28 avril 2009

ELLE - Quand ma vie est plus riche

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"Mais c'est génial ! J'adore ! Passe-le encore !"

 

C'est à des menus plaisirs que je me rends compte à quel point je suis attachée à la vie. Et c'est dans ces moments de pure enthousiasme enfantin que je me rends compte à quel point, sous des airs sophistiqués, je suis simple. Je me souviens encore comment, récemment, un homme de mes connaissances m'assénait comme une sentence "tu es trop sophistiquée !" Il y avait dans son ton une moue féroce de dédain comme s'il venait de nommer le huitième péché capital, la sophistication. Je ne voyais pas son visage pourtant, puisque nous étions au téléphone, mais nul besoin de la vue pour entendre combien je lui paraissais alors indigne d'intérêt. "Sophistiquée !" Je l'avais pris comme un soufflet car enfin ne me voyais-je pas affublée du pire des qualificatifs qui pouvait sortir de la bouche de cet homme ?

 

Jugez un peu de ce qu'il impliquait lorsqu'il utilisait cet adjectif :
"a) [En parlant d'une pers.] Qui se distingue dans son allure, ses manières d'être ou de faire, par la recherche d'un raffinement, d'une élégance, d'une distinction généralement artificiels. b) Dont l'élégance, le raffinement délibérés sont excessifs et relèvent d'un certain maniérisme."

 

Avouez qu'il y avait de quoi s'insurger et prendre les armes contre une telle affirmation. Alors je m'en suis défendue bien sûr, et vigoureusement encore, car le sujet de notre discussion ne méritait pas une telle vexation. Je crois, dans le prétoire, avoir reporté la mise et je sais que depuis il ne me voit plus comme telle. D'ailleurs, il ne me voit plus du tout...

 

Bref, je disais donc à quel point de simples joies peuvent transformer ma vie, au point que je me dise que sans elles ma vie n'aurait sans doute pas tout à fait la même saveur. Ah, je vous sens impatient, un soupçon agacé que je fasse ainsi durer le mystère. De quoi parlé-je donc ? Mais de ma récente découverte du dernier album de Claire Diterzi. Oh, bien sûr, il n'est pas né d'hier mais je ne fais pas partie de ceux qui sont à la pointe de l'actualité musicale. Quoiqu'il en soit, quelles émotions ne m'ont pas saisie en écoutant le titre l'Odalisque. Incrédule au début, presque irritée par ces tonalités aigues, lentement mon oreille s'est laissée apprivoiser par la mélodie étonnante, détonante du morceau.

 

Et puis, comme un philtre que j'aurais bu à petite gorgée pour mieux m'intoxiquer, les notes et les paroles ce sont mis à circuler dans mes veines, à irriguer mon cerveau transformant mon scepticisme du départ en un enthousiasme hystérique. Les zygomatiques ne se détendaient plus et une joie fébrile me faisait m'esclaffer encore et encore. Et l'ami, provocateur de la situation, paraissait interdit devant tant d'engouement. Je lui demandais de passer la chanson encore et encore jusqu'à l'écœurement.

 

Et depuis ce moment, je me dis que grâce à Claire Diterzi, ma vie est encore plus belle et je me prends à rêver être dans une autre vie,  chanteuse fantaisiste et talentueuse comme elle. Pour le plaisir, en tout cas pour le mien, je vous la livre. Ouvrez grand vos oreilles et dépassez vos a priori.

Et qui a dira encore que je suis sophistiquée ?

 

A Celadon.

 

 

  

 

 

Tes pieds, mon amour,
A tout jamais je baiserai
Ta voix de velours,
Je m'incline et j'y obéirai
Telle une Pompadour
Enfarinée, rococo, parée
Des plus beaux atours
A tes pieds, je me jetterai

Vois comme je me couche
Au sein de tes draps, alanguie,
Rien ne m'effarouche
Je suis ta diva, ton odalisque
A tes forteresses,
Enamourée, je m'abandonne
Pour l'éternité
Je suis ta nana et ta Madone

Tes pieds, mon amour,
A tout jamais je baiserai
Ta voix de velours,
Je m'incline et j'y obéirai
Telle une Pompadour
Enfarinée, rococo, parée
Des plus beaux atours
A tes pieds, je me jetterai

Vois comme je me couche
Au sein de tes draps, alanguie,
Rien ne m'effarouche
Je suis ta diva, ton odalisque
A tes forteresses,
Enamourée, je m'abandonne
Pour l'éternité
Je suis ta nana et ta Madone

Pour l'éternité
Je suis ta nana et ta Madone

Je suis ta nana et ta Madone
Je suis ta nana et ta Madone
Je suis ta diva, ton odalisque

 

 

25 avril 2009

ELLE - Quand la réalité devrait rester fiction

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C'était son week-end, programmé de longue date.

Elle aime ce qui est beau. Elle aime ce qui est bon. Elle aime le luxe discret, celui qui n'éblouit pas les pupilles mais se niche dans les détails. Une mosaïque ajustée au millimètre mais comme jetée au hasard qui pave les couloirs du hall d'entrée. Les moquettes épaisses qui absorbent les bruits dans les couloirs quand en peignoir de bain on descend au spa. Les plafonds haut-perchés aux moulures immaculées, les tentures blanc et bleu clair qui encadrent sans alourdir les immenses baies vitrées libérant la vue sur un lac infini et au fond, immergée dans les nuages, la cime du Jura comme une pâtisserie de sucre glace.

J'aime lui organiser de temps en temps de ces parenthèses émerveillées qui la sortent d'un quotidien prosaïque fait de bras de fer permanents avec des adolescents dont la seule ambition est de faire du pognon, vite et facilement, futurs voleurs de voitures ou dealers dans les coins obscurs, voués aux mauvais coups, aux mauvaises fins. Offrir une évasion comme un rêve qu'on vit les yeux ouverts. Croire un instant que la vie est belle et que tout est beau et bon. Inventer le temps d'un week-end un monde de douceurs et de bienfaits pour recharger ses accus à bout de souffle. Qui a encore l'audace de dire qu'être professeur, dans le 9-3- en particulier, est un boulot peinard et trop bien payé ? Le hasard veut que notre hôtel favori héberge au même moment une conférence "Le Léman des auteurs". Y rencontrerons-nous quelques uns des invités connus ?

 

Mon moment favori, le petit-déjeuner. Nous arrivons dans la grande salle aux tables nappées de blanc. La vue sur le lac est éblouissante et le café, servi dans l'argenterie et la porcelaine, de Lavazza de base il devient nectar noir. Alors que nous nous servons au buffet, hésitant devant toutes les succulences qui nous sont proposées, mon regard se pose par hasard sur le couple qui arrive. Un choc ! Là, devant moi, un présentateur de télévision entre dans la salle accompagné d'une femme et de deux enfants.  Et alors qu'il choisit sa table, je le regarde discrètement. Une impression étrange, comme un malaise fait que mon regard s'attarde bien trop longtemps sur son visage. Mon amie, que j'ai prévenue, l'observe en tapinois et se tourne vers moi. On pense la même chose je crois. Et alors que je remplis mécaniquement mon assiette, ma réflexion part sur des chemins de traverse à des lieux de là.

