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jeudi, 26 avril 2007

ELLE- Mieux que Truffaut

medium_joaquin_cortes.jpg

Mars 2006- ELLE magazine

Article double-page : Joaquín Cortes, le plus grand danseur de Flamenco actuel fait appel a Jean-Paul Gauthier pour son nouveau spectacle ''Mi Soledad'', spectacle extraordinaire, Bla bla bla ...

 Hum, appétissant, irrésistible, voilà un spectacle à voir absolument ! Zut, la représentation du Rex à Paris est complète. Tiens, la tournée passe par Milan. Rezut, elle n’est pas encore confirmée. Tiens, elle passe aussi par Florence. Hum, les billets d’avion sont bien trop chers. Elle passe aussi par Singapour… non, là vraiment mon engouement à Ses limites. Comment faire ? Me voilà acharnée, tapotant frénétiquement sur le clavier de mon ordinateur et recherchant sur Internet tous les moyens pour assister à ce spectacle si tentant. Mais rien n’y fait, ni le contact direct avec son attaché de presse, ni le remue ménage fait de bonne grâce par un ami italien ! Non décidément, "Mi Soledad" n’est pas pour moi…

13 MOIS PLUS TARD

Avril 2007 – Week-end improvisé à Madrid

Dimanche 15. Zut, nous nous réveillons inhabituellement tard. Rezut, le musée Ceralbo ferme à 13h30. Nous chaussons nos baskets de sept lieux et tentons de rattraper en de longues foulées élégantes, toujours, notre réveil tardif. Nous remontons d’un pas volontaire la Calle Alcava qui, du Parque Del Retiro, nous mènera en quelques enjambées élastiques de gazelles urbaines, au musée Ceralbo. Nous voilà rendues par hasard dans le quartier des théâtres. Les trottoirs sont impraticables, encombrés par des familles bourdonnantes emmenant leurs petits derniers à des matinées enfantines. Tiens, un théâtre où personne ne se presse ? En chœur, nous levons les yeux et le cri commun qui jaillit de nos gorges en synchronie traduit bien la surprise et l’incrédulité qui nous saisissent. El Teatro Gran Via starring Joaquin Cortes jusqu’au 15 avril 2007 !! Il est 12h50, le théâtre est fermé, la grille qui le clôt est à peine soulevée. Aventurière dans l’âme, je tente de m’immiscer sous celle-ci en quête d’une hypothétique caisse ouverte où se renseigner. Un homme nous interpelle. Aie, le début des ennuis ? Non, l’intervention d’un ange. « Cherchez-vous des billets ? ». Un aveugle veut-il voir ? « Il y a une représentation supplémentaire ce soir. La caisse adjacente ne devrait pas tarder à ouvrir ». Quelle aubaine ! Jubilantes, excitées comme des gamines hystériques, nous achetons les billets saluant au passage ce petit miracle inattendu. 

21H00. Confortablement installées dans un joli théâtre aux tentures rouge carmin, notre voisin de siège en peine de conversation nous informe que cette représentation exceptionnelle remplace celle de la veille au soir, annulée brutalement à la suite d’une panne d’électricité intempestive !...

M. et moi nous regardons incrédules. Appelez-vous cela de la chance ? Nos cerveaux au diapason font le même chemin, remontant le temps. Quelle somme improbable d’événements et de coïncidences n’a-t-il pas fallu pour arriver à cette situation incroyable. 

Une tournée 2006 inadéquate, un réveil tardif, un musée paresseux, un parcours hasardeux, un homme providentiel, un timing parfait, une panne de courant, une annulation inopinée…

Nous restons cependant avec cette interrogation : nos désirs les plus intenses se réalisent-ils finalement quand, de guerre lasse, nous les abandonnons, nous les laissons partir dans l’éther comme un vœu inachevé ? Alors la vie mieux que les puzzles de Truffaut ? Sans aucun doute. Sachons toujours observer tous les miracles qu'elle crée lorsqu'ils se produisent et sourions d’aise ! 

