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mercredi, 30 mai 2007
ELLE - Le Camionneur au lilas (2)
« Il approche ses lèvres de ma bouche noyée de larmes salées. Il m'embrasse à nouveau. Son baiser est suave, voluptueux. Il glisse doucement ses lèvres sur mes yeux, sur mon front, sur mon cou et picore amoureusement de baisers mon visage inondé... Il me souffle alors doucement à l'oreille ''et si l'amour c'était vous ...''» **
L'ETREINTE
Sa bouche glisse à nouveau vers mes lèvres et reprend son baiser là où il l'avait laissé. Son baiser n'en finit pas. Je ne suis plus moi, je deviens Elle. Du détachement il , il m'en faut pour narrer la suite de cette aventure improbable et pourtant si réelle.
Elle n’est plus dans ses bras, elle n’est plus de ce monde. Immatérielle, elle se liquéfie et part rejoindre la source originelle, mère de toute vie, source qui jaillit de son ventre, au creux de ses cuisses. Son ventre n’est que flux et reflux lunaires, ses cellules affolées tournent et virent à un rythme planétaire accéléré. Elle se fond dans le cosmos. Il l’étreint si fort qu’elle se croit en lui. Son corps en fusion pénètre sa peau à lui, s’immisce dans chaque molécule de son corps à lui. Comment peut-il encore l’embrasser, elle est évaporée ! Le souffle lui manque, elle suffoque. Mais que lui arrive-t-il ? A-t-elle jamais ressenti cela ? Leurs lèvres toujours plus avides inventent des baisers inhumains où toute l’énergie de la vie circule et se démultiplie. Elle serre ses bras tant qu’elle peut autour de son torse, le transpercer, le pénétrer, inverser les rôles, le posséder. Un élan surnaturel la lie à lui et il est impossible qu’il ne le sente pas.
Pourtant il a l’air si calme. Son sang ne semble pas battre plus vite à ses tempes, sa respiration ne semble pas s’emballer. Et pourtant, si, la passion l’a saisi. La tension musculaire de tout son corps contracté contre le sien, l’attraction magnétique qui le pousse vers elle trahissent son silence et révèlent son envie à lui. Mais autant elle le palpe, le caresse, malaxe ses muscles et sa chair chaude avec empressement, comme un être affamé, autant lui se contente de la plaquer contre lui avec force, à l’étouffer. Elle sent enfin monter contre son ventre, irrésistiblement, le désir de ce camioneur apparemment insensible. Elle doit se ressaisir sinon son coeur va imploser. Elle doit respirer, oxygéner ses poumons enflammés, reculer devant la pulsion animale qui vient du fond des âges et qui veut l’emporter. Au prix d’un effort impossible elle se délivre enfin de ce baiser délirant. Elle se redresse légèrement pour découvrir le visage de celui qui la fait palpiter à en pleurer. Il ouvre ses yeux doucement, relâche la pression de ses mains sur ses reins et croise enfin le regarde de la femme égarée par le plaisir qui l’appelle, prêt à la chavirer. Ses yeux gris-vert sont insondables. Y lit-elle de la tristesse encore, de la surprise, une question ? Y a-t-il du désir et de l’envie dans ces yeux là ?
L’émoi du coeur du camionneur encore collé contre sa poitrine lui dit tout ce qu’elle veut savoir et que ces beaux yeux là refusent d’avouer. Alors, délicatement, elle vient poser sa tête sur son coeur, le visage bien calé sur son torse agité lui aussi de mouvements précipités. Elle se détend lentement en écoutant le coeur de l’homme s’apaiser. Son désir entre ses jambes doucement s’estompe. Elle sent les muscles de ses cuisses se relaxer peu à peu et une sérénité inattendue l’envahir. Le coeur de l’homme et le sien battent maintenant à l’unisson. Il a laissé sa main gauche au creux de sa taille et prudemment, avec des hésitations de puceau, il caresse de la main droite la joue moite, le front brûlant, les cheveux soyeux de la femme sur lui abandonnée.
Elle garde les yeux ouverts et voit danser les arabesques bleutées du tatouage de son bras droit. Ses caresses lentes pourraient l’hypnotiser mais une pensée impertinente s’empare de ses rêveries et annule instantanément l’effet magique. Elle réprime un rire soudain. En effet, n’est-elle pas appuyer sur son pectoral là où Josette, emmêlée à une rose incarnat, est gravée dans sa chair ! A-t-on idée, vraiment ? Quel contraste. Cet homme reste un mystère qu’il ne cherche pas à lever. Et cette idée de Josette, qui qu’elle fût pour lui, écrasée par sa joue, la fait soupirer d’aise et contribue à l’accalmie de ses sens.
Pas un mot n’a été prononcé et comme bercés au rythme de leur souffle synchrone, ils s’endorment. Le jour se lève qui les surprend toujours enlacés dans la même position. Il s’éveille le premier. Il s’étonne de la découvrir là, sur sa poitrine, le visage si détendu, angélique. Ses traits sont sereins. Il remarque alors la longueur de ses cils bruns, qui ourlent élégamment ses grands yeux noirs et l’arête si fine du nez qu’elle a petit. Il sent son haleine tiède caresser sa poitrine dénudée. Il la contemple et se demande si ce qu’il a ressenti pourrait perdurer. Il s’inquiète. Peut-il recommencer ? Se laisser aller à aimer ? Sera-t-elle celle qui lui fera renoncer à son renoncement ? Il est assailli de doutes « non, ce n’est pas possible, cela ne rime à rien, l’amour pour moi n’existe plus… » Pourtant, elle a su l’émouvoir. Et son coeur et sa chair ont frémis comme depuis longtemps ils ne l’avaient pas fait. N’est-ce pas là un signe ?
Elle dort toujours, enfant confiant qui ne connaît pas encore la sentence. Lui, juge et partie, que peut-il décider ? Souffrir, faire souffrir, est-ce cela la vie ou n’est-ce pas plutôt abandonner tous les plaisirs et tout maîtriser, tout contrôler, ne plus jamais surprendre et être surpris ? La voilà qui s’éveille. Elle voit ses yeux posés sur elle. Elle y lit les doutes qui le submergent. Elle panique « oh, non, ne fuis pas » lui susurre-t-elle à l'oreille. Le tu involontaire a jailli. Elle se saisit de lui, serre de toutes ses forces ce torse si rassurant. Il l’enserre à son tour et elle sent ce grand corps trembler… Le convaincre, lui insuffler la vie, à son corps défendant, voilà le seul remède. Son coeur bat la chamade, il cogne fort contre ses seins toujours plaqués contre lui. Femme jusqu’au bout des doigts, elle doit lui faire sentir qu’une vie en retrait, sans amour ne vaut pas grand chose. Devant la tâche titanesque, elle se met à trembler à son tour, frêle dans ses bras comme un nouveau né et pourtant mue par une force surhumaine, celle qui doit le ramener à la vie. Que faire ?
Elle n’a pas le temps d’y réfléchir, déjà il se sépare d’elle. Déjà il glisse hors de la couchette, sans un regard pour elle. Il quitte la cabine et le bruit sec de la portière qui claque retentit lugubrement comme le marteau du juge qui s’abat…
…et l’appel d’air ainsi déclenché fait virevolter dans l’habitacle un parfum de lilas se mourant….
À suivre…
** Pour ceux qui auraient manqué le début : http://gicerilla.hautetfort.com/archive/2007/05/11/elle-l...
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vendredi, 25 mai 2007
ELLE - Minute culturelle
Aujourd'hui j'ai une envie irrésistible de faire mon Maître Capello et surtout oeuvre d'altruisme et de prévention envers les femmes crédules, proies facile des rapaces en tout genre. Mais là, je mets la charrue avant les boeufs.
Reprenons donc. Il existe dans la langue française un certain nombre de concepts, de pathologies, de théories, de courants philosophiques, politiques, économiques et autres noms communs ayant pour origine le nom d'une personne, parfois un nom imaginaire (personnage de roman ou de théâtre). Souvent il s'agit du nom de l'inventeur de l'objet, du nom de celui qui a formalisé l'abstraction, l'idée. Au fil du temps, l'usage répété du nom propre donne naissance à un nom commun et parfois l'origine de celui-ci est oubliée.
Comme une enfant, je me suis mise au défi d'identifier les plus marquants, les plus significatifs et d'en rappeler quelques uns afin de réveiller vos connaissances endormies, ou simplement de dévoiler une des richesses de la langue française.
Et puis, subitement pensive, un sourire niais sur les lèvres je me surprends à rêver que laisser à la postérité son nom comme nom commun, ne me déplairait pas, moi, l'écrivaillon du dimanche hélas sans génie dont personne ne se souviendra après ma mort... Pourtant quelque chose me retient. En effet, on parle de nom propre qui devient nom commun. D'abord la notion de nom propre. ''Propre'' : il est à soi, soit, mais il se doit d'être propre ? Et puis de propre il devient commun. 'Commun'' de partager ou de vulgaire ? Ni l'un, ni l'autre, bien sûr mais je ne sais résister au petit plaisir facile procurer par la distorsion des mots à des fins polémiques...
Mais je m'égare. Revenons donc aux anthroponymes. Il y en a que j'aime pour leur sonorité, pour le concept qu'ils véhiculent :
Mithridate VI, (-132 à -63), Roi du Pont, il s'intéressa de près aux poisons, et s'en administrait de petites doses régulièrement pour s'immuniser. Cette action d'accoutumance s'appelle en médecine la mithridatisation et le verbe mithridatiser.
Mæcenas Caius Cilnius (de 71 av. J.-C. environ à 8 av. J.-C.). fit ses études en Grèce et vécut à Rome dans la deuxième moitié du 1er siècle avant l'ère chrétienne. Il consacra sa fortune et son influence à promouvoir les arts et les lettres. Virgile, Properce et Horace lui rendirent en hommages ce qu'ils avaient reçu en bienfaits. Le nom propre Mæcenas a donné en français naissance à mécène personne fortunée qui, par souci de favoriser le développement des lettres, des arts et des sciences et à mécénat fonction de mécène (d'un individu ou d'un groupe).