L'homme a un visage improbable, comme une caricature à la Daumier. Des images de l'émission qu'il anima un temps se superposent à celle d'aujourd'hui et ça ne colle pas. Le contour est différent, tout est exagéré : les pommettes, le menton, les lèvres exagérément ourlées. Un déséquilibre qui fait de ce visage une vision dérangeante. Mais que s'est-il passé en plus du temps ? Car le temps qui passe, évidemment, nous change et parfois même nous transforme, mais pas à ce point là ! Est-ce vraiment lui que j'ai sous les yeux maintenant ? Je ne crois pas un seul instant que ce soient les méfaits du vieillissement que je lis sur ses traits. Non, c'est autre chose. Une crainte horrible me fais soupçonner le résultat d'un bistouri indélicat ou, pire encore, la volonté désaxée du sujet. Car enfin, s'il s'agit de chirurgie, il faudrait avoir perdu le sens de l'équilibre pour s'infliger pareille défiguration. A moins que ce ne soit le résultat d'une Nature méchamment facétieuse ? Je ne sais qui de l'homme ou de la Nature est le plus créatif.

Quelque soit la réalité, cette rencontre surprise comme point de départ à ma réflexion m'amène à me questionner sur ce qui fait qu'on se construit de soi telle ou telle image au point de vouloir y ressembler à tout prix ? Quel prix a-t-il dû payer de souffrances dans sa relation à soi en devenant ce qu'il est, que cette transformation soit naturelle ou artificielle ? Certains sont prêts à tous les risques et à toutes les souffrances pour atteindre leur délivrance au travers d'une image digne de soi. Fausseté partout. Tout plutôt que de ne pas s'aimer, mais la question demeure : s'aime-t-on mieux, s'aime-t-on vraiment après ?

Et toutes ces femmes qui poussent l'exercice à l'excès et qui ne ressemblent plus à rien et, en tout cas, certainement pas à ce qu'elles souhaitaient. Ne sont-ils pas légions ces femmes et ces hommes qui ont tellement défié la nature qu'aujourd'hui eux aussi ont rejoint le club des caricatures vivantes ? Il ne peut s'agir d'esthétique uniquement, cela va bien au-delà d'un souci d'être beau sinon ce que l'on voit ne serait pas. Il ne peut s'agir de rester jeune absolument, cela va bien au-delà de la volonté d'effacer les traces du temps, car au vu des dégâts, n'importe quel humain conviendrait que mieux vaut quelques jolies rides que ces faces de momies vidées de toute humanité. D'où nous vient l'image idéale à laquelle nous voudrions ressembler ? J'en reviens inlassablement à la Loterie Céleste. A l'appui de ces interrogations viennent les visages défigurés de Mickey Rourke, Régine, Ivana Trump, Sheila et autre D.Hannah ... pour citer en vrac le nom de gens publics qui me viennent à l'esprit et que vous avez certainement croisés vous aussi par hasard dans Gala.


Nous nous asseyons enfin à notre table joliment dressée et je tente d'oublier par une gorgée de café brûlant ces questions qui m'agacent l'esprit et qui ne trouvent pas de réponse. J'en déduis que l'Homme est un être fragile et que la construction de l'image de soi n'a rien d'inné.

 

Ma conclusion ? Finalement, moi, je m'aime bien !

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23 avril 2009

ELLE - Envie d'amour payant

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"Ben, non, je n'ai pas de meilleure idée !"

Caroline souffle fortement, découragée. Mireille regarde les filles en faisant la moue. "C'est un peu convenu, non ? Je n'aime pas cette mode à l'anglaise. Quelle débilité, l'enterrement de vie de jeune-fille... Comme si elle avait attendu sa dernière nuit de célibataire pour faire la vie !" Mireille a redit pour la énième fois sa façon de penser. "Mais non, t'es rabat-joie, c'est amusant ! Et puis, connaissant Anne-Lise, elle appréciera !" intervient Laurence. "Bon, d'accord" conclu Mireille et Caroline semble soulagée qui enchaîne "Si on est d'accord, je vais réserver sur le site internet. Vous me donnerez votre quote-part par chèque quand tout sera réglé." Comme à la hâte, Laurence ajoute "Et vous n'avez pas oublié le diner demain soir, hein ? 20h00 chez moi, et..." se tournant vers Caroline avec son air espiègle qui laisse présager le pire "... il y aura le copain de Pierre dont je t'ai parlé !" Caroline lève les yeux au ciel, cette manie qu'à Laurence de toujours vouloir la caser ! "Oh, ça va, ne recommence pas" répond-elle visiblement agacée. Laurence sourit, elle aime bien faire la marieuse même si jusqu'à maintenant elle a échoué. Les trois amies partent d'un éclat de rire, évidemment complices. Elles terminent leur café avant de se séparer.

 20H00 chez Laurence

"Caroline, vient par ici, il faut que je te parle." Laurence l'attrape par le bras et l'attire dans la cuisine."C'est la merde. Anne-Lise a refusé notre cadeau. Je suis drôlement déçue..." Caroline la regarde, incrédule "mais tu avais dit que cela lui plairait ?" "Je sais, mais elle dit ne plus avoir envie de s'amuser comme avant. C'est bête, on va perdre l'argent de la réservation, non ?" Caroline secoue la tête en disant "si, tout dédit de moins de deux jours rend le paiement de l'acompte dû. En plus, c'était vraiment pas donné." puis elle ajoute "Quel gâchis ! J'avais choisi un type hyper mignon. Son visage était flouté mais je ne te parle pas de sa plastique. Il s'est affublé d'un pseudo bidon "Hungstallion" mais si tu lisais la description qu'il fait de lui.  Pour te dire la vérité, en me baladant sur le site, des envies insidieuses me sont venues d'essayer ... " "Et bien, pourquoi tu n'irais pas au rendez-vous, toi ? Perdu pour perdu, autant que l'une d'entre nous en profite et je suis persuadée que Mireille non plus ne voudra pas. Et moi, c'est hors de question !" conclu Laurence. "Tu plaisantes" rétorque Caroline sans conviction. "Tu es folle. Autant Anne-Lise est audacieuse et sans tabous, autant moi, c'est une autre chose..." "Laisse tomber, plaie d'argent n'est pas mortelle. Viens donc diner, je voudrais te présenter Romuald." Caroline pouffe "Quoi, c'est un Romuald ce soir ! A-t-on idée de porter un tel prénom. Ca fait Ringo Willycat, non ?"

Elles sortent de la cuisine en rigolant et passent dans la salle à manger. Evidemment, Laurence a placé Romuald à côté de Caroline. Elle le lui présente et Caroline penche un peu la tête sur le côté comme elle le fait à chaque fois qu'elle est intriguée. Elle réprime un sourire car, pour une fois, le célibataire de service lui plait mais elle se brûlerait les doigts sur la gazinière plutôt que de l'avouer à son amie, mère maquerelle dédiée à lui trouver l'homme de sa vie.

