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vendredi, 05 janvier 2007
ELLE - Ce qui n'arrivera pas N°9 - L'Apothéose
Le rendez-vous était prévu tôt le matin, pour que nous puissions profiter au maximum du temps unique qui allait nous être accordé. J'avais donc réservé une chambre dans un petit hôtel tout proche du lieu prévu de nous rencontre afin d'y passer la nuit et être fraiche le jour fatidique. Fatidique, oui vraiment. Il est encore très tôt, je n'arrive pas à dormir. Le soleil se lève tout juste. Je peste. Je vais avoir les yeux cernés, les traits tirés et non pas reposés comme je le voulais. Je voulais vous montrer mon meilleur visage. Je voulais que mon visage angélique vous charme et vous fasse succomber. Au lieu de cela, je ne vais avoir à vous offrir qu'un petit visage fatigué, tout chiffonné qui ne ravira pas vos yeux. Je me tourne et me retourne dans mon lit. Le ciel s'illumine à peine d'un peu de lumière rosée. La journée s'annonce magnifique. Il y a un peu de brouillard que le soleil cherche à percer. J'aime bien l'idée du soleil qui perce le brume... Une journée propice aux ballades, aux discussions légères, au badinage, enfin je l'espère.
Que faire pour tuer les deux heures qui restent. Je saisis un livre laissé négligemment ouvert sur la table de nuit. Une histoire d'amour impossible dans l'espagne du début du siècle. Je lis quelques lignes mais je n'arrive pas à me concentrer tant la perspective de notre rencontre me met à cran. Je me lève et me regarde dans le miroir accroché au mur opposé au lit. Je ne suis pas vilaine, juste les cernes bistres qui assombrissent mon regard. Je vais vers la salle de bain. La vision de la baignoire me donne l'idée qui me manquait. Je vais prendre un bain bouillant, je vais détendre mon corps tendu comme une corde d'arc en espèrant que les vapeurs brûlantes détendront aussi les traits de mon pauvre visage. J'ouvre les robinets à grand, l'eau chaude s'écoule engros bouillons, je ferme la porte de la salle de bain pour que s'y concentre toute la chaleur. Si seulement je pouvais y recréer un semblant de hammam. Ce serait souverain.
Je retourne dans la chambre et appelle la réception. Je lui signale que j'attends la venue d'un homme et qu'il faudra me prévenir dès qu'il sera arrivé. Je rappelle au concierge apparemment mal reveillé mon numéro de chambre. ''Surtout faites le attendre, qu'il ne s'impatiente pas, je le ferai monter dès que je serai prête, prévenez-moi''. Tout est paré, je peux sans plus attendre aller me plonger dans le bain bouillant qui m'attend.
La salle de bain est envahie de buée et de senteurs de miel. Les miroirs au dessus du lavabo sont opaques. Je ne distingue que vaguement ma silhouette lorsque je pénètre dans les eaux mousseuses. Je m'y coule avec bonheur. La chaleur me pénètre de plus en plus profondément. J'appuie ma tête sur le rebord de la baignoire et laisse vagabonder mon esprit. Je pense à vous et comme à chaque fois, mon coeur bondit dans ma poitrine. Je vais vous voir, J'ai envie et j'ai peur. J'ai besoin et je veux fuir. Et si, et si... des minutes se passent sans que je me rende compte de l'heure. Je crois que je m'assoupis un peu. Mes muscles sont ramollis. Je suis bien. Mes craintes se diluent petit à petit dans l'eau du bain. La délivrance bientôt, je souris à moitié dans la torpeur qui m'a saisie. Subitement, je prends conscience du temps qui a passé. Il ne me reste que 10 minutes. J'ai dû dormir, l'eau est tiède et j'ai froid. Plus de buée sur les miroirs. Je sors de l'eau précipitemment. Je m'essuie hâtivement dans une énorme serviette blanche et moelleuse que j'enroule autour de mon corps comme un paréo hivernale. Je brosse mes cheveux et les sèche rapidement, la tête renversée en avant pour que les jolies boucles se reforment. Le bruit du séchoir à cheveux est assourdissant.