A compter de ce jour, veiller à ne plus désirer avec acharnement, à ne plus tenter de contrôler ce qui nous résiste, mais essayer simplement de croire que la vie travaille pour nous et tellement plus efficacement...

(Hum... ça risque de faire un un peu catho comme conclusion,  non ?)

http://www.joaquincortes.tv/accounts/acc%5F6/web/nuevo%20...

vendredi, 20 avril 2007

ELLE - Chair à modeler


medium_gigi.jpgLe photographe

Vendredi à Paris. Rencontre avec l'Artiste.

Prêter son corps à la création comme on donnerait son corps à la science. Prenez nos corps. Faites-en ce que vous voulez. Modelez-les, tordez-les, encensez-les, sublimez-les.

Nos corps pour une fois objet d'art ? Jeter au loin les considérations de forme, de taille, de poids et accepter enfin d'être ce que l'on est, rien d'autre que ce que l'on est vraiment. Au feu le trop velu, le pas assez renflé, le trop dodu, le pas assez tonique et lisse. La chair mise à nu dans sa simplicité devient matière première, vivante et chaude, malléable et docile dans les mains du photographe. Notre chair tour à tour marbre et glaise. Tour à tour le plus raffiné des cristaux ou le plus grossier des verres. Inspirer sa muse, flatter l'objectif, l'apprivoiser. Se plier à ses volontés dans l'oubli de soi. Complexes évaporés, timidité anesthésiée. Accepter de se laisser aller à sa création parce que, quoiqu'il en sera, l'œuvre sera magnifique, unique. Se fondre dans ses yeux pour oublier sa nudité fragilisante. Mise en scène des corps aux fonctions vitales suspendues l'espace de quelques minutes enchantées, hors du temps.

Faites de nous une œuvre s'il vous plait. Donnez enfin du sens à cette misérable enveloppe charnelle objet de tant de vanités.Transcendez-la pour qu'elle traverse les âges inaltérée. Figez-la dans la beauté pour toujours parce que sans beauté ce monde ne serait-il pas insupportable ?

Et puis, au delà de ses yeux, promiscuité troublante de la chair de l'autre. Parfums intrigants de l'autre à ses côtés. Effluves de soi, d'elle, démultipliés. Mélange étrange et inhabituel de deux féminités. Tonalité de brun et de blond emmêlés. Humer une animalité à soi jamais auparavant révélée et en être troublée. Confrontation frappante de l'opulent et du menu, du longiligne et du rond. Mise en relief d'une androgyne féminité par une féminité généreuse qui fait envie. Jeu inédit de deux chairs sœurs qui se touchent, se nouent et se dénouent, se cherchent, se trouvent pour donner naissance, ô merveille, à un cliché où toute la douceur de l'éternel féminin est alors au monde dévoilée.

Croyez m'en, laissez vous tenter. Donner-vous une fois dans votre vie la possibilité d'être à votre tour œuvre d'art !

http://benoit.moyen.club.fr/pagenus.htm

lundi, 16 avril 2007

ELLE - La Bienveillance ?

medium_bienveillance.2.jpgLe Figaro Magazine - 31 mars 2007

Tiens, une rubrique inédite, intelligente, en tous cas qui me plait pour une fois. Une double page sur la ''bienveillance'', un de mes concepts favoris. Il était grand temps de le promouvoir auprès des foules ignorantes, grand temps d’en vanter les mérites.

Bienveillance : (Qualité d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. Composé de bien et de voillant, veillant, participe présent ancien de vouloir d'après le latin bene volens ''qui veut du bien, favorable'') : Celui qui veut du bien. Vouloir le bien de l'autre. Enfin, être bien motivé à l'égard d'autrui.

