27 août 2014

ELLE - Gicerilla en apesanteur

tula yoga,louka leppard,j'ai testé le tulayogaIl arrive, main tendue en avant, avenant.

Il a le teint halé, couleur pain grillé. Ses cheveux, brun foncé, coupés au niveau des épaules, ondulent et encadrent son visage aux yeux intensément expressifs et aux lèvres bien dessinées. Je saisis sa main sans hésiter et la serre juste ce qu'il faut. 

Je le fixe un court instant, tentant sans l'indisposer de retrouver dans ses traits le visage de celui que j'avais découvert plusieurs mois auparavant dans le Psychologie Magazine. Il n'est pas le même et pourtant pas totalement différent, et je m'étonne encore comme une enfant d'être face à celui qui n'était précédemment qu'une photo papier glacée inaccessible.

"Parlez-vous anglais ?" me demande-t-il avec un fort accent. Oui, bien sûr, et nous enchaînons dans sa langue. Il s'appelle Louka Leppard, oui, L.o.u.k.a et il est Anglais. Il me mène de sa démarche souple vers une salle et je note à quel point son pantalon de judoka et son débardeur de coton blancs mettent en valeur de façon sans doute calculée son hâle et le relief de sa musculature. 

La salle où je pénètre est plongée dans une légère pénombre et quelques bougies posées à même le sol permettent de distinguer un matelas de futon recouvert d'un drap blanc. Je ne sais ce que je dois faire et il le note avec le sourire rassurant de l'initié. "Je me mets en petite tenue ? Quel type de massage dispensez-vous, un massage standard ?" "Generally, I asked my clients to be totally naked ... and no, it is not a standard massage, it is THE best massage you ever had ! If you are not comfortable, you can pass this on." Il a ponctué cette dernière affirmation d'un sourire goguenard et je ne sais si c'est du bacon ou du cochon. En même temps, il me tend une petite boule blanche, recouverte de plastique, qui se révèle être un de ces vilains strings jetables en papier. Ma pudeur l'emporte sur la laideur et c'est affublée de cet immonde accessoire que je m'allonge sur le futon.

Il commence le massage en silence. Ses mains connaissent le corps et il semble littéralement lui parler sans besoin de m'interroger. Il insiste subitement sur un point en haut de la cuisse droite, précis comme une échoppe. Je grogne. Il insiste. Ça fait mal, un mal sourd qui irradie en étoile. "Do You have any subject of anger lately, something burried deep down ?" Petite question sans esbroufe, qui fait monter les larmes à mes yeux et ce n'est pas la douleur physique qui la suscite. Je refoule, non je ne suis pas en colère, aucune colère ne m'habite m'entends-je déclarer plein d'aplomb alors qu'au fond je me sens ébranlée. "Habitually, anger hides here" dit-il en insistant sur le point douloureux.  Serais-je en colère sans le savoir ? La question fait des vrilles dans mon cerveau cherchant son chemin comme une flèche déboussolée. Là, au fond, enfouie n'y a-t-il pas une colère que j'ai réprimée, qui crie comme une forcenée un bâillon sur la bouche ?

Ses mains passent à autre chose mais le point d'interrogation reste planté dans mon cerveau, le malaxe de ses mains comme la sage-femme le ventre de la parturiente. De quoi vais-je accoucher moi qui lève rarement le ton, chaque parole sous contrôle, moi qui ne gueule jamais, tout juste râleuse par moment ?

Pendant ce temps-là, Louka a attaqué la face gauche et il remonte lentement mais fermement le long des côtes en me disant "Do you believe that you are alone in this world, that you can depend only on yourself ?" Un maigre sourire vient mentir sur mes lèvres, dénégation tacite alors qu'un sanglot profond remonte du fond des mes tripes. Rien ne sert de nier, il semble avoir mis en plein dans le mille, dans l'œil du taureau qui voit rouge. Je ne réponds pas, incapable d'articuler un mot tant des sanglots me secouent. Je me laisse aller à ce chagrin inconnu et je le laisse malaxer mes chairs qui lui parlent à mon corps défendant.