Je n'entends pas le bruit du pêne du verrou qui cède. Je n'entends pas l'ouverture silencieuse de la porte de la salle de bain. Je me redresse et là, choc inimaginable, je vois votre reflet dans le miroir. Je n'y comprends rien. Comment êtes-vous là, comment êtes-vous entré ? Peu importe. Je suis pétrifiée, sans moyen, sans ressource. Je ne suis pas maquillée, mes cheveux retombent n'importe comment sur mon cou, sur mon visage. La serviette éponge tient comme par miracle. Ma poitrine se soulève exagérément tant la surprise a foudroyé mon coeur, mon cerveau. Je suis figée. Je vous dévisage par miroir interposé. Moi qui me voulais irrésistible me voilà surprise au naturel et sans défense. Aucun artifice. Me voilà livrée d'égal à égal puisque vous non plus n'avez rien déguisé de vous. Votre silhouette me parait exagérément grande et la mienne si petite, je n'ai pas de talons. Je décide de vous ignorer et reprendre le coiffage de mes cheveux. Cela me prend une minute dans un vacarme qui empêche l'échange d'un seul mot. Comme cela m'arrange. Un petit sursis volé pour que mon coeur s'apaise et retrouve un rythme normal, que ma voix ne trahisse pas mon trouble. Je cesse enfin car le miroir me dit que je suis présentable. Lentement je pose le le séchoir à cheveux. Vous ne cillez pas, vous restez statique dans l'encadrement de la porte, vos yeux fixés aux miens au travers du miroir. Je prends un petit écrin rouge sang posé à coté du lavabo. Au ralenti, pour que le tremblement de mes mains ne se voit pas, j'en extrais de jolis pendants d'oreille aux diamants lipides et rutilants. Je les accroche à mes oreilles et immédiatement apparaissent dans l'ombre de mon cou des milliers de petits éclats de lumière scintillants. L'effet à grâce à mes yeux et je me sens alors un petit peu moins nue.
Avec une lenteur calculée, j'attrape une bouteille d'huile parfumée posée sur l'étagère. J'en dévisse le bouchon, toujours vous regardant. Je saisis la serviette et la dénoue. Elle tombe à mes pieds sans bruit sur le sol carrelé. Ma nudité est a vous révélée toute entière, sans pudeur. Je connais ce que vous voyez pour l'avoir vue cent fois dans les vestiaires du Fitness. Je tremble un peu dans mon for intérieur car je sais que je ne suis pas la femme parfaite aux courbes sculpturales que je rêverais d'être à ce moment précis. Votre visage ne trahit aucun sentiment. Quelle torture ! Je suis malgré tout chaque étape du scénario que mon cerveau a élaboré à la seconde même ou je vous ai vu. Le troubler, le charmer, lui donner envie, c'est la seule et unique fois, il n'y aura pas de deuxième chance ! Je suis toujours de dos. Je vous ignore toujours, mais cela m'est si difficile.Je prends un peu d'huile dans le creux de mes mains. Je pose le pied gauche sur le rebord de la baignoire. Je m'offre à vous de profil maintenant. Je commence à masser lentement mon mollet, mon genou, ma cuisse gauche, ma fesse, ma hanche. Je prends mon temps, je m'applique. L'huile laisse échapper un léger parfum musqué, très fin que je trouve enivrant.Je ne vous regarde surtout pas. Je veux que vous regardiez la scène comme un spectateur, comme si je ne me savais pas observée. Je reprends de l'huile et la passe maintenant sur mon ventre et doucement je remonte et oins mes seins et mes épaules. Mes petits seins se