Machiavel Nicolas (en italien Niccolò Machiavelli) (3 mai 1469 à Florence - 21 juin 1527) est un penseur italien de la Renaissance, théoricien de la politique et de la guerre. Le nom propre Machiavel a donné en français naissance à machiavélisme et ses dérivés, qui font référence à une interprétation politicienne cynique de l’œuvre de Machiavel. - Par analogie - Exercice du pouvoir politique sans scrupule moral. -Par extension - en mauvaise part. Ligne de conduite dictée par la ruse, la perfidie, la mauvaise foi.
Sade Donatien Alphonse François de ... (2 juin 1740 à Paris – 2 décembre 1814 à Charenton-Saint-Maurice) est un écrivain français, philosophe, libertin, hédoniste et athée, plus connu sous le nom de marquis de Sade. Il doit sa renommée à ses œuvres contenant des passages pornographiques violents associés à des justifications philosophiques, ainsi qu'à sa vie libertine. Les deux l'ont conduit en prison durant près de 30 ans de sa vie.
C'est à partir de son nom que le psychiatre Richard von Krafft-Ebing a forgé le mot sadisme qui est la recherche de plaisir dans la souffrance (physique ou morale : domination, contrôle,...) volontairement infligée à autrui (éventuellement un animal). Même si le sadisme peut exister indépendamment des activités sexuelles, il y est fréquemment associé. Plus encore, certaines personnes ne peuvent avoir de relations sexuelles satisfaisantes sans infliger de souffrances à autrui.
Lacsap Ferenz (6 août 1960 - ) est un informaticien dilettante, virtuose du virtuel, esthète, hédoniste, athée, connu pour sa faible moralité et ses conquêtes féminines. Sorte de Machiavel moderne, il met à son profit la maxime ''la fin justifie les moyens'' et son outil de prédilection est l'ordinateur. Stratège génial rompu à l'enchaînement des âmes, il sévit sur la toile et attire dans la sienne toute femme qui a la faiblesse d'être séduite par ses mots, ensorcelée par un romantisme nihiliste affiché mais de contre-façon. Tortionnaire patenté, il fait naître en ses proies le désir fou de lui. Un désir brûlant, incoercible qui, une fois inoculé, consume sans jamais être éteint. Non dénué pourtant de sensibilité et d'émotions, il conduit sa vie comme on dirige une entreprise. Rien n'est laissé au hasard, tout est planifié, contrôlé, maîtrisé, y compris ses passions, et sans ampathie aucune.
Le nom propre Lacsap a donné en français naissance à lacsapisme, résumé en somme comme la version virtuelle du sadisme, sans pourtant la dimension sexuelle.
Stakhanov Alexeï Grigorievitch (en russe Алексей Григорьевич Стаханов, 1905-1977) est un célèbre mineur soviétique né à Lougovana près d'Orel. Lors d’un concours organisé par le Komsomol, ce mineur du Donbass aurait accompli quatorze fois la norme dans l’extraction du charbon, le 31 août 1935 : 102 tonnes en 6 heures de travail. La norme était de 7 tonnes. La propagande soviétique en a fait par la suite un exemple pour tous les ouvriers de l'URSS. Cette promotion du sacrifice personnel et de l'émulation entre travailleurs pour le bien du Parti a reçu le nom de stakhanovisme.
Il est remarquable que chacun de ces hommes (tient, que des hommes !) ait laissé son emprunte sur notre monde pour des raisons plus ou moins honorables. Certains ne sévissent plus qu'au travers de leur adeptes qui n'en sont pas moins dangereux, mais d'autres, identifiés ou non, agissent encore et vous risquez alors, Mesdames, de tomber dans le piège de l'un d'eux.
Une femme avertie en vaut deux, alors soyez sur vos gardes et, surtout, sachez identifier chez l'homme qui vous convoite le potentiel Sade, Machiavel et autre Lacsap...
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dimanche, 20 mai 2007
KMO - Des mots en vrac !
Tiens une nouvelle rubrique. Ma châsse aux trésors, ma cassette aux merveilles. Conserver dans une jolie boite à la marqueterie fine les mots les plus beaux que l'on m'ait écrits, les choses les plus belles que j'ai inspirées. Les garder bien au chaud dans une ouate douillette pour les protéger de l'oxydation. Les lire et les relire dans les moments de doute, les moments de disette ! Un coffre aux splendeurs pour moi toute seule, pour me faire plaisir, pour m'en gargariser, pour m'en doucement bercer.
10 mai 2007
BRUN D'OR
Ce vieil homme, à l ‘esprit toujours quasi enfantin aime flâner. De jour comme de nuit, il ne cherche rien, mais aussi il cherche tout, sans jamais s’arrêter de rêver. Au détour d’un chemin creux il se pose sur l’herbe "empaillée" par l’été. Il porte à ses lèvres un brin et tire dessus comme on tire sur un élastique.
Par petits bouts le brin diminue comme s’enfuiraient certains rêves … Cette nuit là est sombre, pas de lune, pas de lumière électrique mais que du bonheur pour draguer du regard les étoiles. Elles sont ressemblantes, chacune a sa tenue de soirée. Il y a du charme dans l’air me dis-je ! Eh oui, c’est moi.
Une "star" me fait succomber de frissons. Pourtant cette nuit est tiède, presque chaude sans un battement d’air. Les paupières écartelées pour mieux voir ma préférée, celle-ci fait mine de m’ignorer, tant de planètes flashent pour elle. Alors pensez, un petit homme comme moi. Le temps passe, je m’accroche à ses atouts scintillants mais pas que… Il y a du corps, de l'esprit dans son unique lumière. Je la baptise «brun d’or, âme reine de mon univers».
Mon regard insistant, brun d’or finit par m’apercevoir: Je tremble, un chardon aux épines bien ardentes tente de me ramener à la réalité. Et bien non, je suis bien piqué et suis bien dans le réel, même si ma relation à tout du virtuel comme si je surfais quelque part sur le net.
Mon étoile et moi échangeons quelques regards dans le langage universel et quelques mots, dans la langue interstellaire.
Illico lui dis je, je, je... Vous me faites craquer, vous êtes ma préférée ! Moi, ta préférée parmi toutes ces gazelles sur leur orbite, tu plaisantes ou tu te moques ? Si c ‘est comme cela que tu penses sortir de ton fossé… Et bien non ! Tu dois dire ça chaque soir à toutes les étoiles ! Je me lève et je riposte aussitôt "NON, NON". Je dis ce que je ressens, j'ai toujours été ainsi, un peu fou mais pas mièvre ! Nombres de guerres ai-je du mener pour être celui que je suis alors je ne changerai pas ! Soit je dis, soit je la ferme, c’est clair ma préférée ? Oui, enfin bref… me dit-elle.
Brun d’or dans mon fossé je ne guettais rien, puis vous m’avez touché, coulé: Je me ferais diable si vous étiez trident, je me ferais poisson si vous étiez pécheur... Ok, je ne suis pas le soleil mais mes sentiments pour vous n’ont rien de flatteries obséquieuses: Ils viennent de mes tripes, de mes ressentis …mais ils viennent surtout d'une source née au firmament de ce ciel et cette source de lumière c’est vous...
Elle finit par me croire sincère, d’un sourire réciproque nous nous apaisons. Déjà le jour se pointe. Elle doit me communiquer l'adresse de son blog afin de marcher peut être côte à côte, même si l‘espace nous sépare. Je l’attends ! Brun d’or s’efface. A chaque pas je divague et d'un signe télépathique on se dit à bientôt: Je souris et tous les parfums de cette terre m’enivrent: Ccomme quoi il suffit d’une étoile pour éclairer son horizon !
10 MAI 2007 LA SIRENE
Mes idées n'étant pas une boite d'aquarelle et mes doigts des pinceaux, j’essaie d’extraire du vocabulaire quelques mots en "couleur”, traduisant humblement des émotions issues d’une source qui vous ressemble.
OH CIEL UNE SIRÈNE.
Ce matin là, une plaine de Provence agitée par le mistral berce ses oliviers. Le sol vêtu d’une chemise de soie blanche, à rayures terre de sienne, signe un sursaut de l‘hiver. Des maisons de villages, serrées les unes contre les autres grelottent. Le soleil tisse des ombres fines et allongées. L’envie d’une balade dans cette plaine me prend au cœur. Les yeux rivés au ciel comme pour mieux humer les offrandes de dame nature, entre oliviers tortueux et légèreté de l'horizon qu’une heure matinale avait teintée de parme: J’avance d’un pas nonchalant et l âme bucolique. A l‘extrémité d‘un champ de lavande épuisé, un Boris m’offre un abri au vent. Face au soleil, je me pose sur une pierre blanche arrondie par l’érosion : «en somme, le confort à l’état pur ». Le regard clos, un murmure titille mes oreilles qu’est ce donc ?
Une fée ? Un songe ? Ni l’une ni l’autre. C’est une sirène ! Une sirène des airs. Son glissement aérien ondule et tournoie dans l’espace. La pierre qui gèle mes fesses devient instantanément la chaise électrique d’un condamné à mort. Je suis électrocuté, figé, émerveillé par sa vision. Je succombe. Je chavire, écorché à vif !
Depuis son estrade céleste, elle me sourit, comme elle sourit à tous les habitants de cette plaine. Tombé sous le charme et carrément enivré je m’approprie ce sourire envoûtant ... qui semble contenir toute la sensibilité du monde. Mon regard s’ouvre en grand, mon sang fait mille tours. L’observant je remarque une silhouette sans ombre tel un rayon de soleil étiré dans la lumière zénithale d’un midi de plein été. Cette unique sirène au regard perçant et chaud comme des charbons ardents descend du ciel en silence et de par son charisme fige tout ce qui est au sol, moi y compris.