Débonnaire, favorable, généreux, indulgent. Ne plus agir par rapport à ses intérêts propres, mais être motivé par les intérêts de l'autre sans s’oublier soi-même. Adopter une attitude altruiste dans un monde individualiste, égocentrique. Agir en fonction de l'autre pour le bien général. Faire sienne systématiquement une approche visant à la valorisation sincère et non démagogique de l'autre pour que l'autre se sente accueilli dans ce monde comme un être à part entière et non pas comme un élément dispensable d'une chaine de production quelle qu'elle soit.  Pour que l'autre veuille donner le meilleur de lui-même sans attendre quoique ce soit en retour, stimulé pour une fois par la gratuité de l'intention. Ne pas penser à soi en premier même si au bout du compte la pratique de la bienveillance génèrera pour tous et pour soi finalement un monde meilleur.

Utiliser la bienveillance sans distinction, avec tous de la même façon. Avec les membres de sa famille, son voisin de palier, la caissière du supermarché et même, pourquoi pas, avec son percepteur ou le gendarme qui nous interpelle.

Gérer son équipe de travail en prenant en compte chaque membre individuellement et en ne les fondant plus jamais dans la masse. Faire que chacun se sente promu pour ses qualités propres et non pas par ce qu'il peut apporter au groupe, et créer alors un groupe cohérent et solidaire du fait de la conviction acquise par chacun que le soi prévaut sans égoïsme pourtant.

Vouloir du bien n'est-ce pas aussi aimer l'autre ? Les Italiens ne s'y sont pas trompés. ''Ti voglio bene''... je te veux du bien, je t'aime. Aimer l'autre sans condition, aimer l'autre car on a su déceler en lui ce qu'il y a de meilleur et on l'a révélé. Alors, oui à la Bienveillance, voulons du bien et sans tomber dans une bigoterie de mauvais aloi (aime ton prochain) pratiquons quotidiennement cette bonne disposition qui pourrait tantôt être élevée au statut de vertu.

Et je vous en prie, soyez bienveillant avec moi, indulgent devant ce fatras d'idées absconses, ce flot de concepts mal ordonné que le mot ''bienveillance'' ait inspiré à l’utopiste indécrottable que je suis!

http://www.dunod.com/pages/recherche/recherche.asp?mot=le...)

lundi, 09 avril 2007

ELLE - Misère métropolitaine

medium_metro.jpgUn vendredi fatigué dans le métro parisien.

Les gens rentrent chez eux, le visage éreinté, les yeux perdus dans le vide, qui évitent le regard. Tout le monde m'ignore. Seule parmi des centaines, je prends place sur une banquette côté fenêtre, les lunettes vissées sur le bout  de mon nez. Incognito voulu qui cache mes yeux cernés par trop de soucis accumulés. Je vois sans être vue, j'observe et commente silencieusement ce théâtre sous-terrain. Subitement, une voix suraiguë, tel un couperet, tranche le silence bruyant de la rame en mouvement. ''Vous pouvez m'aider s'il vous plait ? Vous pouvez m'aider ?'' Petites pharses lancinantes, répétées à l'envi, selon un rituel secret. Demande qui sinue entre les gens assis, entre les gens debouts, lassés. Une silhouette se faufile. Elle est là, devant nous plantée. Femme sans âge, petite tête enchâssée dans un corps bien trop gros, cheveux noirs tirés en une tresse de petite fille, visage aux traits durs contrastants avec un regard inquisiteur mais tendre pourtant. ''Vous pouvez m'aider s'il vous plait ? Vous pouvez m'aider ?''