Alors qu'il continue à triturer mes muscles noués, il ajoute "do you believe that life plots against you or for you ?"  Quelle question ! Quelle bonne question. Dans quel camp je me situe : celui des optimistes ou celui des défaitistes. La question chasse toute les autres et s'installe gentiment dans mon encéphale. N'est-elle pas intéressante et la réponse que j'y ferai ne sera-t-elle pas révélatrice de quel humain je suis ?

Après une heure de massage intense et délateur, arrive le meilleur. Le moment où Louka met ses clients en suspension. Le moment où lâcher-prise est obligatoire car sans total abandon à ses mains, le défi à la pesanteur n'aura pas lieu. Il s'est allongé sur le dos, les jambes et les bras en l'air comme une table retournée. Je suis debout, mon dos lui fait face. Il m'incite à me laisser aller en arrière. Les yeux fermés, je me laisse tomber sur le dos, confiante qu'il sera là pour me rattraper.

Et subitement, je flotte. Mes muscles sont devenus inutiles. Il me manipule, me porte comme une poupée de son. Je souris aux anges alors que je suis ses injonctions. Je nous imagine comme deux artistes exécutant des figures périlleuses obtenues après des années de pratique studieuse. Une forme de douce tranquillité m'habite maintenant et les pleurs d'il y a quelques instants ont disparu. Ses mains et ses jambes que je sens fortes, habiles, me portent et je lévite. Ah ! Quel bonheur que ce total abandon, cette confiance absolue qui me berce comme le ferait un parent. Quel bonheur que de sentir mon corps se détendre sans frein.

Combien de temps suis-je restée l'objet des ses jongleries ? Je ne sais pas exactement car en suspension le temps semble lui aussi devenir élastique, mais ce que je sais c'est que je ne voulais pas que cesse ma lévitation. Pourtant Louka y met fin avec une douceur extrême me récupérant entre ses bras comme un enfant confiant, caressant au passage mon front et mes tempes. Je reste ainsi, les yeux fermés, je ne veux plus les rouvrir car avec cet homme, inconnu pourtant, je me sens en confiance comme jamais auparavant.

Je repars totalement détendue, ressourcée, légère mais surtout je garde comme un cadeau sa question "suis-je de ceux qui croient que la vie complote contre moi ou pour moi ?"

A mon tour, je vous retourne la question, dans quel camp vous situez vous ?

 

 

 

 

08 août 2014

ELLE - Quelqu'un de bien ?

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Elle renifle bruyamment.

Elle hoquette, les larmes débordent, les cils qui ne font plus leur office de barrage. Le mascara se dilue en une soupe sale qui zèbre ses joues comme les fissures dans une vieille masure. Les passants la regardent, s'arrêtent un instant inquiétés par ce drame mobile qui déboule en les bousculant. Elle ignore le monde autour d'elle, elle renifle mais ne cherche pas à essuyer son nez d'où une morve claire dégouline. 

Elle se fige subitement sur le trottoir. Hiératique, silencieuse, retenant son souffle. Elle a perçu un cri. Un cri inhumain. Elle réalise qu'elle l'a proféré et s'en est trouvée médusée. Elle vient de croiser son reflet dans une vitrine à l'angle de la rue. Son propre désespoir l'a ramenée à la réalité. Elle tente de se reprendre, essuie d'un revers de la manche les mucosités qui macule ses lèvres. 

Elle attaque de nouveau le trottoir d'un pas martial, ses talons semblent perforer le bitume. Son désespoir s'est évanoui comme un mirage. La colère maintenant la meut, violente, outragée, belliqueuse. "Saloperie !" Elle entend résonner à ses oreilles la sentence de l'oncologue "Votre cancer est déjà très avancé. Ce qui est étonnant c'est que le dernier dépistage ne date que de 6 mois et était parfait. Nous ne comprenons pas cette apparition sans signe avant-coureur... " Et lorsqu'elle lui avait demandé comment cela avait été rendu possible vu l'absence total d'antécédents dans sa famille, il avait répondu du bout des lèvres, évidemment gêné de devoir affirmer "Ce cancer est directement en rapport avec l'activité sexuelle des malades." 