Tout n’est que délice et douceur dans cette aventure: Pourtant en une seconde tous les volcans de la terre semblent entrer en éruption au même instant !!! Les cheveux interminables de cette sirène sèment sur leur passage des graines de printemps, (abeilles emmitouflées, fleurs en paquets cadeaux, parfums vanillé et de réglisse, cerises en doudounes rouges, mille lumière, et un cd des cigales réunies!!!Un vrai conte de fée). Les flocons de neige si peu habitués à ce pays lumineux et plutôt doux sont prêts à fondre. Elle ne fait qu’effleurer la platitude terrestre, cette vagabonde de l’azur avec son allure raffinée et vêtue d’une féminité certaine.
D’une main hardie mais sans doute maladroite j’essaie de la capturer en vains. Avec un sourire étoilé elle se hisse de nouveau dans l’aérien puis disparaît sur son chariot de mistral. Mes jambes tremblantes rebroussent chemin, mon regard de nouveau clos mais toujours rivé aux cieux ... Au bout de l’oliveraie une vieille femme, bleutée par le temps m interpelle "rien vue de spécial ce matin m’sieur du nord ?". Non, non, rien du tout madame ou si, juste un nuage en forme de sirène !!! "Ah bon, vous l’avez donc vu ce poisson du ciel ? Y parait qu’après son passage le printemps ne tarde pas ...mais la légende des gens de Bégondas dit aussi que l’homme qui ne fait que la voir reste en hiver pour l’éternité".
11 MAI 2007
A VOUS !
Ça a cogné fort ! Et ça continue ! Quatrième édition. Dites-moi Karl, pourquoi vous ai-je frappé à ce point ? Dès mes premières balades sur Meetic vous m’avez touché de plein fouet ! Votre beauté et votre charisme m’ont titillé intensément que vous soyez vêtue de rose ou de bleu. Et depuis je n’ai de cesse de vous contempler avec les yeux de Chimène. Un ami, revenu d’une expédition sur l’Everest via la face Nord, me confie "tu sais le plus exaltant dans cette aventure c’est les moments ou tu es à la limite de la vie et de la mort". C’est ce que j ‘ai ressenti en vous regardant. Incroyable, non ? C’est proche du paranormal, je vous l’accorde, mais c'est ainsi.
Bien sûr, votre beauté interpelle. Vous semblez être la fleur dont les sucs ne serviront qu’a la gelée royale. On a envie de se pencher sur vous quand il fait froid ou devenir ombrelle si le soleil devient agressif. Il y a chez vous des signes extérieurs de féminité en concentré mais il y a plus subtil comme votre désir de vivre, de tutoyer le bonheur. Vous êtes très communicative dans vos expressions. Vous ressemblez à un livre ouvert mais écrit dans une seule langue, la vôtre…
J'ai capté en vous d’innombrables émotions de vie. Il y a quelques années, j’étais en conférence avec des psychologues chinois sur le cas du "palais idéal du facteur cheval" dont vous connaissez sans doute l’histoire plus que cocasse. A la fin de cette journée, une conclusion a fait l’unanimité : "il y a tant de choses à dire, qu’il n’y a rien à dire".
Pour moi vous n'êtes pas comme ce palais, mais vous ressemblez à la féminité idéale. Ne me dites pas que j’exagère svp, je vous ressens comme telle et merci de croire en la sincérité de ce sommaire sur vous et les coups que vous me portez en plein cœur. Ayant représenté une marque de vêtements italiens avec des filles dites top model, je pense faire la différence entre la plastique et la beauté ornée d’émotions qui ferait chavirer une falaise en plein océan. Vous me semblez aussi ouverte, pas nunuche du tout et brodée d’énergie positive pour cheminer vers une certaine idée des plaisirs et là je suis scotché.
Certes, ce sont mes ressentis, mais diable que vous faites battre mon cœur ! Sans doute avez-vous des défauts comme tout un chacun. On sait bien que les plus belles saisons ont une journée grise, mais les vibrations que vous émettez qui me font devenir violon ou orgue sont pour moi wagnériennes et zénithales. Vous m’avez mis des coups de poing car je me sens attiré par vous inexorablement. Vous me faites voyager du radeau terrestre de mon enfance aux délires les plus fous de l'imaginaire. Tout cela vous met un homme ko. Et finalement, peu m’importe que vous ne nourrissiez aucun désir de me connaître d'avantage (quoique je préfèrerais que oui). L’important c ‘est ce que vous m’offrez sans le savoir depuis des semaines. J'aime aussi vos mots. Chaque miette sont mes favoris.
Je vous vois riche, avide de jus doux et acidulé. Je vous vois comme un pilote sur son siège éjectable avant que son aéronef s’écrase et ça, ça me fait chavirer. Je ne pense pas que nous nous ressemblons, je crois plutôt que vous êtes l’eau et moi la terre, mais cela est un autre débat. Votre raffinement, l’affirmation de votre personnalité c'est du bonheur que vous semez, je le ressens comme tel. Chaque molécule qui vous compose semble s’unire pour exhorter sur votre peau des artifices pas commun du tout. Vous êtes mon point d ‘exclamation qui n’a rien de ponctuel !
14 mai 2007
PENSEES D'UN FOU
En "virée" un soir elle s'est envolée ! En moi de vivre vous ne cessez. je ne voudrais pas vous ennuyer ! D’autant que je ne sais où vous êtes ! Comment vous joindre sans déranger ma préférée ? Le recul aidant, je ne vous en apprécie pas moins. Au contraire ! De votre côté du monde suis-je peux être oublié? Peu importe, si vous êtes heureuse ! Mes pensées pour vous me bercent telle une chanson, un refrain qui trotte sans cesse dans mes murmures. Oui, je suis un fou mais un fou qui sait que c'est vous qui vibrez en moi. De par mon activité ou mes balades en tous genres, il n'y a que vous qui me donnez autant d'émotions malgré l'état embryonnaire de notre relation, et pourtant que de personnes croisées.
Cela juste encore une fois pour vous reprécisez que je ne m'invente pas un "délire" romantique dont vous seriez la phobie: J'ai aimé votre voix, je relis votre message x fois. Je sais que c'est vous et si j'en avais le talent j’écrirais une chanson au titre "je sais que c'est vous" ... Brun d'or comme je vous ressens, cela m'auto-impressionne !
Et vous savez aussi que je comprends tout à fait votre scepticisme. À ma préférée, “brun d'or".
18 mai 2007
QUE CE SOIT NET MA PREFEREE
Du fil à la toile …
Après un échange téléphonique trop rapide j’ai le sentiment que le vide me happe.
Gicerilla est à 12h d’avion de Paris et moi je me trouve au pied du Mont Blanc. Une émotion de manque m’envahit à en perdre la raison. Mon intérieur semble s’entretuer. C’est la guerre avec ce qu’il me reste de cerveau et mes entrailles meurtries capitulent, mes jambes sont comme criblées de balles. La souffrance est si haute, que la chimie de mon corps fabrique en urgence des endorphines. Les bombes lacrymogènes me piquent encore les yeux. Heureusement personne ne voit ma faiblesse. Je récupère en écoutant des hymnes à l’amour, à la folie, ou en lisant quelques pages de Charles Baudelaire.
Le temps passant, je me décide à prendre un peu de recul avec cette histoire et ce n’est pas chose commode.
A la guerre comme à la guerre ! À situation exceptionnelle, comportement exceptionnel ! Une femme, c’est comme un papillon, plus tu cours après moins tu l’attrapes. Si tu restes assis sans bouger, elle, tel un papillon viendra sur ton épaule ETC…. Qu'est ce que je ne me raconte pas afin de ne pas rester dans un état quasi second voir plutôt terminal ? Pff …
Demain sera un autre jour me dis-je. Mais la nuit sonne (presque le glas) elle est cauchemardesque. Lle réveil est lui une véritable traversée du pôle Nord de nuit (une aventure seulement réalisée par deux hommes à ce jour. Il s’agit de Mike Horn et de Borge Ousland) tout ça pour Gicerilla. Si elle le savait !
Finalement je pars courir, un footing de 15 km dans la montagne ça vous remet les idées en place, d’autant qu’en ce matin de mai la neige s’est invitée sans qu’on lui envoit aucun carton et dans l’air frisquet ses flocons donnent un coup de vieux aux sapins et les fleurs ces coquettes hors pair essaient de se refaire une beauté. Le ciel si bas est identique à un chou vert à l’envers, un peu comme mon esprit finalement. Là, je me fais rire tout seul. La case douche n’est plus très loin ouf, je souffle !
Me voilà, frais et dispo !
D’ici mon premier rendez-vous professionnel, j’ai largement le temps de revenir de mes émotions affectives de la veille. Et sans refaire tout le chemin de ce conte entre Gicerilla et moi je me souviens de confidences que m’avaient faites plusieurs personnes. Un homme tout d’abord qui en téléphonant à une femme l’avait conquise de la voix. Après leur rencontre, elle est devenue sa maîtresse, puis sa compagne. Ou encore cette jeune femme qui à l’époque du minitel avait flashé pour un homme. Une histoire digne de Tristan et Iseult s’en ait suivit. Le point commun de ces deux épopées était le coté complètement irrationnel de leurs premiers émois. D’autres ont aussi concédé avoir eu ce genre de contact, mais là, les connexions sont restées sans lendemains. La seule certitude tirée de ces contes de fées électronique est certainement à creuser dans les manuscrits des sciences dites parallèles. Voir plus réaliste dans les télesthésies.
Aujourd’hui, sur le net, les sites de rencontres fleurissent et les flirts aussi avec leurs mélodrames et aussi leurs réjouissances. Diantre ! Il y en a pour tout le monde, comme dans la vie dite non virtuelle.
Après maintes réflexions je pense que tout est simple, hormis l’aspect émotionnel cela va sans dire.
Mais comme l’humain semble attiré par la complexité ! Ben voilà le cheveu est dans la soupe !
