01 novembre 2009
ELLE - Çatagamor

Parce que je ne pouvais pas lui refuser, j'ai dit oui à Oh!91. Voilà la suite.
"Quoi ?"
Ce petit mot là, on l'appelle pronom interrogatif, avait jailli de ma bouche dans un bouquet d'incrédulité. Quoi ! Si j'avais pu articuler séparément chacune des lettres qui le composent, je l'aurais fait mais, ici, point de diphtongue ou de triphtongue à l'anglaise. Pourtant, d'anglais il était bien question. Enfin, d'Anglais, avec un A majuscule. Ou était-ce avec un S majuscule, S comme Sexe ? Les deux mon capitaine, car tel était son grade. "Quoi, tu l'as fait ?" Isabelle me regardait avec des yeux pleins de fierté. Oui, Isabelle, dix-huit ans, ma bonne amie de l'époque venait de "le faire" avec un capitaine des Marines de sa majesté la Reine d'Angleterre ! Venait de "le faire". Un verbe et un pronom encore, rien de plus, avaient suffit pour que je comprenne. Un verbe et un pronom lourds de sens. Oui, il s'agissait bien des sens justement. Et moi, vierge encore, je la regardais comme une cadette regarde son aînée, avec une forme de respect et de jalousie.
Nous étions en Angleterre, rejouant pour un autre été le film version masculine d'A nous les petites Anglaises. C'était l'époque de mes vacances linguistiques. Il était en effet beaucoup question de langues, à tout bout de champ à un âge où on a à cœur de les pratiquer, mélangées de préférence. Le cœur n'avait pas vraiment sa place dans ces échanges-là et seuls un intense apprentissage de nos corps et la recherche du plaisir inconnu nous motivaient. Le plaisir. Le mythe d'entre tous les mythes. Jouir. Le verbe d'entre tous les verbes. Mystère. Nous n'étions pas très romantiques. Enfin, un peu tout de même, mais nous jouions plus que nous m'aimions.
Isabelle m'avait lancée un défi sans me le dire. Elle était devenue femme sans m'avoir attendue, nous qui faisions toujours tout en chœur et en quasi synchronie. Elle m'avait devancée, j'allais la rattraper.
On l'appelait Woody. Il était Marine aussi. Un joli blondinet, petit gabarit mais bien découplé, gueule d'ange aux yeux bleus. Il m'avait séduite et nous flirtions depuis quelques jours. A cet âge, quelques jours étaient aussi longs qu'une vie de mariée. Quelques jours ressemblaient presque à un engagement. Je lui plaisais bien plus qu'il ne me plaisait. Il me convoitait comme le péché. Alors, le soir même de l'annonce faite par Isabelle, j'ai décidé de lui dire oui.
Ah, le cauchemar. Comment fait-on l'amour quand on ne sait pas ce qu'il faut faire ? Comment fait-on l'amour quand l'autre n'en sait pas beaucoup plus que soi ? Mais il fallait que cela se passe. J'étais prête à tout. Je voulais le lendemain déclarer à mon amie que nous faisions dorénavant partie des initiées, elle comme moi. Ce fut rapide et maladroit mais avec beaucoup de délicatesse et de tendresse. Des timidités qu'hélas je ne retrouverai jamais plus. De ces hésitations tremblantes qui font battre le cœur à tout rompre et mettent nos sens en émoi. Aucun plaisir à la clé mais beaucoup de partage teinté de sourires. Faire l'amour la première fois avec un débutant qui ne parle qu'anglais était une garantie de faillite. Je ne le savais pas.
Nous sommes restés toute la nuit enlacés.
J'ai fini mes vacances avec lui et je ne l'ai plus jamais revu.
Illustration photo : Oh!91
05:52 Ecrit par Gicerilla dans Rubrique à brac | Lien permanent | Commentaires (21) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : la première fois, amour, sexe, entre2eaux
21 juillet 2009
ELLE - Ma nuit Royale

Je n'en pouvais plus.
A force de lire les rencontres voluptueuses du Papillon par-ci, les rencontres licencieuses de Waid par-là, je me suis prise au jeu de m'inventer moi aussi des nuits où les chaleurs de l'enfer me soustrairaient un instant aux rigueurs terrestres et me rapprocheraient certainement de Dieu, puisque l'Enfer est l'antichambre du Paradis. Transiter par l'Enfer, y souffrir mille supplices délicieux pour atteindre enfin la rédemption, comment y résister ? Alors je me suis laissée tenter par un Diable au ramage mélodieux et au physique avantageux.
Tout a commencé par un email. Il se disait lecteur assidu de mon blog depuis quelque temps, du genre silencieux qui lit mais ne commente guère. Il aimait particulièrement, me disait-il, la rubrique "Eros" et "Ce qui n'arrivera pas". Il avait précisé que ce n'était pas le genre des textes qui avait retenu son attention, bien sûr que non, évidemment, mais bien ma plume. Il vantait la qualité de mon écriture (sic) et, en fin psychologue de l'âme gicerillienne, il avait compris qu'un petit compliment bien tourné et apparemment authentique était la clé de la porte de ma forteresse.
Il est lui-même blogueur et j'avais pu voir chez lui combien il aimait le sexe féminin, combien il était courtisé par une harde de femmes prêtes à donner leur corps en pâture à sa gourmandise car il semblait avoir acquis auprès des Dames une chaude réputation. Un art certain du maniement de la langue et des mots semblait lui avoir conféré une renommée nationale. Je me sentais flattée mais restais sur la réserve, car moi, voyez-vous, je ne suis pas comme toutes ces donzelles qui ont le sacrifice facile pour peu qu'on leur promette le Ciel.
Nous avons échangé assidûment et j'avoue qu'au fil du temps ses mots ont échauffé mes sens au point que j'accepte de le rencontrer pour que nous nous connaissions, bibliquement s'entend, on n'allait pas se taper une belote ! Enfin, son invitation électronique arrive "Je vous attendrai à la Villa Royale, 2, Rue Duperré vendredi prochain à 19h00. Venez nue sous vos vêtements." Je ris de son humour à trois francs CFA mais je tremblai aussi d'excitation car je savais exactement ce que voulait dire ce propos apparemment idiot.
