l'éponge sur ce corps luxurieux. Elle veut la faire frémir, elle veut la faire gémir.
La belle l'aura compris ? Sans un mot, la belle ouvre la porte de la douche. L'appel est net, pas besoin de discours. L'amie s'approche de la cabine, hésitante, et la belle se penche vers elle, lui offrant sa bouche. Le contact de leurs lèvres est foudroyant. Le baiser qu'elles partagent pour la première fois les fait chavirer. L'une de nouveau a le souffle coupé. Elle cesse le baiser qui l'émeut incroyablement et se recule pour contempler la belle qui lui sourit et qui lui prend la main pour y déposer l'éponge savonneuse. Puis, avec sa propre main elle guide son amie sur son corps comme l'on ferait avec la main de l'aveugle sur un visage inconnu. Alors, l'amie ferme les yeux et se laisse guider. Elle découvre les reliefs de la belle qui l'amène entre ses cuisses et lui enseigne comment reproduire le mouvement que, quelques minutes plus tôt, elle-même exécutait. Et la belle de s'ouvrir aux caresses de son amie et son amie de rouvrir les yeux pour voir revenir sur le visage de la belle cette lumière d'extase. La belle s'oblige à regarder celle qui maintenant la caresse comme son double le ferait et, dans un souffle, elle lui dit "fais-moi jouir !" Galvanisée par le désir de l'autre qui irradie de tout son corps, l'amie suit avec assiduité les mouvements de bassin de la belle qui gémit enfin. Sa main ne lui appartient plus et semble suivre les injonctions de ce corps au supplice. Elle s'active sur sa fente, perçoit le moindre soubresaut de son ventre qui s'anime. Et plus la belle gémit et plus elle la caresse. Et plus la belle la fixe de ses yeux perdus et plus elle voit sous ses paupières alourdies le plaisir qu'elle lui donne. La belle n'en peut plus, se tortille, trémule, prie... La belle cherche la caresse comme une chatte en chaleur et projette son sexe, indécente, vers la main de son amie. Celle-ci la voit au bord du précipite et lui sussure "le veux-tu ?" "Oui, je t'en prie" sera sa seule réponse.
Alors, dans un dernier mouvement de l'éponge, elle libère enfin l'orgasme emprisonnée dans les chairs de la belle et qui n'attendait que ce moment pour s'exhiber.
Et en guise de récompense, elle vient cueillir sur ses lèvres frémissantes le goût d'un plaisir inédit.
06:17 Ecrit par Gicerilla dans Eros | Lien permanent | Commentaires (18) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : douche, désir, plaisir, jouissance
02 mars 2008
ELLE - Déconnade présidentielle
Dialogue dans l'alcôve.
- Hé, elle dort la Belle ?
- Non, chut, elle dort...
- Mais que me dites-vous là ? Il faut savoir, dort-elle ou bien ne dort elle pas ? Y-a-t-il un risque pour moi, ou puis-je m'aventurer ? Vous me dites tout et son contraire, et je meurs de devoir me taire !
- Chut, vous dis-je ! Oui, elle dort la Belle, mais je ne veux pas que vous vous approchiez de nous.
- Ah tiens donc, pourquoi ? Elle semble pourtant lascive à souhait, la chemise sur le ventre relevée et les draps qui tombent sur le parquet. Ne vous vois-je pas là, fort librement exposé, accessible il me semble à tous mes élans ?
- Que nenni mon Cher, je boude figurez-vous ?
- Vous boudez, mais quelle sera la raison de cette bouderie fort mal venue ? Car voyez-vous mon adoré, ce n'est pas tout les soirs que le champ est ainsi libre d'accès et que la voie qui mène à vous, toute tracée. Allons, mon cher, mon convoité, que se passe-t-il, vous aurais-je offensé ?
- Mais non idiot, il s'agit bien de vous ! Savez-vous la dernière ?
- Ma foi non, dites-moi tout, je brûle de savoir la cause de vos ennuis.
- Figurez-vous beau Vit, que le Président s'est de nouveau égaré et que dans ces propos il a médit. Médit sur ma personne qui plus est ! Cette fois-ci ne m'a-t-il pas invoqué comme la pire des insultes ? La phrase a été dite sans nulle ambigüité et en première ligne il m'a mis comme un vulgaire fantassin. Moi le suave, moi le doux, moi qui n'apporte que réconfort et volupté, me voilà sur la place publique conspué. Voilà que maintenant de bouche en bouche passe mon nom souillé et qu'à la postérité mes trois lettres rimeront avec imbécile, idiot, voire ignare ou pire encore s'il se peut. Allez savoir ce qui restera de cet égarement du Président. Au lieu de savourer les douces lettres qui me composent comme une mise en bouche de plaisir anticipé, le C le O et le N associés seront redoutés comme le pire des outrages à la face jetée. Non vraiment, mon Vit, ce soir je n'ai pas l'âme au batifolage. La Belle dort sans soucis, elle m'offre à votre vue, palpitant, frémissant je l'avoue, car je ne sais résister à vos attraits lorsque je vous vois ainsi tendu vers moi, la peau brillante et satinée comme la soie, accompagné de vos fidèles alliées qui se serrent près de vous, pleine de réjouissances et qui ne demandent qu'à me les offrir. Mais vraiment, devenir une injure me coupe toute envie de vous sentir là, en mon sein, agitant votre désir brûlant en un doux va et vient.
- Mon bon, détendez vous, laissez moi approcher et je trouverai bien le moyen de vous persuader. Rien ne sert de ruminer seul dans votre coin les justes griefs que vous avez contre un Président qui, décidément, manque sûrement de retenue au poste qu'il occupe. Mais votre bouderie me prive de vous sentir tout contre moi serré et par cette décision bien trop cruelle, vous me punissez moi et non pas lui. Peut-être pourriez-vous le châtier autrement. Faites donc une pétition auprès de vos confrères ! Et si cette pétition se faisait habilement connaitre de celui qui se niche aux creux des jolies cuisses de la première Dame et qu'à son tour offenser il se refuse à lui ? Imaginez un peu cette jubilation. Il vous a maltraité, mais la pareille en pire vous lui rendez. Privé du plaisir de le fréquenter à son gré comme moi je m'enorgueillis de le faire avec vous, mon tendre, mon désiré, il révisera bien tôt sa position. Il risque même de publiquement faire amende honorable et vous réhabiliter à la face du monde comme le nom le plus enviable...
- Ah, mon Vit comme vous me parlez. Je ne sais résister aux sages réflexions que vous m'exposer. Il est vrai que vous brillez par votre intelligence et que vous maniez fort bien le verbe. Que votre verve est légendaire et que sa force de persuasion n'est plus à démontrer. Allez, je veux bien ce soir encore accepter vos hommages. Approchez, elle dort ferme, son souffle est lourd et de vous voir aussi bien disposé à mon égard me fait mouiller juste ce qu'il faut pour assurer sans encombre votre passage. Venez mon tout beau, investissez la place. Ne vous gênez pas, je vous en prie, et à mi-voix confessez tout les délicieux supplices auxquels sans plus tarder vous allez me soumettre. Par de vifs assauts, faites-moi perdre la mémoire que j'oublie pour de bon ce qu'il a dit du Con.
Que les mal embouchés révisent leur position, car être Con n'est pas si con !
* * *
Librement inspiré par "Le dialogue du Con et du Vit" de Félix Nogaret dans l'Arétin françois.
Merci Monsieur le Président ...
07:09 Ecrit par Gicerilla dans Billet d'humour | Lien permanent | Commentaires (27) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, plaisir, con