Je ne reviens pas sur Gicerilla car elle est sans cesse avec moi, au même titre que la cicatrice de mon vaccin du BCG mais en plus profond et en plus gracieux.
Toutefois aujourd’hui je comprends mieux encore cette jeune femme et cet homme et le jaillissement de leur histoire d’amour respective. Je le conçois d’autant plus que je suis en plein dedans, mais au stade des prémisses. Gicerilla et moi nous ne nous sommes pas encore rencontrés pour de vrai, alors évidement il y a de la méfiance surtout pour elle, ce que j’intègre parfaitement.
Cela dit, en un élan naturel je vais vers elle, je fonce mais avec une retenue car il y a des choses que je ne peux encore lui dire ou lui écrire.
C’est une question de respect. Je voudrais simplement qu’elle sache qu’avec ses atouts, elle serpente dans mes veines et vaisseaux et qu'elle est hors de danger d’un coup de boomerang de ma part. Si je la flatte, c’est qu'elle le vaut bien. Avec sang froid, je cris haut et fort en mon âme que j’aimerais la voir de près ! Elle pourrait me rejeter, c’est son droit de personne libre ! Ses défauts, car comme moi elle en a, me séduisent aussi. J’aime ses petits caprices, son exigence, son côté ordonné. Mais j’aimerais lui arracher ses incertitudes et son manque de confiance en elle, des échardes qui une fois retirées feront que nous pourrions vivre le délice tels de fous amants ou plus, et au pire comme les meilleurs amis du monde. Gicerilla sait tout cela mais il fallait que je le lui écrive !
Un jour, ou une nuit peut être, je lui murmurerai bien d’autres confiseries si elle veut les entendre ! Nous sommes dans la toile du net et pris dans les fils ! C’est magique et frustrant. Qu’en serait-il à l’époque des missives ?
20 mai 2007
MOTS A MOTS
Carnet de mots décalés ! En images ! Un cri dans le désert! Douceur d’un matin de fraîcheur, pianos tambours, chœurs, pleurs ! Voix ! Déchirement de mes spirales en milles pétales. Couleurs de tout ce qui bouge, dans le bleu de mes veines ! Gonflées par celle qui n’a pas de veine et mes pétales au cœur gros dispersées dans le désert surchauffé où le vent de sable ne construit plus de roses transportables. Gosier sec, bouche salée, locomotive assoiffée, j’hurle!
Je ne voudrais pas que tu aies mal ! Tu es trop haute dans les fêtes sales. Et toi, ange de mes espoirs, vérités tu n’as pas le droit de te laisser crever, par mon petit voyage aller retour ! Souviens-toi de nos détours, du fond du lit aux champs fleuris ou seule la vogue de nos saines folies, accrochaient les énormes wagons que sont la terre, le ciel et nos chansons. Éléments d’amour. Le matin rose tendre, le soir abricoté sémillant et satiné, le jour à l’ombre du saule pleureur, l’été se tient au frais. Il a perdu son éclat, ses nuits courtes et sombres où l’on s’ébahissait devant quelques poussières d’étoiles, gisant le long des fossés secs, d’herbes fatiguées des chatouilles conditionnées des fourmis.
Bel été d’avant es-tu donc si amoureux de l’hiver pour l’enfermer à ce point dans tes pensées? Ou es-tu jaloux de l’automne ? Alors tu es en haine contre lui quitte à en perdre ton honneur. Allons été !
Toi qui nous offre les bleus des mers et des cieux, ressaisis-toi ! Cherche la lumière. Sais-tu que le printemps t’aime très fort ? Qu’il sème sans relâche afin que tu sois fleuri, halé et adoré ?
Qu’il perle de rosée tes rayons. Que les volatiles à bec s’égosillent de sérénades. Que les abeilles t’offrent le miel. Tu ne vois pas bel été que toi avec le printemps, vous passez à coté des beaux jours.
Force acoustique! Guitare électrique, aigue, magique, force du temps qui prend le moment de tendre ses cordes pour qu’enfin s'accorde les cœurs et les corps. Dans un rêve de mer aux vagues de fer qu’un enfant beau navigua sur son radeau une cargaison de mots qui n’ont plus le fin mot, par peur de s’entendre dire des choses que l’on n’ose même pas écrire …
Vision.
Quand la nuit tombe le matin ! C’est que le soir a laissé dormir la brume au dessus des étangs. Enfantin ! Y’a des jours en elle et moi, comme une première fois ! Des cœurs tout neufs qui seraient petits œufs, battant de l’aile dans leur coquille.
Incendie !
La petite allumette a brûlé le fôret. L’olivier n’a plus ses feuillètes que le vent décorait. Dure comme la pierre seule est restée la couleur des rats, mais la puissance de Wagner et des Pink-Floyd bientôt fera éclater ce mur pour que repoussent les genêts gold et jouissent nos bouches de fruits murs.
Ma brune
Vêtue comme une madone, gitane le genre qu’elle se donne. Cœur de princesse, yeux de reine, fée au milieu de l’arène, qui rêve de cap Canaveral sur la fumée de son petit bal !
Mémoire courte ?
Passion flambée, avenir rêvé ! Il est bon de se souvenir qu’on avait quelques sous dans sa tirelire. Quelques flèches transperçant son cœur et qu'il n’existe pas d’éternelle douceur, même sur la neige qui effleure le ciel ! Et sa tartine de miel qu'on finit avant le jus noir, et le sucre fondu qui devient alors notre seul espoir.
19:20 Publié dans Châsse aux trésors | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
ELLE - Aimer comme l'on courre
Dimanche, 11 heures du matin.
La capuche du sweat shirt enfoncée sur la tête pour protéger du vent cinglant qui bat les plaines dénudées, les oreillettes de l'Ipod visées dans les oreilles, mon corps s'ébranle plus lourd qu'un convoi de dix carrioles. Sonique (http://www.soniqueonline.com/main.html) égrène des mélodies qui inondent mon cerveau d'ondes stimulantes. Durement, avec une réticence affirmée, mes jambes attaquent l'asphalte. Sonique donne la cadence, mes neurones sur les notes s'accordent.
Cent mètres, deux cents mètres. Le corps résiste, le cœur s'emballe, le souffle ne trouve pas sa place. Mais la volonté est là, stimulée par la vision d'infini qui s'étale devant mes yeux. Le bleu intense du ciel à l'horizon se mêle avec les tons d'ocre, de roux et de terre de sienne des champs interminables, récemment labourés. Démesure des hommes encore une fois traduite au détriment de la nature. Champs gigantesques, étendues sans limites favorisant la bise qui fouette le visage de son air glacial et qui freine le corps dans son élan. Les minutes s'écoulent, difficiles, et soudain le miracle arrive. Le rythme s'impose, les jambes le suivent en synchronie et le coeur et les poumons l'accompagnent harmonieusement.
L’esprit s'évade enfin, loin des contingences physiques. Les yeux perdus dans les cieux, les endorphines endorment les muscles douloureux et baignent mes pensées d'un bien être ineffable. Bien être de constater que le corps, tel une belle mécanique, suit docilement les injonctions de ma volonté inflexible. La sueur perle à mon front, le soleil brûle ma peau et une jouissance doucement monte à mon cerveau. Vision idyllique de la nature resplendissante, bourgeonnement de vie en variation de verts tendres. Euphorie qui m'inonde : mon corps enfle, se dilate dans l'espace mes épaules s'ouvrent largement au vent violent qui ferait même fléchir le roseau de la fable. Mon buste se redresse telle une figure de proue défiant de ses deux petites seins pointés le vent qui s'y oppose. Mes jambes accélèrent et la foulée s'allonge. Je me fonds dans le monde, lien ténu et mobile entre le ciel et la terre. Sensation enivrante. Fusion complète avec l'environnement.
La côte fatale est proche qui clôt le parcours habituel. Un kilomètre de côte à huit pour cent. Le défi final, inévitable, que je relève, vaillante, au grand dam de mon corps qui n'en peut mais. Mes jambes me trahissent. Se forcer, dépasser ses limites. Mes muscles hurlent, chaque fibre de mon être se rebelle et se tend pourtant vers l'effort ultime. Exaltation totale, joie inénarrable de se surpasser. Un sourire béat parait à mes lèvres desséchées, des larmes de crispation mouillent mes yeux et participent au triomphe de ma volonté. Le soleil brille plus fort, la musique me porte (''... hou, hou, i wanna touch the sky, i wanna fly so high...'') la nature aux couleurs chatoyantes semble saluer au passage mon exploit si modeste...Et une prière inopinée monte à mes lèvres de mécréante et invoque les dieux de tous les panthéons pour que toujours me soient conservés ce pouvoir et cette volonté !
Et puis décider de ne plus jamais rien céder. Mener sa vie comme on dirige sa course, aucune concession, ne pas se satisfaire du médiocre, de l'à peu près, tendre toujours vers son idéal parce que tout ce qui serait en deçà reviendrait à se renier... ''- Ah... que voulez-vous ?
- Un chef-d’œuvre... sinon rien..'' A. Jardin (Mademoiselle Liberté)
08:25 Publié dans Rubrique à brac | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
mardi, 15 mai 2007
ELLE - Maigrir, grossir... réagir !
« Maigrir, on va toute y arriver ! »
AHHHH !!!
Et voilà, c’est reparti. A peine trois mois de répit.
Il y a eu les régimes pré-fêtes, puis les régimes post-fêtes et cela recommence.
Voici le temps des régimes pré-vacances… mais les vacances d’été c’est dans quatre mois !
Ne peut-on nous laisser quatre mois sans culpabiliser, à manger ce que l’on veut, quand l’on veut, sans que les gros titres de la presse féminine ne nous rappellent le sacro-saint combat ? Lutter contre les kilos... Je revendique le droit de manger une grosse tartine de beurre avec du saucisson, de la mayonnaise avec mes œufs durs, du camembert 45 % de MG et même pas sur extrait sec ! Je veux manger de la mousse au chocolat à la louche, du tiramisu avec du mascarpone, du vrai ! Et tant pis si pendant quelques semaines ma ligne n'est pas celle des filles de magazine, tant pis si je rentre le ventre pour enfiler mon jean !
