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28 septembre 2014

ELLE - Oh, Man !

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Je raccroche en soupirant d'aise.

Un sourire épingle les commissures de mes lèvres comme un drap sur la corde à linge. Il ne manque plus le vent dans mes cheveux pour compléter la métaphore lavandière. Je suis aux anges. Je viens de confirmer en un coup de fil et quelques chiffres cryptés un voyage en Oman. Je me réjouis déjà de notre escapade dans le désert pour bédouins des cités, de la visite des wadis isolés à la nature étonnamment verdoyante et à l'eau fraîche et claire qui y ruisselle alors que les parois du canyon alentour renvoient une chaleur d'enfer.

Et puis, ensuite, la plage privée éloignés des regards autochtones pour ne pas les blesser et ce soleil d'automne qui vient enfin griller ma peau blafarde comme du lait écrémé. Les jours suivants, alors que la pluie bat les fenêtres de mon bureau à grands coups de fouet mouillés, des images du beau voyage à venir viennent me divertir et pendant un instant m'ôter le blues du mauvais temps.

Les semaines ont passé plus vite que je n'aurais voulu car n'y a t'il pas bien du plaisir dans l'attente, l'attente avant la réalisation du projet, même si la consommation de celui-ci peut provoquer, évidemment, bien des jouissances ?

Jusqu'à ce sinistre lundi, lundi 22 septembre. Double du 11, d'aussi mauvais augure même si moins numériquement mortel. Décidément, septembre n'est pas un bon mois pour la chrétienté. Le journal de 20h00 m'annonce en effet que Hervé Gourdel a été enlevé à Tizi Ouzou alors qu'avec des amis, il y faisait une randonnée innocente. Innocent, il l'était et pourtant il s'est fait enlever par des bourreaux voulant rallier Daech. Je suis bouleversée. Pourquoi cet enlèvement plutôt que celui des autres me bouleverse tant ?

Parce qu'il est français ? Parce qu'il ne cherchait à nuire à personne et suivait simplement son chemin, escarpé et caillouteux, heureux sans doute de vaincre les obstacles du relief sans vouloir rien dénoncer, sans autres revendications que le droit d'arpenter les sommets en liberté, laissant les bouchers en paix et pourtant...

Mon sang ne fait qu'un tour, cet enlèvement m'émeut. Il m'émeut à tel point que j'en perds la raison. Littéralement, je ne peux plus raisonner, je ne peux pas me raisonner. Mardi matin, à peine arrivée au bureau, j'envoie à l'agence de voyage un email affolé, écrit à la va vite comme une mitraille. Parce que les mots fusent plus vite que mes doigts ne tapent, je fais des fautes, des tas de fautes que je corrige rapidement, agacée par ma propre incompétence secrétariale.

La panique m'habite, elle me domine, me dirige, me fait agir. Je ne réfléchis pas, j'agis par automatisme et en des phrases courtes, saccadées comme le rythme de mon coeur, j'explique que je veux tout annuler.

Le voyagiste me rappelle, chaleureux, compréhensif mais incrédule "Madame G. je peux vous assurer que vous ne craigniez absolument rien. J'y suis allé encore récemment avec ma petite fille de 3 ans..." Il insiste un peu- A-t-il vraiment saisi de quoi il s'agissait ? Je sais qu'il est authentique lorsqu'il me dit que rien là-bas ne peux m'arriver mais je ne l'entends pas. Oh, bien sûr, ses mots atteignent mon cerveau et ses phrases créent du sens mais je ne peux entendre, c'est impossible je ne suis plus un être doué de raison, je suis un cheval aux yeux exorbités effrayé par le feu qui dévore les murs de l'écurie. Une seule issue, la fuite...

Je raccroche, à peine soulagée. L'annulation est pourtant en cours de réalisation, mais la réalisation de mon état psychologique m'alarme plus encore que le montant exorbitant des frais d'annulation. Que m'arrive-t-il, moi, Gicerilla la Reine du contrôle, celle qui ne panique pas ? Il a sans doute raison, seules la sérénité et le repos m’attendaient là-bas, alors pourquoi donc la peur ne me quitte pas ? 

Toujours sous le coup de l'émotion, j'en parle à quelques collègues de confiance. Tous, unanimement, tentent de me démontrer que j'ai tort de m'emballer mais la jument apeurée en moi continue de gratter le sol d'un sabot acharné. Je ne hennis pas mais mes protestations sont tout comme. Ils sont bien intentionnés, ils veulent sans doute me préserver d'une annulation précipitée, garante d'un gâchis à tout point de vue. Mais ils m'agacent car ce n'est pas de leurs raisonnements dont j'ai besoin, c'est de compréhension et peut-être d'un soutien qui pourrait un instant m'ôter la désagréable impression que je suis une poule mouillée.