Il m'attend au bar comme prévu. Il s'est levé pour venir à ma rencontre. Grand, aux épaules larges et les yeux clairs, quelques mèches blanches octroient à sa crinière un côté Gere qui me plait. Et puis son sourire éblouissant et ses grandes mains musclées me donnent immédiatement envie de me rapprocher. Il m'embrasse sagement sur la joue et je perçois comme une agression son parfum puissant, plus déodorant de supermarché que jus haut couture. Je retiens une grimace de déception. Heureusement, il est rasé de près et je laisse trainer mes lèvres sur sa peau douce. Nous attaquons une bouteille de Krug Rosé qu'il a commandée. Son goût pour ces bulles ambrées m'est comme un présage des raffinements dont il sera capable. Hélas, le pauvre s'excuse car à tout bout de champ il éternue et se mouche, victime d'un coup de froid inopportun. Le bruit incongru, que son mouchoir n'atténue pas, coupe l'élan de notre conversation et je me demande in petto comment il pourra bien m'embrasser sans étouffer. Et alors qu'il range son mouchoir détrempé dans sa poche, je ravale un hurlement de dégoût. Comment lui dire qu'il a maintenant de la morve au nez !
Je me réfugie aux toilettes, écœurée, et je fais le vœu qu'en mon absence il se rende compte de son état, pitié mon Dieu ! Je me regarde dans la glace en grimaçant, ai-je vraiment envie d'aller plus loin, ses mucosités n'ont-elles pas rompu le charme à jamais ? Je respire un grand coup et imagine ses belles mains errer savamment sur mes fesses, sur mon sexe, et je me décide à remonter. Le miracle a eu lieu, l'intrus verdâtre a disparu et pour me remettre je siffle ma coupe cul-sec lui demandant de me resservir, histoire de provoquer l'amnésie propice au badinage.
Au bout de la quatrième coupe, je me sens échauffée à point. Il a posé sa main sur mon genou gainé de soie et des frissons brûlants remontent vers mes reins. "Viens, j'ai envie de te goûter" me dit-il. Je le suis en m'agrippant à son bras, titubant un peu sur mes talons vertigineux. Il me débite des choses légères qui m'égaient et je m'appuie sur lui plus qu'il ne faut. Il est lui-même un peu grisé et nos rires accompagnent nos pas impatients qui nous amènent à la chambre.
L'hôtel est réputé pour sa décoration détonante. La chambre qu'il a choisie est meublée comme un lupanar très XIXème siècle qui me plait instantanément. Je suis comme une poule de luxe qui va se faire cajoler par un client ! Il m'attire à lui avec fougue et me susurre à l'oreille "es-tu nue sous tes vêtements ?" Oui, je le suis. Aucune dentelle ne couvre mon intimité et depuis le début je me sens fragile, démunie. Seule une paire de bas, attachés à un serre-taille, était autorisée. Nous nous embrassons. J'ai la tête qui tourne à l'instar de sa langue dans ma bouche. Il embrasse bien et je sens monter au creux de mon ventre des envies sauvages. Il se plante devant moi et fait rapidement tomber mes vêtements me laissant quasi nue. Je me sens intimidée alors qu'il me jauge du regard et me sourit. "Tu me plais, je t'enlève" et avec adresse il me soulève et me porte jusqu'au lit à baldaquin.
Subitement, une sonnerie résonne. Il regarde sa montre. "Merde, j'avais oublié, un coup de fil à donner ! Excuse-moi, je n'en ai pas pour longtemps !" Que dire ? J'ai le corps liquéfié, le feu dans les entrailles, des envies de baisers et de baise et lui s'éclipse pour téléphoner ? Je ferme un instant les yeux mais le champagne fait son office et je m'endors sans le vouloir. Combien de temps a passé, je ne sais pas, mais je sens sa main qui me secoue "Ma reine, tu dors ?" A moitié ensuquée, j'ai envie de lui répondre une ânerie "non, j'suis au fond de la mine, j'pousse les wagonnets..." mais je me rappelle subitement pour quoi je suis venue. A moi la nuit Royale, à moi les émois lascifs, à moi les jouissances divines. Il m'embrasse à nouveau et à nouveau mes sens s'emballent. Il caresse mes seins qui se dressent et joue de sa langue avec dextérité. Dans un souffle il me dit "il va falloir m'aider..." Mon sang se glace. "Quoi ?" Incrédule je scrute son visage. "Ben, oui, j'ai perdu le fil !"
Je me redresse d'un coup de rein énervé. "T'aider, et puis quoi encore ! Ah, vraiment, quel bel amant tu fais." J'ai sauté dans ma jupe et le chemisier à peine boutonné j'ai claqué la porte laissant le goujat allongé, la queue en berne, sur son lit de roi.
Ma nuit royale ? Royale, en effet !
à S.
06:00 Ecrit par Gicerilla dans Billet d'humour | Lien permanent | Commentaires (26) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : villa royale, http:www.villa-royale.comchambres.html, sexe, drogue et rock 'n roll
16 janvier 2009
ELLE - Société délétère ou jeunesse prodigue ?
Délétère : A.− Qui attaque, détruit la santé, qui met la vie en danger. Plantes délétères, sucs délétères (Ac. 1798-1932). Synon. nocif, nuisible, toxique. Qui cause la corruption
Prodigue : A. −Qui dilapide son bien en dépenses excessives. Synon. dépensier, dissipateur, gaspilleur, panier-percé
Je sirote mon café vissée sur un tabouret du wagon-bar.
Les paysages défilent à 320 km/h, vitesse maximale. Le monde se floute derrière les vitres sales et j'aime me perdre dans ces visions confuses d'un monde différent à rêver pour mieux supporter celui dans lequel je suis née.