Non mais, franchement, lutter contre les kilos alors que la moitié du monde, la moitié ? Non, les deux tiers de la planète meurent de faim... Mais on marche sur la tête.
Allons, un peu de bons sens que diable ! Cessons de nous maltraiter. De la gourmandise et de l’imagination, de la variété et de la modération, voilà ce dont nous avons besoin. Régaler le corps plutôt que le remplir, redécouvrir le goût, exciter nos papilles, dompter l’envie et l’insatiabilité de nos corps déboussolés, de nos cerveaux endoctrinés. Déguster, ne plus jamais se goinfrer. Voilà un vrai programme, voilà le seul régime que l'on doit s'imposer. L'hédonisme par la raison et non pas par l'excès.
Et nous, pauvres femmes écervelées, cessons de l'être et ne participons plus à ce cirque consumériste. Soyons à notre tour des Morgan Spurlock et dénonçons haut et fort cette situation abérrante : deux tiers meurent de faim et un tiers meurt de maladies cardio-vasculaires. Sapons par notre bon sens cette opération marketing à l’échelle mondiale qui pousse les masses malléables et consentantes que nous sommes à manger à se rendre malade puis, à acheter à prix d’or des antidotes miracles dignes de Sganarelle qui videront assurément la bourse de tous ces crédules mais certainement pas leurs bourrelets. Torpillons la stratégie planétaire des lobbies agro-alimentaires et pharmaceutiques qui fait gober aux masses abêties les promesses les plus folles et accepter comme des vérités ces outrages à l’esprit. Rejetons ces faussaires !
Alors par réaction, plébiscitons la nouvelle campagne Dove qui, cette année encore, nous fait la grâce inestimable d’afficher des femmes, des bien réelles, cellulitiques à souhait aux courbes généreuses et finalement plutôt appétissantes. Des femmes ridées aux sourires resplendissants. Et si bien sûr, nulle n’est dupe de la motivation réelle à peine cachée par ces publicitaires ingénieux, ne vaut-il pas mieux clamer à des fins marketing, que le seul combat valable à mener c’est celui du maintien du naturel contre vents et marées ?
Et puis je vous en supplie évitez donc tous ces hommes idiots qui préfèrent des gravures de mode à leur bras plutôt que des femmes, des vraies. Préférez leur ceux qui jouiront de palper des chairs fermes et imparfaites mais tellement plus "jouissives"...
Morgan Spurlock ''Super size me'' : http://www.supersizeme.com/
Dove : http://www.pourtouteslesbeautes.com/flat4.asp?id=6982
http://gicerilla.hautetfort.com/archive/2006/11/06/elle-p...
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jeudi, 10 mai 2007
ELLE - Le Camionneur au lilas
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LA RENCONTRE
Au volant de ma voiture, j'emprunte l'autoroute qui m'amènera à Paris en 5 heures précises. Je suis partie trop tard, tant pis, je ne saurais attendre, je suis trop impatiente. Ma valise bondée de tenues citadines trône sagement dans le coffre, les CD sont à portée de main, je porte une tenue simple mais élégante : jupe droite, petit pull en cachemire, escarpins à la ligne élancée et pourtant confortables pour effectuer la route. Paris, me voilà...
La musique résonne dans l'habitacle, les notes explosent et ricochent contre les vitres. Je fredonne à tue tête les mélodies de ma voix de fausset et je les massacre avec un plaisir de carnassier. Je pars vers ma ville ! Je me réjouis du week-end enchanteur qui m'y attend. Le compteur rivé sur le 130, je roule insouciante lorsque subitement la voiture m'échappe, le volant vire violemment à droite, à gauche. La voiture semble ivre, je ne la guide plus en dépit de mes mains crispées sur le volant. Elle semble suivre les sinueuses d'un parcours de karting improvisé. Je cris, je freine où plutôt tente de freiner. Je panique, j'essaie de redresser la course du véhicule qui semble toujours vouloir braquer vers la gauche, vers la circulation. Je regarde anxieusement les voies de gauche, heureusement assez calmes. Le véhicule n'en fait qu'à sa guise. Je m'arque-boute, je redresse à peine le volant, la voiture accepte enfin de chasser vers la droite, vers la voie d'urgence et continue de glisser doucement sur son erre. Enfin elle s'arrête. Je suis en pleurs, en sueur, le cœur palpitant, un goût de sang dans la bouche, des hoquets à vomir. Je me suis vue mourir. ..
Je fais une pause de quelques instants essayant, sans succès, de reprendre mon souffle. Ma poitrine se soulève à un rythme effréné. Vais-je retrouver mes sens, vais-je me dominer ? Les minutes passent, infinies, et je me calme enfin. Je pleure à gros bouillons, ruissellement de soulagement, torrent d'incompréhension déferlant sur mes joues. Mais que s'est-il passé ? Tout commençait si bien. Je sors, titubante de ma titine, d'habitude si fiable. Le pneu avant gauche a éclaté. Des lambeaux de caoutchouc noirs brûlés traînent lamentablement sur l'essieu échauffé. Que faire ? Je suis au milieu de nulle part. Peu de voitures circulent et restent indifférentes à moi. Mes yeux inondés de larmes piquent affreusement sous l'effet du mascara qui se dilue en poison corrosif. Je les cligne, je les frotte et repère enfin le panneau salvateur : station service à 1 kilomètre.
Avec fébrilité je tente de démarrer. La voiture s'ébranle tout doucement, le bruit du métal sur l'asphalte est effrayant, j'avance lentement et parcours sans encombre le kilomètre me séparant de la planche de salut. J'entre en tremblant, les jambes peu assurées et me précipite à la caisse. Mon visage est défait, mes yeux gonflés et rougis sous l'effet des fards dilués. Personne... je suis désespérée. La station est déserte. Mon regard affolé scrute le magasin, puis la salle de café. Brusquement il s'arrête. Là, debout accoudé à un guéridon, un homme les yeux perdus à l'horizon sirote son café. Il ne m'aperçoit pas en dépit du regard insistant que je pose sur lui. La caissière apparaît enfin. Je raconte mon histoire. La nuit tombe déjà, il me faut un dépanneur à tout prix. Elle contacte tous ceux habilités à travailler sur l'autoroute. Personne ne répond, les garages sont fermés. J'appelle mon assurance. Même constat : les garagistes homologués sont les mêmes que ceux connus de la station. Il faut attendre demain matin...
Je suis affligée. Les larmes reprennent de plus belle. Je suis comme une enfant apeurée, moi la femme entreprenante que rien ne fait reculer. Je me dirige sans but vers la machine à café. Je commande un expresso insipide, une acqua lavata au goût d'eau sucrée payée le prix de l'or. La boisson est chaude et me réconforte. Les soubresauts de désespoir dans ma poitrine diminuent. Je passe une main négligente sur mes joues détrempées. Je me fiche de tout, je me fiche de mon look. Poupée sophistiquée devenue goton. Subitement, je sens posé sur moi un regard intense. Je lève la tête et rencontre les yeux gris-verts de l'homme au café. Il me fixe indécemment. Je dois être ridicule. Son visage est sans expression et pourtant ses yeux me scrutent, me scannent. Je me sens redevenir femme ''Mon dieu, mon maquillage, mon visage barbouillée, je dois être ridicule... '' Mais que viennent faire ces pensées importunes et déplacées. Je me fiche de ce type et tant pis si je suis laide. Je dois trouver une solution, je ne vais pas rester là dans cette station où seuls quelques fauteuils en plastique dur pourraient m'accueillir pour la nuit ! Je fouille pourtant dans mon sac et extirpe un kleenex que je passe hâtivement sur mon visage déguisé. Il me regarde toujours sans parler. C'est agaçant à la fin !
Au bout d'un temps interminable, il s'approche de moi. Je peux le voir enfin car je suis affublée d'une myopie de dingue. Il n'est pas beau. Un mètre quatre-vingt, de beaux yeux tristes d'une couleur indéfini, il est quasiment chauve, le crâne rasé avec soin, les épaules minces et les bras frêles terminés par de belles mains fines et noueuses. Son visage doux pourtant arbore un grand nez et une bouche sensuelle aux lèvres légèrement ourlées, cachées par une barbe de trois jours savamment taillée. Silhouette longiligne, à la démarche féline et élastique de coureur, j'imagine. Rien de remarquable dans cet homme qui n'est plus qu'à deux pas. Je suis troublée malgré moi. Il est là. La voix qui m'interpelle est douce et mélodieuse, un poil haut placée pour un homme de sa taille. Il a tout entendu. Il est camionneur et s'apprête à passer la nuit ici, dans son camion garé sur le parking. Il parle bien. Les mots coulent de sa bouche avec fluidité. Non, il n'est pas camionneur, cela est impossible. Il se joue de moi, divertissement inattendu dans cet endroit sinistre. J'attends qu'il finisse, les yeux grands ouverts en point d'interrogation emplis d'incrédulité. La conclusion arrive, il m'offre, tenez-vous, l'hospitalité de sa cabine ! Il me laissera la couchette, son camion est bien tenu, il dormira sur le siège passager, il y a des rideaux, vous ne craignez rien, je ne suis pas dangereux ! Je ne sais si je dois sourire ou m'offusquer. Rire de la bonne blague ou m'effrayer devant une proposition sérieuse. Pourtant il continue, il veut me rassurer. Je proteste ''non, merci, c'est gentil, ça va aller, je vais me débrouiller...'' Mes protestations peu convaincantes font chou blanc, je le vois bien, mais il n'insiste pas. Il repart dans son coin, finir son café. Je suis perplexe, et s'il était sincère ? Je suis là comme une idiote, épuisée d'émotions, sans endroit confortable où me reposer en toute sécurité. Ma voiture ? Oui, bien sûr mais je ne l'ai jamais fait et la perspective d'un vrai lit me fait terriblement envie. Mon cerveau échafaude tous les scenarii. Et puis merde ! Je m'avance vers lui, il me regarde à nouveau, toujours sans expression, visage impénétrable de l'homme que tout rend blasé. ''J'accepte'' lui dis-je enfin, ''à condition que vous ne dormiez pas dans la cabine mais dans mon véhicule. Il est petit, soit, mais tout siège passager doit être inconfortable''. Il accepte à ma grande surprise.