Mardi passe. Un mercredi matin insolemment ensoleillé m'apporte la nouvelle tant redoutée : ils l’ont égorgé ! Les larmes inondent mes yeux et l'épouvante ressentie lundi revient comme une vague incontrôlable, elle me submerge, elle m'étouffe. Des réflexions désordonnées se suivent, se télescopent sous l'effet d'une agitation hystérique. "Les salauds" pensé-je. Non, je ne l'ai pas pensé, je l'ai tout simplement crié. Ils ont réussi, ils ont atteint leur but, semer la terreur à des milliers de kilomètres de chez moi tout en me la faisant ressentir comme si le danger était devant ma porte.

Mais de quel virus est donc fait la terreur, quel terrain lui faut-il pour qu'elle fasse son beurre ?  Ne suis-je pas une femme intelligente, douée d'un bon sens que Descartes n'aurait pas renié et pourtant. Pourtant rien n'y fait, j'ai trébuché, je suis tombée dans leur piège. Ils me manipulent à distance et me font agir contre mes intérêts mais à leur profit. N'est-ce pas totalement insane ? La faiblesse de mon caractère se révèle dans la tempête alors que la tempête est trop loin pour seulement faire trembler mes volets !

Je me tance, "reprends-toi, ne les laissent pas gagner !" C'est trop tard, l'annulation est confirmée. Ma conscience est à la peine, mon porte monnaie aussi, mais la panique m'a enfin quittée, ricanant et grimaçante, elle a gagné et eux avec.

Je ne sors pas indemne de cette affaire. Que m'a-t-elle révélé de moi-même ? Ma faiblesse est-elle atavique ou bien conjoncturelle ? Quel genre de femmes serais-je en cas de conflit ? Serais-je de celles qui dénoncent ou de celles qui luttent ? Serais-je courageuse ou couarde ? Je ne sais pas.

Au-delà de l'amertume qui colle à ma langue et au cœur, je m'interroge enfin, plus calme. Que pouvons-nous faire devant l'inacceptable, comment lutter contre cette montée d'une forme de fascisme ayant pour doctrine un Islam déformé, détourné de son propos initial ? Ils ne portent pas de chemises marron, la mode est autre, ils sortent voilés pour perpétrer leurs crimes en tout impunité.

Je vous le demande, que pouvons-nous bien faire pour que cela cesse ?

 

 

 

 

 

10 septembre 2014

ELLE - Ciel pommelé...

maquillage.jpgJe n'en peux plus !

Il faut que je quitte mon poste de travail. Mes yeux semblent brûler à petit feu de l'intérieur. Un petit feu entretenu savamment derrière ma pupille par les pixels lumineux. L'écran me sort par les yeux, ce qui, vous le reconnaîtrez, est remarquable puisque que je me contente de le regarder. Pourtant, il me sort par les yeux et je saute littéralement sur mes pieds pour fuir cet instrument de torture moderne qu'est l'ordinateur.

Première étape obligée les lieux d'aisance. Lieux d'aisance ? Ah, quelle belle promesse ! Jamais un réduit aussi étroit, souvent malodorant et sale, n'aura si bien mérité son nom ! Ne ressent-on pas bien de l'aise à alléger alternativement ses viscères ou sa vessie ou bien, pourquoi s'en priver, les deux à la fois ? Quand la nature nous rappelle que c'est elle qui fait la loi...

La force avec laquelle j'enfonce la porte trahit bien mon désarroi. J'entre comme une trombe mais ma course s'arrête nette devant le spectacle qui m'attend. M'attendait-il ? Non, évidemment mais il s'impose à moi. Devant les vasques doubles, penchée en avant le ventre collé contre le rebord pour plus de stabilité, Sylvie est là, concentrée sur son reflet dans le miroir.

Étalés sur le plan de la vasque une cohorte de crayons, boites de fards et autres poudres aux yeux. Sylvie se maquille, une moue pincée déforme sa bouche alors qu'une main assurée dessine au khôl le contour de ses yeux. Je la regarde faire un instant, silencieuse, consciente que l'opération en cours est digne de haute voltige et le moindre sursaut pourrait transformer l'artiste en clown.

Sylvie interrompt enfin son mouvement et se tourne vers moi, souriante. Sylvie est une belle femme, filiforme mais aux reliefs explicites comme le prouve la toile de jeans tendue sur son postérieur et ses cuisses galbées. Blonde, au regard vert amande, le hale de son visage semble illuminer ses traits. Ma curiosité est plus forte  que la voix de ma nature qui s'est tue momentanément, observant l'œuvre de mystification en cours.