Comme souvent, une envie d'écrire m'a amenée ici, car ici je suis en embuscade, planquée derrière mon Lavazza et j'observe ceux qui m'entourent avec toujours plus de curiosité. Et la socio-anthropologue de comptoir prend des notes, dessine des profils, tente de déchiffrer ses congénères. En fait, je les observe mais je m'observe aussi et ce que je perçois de moi ne me convient pas toujours. Car je me surprends à me dépouiller trop souvent du costume de scientifique dénué de jugements que je prétends être. Je m'aperçois au fil du temps que je suis bardée d'apriori qui biaise ma perception. Une véritable caille en habit de fête blanc, version culinaire d'Hervé Léger, dont les ficelles aux nœuds savants du boucher me lient les pensées et m'empêchent d'user de l'objectivité dont j'ai absolument besoin pour faire ma chronique et ma galerie de portraits façon La Bruyère.
En face de moi, qui attablé, qui debout, un groupe de sept jeunes gens bruyants. Deux filles et cinq garçons. Les deux filles trônent comme deux reines jumelles sur les tabourets gentiment cédés par des garçons qui se comportent comme des galants de cour. Des idées de basse-cour me viennent plutôt que des images de celle d'Elizabeth, car ils font tous de nombreux efforts et se pavanent devant elles comme jars devant oies. Il ne manquerait plus qu'ils cacardent et fassent gonfler leurs pectoraux pour les impressionner. Elles sont fortement maquillées mais elles ont l'avantage de la jeunesse qui leur permet de supporter sans être défigurées ces maquillages appuyés. Elles sont habillées à la mode, celle près du corps qui colle aux formes, toutes leurs formes au plus près de leur anatomie. On pourrait sans problème dessiner la ligne de chacune de leurs courbes sans besoin de les dénuder car aucun relief de leur intimité n'est laissé à l'imagination. C'est fou les textiles de nos jours, véritable seconde peau...
Les cinq garçons restent debout à se dandiner au rythme des secousses du train. Ils égaient le groupe de leurs plaisanteries vaseuses. Ils s'y enlisent et perdent pied parfois mais se rattrapent in extremis au bord de la table. Fils à papa genevois, riches d'êtres nés dans les bons draps. Ils se donnent du courage en buvant du beaujolais G. Duboeuf vendu sans vergogne au prix d'un grand cru. Une séance de prébiture au picrate en l'honneur du grand blond qui fête ses vingt-cinq ans. Je les regarde faire les beaux devant les femelles, cambrés dans leur pantalon Boss ou Diesel, leur chemise monogrammée, leurs chaussures de marque, leur jeunesse insouciante gominée que la crise ambiante n'effleure même pas. Je les regarde et contre ma volonté je ne peux m'empêcher de les juger sur leurs apparences.
Ils s'amusent comme des adolescents. Ils associent à leur joie éthylique les autres passagers qui passent à leur hauteur dans le wagon, prêts à leur offrir un verre du moment qu'ils participent à leur liesse. "Non, je n'a jamais fait l'amour avec deux femmes !" confie le brun au cachemire mauve. Et le chœur des vierges de déclarer comme une seule femme "Ah non ? Mais c'est génial !" Elles ont la voix haut perchée et tout le monde autour en profite. Génial ? De ne pas l'avoir fait encore ou plutôt, génial comme le constat enthousiaste de qui y a goûté ?
La messe est dite. Comment appâter le jeune mâle ? Comment mettre en ébullition son imagination et ses sangs ? Comme une promesse de ce qu'elles leur offriront ce soir. L'ont-elles jamais fait ou n'est-ce pas plutôt, et je me prends à l'espérer, une technique de drague ? Le porno chic à la mode jusque dans l'alcôve qui fait de femmes débutantes des expertes déjà blasées que seuls la variété et les chemins de traverse peuvent encore exciter ? Il est 16h00 et ils continuent au whiskey. A eux seuls ils représentent la jeunesse privilégiée et désœuvrée et, par extension, les errances de la jeunesse telle que la façonne notre société.
Sexe, alcool, argent facile. Nouvelle Trinité sur l'autel de laquelle ils sacrifient chaque jour leurs rêves, leurs illusions, leur santé sans même le savoir. Ils parlent fort, ils rient toujours plus fort comme pour affirmer l'authenticité de leur gaité. Une gaité élégante ne serait pas de mise. L'élégance c'est bon pour les vêtements qu'ils arborent. Non, il leur faut une gaité de troupier qui résonne dans tout le wagon, preuve qu'ils sont en vie et qu'ils sont heureux. Des effluves d'alcool viennent à mon nez et me révulsent. Dans quel état seront-ils ce soir lorsque le grand blond soufflera ses bougies ? Je crains soudain un incendie. Un explosion ? Et puis je me demande si dans le noir solitaire de leur chambre, ils chérissent encore quelque rêve, s'ils veulent participer à la construction d'un monde meilleur, si le SDF qui dort sur la grille de métro devant leur hôtel de luxe leur donne des envies de changer notre société. Sauront-ils s'engager corps et âme, avec le portefeuille en sus, pour défendre une cause ?
Je me rassure en me disant qu'ils ne sont pas une majorité mais, immédiatement après, le doute s'immisce qui me rappelle que cette jeunesse là, qu'elle dorme dans des draps Lidl ou dans des draps de soie, se réveille sur les mêmes matins. Peu importe le milieu où ils naissent, leur seule loi est celle de la facilité. Hédonistes jouisseurs ne veulent-ils pas tout, tout de suite, sans faire le moindre effort ? Ces considérations pessimistes rendent un peu plus amer le café que je n'arrive pas à finir. Je repousse la tasse sur le comptoir avec l'idée désagréable que ça y est, je suis passée sans m'en apercevoir, je le crains, dans la catégorie "vieux con", celle des aigris qui deviennent papys xénophobes, adeptes de Le Pen en vieillissant.
Lucidité extrême ou noirceur de mon âme ?
05:10 Ecrit par Gicerilla dans Billet d'humeur | Lien permanent | Commentaires (16) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : porno chic, tgv, sexe, argent, jeunes et alcool
01 novembre 2008
ELLE - Quand le cul fait vendre
Que ferais-je sans mon "ELLE" hebdomadaire ?
Ce "ELLE" qui ici inspire si souvent Elle, et qui lui fait commettre tant de billets aux formes variées sur tout et n'importe quoi. La rentrée est un grand moment d'effervescence même s'il y a longtemps que ce vocable a perdu le sens scolaire qui donnait à la petite fille que j'étais frayeurs et joies par anticipation. C'est qu'à la rentrée, l'édition prend du poids, celui qu'il avait perdu pour la ligne maillot de l'été. Une différence de poids substantielle entre la parution d'août et celle de septembre, seul moment où l'embonpoint n'est pas par "ELLE" vilipendé.