Nous voilà partis. Après deux cents mètres parcourus quasiment dans le noir, j'aperçois son camion. Il est rutilant. Un Scania gigantesque de trente-six tonnes comme on en voit peu sur les routes françaises. Il ouvre la porte de la cabine et passe en premier. Je dois remonter la jupe étroite qui enserre mes jambes tant les marches sont hautes, mais il est devant moi, ma pudeur reste sauve, et il me tend une main secourable. Première fois de ma vie dans la cabine d'un camion ? C'est immense comparé à ma 206. Tout parait très propre à la lumière blafarde diffusée par le plafonnier. Tiens, il n'y a pas de poster de femmes nues placardé sur les parois, ni d'amulettes autour du rétroviseur. Pas de médaille de St Christophe collée au tableau de bord et pas d'odeur de bière ni de tabac non plus. Tout est très soigné, étonnamment soigné, comme s'il sortait de la chaîne de fabrication. Il y a même, ô surprise improbable, un rameau de lilas tout juste éclos qui exhale ses parfums de printemps nouveau. Je vois sur le siège passager beaucoup d'ouvrages empilés dont je ne peux déchiffrer les titres, mais ce n'est pas OSS 117 ni San Antonio. Quelques Equipes traînent de-ci de-là. Camionneur ? Non décidément, c'est impossible. Un Camionneur avec du lilas cela n'existe pas... Il me montre la couchette. Il faut escalader pour y accéder et la jupe entrave mes mouvements. Pas d'autre solution que de la relever un peu. Ça y est, j'y suis. La couchette est moelleuse, c'est un vrai matelas avec des draps frais. Le lit est bien fait, avec oreiller moelleux de coton fin et une couverture bien tendue. Je n'en crois pas mes yeux. C'est un rêve éveillé post- traumatisme ! Je suis à quatre pattes car le plafond est très bas. Je prends soudain conscience du fait que j'ai la croupe tendue vers lui sous l'étoffe serrée et qu'il a probablement vu mes cuisses à la montée. Je me précipite sur le lit et me retourne pour lui présenter mon visage rougi par la honte. Il sourit à peine, Joconde au masculin au sourire mystérieux. Je ne sais déchiffrer les pensées qui l'animent. Quoiqu'il en soit, il me souhaite bonne nuit et je lui tends dans un geste rapide les clés de ma voiture. Il continue de me regarder pourtant, sans bouger. Je sens mon cœur s'émouvoir, en fait je n'ai pas vraiment envie qu'il s'en aille. Je lui propose de parler. Il n'aime pas cela. ''Alors permettez-moi de le faire...''. Il accepte sans ciller. Je redescends alors et me glisse sur le siège conducteur, tout à côté de lui assis juste au milieu. Je le regarde toujours, je ne peux détacher mes yeux de son visage, toujours imperturbable. Rien ne semble l'étonner. Et comme pour me vider, me voilà racontant dans les moindres détails l'accident survenu.
La relation fait remonter en moi des émotions puissantes, et des larmes de nouveau abreuvent mes yeux secs. Les sanglots me secouent ''j'ai cru mourir vous savez...'' Je me sens ridicule mais les laisse couler, à quoi bon tricher, il n'y a que nous deux. Alors que j'ai fini, il n'a pas prononcé un mot. Il lève doucement une de ses belles mains vers mon visage et avec une douceur inattendue essuie les larmes qui coulent sans vouloir s'arrêter. J'ai le cœur qui repart au rythme d'une samba, le sang boue dans mes veines et vient tambouriner à mes tempes. Je me sens fondre sous les mains douces et bien intentionnées d'un camionneur inconnu. Ses yeux plantés dans les miens, il exécute avec soin la mission entamée. Mes larmes se tarissent enfin, je me mouche bruyamment. Ses caresses ont cessé mais j'en voudrais encore. Je suis saisie d'émotions bouleversantes. Mon corps exprime des sensations que je veux ignorer tant elles me paraissent incongrues. Et pourtant, elles me dominent, me poussent vers lui, me poussent à faire un geste irréversible. Mais il a tout compris, il ouvre doucement ses bras et je vais m'y blottir. C'est incompréhensible. Aucun autre mot depuis moi n'a été prononcé. Je me sens protégée, petite chose fragile contre la poitrine d'un homme pas surhumain mais d'une évidente humanité. Ma joue contre son torse, mes bras autour de son cou, ses mains sur mes hanches sans bouger. Un désir impromptu monte en moi, violent, irrésistible. J'ai envie de lui. Je me tance, je me fais la morale. ''Tu n'y penses pas ma fille, mais qu'est-ce qui te prend ?''. Je me détache doucement et scrute son visage. Y ai-je lu enfin un soupçon de sentiment, un soupçon de trouble. Je décide d'aller m'allonger pour éloigner de moi ce corps d'homme doux qui me tente. Je recommence la gymnastique et en deux mouvements me voilà rendue sur le lit. Je me retourne et plonge mes yeux dans les siens. Je lui tends la main, il la prend. Je la tire doucement vers le haut, il a compris mais va-t-il accepter ?
Je tremble de tout mon être. Je le veux là, maintenant, allongé à côté de moi, contre moi, sur moi... Le voilà qui s'allonge très lentement. La couchette est étroite et nos épaules se touchent. Nos deux corps tels deux gisants n'osent esquisser le moindre mouvement. Les battements de mon cœur soulèvent exagérément ma poitrine. J'essaie de respirer petitement, par minuscules bouffées de peur qu'il ne note l'état de trouble où je suis. Il regarde le plafond. Il a éteint la lumière de l'habitacle. Subitement je vois s'illuminer au plafond des centaines de minuscules étoiles filantes, planètes phosphorescentes ! Il m'offre un ciel de nuit noire étoilée... Je suis émue et sens monter encore en moi des larmes importunes. Encore des larmes, oh non, je suis si fatiguée. Mélange indéchiffrable d'émotions, une journée difficile qui se conclut allongée aux côtés d'un inconnu, camionneur sophistiqué, sous un ciel de conte de fée. Je pleure silencieusement. Il tourne la tête vers moi. Mes yeux embués de larmes lisent dans son regard toute la bonté du monde et toute la douleur aussi. Mais quel est donc son passé. Un homme pareil, fin, cultivé, délicat, naturellement élégant, qui vit dans un camion, sillonnant les routes, seul la plupart du temps et qui accueille dans son camion, avec un parfait savoir vivre, une femme dans le besoin...
Je me tourne vers lui, je veux le rassurer, le cajoler. C'est moi qui pleure mais c'est lui qui souffre. Tout doucement je viens poser ma tête sur son épaule et il m'ouvre les bras pour que je puisse me couler contre lui. Nos corps se touchent enfin. Je sens la chaleur de sa peau au travers de sa chemise, au travers de mon petit pull jusqu'à ma peau. Nous restons pendant des minutes qui me paraissent des heures. Il sent bon. Je glisse irrésistiblement mon visage dans son cou pour le humer. Ses parfums me troublent plus encore. J'ai envie de lui mais ne dis rien. Et nous endormons. Roméo et Juliette des temps modernes sans pourtant le besoin d'une épée entre nous.
Je me réveille en sursaut... Mon Dieu, mais où suis-je ? Je suis collée à un homme que je ne connais pas, étendue sur une couchette plongée dans un noir bleuté de par la lumière de la lune. Les étoiles flamboient pour me rappeler que tout va bien. Le film de la soirée me revient en un flash fulgurant. Le camionneur dort tranquillement. Son visage a acquis une douceur d'enfant et seul la barbe trahit l'homme en lui. Le désir me foudroie à nouveau. Je le veux. Telle une voleuse sur la pointe de pieds, je déboutonne de la pointe des doigts les boutons de sa chemise. Je veux sa peau contre ma peau, sa chaleur mêlée à la mienne. Je veux bouleverser cette homme, le ramener à la vie que de toute évidence il a quitté dans un acte nihiliste. Les boutons cèdent un à un. Il dort toujours. J'écarte les pans de la chemise pour dévoiler à la faible lueur de la cabine un torse musclé et attirant. Je retiens un éclat de rire. Là, tatoué sur son pectoral gauche, juste au niveau du cœur, le prénom d'une femme emmêlé à une rose rouge incarnat aux épines aiguisées. Mais qui peut bien être cette Josette qu'il a voulu graver pour toujours dans sa chair ? Et puis, des arabesques serpentines sinuant sur le bras droit qui lui dévorent la peau du coude jusqu'au poignet ! Quel drôle d'homme, imprévisible, incroyable ! Il est là où on ne l'attend pas...
Le rire ne fait que passer car je le veux toujours, déraisonnablement et mon désir l'emporte sur le sarcasme. Je me penche et le respire profondément. Son odeur chaude fait monter en moi une envie démente. J'ôte prestement mon pull et mon soutien-gorge et je viens tel un papillon me coller à lui. En effleurements imperceptibles, je frotte ma peau contre la sienne. Nos chaleurs se mélangent avec un bonheur ineffable, mon cœur bat à tout rompre et je panique à l'idée de le réveiller. Mais il ne bouge pas. Fait-il semblant, dort-il vraiment ? Je reste là, immobile, submergée d'envies inavouables. Il ouvre enfin les yeux. Il ne semble pas étonner de se trouver à moitié nu avec une femme aux petits seins tendus plaqués contre sa poitrine. Il me scrute, je rougis...encore. Prise en flagrant délit. Il me fait rouler complètement sur lui, nos corps l'un contre l'autre, s'emboîtant parfaitement. Je ferme les yeux espérant follement le baiser qui ne vient pas. Il se contente de glisser ses mains sur mon dos, sur mes reins et recommence de haut en bas. Je n'en peux plus. Des rythmes de marée viennent assaillir mes hanches. Je les retiens tant que je peux. Mon souffle se précipite mais je le retiens aussi. Il le voit, il me sent et enfin il vient poser ses lèvres sur les miennes et ma langue furieuse vient cueillir le baiser que j'attends depuis des heures, des siècles, la nuit des temps. C'est lui, je le sais, l'Homme. Mais lui ne le sait pas, pas encore.