Totalement hypnotisée par tant de maestria, je m'entends prononcer une question pleine de pertinence et de sens de l'observation qu'un grammairien qualifierait plutôt d'affirmation "Tu te maquilles ?" Sylvie est bonne fille et me répond avec patience "oui, tous les soirs !" Mes sourcils, je le sens, ont fait un bond étonné "tous les soirs ?" pourtant elle est télexiste et pas call girl.... "Oui, c'est mon rituel, je ne me maquille pas en journée mais le soir..." Moi, fine psychologue et observatrice hors paire, j'enchaîne les questions "ah, tu as un rendez-vous ?" Elle me sourit avec l'air indulgent du parent qui va répondre à un enfant qui dit des âneries "non, pas seulement, je le fais tous les soirs, pour moi, j'aime ce moment futile où  je me mets en valeur. Pour moi, pour lui, pour les autres, mais avant tout pour moi !"

Tiens, me dis-je, cette Sylvie que je connais si peu, qui occupe un poste dans l'ombre, sans glamour, peu susceptible de reconnaissance générale, est capable de me balancer sans le vouloir, une réflexion qui me fait immédiatement miroir. Je ne lui réponds rien car déjà mes pensées m’entrainent à l'intérieur de moi, au plus profond, là ou personne ne peut me voir. Immédiatement, je repense à cette actrice qui, interrogée sur le sujet, répondait quelque comme "je ne sors jamais sans être maquillée, c'est pour moi du ressort de la politesse !"

Et moi ? Si je ne me maquille pas le dimanche, si je ne me maquille pas avant d'aller pousser le caddy au supermarché, qu'en dira t'on ? Souvent je me pose la question. Qu'est-ce qui me motive au fond ? Le plaisir de me voir bien jolie dans le miroir ? Ou bien plutôt l'envie de paraître à mon avantage aux yeux des autres, hommes ou femmes ?

J'aime l'idée de politesse que cette actrice invoquait pour expliquer le soin qu'elle portait en toutes circonstances à son visage. Il ne s'agit pas ici de simple vanité, non, il s'agit aussi de ne pas imposer à ceux que l'on côtoie une image négligée, voire déplaisante à regarder. Les pensées déboulent, désordonnées, et sapent ma certitude que le maquillage est trop souvent l'attribut des femmes vaines, plus préoccupées de leur mise que de leur cerveau.

Elles continuent leur course folle et m'entraînent subitement  sur une plage au Touquet ou à Douarnenez et me donnent à voir des corps de femmes à moitié nues étalées au soleil comme viande grillée, exhibant à mes yeux réprobateurs leurs chairs molles et plissées... Je m'étonne de cette bizarre association d'idées, quel tour me joue donc mon cerveau ? La conclusion ne tarde pas à me clamer que le maquillage est au visage ce que le maillot de bain est au baigneur : une délicatesse pour ne pas imposer au regard de l'autre un spectacle désagréable à regarder !

Audacieux parallèle sans doute qui en fera tiquer plus d'un mais finalement n'est il pas aussi et avant toute chose question de respect de soi ?

Sylvie s'en va, pimpante, et se retourne avant que la porte ne se ferme pour m'offrir son plus beau sourire fardé. Elle n'est plus tout à fait la même, elle semble plus présente, plus assurée. 

Se pourrait-il alors que le maquillage soit aussi restaurateur de l'estime de soi ?

 

 

 * CIEL POMMELÉ ET FEMME FARDÉE SONT DE COURTE DURÉE

27 août 2014

ELLE - Gicerilla en apesanteur

tula yoga,louka leppard,j'ai testé le tulayogaIl arrive, main tendue en avant, avenant.

Il a le teint halé, couleur pain grillé. Ses cheveux, brun foncé, coupés au niveau des épaules, ondulent et encadrent son visage aux yeux intensément expressifs et aux lèvres bien dessinées. Je saisis sa main sans hésiter et la serre juste ce qu'il faut. 

Je le fixe un court instant, tentant sans l'indisposer de retrouver dans ses traits le visage de celui que j'avais découvert plusieurs mois auparavant dans le Psychologie Magazine. Il n'est pas le même et pourtant pas totalement différent, et je m'étonne encore comme une enfant d'être face à celui qui n'était précédemment qu'une photo papier glacée inaccessible.

"Parlez-vous anglais ?" me demande-t-il avec un fort accent. Oui, bien sûr, et nous enchaînons dans sa langue. Il s'appelle Louka Leppard, oui, L.o.u.k.a et il est Anglais. Il me mène de sa démarche souple vers une salle et je note à quel point son pantalon de judoka et son débardeur de coton blancs mettent en valeur de façon sans doute calculée son hâle et le relief de sa musculature. 