redressent, les pointes deviennent agressives. Je suis troublée par le toucher de mes propres mains sur ma peau car ce sont en fait vos mains que j'imagine me caressant. Ma peau s'assouplit, brille, accroche la lumière, met en relief toutes mes courbes, mêmes les plus timides.Je ferme les yeux un court instant. Et subitement je sens d'autres mains se joindre aux miennes. Le feu qui soudainement me parcourt n'est pas né de mes caresses mais bien des vôtres. Vous avez inondé vos mains d'huile. Vous êtes debout derrière moi, votre souffle tout proche de mes cheveux. Vous me massez le dos, les épaules, le cou. Vous redescendez le long de mes flancs, vous vous arrêtez sur mes hanches que vous malaxez avec puissance. J'ai du poser précipitement mon pied gauche au sol de peur de tomber tant la tempête qui s'empare de moi est terrible. Mes jambes tremblent littéralement. Je n'ose rouvrir les yeux. Je me concentre sur vos mains qui dessinent toutes les courbes de mon corps. Je sens une coulée d'huile le long de mon dos, elle ruisselle tout le long de la colonne et vient mourir entre mes fesses. Ce contact est d'une sensualité extraordinaire. L'huile vient baigner mon sexe, se mêler au miel que je sens sourdre entre mes cuisses. Vos mains arrivent à mes fesses. Vous avez scrupuleusement suivi le parcours de l'huile et je sens une de vos mains s'immiscer entre mes fesses, entre mes cuisses. Vos doigts sont doux, délicats et curieux. Je recherche vos caresses, je creuse mes reins en une courbe improbable à la rencontre de vos doigts que je veux sur moi, dans moi, partout. Vous vous amusez, je le sens. Votre main est taquine, elle sait ce qu'il faut faire pour me satisfaire mais elle ne le fait pas. Mon envie est trop forte. Je me retourne. Je fixe de nouveau vos yeux, mais bien en face cette fois-ci. La découverte de votre visage si proche de moi m'émeut. Je repense à toutes ces fois où j'ai regardé vos photos essayant en vain de vous imaginer en vrai. Vous êtes là. Je suis bouleversée, je sens mon souffle entrer précipitement dans par mes narines palpitantes. Je distingue dans vos yeux un éclat rieur et troublé. Je suis si proche de vous. Telle une danseuse classique je m'élève doucement sur la pointe des pieds défiant la pesanteur et je viens poser mes lèvres sur vos lèvres serrées. Je jette mes bras à votre cou pour soutenir l'effort. Vous ne bougez pas. Vous êtes presque inerte. Une citadelle assiègée qui ne se rend pas. Pourtant, mon corps brillant se plaque à vous, tant pis pour vos vêtements, et ma langue gourmande entame l'assaut de vos lèvres. Vous cédez rapidement et me laisser poursuivre ma quête. Ma langue rencontre votre langue, chaude, moelleuse et fraiche. Vous exhalez plus profondément et je sais dès lors que vous être vraiment troublé. Mon corps ne fait plus qu'un avec le vôtre et en ressent les moindres reliefs. Votre sexe est dur, et sa proeminence au travers de l'étoffe vient titiller mon sexe à lui collé. Vos mains alors rejoignent ma taille que vous enserrez dans une étreinte puissante, me soulageant enfin du poids qui pèse sur mes pieds cambrés. Dans vos bras musclés, je ne suis qu'une plume amollie par mon désir de vous, chaque minute décuplé. Vous me soulevez de terre et faites de vos bras sous mes fesses glissés un étau vous permettant de nous déplacer.