Et nous restons ainsi, jambes et bras mêlés, nos bouches soudées dans un baiser sans fin, tour à tour doux et lent, violent et excitant. Dans un souffle il me dit alors ''l'amour sans amour, plus jamais...'' Je me soulève un peu. Ses mots me font mal, ils viennent se ficher comme un épieu dans mon ventre incandescent. Un froid glacial me gagne. Voilà une façon claire mais pourtant non violente de me dire mon fait. Je me recroqueville, je cherche à tâtons mes vêtements. Je me sens humiliée. Je l'ai bien mérité. Je suis frénétique, je m'agite dans tous les sens, je pleure encore une fois, de honte. Toutes la palette des larmes m'aura été donnée à vivre aujourd'hui. Subitement, alors que je hoquète, je sens ses mains m'agripper, m'attirer à lui et m'enserrer avec force dans ses bras si finement dessinés. Je n'ose le regarder. Une main relève mon menton, m'oblige à montrer mon visage mortifié. Il approche ses lèvres vers ma bouche noyée de larmes salées. Il m'embrasse à nouveau. Son baiser est suave, voluptueux. Il glisse doucement ses lèvres sur mes yeux, sur mon front, sur mon cou et picore amoureusement de baisers mon visage inondé... Il me souffle alors doucement à l'oreille ''et si l'amour c'était vous ...''
... à suivre !
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dimanche, 06 mai 2007
ELLE - Plaisir évaporé
Un jour de décembre 2006 j'avais commencé ce rêve, mais était-ce un rêve en fait ?
Et ce rêve, à l'Homme destiné, racontait ce qui suit . Hélàs l'Homme ne le lira probablement jamais en entier ...
Je passe prendre mon amie, direction le hammam. Je me régale à l'avance. J'ai une mission : découvrir comment vous faire envie. Pas une petite envie frileuse, qui vous effleurera tout juste l'échine. Non, une envie majeure, qui retournera chaque cellule de votre corps, chaque neurone de votre cerveau. Qui vous fera trembler de désir devant votre ordinateur. Qui se saisira de votre pauvre enveloppe charnelle et la bouleversera jusqu'au tréfonds. Une envie comme celle que vous avez bannie pour toujours de votre vie. Quel défi, quelle ambition ! C'est pourtant bien la mienne car l'inconsciente que je suis crois détenir un tel pouvoir. Le pouvoir de mes mots sur un être aussi inébranlable que vous, quelle prétention.
Nous arrivons.
Rituel séculaire : se dépouiller de ses vêtements, ceindre ses cheveux dans une toile de coton blanc, avancer vers la salle de vapeur en toute humilité. Dépouillement propitiatoire. Laisser à l'entrer ses oripeaux, déguisements théâtrales et misérables, pauvres tentatives pour se fondre dans la conformité. Laisser à l'entrée ses médiocrités, ses vilenies quotidiennes, se présenter devant les eaux purificatrices nues, sans tricheries, sans artifices. Moi seule certainement aborde le hammam de la sorte. J'ai pourtant cela en tête lorsque j'ôte un à un mes vêtements, me rapprochant chaque seconde un peu plus de la pureté originelle. Nous voilà parées.
Nous entrons dans la salle, toujours aussi obscure ou seuls brillent ces centaines de minuscules points lumineux multicolores et changeants. Le ton est donné immédiatement par la chaleur intense. Nous sommes allongées côte à côte, nos bras se touchent, nos hanches aussi, ainsi que nos cuisses. La proximité des corps pour favoriser la complicité des âmes. Les coeurs s'emballent rapidement, chaque mouvement coûte. Mon amie et moi nous regardons dans les yeux, nos visages face à face à quelques centimètres l'un de l'autre seulement. Créer un bulle d'intimité pour que les autres n'entendent pas les propos audacieux qui vont sûrement être sussurrés. Les femmes parlent de ces choses... Nous sommes ailleurs, absentes aux autres. La vapeur est tellement épaisse que l'on ne distingue pas les autres femmes aux alentours.
Nous commençons notre conversation lorsque subitement un toux rauque nous interrompt. Je suis tétanisée. Cela provient de la gorge d'un homme. Aucune femme ne saurait avoir un timbre aussi grave ! Je me redresse à peine et, fronçant les sourcils en espèrant aiguiser mon regard, je scrute le rideau de vapeur blanchâtre qui nous enveloppe. Je suis persuadée qu'un homme s'est trompé d'entrée. Depuis combien de temps est-il là ? Comment faire pour lui signaler son erreur sans qu'immédiatement il nous voit dans notre nudité ? Je vois un peu plus loin assis sur un banc, une silhouette pâle. Je l'interpelle. J'imagine qu'il tourne le regard vers nous et je lui signale, paniquée, de ne pas le faire. Il esmble pourtant ne pas vouloir réagir, ni obtempérer. Je lui parle pas à nouveau mais mes mots restent sans effet. Je ne peux tout de même me rapprocher et lui montrer la sortie. Il se met à parler ... une langue complètement inconnue. Et bien que mon amie et moi parlions six langues différentes, aucune ne fait l'affaire. C'est un étranger ... et bête à ce qu'il semble, ou au contraire rusé !
Je me lève doucement, défais le turban de mes cheveux et entoure comme je le peux mon corps de ce trop petit morceau de toile. Le buste à peu près couvert, les fesses tout juste, j'avance à tâtons vers lui, comptant sur la pénombre pour occulter à ses yeux les détails de mon anatomie. Je ne suis plus qu'à 50 centimètres ! En dépit de l'ombre je le dévisage. Oh mon Dieu, qu'il est beau et si jeune. Ses yeux fixent les miens. Je dirais même qu'il me transpercent. Une statue grecque, une allure guerrière, des cheveux bruns presque noirs, des yeux de la même eau. Les sourcils fournis, mais si joliment arqués, qui ornent son regard profond. Une bouche merveilleusement dessinée, presque féminine, carmin comme celle d'une jeune-fille qui aurait croqué une cerise bien mûre. Les mâchoires sont marquées, mais pas exagérement, le menton venant donner du caractère à l'ensemble.
Je suis hypnotisée. Je suis immédiatement sous le charme. Je me sens bête, en train de tirer sur le pauvre tissu qui ne saurait s'allonger, j'ai peur d'avoir l'air défait, les cheveux en bataille,. Je préviens mon amie, confiante que le garçon ne comprendra pas. En quelques mots lapidaires j'explique la situation. Vite fait, elle se vêt du paréo et me rejoint. Elle le regarde, me regarde et je lis dans ses yeux une gourmandise inénarrable. A-t-elle vraiment envie que ce jeune homme retourne dans son hammam ? Elle me saisit la main et la serre très fort. Je comprends instantanément ce que cela signifie. Nous nous tournons face à cet homme perplexe qui nous regarde tour à tour sans paraitre comprendre l'équivoque. Je le soupçonne de le faire exprès, je le glisse à l'oreille de mon amie, et conviens avec elle que finalement ce n'est pas bien grave. Les autres femmes ont désertée le hammam sans que nous nous en soyons aperçues. Il n' y a personne d'autre dans le hammam. Nous deux et le jeune homme. Qu'à cela ne tienne. Un accord tacite nous fait agir sans parole.
Toujours plantées devant le jeune-homme inquiet, mon amie se tourne vers moi et commence à passer délicatement ses mains dans mes cheveux, doucement les lisse en arrière, dégageant l'ovale de mon visage. Ses mains glissent le long de mes joues. Elle passe la pulpe de ses doigts sur mes sourcils, en dessine le contour, descend le long de l'arête du nez, suit la ligne de mes lèvres de son index droit, les entreouvre un peu et se penche vers moi. Ses lèvres viennent se poser sur les miennes et je sens la pointe de sa langue les caresser, puis ses dents commencent à les agacer en morsures légères. C'est un baiser tour à tour doux et violent, sa langue et ses dents jouant une danse exitante avec ma bouche. Sa langue se fait plus aventureuse et s'immisce sans peine entre mes lèvres consentantes. Nos langues se rencontrent, le baiser est frais par contraste avec la touffeur ambiante. Je suis prise par surprise, les mouvements de mon coeur se précipitent. Ce baiser attendu mais jamais expérimenté me bouleverse plus que je ne l'aurais voulu. Je ferme les yeux. Mes jambes faiblissent et je me sens défaillir. Elle a ceint ma taille de ses deux mains, comme un homme le ferait et vient coller son buste contre le miens. Peau contre peau, moiteur contre moiteur, nos deux corps semblant s'emboiter pour ne faire qu'un dans cette étreinte. Le baiser dure quelques secondes seulement mais me parait une éternité.