Ils s'assoient à la table. Il a dû être débriefé car il commence à lui faire la conversation avec assiduité. Sa conversation est plaisante. Il parle bien, choisit ses mots avec soin et Caroline, en phase d'observation, tente de le faire parler le plus possible pour se faire une idée de l'homme qu'il est. Le diner s'écoule au rythme des éclats de rire et des bouteilles de vin qui se vident. Sans savoir pourquoi, ils en viennent à parler de politique. Romuald affirme, sans flancher, que tout homme politique doit rendre des comptes sur sa vie privée. Son approche des obligations du politicien envers ses électeurs est à l'américaine, sans limites. Caroline s'échauffe. Elle insiste sur l'exception culturelle française qui permet à quiconque de vivre dans l'alcôve ce qui lui plait sans devoir publiquement se justifier "Tant qu'il n'est pas pédophile..." Il insiste et lui fait sentir qu'elle n'est qu'une femme dont l'opinion ne saurait avoir du poids. Elle s'agace, non mais pour qui se prend-il celui-là. Elle se dit que la soirée vire à l'aigre et que ce type est stupide. Belle gueule mais stupide, incapable d'avoir une discussion. Elle déteste son ton condescendant et subitement elle s'entend lui déclarer comme une sentence "Ah, mais, vous m'agacez à la fin ! Je me demande même pourquoi j'ai cette conversation. En fait, je ne veux pas avoir cette conversation..." et elle se lève brusquement.

Laurence a entendu l'altercation et emboîte le pas de Caroline qui file vers l'entrée. "Mais que s'est-il passé ?" interroge-t-elle, inquiète. "Rien, ce Romuald est aussi con que son prénom. De toute façon, il est tard. Ne m'en veux pas, je pars. Et ne me reparle plus de ce type..." Elle lui plaque une bise fugace sur la joue et dévale l'escalier.

Dans le taxi, elle se repasse lentement chaque étape de leur conversation. Quel homme obtus, sans ouverture d'esprit, persuadé qu'en la matière il a raison. "Facho, va !" pense-t-elle. En fait, elle a pensé tout haut et s'en rend compte lorsque le chauffeur lui dit "Pardon ?". Elle sourit maintenant. Se fâcher à cause de ce type c'est déjà trop, il ne manquerait plus qu'elle passe pour une cinglée !

Il est 23h30 lorsqu'elle s'assoie devant l'écran de son ordinateur. Elle a repensé à la proposition de Laurence. Oserait-elle se rendre au rendez-vous demain soir avec Hungstallion ? Elle scrute maintenant la fiche de l'Escort qu'elle a choisi et les promesses qu'il fait sur ses compétences la troublent fortement. Elle ferme les yeux un instant et se dit que l'amour sans Amour ne vaut rien, mais si l'amour est bien fait, cela vaut bien le temps passé.
L'annonce est en anglais, le site est international. "I love to cuddle, give sensual massages or lick your body anywhere you wish, always sensitive to your pleasure. I don't have much taboo..." la laisse rêveuse. Elle referme les yeux et sent déjà ses mains partout sur son corps. Elle est décidée. "Allo, Laurence ? C'est moi. Demain, j'irai au rendez-vous. Tu as toutes les coordonnées, si jamais ! Oui, je te raconterai..."

Et si Caroline était vous, à sa place, vous feriez quoi ? 

 

20 avril 2009

ELLE - Do me up !

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Alona se regarde dans le miroir de la salle de bain.

Ses cheveux sont encore mouillés mais la couleur lui semble avoir pris correctement. Les mèches blondes, plus pâles aux pointes donneront l'effet escompté, celui d'une blonde dont les cheveux sont brûlés par trop de soleil. Elle les a coupés court et elle scrute ce nouveau visage comme si elle découvrait une inconnue. Les mots de Madame R. reviennent en boucle dans sa tête "Il aime les filles typés, les filles de l'est. Il faut absolument que vous deveniez blonde. Blonde de partout, hein, je ne tiens pas à ruiner notre réputation par manque d'attention. Ah, n'oubliez pas, il veut une femme de caractère mais seulement quand le moment sera venu. Vous comprendrez. Alors, surtout au début, soyez docile, souple, pas idiote pour autant n'est-ce pas, mais disons... accommodante !" Madame R. Dans la maison on ne prononce pas son nom. D'ailleurs, de mémoire d'Alona elle ne l'a jamais entendu prononcé. Le mystère de Madame R. est bien gardé et les filles n'osent même pas l'évoquer lorsqu'elles se retrouvent le matin pour recevoir les consignes pour la journée.

Alona scrute le miroir en déclamant la lettre R. sur tous les tons comme une provocation. Elle se fait rire toute seule "R. comme ? Raymonde. Ah, ce serait drôle Raymonde, c'est d'un vilain. Ca irait bien avec sa trogne rubiconde. Trop de vin ? R. R. R. comme Radegonde" Elle pouffe littéralement comme une enfant et ses lèvres étirées en un sourire franc accentuent le saillant de ses pommettes soulignant au passage ces origines Oudmourtes. Plus elle se regarde, plus elle trouve que le blond lui va bien d'autant que ses yeux sont clairs.  Elle baisse les yeux vers son ventre et s'amuse de voir que la teinture a bien pris partout, il ne pourra pas voir la tricherie ! "A moins que ce ne soit R. comme Rose ? Rose, ce doit être ça, un parfum léger mais inoubliable associé aux épines qui la rendent dangereuse pour qui ne sait la prendre !".

Elle regarde sa montre. Il lui reste une demi-heure avant qu'il ne frappe à la porte. C'est la première fois qu'elle a rendez-vous dans cet hôtel et la vue sur la baie plongée dans la nuit est époustouflante. "Toutes les capitales brillent des mêmes feux multicolores", pense-t-elle, "je peux être ici ou ailleurs, rien ne change". Elle secoue sa chevelure mouillée comme pour s'ébrouer de ses mauvaises pensées qui la minent. Ce soir, elle doit assurer !

Sur le couvre-lit beige, un pachmina gris souris habille le pied du lit dénotant un goût assuré de la direction pour les détails raffinés. La décoration mélange harmonieusement le moderne et l'ancien elle se rassure en se disant que son métier finalement offre des avantages. Alors qu'elle enfile son string, un coup métallique frappé sur la porte la fait sursauter. "Ah, ce doit être ma robe, parfait" se dit-elle. Elle file dans la salle de bain et entoure à la hâte son buste nu avec la grande serviette blanche humide et froide qui repose sur la baignoire.

La porte à peine entrouverte, elle se retrouve propulsée à l'intérieur par un homme élégamment sapé braquant un revolver. Elle pousse un cri et s'accroche par réflexe au revers de la serviette comme pour assurer son maintien. "Allez-vous asseoir" est tout ce qu'il lui dit en indiquant d'un geste de révolver impatient une chaise à côté du canapé rouge. Il est suivi par deux types vêtus de tenus de police avec gilet pare-balles et mitraillette dans les mains. "Qui êtes-vous ?" demande-t-elle espérant gagner du temps. "Disons que je m'appelle Boris." Son œil aguerri scanne chaque élément qui compose la scène en une nano seconde. Les deux gardes se sont postés de chaque côté du lit, immobiles comme des candélabres. Boris a déposé sur le lit une mallette de cuir noir épaisse juste à côté de son soutien-gorge qu'elle n'a pas eu le temps d'enfiler. "Nous allons attendre Monsieur Baguirov tous ensemble. Je vous conseille d'être bien sage et tout se passera bien..." Elle n'en croit pas un mot. Elle sera sûrement un dégât collatéral négligeable. Il faut qu'elle agisse de peur de ne pas s'en sortir.