La salle où je pénètre est plongée dans une légère pénombre et quelques bougies posées à même le sol permettent de distinguer un matelas de futon recouvert d'un drap blanc. Je ne sais ce que je dois faire et il le note avec le sourire rassurant de l'initié. "Je me mets en petite tenue ? Quel type de massage dispensez-vous, un massage standard ?" "Generally, I asked my clients to be totally naked ... and no, it is not a standard massage, it is THE best massage you ever had ! If you are not comfortable, you can pass this on." Il a ponctué cette dernière affirmation d'un sourire goguenard et je ne sais si c'est du bacon ou du cochon. En même temps, il me tend une petite boule blanche, recouverte de plastique, qui se révèle être un de ces vilains strings jetables en papier. Ma pudeur l'emporte sur la laideur et c'est affublée de cet immonde accessoire que je m'allonge sur le futon.

Il commence le massage en silence. Ses mains connaissent le corps et il semble littéralement lui parler sans besoin de m'interroger. Il insiste subitement sur un point en haut de la cuisse droite, précis comme une échoppe. Je grogne. Il insiste. Ça fait mal, un mal sourd qui irradie en étoile. "Do You have any subject of anger lately, something burried deep down ?" Petite question sans esbroufe, qui fait monter les larmes à mes yeux et ce n'est pas la douleur physique qui la suscite. Je refoule, non je ne suis pas en colère, aucune colère ne m'habite m'entends-je déclarer plein d'aplomb alors qu'au fond je me sens ébranlée. "Habitually, anger hides here" dit-il en insistant sur le point douloureux.  Serais-je en colère sans le savoir ? La question fait des vrilles dans mon cerveau cherchant son chemin comme une flèche déboussolée. Là, au fond, enfouie n'y a-t-il pas une colère que j'ai réprimée, qui crie comme une forcenée un bâillon sur la bouche ?

Ses mains passent à autre chose mais le point d'interrogation reste planté dans mon cerveau, le malaxe de ses mains comme la sage-femme le ventre de la parturiente. De quoi vais-je accoucher moi qui lève rarement le ton, chaque parole sous contrôle, moi qui ne gueule jamais, tout juste râleuse par moment ?

Pendant ce temps-là, Louka a attaqué la face gauche et il remonte lentement mais fermement le long des côtes en me disant "Do you believe that you are alone in this world, that you can depend only on yourself ?" Un maigre sourire vient mentir sur mes lèvres, dénégation tacite alors qu'un sanglot profond remonte du fond des mes tripes. Rien ne sert de nier, il semble avoir mis en plein dans le mille, dans l'œil du taureau qui voit rouge. Je ne réponds pas, incapable d'articuler un mot tant des sanglots me secouent. Je me laisse aller à ce chagrin inconnu et je le laisse malaxer mes chairs qui lui parlent à mon corps défendant.

Alors qu'il continue à triturer mes muscles noués, il ajoute "do you believe that life plots against you or for you ?"  Quelle question ! Quelle bonne question. Dans quel camp je me situe : celui des optimistes ou celui des défaitistes. La question chasse toute les autres et s'installe gentiment dans mon encéphale. N'est-elle pas intéressante et la réponse que j'y ferai ne sera-t-elle pas révélatrice de quel humain je suis ?

Après une heure de massage intense et délateur, arrive le meilleur. Le moment où Louka met ses clients en suspension. Le moment où lâcher-prise est obligatoire car sans total abandon à ses mains, le défi à la pesanteur n'aura pas lieu. Il s'est allongé sur le dos, les jambes et les bras en l'air comme une table retournée. Je suis debout, mon dos lui fait face. Il m'incite à me laisser aller en arrière. Les yeux fermés, je me laisse tomber sur le dos, confiante qu'il sera là pour me rattraper.

Et subitement, je flotte. Mes muscles sont devenus inutiles. Il me manipule, me porte comme une poupée de son. Je souris aux anges alors que je suis ses injonctions. Je nous imagine comme deux artistes exécutant des figures périlleuses obtenues après des années de pratique studieuse. Une forme de douce tranquillité m'habite maintenant et les pleurs d'il y a quelques instants ont disparu. Ses mains et ses jambes que je sens fortes, habiles, me portent et je lévite. Ah ! Quel bonheur que ce total abandon, cette confiance absolue qui me berce comme le ferait un parent. Quel bonheur que de sentir mon corps se détendre sans frein.

Combien de temps suis-je restée l'objet des ses jongleries ? Je ne sais pas exactement car en suspension le temps semble lui aussi devenir élastique, mais ce que je sais c'est que je ne voulais pas que cesse ma lévitation. Pourtant Louka y met fin avec une douceur extrême me récupérant entre ses bras comme un enfant confiant, caressant au passage mon front et mes tempes. Je reste ainsi, les yeux fermés, je ne veux plus les rouvrir car avec cet homme, inconnu pourtant, je me sens en confiance comme jamais auparavant.

Je repars totalement détendue, ressourcée, légère mais surtout je garde comme un cadeau sa question "suis-je de ceux qui croient que la vie complote contre moi ou pour moi ?"

A mon tour, je vous retourne la question, dans quel camp vous situez vous ?