Elle ne dit rien d'autre et tend vers les passagers une boite en plastique où se bousculent quelques rares pièces de monnaie. Je suis saisie de sentiments contradictoires, mal à l'aise au plus haut point. Et mon cerveau paniqué de tenter de rationnaliser. Des questions idiotes m'assaillent et un monologue muet s'instaure '' vous aider, mais comment, mais pour quoi ? Etes-vous à la rue, êtes-vous sans emploi ? Avez- vous faim, besoin d'un toit ?'' Psychologie de comptoir, se distancier de l'événement qui déstabilise.  Et le monologue intérieur continue, toujours aussi inepte. ''Tiens, la question n'est pas sous forme interrogative ! Volonté inconsciente de la formulation affirmative ?'' J'ai honte. Je suis en décalage avec la réalité. Je veux lui donner une obole mais je n'ai que des billets. Qu'est-ce qui me retient de donner, de donner sans penser à ce que l'autre va penser, de donner et tant pis si l'obole est bien trop élévée !

Mais je n'en fais rien. Je n'ose la regarder. Quelques mains se tendent vers la petite boite mais les miennes restent crispées sur les poignées de mon sac de voyage ! Un débat violent s'empare de moi. Donne-t-on pour se débarrasser d'un sentiment de culpabilité ou parce qu'on a la volonté vraie de soulager ? Et d'abord doit-on ressentir de la culpabilité si ce que l'on a est le fruit d'un travail constant et acharné ? On parle d'égalité des chances dans notre société. Doit-on culpabiliser d'avoir su saisir la sienne, provoquer la sienne lorsque d'autres ne l'ont pas fait ? Chance, s'agit-il de chance vraiment ou bien plutôt de circonstances que la vie crée ? Je m'interroge encore. Comment notre société a-t-elle fait de nous des êtres aussi indifférents, des êtres qui ne savent plus pratiquer en toute simplicité la solidarité ! Comment pourrions nous aider pour de bon tous ces gens en marge de notre société ?

Voilà le temps du vote, alors exerçons sans faillir ce droit durement conquis et promouvons, s'il en est, celle ou celui qui saura apporter le remède à toute cette misère et qui saura faire que pour chacun les circonstances soient propices, à défaut de pouvoir garantir l'égalité des chances qui, par nature, ne sauraient l'être !

Votons !  (http://www.desirsdavenir.org/, http://www.sarkozy.fr/home/, http://www.bayrou.fr/, etc...)

PS : est-il besoin de rappeler que les femmes en France ont eu le droit de vote le 21 avril 1944 seulement...

 

jeudi, 05 avril 2007

ELLE - Hommage pascal

medium_oeuf-flamme-200.3.jpgUn petit clin d'œil pascal, qui réjouira nos neurones alors que les chocolats de tout poil régaleront nos papilles, et une façon de saluer au passage un homme extraordinaire qui en son temps n'a pas eu de tribune, même modeste, pour réjouir le monde de ses  écrits enlevés... Hommage  à mon grand-père. Joyeuses pâques  à tous :

Déjà la nuit tombait sur jour de canicule,
Quand je montais heureux dans le blanc véhicule,
Taxi qui stationnait a deux pas d'édicule,
Vespasienne ardoisée a l'aspect ridicule,
Bien désirée souvent quand l'envie vous accule.

Nous démarrâmes en trombe, je tâtais mon pécule,
Qui tintinnabulait dans mon brun réticule,
Posé négligemment de la cote vésicule.

Allions sans doute trop vite, à allure majuscule,
Car dans le bref virage l'autobus nous encule.
Taxi fait deux tonneaux, sur le toit il bascule,
Je tombe abasourdi comme un gros tubercule,
Et dans ce beau fracas, se brise ma clavicule.

Pendant que badauds crient, je deviens un Hercule,

Pour sortir du merdier. J'ai feu au pédoncule,
Pressé par la boisson lampée dans un night club.
Ce soir la longuement sur le Louvre j'ai pissé,
Sous l'œil incitateur de la Maréchaussée.
Jean d'arc était à droite qui tenait la bannière,
Pour protéger mes reins qui évacuaient la bière.

Quand accident arrive et que tout gesticule,
Protéger avant tout, fragiles testicules,
Qui sont bien plus précieux que faible clavicule,
Conseil d'un averti, conseil pour opuscule.

MAURICE A.

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