"Pourriez-vous me donner mon soutien-gorge" dit-elle l'air dégagé en esquissant un sourire. Il semble condescendre et attrape du bout de son fling le soutien-gorge de soie noire. Alors qu'il tend le bras dans sa direction, un coup de pied violent qu'elle lui assène de sa jambe gauche envoie valser le revolver et le soutien-gorge très haut dans les airs, déséquilibrant un court instant le chef de la bande. Les deux sbires se sont précipités vers elle mais elle s'est déjà levée. D'un mouvement de rotation assuré, elle envoie sa chaise dans les jambes du garde le plus proche et s'appuyant sur les accoudoirs elle projette en un coup de pied retourné son talon dans le nez de son opposant, le mettant d'un seul coup hors jeu. Elle se retourne juste à temps pour dérouler en une pirouette brusque la serviette éponge mouillée dont elle cingle le visage du deuxième assaillant qui titube un instant puis se jette sur elle, mitraillette en avant. Plus prompte que le fouet d'Indiana Jones, elle arrache de sa serviette éponge l'arme la menaçant combinant le mouvement à un tacle qui envoie bouler le type contre le mur en l'assommant. Cela ne dure que quelques fractions de seconde et elle a tout juste le temps de lever les bras au ciel pour enfiler son soutien-gorge et récupérer au vol le revolver que Boris tente de rattraper.

Le bras tendu dans son dos, elle braque le revolver sur Boris et la direction du canon lui fait immédiatement réaliser qu'il aurait tout à perdre, peut-être même plus que la vie, s'il faisait le moindre mouvement. "Attachez mon soutien-gorge !" lui intime-t-elle. Il s'approche avec hésitation de son dos et délicatement insère les agrafes du soutien-gorge. A peine terminée sa mission, Alona se retourne et d'un coup sec défonce la mâchoire de Boris qui tombe KO au sol. Elle toise quelques secondes les trois corps inconscients, puis appelle la réception.

"Allo, un taxi s'il vous plait. Oui, maintenant..."

Quand la contribution de Jo le Trembleur m'inspire une narration.

 

 


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17 avril 2009

ELLE - Le prix de la sincérité

sincérité.jpg"Tout cela ne mène à rien. Il faut mieux ne plus se revoir..."

Je tourne et retourne les mots dans ma tête. Comment dire ce que je ressens sans me trahir, sans blesser, sans laisser de place à l'interprétation ? Et avant toute chose, pour pouvoir dire, ne faut-il pas savoir exactement ce qui nous anime ? Je suis assise à mon bureau, incapable de me concentrer car je sais que je vais devoir faire un choix. Un choix définitif et le signifier comme tel. Un choix définitif et me l'approprier comme tel, avec la kyrielle de doutes qui s'accroche, bruyants comme les casseroles dissonantes à la queue de Rantanplan.

Pourtant, cela devrait m'être facile car je l'ai fait déjà tant de fois. Refuser. Me refuser. Mais lui, lui, il m'ébranle. Il m'ébranle mais je ne l'aime pas. Il m'ébranle parce que telle la marée, sans cesse il revient à la charge de mes fondations. Parce que sa persévérance entame mes convictions. Trois fois déjà ne lui ai-je pas dit, en fa ou en sol, que la clef de mon cœur il ne l'aura jamais parce que je ne l'aime pas ? Trois fois déjà ! N'est-ce pas plus que ne peut supporter un être humain aux motivations sincères ? "Suis moi, je te fuis. Fuis-moi je te suis ?" Peu importe ses véritables motivations car il ne me les dira pas mais, vu le début chaotique de notre relation, je serais tentée de dire qu'il agit par dépit. En tout cas, la petite voix qui ne veut pas, la petite voix sûre d'elle parce que sûre de ses sentiments ou plutôt sûre de leur absence, ne branle pas et me répète avec assurance que c'est sûrement cela. Il ne supporte pas le rejet et n'aura de cesse de me conquérir que je ne me rende. Mais de reddition il n'est pas question car mon cœur pour lui ne bat pas. Alors pourquoi devant l'écran de mon ordinateur, cette fois-ci j'hésite un peu ?

Serait-ce à cause de l'autre voix, la voix de la peureuse qui, seul dans son lit, craint le froid des draps ? La voix qui me dit "attention, Gicerilla, s'il est si constant n'est-ce pas justement parce que pour toi, peut-être, il peut devenir important ?". Dois-je écouter cette voix frileuse qui tente de m'enjôler en me faisant valoir que mieux vaut être accompagnée que d'être seule ? Dois-je écouter cette voix dénuée de sentiments qui me dit que demain peut-être plus aucun homme ne viendra frapper à ma porte pour me séduire et m'aimer ?

Je scrute l'horizon au-delà de l'écran, les cimes encore enneigées m'offrent leur silhouette virginale et dentelée comme l'est le cours de ma pensée. Haut, bas, haut, bas. Le bannirai-je pour toujours de ma vie ou dois-je lui ouvrir ma porte à défaut de mon cœur ?. Comment font tous ces êtres, hommes ou femmes, qui n'aiment plus mais qui restent quand même. Comment font tous ces êtres, femmes ou hommes qui préfèrent s'associer à défaut de s'aimer plutôt que de voir leur vie s'écouler sans compagnon à leur côté ? Pourquoi ne puis-je pas me résoudre à accepter à mon tour une association et des caresses partagées comme une condition d'un contrat en deux exemplaires ?

Je ne suis pas forgeronne et je ne conserve pas, comme certains, quelques de fers au feu, si jamais. Chacun de nous mérite d'être traité avec sincérité et aucun ne devrait servir nos desseins égoïstes. Pourtant, n'est-il pas rassurant de garder au bout de sa ligne quelques prises en cas de famine ? Leur donner du mou pour qu'elles ne réalisent pas qu'on les tient enchainées sans garantie de recevoir un jour la récompense de leur patience. Les garder ferrées au cas où l'envie de pécher me viendrait un soir de désespoir, et sentir pour une nuit les mains rassurantes d'un homme transi errer sur mon corps, frémissant sans amour.

Non, jamais. Jouer m'est intolérable, et je préfère trancher net tout espoir et tant pis si je blesse par la sincérité de mon propos. Je n'arrive pas, quelque effort que je fasse, à m'associer pour faire plaisir, à m'associer pour pouvoir dire "nous" et non plus "je" en réponse à une invitation. Le "nous" me coûterait trop de sacrifices et je vais continuer à dire "je" tant que je ne vivrai pas le "nous" au fond de mes tripes. Ma décision est prise.

Je prends mon téléphone et relis son SMS. Non, je n'accepterai pas son invitation qui sera pour moi la dernière de sa part. Je n'imagine pas qu'il me relance encore après cela, ou alors, il ne s'agira plus d'amour mais bien de son amour propre qui ne rend pas les armes, et donc à fuir absolument. Lentement, je tape sur le clavier du téléphone portable les lettres qui vont marquer la fin de cette drôle de relation. Cet homme ne sera plus entreposé dans quelque coin de ma mémoire comme un bulle d'oxygène à respirer quand la solitude m'étouffera.

Il mérite mieux que ce sort là. Je mérite mieux que ça !