Oh, il avait été discret. Aucun regard en biais, aucune question déplacée aux relents de curiosité morbide. "Nous allons immédiatement traiter, mais les métastases sont déjà bien développées..."

La porte de son appartement est claquée avec violence. La colère l'anime toujours, lui insuffle l'énergie nécessaire pour ne pas tomber. "Les salauds, les salauds... " répète-t-elle comme un mantra. "Les salauds..." Elle s'effondre à nouveau sous le poids des larmes, trop de chagrin, trop d'injustice.

"Ah la justice", se dit-elle, "tu parles, quelle connerie. Et moi qui ai toujours veillé à être quelqu'un de bien, voilà ce que je récolte." Elle repense à sa façon de se comporter, sa gentillesse légendaire. Elle repense à sa mère qui ne l'appelle jamais autrement que "ma douce". Et puis elle pense à tous ces efforts faits tout au long de ces années afin de pouvoir toujours se regarder dans le miroir avec fierté tout en fredonnant les notes d'Enzo-Enzo "Quelqu'un de bien."  "Connasse !" jure-t-elle en se jetant littéralement sur sa discothèque d'où elle arrache le pauvre CD qu'elle piétine. Les éclats de plastique dur éclaboussent le parquet en dizaines d'échardes douloureuses.

Une idée jaillit alors qu'elle continue à piler le boitier cristal en menus morceaux. Elle se précipite sur son ordinateur. La fébrilité qui l'a saisie emmêle ses doigts un instant et il lui faut plusieurs reprises pour insérer le mot de passe correct. "Vous ne perdez rien pour attendre !" Elle ouvre son répertoire électronique et sélectionne le premier nom "Jean-Luc Deaucas." Ses doigts tremblent. Ce n'est plus de colère, c'est l'indignation qui guide chaque mouvement sur le clavier qui résonne dans le bureau silencieux comme le bruit de la mitraille. Elle commence à rédiger son message avec hargne. "Bonjour Jean-Luc, Il y a bien longtemps que je ne t'ai pas donné de mes nouvelles. J'espère que tu vas bien. Moi, je vais bien. J'ai souvent repensé à nos nuits passées ensemble en me demandant pourquoi j'ai accepté toutes ces étreintes ennuyeuses, sans plaisir. Ah, oui, il faut que je t'avoue, avec toi je n'ai jamais joui, toujours feint ! Heureusement, depuis toi j'ai rencontré un amant véritable, quel pied. Et ta femme, tu la fais jouir ? Oh, tu ferais bien de l'avertir, tu es porteur d'une saleté, tu ne voudrais tout de même pas qu'elle en crève." 

Un majeur rageur comme un doigt d'honneur, appuie sur la touche "enter". Elle ne pleure plus, elle rit. Un rire sardonique dont elle ne reconnait pas la tonalité. Elle jubile et ses larmes lentement s'assèchent laissant des petites traces salées. Elle se parle à elle-même "Ah, ah, tu ne te doutais pas que tu serais capable de ça !" Elle se sent revigorée et semble avoir oublié le crabe qui lui dévore le ventre alors qu'elle fait défiler comme un fichier d'agent immobilier la liste de ses adresses emails. Elle choisit le suivant, François Lallemand. Le plus dur est déjà fait, elle n'a plus qu'à recopier. Elle s'étonne de la facilité avec laquelle la méchanceté l'inspire elle qui n'a jamais dit ni penser un mot de travers "... et puis tu sais, si j'ai couché avec toi, ce n'est pas par attirance, oh non, c'est par pitié, tu avais l'air tellement seul, tellement désespéré ! Que veux-tu, je suis trop bonne. Trop bonne, trop conne !"

Son visage est empourpré, son cerveau est en ébullition et elle se blâme de progresser si lentement dans son travail de sape. "Ah, ah, trop bien !" Une sensation inédite de jubilation l'habite maintenant alors qu'elle sélectionne le troisième nom comme un condamné insoumis qu'on tire par la corde.

