jeudi, 08 mai 2008
ELLE - L'extase haut perchée

Il fallait certainement que cette information me fut révélée pour qu'auprès des femmes je m'en fasse le héraut.
Sinon comment expliquer cette séquence d'événements anodins pour qu'enfin je sache. J'avais récupéré le Géo de mai au salon Air France. Je l'avais feuilleté avec curiosité car c'est une belle publication mais j'étais passée à côté. Et c'est seulement lorsque j'allais le recycler dans le container à papier que la feuille s'est détachée et a pris son envol, seule possibilité pour elle d'ouvrir mes yeux aveugles qui l'avaient ignorée.
En la rattrapant, c'est là que le j'ai vue. Timidement exposée dans un encart discret du bien nommée rubrique "Geoptimiste". Information primordiale qui explique indubitablement l'engouement de certaines, pour ne pas dire la passion, pour les hauts talons. Connaissance inconsciente d'un phénomène dont elles ont fait l'heureuse expérience sans faire l'association ? Ressenti animal jamais mis en équation aussi fiable pourtant que l'instinct qui porte le mâle à faire la roue pour chauffer la belle en pleine ovulation ?
Mais quelle est donc cette information de première bourre (non, non je vous vois venir, pas de mauvais jeu de mots ici. Vérifiez, vous verrez) ? "Le port de talons hauts améliore la vie sexuelle"
"Bien sûr" interjetterons certains, le sourire moqueur aux lèvres, car ils imaginent déjà en un raccourci de leur esprit rustaud que c'est une vérité banale de reconnaitre que la vue d'une paire de jambes devenues infinies par des talons ambitieux est indéniablement excitant sans compter la fascination exercée par la soie de la jupe suspendue à des hanches qui la transforment en balancier hypnotique. C'est le moment que je choisis pour lever les yeux au ciel, affligée, et une main autoritaire pour faire taire ces ignares et leur révéler, bonne fille, LE secret.
"Selon une étude menée par le Dr Maria Cerruto, porter des chaussures qui maintiennent le pied à un angle de 15° renforce le plancher pelvien qui héberge les muscles du plaisir liés à l'orgasme, ce qui accroîtrait les sensations... "
Quelle révélation ! Non seulement les femmes, sacrées finaudes du règne animal, vous pétrifient de désir en balançant sous vos yeux leurs reins renflés dont les deux hémisphères se dandinent au rythme de leurs talons qui surinent l'asphalte, mais par répercussion, elles musclent cette partie de leur corps qui en mille ondes de plaisir enserrera votre doux membre à la pénétration.
Dès lors, je comprends mieux l'amour immodéré de certaines pour une paire de Louboutin qui culmine à des hauteurs que l'on se prend à imaginer paradisiaques. En effet, un esprit curieux aura immédiatement regardé sur un compas ce que représente une élévation de 15 ° et aura vite compris que s'il y a corrélation entre la hauteur du talon et le plaisir à récolter, il ne faudra plus lésiner. Et son échine d'onduler de plaisir par anticipation à l'idée des sensations que pourraient générer des angles de 20°, 25° et plus encore.
A se demander si les chausseurs à la mode (Vivier, Blahnick, Choo, etc.), provocateurs de péchés, n'étaient pas déjà dans la confidence, qui créent depuis des années des souliers importables pour un pied normal mais à l'angle audacieux et prometteur. Peu importe. Foin de considérations morphologiques. Focalisons uniquement sur cette découverte passionnante à déchaîner les passions. Messieurs, ne soyez plus radins puisque la clé du paradis vous tend la main. Offrez sans rechigner ces stilettos hors de prix qui cambreront le pied de vos femmes en des voûtes démoniaques à adorer, qui allongeront leurs jambes devenues lianes galbées pour mieux vous attacher. A nous les hauteurs
vertigineuses, promesses de sensations décuplées. Que dis-je décuplées, centuplées même !Mon sang s'échauffe à cette idée. Et tant pis si ma tentative précédente s'est révélée pitoyable. Cette fois-ci, la motivation est trop grande. Si Carrie Bradshaw arrive à déambuler sur 10 centimètres de talons avec élégance il n'y a pas de raison que j'échoue. J'ai déjà la "City" il ne manque plus que son pendant qui, lorsqu'il arrivera, me trouvera fin prête et musclée à souhait...
Et si dorénavant je ne marchais que chaussée de pointes de danseuse à 180° ?
06:33 Publié dans Billet d'humour | Lien permanent | Commentaires (19) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sexe, stiletto, talons aiguille, orgasme
vendredi, 04 avril 2008
ELLE - Descente en Enfer

J'avais prévu mon week-end rien que pour elle.
II y avait quelques semaines déjà qu'elle m'avait fait de l'œil dans le "ELLE" et sa proposition de m'emmener en enfer était irrésistible. Comment ne pas se laisser tenter par cette offre de descente dans des antres brûlants sans y griller sa peau, sans y perdre son âme. Et puis, cette expédition n'était-elle pas organisée par une entreprise dont le nom à lui seul était garant de qualité et le parfait prétexte pour nourrir mes turpitudes sous un sceau culturel indiscutable "L'Enfer de la bibliothèque, Eros au secret".