 

 

14 avril 2009

ELLE - Envie qu'il dise oui

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"Et vous vous imaginez ça comment ?" 

Sylvie contemplait l'email depuis quelques minutes. Ses yeux scrutaient les mots mais ne les voyaient plus. Elle se sentait sereine, presque détachée. Elle décida de ne pas répondre à ce message évidemment provocateur, mais au fond d'elle les mots montaient comme de la lave. Ils étaient contradictoires et créaient une belle pagaille dans son cœur. Ses lèvres restèrent scellées et ne prononcèrent pas la réponse que ses doigts brûlaient de taper sur le clavier. Car Sylvie ne voulait plus imaginer, elle voulait vivre. Parmi tous ceux qui la contactaient, il était le seul à jouer avec elle, sans volonté d'édicter à haute voix les règles du jeu qu'il avait inventé. Elle avait enfin compris, au prix de tant de désillusions, qu'il fallait le suivre sur son terrain, le poursuivre dans ses retranchements, l'acculer à dire oui ou non. Alors elle attendait, elle laissait germer en elle l'idée d'une réponse.

Après quelques jours de gestation, elle lui envoya la réponse suivante.

"Vous voudriez que je vous raconte comment j'imagine notre rencontre. Lisez-donc.

"Nous nous donnerons rendez-vous en fin de journée, alors que le soleil est encore assez haut pour illuminer d'orangé les paysages.  Vous m'attendrez sur le parking à l'heure convenue. Vous vous garerez comme je vous l'ai indiqué, exactement. J'arriverai avec quelques minutes de retard pour que vous pensiez, inquiet, être l'objet d'une mauvaise plaisanterie, comme une revanche de ma part que vous n'auriez pas pressentie. Et puis, vous verrez ma voiture arriver dans le fond du parking, étonné de noter qu'il y a deux entrées. Je me garerai en face de vous, à contre-jour. Je sortirai lentement pour conférer à ma sortie cette lenteur dramatique des ralentis. Vous verrez mal, aveuglé par la lumière du soleil couchant. Je me tiendrai debout, vous défiant du regard mais la distance ne vous permettra pas de voir le défi satisfait qui sûrement s'y nichera. Je porterai une robe-chemisier de coton blanc, fin comme un voile. Je marcherai lentement, très lentement vers vous, chaloupant des hanches et le balancement de la robe autour de mes jambes déjà vous hypnotisera. Vous verrez en transparence la silhouette de mes jambes, longues et fuselées, et vous vous surprendrez à vouloir en goûter la chair. Mais vous vous reprendrez car vous vous souviendrez de votre vœu de chasteté, votre vœu vain de ne plus vibrer. Des pensées contradictoires vous envahiront alors que je me rapprocherai, car votre cerveau reptilien oblitèrera votre volonté et vous rappellera qu'homme malgré tout vous êtes. Vous vous adosserez avec nonchalance contre la portière conducteur de votre voiture, figurant un homme détaché et serein.

J'arriverai à votre hauteur. Je me planterai devant vous et enfin je scruterai votre âme, mes yeux plantés dans les vôtres. Nous nous dirons "bonsoir". Je sourirai comme celle qui cache sa victoire. Vous sourirez comme celui qui est sûr de garder intact son serment. Subitement, n'y tenant plus, je me plaquerai de tout mon poids contre vous, poupée sans volonté que celle de vous épouser avec tout mon corps, sentir le moindre relief du vôtre avec le mien. J'attraperai vos mains pour les coincer contre la carrosserie et chercherai avidement votre bouche qui se dérobera. Vous résisterez, tournerez la tête avec dédain "je ne suis pas un homme facile !" mais j'insisterai. Je me frotterai indécemment de tout mon corps sur vous, sentant monter au creux de mes cuisses cette envie de vous qui ne me quitte pas. Je baiserai vos lèvres, violenterai votre bouche et mêlerai avec violence, avec volupté, nos langues. Je glisserai mes doigts entre les vôtres, simulant par nos doigts mêlés l'étreinte de vous ne voudrez pas me donner. Mon souffle s'affolera comme les battements de mon coeur.

Je plaquerai vos mains sur mes fesses, les y appuyant fermement pour sentir contre mon sexe le vôtre qui, à votre corps défendant, se dressera. Comme une chatte en chaleur je me frotterai contre lui, le sentant durcir sous la toile de votre jeans. Enfin, reddition silencieuse, vos mains empoigneront mes fesses avec violence, comme pour juger de leur fermeté. Je gémirai un peu et vous embrasserai de plus belle, et votre bouche enfin me rendra le baiser qu'elle ne voulait pas me donner. Mes bras autour de votre cou, je baiserai vos yeux fermés, puis vos joues, puis vos lèvres, encore et encore. J'imaginerai le désir qui vous inonde caché derrière vos paupières. Et puis mes lèvres reprendront la course de leur baiser. Elles descendront le long de votre cou, se nicheront dans le creux de votre épaule, là où mon visage parfaitement s'emboitera, car n'est-ce pas fait pour ça ? Et puis, sans vous demander votre avis je me laisserai glisser le long de votre buste. Vous tenterez de me retenir, pensant peut-être que je défaille. Mais non, ce sera volontaire.

Je me ficherai bien de savoir si le parking est toujours vide. Le soleil chauffera ma nuque alors que j'arracherai votre chemise, faisant jaillir ses pans du pantalon en libérant votre ventre. Je verrai avec émoi votre peau dorée et, comme une ligne de démarcation, la fine ligne de poils sombres, forme de stalagmite dont je voudrai impérativement retrouver la source. J'embrasserai votre ventre avec dévotion, pour vous amadouer, pour tenter de vous circonvenir car, à ce moment-là encore, vous lutterez pour me relever. Mais rien n'y fera, je serai arrimée de mes lèvres à votre ventre et déjà je déferai la ceinture de votre pantalon. Mes mains devenues fébriles caresseront votre sexe au travers de la toile assurant ainsi mon emprise sur votre volonté.

Vous râleraz "non, arrêtez..." Je répondrai sèchement "non !" et je ferai glisser la dernière défense qui vous protégeait de ma bouche. Je découvrirai votre sexe bandé et sans ménagement le sucerai. Je serai avide, précipitée, excitée. Vous tenterez une dernière fois de me repousser en appuyant vos mains sur mes épaules mais, bientôt, je les sentirai abandonner leur pression au rythme de mes caresses. Je vous taillerai la plus belle pipe que votre vit aura jamais subi. Vous jouirez bientôt en gémissant sous les coups répétés de ma langue brûlante. Et lorsque la dernière goutte de votre jouissance aura maculé ma bouche, je me redresserai, triomphante. Puis, en essuyant sans élégance la dernière trace de votre foutre sur mes lèvres et je vous regarderai en souriant.  "Bon, on va diner ?" seront les seuls mots que j'ajouterai !"

Evidemment, cher homme, vous aurez compris que ce qui précède est un conte pour enfant et il y a bien longtemps que vous n'en êtes plus un. Tout cela n'arrivera pas alors, soyons simples, pour le diner, c'est oui ou non ?

Sylvie
."

Alors, d'après vous, oui ou non ?

+ + + + + +

 

 Quand IMAGO me propose des illustations maison...