Le 5ème email de la même teneur virulente est envoyé. Elle espère que le venin de ses mots circulera longtemps dans leurs veines. Ils méritent tous de pourrir de l'intérieur, ne l'ont-ils pas contaminée ? Elle continue encore, sa vie repasse en entier sous ses doigts et les emails tombent affûtés comme la lame de la veuve, nets, sans bavures. 

Elle respire profondément en fixant subitement l'écran de son ordinateur comme sous l'emprise dune puissante hypnose. Une réponse est déjà arrivée. Elle n'ose pas encore en découvrir le contenu. L'email clignote, insistant, semblant lui dire "lis-moi, lis-moi !" Mais elle ne veut pas l'ouvrir. Les larmes sont revenues, un flot ininterrompu qui glisse sûrement de ses yeux, sinue le long de ses joues pour finir évaporé sur son cou. Combien de temps reste-t-elle comme cela, rigide tel un gisant ?

Son index hésitant clique sur la réponse. "Que se passe-t-il, Laura, que t'arrive-t-il pour m'envoyer un tel message. Ce n'est pas toi ! Explique-toi..."

La réponse est douce, dénuée de toute agressivité, plus efficace pour la sonner qu'un crochet du droit. La honte s'engouffre en elle comme une tempête et le remord aussi. En effet, ce n'est pas elle, elle ne se reconnait plus. Quel leurre de penser que la méchanceté la soulagerait ! Et qui dit que Jean-Luc est responsable, il ne l'est peut-être pas ?  Quel est donc le moteur qui nous fait agir ainsi et qui nous commande de blesser parce qu'on a été blessé, de faire mal parce qu'on a mal ? Et pourquoi tentons-nous de transférer à l'autre la responsabilité des sentiments d'envie, de remords, de regrets, de colère que nous ressentons parfois et qui n'ont pas été suscités par l'autre mais dont voulons l'accuser pour ne pas en prendre l'entière responsabilité ?

Elle se lève, dans un état second, et sans réfléchir se met à quatre pattes et tente de rassembler tous les fragments de plastique éparpillés dans le salon. Lentement, avec minutie, elle collecte chaque débris dont certains la blessent. Ses pleurs se sont tus, elle a une mission symbolique à accomplir, restaurer sa vie comme avant sa colère.

Elle regarde les morceaux rassemblés au creux de sa main. Elle attrape le CD intact et le glisse dans le lecteur stéréo. Lentement, les mains scellées en une coupe sacrée remplies de plastique, elle s'assoit sur le canapé alors que les premières notes de la chanson lui rappellent :

"...Juste quelqu'un de bien, Sans grand destin, Une amie à qui l'on tient, Juste quelqu'un de bien..."

 

30 juillet 2014

ELLE - Éloge de la jachère

 

crise de couple

 

Nous choisissons une table près de la baie vitrée.

Nous ressemblons à trois tournesoles qui auraient pris le genre féminin au grand dam des linguistes. Trois tournesoles disais-je, la tête tournées vers le peu de lumière qu'un ciel de cendre condescend à offrir. Il fait frais, trop frais pour un jour de juillet.

Je les ai retrouvées avec plaisir après plus de 6 mois sans les voir. La grande brune, aux yeux de biche, de ceux qui faisaient braire Claude François et la blonde aux yeux verts, pétillants à défaut d'être extraordinaires. La conversation démarre, doucement au début, avec surtout des regards échangés qui en disent long sur la satisfaction éprouvée par chacune de se retrouver. Il y a du sourire dans le regard même si les lèvres ne le confirment pas, trop occupées à rattraper le temps !

Ça y est, les langues se sont échauffées et les paroles fusent, se croisent, s'entrechoquent, rebondissent, véritables passes d'armes inoffensives qui déclenchent rires et enthousiasme. Soudain, un mot ou bien étaient des points de suspension sur les lèvres de la brune, et nous comprenons que récemment il y a eu du rififi entre elle et lui. Elle, la brune, c'est Sandrine. Lui c'est Germain. Sandrine et Germain ont bien failli se séparer. Immédiatement, la superstitieuse qui m'habite à mon corps défendant l'interroge "Dis voir, ça fait combien de temps lui et toi ?"