Mais d'où vient donc cet accroissement remarquable du nombre de pages ? Augmentation des articles de fond ? An, non, je vous en prie. Pas de mimiques sarcastiques ou de sourires en coin. "ELLE" n'est pas seulement un magazine léger destiné aux femmes à la capacité de réflexion chancelante (inexistante ?), nourries au sein de la mode et des ragots pipeuls. Non. "ELLE" c'est aussi l'horoscope, C'est mon histoire, Courrier électronique (Fonelle), etc. Que du lourd quoi !
C'est donc avec impatience que j'ouvre la dernière édition, copieuse à en juger par l'épaisseur de la tranche. Je vais découvrir les nouveautés qui feront de moi une femme à la page. Je passe la première de couverture. Double encart Guerlain Homme, proposé à "l'homme qui dort en vous" grrrr. Magnifique mise en scène d'un homme-tigre aux yeux verts, invraisemblable mais slendide. Je passe, légèrement excitée. Double encart Dior "Capture Totale Haute Nutrition". Bon, c'est Sharon Stone, alors je la considère dédaigneusement en me disant in petto "de toute façon Photoshop et la chirurgie sont passés par là !" évidemment... Je passe encore, double encart Rolex Defiant luxury. Déjà 6 pages pour ne rien dire mais m'abreuver de publicités, superbes il est vrai, mais stériles. En plus, la fille est inconnue de moi et ne mérite même pas un coup d'œil distrait.
Mon index commence à s'agacer sur chaque nouveau coin de page qui révèle encore et toujours plus de publicités. Double encart Helena Rubinstein et son "Mésolift". Alors là, ma patience s'érode tout de bon comme sous l'effet d'une pluie acide. Encore un double encart Estée Lauder pour un fond de teint dont, à ce stade, je me contrefiche. En plus la fille à l'air godiche. Autant je regardais les premières publicités avec un œil curieux, car beaucoup d'entre elles flattaient mon sens du beau, autant là je suis gavée, au bord de l'écœurement, et il s'en faut de peu que je ne bazarde dans le feu crépitant l'édition intégrale, à voir si le tigre Guerlain en ronronnera plus encore.
Heureusement, j'arrive enfin aux rubriques hautement éducatives qui me font passer la colère qui déjà me coagulait les sangs, prête à bouder mon magazine préféré. Je lis avec assiduité ce que font de leurs journées, de leurs soirées, de leurs nuits des inconnues dont les traits trahissent déjà la fréquentation assidue de drogues de toutes catégories. C'est rassurant de voir chez des jeunettes pré pubères des signes de décrépitude. Ca les rend presque humaines voyez-vous !
Subitement, au détour d'une page, là, sous mes yeux une publicité incroyable. Comme dirait Maurice, je crois que là, on a dépassé les bornes des limites. Je lis le slogan, incrédule. Je relis. Pour un peu, je me frotterais presque les yeux. Non, c'est impossible que la marque vantée se soit laissée embobiner par des publicitaires aussi minables. Sephora exploite en exclusivité NARS. Un Nars, et ça repart ! Euh, non, je m'égare.
Donc, la marque NARS (a-t-on idée, je vous le demande ?) est vendue chez Sephora avec cette promesse là "Pourquoi 1 orgasme quand on peut en avoir 4 ?" Ah tiens, depuis quand Sephora fait-il concurrence à SecondSexe ou à Yoba ? Voilà que Sephora fait dans le rose bordel et offre à ses clientes des orgasmes à répétition et en exclusivité s'il vous plait. Mais quels sont donc ces produits miracles qui permettront à toutes les frustrées et à moi y compris (parce que je le vaux bien) de côtoyer un instant le paradis, sans Adam ? "Dans la gamme Orgasm (sic), NARS ne vous propose pas un mais quatre produits pour porter sur les joues, comme au bout des doits, cette couleur indiscible * qui nous monte aux joues quand on monte au ciel. Et nous rend si jolies..."
Aaah (à prononcer avec effroi) ! Je rêve. Il existe donc un rose particulier, celui du plaisir orgasmique, que seul NARS a su reproduire dans ces creusets pour généreusement nous l'offrir ? Sorte de pierre philosophale qui nous permet de rosir de plaisir sans même y avoir goûté et sans qu'aucun des émois de la passion ne l'ait suscité ? Pourtant, ma mère ma toujours dit de ne jamais simuler "ma fille, si tu simules, tu es foutue, car dès lors il se répètera croyant fièrement te contenter ..." Et qu'est-ce à dire alors ? Application du "mieux vaut faire envie que pitié" ? Je reste partagée entre l'agacement et l'apitoiement. Les femmes sont des cibles faciles il est vrai, promptes à gober tous les boniments. Mais n'atteignons-nous pas ici le comble du ridicule ? Reflet de notre société qui prend le citoyen pour un idiot à l'instar des publicitaires, les annonceurs et le chaland. Ce qu'ils sont finalement. Et combien de budget s'il vous plait ?
En ce qui me concerne, ce rose ne me viendra aux joues que naturellement !
* faute de français reproduite à l'identique !

05:32 Ecrit par Gicerilla dans Billet d'humeur | Lien permanent | Commentaires (16) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sexe, publicité, porno chic, quand le cul fait vendre
09 juillet 2008
ELLE - Dévorant désir
Que ne suis-je qu'une bête ?
On nous fait croire que nous sommes les êtres les plus évolués de la planète. Que non seulement nous avons su marcher debout, maîtriser le feu mais que nous avons aussi su organiser un langage structuré nous permettant de communiquer entre congénères de la même tribu et par là même, évoluer. On nous fait croire que notre intelligence dépasse celle des animaux en ce sens qu'elle s'exprime par des mots, par une capacité de réflexion ordonnée voire par le rire qui pourtant n'est pas que le propre de l'homme et qui font de nous des êtres supérieurs. Et bien moi, je vous le dis, tout cela n'est que foutaise pour ignorants volontaires, gonflés de leur importance.