Et alors que vous m'entrainez vers le lit plongé dans la pénombre, je saisis au passage la bouteille d'huile parfumée. Tel un trésor précieux vous me déposez sur le lit. Sur le dos allongée je vous regarde hâtivement vous déshabiller. Se dévoilent à mes yeux avides votre silhouette découplée, vos belles jambes sculptées par des années de courses, vos cuisses aux muscles saillants ornées à leur naissance de votre sexe dans sa gloire révélé. Je me redresse vivement, attrape votre main et vous tire en avant. Vous tombez de tout de votre long à côté de moi, dans les édredons. Vive comme une mangouste, je bascule à califourchon sur vos cuisses et immodérement arrose votre torse de l'huile parfumé. Vous voilà prisionnier, par mes cuisses enserré. Mes mains bouillantes viennent se poser doucement sur votre torse baigné d'huile. Et commence alors un ballet de mains sur votre corps, tout de douceur et de fermeté, de curiosité et de timidité. Mes mains arpentent chaque centimetre carré de votre peau, en détectent les moindres vibrations, et s'attardent avec habileté là ou de toute évidence vous sens sont exacerbés. Au creux de ma poitrine, mon coeur bat la chamade de vous voir ainsi amadoué, prêt à rendre les armes. Au creux de mes jambes, une rivière s'est installée et appelle de ses cris les caresses inconnues, des caresses rêvées. Mes mains arrivent enfin à votre sexe tendu. La douceur de l'huile décuple la douceur de votre peau et chaque caresse de mes mains explose en sensations démentes dans votre cerveau. Votre poitrine agitée se soulève précipitemment. Je suis hypnotisée par le plaisir que vous ressentez. Tout doucement je glisse sur mes genoux et vient me retrouver telle une suppliante devant votre sexe agenouillée. Mes lèvres le saisissent à peine, le frôlent. Ma langue tâte sa dureté, en goûte la douceur, en dessine les contours, le longe goûlument de bas en haut et le vènère tel un objet sacré. Votre ventre se durcit, vos hanches se balancent imperceptiblement, et mes lèvres et ma langue accompagnent ce mouvement lancinant qui vous mène au supplice. Je vois votre visage crispé, votre souffle affolé, vous approchez du Paradis et moi telle une houri magnifique à son héros totalement dédiée, je ne cesse de lécher votre sexe bandé. Stop, criez vous. Enfin votre voix, votre voix essouflée. Je cesse instantanément. Pas le temps pour moi de penser, vous voilà redressé. Vous m'attrapez à votre tour, vous saisissez ma bouche, vos lèvres sont brûlantes, votre souffle m'enivre, me saoule, je suffoque. Vous me plaquez à vous, nos deux corps emmêlés. Le contact est humide et chaud, nos deux corps lubrifiés ondulent à l'unisson et la sensation des peaux ainsi échauffées est insoutenable. Nos corps se frottent, se cherchent, s'agacent, perdent pied. Vous lâchez votre étreinte. Vous nous faites rouler. Me voilà sur le dos par vous totalement bridée. Allongé de tout votre long sur moi, vous crucifiez mes bras au dessus de ma tête et vous m'infligez de nouveau un baiser exaltant alors que votre sexe toujours vers moi tendu se glisse lentement dans ma fente submergée. Je veux me défaire de ce carcan qui m'empêche de vous enlacer, d'enserrer votre taille de mes jambes musclées et enfin vous faire me pénétrer. Vous résistez, vous êtes bien plus fort, et mon coeur et mon cerveau ne savent plus contrôler. Vous glissez doucement entre mes cuisses serrées tandis que votre langue taquine la mienne qui n'en peut mais. Mon corps va exploser, je ne veux pas jouir, non Pascal, non pas encore, faites durer. Une fois, une seule fois, faites durer. Alors, vous arrêtez. Nos bouches se défont et vos yeux magnifiques plongent dans les miens pour y relire la prière tout juste exprimée. Vous lachez mes poignets, et lentement vous descendez vers mon sexe gonflé. Votre souffle de braise vient taquiner et mes lèvres et mon sexe tout entier. Votre langue peu farouche et un rien délurée s'immisce dans tous les coins et vient gouter les milles parfums que mon désir de vous a généré. Votre langue est ferme et douce à la fois, elle sait trouver son chemin et remonte à la source et semble s'y