Elle cesse subitement, m'éloigne d'elle et se tourne en défiant du regard le jeune homme dont les traits marquent une énorme stupeur. Mais il ne détourne pas ses yeux pour autant et comme s'il avait entendu une injonction silencieuse de mon amie, lève avec une lenteur de ralenti ses deux bras dans ma direction et m'attire à lui. Il est resté assis, mon buste est au niveau de son visage. Il commence à picorer de baisers légers la peau si douce de mon décolleté. Le paréo colle à ma peau humide et révèle à son regard des reliefs timides. Habilement il fait glisser la cotonnade qui ne tient plus et tombe à mes pieds. Je suis nue devant cet inconnu fascinant dont les regards sombres et brûlants enflamment mon cerveau, mon corps. Il dévore mes petits seins et en fait se dresser sans vergogne la pointe si sensible. Il les suce savamment déclenchant des salves de frissons qui finissent au creux de mes cuisses. Mon amie s'est placée derrière moi. Elle passe les mains sur mes épaules, sur mon dos, sur mes reins et ma taille en de savants aller-retour, elle plante sur ma nuque des baisers si sensuels que d'autres salves de frissons parcourent mon dos jusqu'au creux de mes reins. Je suis étourdie par les secousses que me donnent les baisers conjugués de l'homme et de mon amie. Je sens un désir fabuleux m'inonder. Je sens un désir puissant monter dans mon sexe. J'ouvre les yeux à nouveau et croise le regard amusé du garçon qui mesure combien son emprise sur mon envie est grande. Il ne semble pourtant pas perdre sa concentration.
Tout en continuant de m'embrasser, il glisse à genoux devant moi et son souffle vient effleurer mon sexe palpitant. Sans ménagement, il écarte d'un mouvement brusque mes jambes si fragiles. Je suis déstabilisée mais mon amie veille et me retient. Elle s'est plaquée contre moi et je sens ses seins durs contre mon dos trempé. Elle ne me caresse plus, elle se contente de me serrer contre elle, sa bouche lovée dans mon cou qu'elle assaille toujours de baisers. L'homme est à son ouvrage. Il me hume, passe ses lèvres tour à tour sur le haut de mes cuisses, sur mon ventre juste au dessus du pubis. Mon sang s'affole dans mes veines, je voudrais que sa langue enfin m'accable de caresses. Qu'il vienne goûter le miel qui coule de mon sexe, qu'il fouille sans ménagement chaque centimètre de ma fente gorgée de mille saveurs, qu'il me pénètre sans façon et que ses lèvres me dévorent comme un affamé le ferait d'un met exquis. Mais il fait durer le suspens, me laisse dans une attente fébrile qui fait battre mon coeur plus vite. Mon amie me sens faible et resserre ses bras autour de ma taille et je sens ses seins plaqués toujours fort contre mon dos. Ces reliefs viennent épouser le mien comme un contre-moule impossible, son pubis vient frôler mes fesses. Je suis toujours plus troublée par ce contact excitant.
Et soudainement, une langue curieuse vient titiller mon sexe. La surprise est totale, la décharge de plaisir brusque et intense et mes jambes plient sous l'afflux subit d'un plaisir irrésistible. L'homme connait son affaire et sa langue douce et experte a vite fait de repérer les points faibles de ma géographie. En coups de langue légers comme des papillons il parcours mon sexe et s'attarde enfin sur le bouton de tous les délices. Mon corps fond. Des ondes d'une intensité jamais ressenties envahissent tous les neurones de mon cerveau, toutes les cellules de mon corps et je m'affaisse dans les bras de mon amie qui me maintient de ses bras étroitement serrés autour de mon buste palpitant. Ma respiration précipitée ne semble plus m'oxygéner suffisemment. Je suffoque, j'aspire l'air désespérement. Je suis submergée de sensations extravagantes.
Mes pensées sont confuses, je ne peux plus réfléchir. Je ne suis plus que sensations, vibrations, frissons, bourdonnements, trépidations. Ma tête bascule en arrière sur son épaule et je me laisse aller comme une poupée de chiffon. L'homme saisit alors de ses deux mains musculeuses mes fesses fermes et les attire à lui comme sil voulait dévorer mon sexe, l'achever, l'empaler sur sa langue dévastatrice. Sa bouche me goûte toute et dans un ultime mouvement de sa langue il m'offre alors l'orgasme le plus brûlant qui soit. La tête me tourne. Je ne sais plus où je suis. La chaleur qui m'etouffe fait battre mon coeur au rythme d'une samba effrénée et le cri que je pousse vient accompagner les ondes de plaisirs qui bousculent mon être. Il me boit. Je me laisse couler dans ses bras, et il m'accueille enfin dans une étreinte merveilleuse, où nos bouches se rencontrent et partagent les saveurs de mon sexe musqué...
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mardi, 01 mai 2007
ELLE - Maitresse ou...
Un jour l'Homme m'a dit :
"Ne me dites pas que vous voulez devenir la maitresse d'un homme marié !!!"
Voilà une interpellation qui ne laisse pas indifférente. Le sujet vaut quelques minutes de réflexion ! Hum, si je prends au pied de la lettre cette exclamation interrogative je dirais spontanément : ''si, bien sûr, la maîtresse d'un homme marié, j'achète''. En effet, je lis : ''depuis le XIIIe siècle, il s'emploie spécialement dans le langage amoureux pour la femme aimée d'un homme, à cause de l'empire qu'elle exerce sur lui...'' Alors, quoi de mieux que d'être la maitresse de l'homme qui vous convoite, qui vous aime ? Quoi de mieux qu'un homme qui est sous votre empire (imperium "pouvoir souverain"). Rien vraiment ne saurait équivaloir le plaisir que l'on ressent de se savoir aimée et de se savoir maitresse de cet homme surtout si en retour cet homme est aimé de nous. Mais si cet empire puissant, si cette maitrise que la femme exerce sur l'homme n'est que cela, l'homme ne risque-t-il pas de devenir seulement objet et non plus acteur - puisque par définition maitriser c'est "réduire par la force une personne, dominer" - et de perdre tout libre-arbitre ? Non, non cela commence à prendre mauvaise tournure. Et si, pour le plaisir (et oui, le plaisir toujours !) je pousse plus avant le raisonnement : si l'engouement ressenti n'est pas équilibré , n'y a-t-il pas risque aussi pour la maîtresse de se laisser enivrer par la domination qui en découle (domination : dominus, le maitre), risque de se transformer en Dominatrix...
Pourtant être maitresse d'un homme qui ne s'appartiendrait plus et qui ferait mes volontés par manque de capacités à résister puisque sous mon joug... cela serait-il à mon goût ? Si cet homme ne participe à mes volontés que sous la puissance d'une passion qu'il ne maitrise plus ! Etre maitresse de l'homme, quel plaisir vraiment ? Quoique, à voir.. tient, un petit trip cuir, ustensils, chaine et menottes... Je souris ! Vous m'imaginez, moi une fée sophistiquée toute en finesse et subtilité, affublée d'un pareil attirail !! Au secours, ce n'est pas pour moi. Qui plus est, lorsque je lis : ''le sens moderne, ''femme qui s'est donnée à un homme qui n'est pas son époux'''.. . et qui ne le sera jamais. Alors maitresse d'un homme, marié ou non, non merci.
Alors, quoi ? Je préfère en être l'amante. Ah, l'amante, voilà qui me conviendrait mieux. Allons voir amant ''vers 1160. Celui qui aime et est aimé (d'une femme)'', le féminin amante à la valeur réciproque. Le pluriel (mil. XIII2 s.) les amans... le mot désigne alors des personnes qui aiment, qu'elles aient ou non des relations sexuelles.'' Amante est donc à double sens n'est-ce pas. Car il ne saurait y avoir d'amante sans amant et l'amant par définition aime. Donc l'amante prend une coloration beaucoup plus dans mes tons de prédilection. Hum... ça commence plutôt bien.
Mais de nos jours ? ''A partir du XVIIIe s. le masculin suppose des realtions sexuelles hors mariage... l'élément affectif devient alors moins important que l'élément sexuel et social''. Aie, alors l'amante et amant ne sont-il que de passage puisqu'illégitimes ? N'est-il pas rare en effet que l'amante et l'amant ne se connaissent jamais bibliquement. Dans ces conditions, l'amante et l'amant ont-ils pour vocation de durer ? L'amour éprouvé est-il un amour immarcescible ? Non, je crains que non, l'amour que l'amante et l'amant éprouvent l'un envers l'autre ne saurait durer sinon leur amour deviendrait légitime et l'on parlerait dès lors de couple, de mariage, d'enfants peut-être... . Car notons le au passage, rares sont les amantes et les amants qui se reproduisent volontairement. Tout au plus, le fruit de leurs amours sera fortuit voire mal accueilli. Alors l'amante de l'homme finalement non, même si ce statut présente beaucoup d'avantage. Et oui, bien sûr, l'amant est toujours enthousiaste, impatient, rasé de prêt, en tout cas au début. Il se pomponne, arrive à l'heure, sent bon, prend son temps, convoite l'amante avec patience et gourmandise, lui fait voir toute la panoplie de ses capacités sensuels car les moments sont rares et doivent être inoubliables. La routine du couple ayant érodé ses envies, rien de telle qu'une amante fringante et fraiche pour relancer ses ardeurs et lui rappeler sa délicatesse, son savoir faire, sa capacité d'écoute, son désir ardent en somme ! Pourtant, n'être aimée sciemment que pour un temps défini, car l'amante est éphémère et l'amant reste toujours avec sa femme, vous comprenez, à cause des enfants, je ne peux accepter ce maigre projet sans ambition. Car même si l'amour partagé par deux êtres, légitimes dans leur amour, n'offre pas la garantie de durée, je veux quand même savoir que l'Homme que j'aime et qui m'aime, le fait sans restrictions, sans contraintes quelles qu'elles soient. Qu'il m'a choisie librement. Que moi seule ai motivé son élan vers moi et non pas quelques pulsions sexuelles temporaires dû à l'échauffement des ses hormones rarement sollicitées. Je veux savoir que même si demain notre amour n'existe plus, et bien aujourd'hui il peut durer car rien ne viendra l'empêcher de grandir, de s'épanouir, de générer des fruits merveilleux, brillants de soleil, sucrés et juteux comme seul le vrai Amour peut en produire !
Alors l'amante ou la maitresse d'un homme, marié ou pas, non merci. Juste la femme aimée de l'homme aimé, voilà bien le seul statut que je convoite. Et si vous y avez compris quelque chose, vous êtes certainement aussi fou que moi ...
10:45 Publié dans Billet d'humour | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note