Observez un instant ce qui a constitué, de tout temps, l'ambition de l'homme. Le pouvoir et le sexe. Et avec cela nous aurions l'audace de nous placer au dessus de nos amis les bêtes ? Observons à son tour le monde animal. Ne notons-nous pas des parallèles troublants entre leur mode de fonctionnement et le nôtre. Oh, bien sûr, je ne suis pas la première, je n'ai rien découvert. Je ne fais que rappeler ce que des centaines d'érudits et autres scientifiques de renom ont dénoncé, car notre parenté avec ceux que nous conspuons et déclarons inférieurs à l'homme est évidente .
Et je regarde, incrédule, l'évolution de nos cultures et je constate avec un rictus de dépit au coin des lèvres que nous ne changeons pas avec le nombre des années. Non, nous persistons dans nos faiblesses et dans la médiocrité de nos ambitions. Le népotisme est partout au pouvoir et l'enrichissement personnel perdure au détriment des masses qui continuent à croire aux belles paroles qui leur sont débitées comme viande à la chaîne, produite pour les rassasier et leur ôter leur capacité de penser. Pendant qu'ils digèrent, ils digèrent...
Quels sont donc les deux mots clés qui ouvrent la porte sur les motivations intimes de l'homme qui tente en vain de les cacher derrières des aspirations réputées plus nobles ? Mais pouvoir et sexe bien sûr. Ou serait-ce plutôt sexe et pouvoir ? Je vacille là. Quel sera le verdict ? J'hésite à élire ici celui qui toisera les autres du haut de son podium. Et comme l'on ne parle jamais aussi bien que de ce que l'on connaît, je vous le dis tout net, ce qui m'intéresse moi, c'est le sexe. Sur mon podium à moi, il trône comme un roi et depuis que je l'ai élu premier de tous, je me félicite d'avoir donner un sens à mes sens.
Évidemment, le pouvoir donné par l'argent à des attraits que je serais hypocrite de contester. Mais au fond, ce qui me meut, ce qui me motive n'est que le plaisir immédiat de mes sens. Hédoniste indécrottable je suis. Et comme la lionne qui a faim, je pars en chasse pour satisfaire mes élans primaires et je n'ai de cesse d'avoir contenté ma gourmandise. Je me laisse porter par mes instincts. Les phéromones guident mes pas sur le chemin qui au paradis sûrement me mènera. Tous les artifices sont permis pour arriver à mes fins et ma faim justifie les moyens que mon ingéniosité démultiplie à l'envi. Je ne pense qu'à ça, soir et matin, matin et soir. En tous lieux, en toutes places, je repère, j'approche, j'encercle, j'accule... Et je m'amuse infiniment de faire résonner dans ces mâles si évolués la bête qui est en eux, conspuée, reniée, mais finalement maîtresse toute puissante de leur intelligence...
Mes yeux, perdus dans le vide de la salle, à nouveau focalisent. Je m'ébroue un instant. Tiens, je rêvais. Je rêvais devant mon écran. Je rêvais d'une note que j'aurais pu écrire, si bête j'avais été. Mais hélas, bête je ne suis pas, ni stupide ni animale, et je ne sais faire taire la Raison qui s'oppose à laisser parler la bête en moi. Dommage, un instant j'ai cru percevoir à quel point ma vie serait simple si seulement je savais écouter mes instincts de bête et ma déraison.
Bon, en attendant, quoi, je ne sais pas, je vais siroter une petite camomille...
Illustation : "Le Songe de la Raison produit des monstres", par Francisco Goya
06:20 Ecrit par Gicerilla dans Billet d'humour | Lien permanent | Commentaires (19) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sexe, pouvoir, argent
28 juin 2008
ELLE - Astro de mon désir
Tiens, ça y est, l'été est arrivé !Non, non, ne vous y trompez pas. Ce n'est pas le soleil radieux qui brûle ma peau depuis quelques jours qui me fait dire cela. Non. C'est le ELLE. Lorsqu'ELLE publie l'horoscope amoureux de l'été, c'est l'été. ELLE est à l'été ce que l'hirondelle est au printemps. Alors bien sûr, je me précipite page 88 car enfin, enfin, je vais savoir si ma peau va vibrer, si mon cœur fera autre chose cet été que pomper fidèlement le sang qui bouillonne depuis trop longtemps dans mes veines.
Il convient d'abord de calculer son signe lunaire. Et oui, autrement dit l'ascendant. Je calcule rapidement. Moi la cancre des chiffres, l'ennemi des nombres, la science me vient rapidement lorsqu'il s'agit de futilités. Je suis une femme, c'est certain maintenant. Le nombre magique est au creux de ma main qui tremble d'anticipation. Le 10. Je suis ascendant Lion. Enfin Lionne puisque de nos jours avec la parité et l'Académie qui s'y met, féminisons. Lionne, donc. Huumm, n'est-ce pas là un bon présage ? Je sens la lionne en moi feuler, le poil sur ma croupe se dresser. Je frémis. Ce petit nombre sera-t-il le révélateur de ma prochaine extase ou de mon désir mis en cage ?
"Suivez notre guide de vos compatibilités astrales en comparant le signe solaire de l'homme et le signe lunaire de la femme".
Je scanne d'un œil aguerri à ce type d'exercice le tableau de synthèse. Je repère les quatre signes qui feront ronronner la lionne qui sommeille en moi. La liste est courte. Lion, Bélier, Sagittaire et Verseau sont ceux parés des quatre étoiles qui me garantissent "grand luxe, tous les rêves et tous les désirs sont permis. Optez pour la pension complète à long terme." Là, mon sang ne bouillonne plus, il coagule littéralement tant est puissante la chaleur des désirs qui m'inondent subitement. Sur ma rétine, les yeux grands ouverts pourtant, des images indécentes de corps emmêlés, de sueurs brillantes sur des peaux hâlées, de mains qui glissent dans tous les reliefs des chairs devenues pâte à modeler au rythme de fantasmes désincarcérés. Des langues serpentines qui titillent, s'immiscent, goûtent et caressent sans fin. A mes oreilles pointent des râles de mâles mélangés aux gémissements de soumission de la femelle domptée, des mélodies de plaisir chantées à toutes les clés. Les notes de la gamme en Sol et Fa vocalisées jusqu'à l'Ut comme point final du rut. Je ne tiens plus sur mon siège, mon corps est assiégé. La suite, vite.