abreuver. Je suis clouée au lit, mes mains agrippent les draps froissés, je retiens un cri lorsque votre langue assassine caresse enfin le siège de tous les plaisirs, petite perle rosée toute de sang gorgée. Mes fesses se soulèvent, indécemment, vers votre bouche pour que vous me dévoriez. Vous êtes partout à la fois, des sensations m'envahissent en vagues répétées. La jouissance est toute proche, la jouissance est là. STOP. Je l'ai crié, fort. Vous cessez et vous vous redressez. Heureux de voir sur mon visage les stigmates du plaisir brimé. Je deviens une furie, je me retourne sur le ventre et prestement me glisse sur les genoux vous offrant sans vergogne ma croupe vers vous tendue. Vous empoignez mes hanches et approchez totalement offert mon sexe vers le vôtre. La rencontre est fulgurante, je gémis, je me cambre, je deviens cinglée. Votre vit taquin coulisse à peine dans le fourreau qui lui est réservé. Puis petit à petit, au rythme de mes élans vers lui, il pénètre plus avant, et vous voilà vous aussi submergé par l'envie d'en découdre pour de bon. Nos corps tels deux métronomes en tous points accordés se rencontrent et se détachent en harmonie. L'alliance de nos sexes déclenche à l'unisson des frémissements, des vibrations, des brûlures, des voluptés inénarrables. Ma main vient secrétement rejoindre mon sexe assiégé et les caresses que je me prodigue viennent décupler le plaisir que vous me donnez. L'excitation est à son comble. Je me redresse alors sur les genoux, et vos mains viennent enserrez mon ventre pour que nos deux corps emboités ne fassent plus qu'un et dans un ultime élan, votre sexe d'airain vient décrocher au tréfond de mon ventre la jouissance tant espérée. Vous me mordez le cou, mes mains s'accrochent à vous, nos corps sont secoués d'un même tremblement, et par mes lèvres entrouvertes jaillit un cri poignant déchirant le silence de notes mélodieuses par vous seul inspirées.
23:15 Publié dans Ce qui n'arrivera pas | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
mercredi, 03 janvier 2007
ELLE - Docteur Jivago
Vous deviez passer le week-end au ski, dans une station des Alpes dont vous ne vouliez pas révéler le nom. Vous y alliez pour festoyer pour le réveillon du 31 décembre. La nouvelle par vous envoyée m'avait réjouie car je prévoyait moi aussi de passer le week-end à la montagne, la neige étant enfin tombée. Je nourrissais le secret espoir que peut-être nous ne serions pas trop éloignés et que nous pourrions nous rencontrer furtivement et mettre enfin un point final à ce fantasme enivrant qui me consumait. J'usai alors de tout mon pouvoir de conviction pour vous faire avouer l'endroit. Enfin vous vous laissez soudoyer et me donnez le nom deu lieu. Oh merveille, nous ne serons qu'à 10 kms. Vous acceptez de me retrouver au châlet que j'occuperai. Il fait nuit.Les flocons de neige tournoient en mille volutes vaporeuses et le givre qui poudroie les branches des arbres renvoie mille éclats de lumière à la lune pleine et lumineuse . La visibilité est quasi inexistante, les bruits sont assourdis par le tapis de neige qui s'épaissit. Un chien aboie dans le lointain, son cri se perd en échos fracassants.
Vous arrivez enfin. Je vous attends. Le châlet a été préparé minutieusement pour vous accueillir comme un prince. Les bûches flamboient dans la cheminée, quelques branches de sapin vert parfument l'atmosphère tamisée de senteurs de résine fraiche. Les rideaux sont tirés, la pièce est noyée de lumière orangée. Vous frappez. Je défaille. J'ouvre la porte. Je vous vois pour la première fois. Docteur Jivago improbable saupoudré de milliers de flocons qui brillent en mille reflets de diamant. Vous entrez. Je ne peux pas parler. Mes yeux sombres, gracieusement ourlés de cils noir intense vous fixent sans ciller, hypnotisés. Vous me renvoyez mon regard. Sans parler, vous vous approchez. Vous saisissez mon visage et vous en caressez légèrement les joues de vos deux mains glacées. Je suis foudroyée. La glace de vos mains me brûle comme la braise qui rougeoie dans la cheminée. Je chancelle, vous me retenez par les épaules et m'attirez à vous.