Sandrine réfléchit un instant donnant à ma question toute l'importance évidente qu'elle a. "Cela a fait trois ans il y a deux mois... pourquoi ?" Trois ans, me dis-je, mais bon sang ! Sans même réfléchir, je m'entends dire "Ah, tiens je l'aurais parié, tu sais bien ce que l'on dit des étapes du couple ?" Sandrine me fixe un instant, incrédule. "Ben, si, enfin, tu sais bien que la sagesse populaire prétend qu'un couple doit vivre plusieurs dangereux tournants : celui des trois ans et celui des sept ans..." Son visage s'illumine façon ampoule de compréhension des bandes-dessinées.

"Ah mais tu as raison, je n'y avais pas pensé. Tu sais, on a vraiment évité le pire. Je crois que la crise est derrière nous mais il s'en ait fallu de peu !" La blonde intervient, calculatrice. "Mais Gicerilla, c'est vrai ce que tu dis là..." Bien sûr, je ne dis jamais que des vérités éprouvées. "Si, si, tu as raison, mon ex et moi nous sommes séparés dans la septième année !" La blonde c'est Rachel et elle s'anime subitement comme le savant devant une découverte ébouriffante. "C'est incroyable, je n'avais jamais fait le rapprochement. Mais alors...." 

Je finis son interrogation "mais alors, ce serait vrai ?" Le point d'interrogation s'agrippe à mon cou comme la houlette d'un berger belliqueux et m'empêche de respirer. Forcément, je me prends à compter. Alors qu'un silence pensif flotte un instant au-dessous de la table et des mets qui refroidissent, je fais mon bilan. Non de non, en août cela fera trois ans. Panique !

Si Sandrine y est passée, en sortirai-je indemne ? Comment faire pour éviter cette chausse-trappe inévitable ?

Pendant tout le trajet de retour, les mains crispées sur le volant de ma voiture, je me mors les lèvres en ressassant "mais non, je ne vais pas laisser faire ! Non, non, non les 3 ans, sales équarrisseurs, n'auront pas notre peau..." et alors que les kilomètres défilent, avalés par ma 207 affamée, l'idée en trois D jaillit subitement tel un champignon que l'espoir me fait appuyer, me serais-je fait flasher ?

La feuille est devant moi, lisse, immaculée. Je commence à écrire, à lui écrire. Ma main mal assurée trace les lettres au tranchant ensanglanté comme la lame du boucher. "Mon Amour, mon bel Amour, nous ne pouvons  pas continuer..." J'hésite encore, est-ce vraiment la solution ? Oui, à n'en pas douter. Ambroise Paré n'a-t-il pas lui même vanter l'amputation pour sauvegarder la vie ? Je reprends sans entrain pourtant " Je t’aime, n'en doute jamais. Tu m’aimes, j'en suis persuadée mais voilà bientôt trois ans. Le risque est trop grand pour que je le prenne à la légère et je ne veux pas voir notre relation péricliter comme une vieille entreprise en perdition. Plutôt arrêter au faîte que de continuer au risque de nous écharper. Adieu mon Amour !" Je me relis. Le ridicule me fait une grimace de dégoût, ne suis-je pas grandiloquente ? Non, toute rupture volontaire l'est sans doute un peu et les tragédies grecques en vers l'étaient plus encore.

Je scelle l'enveloppe et les bords collants sont comme les battants funèbres d'un tombeau. Je souris alors que je devrais pleurer. Je souris car ce qu'il ne sait pas, pas encore en tout cas, c'est que passé le méchant tournant des 3 ans, je reviendrai vers lui, renouvelée, amoureuse toujours et nous nous aimerons à nouveau, comme avant, faisant aux 3 ans un doigt d'honneur bien plus jouissif qu'un simple pied de nez.

Et que les 7 ans se tiennent bien, je ne ferai pas différemment. Ne tremblez plus, amants aimants, car grâce à ma trouvaille géniale, les 3 ans et les 7 ans ne seront plus à votre relation qu'un fantôme fantoche dont vous vous moquerez !