"Vos désirs sont puissants, impétueux. Vous êtes des passionnés, un point c'est tout. L'amour, ça doit être lyrique (oouuuiiiii vocalisé-je!) et physique (aahhhhh vocalisé-je encore !) héroïque et érotique et si vous n'admirez pas suffisamment votre partenaire ...ça ne vaut pas le coup. Ne vous excitez pas trop quand même (ah bon, dépité-je !) Les planètes de cet été son médium, standard (?). Ni folles (ah ?) ni molles (ouf !)."
"Vos fantasmes ne manquent pas. Il faut un partenaire pour vous dominer. Le flirt, la bluette... cela ne vous contente pas. Vous, vous êtes des fougueux, des consommateurs avisés, éclairés (...) "
Je rugirais presque à cet énoncé qui me met en appétit et un peu de salive dégouline le long de mon museau. Les cartes sont dévoilées. Me voilà initiée. Je pars bientôt à la chasse à la bête rare. Pourtant comment repérer sans me fourvoyer celui dont le soleil se sera heureusement placé dans le bon mois de naissance ? Avril pour le bélier, août pour le Lion, décembre pour le Sagittaire et février pour Verseau. Car enfin, la lionne en moi est inexpérimentée et ne sait ni renifler le nez au vent, ni identifier sûrement les phéromones de celui avec qui je ferai la bête à deux dos. Diane chasseresse je ne suis pas non plus et bien que mon carquois soit plein de flèches, comment saurai-je vers qui bander mon arc et ma croupe ?
Et alors que mon enthousiasme lentement retombe et que mes rêves d'érotisme caniculaire éclatent un à un en bulles de savon irisé, l'idée de génie me vient. Et si je faisais ici un appel à candidatures ? Mais oui, bon sang. Alors chers lecteurs, si l'un de vous héberge une des bêtes précitées, soyez mâles assez pour vous jeter à l'eau. Sous des dehors revêches, la lionne est accorte et bien que facilement effarouchée elle ne demande qu'à se laisser dompter.
Un petit tour ici ou là et puis ici aussi est à recommander avant de vous lancer, car la lionne est accueillante mais exigeante. C'est pas gagné...
Je vous souhaite un été embrasé !
05:21 Ecrit par Gicerilla dans Billet d'humour | Lien permanent | Commentaires (21) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sexe, sea, sun, désir, érotisme estival
04 juin 2008
ELLE - Aussi rouge que possible

Il me faut parfois peu de mots.
Et il ne m'en fallut en l'occurrence pas plus de quatre pour éveiller ce qui aurait pu être ma dixième muse "περιέργεια", j'ai nommé la Curiosité. Cette muse manquante qui n'aurait eu de son nom que les aspects positifs, c'est à dire la soif de connaissances et qui m'inspire à chaque instant, ici ou là.
"Aussi rouge que possible" ! A peine lus dans le ELLE, mon imagination sans limite brode immédiatement, à partir de ces quatre mots, des mondes extraordinaires avec tous les points que mon aiguille sait piquer en fils de couleurs variées. Et le rouge n'est pas la moindre de celles que je glisse dans son chas. Broder en rouge dans toutes ses déclinaisons, voilà bien un dessein qui me convient. Alors, lorsqu'il s'exhibe avec un grand R, la voyeuse en moi s'enthousiasme et ne sais lui résister. "Aussi rouge que possible" s'affiche au Musée des Arts Décoratifs.
Vierge de toutes informations, je décide de partir à la découverte de cette couleur, pour moi de tous temps symbole de vie. Pourtant, parler de couleur semble être le fait de l'ignare que je suis et qui apparemment se fourvoie. En effet « Parler de couleur rouge est un pléonasme. Le rouge est la couleur par excellence [...] la première de toutes les couleurs. » (Michel Pastoureau, Dictionnaire des couleurs de notre temps, 1992). Vite, me remettre sur la bonne voie !
Le Louvre. Côté nord de l'aile Marsan. Gravir des étages pour se rapprocher de LA couleur comme si elle résidait près des Dieux. Deux couloirs blancs lui sont dédiés et j'y entre comme dans un temple où enfin je vais être initiée. Saviez-vous que le rouge a été et est encore tour à tour multiple, effrayant, puissant, majestueux, luxueux, érotique, féerique et infernal ? (sic) Et sa force symbolique, comme il nous est rappelé "est aussi liée à ces deux référents principaux que sont le feu et le sang."
J'avance lentement, fascinée par ce que je découvre. Littéralement, ici, pour nous on dé-couvre, on dévoile, on ôte ce qui couvre des vérités que l'habitude ou l'aveuglement nous ont fait oublier. Rouge, couleur de l'autorité en Islam et couleur de l'impureté. Ne pas toucher une femme si le rouge inonde son sillon (vient de manière incongrue, en un écho anachronique le sang impur qui inondera bientôt nos sillons, citoyens aux armes... parallèle échevelé ou au contraire miroir ?).
Rouge, couleur politique que le Communisme s'est approprié et dont Mao Zedong a recouvert son petit livre. Recouvrir de rouge des idées qui si elles étaient dé-couvertes révéleraient en plein jour leur supercherie. Rouge qui escamote la vérité ? Rouge menteur ? Bien sûr, rouge de la luxure qui se signale par une lanterne accrochée en façade dans les quartiers qui portent toujours son nom et que les femmes au moyen-âge devaient arborer sous forme d'un vêtement, comme plus tard, dans un autre siècle, dans un autre temps l'étoile jaune mais avec la même motivation : identifier ! Repérer celles qui faisaient commerce de leur corps. Rouge, couleur de l'opprobre comme la Lettre Ecarlate un peu plus tard ? Rouge de la honte qui monte, comme la pute, au front des bourgeois bien pensants face à la déchéance de ces femmes perdues qui pourtant sauvent l'hère en mal d'amour !