Je n'ai pas de volonté si ce n'est celle de vous sentir contre moi, autour de moi. Vous me plaquez à vous. Je n'ai pas quitté vos yeux. Vous m'embrassez doucement, vos lèvres picorant les miennes avec espièglerie. Vous jouez. Je veux un baiser voluptueux, nos langues mélangées. Vous me le refusez. Vous descendez le long de mon cou, vous faites sauter un à un les boutons de mon petit gilet. Le gilet glisse silencieusement le long des mes bras inertes.Vous me faite reculer devant la cheminée. Sur ma peau des reflets satinés. Une jolie soutien gorge de dentelle ivoire délicatement ouvragée orne mon décolleté. Vous l'ignorez et le dégraffez. Je suis tétanisée. Il glisse aussi à mes pieds. Vos yeux se sont détachés des miens pour venir se poser sur mes seins. Je suis gênée, je voudrais m'enterrer, disparaitre. Et si ce que vous voyez ne vous plait pas.... Très lentement vous posez vos mains sur mes épaules, en étudiez un instant le relief ciselé, puis descendez. Vos mains frôlent mes seins sans les caresser. Les paumes jouent avec la pointe maintenant dressée. Je ferme les yeux tant je suis submergée de sensations violentes. A chaque frôlement de mes seins, répond un décharge dans mon ventre. Je suis toujours debout, chancelante. Vous descendez vers mon ventre que vous contournez. Vos mains s'emparent de mes hanches, les palpent un instant pour continuer leur course vers mes reins, mes fesses. Involontairement je me cambre, cherchant vos caresses. Vous les empoignez et sentez la chair ferme et tendue sous la toile de la jupe. Vous décidez de la relever, doucement, la faisant remonter autour de ma taille. Je me sens de plus en plus demunie. Vos mains se posent à nouveau sur mes fesses et se repaissent de la douceur de ma peau sur laquelle le feu renvoie des reflets moirés. Un voile arachnéen de dentelle ivoire pare le creux de mes reins et mon sexe. Vous détachez ma jupe. Elle tombe aussi à mes pieds. Me voilà sans défense, les yeux toujours fermés, à vous complètement livrée. Vous me toisez. Vous admirez la longueur et le galbe de mes jambes réhaussés par les escarpins aux talons vertigineux que je porte, la beauté de la dentelle, le léger bombé de mon ventre, mes petits seins innocents, la ligne de mes épaules, mon cou racé, mon port de tête altier. Vous me dévisagez je le sens. Vos yeux sont sur mon menton, sur mes lèvres, sur mes paupières, sur mon front. Telle une statue incarnée, je frémis sous vos regards inquisiteurs. Allez vous approuver ? je n'y tiens plus. Je vous défie à nouveau de mon regard profond. Vous cillez. Vous aurais-je ému ? Je fais un pas vers vous, j'accepte ma nudité, ma fragilité. Je veux être protégée. A mon tour, je fais sauter un à un les boutons de votre chemise. Elle rejoint sur le sol mes vêtements épars. J'observe votre torse ainsi libéré. Je pose mes mains sur vos épaules, dessine avec mes paumes le triceps, le biceps, le bras, le poignet. Mes mains saisissent vos mains. Nos peaux sont brûlantes. Il me semble que vous frémissez. Je vous attire à moi, j'entoure votre cou de mes bras anxieux. J'approche ma bouche de votre bouche. Mes lèvres gourmandes soudoient les vôtres, vos lèvres s'entrevouvrent et se livrent au baiser que je peux enfin leur donner. Nos langues se mélangent, se goûtent, s'émeuvent. Les sensations dans mon corps se font toujours plus