Envie qu'il dise oui.jpeg

05:42 Ecrit par Gicerilla dans Eros | Lien permanent | Commentaires (29) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

11 avril 2009

ELLE - Le champ des possibles

accueil.gifMe voilà de retour dans ma salle de fitness préférée.

Préférée, c'est vite dit car, lorsque je rentre dans ce temple de la fonte, j'ai souvent l'impression de pénétrer une grotte oubliée au fin fond de la jongle où marinent depuis des générations des hommes vêtus de peaux de bête qui ignorent le bain. Les hommes s'entend. Enfin, les deux peut-être à en juger par la puissance du fumet !

Depuis quelques temps j'ai abandonné l'échauffement au rameur au profit du stepper haut perché sur la mezzanine qui domine la salle. A se demander ce qui motive ce changement ? Est-ce la perspective de faire de mes fesses des globes à adorer ou la possibilité de mater le mâle impunément sans le prendre de haut ? Les deux, assurément, car l'observation de ces hommes m'est une source constante d'étonnement et de réflexion qui me fait oublier l'inanité de gravir des marches qui ne mènent nulle part en ahanant. Aujourd'hui, me dandiner me coûte plus que d'habitude. Lassitude du mouvement à répétition sans autre but que celui de muscler mon séant comme une allégorie de l'absurdité du monde dans lequel nous vivons. Quoi de plus absurde en effet que de fabriquer des hommes-tronc vissés devant des écrans la journée durant qui ensuite vont se faire suer sur des machines. Car on se fait suer sur des machines, croyez-moi !

Bref, pour oublier l'ennui je concentre mon attention sur les gars qui fourmillent en contrebas. Je les étudie tous, les uns après les autres, évaluant, tel le maquignon, les atouts et les faiblesses de chacun. Je m'imagine déjà sur la place du village devenu marché aux mâles et me surprends en train de commenter en mon for intérieur les pectoraux de l'un, les biceps de l'autre ou bien encore celui-là aux jambes bien trop courtes ou cet autre aux bras épais comme mes cuisses. Les hommes sont les plus nombreux. Qu'en inférer ma foi ? Que les hommes soucieux de leur corps ont l'idée préconçue que plus est mieux. Que leur masculinité passe forcément par l'exhibition de muscles impressionnants. Rares sont ceux qui se contentent de sécher, de dessiner, d'affiner. Ceux-là se comptent sur les doigts d'une main. Mais la majorité imagine assurément en se mirant dans la glace que seul le volume compte au détriment de l'équilibre de la ligne et de l'harmonie de l'ensemble.

Mais je les aime tous, finalement. Une forme de tendresse pardonne leur excès et je les imagine habités de doutes si prégnants qu'ils s'obligent quotidiennement à sculpter ce corps selon des critères d'où l'esthétisme est souvent absent. Qui a dit que les hommes sont des animaux sûrs d'eux ? Tout le contraire je pense. En tout cas, cette appréciation s'applique sans aucun doute à ceux qui peuplent cette salle. Les filles sont boulimiques ou anorexiques et martyrisent leur corps pour tenter de l'accepter. Ces hommes-là utilisent la musculation comme thérapie pour accepter ce qui chez eux ne leur plait pas. Et l'excès n'est absent, ni chez les uns, ni chez les autres.

Et puis, quel plaisir cela m'est d'imaginer qu'il suffirait que je le veuille pour séduire l'un d'eux car les œillades qu'ils me lancent parfois me laissent entrevoir que je n'aurais pas toujours pour réponse des rebuffades. Rien que pour cela je leur sais gré d'exister car, même si l'hommage est parfois voyant, qu'ils soient petits ou grands, gros ou minces, ils me rappellent que je suis une femme et non pas un ange. Ange, au sens d'entité asexué, car n'est-ce pas comme cela que je me sens ces derniers temps ?

Ils m'offrent ici, sans le savoir, un champ des possibles qui me redonne vie dans mes moments de doute. Et même si la peur qui ne me quitte plus depuis des mois m'empêche d'esquisser le plus petit geste dans leur direction, j'aime cette impression d'infini qui, grâce à eux, se déroule devant moi alors que je les regarde manier avec plus ou moins de dextérité les barres et les rondelles de fonte. Je les égratigne mais au fond je sais que je ne pourrais vivre dans un monde sans eux.

Ne l'ai-je pas déjà dit ici, les hommes, j'aime !

 

08 avril 2009

ELLE - La vengeance est un plat...

Colleville.jpg"Mais, Papa, je ne veux pas l'épouser !"

Elle a presque crié, elle qui n'élève jamais la voix. "Mais tu feras ce que je te dis. Les détails sont déjà agréés entre Robert et moi, tu épouseras Lucas. Il est hors de question que La Jacquière soit morcelée. Tu l'épouses et la propriété reste entière." Lisa s'enfuit de la cuisine et va se réfugier dans l'écurie. Gibarlet, le cheval de trait est là, rassurant. Elle s'assoit recroquevillée dans un coin de son box sur le foin propre et chaud et laisse monter les sanglots qui l'étranglent. Le souffle du cheval et son odeur la rassurent depuis qu'elle est enfant. Elle n'aime pas Lucas. Il est prétentieux et mal fait. Et puis il est velu, comme un singe, voilà ce qu'il est. Une espèce de gorille tout en muscles disproportionnés et arrogant avec ça alors qu'il n'a pas inventé la poudre. Né dans une famille qui a du bien, voilà son seul mérite. Et puis Robert, son père, fait partie d'une branche par alliance de la famille. Ah, la famille ! Son père n'a que ce mot là à la bouche. Propriétaire terrien plus enraciné dans ses terres que le grand chêne derrière la maison. Elle pleure et renifle comme une enfant malgré ses dix-neuf ans. Elle ne l'épousera pas. Elle s'enfuira. Elle se tuera, tiens. Oui, elle se tuera. Tout, plutôt que de se faire déflorer par ce gros lard, laid et maladroit.

Des bruits dans la sellerie lui font pointer l'oreille en retenant ses pleurs. Elle regarde entre les lattes du box et voit Paul, l'ouvrier de son père, de dos. Il vient vers le box, un harnais dans les mains. Elle murmure "Paul !" et il la voit. Evidemment étonné de la voir là, il remarque ses yeux rouges "Mais Lisa, qu'est-ce qu'il y a ?" Elle lui raconte Papa et Lucas et le mariage et elle se précipite dans ses bras. Il la serre très fort contre son torse et elle cache son visage dans le col de sa chemise. "Je veux pas l'épouser. C'est toi que je veux !" Et ses sanglots reprennent de plus belle. "Chuuut !" lui dit-il en la berçant un peu. "T'inquiètes pas, on va trouver une solution !". "Partons !" supplie-t-elle "Partons. Quittons Colleville. On s'en fout de la ferme et de la terre. On trouvera du travail n'importe où, avec les hommes qui meurent partout, ils auront bien besoin de nos bras ailleurs !" Et comme si les événements voulaient confirmer ce qu'elle venait de dire, au dessus de leur tête, loin dans l'azur le ronronnement des hélices des avions de guerre. "Fuyons, fuyons la guerre et ce mariage dont je ne veux pas."