Rouge du feu de la passion et des chairs qui palpitent. Rouge Baiser ne s'y est pas trompé qui courtise les Scandale aux dentelles flamboyantes. Rouge qui enflamme l'œil du mâle qui par lui y tombe volontiers, en redemande. Car le sexe c'est le mal puisqu'il mène tout droit en enfer où les chairs ne palpiteront plus, si ce n'est d'effroi et de douleurs cramoisies. Et oui, le Diable s'habille de rouge, qu'il soit vermillon ou carmin, même s'il fut un temps, un temps bien court au XIIIème siècle où il devint bleu. Coup monté par les garanciers qui souhaitaient inverser la montée en puissance des marchands de guède et d'indigo, et jeter le discrédit sur eux en bleuissant l'enfer... Un enfer bleu ? Voilà bien de l'invention. Geler ou brûler, des deux lequel serait pire ?
Voir rouge. Rage rouge. Rouge de la colère et de la violence, qui affole le taureau et le mène à sa perte en flots bouillonnants qui maculent inexorablement de la même teinte le poil noir de sa peau. Mais alors, rouge de la perdition quelle que soit la voie qu'elle prend ? L'alerte finale se donnera par un téléphone que l'on dit rouge, qui résonne déjà aux oreilles des pompiers qui luttent chaque jour contre les flammes destructrices allumées par la bêtise, la convoitise, la malveillance...
Et pourtant, rouge du petit chaperon comme un avertissement aux enfants qui croient encore au Père Noël et aux contes de fées...
Plus j'avance et plus je titube devant tant d'évidences qui me saoulent comme un bourgogne rubis. Le rouge est infini. Le rouge, bon ou mauvais, est partout dans notre vie.
Allez-y ! A votre tour, étonnez-vous, saoulez-vous, c'est bon, c'est fascinant...
****
NOUVEL ACCROCHAGE :
Aussi rouge
que possible...
19 mars 2008 - 1er novembre 2009
Illustration : http://jeremymariez.free.fr/painter.htm
06:39 Ecrit par Gicerilla dans Critiques | Lien permanent | Commentaires (20) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : musée arts décoratifs, rouge, enfer, passion, sexe, érotisme, prostitution
08 mai 2008
ELLE - L'extase haut perchée

Il fallait certainement que cette information me fut révélée pour qu'auprès des femmes je m'en fasse le héraut.
Sinon comment expliquer cette séquence d'événements anodins pour qu'enfin je sache. J'avais récupéré le Géo de mai au salon Air France. Je l'avais feuilleté avec curiosité car c'est une belle publication mais j'étais passée à côté. Et c'est seulement lorsque j'allais le recycler dans le container à papier que la feuille s'est détachée et a pris son envol, seule possibilité pour elle d'ouvrir mes yeux aveugles qui l'avaient ignorée.
En la rattrapant, c'est là que le j'ai vue. Timidement exposée dans un encart discret du bien nommée rubrique "Geoptimiste". Information primordiale qui explique indubitablement l'engouement de certaines, pour ne pas dire la passion, pour les hauts talons. Connaissance inconsciente d'un phénomène dont elles ont fait l'heureuse expérience sans faire l'association ? Ressenti animal jamais mis en équation aussi fiable pourtant que l'instinct qui porte le mâle à faire la roue pour chauffer la belle en pleine ovulation ?
Mais quelle est donc cette information de première bourre (non, non je vous vois venir, pas de mauvais jeu de mots ici. Vérifiez, vous verrez) ? "Le port de talons hauts améliore la vie sexuelle"
"Bien sûr" interjetterons certains, le sourire moqueur aux lèvres, car ils imaginent déjà en un raccourci de leur esprit rustaud que c'est une vérité banale de reconnaitre que la vue d'une paire de jambes devenues infinies par des talons ambitieux est indéniablement excitant sans compter la fascination exercée par la soie de la jupe suspendue à des hanches qui la transforment en balancier hypnotique. C'est le moment que je choisis pour lever les yeux au ciel, affligée, et une main autoritaire pour faire taire ces ignares et leur révéler, bonne fille, LE secret.
"Selon une étude menée par le Dr Maria Cerruto, porter des chaussures qui maintiennent le pied à un angle de 15° renforce le plancher pelvien qui héberge les muscles du plaisir liés à l'orgasme, ce qui accroîtrait les sensations... "
Quelle révélation ! Non seulement les femmes, sacrées finaudes du règne animal, vous pétrifient de désir en balançant sous vos yeux leurs reins renflés dont les deux hémisphères se dandinent au rythme de leurs talons qui surinent l'asphalte, mais par répercussion, elles musclent cette partie de leur corps qui en mille ondes de plaisir enserrera votre doux membre à la pénétration.
Dès lors, je comprends mieux l'amour immodéré de certaines pour une paire de Louboutin qui culmine à des hauteurs que l'on se prend à imaginer paradisiaques. En effet, un esprit curieux aura immédiatement regardé sur un compas ce que représente une élévation de 15 ° et aura vite compris que s'il y a corrélation entre la hauteur du talon et le plaisir à récolter, il ne faudra plus lésiner. Et son échine d'onduler de plaisir par anticipation à l'idée des sensations que pourraient générer des angles de 20°, 25° et plus encore.
A se demander si les chausseurs à la mode (Vivier, Blahnick, Choo, etc.), provocateurs de péchés, n'étaient pas déjà dans la confidence, qui créent depuis des années des souliers importables pour un pied normal mais à l'angle audacieux et prometteur. Peu importe. Foin de considérations morphologiques. Focalisons uniquement sur cette découverte passionnante à déchaîner les passions. Messieurs, ne soyez plus radins puisque la clé du paradis vous tend la main. Offrez sans rechigner ces stilettos hors de prix qui cambreront le pied de vos femmes en des voûtes démoniaques à adorer, qui allongeront leurs jambes devenues lianes galbées pour mieux vous attacher. A nous les hauteurs
vertigineuses, promesses de sensations décuplées. Que dis-je décuplées, centuplées même !Mon sang s'échauffe à cette idée. Et tant pis si ma tentative précédente s'est révélée pitoyable. Cette fois-ci, la motivation est trop grande. Si Carrie Bradshaw arrive à déambuler sur 10 centimètres de talons avec élégance il n'y a pas de raison que j'échoue. J'ai déjà la "City" il ne manque plus que son pendant qui, lorsqu'il arrivera, me trouvera fin prête et musclée à souhait...