Enfin révélés au monde des profanes, des interdits de l'Enfer, la collection la plus inavouable, 350 ouvrages parmi 2000 répertoriés.
Nous arrivons à la Bibliothèque Nationale qui offre à mes premiers regards son profil décevant. J'avais imaginé me retrouver sur une esplanade encadrée de livres ouverts offrant, sans distinction de classes, leur contenu érudit à la masse. Et bien non. De pauvres bâtiments rectilignes sans fantaisie servent de frontière à une place bétonnée livrée aux vents. Mon enthousiasme pourtant, galvanisé par ma curiosité, ne se laisse pas abattre et nous entrons dans ce temple où la débauche, pour une fois, occupe la place d'honneur. Des lumières tamisées, dignes d'un bordel, éclairent comme des reliques de multiples ouvrages éventrés sous des vitrines pour révéler à nos yeux ébahis leur audace érotique. Le rose prédomine. Il faut le croire maîtresse de l'alcôve et des choses de l'amour à l'instar de cette chair fendue si convoitée qui tourne la tête des hommes depuis la naissance du monde.
Un silence religieux règne dans la salle mais ce qui en impose ici ce n'est pas Dieu. Ou, si bien sûr, c'est le Dieu de l'amour qui rend le présent bien plus cérémonieux que les ors et la liturgie dans une cathédrale. Les sourcils sont froncées, les mines sont graves. La curiosité est discrète mais opiniâtre et aucune vitrine n’est délaissée par les visiteurs assoiffés de savoir. C'est fou ce que le cul passionne et provoque comme vocations d'étudiants studieux chez quiconque à le courage d'afficher en public son intérêt pour la chose.
Je perçois sur les visages une tension qui n'est pas due à l'intensité de la réflexion en cours. Non, imperceptiblement les mots lus, les images dévoilées, les photos exhibées pénètrent dans le cortex et une tension sexuelle monte aux visages, voile de luxure vainement caché sous des airs de concentration hypocrite.
Mon visage quant à lui resplendit j'en suis sûre. Un sourire esquissé ne quitte pas mes lèvres. L'étonnement m'habite et le désir aussi. Comment le renierai-je ? Mon ventre je le sens, s'émeut à ces lectures. Et ces visions volées d'amour dans tous les sens bouleversent les miens à m'en faire languir. Et je découvre toujours plus incrédule ce que le sexe et l'amour ont pu susciter comme création à toutes les époques et sur tous les continents. Gravures arétines (XVIe) illustrant des amours mythiques n'ayant rien à envier au kamasoutra, estampes japonaises dénonçant un certain complexe de nos amis nippons partagés par bien de leurs congénères européens, photographies ou daguerréotypes, film noirs et blanc projetant les ébats de donzelles dans une fabrique, peintures, dessins de toutes sortes. Liste de prêtres pris en flagrant délit chez les filles publiques, almanach des adresses de demoiselles de Paris, tarif des filles du Palais Royal, etc... Toute la luxure du peuple étalée !
Mais la lecture est la forme artistique la plus représentée et jusqu'à la fin de la visite je ne cesserai de m'ébaubir devant tant de créativité. Le vulgaire le dispute au discret. La poésie lutte pied à pied pour ne pas perdre face à la grossière prose. Et j'avance comme un funambule ivre sur la corde tendue de mes émotions qui ne se cachent plus.
Pour les curieux, je ne peux résister à vous confier quelques expressions colorées issues du "Dictionnaire érotique moderne par un professeur de langue verte" (Alfred Delvau) :
- Affront (faire un) : Débander juste au moment où il faut bander plus roide - seule impertinence que les femmes ne pardonnent pas.
- Aller trop vite à l'offrande et faire choir le curé : Décharger au moment où l'on va baiser une femme que l'on a désirée trop longtemps, et débander immédiatement.
- Avoir toujours l'anneau ou la bague au doigt : Passer sa vie à branler les femmes, le con étant pris pour un anneau - depuis celui de la femme de Hans Carvel (sic).
- Politesse (faire une) : Décalotter son prépuce en bandant devant une femme, et le lui introduire dans le vagin pour lui prouver tout son respect - et la faire jouir par la même.
Enfin, comment ne pas clôturer cette note par ce poème incandescent et si vivant par le rythme imposé de ses mots qui miment à la perfection et la belle qui agit et l'objet qui subit. Merci Aragon.
« L'a prise dans ses mains
La belle
L'a prise dans ses mains
La bite
L'a mise entre ses seins
La belle
L'a mise entre ses seins
La bite
Quand elle fut bien rouge
La bite
L'a plongée en sa bouche
La belle
L'a plongée en sa bouche
La bite
Et bouge bouge bouge
La belle
La belle et la bite
Habile habile habile
La bête, la grosse bête
La bite et la belle
Dit Bite ah bite habite
Moi vite
L'a montrée au bouton
La bite
L'a frottée au bouton
La belle
Elle rentre dans le con
La bite
La belle la belle la belle
Bite.»
06:25 Publié dans Critiques | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : érotisme, censure, sexe, bibliothèque nationale