fortes. Ainsi enlacés, je vous entraine maladroitement vers le canapé. Arrivés à sa proximité, vous jetez au loin vos souliers. J'agrippe sans ménagement vos fesses et plaque mon sexe contre le vôtre. Je le sens dressé. Je suis chavirée. Je vous veux en moi. Hâtivement je dégraffe la ceinture, votre pantalon est promptement enlevé. Le reste ne tarde pas à rejoindre les vêtements sur le tapis. Vous voilà nu aussi, face à moi. Je vous toise à mon tour. Des épaules, mon regard court le long de vos pectoraux, de votre ventre musclé, et s'arrête ému sur votre sexe brandit. Mes mains rejoignent mon regard. Aériennes elles jouent avec votre sexe, le flattent, s'étonnent de la douceur de la peau, de la puissance du désir qui l'anime. Ma tête me tourne tant je vous désire à ce moment précis. Vous fermez les yeux maintenant. Je joue encore, longuement, habilement. Votre visage trahit l'émoi dans lequel mes caresses vous plongent. Vous respirez plus vite. Vous voulez que je cesse, c'est trop de sensations, vous n'y résisterez pas longtemps. Vous vous laissez tomber sur le canapé. Vous voilà assis, moi debout, les jambes bien campées dans le tapis. Vos yeux sont de nouveau sur moi avec un air de défit. Vous vous laissez admirer. Je résiste un instant mais je n'y tiens plus. Je viens vers vous, je m'assoie sur vos genoux, mes jambes sont repliées le long de vos cuisses, mes genoux enserrent vos hanches, nos ventres se touchent. Mon sexe est contre le vôtre. Mes bras autour de votre cou, nos bouches collées dans un baiser affolé. Avec une précaution infinie, je me redresse et doucement je fais glisser mon sexe contre le vôtre. Mon sillon inondé offre un berceau moelleux à votre sexe toujours fièrement dressé. J'entame alors une danse en va et vient le long de votre sexe. Je sens nos coeurs s'emballer, nos souffles s'accélérer. Le baiser doit cesser, sinon c'est l'asphyxie. Votre haleine dans mon cou, vos dents qui le mordillent. Mon visage enfouit dans votre cou, ma poitrine qui explose en menus gémissements. Vos mains attrapent mes hanches, m'imposent d'arrêter. J'obéis docile. Vous me soulevez un peu plus, et vous vous introduisez à peine en moi. A votre tour de jouer. Je divague, je veux m'empaler. Vous me retenez. Jouer juste un peu, là, à l'entrée du paradis. Je gémis plus fort, malgré moi, je mords mes lèvres, je sens mon sexe palpiter. Je ruisselle de plaisir, je vous submerge. Votre jeu est insoutenable, mon ventre vous réclame. Vous cédez. Et vous me crucifiez. Votre sexe frémis et renvoie des ondes de plaisirs intenses dans mon ventre qui n'en peux plus. Le plaisir monte au rythme modéré de vos mouvements de bascule. Tel un petit alpiniste le long de la montagne, le plaisir gravit petit à petit le flanc de la facade par lui escaladé. Nos sexes se parlent, chaque frémissement est chez l'autre répercuté. Chaque vibration de l'un est par l'autre enregistré, savouré. Notre jouissance est là, palpitante, prête à exploser. Je détache alors mon buste du vôtre, vos mains soutenant toujours mes hanches, et dans un ultime assaut je me laisse retomber, les yeux rivés aux vôtres... et nous jouissons à l'unisson. Et dans la chaleur rougeoyante de la pièce l'on entend monter le murmure mélodieux du plaisir que vous me donnez.
21:10 Publié dans Eros | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note