Et si dorénavant je ne marchais que chaussée de pointes de danseuse à 180° ?
06:33 Ecrit par Gicerilla dans Billet d'humour | Lien permanent | Commentaires (22) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sexe, stiletto, talons aiguille, orgasme
04 avril 2008
ELLE - Descente en Enfer

J'avais prévu mon week-end rien que pour elle.
II y avait quelques semaines déjà qu'elle m'avait fait de l'œil dans le "ELLE" et sa proposition de m'emmener en enfer était irrésistible. Comment ne pas se laisser tenter par cette offre de descente dans des antres brûlants sans y griller sa peau, sans y perdre son âme. Et puis, cette expédition n'était-elle pas organisée par une entreprise dont le nom à lui seul était garant de qualité et le parfait prétexte pour nourrir mes turpitudes sous un sceau culturel indiscutable "L'Enfer de la bibliothèque, Eros au secret".
Enfin révélés au monde des profanes, des interdits de l'Enfer, la collection la plus inavouable, 350 ouvrages parmi 2000 répertoriés.
Nous arrivons à la Bibliothèque Nationale qui offre à mes premiers regards son profil décevant. J'avais imaginé me retrouver sur une esplanade encadrée de livres ouverts offrant, sans distinction de classes, leur contenu érudit à la masse. Et bien non. De pauvres bâtiments rectilignes sans fantaisie servent de frontière à une place bétonnée livrée aux vents. Mon enthousiasme pourtant, galvanisé par ma curiosité, ne se laisse pas abattre et nous entrons dans ce temple où la débauche, pour une fois, occupe la place d'honneur. Des lumières tamisées, dignes d'un bordel, éclairent comme des reliques de multiples ouvrages éventrés sous des vitrines pour révéler à nos yeux ébahis leur audace érotique. Le rose prédomine. Il faut le croire maîtresse de l'alcôve et des choses de l'amour à l'instar de cette chair fendue si convoitée qui tourne la tête des hommes depuis la naissance du monde.
Un silence religieux règne dans la salle mais ce qui en impose ici ce n'est pas Dieu. Ou, si bien sûr, c'est le Dieu de l'amour qui rend le présent bien plus cérémonieux que les ors et la liturgie dans une cathédrale. Les sourcils sont froncées, les mines sont graves. La curiosité est discrète mais opiniâtre et aucune vitrine n’est délaissée par les visiteurs assoiffés de savoir. C'est fou ce que le cul passionne et provoque comme vocations d'étudiants studieux chez quiconque à le courage d'afficher en public son intérêt pour la chose.
Je perçois sur les visages une tension qui n'est pas due à l'intensité de la réflexion en cours. Non, imperceptiblement les mots lus, les images dévoilées, les photos exhibées pénètrent dans le cortex et une tension sexuelle monte aux visages, voile de luxure vainement caché sous des airs de concentration hypocrite.
Mon visage quant à lui resplendit j'en suis sûre. Un sourire esquissé ne quitte pas mes lèvres. L'étonnement m'habite et le désir aussi. Comment le renierai-je ? Mon ventre je le sens, s'émeut à ces lectures. Et ces visions volées d'amour dans tous les sens bouleversent les miens à m'en faire languir. Et je découvre toujours plus incrédule ce que le sexe et l'amour ont pu susciter comme création à toutes les époques et sur tous les continents. Gravures arétines (XVIe) illustrant des amours mythiques n'ayant rien à envier au kamasoutra, estampes japonaises dénonçant un certain complexe de nos amis nippons partagés par bien de leurs congénères européens, photographies ou daguerréotypes, film noirs et blanc projetant les ébats de donzelles dans une fabrique, peintures, dessins de toutes sortes. Liste de prêtres pris en flagrant délit chez les filles publiques, almanach des adresses de demoiselles de Paris, tarif des filles du Palais Royal, etc... Toute la luxure du peuple étalée !
Mais la lecture est la forme artistique la plus représentée et jusqu'à la fin de la visite je ne cesserai de m'ébaubir devant tant de créativité. Le vulgaire le dispute au discret. La poésie lutte pied à pied pour ne pas perdre face à la grossière prose. Et j'avance comme un funambule ivre sur la corde tendue de mes émotions qui ne se cachent plus.
Pour les curieux, je ne peux résister à vous confier quelques expressions colorées issues du "Dictionnaire érotique moderne par un professeur de langue verte" (Alfred Delvau) :
- Affront (faire un) : Débander juste au moment où il faut bander plus roide - seule impertinence que les femmes ne pardonnent pas.
- Aller trop vite à l'offrande et faire choir le curé : Décharger au moment où l'on va baiser une femme que l'on a désirée trop longtemps, et débander immédiatement.
- Avoir toujours l'anneau ou la bague au doigt : Passer sa vie à branler les femmes, le con étant pris pour un anneau - depuis celui de la femme de Hans Carvel (sic).
- Politesse (faire une) : Décalotter son prépuce en bandant devant une femme, et le lui introduire dans le vagin pour lui prouver tout son respect - et la faire jouir par la même.
Enfin, comment ne pas clôturer cette note par ce poème incandescent et si vivant par le rythme imposé de ses mots qui miment à la perfection et la belle qui agit et l'objet qui subit. Merci Aragon.
« L'a prise dans ses mains
La belle
L'a prise dans ses mains
La bite
L'a mise entre ses seins
La belle
L'a mise entre ses seins
La bite
Quand elle fut bien rouge
La bite
L'a plongée en sa bouche
La belle
L'a plongée en sa bouche
La bite
Et bouge bouge bouge
La belle
La belle et la bite
Habile habile habile
La bête, la grosse bête
La bite et la belle
Dit Bite ah bite habite
Moi vite
L'a montrée au bouton
La bite
L'a frottée au bouton
La belle
Elle rentre dans le con
La bite
La belle la belle la belle
Bite.»
06:25 Ecrit par Gicerilla dans Critiques | Lien permanent | Commentaires (15) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : érotisme, censure, sexe, bibliothèque nationale