Alors que la nuit devient grise de l'aube qui nait et que tout le monde dort, Lisa sort de sa chambre les pieds nus pour ne réveiller personne. Elle se faufile dans la cour peinant sous le poids de sa valise remplie à ras-bord. Paul l'attend sur le chemin au-delà des murs de la grand-cour. Il est bien là dans la vieille Peugeot 402 de son père. Ils s'embrassent éperdument, le cœur battant plus fort, conscients du défi qui les attend. "Oh, laisse-moi conduire, j'adore ça. Allez, donne-moi le volant" Il sourit, tout pour lui faire plaisir. Il change de place et elle démarre pleine de joie. Le soleil se lève à l'horizon et le gris de la nuit devient rose orangé flamboyant comme l'augure de la nouvelle vie qui commence pour eux. Soudain, sur la route étroite, une camionnette Renault blanc sale et toute cabossée débouche dans le virage. Lisa retient un cri. C'est la camionnette de Lucas. Elle occupe pratiquement toute la largeur de la voie et Lisa est obligée de dévier la course de la voiture vers le bas côté droit. La Peugeot dérape sur l'herbe gorgée de rosée du matin et les roues patines dans la terre boueuse.

La camionnette s'arrête à leur hauteur projetant son ombre sinistre comme une menace. Lucas les a vus. Il descend de la vieille guimbarde en furie "Et vous deux, vous croyez aller où comme ça, hein ? Lisa qu'est-ce qui t' prend ? J'te rappelle qu'on s'marie dans un mois !" Paul voudrait bien sortir pour la protéger mais sa portière est bloquée alors que Lisa panique et accélère enfonçant plus encore les roues dans la terre meuble. Lucas ouvre sa portière et l'attrape par le bras "laisse-là !" crache Paul qui se démène pour sortir du piège. Lisa crie, résiste, se débat mais rien y fait, Lucas est bien trop fort et il l'a arrachée à son siège. Il lui assène une claque qui lui fait violemment tourner la tête. Paul se faufile sur le siège conducteur et s'extirpe enfin de la Peugeot. Il agrippe Lucas et tente de lui mettre un coup de poing. Lucas doit lâcher Lisa qui tombe sur les graviers en pleurant.

Commence une bagarre sanglante entre les deux hommes qui hurlent des horreurs au rythme des coups qui pleuvent. Lisa hurle aussi des "arrêtez, mais arrêtez bon sang !" car elle sait Lucas bien plus fort que Paul. Mais rien n'y fait. Ils se battent pour elle tels des cerfs en rut. Paul fatigue, il sent ses jambes se dérober sous lui et ses phalanges sont en feu. Lucas l'a attrapé par la chemise de sa main gauche alors que son poing droit s'abat encore et encore faisant exploser les lèvres, le nez, les pommettes de Paul. Le sang gicle, le goût métallique dans la bouche, il a levé ses bras pour se protéger, il n'en peut plus. Lisa saute sur le dos de Lucas qu'il la renvoie au sol d'un crochet du droit. Il est devenu fou, animal, il ne se maitrise pas. Des envies de meurtre l'ont saisi et il cogne, il cogne en hurlant toujours plus fort. Paul est groggy, il titube et alors qu'il se retient à la calandre de la camionnette pour ne pas tomber, Lucas lui décroche un uppercut qui envoie sa tête cogner dans la grille du radiateur dont une des lames pliée perfore l'oreille droite de Paul qu'elle pénètre comme du beurre. Paul s'effondre, sans vie. Mort instantanée. Lisa se précipite pour le secourir mais trop tard et Lucas, les poings ouverts le long des cuisses regarde, hagard, la mort qu'il a donnée.

Lisa referme la boite de métal jaunie avec mélancolie. Les photos ont déroulé, quelques minutes durant, ses souvenirs comme dans un film. Il y a 8 ans déjà. Elle a enterré Paul et son amour avec. Elle a épousé Lucas. Il a évité la prison, son père avait des amis haut placés. C'est un crime passionnel non prémédité Monsieur le Juge !  Il l'a déflorée mais jamais il ne lui a donné de plaisir. Jamais. Elle n'a même pas pleuré quand, deux ans plus tard il est mort lui aussi, par hasard, des éclats d'une bombe perdue. Il est mort sans gloire et pourtant il est enterré avec les héros de Colleville-sur-mer. Maldonne administrative qui fit de ce couard violent un héros pour ceux qui ne l'ont pas connu.

Lisa sèche ses larmes. C'est vieux tout ça. Elle est de nouveau amoureuse. Marc. Il sait tout. Elle lui a tout raconté. C'est amusant, il est infirmier. Comme un clin d'œil de la vie. Il va la réparer. D'ailleurs, ce soir ils ont rendez-vous à Colleville. Il s'est fait à l'idée et finalement anticipe même l'interdit de la jouissance. Il ferait n'importe quoi pour elle pourvu qu'elle puisse enfin faire son deuil, tourner la page pour toujours. Ce rendez-vous la met en joie, ultime vengeance. Elle sourit maintenant et chantonne même à mi-voix.

"Ce soir, Lucas, j'irai baiser sur ta tombe !"

+ + + + +

Quand, bravache, je prétends pouvoir écrire sur n'importe quoi. Quand IMAGO me prend au mot et me donne du tracas. Ce coup-là, j'avoue, j'ai ramé pour raconter l'histoire de ce dessin !

veuveImago.jpg

 

 

 

05 avril 2009

ELLE - Parlez-moi d'amour

Non, ce n'est pas un manque d'inspiration.

Alors, une réédition, pourquoi ? Parce que ce matin, le blues embusqué depuis des mois est sorti du fourré comme un prédateur affamé. Jailli serait plus juste, me prenant à la gorge. Et les mots de cette note sont revenus, obstinés, importuns. Parce qu'ils étaient vivants de nouveau ce matin. Parce que ce qu'ils exprimaient hier était encore valable ce matin. Parce que rien de ce que j'écrivais en juin passé n'était à renier et pourtant. Il avait suffi d'un commentaire taquin d'Alex pour m'ébranler et ouvrir la porte à ma censure. Ma propre censure, si sévère, si dure, et la pauvre note avait fini illico-presto aux archives !

Et de m'interroger ce matin du pourquoi de cet état de fait. Comment se fait-il donc que je me juge autant, voire ravale mes émotions au rang de chose risible et ridicule ? Et me voila, pleurnichant, reniflant, vitupérant contre moi-même. Assumer ce qu'on est, il me semble, est l'exercice le plus difficile. Et si pour moi, ça commençait maintenant  ?

+ + + + + +

parlez moi.jpgTiens, je vais regarder la télé ce soir !

Voilà comment débuta ma soirée du 26 juin 2008. Cette décision était chez moi l'aveu d'immense fatigue. De celles si puissantes que même mon cynisme télévisuel ce soir là n'y pouvait rien. Les yeux me tiraient tant. Il me semblait que je n'avais plus de batteries et que mes synapses flottaient sans attaches dans un espace vide et creux, incommensurable.  Plus de connections. Le circuit annihilé. Aucune pensée organisée si ce n'est un embrouillamini de réflexions inachevées. J'étais vautrée sur le canapé rouge, accablée par la chaleur et par une lassitude ineffable. Le reportage commençait.

Envoyé Spécial :

Chinois : des vacances made in France
Le boycott annoncé de la destination France par les agences de voyages chinoises serait une conséquence du passage mouvementé de la flamme olympique à Paris. Une désaffection qui pourrait toucher Jean Germain, le maire de Tours, qui proposait jusqu'alors aux Chinois de venir se marier en groupe dans les châteaux de la Loire.

Je découvrais avec étonnement tous ces couples de jeunes chinois amoureux  qui ont décidé de sceller leur union chez nous, en France, en Touraine, parce qu'il n'y a rien de plus romantique sur terre. Magnifier leurs épousailles pour laisser dans leur mémoire un souvenir émouvant aux couleurs des ors de la salle de la Mairie, aux reliefs des stucs qu'arbore le plafond en volutes feuillues. Le reportage s'égrenait au rythme banal et sans invention du style journalistique. C'était bien un reportage au goût du reportage, à la couleur du reportage. Rien de bien nouveau ni de touchant. Le mariage à la chaîne. Le mariage de masse sans émotions. Mariage asiatique qui cache sous sa peau dorée et ses yeux bridés toutes les turbulences que provoquent un tel moment. Impénétrables étaient les visages si ce n'est un sourire timide et un baiser hollywoodien bien sage sans les lèvres ouvertes par le désir de l'autre. Alors ce ne pouvait être le syndrome chinois qui me touchait. C'était l'amour qui fait s'unir un homme et une femme. C'étaient ces vœux improbables prononcés pourtant avec la plus grande sincérité et la croyance enfantine que cela durera toujours comme dans les contes de fées.

C'est tout ce que je n'ai pas.

Alors en écho à ces voix enthousiastes qui affirmaient à Monsieur le Maire 
 (shi) leur demandant "voulez-vous prendre pour...", j'ai eu envie de dire "parlez-moi d'amour". Dites-moi au creux du cou, là où la peau palpite au rythme du sang dans la jugulaire "je vous aime". Dites-moi sans ambages des mots comme ceux que j'ai rêvés. Me les a-t-on dits jamais ? Ou bien fusse en un songe éveillé ? L'homme qui me dit ces mots là existe-t-il quelque part ? Serai-je condamner à me les réciter en me berçant comme une litanie d'amour adressée à un dieu qui n'existe pas ? Dites-moi combien je suis jolie et désirable. Dites-moi comme mes yeux brillent de vie et comment mon sourire illumine votre visage parce qu'inconsciemment, sous son charme, vous y répondez. Dites-moi la finesse de mes mains et l'élégance de mon port de tête. Dites-moi la fluidité de ma démarche racée et la soie de ma jupe qui volette autour de mes jambes de danseuse. Dites-moi je vous en prie, que votre cœur s'émeut de me voir là-bas, devant vous qui nonchalamment déambule et vous hypnotise au rythme de mes pas. Dites-moi comment mon parfum dont un léger effluve s'est accroché à votre nez vous trouble et vous stimule. Dites-moi encore combien votre âme s'emballe à l'idée que peut-être, enfin, je suis Elle. Inventez-moi des mots, inventez-moi des phrases. Submergez-moi d'émotions comme les grandes marées de Bretagne qui reculent loin à l'intérieur et chamboulent tout. Faites-moi croire que grâce à moi la vie subitement pour vous à une autre couleur. Inventez une palette nouvelle faite de pigments inconnus pour dessiner pour moi l'amour que vous me ferez, les caresses que vous me dispenserez, les baisers que vous me volerez, les étreintes que vous renouvellerez rien que pour moi.

Parlez-moi d'amour avant que je ne me fane et respirez-moi tant que ma corolle exhale des parfums enivrants et que mes pétales frémissent de vie. Parlez-moi d'amour avant que la sécheresse de la vieillesse ne transforme mes formes doucement vallonnées et mes membres longilignes en ceps de vigne noueux et rugueux au toucher. Parlez-moi d'amour avant que mon âme d'amoureuse ne me quitte au profit de l'indifférence de celle qui ne croit plus à rien.

Je vous
en prie, parlez-moi d'amour...

 

02 avril 2009

ELLE - Appel de fonds

Romain.jpgDans ma voiture, mardi matin déjà, je m'étais dit qu'il fallait que je m'intéresse à son cas.

Et puis comme souvent, ma mémoire capricieuse m'a fait oublié ce sujet pourtant crucial. Vous me direz que voilà un drôle de fait, ma mémoire me fait oublier, cela est impossible. Et bien, si ! C'est possible. La preuve, n'avais-je pas rangée soigneusement l'information dans un des tiroirs de ma mémoire pour le rouvrir ce soir ? Heureusement que la Ferrari préférée de Sarkozy m'a au 20H00 rappelée mon projet. Je ne l'apprécie guère d'habitude mais je dois avouer que cette fois-là elle m'a sauvée la mise. Car le projet est d'importance, je vous assure, et l'oublier c'était pour moi perdre une occasion unique d'avoir enfin un homme à faire sauter.

Ne vous méprenez pas ! Il s'agit vraiment de faire sauter un homme et non pas de me faire sauter. Quoique, s'il savait me parler il se peut que je cède sans trop lutter car avez-vous vu comment il manipule sa perche avec précision et dextérité ? Qui pourrait dire ce qui se passera lorsque je vois les atouts qu'indéniablement il a ? Bref, vous l'aurez sûrement compris, il s'agit du perchiste Romain Mesnil, le va-nu-pieds de l'athlétisme, le va-t-en-guerre contre les sponsors dégonflés. Celui qui défie les lois de la pesanteur en s'élevant dans les cieux la queue à l'air ! Quel plus beau projet que de sponsoriser un tel mâle en tentant d'emporter l'enchère qui lui fera porter mes couleurs dans la lice et de soutenir ainsi un athlète de haut niveau ? Un tel projet mérite qu'on s'y arrête un instant, non ?

Imaginez ma mine réjouie lorsque Laurence Ferrari, quasi extatique, me rappela cette information. Non contente de faire un acte philanthropique, je vais assurément faire un acte patriotique en lui permettant de continuer à défendre les couleurs de la France. Emue par cette perspective, mue par l'envie de réussir, je me précipite sur son blog où me sont révélées toutes les modalités. Ah, quel choc d'y lire qu'en plus du plaisir de voir mon image placardée sur son maillot et mon visage baigné dans la sueur de son torse musclé, je pourrais aussi décrocher un diner avec lui ! Je dévore la note qu'il a postée et me transporte en un clic excité vers Ebay. Il ne coûte pour le moment que 3000 €.

L'idée jaillit immédiatement. Il me reste huit jours pour emporter la mise. Et c'est là que vous, mes fidèles lecteurs, vous intervenez. En effet, vous ne l'oubliez pas, c'est la crise et pour pouvoir enchérir galamment il faudrait avoir un budget que je n'ai pas. Mais si chacun de mes lecteurs accepte pour la bonne cause de me verser disons 15 €, je serai immédiatement détentrice d'un pécule de 36,750 €. Impressionnant, n'est-ce pas, presque incroyable et pourtant les chiffres parlent.

Alors, comme vous avez à cœur de faire mon bonheur même s'il ne dure pas, transférez sans tarder cette modique somme sur le compte bancaire suivant : Société Générale, agence 30003, compte numéro 00050485762/RIB 93.

Et, promis, juré, si je gagne, je vous raconterai ! 

 

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